‹ Traité pratique sur la régénérationChapitre 4 sur 5 · I. Ils acquièrent un sentiment tout · texte numérisé non relu

I. Ils acquièrent un sentiment tout

nouveau de rexcellence et de-Tobligatiou des devoirs du culte divin, soit public »

soit particulier. Auparavant, ils consi-> déraient volontiers les actes du culte . comme des exercices de religion 5 ils pensaient que la crainte d'un juge invisible serait un secours pour la conscience et garderait des hommes de la fourberie , des excès et de la luxure. Ils étaient donc froids «et forinalistes dans leur culte , et ne pouvaient entendre parler de joie et de communion sensible avec Dieu dans son sanctuaire, sans être prêts à exprimer leur haine pour cette hypocrisie, comme ils rappelaient, ou leur mépris pour ce qui ne leur paraissait qu'en*^ thousiasme et folie. Mais maintenant, ils comprennent en quelque mesure le langage de Tadoration, qui leur paraissait tout-à-fait insipide auparavant. Ils se joignent au Psalmisle pour dire : a La majesté et la magnificence marchent devant lui ', la force et Texcellence sont dans son sanctuaire. Familles des peuples , ren-

dez è TElernel la gloire et la force. Rendez à l'Eternel la gloire due à son Nom ; apportez Toblation et entrez dans ses parvis^s Prosternez- vous devant TEtemel avec une sainte magnificence ; vous , tous le^s habitants de la terre, tremblez tout étonnés, à cause de la présence de sa face (Ps.

XtiVI, 6-9). » Voyez aussi ces accents sublimes de louange qui, soit qu'ils s'appliquent au culte de TEglise militante sur la terre, ou à celui de l'Eglise triomphante dans les deux , sont également à leur place ici : « Et les quatre animaux avaient chacun six ail. s h l'entour; et par dedans , ils étaient pleins d'yeux, et ils ne cessaient point de dire , jour et nuit : Saint , saint , saint , est le Seigneur Dieu tout-puissant, qui était, qui est, et qui est à venir I Or, quand les animaux rendaient gloire et honneur et des actions de grâces à Celui qui était assis sur le trône et adoraient Celui qui est vivant aux siècles des siècles , les vingtquatre anciens se prQSternaient devant

Celui qui était assis sur le trône , et adoraient Celui qui est vivant aux siècles des siècles , et ils jetaient leurs couronnes devant le trône, en disant : Seigneur, tu es digne de recevoir gloire , honneur et puissance ; car tu as créé toutes choses ^^ c'est par ta volonté qu'elles existent et qu'elles ont été créées (Apec, IV, 8-11). 9 Encore : «Puis, je regardai, et j'entendis la voix de plusieurs anges autour du trône et des anciens , et leur Hombre était de plusieurs millions. Et ils disaient à haute voix : L'Agneau qui a été mis à mort est digne de recevoir puissance, richesses , sagesse, force, honneur, gloire et louange.

J'entendis aussi toutes les créatures qui «ont au ciel, et en la terre, et sous la terre, et dans la mer , et toutes les choses qui y sont, disant : A Celui qui est assis sur le trône , et à l'Agneau , soient louange , honneur, gloire et forcp aux siècles des siècles (Apec, V, 11-13). »

Un homme régénéré commence à voir la beauté même de la souveraineté di-

vine. Il reconnaît que (ouïes choses appartiennent à Uieu et que, par conséquent, il est de la plus haute convenance que toutes choses lui soient assujetties, d'après ce passage si foil et si beau r « Alors les vingt-quatre anciens qui sont assis devant Dieu dans leurs sièges se prosternèrent sur leurs faces , et adorèrent Dieu, en disant : Nous te rendons grâces.

Seigneur Dieu tout-puissant , qui es, qui étais et qui es à venir, de ce que tu as fait îéclaler ta grande puissance et de ce que tu as agi en roi ( Apoc. , XI , 16, 17). »

2. La seconde observation que je voudrais faire , c'est que rhoname régénéré ressent toujours la plus profonde aversion pour ce péché odieux , quoique général , de la profanation du Nom de Dieu. Bon nombre de personnes, qui ne sont d'ailleurs pas des plus dépravées , ne se font pas une juste idée de la laideur de ce péché, et comme il ne porte pas directement atteinte aux intérêts temporels du prochain , çn le

trouve, en général, bien moins honteun^ et scandaleux qu'il ne Test. Une certaine piété ou une certaine vertu , fondée sur des principes mondains , peut facilement s'accorder avec lui , mais Tâme convaincue de la coulpe du péché , comme d'unerébellion contre Dieu et d'une désobéissance à sa volonté , comprendra l'extrême culpabilité et l'impiété de cette abominable praticjue.

La piété , qui est l'œuvre du Saintr Esprit de Dieu et qui consiste dans le rétablissement de son image effacée par le péché , ne pourra jamais supporter la • violation aussi directe de son autorité sacrée , UDC insulte aussi gratuite faite à son honneur et à sa gloire.

Nous nous sommes donc assurés que la crainte du châtiment, dépourvue du sentiment de la couipe du péché , est insuffisante pour produire un changement salutaire. Qu'on me permette d'ajouter maintenant que la connaissance de la.

coulpe du péché doit accroître noirci

frayeur du châtiment en nous montrant qu'il est juste. Tant qu'elle est seule y la crainte du châtiment pousse toujours le pécheur à chercher de tous côtés des arguments contre ces souffrances dont il ne peut apercevoir la justice.

De là , l'incrédulité du cœur , et la pensée secrète que certainement il ne se peut que Dieu punisse, comme il l'a dit ; de là , une impatience impie ; de là , des pensées de rébellion contre Dieu , même sous les coups de sa vei^e , ainsi que le prophète Osée en parle : « Us ne crient point vers moi en leur cœur , quand ils hurlent dans leurs lits (Osée, Vil, 14). » De là même quelquefois, rincrédulité la plus désolante chez ceux qui ont été élevés dans la connaissance des vérités de l'Evangile , mais qui n'ont, ni vu leur beauté, ni senti leur puissance. Dès qu'ils aperçoivent la gloire de Dieu et l'obéissance absolue et parfaite que tous lui doivent , cette vue leur fait apparaître, sous un tout autre jour, les

— aifâ —

maDÎfestatîoDS du déplaisir de Dieu, à r^rd du péché, telles qu'elles ont lieu dans les œuvres de la création et dans celles de la Providence. EUe rev^ d'une force irrésîstitri» toutes les menaces de la colère de Dieu contre les pécheurs qui sont contenues dans sa Parole. Ils sont alors profondément et intimement convaincus de la justice des châtiments divins, et ils commencent à admirer la patience et la longue attente de Dieu, qui n'a pas fait , dès longtemps, de leurs personnes , des monuments de sa vengeance.

Celte connaissance, non-seulement commence , mais encore poursuit et achève le travail d'une vraie conviclion de péché; elle impose silence à toutes les objections et réfute les ai^uments de l'entendement charnel. Tout homme véritablement régénéré possède en soi-même , dans une mesure plus ou moins grande , la preuve que son changement est l'œuvre de la grâce souvcTuine. Il se rappellera; probablciDent

frances qu'elles redoutent pour le présent ou pour l'aveoir, on ne peut pas dire qu'elles soient convaincues de péché.

Nous en avons vu plusieurs qui , lorsque les afflictions les faisaient ressouvenir de leurs péchés, étaient poussées par le désespoir à commettre de plus grands péchés ; plus elles semblaient craindre l'approche du jugement de Dieu , plus elles étaient en proie h une espèce de rage qui s'exprimait par des blasphèmes. Cependant, le cœur humain est si profondément rusé que, d'un côté, plusieurs peuvent se flatter h tort d'avoir vu le mal du péché en lui-même, tandis que, de l'autre, plusieurs craignent de ne l'avoir pas vu comme il faudrait, parce que la douleur'qu'ils en ont éprouvée n'a pas été assez grande.

Plusieurs se plaignent de ce qu'ils ne gémissent jamais sur le péché avec cette énergie qui respire dans les déclarations de l'Ecrilure touchant sa nature haïssable, odieuse , et de ce que leur repentance ne ressemble pas à celle qui nous est décrite

dans les termes suivants : u Je répandrai sur la maison de David, et sur les habitants de Jérusalem , l'esprit de grâce et de supplication ; et ils regarderont vers moi , qu'ils auront percé, et ils en mèneront deuil , comme quand on mène deuil d'un fils unique; et ils en seront en amertume, comme quand on est en amertume à cause d'un premier-né (Zach-, XII, 10). » Pour cette raison , je ferai une ou deux observations sur le degré que doit atteindre la douleur d'une àme véritablement repentante, observations qui pous mettront à in^me de décider toute questiola de cette espèce.

i. Il faut, en général, avoir soin de se rappeler une chose, c/est qu'on ne peut établir une règle unique pour tous. Nous ne devons pas mesurer la douleur d'une âme qui se repent véritablement pour en faire le modèle de l'intensité et des effets de la douleur d'une autre âme. H est naturel que la force de toutes les passions et la vivacité avec laquelle elles ■s'expri-

ment soient plus grandes chez les nos que chez les autres. LVxpérience de chaque jour ne démontre rien avec plus de clarté que cela. L'amour et la haine , la joie et la douleur, le désir et Ta version se manifestent par des émotions bien plus violentes chez les uns que chez les autres. Il serait donc absurde de vouloir ramener tout le monde à la même rè^le , et personne ne doit regarder comme une cause légitime d'inquiétude le fait qu'il n'a pas connu les mêmes profondeurs d'angoisse et de détresse que d'autres dont il a lu l'histoire ou dont il a ouï parler. Une autre circonstance peut encore être une cause de diversité dans des effets qui découlent pourtant do la même source. Des convictions de jîéché peuvent s'être formées plus tôt et plus graduellement, par conséquent moins vivement et moins sensiblement chez les uns que chez les autres. 11 ne faut pas croire que Samuel, dont la conception même fat due Ji une prière exaucée , qui Cul apj^lé de Dieu dès» le ventre de sa

mère , et qui servit dans le temple dès sqn enfance, ait éprouvé une humiliation aussi profonde que Manassé, par exemple, qui s'était rendu coupable de plusieurs crimes atroces, et qui persévéra longtemps dans son endurcissement.

2. Je remarque donc que le signe principal d'un degré convenable de conviction et de douleur, quant au péché, c'est la permanence et Finfluence pratique de ces impressions. Une vraie conviction de péché n'est pas un éclair de ferveur, quelque puissant qu'il soit, mais un principe solide, permanent et efficace, qui montre sa force par la puissance qu'il déploie habituellement contre tout ce qui lui est opposé. Tout homme véritablement repentant dira avec Elihu : «Certes, tu devrais avoir dit au Dieu fort : J'ai souffert , mais je ne pécherai plus -, et toi , Seigneur I enseigne-moi ce qui est au-delà de ce que je vois, .et si j'ai mal fait, je ne continuerai plus (Job, XXXIV, 31, 32). » Où ce signe manque., aucun aulro

ne serait suffisant pour faire croire à Vexistence de la repentance ; où il se trouve, rien de ce qui est réeliennent nécesaire ne peut manquer non plus.

Ceci (j*en ai fait la remarque dans une autre partie de ce discours) paraîtra peutêtre trop général; maisjesui$ persuadé que c'est le seul fondement solide sur lequel on puisse bâtir,, d'après les Ecritures. Toute prétention à une relation avec Christ, différente de celle que je viens de décrire, sera repoussée au dernier jour par notre Sauveur et notre Juge , comme il nous Ta clairement annoncé : « Tous ceux qui me disent : Seigneur f Seigneur I n'entreront pas dans le royaume des cieux ; mais celui qui fait la volonté de.

mon Père qui. est aux cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneyr ! Seigneur r n'avons-nous pas prophétise en ton nom? et n'avons-nous pas chassé' les démons en ton nom ? et n'avons-nous pas fait plusieurs miracles en ton nom ? Mais je leur dirai alors tout ouvertement : Je

ne vous ai jamais reconnus ; retirez-vous de nioi , vous qui vous adonnez à Vini« quilé ( Matth. , Vil , 21-23). » Si donc quelqu'un voulait savoir si la douleur que lui a causée le sentiment du péché a atteint le degré requis , je le supplierais de laisser sa conscience répondre de bonne foi aux questions suivantes : La conviction que vous avez eue de votre péché a-t-elle élé jusqu'à vous le faire haïr sous toutes ses forment A-t-elle pu vous décider à abandonner entièrement et pour toujours vos plaisirs favoris d'au* trefois? Vous a-t-elle disposé à examiner, d'après la loi de Dieu , chacune de vos entreprises et à vous abstenir même de toute action douteuse ou suspecte T Ne connaissez-vous point de péché que vous désiriei d'excuser ou de pallier, que vous vous vous étudiiez à cacher , ou que vous vouliez^ épargner? Rappelez-vous cet a ver* tissement si nécessaire de notre Sauveur !

« Si ton œil droit te fait broncher , a.rrache-le et le jette loin de toi ; car il

•er le crî de n «■s t i e uL e cl pnrjtfer ief fasdeneats d'âne paû à nav^ial enfin qu'il retoome à Dien par Qvist, pK une vraie rvpentaitc^ et tfBfH penénie k le servir ea noaTeaulé de vie.

Le preoiier de ces cas n'a pas besMD d'éclaircusemenU , I0 senlinient da p^ ehé dans toutes les persoDoes de celte catégorie élant moins affaibli que détnùL ' Duns le second cas, le pécheur est sons reffel d'une grande contrainte pour no mnment) mais quand la frayeur est cbs- •IjiiSe , son obéissance et son z^le se relAohMil immédiatement. Cela montre clairi'llli'ht ijii'il n'iivail piis une aiïeclioû ■iliciri' mi fordi-ile pour la loi de Dieu, RUiia qu'il n'était qu'efTrayé de sa puis- . O-t'la montre que ses conviciiam t» turvnt jamais de bon aloi ; il n'est

donc pas étonnant que la force lui manque. Mais dans toute âme véritablement repentante , le sentiment du péché , non -seulement subsiste, mais encore s'accroît de jour en jour. La connaissance croissante que cette âme a de la gloire de Dieu lui montre toujours plus clairement sa corruption et sa dépravation propres , soit quant à la quantité, soit quant à là malignité, pour ainsi dire.

Les grâces mêmes de Dieu, quelque joie ou quelque douceur qu'elles procurent , n'ôtent rien au sentiment qu'elle a de la malice de ses actions, mais plutôt l'humilie profondément' dans la douleur de la repentance. Elles la couvrent de confusion par la pensée de sa propre indignité , et la remplissent d'admiration pour la patience et le long support de Dieu.

Le première action d'un pécheur convaincu de sa misère , c'est de gémir sur les grands péchés d'une vie dissolue ou sur la dissipation d'une vie adonnée à des

prouver, trouver bon que Dieu glorifie sa justice en le condamnant à la perditioD éternelle. Quelques-uns vont même jusqu'à dire qu'il doit être content d'un sort pareil. Cela répugne tellement à la nature, et est tellement opposé à cette sollicitude pour notre bonheur étemel qui réveille d'abord la conscience, qu'an semblable sentiment me parait absolu* ment impossible. Cette prétention a causé à plusieurs une angoisse inexprimable; elle a été un piège journalier pour leur conscience et un obstacle à leur paix^ 11 y a une liaison si étroite entre notre devoir et notre bonheur, que cette question n'aurait jamais dû être posée. Cependant, j)our la satisfaction de ceux qui l'ont rencontrée ou qui pourraient la rencontrer encore dans des auteurs, d'ailleurs estimés à juste titre, je ferai quelques remar* ques qui, je l'espère, serviront, soit à faire ressortir ce qu'il y a de vrai dans l'assertion en litige , soit à montrer que la base même en est fausse.

Souvent on diffère davantage en paroles qu'en réalité. Peut -être que les auteurs en question n'ont surtout en vue que ce qui a été ci-dessus exposé très au long , savoir que le pécheur repentant se reconnaît inexcusable , que sa bouche est fermée /qu'il voit la sainteté de la loi, la justice de sa condamnation , et qu'il abandonne toute prétention pour implorer son pardon. Ainsi on peut dire qu'il absout ou justifie Dieu , lors même qu'il l'abandonnerait à la perdition éternelle. Jusqu'ici, je crois qu'ils sont dans le vrai ; autrement le fondement même de l'Evangile est renversé, et le salut n'est plus une grâce, mais une chose due. Si nous examinons avec impartialité le mot de grâce et les nombreuses et énei^iques déclarations de l'Ecriture touchant nos obligations envers IMeu quant au don de la vie éternelle, nous trouverons qu'elles ne peuvent logiquement entraîner moins que ceci , à savoir que le pécheur méritait la mort éternelle et lui était assujetti. Mais

aller plu3 loin et dire que Tàrne vraiment repentante doit être satisfaite de sa propre condamnation et s'x complaire, tout comtee elle est contente d'endurer d'autres souffrances, qui lui viennent de la verge sanctifiante de son Père céleste , me parait être une assertion dénaturée , déraisonnable et absurde. Un tel sentimaot est parfaitement contraire à ce besoin de bonheur qui est si profondément enraciné dans notre nature, et qui semble être m^ séparable d'une créature raisonnable.

Les saintes Écritures ne l'autorisent ni directement ni indirectement ; elles nous pressent, au contraire, souvent de pren»dre soin dé nos meilleurs intérêts :

« Pourquoi employez-vous l'argent pour des choses qui ne nourrissent point,' et votre travail pour des choses qui ne rassasient point? Ecoutez- moi attentivement, et vous mangerez de ce qui est bon, et votre âme jouira a plaisir de la graisse.

Inclinez votre oreille et venez à moi; écoutez et votre ème vivra j et je traiterai

avec vous une alliance éleroelle, sa\xiir les graluités immuables promises à David (Es., LV , 2, 3). B De plus, celte prop> siiion me semble renfermer eo soi -môme une conlradiciion. Car, qu est-ce que la xlamoation? C'est être pour toujours séparé de Dieu et privé de sa communion. De* vons-nous donc désirer cela, ou y consentirt La damnation consiste à hatr Dieu et à blasphémer son Nom, aussi bien qp*» être banni de sa présence. Aucune âme vraiment repentante pourrait-elle supporter cela t Est-ce d'accord ou compatible avec la soumission à la juste volonté de Dieu ?

Peut-on croire qu'une créature quelconque plaise à Dieu , en abandonnant touto espérance de sa faveur? N'est-il pas absurde de prétendre lui désobéir par un sentiment de devoir, et le haïr par un principe d'amour?

11 faut donc soigneusement distinguer la reconnaissance de la justice divine et la soumission la plus absolue h sa souveraineté d'avec un désespoir complet ou

Tabandon de toute espérance en la misé' ricorde de Dieu. L'Ecriture nous présente un exemple très-beau d'une importunité humble , quoique persévérante , dans la Cananéenne, qui essuya plusieurs refus, reconnut la justice de tout ce qui lui était opposé , et n'en persista pas moins dao^ sa demande. 11 n'y a aucune différence entre la manière dont elle supplia le Seigneur de lui accorder la guérison de sa fille ) et celle dont le pécheur réveillé implorera du même Sauveur un secours plus nécessaire à sa conscience affligée :

V Et voici, une femme cananéenne qui était partie de ces quartiers-là, s'écria, en lui disant: Seigneur, fils de David, aie pitié de moi I ma> fille est misérablement tourmentée d'un démon. Mais il ne. lui répondit mot. Et ses disciples s'approchant, le prièrent , disant : Renvoie-la ; car elle crie après nous 1 Et il répondit, et dit: Je ne suis envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël. Mais elle vint et l'adora, disant : Seigneur, assiste-moi ! Et il lui

ré|ioBdil« et Ar B HP cBcniBi: ^ae^ àr

aux pelitechifas. ■» «br di : Cam «s8 ▼laî, Sc%Mr! «fCDdanl Is wrït« chiens aBB^Bil ds ■hOb 91D innftina de lataUedelnn ■cotes. J^knies», r^ , !■ &: O tiMiii * ta f ni <5t ; qali le seil fat oomBP ta > soohailes. El dès et WÊ o at aA là sa ÊBe f ot guérie (llattk..XV.B-». >

Je temûieni en oieniiciiDant , cnnoie exempfe semfabUe, on ^lrui§<er de haut rang qui, après une vie très-dtssciKie, fut amené an sentiment d'âne profonde rppen* tance. Après sa conversion , il composa un petit poème dont Fidée principale est celle qœ f ai recommandée plus haut, La voici :

Grand Diea, tes jugements sont templiv dTéqnilé ! Toiqoan ta prends plaisir è nous être propice ; Mais j'ai tant fui de mal ^ que jamais U bonié Ne me pardonnera qu'en blessant ta justice.

Oui , Seigneur, la grandeur de moA impiété Ne laisse à ton pouToir que le choix du supplie* t

Ton intérêt s'oppose à ma félicité ,

Et ta clémence même attend que je périsse.

Contente ton désir , paisqn'il t'est glorieux ; OfTensè-toi des pleurs qui coulent de mes yeux ; Tonne, frappe, il est temps j rends-moi guerre pont J'adore en périssant la raison qui t'aigrit ; [guerre: Mais dessus quel endroit tombera ton tonnerre Qui ne soit tout couvert du sang de Jésus-Christ?

( Des Bàrbbaux.)

Sect. y. — De Pacceptadon du scUut par la

croix de ChrisL

Le prochain grand pas dans la eoa-^ version d'un pécheur , c'est la reconnaissance et. l'acceptation de la délivrance du péché et de la misère, telle qu'elle a été opérée par Jésus-Christ. C'est le dernier pas qui reste à franchir, le pas décisif de celte œuvre glorieuse. Quand il est franchi , la régénération est accomplie , la nouvelle nature est pleinement formée dans toutes ses parties. La semence spirituelle est enfouie et a pris racine;, elle arrivera graduellement^ dans tout

vaisseaa de miséricorde , à la mesure de maturilié et de force qu'il plaît à Dieu que chacun possède avant d*ètre enlevé d'ici-bas.

11 est aisé de voir que la conviction du péché, telle que je l'ai traitée ci -dessus , prépare et aplanit la voie à la connaissance et à Tacceplation du salut par Christ.

^Avant la conviction du péché, ou quand cette conviction n'est encore qu^mparfaile, l'Evangile de Cbrisi, et particulièrement la doctrine de la croix , paraissent presque toujours une folie. Ou si, comme cela arrive quelquefois , l'éducation et l'exemple amènent le pécheur à parler avec une cerlaioe vénération du nom , du cariactère et de l'œuvre d'un Sauveur , il n'a pas une idée claire du sens de ces vérités salutaires, et n'éprouve pour elles aucun goût qui lui permette d'en expérimenter la douceur.

Mais ceux qui ont eu l'esprit brisé et le cœur affligé commencent à en apercevoir l'importance et la valeur inexprimables.

Le mystère qui était caché dans les siècles

passés commence à se découvrir à leur âme dans son éclat et dans sa gloire. L'état désespéré du pécheur le porte à s'enquérir avec ardeur et anxiété s'il y a qudqoe moyen d'échapper , s'il y a quelque porte de grâce ou d'espoir. Il dit, avec le geôlier réveillé et tremblant : « Que faut-il que je fasse pour être sauvé ? k — « Des maux sans nombre m'ont environné ; mes iniquités m'ont atteint, et je ne les ai pu voir; elles surpassent en nombre les cheveux de ma tète , et mon coeur m'a abandonné (Ps. XL, 12). j» Je n'ai aucune excuse à produire , aucun refuge où je puisse m'enfoir : les œuvres , la parole et la providence de Dieu semblent se dresser ensemble contre moi et m'assailiir comme un ennemi. Oh I que c'est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant ! Qui demeurera avec le feu dévorant? qui séjournera avec les flammes éternelles ? N'y a-t-il point d'espoir de soulagement? n'y a-t-il plus de baume en Galaad?

n'y a-t-il pas là de médecin? Qu'il est

inconcevable, mon aveugiemeni d'autrefois I Je suis comme réveillé d'un son^, et voilà , il se trouve que je me hâtais vers l'abîme de la destruction. Que ne ferais -je pas , que ne donnerais-je pas pour avoir une bonne raison de croire que mon crime a été effacé , et. que ma paix a été faite avec Dieu? Avec quello sollicitude, avec (j^uelle ardeur inconnues jusqu'à maintenant le pécheur s'enquiert du chemin qui mène à la viel Avec quel soin son âme « suit les trace^ du troupeau et paît auprès des tentes du Berger ! » Les sabbats , les commandements et la Parole du Seigneur lui paraissent maintenant tout différents de ce qu'ils étaient auparavant. On ne prodigue plus le jour précieux du dimanche dans les affaires et dans les plaisirs. Plus de paix du coeur parce qu'on fréquente régulièrement et assidûment l'église , mais une intelligence remarquable des péchés qui souillent les choses saintes, et qui sont un culte distrait, formaliste, sans âme.

On s'écrie avec le Psalmiste : a Seigneur ,

si tu prends garde aux iniquités, qui estce qui subsistera t » On n'apporte plus d'indifférence , de paresse , de dédain, à écouter la parole ; on ne Vent^d plus pour la critiquer , ou pour louer le talent du prédi* cateur , ou pour se moquer de sa faiblesse.

Avec quelle avidité le pécheur repentant écoute le message sacré, afin de s'assurer s'il ne lui annonce pas un appui inébranlable sur lequel il puisse se reposer 1 11 entend alors que « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec soi. » La simple nouvelle du salut, la seule mentioa4u pardon , le remplit maintenant de joie. Elle excite son attention , éveille son intérêt, et il s'assied pour peser et repasser dans son esprit l'important appel de la grâce. Il entend que « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique au monde, afin que quiconque croit en lui ne périsse point , mais qu'il ait la vie étemelle. Car Dieu n'a point envoyé son Fils au monde pour condamner le monde, mais afin que le monde soit sauvé par lui (Jean, III , 16, 17). » Il

y a donc , pense-l-il, espérance de pardon de la part de ce Dieu que j'ai si longtemps oublié et tant offensé I A-t-il vraiment pu aimer un monde criminel? a-t-il aimé les hommes à tel^int qu'il ait envoyé son Fils unique pour les sauver delà perdition?

Combien grand est le donateur 1 que son don est admirable, et que les objets de son amour en sont indignes 1

Ici, peut-(^tre, se présentera une difficulté. — Soit , dira Tâme ; mais tous les enfants d'Adam sont -ils les objets de l'amour de Dieu : chaque' pécheur aurat-il part à la grâce divine? Assurément non. Comment donc les distinguer? Peutêtre Dieu a-t-il l'intention de ne sauver qu'un petit nombre des moins indignes , et de glorifier sa justice et sa sévérité par la condamnation des plus coupables? Que puis-je donc raisonnablement attendre?

Personne, non personne au monde n'est aussi coupable que moi. J'^i péché de bonne heure , et j'ai péché longtemps. J'ai péché en dépit de la connaissance et des

lumières les plus claires. J'ai péché en dépi( de grâces innombrables. J'ai péché malgré les menaces de la Parole de Dieu, malgré les corrections de sa Providence , malgré les reproches de ma consdence , malgré la peine et le zèle infatigable des ministres de l'Evangile et de mes parents. J'ai rompu tout lien et brisé toute barrière... Mais que de paroles de grâce se présentant aussitôt pour détruire cette crainte! « Venez maintenant , dit l'Ëternel , et débaltons-ooe droits. Quand vos péchés seraient comme le cramoisi , ils seront blanchis comme la neige; et quand ils seraient rouges comme le vermillon , ils seront blanchis comme la laine. Si vous obéissez volontairement, vous mangerez le meilleur du pays (Es. , 1 , 18-19). — Je ne mettrai poiot dehors celui qui viendra à moi (Jean, VI, 37).

— C'est pourquoi aussi il peut sativer pour toujours ceux qui s'approchent de Dieu par lui , étant toujours vivant pour intercéder pour eux (Héb., VII, 25). — Et l'Esprit et l'Epouse disent : Viens I Que

celui aussi qui l'entend dise : Viens ! El que celui qui a soif vienne , et que quiconque veut de Feau vive en prenne , sans qu'elle lui coûte rien (Apec, XXll, 17). »

A ces promesses, on peut ajouter, afin que nul ne perde courage , plusieurs exemples scripturaires de pécheurs pleins de fiel sauvés par la puissance de Dieu, tels qu'un Manassé idolâtre, un Zachée publicain, injuste et oppresseur , une Marie- Magdeleine impure et un Paul persécuteur.

Ainsi rame repentante est amenée à reconnaître et à adorer Tamour incomparable de Dieu , à répéter,en se l'appliquant à elle-même , cette déclaration de l'apôtre Paul : « Cette parole est certaine et digne d'être entièrement reçue, que Jésus- Christ est venu au monde pour sauver les pécheurs, desquels je suis le premier.»

Dans cette disposition , le pécheur est entièrement occupé à considérer tour à tour, soit la situation déplorable où il se trouve , soit l'efficace du remède qui lui est présenté. Son espérance est abat-

tCie ou relevée, en raison de la place que ces objets occupent dans son esprit. Quand il pense au nombre infini et à la nature odieuse de ses offenses, quand il considère la sainteté de la nature et de la loi de Dieu, il peut être amené à tout remettre en question et à dire : Comment ces chcfses peuvent-elles être? Est-il possible que toute cette culpabilité soit enlevée? estil possible que mes fautes puissent être pardonnées et oubliées par un Dieu saintt N*a-t-il pas les yeux trop purs pour voir le mal? N'est- il pas écrit que l'iniquité ne peut habiter avec lui? que les pécheurs ne subsisteront point en Sa présence? Comment donc oserais-je m'approchér de lui , moi qui ai été si audacieux et si obstiné ? Avec quelles paroles peut-il m'accueillir, si ce n'est avec celleci : « Liez-le pieds et mains , emportezle, et le jetez dans les ténèbres de dehors:

là il y aura des pleurs et des grincements de dents (Matth. , XXlï, 13). » Pour dissiper ses doutes et rassurer son cœur

devdol Dieu j il apprend, comme le fon -dément de son espérance, que le salut a lieu par un Médiateur. Ce Médiateur s'est chargé de notre cause, il nous a acquis la rédemption au .moyen de son précieux sang. Ecoutez- le, disant dans le conseil du Très Haut : a Tu ne prends point plaisir au sacrifice ni au gâteau; mais tu m'as percé les oreilles ; tu n'as point demandé d'holocausle , ni d'oblation pour le péché. Alors j'ai dit : Voici , je viens, il est écrit de moi au rôle du

livre. Mon Dieu , j'ai pris plaisir à faire ta volonté, . et ta loi est au-dedans de mes entrailles (Ps. XL, 6 , 7 , 8). »

Ecoutez aussi de quelle manière il a eisécuté son dessein de grâce : « Or , il a été navré pour nos forfaits et froissé pour nos iniquités 5 l'amende qui nous apporte la paix a été sur lui , et par âa meurtrissure nous avons la guérison. Nous avons tous-été errants comme des brebis; nous nous sommes détournés chacun en suivant son propre chemin ,

et l'Eternel a fait venir sur lui Tiniquité de nous tous (Esaïe, LUI, 5, 6).» Voyons encore comment cette œuvre est décrite dans le Nouveau-Testament : « Dieu Fa établi de tout temps pour être une victime de propitiation par la foi en son sang , afin de montrer sa justice par la rémission des péchés précédents, selon la patience de Dieu; pour montrer, dis-, je, sa justice dans le temps présent, afin qu'il soit trouvé juste, et justifiant celui qui est de la foi de Jésus (Rom. , 111, 2ïy 25). — Car il 8( fait celui qui n'a point connu de péché être péché pour nous , afin que nous fussions justice (te Dieu en lui (2 Cor. , V, 21). » C'est « par cet homme » et par son snng que « la repentance et la rémission des péchés sont annoncés à toutes les nations. »

N'est-ce pas là un fondement suffisant et solide d'espérance? ,

Dans la substitution de notre caution, nous voyons les pécheurs reçus et réconciliés par un moyen en parfaite har-

monie avec toutes les perfections divines.

La pureté sans tache et la sainteté de Di^u , sa justice inflexible et impartiale semblent élever un obstacle insurmontable à notre admission à sa faveur ; mais dans les souffrances expiatoires de notre Rédempteur y nous voyons comment il peut témoigner son horreur pour le péché et le punir, tout en montrant sa grâce au pécheur. Tous les attributs divins sont parfaitement harmonisés dans* ce dessein , et Ton y trouve surtout une manifestation simultanée de l'amour et de la justice de Dieu. C'est là l'Evangile jde Christ , le message béni et vivifiant apporté dans le monde par le Prince de paix. C'est « le témoignage que Dieu a rendu de son Fils. »

Que ce message est doux et restaurant pour le pécheur découragé par le sentiment de sa misère ! La sollicitude, la crainte qu'il éprouve, lorsqu'elles reposent sur un bon fondement, proviennent de la connaissance de la

ooulpe infiaie du péché, qui est si antipalbique à un Dieu saint. Mais dans le plan qu'a tracé la Sagesse divine , il voit celle coulpe suffisamment expiée par un sacrifice d'une valeur infinie : « Vous avez été rachetés de votre vaine conduite , qui vous avait été enseignée par vos pères « non point par des. choses corruptibles , comme par argent ou par or, mais par le précieux sang de Christ, comme de Tagneau sans défaut et sans tache (1 Pierre, I, 18, 19). » 11 com- * pare et oppose Tun à l'autre , pour ainsi dire, la grandeur dû péché et le prix du pardon. Alors éclate , avec une force nouvelle et extraordinaire , la grandeur du mystère de piété , Dieu manifesté en chair, de cette victime, qui n'est pas moins que rélernel et unique Fils de Dieu, « la splendeur de la gloire de son Père, et Timage empreinte de sa personne. » Quels sont les biens trop grands pour être acquis par ce merveilleux rachat ? Le croyant voit , avec Tétonnement

de TadoratioD, toute la terrible sévérité de la justice de Dieu , lorsqu'elle « réveille son épée sur Jhomme qui est soa compagnoa ; » il l'aperçoit mieux que si toute la race des hommes coupables avait été irréparablement perdue. En même temps il est frappé de la majesté et de la gloire inex.pri(hables de Dieu, telles qu'elles se montrent dans sa grâce in6nie et toute royale, grâce immense en elle-même et plus admirable encore par la manière dont elle est dispensée. « En ceci est la cbarité , non que nous ayons aimé Dieii , mais en ce qu'il nous a aimés , et qu'il a envoyé son Fils pour être la propitiatlon pour nos péchés ( 1 Jean, IV, 10). »

Je ne puis m'emp^êcher d'ajouter que ce salut est si surprenant , si extraordinaire de sa nature et si éloigné de tout ce que les homélies conçoivent, que nous courons le ^ risque d'en être troublés, au point d'en concevoir à peine la possibilité. D'un autre côté, quand nous considérons qu'il ne porte aucune trace de la sagesse humaine , nou&

sommes naturellement amenés è dire :

« Le salut appartient à Dieu. Ses voies ne sont pas nos voies , ni ses pensées nos pensées. » C'est pourquoi , quand la conviction de notre péché nous fait sentir la nécessité et découvrir la gloire du sacrifice de notre Sauveur , nous pouvons tout à la fois nous confier en sa vérité et triompher de sa puissance. Nous pouvons dire avec l'apôtre Paul : « Qui intentera accusation contre les élus de Dieu ? Dieu est celui qui justifie. Qui sera celui qui condamnera?

Christ est celui qui est mort ^ et ^ qui plus est, qui est ressuscité, qui, aussi, esta la droite de Dieu , et qui même prie pour nous (Rom. , YIII , 32, 33). )> — Mais , dit le pécheur convaincu de sa misère , considère un peu mon âme , quelle nouvelle est celle-ci : que dit l'Ecriture ? qui accusera les élus de Dieu? Personne , assurément.

Heureux donc, trois fois heureux, ceux qui sont les objets de l'amour étemel, spécial, particulier, de Dieu I Mais, comment m'assurer que cet amour me corn-

prend , oo fkâM q^ ne m'exclol pas ?

Puis-je espérer de lire jamais iiiao imod dans le livre de TÎe de FA^neaa? — Xoo.

Mais quand toos dites qœ toos ne poavezylire quoi qnece soit eo votre faveur, qui TOUS autorise à supposer qu'il y a quelque chose contre vous? Lescboses cachées n'appartiennent qu'à Dieu. Il ne nous est pas permis de sonder, et nous ne pouvons ni comprendre, ni expliquer la profondeur infinie des conseils divins.

Mais les choses révélées ne nous appartiennent-dles pas ? Et comment oserions-nous ofÇùBer la volonté cachée de Dieu à sa volonté révélée? La prédication de la grâce n'est^e pas assez générale? « Et il leur dit : Allez par tout le monde et prêchez l'Evangile à toute créature. Celui qui aura cru et qui aura été baptisé sera sauvé ; mais celui qui n'aura point cru sera condamné (Mare, XYl, 15, 16). » L'appd n'est-il pas illimité et universel? « Venez à moi vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous soulagerai (Matth. , XI , 28).

— Et Jésus leur dit : Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n'aura point de faim , et celui qui croit en moi n'aura jamais soif (Jean , VI , 35). — Et en la dernière et grande journée de la fêle, Jésus se trouva là , criant et disant : Si qodqu'un a soif , qu'il vienne à moi et qp'il boive (Jean, Vil , 37). » Pouvez-vous donc douter que l'appel ne s'étende jusqu'à vous, et mettre en question votre droit à vous reposer sur le Rocher des sîçclest Voici , nous vous prêchons Christ crucifié, qui est un Sauveur méprisé , il est vrai, « un scandale aux Juifs et une folie aai Grecs , mais la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu pour le salut de tous ceoi qui croient. » Il n'est aucun crime si énorme que son sang précieux ne paisse le laver , aucun don si granctque ses mérites infinis ne puissent nous Tobtenir, aucune nature si dépravée que sa toute-puissance ne puisse la renouveler. Tarderez-voos encore à vous rendre? relaserei-vous plus K^^ien^ps d'acquiescer à la bonne non-

velle ? Tout pécheur oppressé par le senti-* raenlde ses péchés, ou effrayé du danger qu il court , n'acceptera -t-îl pas son droit au pardon, en s'écriant: Grâces, grâces soient rendues à Dieu pour son don ineffable 1 Le salut s'effectue par la mort de Christ , et , par conséquent , il convient à un Dieu saint et jaloux , avec qui le mal ne peut habiter. C'est le même Dieu immuable qui a décrété une loi sainte qui publie cet Evangile glorieux.

Le salut est gratuit , autrement aucun enfant d'Adam n'aurait pu y prétendre ; il est gratuit, afin que « les regards hautains de l'homme soient humiliés , et que le Seigneur soit seul exalté en ce jour-là. » Il y a un salut pour le premier des pécheurs : je suis cet homme-là. Je me vois exactement décrit dans la Parole de Dieu. Je puis lire radn nom dans l'appel de grâce qu'il adresse à tous. J'accepterai cette offre , je reconnaîtrai et j'embrasserai ce bienheureux Sauveur comme mon Seigneur et mdn Dieu, comme ma vie et mon tout

Cependant, peut-être le fidèle est-il enco|fe ébranlé, peut-être sa foi est-elle encore chancelante. Ebloui par l'immensité de la grâce ^ tt de joie, il ne croit point et il s'étonne. » Il est enclin à dire : Si seulement je tenais ferme le commencement de mon espérance, je n'envierais pas au plus grand monarque de la terre son trône, sa pourpre et son sceptre, mais je chanterais ce nouveau cantique : « A Celui qui^ous a aimés et nous a lavés de nos péchés par son sang, et nous a faits rois et sacrificateurs à Dieu son Père, à lui soient la gloire et la force aux siècles des siècles. » Mais , hélas I toutes les promesses de salut qui nous sont faites ne s'adressentelles pas uniquement à ceux qui croient t Or , c'est précisément cette condition qui me fait défaut. Mon esprit est d'une faiblesse et d'une lenteur déplorables. Et, tandis que je pense ne douter d'aucune des vérités annoncées par Dieu , je doute fort de la sincérité de ma soumission à sa volonté.' Je réponds : Croyez-vous réelle-

ment à toutes les vérités divines qui ont rapport à votre étal de perdition et à la seule voie par laquelle vous en puissiez sortir? En ce cas , que le Seigneur luimême augmente votre foi , car vous êtes heureux et sauvé.

Ces vérités sont-elles seules le fondement assuré de notre espérance? Je crains que nous n'ayons tous la tendance à regarder à nous-mêmes pour y trouver quelque sujet d'espoir sur lequel nous puissions nous reposer. Qu'est-ce que la foi ? Est-ce autre* chose que recevoir le témoignage que Dieu a rendu de son Fils , que croire au témoignage de F Amen, du Témoin fidèle et véritable? Dieu n*a-t-il pas expressément pourvu à votre paix , à votre réconcîliation avec lui et à votre sanctification par la plénitude de Christ, et ne savezvons pas que vous lui êtes redevable de toutes ces choses? Qu'est-ce donc qui vous ferme le chemin du bonheur , si ce n'est , ou que vous n'ajoutez pas foi aux promesses qu'il vous a faites , ou que vous

ne voulez pas qu*il les ait faites pour vous! C'est à la fois de rincrédulité et de l'impénilence. Ne dites donc plus que vous Iremblei pour vous-même , tout en prétendant qoe vous r^ardez la Rédemption comme le plus grand des bienfaits; écriez- vous , au cootraire, avec un cœur reconnaissant: « Gloire à Dieu au plus haut des cieux , paix sur la terre et bonne volonté envers les hommesli Je te loue, ô Dieu, pour ce message de paix que tu nous as envoyé. Je crois en apercevoir quelque peu la nécessité , la vérité et la beauté. Je vois tout cela , j'en ai la confiance , avec une telle clarté , que celte bonne nouvelle est le seul fondement de mon espérance. J'abandonne toute autre prétention , et j'en déteste même jusqu'à la pensée; je r^arde toutes les autres choses comme m'étant nuisibles, exï comparaison de l'excellence de la connaissance de Jésus-Christ , mon Seigneur , pour l'amour duquel je me suis privé de toutes ces choses , et je les estime comme du fumier, afin que je gagne Christ et que je sois

trouvé en lui , ayant , non poioi rat justice qui est de la loi , mais celle qui est par la foi en Christ , la justice qui est de Dieu par la foi (Phil., III , 8, 9). » Je m'afflige de ce qu'il y a en moi une telle lenteur à donner gloire à ton Nom et aux richesses de ta grâce. Dompte mon obstination et dominemoi par ta puissance. Seigneur , je crois :

subviens à mon incrédulité.

i^CT. VI. — Comment le fidèle trouve la paix

de la conscience.

Nous venons de voir de quelle manière \e pécheur est réconcilié avec Dieu et délivré de la condamnation. Il ne sera pas hors de propos d'examiner aussi comment 41 trouve la paix de la conscience , et comment son cœur et sa vie sont dirigés dans sa marche subséquente. Cela fera mieux comprendre TinCluence et Tactioa des vérités de TEvangile. Il y a même , à deux égards , nécessité de faire cette rei^herche : parce que^ ainsi que je Tal

longuement prouvé plus haut, tout hemine véritablement repentant sent vivement et profondément le mal du péché considéré en soi. Il n'est pas seulement effrayé de la condamnation qu'il a méritée , mais encore il voit l'impureté et la souillure de son cœur.

A supposer donc , dira un lecteur intelligent , cette grande distinction suffisamment établie, son salut n'est encore qu'à demi- accompli. Il se peut qu'il n'y ait plus de condamnation pour lui dans la loi de Dieu , quant aux transgressions dont l'expiation a été faite et acceptée; mais il n'en est que plus sujet aux reproches de sa conscience. 11 lui faut encore endurer les reproches et les accusations de son propre cœur , choses qui constituent une grande partie de la misère d'un étal de péché. La nécessité de celte recherche devient plus évidente encore par cette seconde considération que , le pécheur étant justifié par la foi, il n'a la paix que par le sang de Christ. Cette délivrance ne vient point de lui-

même , et Ton pourrait croire qu'elle le laisse, pour ainsi dire, quant à son état et à son caractère, quant à sa corruption et à sa souillure, précisément tel qu'il était auparavant. On pourrait même croire que la grâce extraordinaire qu'il a obtenue, sans l'avoir méritée ni même sollicitée de Dieu, aggrave sa condamnation , et met au grand jour la perversité de sa rébellion. Et , certes , cela est si vrai , que la libre grâce de Dieu a pour but et pour effet de produire une humiliation croissante d'esprit, en même temps qu'une admiration croissante aussi pour l'amour de Dieu en Jésus- Christ.

L'amour paternel étant une image que Dieu a très-souvent employée pour représenter sa miséricorde infinie , je m'en servirai pour éclaircir les deux remarques qui viennent d'être faites. Supposez qu'un fils ait offensé son père par un acte insigne de désobéissance , pour lequel il ait été sévèrement repris et tenu pendant quelque temps à récart ; si le père pardonne à son fils et le reçoit de nouveau dans ses bonnes

grâces, ce fils, ainsi délivré de la crainte du châtiment , ne bannira-1-il pas de son esprit toute inquiétude quant h son offense, et le sentiment de Tamour de son père D'affligera-t*il pas davantage son cœur, de ce qu*il Ta tant offensé, que n'aurait pu le faire l'appréhension du châtiment dû à son crime ? Ce sentiment le couvrira bientôt de confusion , et , s'il y a en lui une étincelle de sensibilité , il est à peine pardonné que le cours de ses affections est brusquement changé , en sorte qu'il se pardonne difficilement ses fautes passées.

Mais , en outre , comme Christ , par ses souffrances et par sa mort, nous a délivrés de la colère à venir , ainsi , par l'effusioa de son précieux sang , il « purifie le cœur d'une mauvaise conscience , » comme dit l'Ecriture. Je recommande à Tallention se- ' rieuse du lecteur les détails suivants sur cet important sujet , qui se rattache aux grands principes de la vie spirituelle :

1. Par Jésus-Christ, et par toute son œuvre comme médiateur de la nouvelle

alliance, Dieu avance admirablement son honneur et sa gloire, et fait une réparation éclatante à sa loi sainte , qui avait été violée. Cela doit plaire singuliëremenf k fout pécheur repentant. La justice de Dieu étant ainsi satisfaite , la conscience aussi , qui est le représentant et comme Ta vocal de Dieu , est apaisée par les mêmes moyens. Le déshonneur fait à Dieu , telle est la cause du mécontentement que le pécheur éprouve quant à lui-même. Ne doit-il pas être heureux et satisfait de voir ce déshonneur si parfaitement enlevé , et tant de gloire divine briller dans l'œuvre de la Rédemption ? Toutes les perfections divines y apparaissent avec un tel éclat, que leur vue doit être un vrai rafraîchissement pour le pécheur humilié. La sainteté et la justice même de Dieu , qui autrefois lui paraissaient si redoutables , lui paraissent aimables maintenant. Il contemple avec adoration la sagesse divine, telle qu'elle se manifeste dans la croix de Christ. Il nous est dit que les armées célestes elles-mêmes

avons en lui (Eph., III, 12). -* Et, qaelqiier chose que vous fassiez , soit par parole ou par œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus , rendant grâces par lui à notre Dieu et Père (Col., III, 17). »

On ne peut espérer de persévérer dans la pratique du devoir , de mener une vier utile et sainte, que par un continuel exer* cice de foi en lut. « Demeurez en moi , el mor en vous ; comme le sarment ne pculb point de lui-même porter de fruit , s'il ne demeure au cep , vous ne le pouvez point aussi si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep , et vous en êtes les sarments ; celui qui demeure en moi , et moi en lui , porter beaucoup de fruH ; car , hors de moi ^ vous ne pouvez rien produire (Jean , XV , 4 , 5). » Paroles dures , doctrine humiliante, mais doctrine qui apaise la con«science ; car la conscience , nous condamnant comme coupables et indignes , cette condamnation est ratifiée de tous point»

par l'Evangile.

Les mêmes circonstances, qui valent

à cette doctrine la haine ou le mépris AeÉ gens du monde , la rendent d'autant plus douce à Tâme convaincue de sa misèrCi Celle-ci reconnaît de bon cœur qu'il est parfaitement juste et raisonnable que Dieu sieul soit exalté, etquilait, par le moyen de notre Rédempteur , toute la gloire de iaolre salut. En conséquence , on remarquera que les apôtres , lorsqu'ils célèbrent la grâce de Dieu , manquent rarement de fie condamner expressément eux-mêmes , et de renoncer à tout mérite propre. On le remarque facilement dans tous les pasiSdges relatifs à ce sujet : « Car vous êtes sauvés par grâce , par la foi ; et cela ne vient point de vous , c'est le don de Dieu ; non point par les œuvres , afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes son ouvrage , étant créés en Jésus-Christ pour les bonnes œuvres , que Dieu a préparées, afin que nous marchions en elles (Eph., 11,8, 9, 10). —Duquel j'ai été fait le ministre , selon le don de la grâce tie Dieu , qui m'a été donnée suivant l'effi-^

cace de sa puissance. Cette grâce , dis-je, m'a été donnée à moi , qui suis le moindre de tous les saints , pour annoncer entre les Gentils les richesses incompréhensibles de Christ (Eph., III, 7,8). »

Les croyants sont délivrés par Christ des reproches de leur conscience , et en même temps ils reçoivent l'assurance absolue d'être délivrés de la puissance du péché et d'être rendus vraiment capables de glorifier Dieu dans leurs corps et dans leurs esprits qui lui appartiennent. Tel doit être le plus fervent dé^ir de tout pécheur convaincu de sa misère. 11 soupire après la délivrance de l'esclavage du péché; plus il a senti la pesanteur de ses chaînes , plus il lui tarde d'en être débarrassé. D'après les principes ex posés plus haut, ces dispositions sont inséparables d'une conversion réelle.

Combien la certitude que ce souhait sera rempli ne doit-elle pas apaiser la conscien* ce I Quelque raison qu'il ait de se condamner soi-même à cause de ses transgressions passées, ou de suspecter la faiblesse

de ses résolutions quant à un amendement à venir , le 6dële connaît la puissance de son Rédempteur, et il s'y confie. Il sait que désormais il ne servira plus le péché, que la domination que celui-ci exerçait sera graduellement détruite pendant sa vie et complètement anéantie à sa mort. Le but de la venue de Christ ayant été de glorifier son Père céleste, il sait que la gloire de Dieu ne peut résulter de Ta ban don du pécheur à Tesclavage de la corruption, et que, par conséquent, il sera purifié et rendu propre à avoir part à l'héritage des saints dans la lumière.

Si nous éludions soigneusement le Nouveau-Testament, nous verrons qu'il y a une liaison étroite et mutuelle entre notre justification et noire sanctification , et que l'une et l'autre nous sont présentées comme le fruit de l'oeuvre du Rédempteur.

«Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ^ lesquels ne marchent point selon la chair , mais selon l'Esprit j parce que la loi da

f ËspHt de vie qui est en Jésus-Girist id^sT affranchi de la loi du péché et de la mort.

I^arce que ce qui était impossible à Fa loi , b cause qu'elle' était faible en la chair , l)ieif ayant envoyé son propre Fils en forme de chair de péché et pour le péché , a coirdamné le péché en la chair (Rom. , VIII, 1-3). » Toutes les bénédictions qui constituent le salut nous sont décrites comme tenant Tune à l'autre et formant une chaîne continue dont aucun antieau ne peut être rompu : « Car ceux qu'il a préeonnus , iï les a aussi prédestinés à être conformes à l'image de son Fîls , afin qu'il soit le pre-^ mier-né entre plusieurs frères. Et ceut qu'il a prédestinés , il les a aussi appelés ; et ceux qu'il a appelés , il les a aussi justifiés ; et ceux qu'il a justifiés , il les a aussi' glorifiés (Rom., VIII, 28,29). » Il y a dans le saitg de Christ une vertu purifiante et sanctifiante , aussi bien qu'une valeur infinie pour payer notre rachat et faire notre expiation : « Car si le sang des taui^eaux et des boucs et la cendre de la gé-

ttfissie , de laquelle on fait aspersion , sanc-«^ tifie, qaant à la pureté de la chair, ceuxqui sont souillés; combien plus le sang de Chrisif , qui par l'Esprit étemel s'est offert lui-même à Dleiï sans nulle tache, purifiera-l-il voire conscience des œuvres fnortes , pour servir le Dieu vivant (Héb., IX , 13 , 14) I » Nul ne connaît le prix ou' la nécessité des promesses de force et de secours contenues dans les Ecritures, si ce n'est des chrétiiens sincères et exercés dans la vie spirituelle. La gloire de la personne de leur Rédempteur , décrite en termes si magnifiques tant dans l'Ancien que dans le Nouveau-Testament est pour les fidèles l'objet d'une contemplation pleine d'ineffables délices. La toutepuissance de son gouvernement leur est une source d'indicibles consolations. Sous îa conduite du capitaine de leur salut, ils marchent à enseignes déployées et avec uq courage intrépide à la rencontre de quelque ennemi que ce soit, persuadés qu'ils seront plus que vainqueurs par Celui qui les sr

aimés. Voyez , entre autres, les deax passages suivants : « Sion , qui anoonces de bonnes nouvelles, monte sur une haute montagne; Jérusalem, qjui annonces de bonnes nouvelles , élève ta voix avec force ; élève-la , ne crains point ; dis aux villes de Juda: Voici votre Dieu!

Voici , le Seigneur , T^ernel viendra contre le fort , et son bras dominera sur lui ; voici, son salaire est avec lui , et son loyer marche devant lui. Il paîtra son troupeau comme un berger; il assemblera les agneaux entre ses bras , il les placera en son sein ; il conduira celles qui allaitent (Es. , XL, 9-11). — Ne crains point, car je suis avec toi; ne sois point étonné, car je suis ton Dieu ; je t*ai fortifié et je t'ai aidé, même je t'ai maintenu par la droite de ma justice. Voici, tous ceux qui sont indignés contre toi seront honteux et confus ; ils seront réduits à néant , et les hommes qui ont querelle avec toi périront. Tu chercheras les hommes qui ont querelle avec, toi , cl tu ne les trouveras point; ils seront

réduits à néant ; et ceux qui te font la guerre seront comme ce qui n*esl plus.

Car je suis rElemel ton Dieu , soutenant ta main droite , celui qui te dit: Ne crains point; c'est moi qui t'ai aidé (Es. , XLI , 10-13). »

Skct. VII. — Comment le chrétien est gouverné dans sa conduite journalière.

Avant de terminer ce chapitre , je dirai quelques mots des principes qui animent l'obéissance du fidèle. Le lecteur peut ici remarquer qu'un changement dans tout son caractère et dans toute sa conduite découle immédiatement et nécessairement de sa conversion. L'amour de Dieu est a répandu dans son cœur par le Saint-Esprit, » et y devient le principe essentiel de toutes ses actions futures. L'influence en est constante , tout autant du moins qu'elle n'est pas contrariée et combattue par les efforts que fait encore celte «loi qui, dans ses membres , lutte contre la loi de

f)ieu qui est dans son esprit. » La connais-' ^nce qu'il a acquise de la vraie nature et de la miséricorde infinie de Dieu a renouvelé sa volonté ; il aime le bien , et il est tellement persuadé de l'obligation de la lof divine qu'elle ne peut plus s'effacer en lui. Au5si longtemps qu'il gémit sous le poids de péchés non pardonnes , et qu'il voit toutes les perfections de Dieu armées de^ terreur contre lui , il ne peut guère éprouver qu'une crainte servile ; mais lorsqu'il entend la promesse gracieuse du pardon ; lorsque, après avoir examiné le témoignage de Dieu , ses doutes et son incertitude sont dissipés ; lorsqu'il s'est assuré de la solidité du fondement sur lequel lie salul s'appuie, il s'en saisit comme de sa propriété, et il s'unit à Dieu par un amour sincère. Cet amour, quoique faible en intensité, est cependant parfait quant à sa nature; il jouit, conséquemment , d'uneT puissante influence , étant un amour mè\è de respect, de reconnaissance et du désîK de posséder Celui auquel il se rapporte?*-

L^aniour de Dieu est le premier précepte" de la loi nrorale et le premier devoir de* toute créature intelligente ; mais on comprend du reste qu'à moins que notre amour ne s'adresse au vrai Dieu, il est faux et nul , et qtfà moins de contempler le vrar Dieu dans la u face de Jésus-Christ , » il est impossible à quelque pécheur que ce soit de l'aimer : l'Evangile de gloire renouvelle notre nature , qui ne peut être changée autrement. C'est le Christ Jésus qui nous révèle le vrai Dieu , dont nous avionsperdu la connaissance. « Personne ne vit jamais Dieu; le Fils unique, qui est au sein du Père , est celui qui nous l'a révélé (Jean , 1 , 18). » C'est lui qui a fait notre paix avec Dieu , que nous avions offensé' par nos transgressions: « Etant justifiés par la foi , nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ (Rom. ^ V, 1).» C'est lui qui a réconcilié notre âme avec Dieu, en nous manifestant sor^ amour , de telle sorte qu'il peut bien dire : « Je suis le chemin , la vérité et la vie ^

Dieu le pardon de ses innombrables et graves offenses, soit prêt à pardonner à ses frères les fautes beaucoup plus légères qu'ils ont commises contre lui. Il n'y a même rien d'incroyable à ce qu'il éprouve le plus grand plaisir à le faire, et à ce qu'il regarde comme un honneur d'y être appelé, quand il se rappelle ces paroles de son Rédempteur mourant : « Père , pardonne^ leur; car ils ne savent ce qu'ils fonti »

Quant aux bons, il n'y a aucune difficulté quelconque. Ils sont unis par les liens de l'affection la plus tendre et la plus puissante ; ils s'aiment l'un l'autre ardemment , d'un cœur pur. Il n'est pas, étonnant que , lorsque le christianisme était persécuté , les païens fissent celte remarque : « Voyez combien ces chrétiens s aiment I » Us avaient un môme caractère , un même Sauveur , les mêmes souffrances et les mêmes espérances. N'en doit-il pas être ainsi maintenant encore?

« Tous ceux qui veulent vivre selon la piété en Jésus-Christ souffriront perse*

cutioo. » S'ils ne sont pas persécutés avec répée, ils le seront par les langues des hommes. Ils ont les plus puissants motifs de s'aimer réciproquement ; ils n'en ont aucun de se diviser , car il ne peut y avoir, ni rivalité, ni jalousie, entre ceux qui possèdent ou cherchent les vraies richesses. Dieu suffit parfaitement à satisfaire les désirs de tous ses saints, et comme ils sont intimement unis au seul Dieu vivant et vrai, ils sont nécessairement aussi unis l'un à Taulre. Tel est le sens de la prière sacerdotale de leur Sauveur : « Je prie....

afin que tous soient un, ainsi que toi, Père, es en moi, et moi en toi j afin qu'eux aussi soient un en nous, et que le monde croie que c'est toi qui m'as envoyé. Et je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un, comme nous sommes un. Je suis en eux , et toi en moi, afin qu'ils soient consommés en un , et que le monde connaisse que c'est toi qui m'as envoyé , et que tu les aimes comme tu m'as aimé (Jean, XVll, 21-23). »

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