‹ Traité signes de la mort et des moyens de prévenir les enterrements prématurésChapitre 17 sur 71 · CESSATION DES FONCTIONS PULMONAIRES · texte numérisé non relu

CESSATION DES FONCTIONS PULMONAIRES

Il est donc impossible d’attacher quelque importance aux épreuves du miroir ou de la bougie placés devant la bouche, et du verre d'eau mis sur le cartilage de la dernière côte. Elles ne prouvent pas plus linterruption des fonctions respiratoires que la cessation de la vie.

La respiration peut, dit-on, paraître avoir complétement cessé de s’accomplir, en raison du re= pos absolu des muscles respirateurs, sans que, pour cela, la suspension soit réelle et définitive, l’hématose continuant à s’opérer par un mouvement intérieur insensible. Cela est difficile à com= prendre , mais il en doit être ainsi, et, dans l’asphyxie des nouveaux-nés, dans la syncope, dans la léthargie, etc., où le repos apparent des muscles de la respiration n’a pas amené la mort, il faut que lhématose se soit faite intérieurement , incomplétement si l’on veut; mais il faut qu'elle se soit accomplie, et cela, sans doute, à l’aide de mouvements respiratoires inappréciables, En effet, dans ces états morbides les battements du cœur se font entendre et entretiennent la vie, ce qui ne pourrait avoir lieu si le sang ne subissait pas l’influence de l’air dans les poumons.— "Tout à l'heure nous disions : la mort du cœur entraine celle des poumons et du cerveau; mais l’action est réci-

proque et la mort des poumons est aussi celle du cerveau et du cœur. Du moment où l’on perçoit les battements de cet organe , les mouvements respiratoires étant suspendus à l'extérieur, c’est qu'il y a au dedans des phénomènes capables de suppléer à cette absence apparente et de servir aux besoins de l’hématose. Voici d’ailleurs un fait de physiologie comparée qui semble appuyer ce que je viens de dire. La respiration des marmottes endormies devient insensible à 12° au-dessus de zéro, et reste inappréciable pour l’observateur pendant toute la durée de l’hibernage. Cependant la vie n'a pas cessé, l’hématose se fait encore assez pour entretenir les fonctions du cœur, et quoique la respiration paraisse ancantie au dehors, la foncüon n’est pas suspendue, puisque les animaux périssent dès qu’on les transporte au milieu de gaz non respirables, l’acide carbonique par exemple. Toutefois, pour exprimer toute notre pensée, nous dirons que, dans le cas de mort apparente chez l’homme, la suspension complète des phénomênes extérieurs de la respiration est très rare, si toutefois elle a été vraiment observée. Il en sera peut-être un jour des mouvements respiratoires comme des battements du cœur : on les trouvera dès qu'on voudra prendre la peine de

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