‹ Traité signes de la mort et des moyens de prévenir les enterrements prématurésChapitre 25 sur 71 · ABSENCE DE LA CONTRACTILITÉ MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

ABSENCE DE LA CONTRACTILITÉ MUSCULAIRE

Üne telle opération est bien de nature à faire ressortir lirritabilité des muscles après la mort.

Lorsque ces contractions, qu’on pourrait appeler normales , disparaissent, il est encore possible de les réveiller à l’aide des excitations mécaniques. Alors elles se reproduisent presque à volonté, elles cessent, pour reparaître après un peu de repos, et au bout d’un temps très variable elles disparaissent entièrement, d’abord dans les muscles de la vie organique, et après dans les muscles de la vie animale.

La persistance de ces contractions, leur durée, variable dans les divers organes musculaires ou présumés tels, a été l’objet de nombreuses expériences de la part de Fowler, de Bichat, et surtout de Nysten, qui a consacré un chapitre de son ouvrage à ce sujet. Ces expériences ont été répétées sous les yeux de Hallé. En voici le résultat : La contractilité dure peu de temps dans le ventricule gauche du cœur, quarante-cinq minutes dans l’estomac et les intestins, un peu plus longtemps dans la vessie, une heure dans le ventricule droit du cœur, une heure et demie dans lœsophage, et une heure trois quarts dans l'iris. Viennent ensuite les muscles du tronc, puis ceux des membres abdominaux , puis ceux des membres thoraciques,

enfin l'oreillette droite du cœur. Ergo hœc auricula rectè ullimum moriens Galeno dicta est et Harveio. (Haller, Physiologie.)

L’air humide et chaud, le gaz ammoniac , la vapeur du charbon, et l'hydrogène sulfuré surtout, abrègent smgulièrement la durée de ce phénomène, qui, du reste, n'est pas influencé d’une manière notable par le gaz hydrogène carboné, le chlore et l’acide sulfureux, non plus que par la privation d’air au moyen de la strangulation et de l’immersion.

Enfin Nysten étudie linfluence des diverses maladies sur la contractilité musculaire, et il démontre que cette influence dépend plutôt de la marche et de la durée de ces maladies que de leur nature, Les maladies chroniques altèrent beaucoup plus cette propriété que les maladies aiguës; et parmi les affections chroniques, ce sont celles dans lesquelles la nutrition est le plus lésée, qui portent le plus atteinte à la contractilité musculaire, Chose extraordinaire, ditNysten, la paralysie, qui semblerait devoir, selon lopinion des physiologistes, entrainer la perte de la contractilité, n’altère pas plus cette propriété que l’état adynamique; car nous avons vu, à la suite des apoplexies, les organes contractiles , sans en

ABSENCE DE LA CONTRACTILITÉ MUSCULAIRE. 473 excepter ceux qui reçoivent directement leurs nerfs du cerveau , être aussi sensibles au galvanisme du côté paralysé que du côté sain. Cela est vrai pour les paralysies récentes, et Nysten a eu raison de s'exprimer ainsi ; mais c’est une erreur, au contraire, pour les paralysies, quelle que soit leur nature, qui existent depuis longtemps et qui ontamené l’atrophie des muscles. Ainsi j'ai vu des paralysies saturnines, des paraplégies et des hémiplégies dans lesquelles la contractilité musculaire était tellement faible qu’on aurait pu la croire anéantie. Mais ce n’était qu’un phénomène local, car les muscles en contact avec Pautre pôle de la pile placé vers la moelle épinière se contractaient avec énergie, de sorte que s’il existe quelquefois une diminution locale et circonserite de lirritabihité , ce n’est jamais une diminution générale, et encore moins une absence complète de cette propriété dans tout Le système musculaire. Le curare lui-même , qui a tant d’imfluence sur cette contracühté, et qui semblerait pouvoir la détruire, tant 11 la modifie profondément, n’a cependant pas la puissance de Pabolir. Ainsi + le courant galvanique , qui traverse les nerfs isolés d’un animal récemment tué par ce poison, ne

. N'a . 0 détermine aucune contractiôh musculaire ; mais A0.

si, au lieu de faire passer le courant dans les nerfs on le dirige à travers les muscles , ceux-ci se contractent, comme ils le feraient sur un animal non soumis à l’action de cette substance. Par conséquent la modification de lirritabilité musculaire par le curare n’est qu’apparente, les phénomènes de contraction galvanique existent toujours lorsque le courant traverse directement les muscles, et cette substance n’a d'influence que sur l’irritabilité nerveuse , qu’elle paraît détruire entièrement.

Quoi qu’il en soit, si la persistance de la contractilité musculaire n’est pas un signe de vie, l'absence de ce phénomène, sous l'influence des stimulants galvaniques, peut être considérée comme un signe certain de la mort.

3° Signes éloignés de la mort annonçant le règne des lois phy-

siques et chimiques sur la matière animale privée de la vie.

A, Affaissement des parties molles.

Les effets de la pesanteur sont à peine sensibles sur le corps des animaux vivants, et sont en grande partie compensés par la résistance musculaire. Cette force ne reprend son empire qu’à l'instant de la mort. Les parties sur lesquelles le corps est couché s’écrasent comme le ferait un morceau de pâte molle jetée sur un marbre. Tous

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