‹ Traité signes de la mort et des moyens de prévenir les enterrements prématurésChapitre 50 sur 71 · LIX. Mort apparente ; inhumation · texte numérisé non relu

LIX. Mort apparente ; inhumation

« Dans le courant du mois de novembre 1842, un convoi funèbre s’acheminait versle cimetière d’une des cemmunes du département de l'Hérault. Le convoi était celui d’une sage-femme morte la veille. Tout-à-couples porteuses s'arrêtent épouvantées; elles ont senti une sourde agitation se manifester dans l’intérieur du cercueil. Bientôt les mouvements redoublent ; des cris étouffés se font entendre. On ouvre la bière ; en effet, la malheureuse que l’on allait enterrer était vivante, ct venait de reprendre toute sa connaissance. On s’empresse de la reporter chez elle, on lui prodigue tous les secours, mais en vain; la terreur profonde qu’elle avait éprouvée en revenant à elle l’avait frappée d’un coup mortel, et trois

jours après, elle payait de sa vie la funeste précipitation de sa famille (2). »

LX, Mort apparente ; inhumation ; mort réelle consécutive.

« Un habitant de la commune d'Eymes, arrondissement de Bergerac, département de la Dordogne, était atteint depuis longtemps d'une maladie chronique peu grave en elle-même, et dont le symptômele plus pénible était une insomnie continuelle, qui ne permettait pas au pauvre malade de goûter un instant de repos. Fatigué de

(4) L. Lenormand, loc. cit,, p. 77.

(2) L. Lenormand, loc, cit,, p. 78,

cet état, il se décide à faire venir de la ville la plus rapprochée un médecin jouissant de quelque réputation qui prescrit les pilules dans lesquelles l'extrait d'opium entrait en proportion assez considérable, en recommandant au malade d’en user avec précaution, c'est-à-dire de n’en prendre chaque soir qu'une quantité déterminée. Le malade, imbu de ce malheureux préjugé, trop répandu dans certaines classes de la société, qu’un médicament produit de bons résultats en raison directe de la quantité qu’on en prend, avala en une seule fois la dose de plusieurs jours. Bientôt il tomba dans un profond sommeil, dont il n’était pas sorti plus de vingt-quatre heures après. On appela le chirurgien du village qui trouve le corps sans chaleur, le pouls éteint. Il ouvre successivement la veine aux deux bras, et n'obtient que quelques gouttes d’un sang noir et coagulé. Le chirurgien se retire, et, le lendemain, on procède à l’inhumation. Cependant, au bout de quelques jours, de nouveaux renseignements font découvrir l’imprudence que le malheureux avait commise en usant avec excès des pilules narcotiques qui lui avaient été prescrites. On commence à soupconner une partie de la vérité. Une sourde rumeur se manifeste parmi les habitants de la commune qui demandent à grands cris et obtiennent l'autorisation de procéder à l’exhumation. On se porte en foule au cimetière, on extrait le cercueil, on l’ouvre, et le plus affligeant spectacle frappe tous les regards consternés: l’infortuné s'était retourné dans sa bière, le sang qui avait coulé des deux veines ouvertes avait baigné son linceul; ses traits étaient convulsés, et ses membres crispés attestaient

l'horreur du supplice qu'il avait enduré avant de mourir. Ce fait s’est passé pendant le mois de décembre 1842 (1). »

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