‹ Traité signes de la mort et des moyens de prévenir les enterrements prématurésChapitre 51 sur 71 · LXI. Mort apparente ; inhumation; retour à ja vie · texte numérisé non relu

LXI. Mort apparente ; inhumation; retour à ja vie

« Le 20 février 1843, on préparait l'enterrement d’une dame de la ville de Caen, qui avait paru succomber après une longue maladie. Déjà les tentures funèbres avaient été placées à la porte de sa maison, et le cortége de l’église était en marche pour venir la chercher. Deux hommes prennent le corps pour le déposer dans le cercueil placé près du lit mortuaire, lorsque la prétendue morte fait un mouvement dans leurs mains, et sort de la profonde léthargie où elle était plongée. Depuis ce moment elle s’est parfaitement rétablie (2). »

LXIT. Mort apparente reconnue par un médecin.

« Le fait suivant m'a été raconté par un de mes honorables concitoyens, qui n’a dû la conservation de son existence qu’à un de ses amis. En 1809, M. X..., pharmacien-major, se trouvait avec l’ambulance dont il faisait partie à Krems, viile de la Basse-Autriche, située sur les bords du Danube. Dans une rencontre, il reçut, à la partie moyenne de l’avant-bras droit, un coup de sabre qui coupa l'artère radiale. Je dois faire remarquer ici que c’est cette artère que palpent le plus habitucllement les médecins pour explorer le pouls des malades. La blessure se cicatrisa rapidement ; mais

(1) L. Lenormand, loc, cit., p. 79.

(2) L, Lenormand, loc. cit., p. 80.

comme la circulation était en partie interrompue, il en résulta d’abord dans le membre une infiltration qui persista assez longtemps, et, en outre, les pulsations ne se firent plus sentir dans la partie inférieure de l'artère divisée, c’est-à-dire aux environs du poignet. Quelque temps après, une épidémie se déclara dans l'hôpital, et sévit bientôt avec une telle violence que les décès se succédaient sans interruption.

» Enfin, le moment arriva où la salle des morts devint insuffisante, et l’on était contraint de jeter provisoirement les cadavres par une fenêtre, dans une petite cour, jusqu’au moment où on les enterrait, On ne redoutait, au reste, aucun inconvénient de leur présence, car l'on était au milieu d’un hiver rigoureux, et ces cadavres ne séjournaient dans cet endroit que pendant un très court espace de temps. M. X... n’échappa point au fléau , et il fut porté dans une salle où gémissaient déjà plusieurs autres malheureux. Malgré la médication la plus active, le mal fit de rapides progrès. Un matin, le médecin, en passant sa visite, trouva M. X... sans chaleur et sans respiration apparente. Il saisit alors le bras droit du malade, et après avoir inutilement cherché les pulsations de l'artère, il le déclara mort, et ordonna aux infirmiers d’'emporter le cadavre.

» Ceux-ci obéirent aussitôt à l’ordre qu'ilsavaient reçu, et déjà ils s’approchaient de la fenêtre fatale par laquelle ils allaient précipiter l’infortuné, auquel certainement la chute et Ie froid auraient ravi une existence que lui avait laissée la maladie, lorsqu'un jeune chirurgien s’approcha des infirmiers en leur demandant qui ils por-

taient ainsi. C’est, répondirent-ils, le n° 4 de la salle des officiers. À cette désignation, le chirurgien reconnut son ami : il souleva le drap pour jeter sur lui un dernier regard ; puis il songea à s'assurer lui-même de la réalité de la mort, Mais comme il avait eu connaissance de l’ancienne blessure de M. X..., etdes conséquences qu’elles avaient entraînées, il prit son bras gauche, chercha l’artère et sentit bientôt quelques faibles pulsations. II le fit rapporter aussitôt dans son lit, l’entoura de soins, et, quelques jours plus tard , il avait la joie de le voir rendu à la santé (1). »

LXIIT, Etat de mort apparente guéri à propos.

« Henri Wealser, curé de Richlen, dans le comté d’Yorck en Angleterre , fut jugé mort après une maladie de quelques jours. Etant resté dans le même état pendant quelque temps, on le mit dans le cercueil, et l'on disposa tout ce qui était nécessaire pour ses funérailles, et même la fosse qui fut creusée dans l’église du lieu. Mais dans le temps qu’on enlevait le corps , le prétendu mort crie à haute voix , se met sur son séant dans son cercueil ouvert , se lève et revient chez lui plein de force et de vie, après avoir été réputé mort pendant quarante-huit heures. Cette histoire est rapportée par J. Schutzen dans un traité de sa composition, 7ractatus medicina, medicastris, morbis, morbidis, etc. Magdeburgi, 14716, in-4° (2), »

(1) L. Lenormand, Loc, cit,, p, 406.

(2) Bruhier, t, IT, p. 67.

346 OBSER VATIONS DE MORT APPARENTE.

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