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Gsm
monomaniaques qu’on remarque le plus cette insensibilité; ce ne sont pas ces aliénés, ni ceux dont le délire est périodique ni les convalescens, ni les hommes délicats qui sont le plus à l’abri de contracter les maladies d'infection, mais bien ceux qui présentent une grande excitation dans les fonctions intellectuclles, jointe à uuc diminution dans toutes les sensations, Les maniaques, et surtout les furieux, paraissent le plus insensibles à influence des contagions. Aussi, les tableaux des maladics auxquelles succombent les aliénés dans les instituts destinés à ces malades, démontrent assez que les fièvres typhoïdes et contagieuses, en général, s’y ohservent parfois. Le cas qui suit, laisse voir que l’aliéné, placé au milicu d’un air infect, n’est.pas si : insensible aux maladies contagieuses ; qu’on pour raît bien. le-croire. Un soldat devient maniaque; il est transporté à l'hopital militaire de Gand ; sa manie change en démence; le typhus commence à régner dans’ cet établissement; et bientôt il én’est atteint: à sa convalescence, il avait récupéré Ja: rai: “son, | Weg je 480 ip Cette, observation fortifie lopinion: de Cox qui dit que dw moment qu’un aliéné est:atteint d’une maladie grave, dans laquelle les fonctions ont beaucoup à:.souffrir, d'état de son moral en: éprouve presque : toujours de laméliôration. -: Vraie dans nombre de eas, cette-règle: générale est cependant susceptible d’exceptions. |
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Le
een en et Xe ne. —
* INFLUENCE DE QUELQUES PHEÉNO- MÈNES CRITIQUES SUR L’AHIE- NATION MENTALE.
et
EL axénation mentale peut, après avoir duré un temps plus ou moins long, après avoir été rebelle à tout moyen curatif, se dissiper spontanément par un changement, d’état survenu dans l’une où l'autre fonction. Tantôt c’est un trouble général, tantôt une altération qui se borne à ‘un organe particulier, Dans quelques cas, c'est le système nerveux qui est spécialement atteint; parfois, les glandes salivaires, le foie, ou le tube alimentaire est le siège du mouvement critique; parfois c'est la peau, le systèmé capillaire sanguin, d’autres fois le sysième lymphatique. MH y a des cas’ où l’intellect se | rétablit dans son état de santé; satis qu'aucune altération précède, où accompagne cctte crise. Nous avons déjà à différentes reprises, ea occasion de citer des faits pareils, et il n’entre point dans lesens de la question d’en parler d’une manière spéciale,
puis-
puisqu'il s’agit seulement ici de linfluence qu'ont les altérations des organes sur l’état moral des aliénés.
Influence ‘de l'état fébrile sur l’aliénation mentale.
Parmi les fièvres qui surviennent pendant le cours de l’aliénation mentale, on peut noter, comme capitales, les intermittentes et continues qui servent de crise À ces.affections. Plusieurs auteurs, entre lesquels je me bornerai à citer Darwin (1) et Esquirol (2), ont observé l'influence salutaire des fièvres sur le désordre de l’esprit, Les intermitten- Les occupent, d’après ces écrivains, le premier rang. sun
Quand on considère les changemens notables, les violens bouleversemens que ces affections pro duisent dans tout l'organisme, quand on réfléchit que toules ces opérations sont la conséquence d’un travail, d’un changement d’être dans le principe vital, il est évident que les fonctions intellectuelles ne sauraient être étrangères à ce trouble gé néral.
Une observation, qui date du temps d’Hippocrate, porte que les fièvres intermittentes ont une grande influence sur les maladies des nerfs, et que
L les
(1) Zoonomie Tom, IV. pag. 82. trad. de Kluyskeus. (2) Art. Manie du dict, des sciences médicales.
Jes premières sont d’autant plus efficaces pour opérer des changemens heureux dans les névroses, que la durée des paroxismes fébriles est longue et violente. De là, les fièvres quartes ont été généralement reconnues favorables à la guérison des maladics dont les principaux phénomènes se passent dans le système nerveux (1). |
Je n’agiterai plus ici la question de savoir, si les aliénations mentales en général, où du moins quelques-unes de leurs variétés, dépendent d’an changemént survénn dans la puissance nerveuse qui préside aux fonctions de l’entendement: je ne m’attacherai qu’à l'observation, qui nous apprend que différentes aliénations mentales sc trouvent , à l’égard: de l'influence des fièvres intermittentes quartes., dans la catégorie des maladies nerveuses : de l’aveu de tous les observateurs, cette fièvre se montre non moins fréquemment dans la folie, ct y produit les changemens les plus heureux.
La manic et la monomanie sont lés aliénations mentales dans lesquelles on voit le plus fréquemment les fièvres intermittentes, et particulièrement Ja quarte, comme bienfaisantes. Cependant, Fexpérience a appris qu'elles ne sont réellement sa- Jutaires, dans ces affections, qu'autant qu elles . ne dépendent point d’un vice organique, ou qu'ellés ne'‘jettent pas le malade dans une grande débi-
hité : Ja fièvre quarte, ou toute autre affection fé-
bri-
(1) Hipp. Aph. 70. Sect. V,
brile ne ferait qu’ajouter au mal déjà existant. Je dis done que les paroxismes fébriles intermittens, soit qu’ils surviennent spontanément, soit qu'ils reconnaissent une cause accidentelle, sont reconnues les plus propres à faire disparaître la manie ou la monomanie. Cette règle est toutefois sus-
ceptible d’une plus grande extension. D’un coté,
la démence peut recevoir une influence salutaire des paroxismes fébriles ; d’un autre coté, plusieurs fiè vres, nullement à type intermittent, se développent dans la folie, et y donnent lieu à d’heureux changemens: dans le trouble de lPintellect. Je suis porté à croire, d’après des faits que j’ai remarqués, que toute fièvre intermittente, quelqu’en soit le type, est capable d’opérer cette diversion au moral; pourvu que, par son intensité, elle imprime des secousses
plus ou moins fortes, à toutes les fonctions de l’ox-
ganisme, On s’en convaincra par le fait suivant. Maas, batelier, agé de quarante ans, tempérament athletique se trouve, depuis dix ans, à l’institut des hommes aliénés à Gand. Il devint maniaque à la suite d’une vive frayeur. Un jour, on vient pour s'emparer de sa personne: il était réfractaire du service de mer; mais il sc débattit
avec tant de force et d'adresse, qu'il s "échappa des
mains de la gendarmerie ; quelques jours après, il perdit l'usage de la raison, et une manie se déclara.
JL fut transféré à l'institut des hommes aliénés à
Gand. Le malade passa deux ans dans cet état, et
toujours il était redoutable, par sa grande force musculaire, à tous Îles habitans de l'institut. An
T 4 bout
bout de ce temps, ét dans les premiers jours de uovembre, il fat pris d’un accès fébrile. La fièvre revint régulièrement tous les jours, et avec une asse4 grande intensité, péndant deux mois consécutifs. Au bout dé ce terme, l’état fébrile
diminua, devint irrégulier, ét cessa enfin complè tement. Une amélioration sensible du moral se. fit bientôt voir; Île malade devint docile au dernier point; nulle passion violente ne se fit plus remarquer; cependant, le retour vers la raison n'était pas complets il restait encore une certaine incohérence dans les idées; mais, si j’en juge par l’état présent du malade, je présume fortement qu'il né tardexa pas d’être rétabli.
Une fièvre nr peut se développer a ac cidentellement dans la folie. Elle peut provenir de l'action du froid, des veillés prolongéts, des violentes actions de l’aliéné, où d’autres causes ; quelquefois elle survient à Ja suité d’un écart dans lé régime ; d’autres fois ane cause contagieuse donne lieu au pts ou à la fièvre adynamique: il n’est par râre de voir naître des mouvemens fébriles à la suite dé profonds chagritis | de l’onanisme €t d'autre causes débilitantes. Certes, ces fièvres sont loin d’avoir, en tout cas, la mème influenve salutaire sur la folie: les typhoïdes et les adynamiques sont, dans la plupart des cas, ‘pernicieuses à l'aliéné, d'autant plus que son organisme se. trouvait déjà aflaibli avant le développement de la fièvre; elles sont des compléations On ne peut plus
plus funestes dans la démence ét l’idiotie. L’art possède dés exemples où la fièvie typhoïde a mo+ mentanément ressuscité l'énergie intellectuelle. ‘Tel ést le cas rapporté par Jäcobi (1): uné fille devint aliénée et tomba en démence; elle fut dans cet état plusieurs années; une fièvre typhoïde se déclara chez elle, et, au fut et à mesure que la fièvre prit de Pintensité, la raison revint à son état normal: la malade reconnaissait les personnes que , quelque temps auparavant, ellé n'avait pu rémettre; enfin elle raisonnait juste sur tous les points. Mais, cet heuréux changement für de courte durée: du moment qué Ja fièvre cessa, l’intellect s’obscuréit, et la démence reparut de nouveau. La malade est restée telle jusqu’à sa mort. | ;
Voici un cas où la fièvre typhoïde opéra un heurenx changement sur le moral d’un aliéné en démence. | |
Un soldat prussien reçut des coups de bâton pour délit commis dans son régiment, ét dès ce moment, aliénation d'esprit, étant reconnu incapable au service, on le transporta à l'hopital militaire de Gand, où, après avoir passé paï une manie tranquille, il fut reconnu en état de démence! Il passa dix-huit mois toujours dans là plus gfande indifférence, sans les moindres émotions, sans ‘les moindres désirs ; ce misérable traînait une vie toutà-fait passive, On remarquait chez lui uné crainte ex
(1) Saml. pag. 185.
excessive. Le typlius commençait à régner, et il se lxouva bientôt au nombre de ceux qui en furent atteints. La période d’irritation fut courte et ra-
pidement remplacée par une prostration de forces extrème. Langue et gencives noires, lividité de la face , déjections involontaires , météorisme ; rèvaserie continuelle, et d’autres symptômes de cette nature caractérisèrent le fort de sa maladie. Vers le vingtième jour, le, malade présenta la figure plus expressive ; il se couchat sur le côté, et donna, pour la première fois, des réponses raisonnables. Il s’informa de son état, du lieu oùil était, et d’autres circonstances qui le concernaient. En quelques semaines , la convalescence fut complète, et il sortit de l’hôpital sans la moindre trace d’aliénation:mentale.
Les fièvres nommées zerveuses et malignes ont toujours les plus mauvaises conséquences dans la folie. Esquirol a compté, sur 277 aliénés, :32 qui. périrent de fièvre irrégulière ou ataxique. Ces. fièvres sont rarement l'effet d’une cause accidentelle: presque toujours elles ont l’aliénation mentale pour origine, C'est ainsi qu’il n'est pas rare de voir, dans la nostalgie, la fièvre lente et hectique. On sent quel pronostic il y a à faire à l'égard de. ces affections fébriles ; en tout cas elles ne font qu'empirer l’état de l'aliéné. FT
À lJ’égard des fièvres inflammatoires, on. . peut observer que le pronostic n’en est point tout-àfait défavorable dans la folie quand elles ne sont point liées à la phlegmasie d’un organe noble. Le
Cas
cas Suivant, qui s'est passé sous mes: yeux, me pa rat assez remarquable. Un homme,d’environ quärante ans, d’un tempérament sanguin nerveux; En. pension dans une maison particulière pour aliénés, est atteint de manie intermittente. Dans l’intervalle des accès, il est calme, paisible et eherche:la solitude : pendant les accès, il est fougüeux, extravagant, et doué d’une grande forcé musculaire. Un jour qu'il se promene dans un corridor, il est pris soudain d’un violent accès de manie. ‘Un seul domestique se trouve dans le corridor, et une lutte s'engage entre lui et l’aliéné. Le premier ne pouvant plus soutenir le combat, sans avoir recours aux violences, saisit adroitement le maniaque dans les flancs, l’enlève du sol et le plonge instantanément dans une auge remplie d’eau qui se trouvait placée par hasard dans cet endroit, T'andis qu’il le tient ‘ainsi, pendant quelques secondes, d’autres gens de la maison arrivent. A peine reconduit dans sa cellule, l’aliéné montre les symptômes du plus violent délire et de fièvre inflammatoire. On “fixe Le malade dans son Ht, on lé couvre chaude
ment, ét on lui donne de l’eau de citron pour “étanchér la -soif dont il se plait beaucoup. Après quatre jours de fièvre, de sueurs abondantes, et de délire furicux, le malade devient calme, ét la raison ne tarde pas à revenir. ‘Après quatre ‘mois de séjour dans 1 même asile, on n’aperçut plus lc moindre écart dans ses fonctions intellectelles. Le ‘malade, lors de cet accident, était dé- Dr “dépuis deux: ans en’ pensions il en est sorti,
LA À de-
( 300 ) depuis quatre, et se trouve dans un état de santé parfaite. Notez que cette scène eut lieu au mois de février. ; On voit donc manifestement, qu’il suffit que les fonctions de l’économie animale soient fortement troublées, pour que la folie en reçoive une influence heureuse. Réduisons aux points suivans, ce que nous avons dit à l’égard des affections fébriles. , : | 1° Il est probable que toutes les fièvres en général, puissent se montrer dans l’aliénation mentale : | 2% Qu'on n'ait jusqu'ici, que je sache, démontré qu'il y a des fièvres continues qui se. développent spontanément dans l’aliénation mentale et y serv.at has crise bienfai- . sante : AT | 3. Que les fitvres continues soient, dans ces af fections, à quelques exceptions près, le résultat ,de..causes accidentelles :
Que les causes des fièvres intermittentes qui se montrent parfois spontanément dans l’aliénation mentale soient moins connues:
. Que la fièvre intermittente, et surtout Ja .quarte, soit la plus propre de toutes à gué : rir Ja folie : Fi ll :4ÿ 6°. Quoique le type de la fièvre continue provienne de causes externes; et puisse produire ... d'heureux changemens dans les fonctions inte!lectuelles, qu’il paraît.que la mutation qui s’opère, pendant l’état fébrile , dans la distribution ou
(50 ou dans la manière d’être du principe vital, soit la cause première, à laquelle on doit attribuer l’heureuse influence que la fièvre ‘ produit dans l’organe intellectuel. :
Ce que nous ne pouvons passer sous silence, c’est que la fièvre est parfois cause de la folie chronique. Sydernham, Boerhaave et Gorter en avaient déjà parlé: mais Sebastiaan (1) tout récemment vient de fixer l’attention des hommes de l'art sur ce phénomène. Nous lui empruntons les observations suivantes. | © Les fièvres, quel qu’en soit le type, peuvent, d’après la remarque de cet écrivain, donner lieu à l’aliénation mentale ; à son tour, l’aliénation mentale peut prendre, pour caractère, toutes les variétés que nous connaissons à l’état fébrile.' On conçoit qué -je n’entends point parler ici du délire inflammatoire où la fièvre n’est qu'un symptôme. Parmi les fièvres, c’est la quarte et la tierce qui sont principalement: propres à produire le désordre intellectuel. Ce phénomène a surtout lieu quand l’état fébrile a duré longtemps; alors les symptômes de faiblesse prédominent, et on emploie avec succès les stimulans: Sydenham recommande, en ce cas, la thériaque d’Andromaque. La manie est souvent le résultat de la fièvre tierce ou quotidienne; elle a principalement liew au printemps, et affecte les sujets jeunes et robustes. ‘La
OT) CEE |: mé-
(1) Hufelands Journ, 1823.
mélancolie, et d’autres! variétés de: la monomanie proviennent ordinairement de la fièvre. quarte. En cas que le désordre outil soit la: suite d’une fièvre continue, c’est. le plus souvent :après les typhoïdes qu’on le rencontre. La folie participe alors des monomanies chimériques: du moins dans
deux cas que j’ai observés elle était telle. . Le pre mier.est celui d’une personne qui, après avoir été. atteinte d’un typhus, s’imaginait, trois mois après sa convalescence , -que sa maison n’était plus située à l'endroit où elle l’était avant sa maladie: l’autre est celui d’un:jeune homme également atteint de typhus, qui croyait: ne plus avoir de bras gauche quand..il était déjà :tout-à-fait -convalescent dela fièvre, | Dore Shan sie Le temps auquel ces espèces de folie se déclarent, est, pour les fièvres intermittentes, celui an quel elles ont. coutume: de récidiver. Sebastiaan: a. vu l’aliénation mentale prendre un: type. fébrile s’exaspérer, où. -diminuer. d'intensité: aux périodes d’apyrexie, et. de paroxisme de la fièvre dont elle dérivaits mais on ne :saurait,. en des cas ‘pareils, seulement : enyisager la, folie.que comme une fièvre masquée, Si le désordre mental est la suite dun typhus, il, commence «dans la convalescence de: cet-, te fièvre. »: ab DU | 7) :
“On observe que les fièvres, en général, donnent seulement. lieu: au. désordre mental ; quand il. ya une prédisposition héréditaire du sujet, où quand des causes débilitantes et morales ont précédé le mal, Les. aliénatious mentales, dont nons parlons, ici, of-
offrent fréquemment des caractères qui appartiennent aux fièvres dont elles sont la suite. : C'est ainsi que l’état cachectique dela peau , les obstructions abdominales , l’hydropisie sont des symptômes fréquens dans la folie qui suit les fièvres intermittentes quartes ou tierces. Un phénomène fréquent, presque caractéristique, dit Sebastiaan , est le trem- . blement des membres, et c’est par là que cette espèce de délire présente beaucoup d’analogie avec celui des ivrognes.
Salivation.
Perfect rapporte le fait suivant. Un aliéné:agé de vingt deux ans, depuis quelque temps sombre et taciturne de caractère, est pris, tout à coup.et sans cause manifeste, de ptyalisme. Au moment où la salive commença à couler, on vit disparaître le délire mélancolique. La salivation ;vint . à cesser, et le malade tomba bientôt dans sa, mélancolie. Le flux de salive reparut encore, et ayver lui cessa le délire. Cet écoulement se montra..ainsi périodiquement, en alternant avec le trouble intellectuel, et dura pendant huit mois consécutifs. Perfect aflermit la raison en excitant la salivation au moyen du mercure (1).
Une
(1) Annals of insanity 5 ed, pag. 71,
Une demoiselle devient aliénée sans cause connue : elle est taciturne, ne répond à personne, et me témoigne pas la moindre émotion 4 la vuc de ses parens, quoiqu’elle en fût séparée depuis longtemps. Les menstrues se suppriment; les extrémités sont froides; il y a constipation, et la malade est d’une frayeur extrême. On met en usage des moyens physiques et moraux, mais sans succès. Après quelques mois, l’aliénation mentale se montre par périodes. Les accès de ce délire sont remarquables, par une grande insensibilité au moral comme au physique ; par un état de morosité désespérante. “Neuf mois se passent dans cette pénible situation, et on perd tout espoir de salut. Insensiblement , un flux de salive se manifeste, et au fur et à mesure qu’il se prononce, on voit le moral s’améliorer; les traits de la face s’animent ; l'œil est plus vif; tout le coloris du corps plus frais. L’écoulement de salive devient abondant pendant que le rétablissement de la raison s’avance à pas rapides. La malade a bientôt sa famille en aflections l'appétit revient; le corps prend de la vigueur, et, en peu de temps, la santé est parfaite. Ce fut à cette époque que la malade fit entendre que son délire avait pris naissance dans la chagrin que lui avait causé l’éloignement de ses parens, survenu peu de temps avant que le désordre mental éclatit : et elle disait avoir souvent ressenti, pendant cette maladie, des resserremens -de de gorge qui menaçaient la suffocation, . Nous de-
vong
Ra SU
( 505 ) vons au Professeur Haindorf de Munster cette intéressante histoire (1).
Hallaran (2) et Pinel (3) ont également vu les effets critiques de la salivation dans l’aliénation mentales mais ces cas sont rares: le ptyalisme est un symptôme familier à la folie; son influence bienfaisante cependant y est peu commune, |
C’est dans la démence et l’idiotie que le flux de salive est un symptôme fréquent, quoiqu'il y soit loin d’être critique.
J'ai vu un cas de manie furieuse avec salivation abondante où cet écoulement n’a pas produit la moindre amélioration au moral ; et, ce qui surtout était digne de remarque , le flux salivaire augmentait ou diminuait suivant l’intensité des accès de manie: plus ces derniers étaient violens, plus la sali= ve coulait abondamment. C’est ce qui me fait présumer qu’une irritation nerveuse transmise aux glandes salivaires, doit être envisagée comme cause de ce phénomène.
Inflammation des glandes parotides.
Pinel (4) rapporte qu'il a vu cette inflammation
servir de crise bienfaisante à la folie. Ce phénomène .
(1) Voyez Nasse Zeitsch. 1818. H. 3. S. 395.
(2) An inquiry into the caus. produc. &c, pag. 5. (3) Nosol. philos,
(4) De l’aliénat. mentale,