DE L’'ABDOMEN DANS L’'ALIENATION MENTALE
. Notre horizon s’éclaircitt Nous aurons peu à disputer ici, sur l’existence réelle de tel ou tel phénomène : l'expérience d’un grand nombre d'années est là pour attester de nombreuses vérités., Nous n’aurons qu’à parler sur ‘quelques conclusions.
La sympathie physiologique et morbide entre le ecrveau et les viscères: abdominaux, est un phé-
fa: . no-
( 66 ) nomène qui n’est plus susceptible de a moindre contestation. lippocrdte reconnut déjà , de sou temps, cette influence admirable. Dans différens passages de ses écrits, ce rare talent laïsse voir les ressources. que lart peut tirer de Ja connaissance d’an point de doctrine aussi important.
Vint un homme non moins extraordinaire que savant qui, bouleversant toute la science médicale, fit connaître l'influence des viscères abdominaux sur l’encéphale, d’une manière dont on chercherait en vain des exemples dans ses devan- CIers.
L'idée lumineuse de var Helmont sur le centre épigastrique à été rendus plus intelligible , plus eorrecte, par Bordeu, Barthez, Fouquet, ct Cabanis. Bichat, cet immortel génie, a trouvé dans les écrits de ces grands hommes Île germe du sublime article (1) qu’il a consacré à l’étude du centre épigastrique à bd ie Les fonctions dn cervean sont-elles dérangées ou abolies, presque au même instant, la digestion, la sécrétion de la bile, du suc pancréatique , de lPurine et celle de fa ct muqueuse du tube alimentaire, éprouvent des chang gemens notables. On connaît la facheuse influencé ‘des passions sur ces fonctions, celle non moins pernmicieuse’ d’un travail outré de l'intelligence, d'une lésion de structure du cerveau. N’avons-nous pas tous, et | main
(1) Dans son ouvrage sur la vie et la mort.
maintefois dans la vie, éprouvé de ées fortes Sensations que le cerveau reçoit, mais qui vont retentir dans le bas-ventre: c'est un ‘éclair qui passe par nos sens, mais qui envoie ses ravages dans les viscères abdominaux. |
D'un autre côté, un estomac trop chargé appelle le sommeil, engourdit la sensibilité, éteint l’imagination, et rend notre jugement différent de ce qu'il est lorsque nous sommes à jeun. Le tube digestif change-t-il ses fonctions, est-il le siège d’ane maladie, il est rare que le cerveau n’en soufire. |
Certaines substances‘ introduites dans ce système d'organes affectent spécialement les fonctions mentales:"la Jusquiame rend triste, sombre, mélancolique; lopium donne de la gaité, du bien-être, excité souverit la fureuf; la belladone, la digitale, et le’ stramoine semblent agir de préférence sur le sens de la vue. Le foie, la rate, et tout le système de la’ veine porte, déviennent-ils de leur état normal, les sympathies morbides du cerveau ne tardent guères à se manifester. On connaît les goûts bizarres des individus ‘atteints de maladies chroniques des viscères abdominaus : ‘ces appetits singuliers de manger de la craie, du charbon , et qu’on trouve dans quelques femmes enceintes, sont encore des exemples de l'influence des organes du bas ventre sur le système cérébral.
Les considérations que nous ferous bientôt sur quelques organes abdominaux, en leur particulier, | F5 dais-
( go ) |
laisseront voir la fréquence de l'altération organique de ces viscères dans le désordre intellectuel, ÆEsquirol, d’aprèsle résultat que lui a donné l’ouverture de six cents cadavres d’aliénés, assure que les maladies de l’abdomen sont très fréquentes dans la folie, et qu’elles le sont bien plus que eelles du thorax. |
On rencontre, dans la folie, des lésions organiques du foie, de l'utérus, de la rate, du pancréas, des phlegmasies, des altérations de tissu du tube digestif, des vers intestinaux, des maladies du péritoine &c.
Voyons encore, les symptômes concomitans de V’aliénation mentale : les organes abdominaux sont frappés d'’engourdissement ; presqu'insensibles à tout ce qu'on applique sur leur tissu, les venins, les stimulans se glissent en quelque sorte, sur la surface des premières voies sans les aflecter : la bile, le suc pancréatique et l'urine sont moins abondans ; les contractions du plan musculaire, du tube Ken se font lentement , Où ne se font pas du tout: de à, la. constipation, la perte de l’appétit. Souvent le sentiment impérieux de la faim est totalement émoussé ; les malades rejetent tout ce qu'on leur présente d’alimens , ou de boisson; parfois, il y a-diarrhée, vomissement, soif extrème:; dans d’autres cas, appétit vorace.
Une série de phénomènes, auxquels les pathologistes ont particulièrement porté attention, c’est le sentiment pénible que quelques aliénés éprou-
vent
vent à l'épigasire. Cette anxiété précordiale se trouve souvent liée à des douleurs d’entrailles, à la cardialgie, et à d’autres névralgies.
. Des desordres si bien constatés ont du naturellement fourni l’idée que l’aliénation mentale a parfois sa. cause dans les viscères abdominaux. Les anciens ont particulièrement attaché de l'im-
portance à l'étude de ces viscères dans la folie. Arétée de Cappadoce (1) mérite surtout d’être cité à cet eflet. Pinel, Amard, Prost, et d’au-, tres parmi les modernes, ont assez bien décrit les phénomènes qui se passent dans les organes du bas-ventre, avec cette différence qne les anciens prenaient particulierement, la mélancolie , et les modernes la manie pour objet de cette étude ; maïs, ai les uns, ni les autres ,. n’ont fait des recherches exactes pour connaître si le trouble abdominal , tout en s'irradiant vers le cerveau, produit le dérangement de l'esprit, ou si le trouble de lesprit se réfléchit dans les organes abdominaux, et occasionne l’altération de ces derniers.
Il serait inexact. de dire, par le même | principe déja rapporté précédemment , que l'aliénation mentale a son. siége dans labdomen; il n’y a qu'un vrai siége de. la folie, et il se trouve, dans l’organe. de. l’entendement. : Le cerveau envoie au loin, des prolongemens nerveux destinés à puiser, tant à l’intérieur, qu’à l'extérieur du corps, des
d sen-
Gi) Lib. Le. 6.
sensations : ée mème organe, par une direction inverse, réfléchit, à son tour, des sensations dans les viscères, et y cause des changemens dans leurs fonctions. C’est de cette double manière que peuvent être envisagés les troubles intellectuels dont il s’agit. Tantôt c’est une modification survenue dans la digestion, dans la sécrétion de la bile, dans la fonction d’un organe abdominal quelconque, qui produit le dérangement mental : tantôt
c’est le cerveau, qui affecte Rp pag émis ces
mêmes viscères.
Amard (1) prétend que la manie sans délire consiste principalement dans cette perversité d’action des viscères abdominaux; cependant, son opinion n’est étayée par aucune preuve concluante. Pinel a mieux tracé que tout autre les ‘ signes précurseurs de lPexplosion d’un accès de manie sans délire. Le premier symptôme ; au rapport de
cet observateur, que ces sortés d’aliénés ressentent,
ést un séntiment de chaleür dans l’abdomen ; ils sont constipés, et se plaignent de soif; ceite chaleur monte progressivement vers la poitrine, le cou, et
la figure; alors la face sougit; les yeux sont étin-
celans ; une grande mobilité règne dans tous les muscles de la face; les lèvres sont affectées d’un mouvement convulsifs les vaisseaux sanguins se
remplissent fortement; quelquefois on distingue
leurs pulsations : alors le délire éclate.
La
(1) Traité analytique de Ja folie, pag. 27.
. La succession de ces phénomènes démontre que le trouble des viscères a lieu avant que celui de l'intelligence se développe. C'est une raison pour croire qu'il est antécédent à ce dernier; mais c’est aussi tout ce que nous savons de positif sur ces phénomènes; nous n’avons, pour toute preuve, mieux vaudrait dire conjecture, que cet unique indice: le trouble des viscères qui se développe avant l’explosion du délire.
Nous ne saurions établir si cet état est exclusivement propre à la manie sans délire, ou s’il se rencontre pas également dans la manie proprement dite. Cette première espèce de folie est caractérisée par des hu he impétueuses ; l’aliéné est avide de sang ; il s'engage dans le crime , et cependant sa raison ne l’a re abandonné; lui mème, ïül voit toute FPhorreur de sa position; mais il faut qu'il obéisse à son instinct, à une voix intérieure, Ceux qui ont prétendu que les passions siégeaient dans la vie organique et particulièrement dans les viscères abdominaux, en ont conclu que cet état de passion, propre à la manie sans délire, était une preuve manifeste de son origine dans les organes du bas ventre,
S1 l’on avait dit, comme Nasse l’a avancé, que plus lirritabilité des viscères du bas ventre est exaltée, plus l’homme est porté vers les affections violentes, tout le monde aurait compris la question. L’estomac vide suscite un état de passion, le désir des alimens; l’inflammation de cet organe piédispose à la colère, à la tristesse, à la fureur
mê-
(79 même; l’engorgement du système de la veine porte rend l’homme taciturne, pusillanime , mélancolique; mais on ne peut voir dans ces phénomènes que des sensations viscèrales transmises au cerveau. Ce principe est tellement vrai, que l’exaltation mème de la sensibilité prédispose, avec non moins d'énergie, aux passions fortes, quand on la rencontre dans les nerfs des sens externes. Jetons les jeux sur cette femme À caractère mobile, dont le regard est vif, le tact exquis, l’oreille délicate, et voyons si la grande impressionnabilité de ses sens ne Ja disposera pas à toutes sortes de passions. Jnterrogez son moral, et vous verrez que chez elle, les impressions qui lui viennent par les sens externes, celles surtout qu’on nomme morales, ne proyoqueront pas des passions moins énergiques que les sensations viscérales. Ainsi, pour revenir à notre sujet, une modification survenue dans les fonctions des viscères abdominaux est en état de troubler la raison: mais, n’attachons pas trop de prix à cette sympathie morbide, et ne perdons point de vue les causes morales. C’est l’organe intellectuel qui recoit, par ces causes, presque toujours les premières atteintes dans la folie. L’alié+ nation intellectuelle est une maladie rare chez les individus qui ont le moral peu sensible ou peu développé ; elle est encore une maladie peu com mune chez ceux qui évitent tout ce qui excite Îles passions. Je le répète: l’influence des viscères abdominaux dans la folie est manifestes mais, celle du eéerveau sur les viscères, n’est pas moins évi-
den-.
dentes et Georget (1) a eu raïson de dire que l'affection de presque tous nos organes est accompagnée de lésions sympathiques des viscères abdominaux , et notamment du tube alimentaire.
Toujours, dit cet écrivain, quelques légères que les sympathies paraissent, elles débutent par la perte de lappétit, par la soif; il y a dégoût pour les alimens , dévoiement où constipation opiniâtre ; de manière qu'à l'aspect de laltération?de ce système, nous ne devons point croire à une maladie qui soit la cause de la folie. On doit ajouter encore, que ces lésions des fonctions abdominales sont loin d’être constantes dans la manie sans délire. C’est une raison pour croire que ce délire peut avoir une toute autre cause qu’une altération dans les viscères du bas-ventre.
Nous parlons seulement ici, des organes de l’abdomen , d’une manière générale; les remarques qui concernent ces organes en leur particuliers leurs altérations morbides ; Île genre de délire qu’ils provoquent ou, pour mieux dire, dans lequel on les observe, vont faire le sujet des considérations suivantes. Mais avant d’étudier chaque système d'organes en particuïier, disons un mot du lien qui les unit tous: j’entends parler du système ganglionnaire ou nerf grand sympathique.
La disposition du plexus solaire correspon<lant à l'endroit au quel Jes aliénés rapportent
l'an
SE
(1) Pag. 173, Ouvrage cité.
l'anxiéié précordiale dont nous venons de parler, fait entrevoir que c'est dans ce système nerveux qu'a lieu ce pénible sentiment. Æmard (1) adopte ceite opinion: c'est de l'altération des nerfs des ganglions et des plexus abdominaux que résulte, dit-il, l’altération des facultés aflectives.
Ge système nerveux, comme mous savons, envoie, à presque tous les visoères abdominaux, des entre'acemens de filets nerveux qui, tout en accompagnant les troncs artériels, vont se perdre daus le tissu de ces organes. Une telle disposition dénote que Ja constipation, le dégoût pour les alimens, l'altération survenue dans la sécrétion bilinire, phénomènes qui sont tous propres à la folie, peuvent être le résultat d'une modification survenue dans la manière d'être de ces plexus nerveux.
Cette supposition prendra de la consistance, lorsque dans des individus, remarquables de leur vivant par des symptômes pareils, il ne se fait pas apercevoir à l'autopsie cadarérique, la .moindre altération organique, soit abdominale soit thoracique. Un tel concours de circonstances nous donne le droit d'admettre un trouble nerveux des viscères abdominaux. dans Ja folie. Si l'alténation mentale et les phénomènes sympathiques qui l'accompagnent , viennent par accès , laissent des momens lucides, pendant lesquels l'intégrité des:
fonc-
EEE End
(1) Ouv. cité. pag. 27.
fonctions viscérales est parfaite : Si en même temps il y a absence de tout symptôme inflammatoire, de vice organique, d’obstacle à la circulation des fluides, alors, nous avons des raisons de croire, avec Amard, et d’autres, que ce sysième nerveux est le siège de quelque altération qui fait changer le mode d’être des viscères du bas-ventre.
Il est à supposer que le nerf grand-sympathique, de concert avec la huitième paire, est le conducteur par où les viscires abdominaux envoient leurs influences physiologiques et morbides an cerveau. (Cet abattement, ce défaut de ecurage, cét esprit de minutie, ce soin extrême de Ja santé, cette fluctuation entre l’espoir et la crainte, ces chimères, cette opiniâtreté dans les dééisions, caractères qui sont tous propres aux makadies organiques du foie, de la rate, du système de la veine-porte et de l’ésitomac, ne sont, dans l'opinion de ÆReëil (1), qe des sensations transmises, par le grand -sympathique, au cerveau. L'ivresse que produit l’ingestion des spiritueux, l’état de veille qui suit celle du café, et le somracil qu’on provoque par l’opium, ne paraissent résulter que d’une modification survenue dans les nerfs de la surface muqueuse des premières voies, qui lenvoie, de ces organes, au système cérébral. Après avoir pris du Napel, dit van Helmont,
{1) Raps, S. 265. (dit, 1818.
je me suis apercu que mon intelligence n’agissait pas comme de coutume; maïis.je sentis, en même temps et distinctement, qué tout cela se passait du côté de mes entrailles.
" Des faits rapportés par Pinel (1) fournissent quelques données sur les fonctions de ce nerf, et $ur som état morbide dans des cas d’aliénation mentale. Voici ce que dit Pinel: « Le hasard fit & que je disséquai la névrologie sur le cadavre d’un « individu mort idiot. Je fus étonné d’y rencon- «trer les différences que je vais indiquer, et que « j'eus occasion de retrouver sur huit autres corps « de personnes affectées de la même vésanie.
«Les nerfs cérébraux et rachidiens étaient jau- «nes, minces, et Comme atrophiés; ils étaient «entourés d’un tissu-cellulaire très dense, et qui « en rendait la préparation pénible. Je rencontrai «le nerf, qu’on appelle grand-sympathique, pré- « sentant une disposition inverse: ses ganglions « Cervicaux étaient trés développés, surtout le su- « périeur qui était trois fois plus gros que dans & l’état ordinaire ; la substance grise, dont ils sont « formés m'était pas altérée; les ganglions situés « dans le thorax, ainsi que ceux nommés sémi- « lunaires participaient du même développement ; & de mème, la mulutude des branches qui en par- & tént, les viscères contenus dans la cavité abdo- & minale , offraient un développement remarquable.
« Ce
(1) Nouveau Journal de médecine, Septemb. 1819.
- « Ce phénomène, ajoute Pinel; explique pour- « quoi les idiots ont la vie d’assimilation plus ac «tive. On trouve, dit-il, le développement de ce «nerf plus gros chez les animaux où l’intellect est « peu développé.”
Cette disposition est cependant loin de pouvoir ètre considérée comme généralement et exclusivement propre au système nerveux du grand-sympathique; puisqu'elle se rencontre aussi dans les nerfs cérébraux, et avec des caractères non moins frappans. Le Docteur AÆRomberg (1) a donné le récit détaillé et comparatif de deux idiots chez lesquels, à l'ouverture cadavérique ; il remarqua les particularités les plus singulieres dans le système nerveux, tant cérébral que sympathique : laltération organique était la plus évidente dans les nerfs des extrémités supérieures ; tous avaient l’apparenee d’une construction ganglionnaire, et étaient remerquables par un excessif développement. Les ganglions du grand-sympathique participaient bien de ce surcroit de développement, mais on ne pouvait, à beaucoup près, les comparer , en grosseur relative, avec les nerfs cérébraux. Nous sommes donc portés à conclure, que l’idiotie se çaractérise parfois par un développement considérable des nerfs, mais que cette disposition n’est nullement propre au grand-sympathique.
{1) Nasse Zeïitsch. 1823. Th. IN, CG 2
Bichat rapporte, dans son &natomie générale (1), qu’il a trouvé le ganglion sémi-lunaire cartilagineux, sur le cadavre d’un homme amené à l'hôtel- Dieu pour une manie périodique.
Canal alimentaire.
Estomac et intestins-gréles.
D'après ce qui précède, on a pu voir combien la sensibilité organique de lestomac est capable d’influencer, par ses altérations, les fonctions intellectuelles. Lés alimens, les boissons, Îles médicamens introduits dans cet organe, changent l’ordre et la succession des idées. (Ce changement doit bien être un eflet de la sympathie entre l’estomac et le cerveau, puisqu'il a lieu au moment même que ces substances entrent dans lestomac: elles ne sauraient agir directement sur le cerveau, l’absorption n’ayant encore pu se faire.
Scipion Pinel, dans sa dissertation inaugurale, donne des faits qui prouvent, à l’évidence, l’influence de l'estomac sur le cerveau dans l’aliénation mentale.
Ün jeune homme mangea quelques cigares, sur le défi qui lui en avait été fait: il devint maniaque, avec des symptômes de gastrite qui furent calmés par les mucilagineux ; mais une rechute eût | lieu,
(1) Tom. I, pag: 225.
Gaso)
lien, elle détermira une mélancolie des plus som bres qui se termina par le suicide.
Un militaire, dans l'intention de se délivrer d’une fièvre intermittente, avala un gros verre d’eau-de-vie, dans lequel il avait mis de la poudre à canon. La fièvre disparut; mais bientôt il se déclara une manie furieuse, qui dura pendant plusieurs mois. ut 8
Un autre fait également rapporté par Mr, Scipion Pinel prouve, avec non moins de clarté, l’influence du cerveau sur l’estomac, dans la folie.
La femme Martin, agée de cinquante-deux ans, éprouve de profonds chagrins par la mort de son époux; d’autres chagrins domestiques viennent augmenter sa tristesse: elle devient inquiète, abattue, maigrit beaucoup, veut se donner la mort et gagne de continuels vomissemens. Cet état de mélancolie et de vomissement dura plusieurs années ; mais à la fin, une diarrhée colliquative termina l'existence de cette pauvre femme.
L'ouverture cadavérique laissa voir un rétrécisse= ment de l'estomac; il y avait un état squirrheux de la muqueuse de cet organe, et, sur une étendue de quatre pouces, cette membrane se trouvait ul= cérée. Deux excroissances à couleur rouge, de forme arrondie, se faisaient remarquer sur cette partie de la surface interne de cette membrane. Le tissu-cellulaire placé entre la muqueuse et le plan musculaire avait acquis, là où l’ulcération existait, une épaisseur de trois lignes; il paraissait changé
en un fluide purulent.
G 3 Par
ao )
Parmi un grand nombre de maladies de ect organe qu’on observe dans Paliénation mentale, l’état ‘inflammatoire de la muqueuse gasirique doit être ‘eompté pour la plus fréquente. Cependant, elle avest pas exclusivement propre à l’estomac; tout le tube alimentaire ‘peut en participer, Sur deux eent cinquante neuf ouvertures cadavériques, que Scipion Pinel a eu occasion de voir, et de recueillir des observations d’Esquirol, de Eouger- Willermai, de Landré-Beauvais, et de feu Swilgué, 1 a compté cinquante et une phlegmasies chroniques de la membrane muqueuse du tube alimentaire; tandis qu'il n’a rencontré qne treize vices organiques de ce même canal.
Prost a vu linflammation du tube alimentairesur différens individus qui avaient succombé à lamanie, et à la mélancolie. Ces observations sont consignées dans son ouvrage intitulé : Médecine éclairée par l'obsere. et l'ouverture du corps. Y'en rapporterai seulement ici deux cas cités par Mrs. Deschamps, chirurgien en chef de l’hospice de la charité, et Gastaldy, médecin en chef de l’hos-
pice des ahénés à Charenton (1), comme exemples
de Pinflammation de la muqueuse du tube alimentaire, dans la folie. |
Un homme, agé de trente six ans, d’une constitation forte, était sujet depuis seize ans à des ac-
cÈès.
(1) Voyez encore essai sur la sensibilité par Prost,
pag. 256—941.
Ct05 ?
æès de manie furicuse auxquels il succomba. L'or verture cadavérique laissa voir linflammation de la | imaqueuse du duodenum, du jejunum, et notamment de Piléon. Le cœcum et le colon partieipaient, tant soit peu, de cet état. Les autres parties du corps furent trouvées säines , à l’exception du cerveau: les plexus-choroïdes étaient gorgés de seng, ét chaque ventricule latéral contenait ‘envizxon un gros de sérosité.
.. On reçut, à l’hospice de Charenton, un ‘homme agé de cinquante deux ans; il était maniaque, AJ’abord assez calme, il offrit bientôt les symptôames d’un violent délire. Une saignée, et des réemè- “des: évacuans furent incessamment suivis d’un souagement très marqué ; mais, peu de temps après, des premiers symptômes se renouvelèrent avec fu reur. En tournant longtemps sur place, le mala- ‘de tomba, et se fit une forte contusion au dessus de lPœil gauche. Dès ce moment, assoupissement profond: qui fat suivi de la mort. On remarqua par l'autopsie cadavérique une phlogose légère des intestins-grèles, du cœcum, et du colon. Lie cer+ veau m'était point lésé; les vaisseaux de cet organe étaient cependant assez remplis de sang. : D'après l'observation de Prost, Pulcération du tube alimentaire doit être assez commune l’aliénation mentale. Il parle d’un autre phénomène qu’on a négligé de vérifier; c’est une espèce d’éruption boutonneuse de la muqueuse intestinale, qu’il a rencontrée dans différens cadavres d’aliénés. Cette éruption consisterait en de nombreuses taches rou- G 4 gés
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ges, plus ow moins élevées, qui se laissent parti culièrement remarquer sur la muqueuse du colons
Osiander (1), a trouvé des inflammations du tube alimentaire chez les suicides,
Întestin colon.
Le docteur Æsguirol fit paraitre, en 1818 (2), un mémoire sur le déplacement du colon observé dans la folie. Mair des observations , dit Bergman, rapportées par ÂWichman , Hesselbach , mème par Greding, nous font voir qu’on connaissait déja les vices du colon avant que le docteur Esquirol en parlât dans le Journal de médecine et dans le dictionnaire des scienees médicales. Sans disputer ici sur l’honneur de la priorité de cette découverte, il est juste de dire qu’ Esquirol a fixé Fatiention sur cet objet, et que c’est seulement depuis ce temps que les altérations de cet intestin sont devenues un sujet d'étude spéciale Esquirol n'a cependant que légèrement traité cet objets; et, s’attachant tout-à-fait à décrire la position vicicuse de cet intestin, il a presque passé sous silence un vice non moins frequent: le réfrécissement An colon. Le docteur Bergman, médecin d’un institut pour aliénés, vient de traiter ce sujet avec un
Ta
(1) Falret du Suicide.
(2) Voyez Journal général de médecine, 1818, mois de Mars, Mai, et Juin,
rare savoir. Parlons d’abord des faits observés par Esquirol.
Véroigne de Méricourt, Joua un rôle célèbre dans la révolution Francaise ; elle souleva le peuple, corrompit les soldats, et s’adonna à toutes les extravagances imaginables: quand le directoire fut établi, les sociétés populaires fermées, Téroigne perdit la raison. |
Envoyée, en 1810 , àla Sal/pétrière, elle était très agitée, et ne parlait que de liberté, de salut pu-. blie, et de comités. Son insensibilité au froid était remarquable. L’aliénation mentale passa en démence. ÿes menstrues étaient régulières. En 1817, une érupüion se montre sur tout le corps. T'éroigne se lave avec de l’eau froide, à son ordinaire : les boutons disparaissent; elle perd l'appétit; maigrits devient faible ,abattue,et un æœdème se manifeste aux pieds et aux mains. Le 9 Juin de la même année, elle s’est éteinte à l’âge de cinquantesept ans. À l’ouverture du cadavre, outre la mollesse et la décoloration des diverses parties du cerveau, et d’autres altérations organiques, on a trouvé le colon transverse perpendiculairement précipité derrière le’ pubis.
Jeanne, agée de cinquante-huit ans, entre à la Salpétrière le 5 Octobre 1611. Sa santé avait toujours été bonne. Son père était devenu fou après avoir ‘été trépané: Une des filles de Jeanne s'était jetée dans la rivière. Elle avait vu partir un fils pour l’arméc, et fut délivrée d’un délire mélancolique
. G | par
par la saïignée. A cinquante ans, elle perdit sans cause connue la raison. A son entrée à la Salpétritre elle offre: maigreur extrèmes; physionomie inquiète, troublée; peau brune; elle épie constamment les occasions de s’évaders prie beaucoup ; s’agite; supplie; pleure souvent; à peu de mémoire; me mange presque pas, et a de fréquentes déjections involontaires. En Ociobre 1812, elle entre à l’infirmerie, se trouve faible, et bientôt, après avoir montré tous les symptômes de l’adynamie, se meutt. À. l'ouverture du corps , outre, des lésions encéphaliques, comme la ligne médiane divisant la capacité du crâne en deux moitiés inmégales, le cervelet mou, le cerveau dense, «on décou— vre le colon-transverse descendant sitmé presque perpendiculairement dans! la .cavité ‘pelvienne, éntrainant avee lui l'extrémité supérieure du :colonascendant. 35. ju frs
© Manceau, fille coutnrière, agée de 41 anss à ‘trente atis, mariage contrarié ; manie; mélanco-— lie: à trente-six ans, fureur: continuelle: à trente-sept, elle entre à lhospice, le 10 Juin 1806. Elle est maigre, délicates elle est bien réglées. ses yeux sont hagards et menaçans; l’appétit est bon; Mais elle mange par caprice; le délire est furieux : à 46 ans, les régles sont irrégulières : elle est malades; une hémoxrrhagie utérine à dieu: tendanée au marasme: adynamie: mort L'ouverture du cadavre à laissé voir: /e colon-transverse descendu jusque vers le pubis; différentes lésions, da
l'en
d'encéphale; hydro-péricarde; intestins enflammés, moirâtres en plusieurs points; et matrice squirreuse.
B;, agée de 32 ans, entre à la Salpétrière le 11 Décembre 1808, pour mélancolie religieuse. : On ignore la cause du mal; elle ne parle que d’6b= jets religieux, et mange peu. En Juillet 1812, elle devient phthisique; le dévoiement et l'enflure aux pieds s’établissent, et la malade expire. À Pouverture du corps, on trouve le co/on-transverse s'étendant, par lune de ses extrémités, jusqu’au pubis; poumons tuberculeux ; épanchement de sérosité dans fes deux plèvres : Fe As du cerveau ; inflammation des intestins.
, Buel, agée de 926 ans, éntre à la Salpétrière em Décembre: 1808 : mélancolie religieuse. On ignore la cause du mal. Les menstrues coulent peu, et la malade a de fréquentes fluxions de tète. A 531 ans, Buel ne se plaint plus de la tête ; mais elle maïgrit, devient faible, mange cependant Beaucoup, et tousse souvent: à 52 ans, fluxion à a tête ; toux; séjour prolongé au lits’ faiblesse extrème ; phthisie ; mort. Autopsie: colon-transversée e’étendant jusqu’au pubiss quelques points d’inflammation et d’ulcération sur la muqueuse intesti= tales sérosité entre Ja pie-mère et l’arachnoïde, et Mais les deux plèvres; d’autres lésions moins con= Sidérables. | ;
D, veuve H...,..... était agée de trente six ans quand elle entra à la Salpétrière , le 5 Janvier 1867, pour cause de mélancolie avec tentative au'suieide,
À 28 ans, ayant perdu son mari, elle s’afilige beaucoup; la grande misère dans laquelle elle se trouvait ajouta à ses souffrances ; elle était mère de plusieurs enfans. Bientôt elle devient triste, sombre, et en proie à des tourmens imaginaires. A son entrée à l’hospice: maigreurs bon appétit; menstrues régulières. Elle s’accusait de différens crimes, et demandait le supplice de la croix: elle fit plusieurs tentatives pour se détruire, On s’aperçut qu’elle se livrait à la masturbation. Tous les ans, elle avait des catarrhes intenses. À 59 ans, * elle parut délivrée de sa terreur religieuse. A 40 ans, la malade dépérit insensiblement: dévoiement. À 41 ans, maigreurs crachats: faiblesses; caprices ‘ans sa nourriture ; sueurs nocturnes: elle ne déraisonne plus: dévoiement sereuxs crachats purulents; toux très douloureuse ; œdème des pieds: elle soutient ses forces avec un peu de bouillon, Mort. Ouverture du corps:
diverses lésions de lencéphale: poumons adhérens aux plèvres costales; glandes mésentériques développées ; colon-iransverse s'étendant vers le pubis; foie mou, gras, &c.
Mr. ........ agé de 45 ans, est en proie, depuis sa jeunesse , à une ambition effrénée. Il avait occupé des places importantes; mais, depuis quelque temps, il ne remplissait qu'un poste secondaire : de là, tristesse; accès de colères écarts de con= duite: la raison se trouble: il se dit roi, et exige les égards dus à la royauté. Soif; constipation: sangsues à Vl'anus et aux tempes; douches froides
sur
sur la tête, le malade étant placé dans un bain tiéde. Le calme se rétablit, et des momens lucides ont lieu; mais toujours même prétention à la royauté. Aprés cinq mois, le malade prend de Vembonpoint: paralysie de la langues calme:
sommeil; appétit bon: les idées de grandeur persistent ; la mémoire s’affaiblit. Vésicatoire à la nuque; un séton; Îles drastiques; la valériane; le quinquina. Après douze mois de maladie, une apoplexie foudroyante termina l'existence du malade. L'ouverture cadavérique laissa voir le colon-transverse devenu perpendiculaire; le foie gros et volumineux ; des vers dans le cæcum.
Esquirol s'exprime ainsi, à l’égard de ces positons défectueuses du colon transverse, « Ce dé- « placement ne peut être attribué à une action « mécanique dépendante de lépaississement des pa- «rois du colon, ou de l’accumulation des matiè- «res fécales dans son intérieur; car, dans le plus « grand nombre des sujets que j'ai ouverts, le co- « lon était vide; chez tous , il était sain. Il en est « de même des portions ascendantes et descendan- « tes du colon qui, par leur action, pourraient en- : «trainer la portion transverse. Ce déplacement , « ajoute-il, n’est pas l'effet de la dernière maladie « à laquelle succombent ces aliénés: car ce phé- « nomène s’observe chez les individus morts de « différentes maladies.”
D’après cet apercu, il est facile de voir que le déplacement du colon n’est pas un vice unique et exclusif à cet organes qu’il peut être accompagné
d’au-
d’autres lésions de l'encéphale, des organes de le poitrine, ou des viscères abdominaux. Nous avons pu observer qu’ils ont presque tous rapport à un état inflammatoire: la fille Manceau avait les intestins enflamméss; B. souffrait également d’une inflammation des intestins; le cadavre de Buel of: frait aussi des points d’inflammation et de suppugations: D., veuve FL, avait les poumons adhé-
rens à la plèvre; plusieurs autres vices organiques ,
eompliquaient encore Île déplacement du colon: Mais, avant de tirer quelques conclusions de ées faits , étudions d’abord les observations recueillies
par Bergman (1).
1% B., agé de tirente- neuf ans, est, atteint de manie périodique, et se trouve pour Îa
quatrième fois à l'hospice. Une propen—
sion à la mélancolie est héréditaire dans sa famille. Un jour, il se met fortement en colère , et boit, immédiatement après, deux verres d’eau-de-vie. Des tremblemens de membres se déclarent suivis d’une perte absolue de connaissance. Le tremblement con-
x tinue pendant plusieurs jours ; de pénibles anxiétés se manifestent, et la manie devient
furieuse. Pendant six mois, il fut sans dé lire : une affection pulmonaire se déclaræ bientôt, suivie de la mort. On découvre à l'ouverture du corps : collection d’eau dans
la
(1) Make Zéitsch: taar. H, 3.
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Ja poitrime : vomiqne dans le poumon droit:
estomac distendu; foie gros, sain; rate petite; rétrécissement de la partie moyenne du colon-transverse: l'extrémité descendante de cet intestin tournée vers le côté droit du bassin, dans la région du cœcum, en descendant dans le petit bassins les vaisseaux de. la base du crâne très distendus par un sang noir; et plusieurs altérations de tissu dans le cerveau.
Un aliéné en démence et épilepiique, dont Ja sœur avait été aliénée et épileptique, devient hectique. On lui remarque une forte rongeur de la langue. A l’onverture du corps on découvre: tubercules dans les poumons ; foie énorme, adhérent au diaphragme par sa face supérieure ; petitesse de la rate ; tous les intestins dans une position çontre nature, et offrant des taches inflammatoires : le colon-transverse et descendant précipités dans le petit bassin.
Un homme avait été atteint, pendant quatre ans, de mélancolie, alternant avec des accés de manie: le mal passa en démence, Pen dant plusieurs années, diarrhées désir de manger toutes sortes d’immondices. Cuverture du corps: la membrane muqueuse du rectum épaissie, de couleur noirâtre, gangrénée; le colon-iransverse réu£ci, n’ayant pas le quart de son diamètre ordinaire, et
of.
(ao 9 offrant, dans le reste de son étendue, une série de constrictions.
4% Un homme agé de quarante ans, était at-
teint de mélancolie hypochondriaque ; ïl éprouvait un désir insurmontable pour les spiritueux, et s’y adonnait beaucoup dès son enfance: rien ne pouvait le détourner de ce funeste penchant. Un jour, il éprouve un paroxisme de mélancolie, qui se termine par l’apoplexie et la mort. On trouva le foie grand , mais sain; petitesse de la rate; dilation excessive du duodenum: réfrécissement du colon & commencer du cæœcum ; très considérable au colon-transverse, e s'étendant jusqu'au rectum ; celui-ci très distendu. ; |
Un aliéné hypochondriaque se plaint de fortes douleurs coliques; d’un mal-aise dans la poitrine; de douleir de têtes d’insomnie:
de constipation opiniatres; et de selles extrèmement dures. Son caractère est vif; il éprouve une propension continuelle à pleurer. Une manie se déclare. Les pa roxismes sont violens, surtout le matin. Il croit entendre des sons et voir toutes sortes d'images: Ja conjonctive est rouge. Le malade éprouve un tremblement des membres et des frissons; tout son corps est dans un mouvement convulsif continuel: manie. À l’ouverture du cadavre, on voit un
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État inflamnmtoire de tous les intestins: /e colon-transverse très dilatés mais, dans l'endroit où il descend , un rétrécissement considérable.
On fit l'ouverture du corps d’un aliéné en démence, agé de soixante=huit ans: on trouva un rétrécissement & la partie mo= yenne de l'estomac ; des indices d’inflammation en cet “endroits le reste de la muqueuse de l'estomac d’une couleur brune; cæcum dilatés rétrécisseent considérable du colon-transverse, s'étendant jusqu'à PS du colon: puis, dilatation decet intestin; diflérens vices à Îa matrice; pouraons tuberculeux; différentes artères ossi fiées. .
Suit un fait de rétrécissement du colon sans aliénation mentale,
Un aliéné en démence, issu de parens aliéa nés, meurt à l'age de quarante quatre ans: on ignore la cause dü mal. Différens restes d’imflammation se laissent voit sur le canal alimentaire, notamment à l’estomac, et des adhérences dans le paquet des intestins. Tous sont placés dans un ordre non naturels le colon-ascendant dilaté est fortement adhérent au péritoine ; le colon-transverse est également dilaté jusqu'à sû partie moyenne, où il se rétrécit tout-&-coup; ses membranes sont épaissies; le colon-déscendant fortement
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distendu, forme à sa partie moyenne des circonvolutions adhérentes entre elles. Absence des testicules dans les bourses: le testicule droit atrophié, placé derrière l'anneau inguinal, et absence du gauche: poumons tuberculenx ; hépatisés en quelques endroits : restes d’inflammation dans le cerveau; diffé-
rens vices de structure au corps calleux , aux
«corps mamélonnés &c. — absence complète de la glande pituitaire.
Un paysan, agé de quarante trois ans, est atteint de manie périodique. Sa conduite avait toujours été dissipée, et il éprouva un goût décidé pour les spiritueux trois mois avant sa mort. Une inflammation se manifesta à la jambe gauche, avec fièvre; un abcés s’y forma. Plus tard, un gonflement envahit l'oreille gauche, et l'esprit: reprit son état naturel: derechef il devint aliéné.
Fièvre, toux, et expectoration: L'esprit révint. Mort. Ouverture du corps: collection de sérosité dans la poitrine; points
gangréneux dans les poumons; rétrécissement à la partie moyenne du colon,
s'étendant jusqu'au rectum, et paraissant former nombre de circonvolutions. (Cet intestin avait une longueur démesurée.
T, D., agé de trente deux ans, aliéné en démence et épileptique , avait dans sa jeunesse fait une chüte sur la tête. En posant latête du côté gauche, il lui arrivait souvent de
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de ïtomher dans les convulsions; elle mourut subitement. Développement frappant des vaisseaux capillaires encéphaliquess. corps granulés sur le sinus longitudinal supérieur ; plexus-choroïdes dégénérés ; sac du péricarde rempli d’eau; couleur livide des intestins, et développement des capillaires de la séreuse abdominale ; couleur noire de la muqueuse du rectum; colon-transverse passant sur d'estomac, et comprimant le diaphragme dans la poitrine ; descendant ensuite, dans da région droite abdominale, se courbant dans la région du cæcum pour aller se perdre dans le recium. |
J. d., ancien soldat, devient aliéné sans cause manifeste. On observe qu’il tousse beaucoup après avoir pris des alimens; il
éprouve un froid continuel et un tremble-
ment de tout le corps. Mort. Le côté gauche du scrotum rouge; poumons marbrés, noirs; tant soit peu d’eau dans la poitrine ; intestins livides, d’un aspect gangréneux ; /e colon rétréci dans toute ‘son étendue,
formant une rangée de constrictions et
de dilatations ; Testomac contracté, d’une petitesse extrème ; engorgemens au pylore et au cardiaz; le cerveau ramolili; extravasations de sang dans les ventricules latéraux; et autres vices du cerveau et de ses membranes.
Un individu, agé de quarante ans, est en
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démence; son front est continuellement cow-
vert de sueur; quelques jours avant sa mort,
l'appetit s'était perdu, et une diarrhée lui était survenue. Adhérences du poumon gauche avec Je péricarde ; dégénération complète du poumon droit, qui est d’une grandeur excessive, et adhérences à la plèvre costale; estomac très distendu, une surface enflammée vers sa grande courbure; des taches brunes sur les intestins grêles ; le cœcum ayant le double de son volume ordinaires réfrécissement de la partie ascendante et transverse du colon.
Une femme, agée de quarante-trois ans, est atteinte de manie périodique, par suite d’une vive frayeur. Peu de jours avant sa mort, dans un accès de manie, elle avait éprouvé un gonflement assez considérable de toute la tête. À l’ouverture du corps, on trouva les vaisseaux encéphaliques remplis de sang, la consistance du cerveau diminuée; en incisant le cervelet il s’offrit dans le soit-dit are bre de vie, des contours extraordinaires , des formes bizarres. Le colon était courbe dans le petit bassin ; ilétait fortement rétréci dans sa portion descendante ; l’S du colon distendue ; les vaisseaux mésentériques très développés, et gorgés de sang; estomac ayant un rétrécissement à sa partie moyenne.
Nous renvoyons, pour de plus amples détails, au
Jour-