TES
(1) Traduct de J. F. Klüyskens.
que l’entendement parait. doué de spontanéité, c'est-à-dire qu'il produit ce que jamais les sens. n'avaient. perçu: que. cependant on doit considérer les sensations internes et externes comme, La plus grande. source, de nos idées:
qu'elles éveillent et engendrent les idées de rapport, de combinaison: qu'il est de fait que l’homme qui aura reçu beaucoup de sensations aura un plus graud nombre d'idées que celui chez lequel les sensations auraient été moins fréquentes, que . Locke, Condillac, et d'autres ont été en erreur en prenant les sensations pour nos facultés. Ils ont oublié les seusations internes pou ARR touthaux..exiegness. fous ; FF “ Descartes, en croyant aux idées : innées!, a été aussi inexact. Îl n "existe. point d'idées innées ; mais on apporte spot , en.haissant, la faculté de penser... ; ik L'homme ne oil pas, au ste 4 se d'idées, riche de connaissances, L’ignorance, comme dit La Romiguière, est son état prümitif:. il ne peut eu sortir qu’à (mesure que, la vivacité du sentiment perfectionne les. facultés qi Gates, Lui former ung intelligence. bé: 6) | Les seules idées Klaus pourrait nommer at nées, seraient we: qui mous ter de Far stüinet. À 4 Leibnitz a. jeté ad ve és si "4 jour sur MF lectualité , mais il a perdu de vue les sens. J’insiste sur ces considérations narcequ’elles me
he, sa pa-
paraissent d'un grand poids pot la connaissance des aliénations mentales! 1 Le maniaque a perduile Hate de son existence, de son moi, L'aliéné en démence et l'idiot, n’offrent que peu, ou presque pas de relation entre les sensations et l'ame. Dans la : mohomanie, le sentiment de l'existence existe, mais il s’annonce par de faux rapports. L'homme se sent plus malheureux qu'il ne l’est en effet; il voit dans son individu des défauts qui n'existent pas; il s’imagine recevoir des sensations a n° ont ee de sens commun. À à done de Mais c’est dans la manie sans dci que l’ame se montre isolée, en quelque sorte, des sensations: Un tel malade nous dira: prends garde, ‘une fureur s'élève de mes entrailles ; une force intérieure, un penchant invincible veut que je verse du sang: il faut y obéir, je ne puis y résister. Les fastes de la psychologie renferment nombre: de faits de cette nature, et un des plus remarquables est le suivant rapporté par Horn dans ses archives (1). Un jeune homme est porté par un besoin insurmontable à répandre le sang d’une fille qu’il aimait beaucoup. Ce malheureux connaissait toute l'horreur de sa position; il se fit même saigner, croyant, par là, ealmer les anxiétés et le pénible désir qui le tourmentaient jour et nuit. Tout fut sans succès: l’infortuné plongea un re dans le | | sein (1) De 1820, Avril, Mars; S, 292.
di Me à
seiù de sa bien-aimée, pour ap il avait le plus grand amour, et, tout en sui faisant les plus tendres adieux, il se réjouit en voyant couler le sang de sa victime. Pinel, et d’autres ont enrichi la science de faits semblables. Quand un pareil individu connait la position de son moral; quand. il prend des mesures en conséquence, et qu'il veut trouver un moyen de. salut dans les déplétions sanguines ; n’y a-t-il pas, dans son entendement, deux sortes d’o pérations distinctes ? Cet homme raisonne sur son propre malheur, sur Ja fatale passion qui le subjugue, en mème temps qu'une autre série d'idées prépare des actions musculaires pour accomplir l’ordre d’une sensation non rase carie à son cerveau és g
Nous avons parlé ds NH dus — encore un objet digne d'étude dans l’aliénation mentale, Il arrive, dans nombre de cas, que tonte la sphère de l'intelligence est bouleversée, et que les idées, provenant de l'habitude, restent calmes au milieu de ce tumulte. Un exemple donnera plus de Jumière. Je tiens un grand nombre d’écrits qu’un aliéné m'envoie à tout moment: aucune de ses lettres ne renferme Îa moindre idée claire, compréhensible ; pas la moindre liaison entre la signi= fication des phrases; cependant, l’ortographe y est suivie avec une rigoureuse exactitude; les virgules, les points, les signes d'exclamation, les formules du style épistolaire etc. sont remarquables par une précision peu commune. Cet individu, imprimeur de son état, a dans toute Îa force du terme la ma-
nie
| ( 1go' )
nie d'écrire. Sa conversation, . red
est plus liée que ses écrits.
Nous rencontrons donc partont, des preuves qui démontrent, dans notre entendément, un principe indépendant de nos actions; muis on est encore bien loin d’avoir établi Ja correspondance de ce centre d'intellectualité avec le cerveau proprement dit. Je n'élèverai aucune opinion 4 cet égard. Un cas rapporté par Crichton, ‘et dont ce véridi= que auteur garantit l'exéctiruile, Jaisse ample ma titre à nos réflexions. Voïci le fait Une demoiselle au service de la princesse De .……..…. , ayant été sujete, pendant de longues années, à de cruelles maladies de nerfs, dans un accès de cette maladie fut reconnue pour morte: ses lèvres étaient pâless sa figure était d'un aspect cadavérique, et la peau froide. Elle fut posée dans un cercueil, etle jour de son enterrement étant venu,on chanta aütour d’elle les hymnes des morts. Dans l'instant même où le couvercle allait être posé sur la bière, ou remarque une espèce de vapeur qui s’élévait du corps, Cette vapeur devient de plus en plus visibles à la fin, un mouvement convulsif se fait remnrquer dans les pieds et les mains; après quelqnes minutes, les signes de vie sont évidens; les yeux s'ouvrent; on l’entend pousser des cris Millencibieit et dans un court délai, la malade récupera sa santé. La description qu’elle donna de son état est toutà-fait curieuse et importante pour Pldéologue. Sa position était telle qu’elle se trouvait comme dans un rêve. ŒElle se croyait réellement morte; mais elle
avait le sentiment de tout ce qui se passait autour d’élle dans cette affreuse position. Elle entendait les pleurs de ses amis, et sentit très distinctement quand on lui mit le drap mortuaire. (Cette sensa- ‘tion fut des plus pénibles: elle voulait crier; mais sa volonté était enchainée et ne pouvait agir sur son corps. Elle avait le sentiment d’une existence différente de celle de son corps; elle se trouvait dans l'impossibilité d'étendre les bras, d’ouvrir les yeux ou de pousser des cris. L’anxiété intérieure fut à son comble quand on entonna les hymnes des morts, et que l’on allait clouer le cercueil. L'idée qu’elle allait être enterrée vivante donna de la force à à sa volonté (1). RU
Ce cas est instructif: il est unique en son genre: et on aurait de la peine à y croire, s’il ne reposait sur un témoignage digne de foi.
Disons un mot sur la cure morale.
Cette cure ne peut être laissée aux métaphysiciens. Le jeu de nos facultés iutellectuelles n’est pas indépendant des autres fonctions. Si nous rencontrons un principe intelligent, distinct autant que nous pouvons lobserver des fonctions corporelles, nous voyons aussi qu’il est sous l’influence des lois qui président aux autres fonctions, Nous avons déjà touché cet objet en parlant de lame: il s’agit seulement ici, de démontrer qu’on doit joindre aux connaissances de MÉUMREe
cel-
(1) Crichton, trad. de Hoffbauer, pag. 309.
celles, de Ja, physiologie, pour pouvoir entreprens. dre. la cure, des désordres de l'esprit. : Quelques. philosophes, entre. autres Hoffbauer : (ao ont écrit longuement sur l'utilité des moyens moraux. dans la folies mais, ces. “considérations. sont trop. vagues, et c’est en «vain. qu'on , y. cherche les lois des propriétés vitales. L’ intelligence tire ses plus grandes ressources des sensations, comme il est déjà
dit, et elle en. est fortement modifiée ; les agens externes ; les modifications apportées dans les, sens internes sont en état de changer, l’ordre naturel ou morbide des opérations intellectuelles; l'usage des spirituenx, des boissons en général ; celui des narcotiques;l’air;les alimens influent encore puissament sur le moral de l’homme, .« Un habitant du Zui- « derzée, dit Virey (2), se nourrit de laitage et.de « pâtes; ces pesantes nourritures, au milieu d’un «air épais et des humides :brouillards qui, d’ail- « leurs amortissant. la sensibilité ; ne lui inspirent « que l'indifférence, des goûts indolens , l’ennui « d’une existence inerte et monotone; mais si « déblayant ces amas de mucosités qui gorgent ses « viscères intestinaux ; qui enveloppent et encrou- « tent ses extrémités nerveuses , vous soumettez eet « honnête Batave à ün régime plus stimulant ;, si «vous remplacez sa bierre par du vin géné- «xeux de Porto ou de Xérès; si les épices de lO+ | « rient
(1) Untersuchungen über die Krankh. der Seele, 1802. Psychol. Unters, über den Wahnsinn. 1807.
(2) Ephem. de la vie hum. |
« rient» sont-substitüés au ;beurre ; si le café, les « liqueurs alcooliques de Guraçao et les plus ar- «.dens aromates ! viennent agacer ; secouer cette in- «dolence.. du: système nerveux abdominal, vous «verrez bientôt. cet-homime, d’abord si impassible , «et si phlegmatique, relever plus fièrement la tête; «ses. yeux bleus ‘étincèleront d’un feu plus bril- «lant;. ses muscles se déplaceront avec plus ‘de «souplesse et de grâce ; enfin son esprit et ses af 7e fections .s° élevant dans leur essor, planeront au- «dessus de ceite,sombre san dans laquelle «il cioupissaient.7
Sans coxivenir . complétement de du vérité. de ce tableau , fil. est de. fait qu’une. infinité de substances, en agissant sur. la sensibilité physique, ont la
faculté; de changer l’ordre de notre entendement, Sur .ce, principe était basée Ja diète végétale des Pythagoricienss et les législateurs de l’église romaine n’ont-ils point: prescrit, à nombre d’ordres monastiques, le régimé. végétal afin. d’étouffer. la grande excitabilité des: sens, et de ‘rendre ainsi ce hommes pieux moins aptes à nombre de passions ?
Mille exemples pourraient démonirer le Le:
influencé. par le physiqie Voyez l’homme. chez lequel, on provoque le rire, en lui chatouillant la plante des pieds; voyez cet individu qui délire par. une .douleur.existante.au gras des jambes: ce sera. toujours. le , physique qui influe le moral J'ai connu un, malade qui, pour un gonflement œdémateux des extrémutés, fut mis les pieds dans une bouillie: de. semences de moutarde: au fur et à
19 N me-
( 194 ) | mesure que la douleur se développait, on vit la raison s’obscurcir, et en peu d'heures un délire complet ent lieu. Le malade, l’homme le plus doux, le plus raisonnable que je connaisse, quitta son lit, fit une infinité d’extravagances, et ne se plaignit plus des douleurs que: devait naturelle ment lui causer cet escarotique. On lui fit prendre quelques cuillerées de; gelée de viande, et dans lPinstant même le délire cessa, et sa figure changea d'expression. Cet exemple démontre qu’ane modifcation survenue dans une surface sensible ow nerveuse peut troubler l’harmonie de notre enten— dement, Mais ce qui est étonnant dans le cas que je viens de citer, c’est que le rétablissement de la’raison eut lieu par une substance nutritive introduite dans l’estomac. Ne doutons done pas que le moral puisse être influencé par le: physique. Ne perdons pas également de vue que: le: moral, à son tour, influe sûr nos tissus. Cabanis: dans son ouvrage sur le rapport du moral avec lephysique a, le premier, fait sentir cette cr té dance rareté Li HE
Il n’y a pas, à PRO parler, une aussi grande différence, entre la cure morale’et la curephiysi= que, qu’on serait porté à le croire. Quandie plongeurs maniaque dans le bain froid: quand je lui donnedes: douches sur la têtes; si je lui fais des aspersions d’eau froide à la figure ; quand je provoque , chez cet aliéné, des pustules sur la peau du crâne par les frictions stibiées; quand j'agace ses nerfs par la digitale, le stramoine ou d'autres médicamens en:
ce
€ 195 ) ce genre ; jé modifie les sénsations, on pour nicux dire le principé sentant: en outre on ne peut consoler , Rue sud éausér du éd sans parler aux
yeux ou à l’ouié. .
Le moral est certes lattribut le plus noble de notre être: le rang qu’on assignera aux moyens moraux sert également le plus éminents mais il fait, dans l’emploi de ces agens, uné sage réserve , comme dans tout autre: On ne peut assigner aux moyens mort une vertu trop exclusive, ni les négliger; Jes prendre isolément , où y attacher une confinée sans bornes : tont doit se prêtéÿ un mutuel sécours dans cette cure: Tantôt on agit sur la cause du mal: tantôt on produit des commotionsÿ et ôn' emploi les señs pour rétablir le ceñtre intellectuel. Dans d’autres éas, on porte ses réinèdes sur lé tube alimeñtaire; 6n établit l’équilibre du defrné avec les’autrés organes: On eéxälte, on diminue l’énergie dés vaisseaux sanguins et des autres’ systôrnes d'organes. : « Forturiate medebitur , «dit 9004 (1), qui rémiedit exhibendi occasiones « sagax Captat; quive repertæ indicationi potins « quam specificæ cuidam virtuti confidet.” On ne perdra pas dé vuë non plus qué Ja cure morale, quoique très précieuse, ne repose que sur des basés très fragiles. Ces moyens agissent sur notre principe iñtelléétuel ; et de ce principe, nôus n’en cotinaissons que l'ombre: aussi doit-on remarquer
1 Ratio! nbteltai » Pi 1e pag 145.
que de plus. grand nombre des moyens qu’on nonmime moraux ne sont, en eflet, que des principes déduits de. PHygiène. C'est étonnant: il n’y a certainement pas de maladie où les médecins soient tant en opposition dans leurs vues curatives, : L’un veut tout obtenir du moral, un autre, du physique; mais, le sage médecin sera toujours convaincu que, la nature mérite,. en nombre d'occasions , : l'honneur -qu'on rend: à son ministre. Pour ce motif, qu'on soit circonspect s’il.s’agit de décider: de la vertu réelle d’un moyen employé dans laliénation mentale. . Il.est de fait que ces sortes d’affections ne sont eurables que dans leurs premiers débuts; et c’est anssi le temps où l’on observe le plus de guérisons spontanées. Mais ici, comme. dans toute autre maladie, Ja médecine apporte parfois des secours efficaces: c'est ce dont nous. allons nous occuper dans le reste de ce mémoire. Avant tout, considérons les facultés intellectuelles , en. leur particulier, en tant qu’elles fournissent des lumières pour la cure des maladies dont , il s'agit. : ù Sensations et attentions Te L’attention suppose la perception. La sensation : et l'attention sont inséparables l’une de Pautre. ; L’attention est la sensation par excellence: le cen- Ÿ tre de perception est tout à la sensation dans cet acte. Puisque être attentif n’est que sentir avec. force , il est évident que sentir c’est avoir plus ou
moins
moins d'attention. Tout ce qui opère avec énergie sur les sens éveille l’attention: c’est une preuve que les sensations en sont inséparables. Une vive lumière, un coup de tonnerre, une chaleur subite, excitent toujours notre attention. Cette faculté est nulle quand Ja sensation ne. parvient point jusqu'au centre des perceptions. On a nommé cet état smpression: c’est-à-dire un acte qui suscite des opérations intellectuelles, mais dont l'individu n'est point averti. | | |
Il y a cependant des nuances à observer dans les. sensations à l'égard de Pattention. On peut sentir faiblement, ou d’une manière forte: dans ce dernier cas on perçoit la sensation dans tous ses rapports; on en a une idée claire et distincte. Quand l’ame voit ou entend, elle sent faiblement ; quand elle regarde où écoute, elle est attentive. Une loi invariable, c'est que lPattention ne se porte que sur un objet, ou sur une seule série de sujets à lafois. Mais fa mobilité dont jouit le centre intellectuel fait qu'il dirige successivement lattention sur un nombre de sensations diverses.
Destutt-Traey (1) est le premier qui ait fait voir que l’attention n’est pas une facnlté distincte de la sensation. « J’aunerais, dit-il, autant faire une fa- « culté de la tristesse: et de la fatigues”” et il ob-
serve très bien (2) que l’attention est presque in- Sé—
(1) Idéologie , pag. 233.
(2) Pag. gr.
séparable de la volonté, puisqu'il ÿ a des ciréonstances où l'homme veut avoir de. l'attention. Parfois l'attention constitue une. passion agréable comme dans Ja contemplation. Elle préside aux perceptions , au jugement, et au raisonnement. On ne peut juger, raisonner, avoir des désis ou des aversions , sans être plus ou moins atientif.
Puisque le centre intellectuel reçoit les sensations d'origines diverses, il s'ensuit que l'attention aura également les siennes. (On en compte trois: les sensations externes; 2% les internes ou viscérales ; 5°. celles que l’homme éprouve de la mémoire, de la réflexion, du raisonnement, du jugement. Mais, pour mieux éclaircir cet objet, considérons, pour un moment, les sensations isolées de l'attention.
Deux routes conduisent au cerveau les sensations: les sens externes et les internes. C’est par les premiers qu’on jouit de la vue, de lodorat, de Pouie, du goût et du toucher; c’est par ces sens que le centre intellectuel s’exrichit de toutes les connaissances qui viennent de dehors. ÆEa faim, au contraire, la soif, le besoin d’air, celui d’expulser les matières fécales, les urines , le désir du coït, et celui d’allaiter le mouveau-né, sont des sensations internes, instinctivess elles ne. donnent nulle notion sur la cause qui les met en jeu; le cerveau ne connait que le plaisir ou la douleur qu'elles provoquent : il agit en conséquence. Les sensations externes, au contraire, nous avertissent de la cause qui les a produites; elles sont remarquables par une plus grande clarté, et donnent
des
des connaissances relatives aux choses en général ; tandis que les sensations internes n’ont pour but que la conservation de l’individu et celle de l’espèce; elles sont toujours on douloureuses ou agréables, tandis que les sensations qui viennent de l'extérieur, quoiqu’en disent nômbre d'écrivains, sont souvent caracterisées par l’indifiérence : la vue d’un morceau de fer, de bois, où d’un autre objet de cette nature, ne cause, dans nombre de cas, ni plaisir, ni douleur, L'instinct, dit Condillac(ài), n’est qu’une imagination dont l'exercice n’est point du tout à nos ordres, mais qui, par sa vivacité concourt parfaitement à Ja conservation de notre être : l’instinet exclut la mémoire, et la réflexion. Les sensations que l’on perçoit de ia réflexion et du raisonnement, ne sont pas moins dignes d’étude. L'énergie en est parfois si forte que les excitans les plus vifs sont incapables d’en détourner lJ’attention: c’est ce dont Archimède nous offre un exemple remarquable.
Étudions les sensations dans l’aliénation mentale. La perversité de nos sensations entre comme caractère dans le plus grand nombre des folies. Le ‘centre intellectuel juge alors sur de faux rapports; “mais, Om n’est pas encore parvenu à démontrer, par des preuves irrécusables, si des vices locaux d’un ou de plusieurs sens, sont capables d’engendrer laliénation mentale. Quelques faits semblent | par- (1) Essai sur lentend. humain, pag. 151.
parler pour l'aflirmative. Rezl dans ses rapsodies, rapporte le cas d’une dame qui devint aliénée à la suite d’une maladie des nerfs. Elle croyait, en plein jour et les yeux ouverts, que des spéctres de différentes formes et dimensions la suivaient partout. Un jour, elle courut dans son appartement, pour saisir un de ces prétendus ‘fantômes: Ja garde-malade appliqua, par ‘hasard; la main sur les yeux de l’aliénée,.et, à linstant même où l’entrée de la lumière était intérceptée dans l'œil, tout désordre intellectuel cessa :: il: reparut en de es lamalade à da clarté. ous ges ons dE auret le
Dufour (1) cite le cas d’un homme chez lequel une cataracte donnait lieu au désordre intellectuel. : L’a liénation mentale ne fut manifeste que dans le premier temps du développement de la cataracte s mais quand celle-ci fut deveriue mûre, comme on dit, la raison se rétablit dues Phomme se-soumit à l'opération: soin fol an fase saisir
Casper parle d’un jeune homme qui croyait senür partout l’odeur de! charbon et: de fumée: sa raison ne tarda pas à s’aliéner, :et le malade refusa ‘bientôt toute espèce de nourriture: croyant que tout ce qu’il mangeait était imprégné de cette odeur. Nous devons observer : que Vl’organe de V’odorat, ainsi que celui du goût, sont ceux quioffrent le moins d’altérations dans leurs fonetions :
(1) Essai sur les opérations de l'entend, hum. pag. 201, di
€ où })
ges sens se rapportent spécialement à la vie organique. CTRET Mot ah <dc à: :
: Nous devons croire que l’altération des organes des sens doit êtie rarement une cause de folie, et que c’est dans l’intellect que réside le vrai désordre. Cependant, si. nous prenons pour analogie, les altérations des viscères, qu’on doit considérer eomme le siége des sens internes ou du moins comme des foyers de sensibilité qui envoient au cerveau des sensations ; si, dis-je, nous prenons pour analogie ces viscères, nous y trouvons de forts ap puis pour eroire aux altérations des sens dans le désordre intellectuel. Nous savons d’ailleurs eombien les vices organiques de ces parties sont propres à troubler la raison.
- Dans l’Idiotie, toutes les sensations externes sont affaiblies : tel idiot est sourd, l’autre muet, un troisième aveugle et la plupart présentent Îles organes de l’odorat et du goût dans une insensibilité presque complète ; ils n’attachent aucun prix aux qualités des alimens ou des boissons : aussi la faim et la soif n’existent presque pas chez eux. Les idiots. souffrent, avec indifférence , les rigueurs de Patmosphère. Il y a de ces malheureux qui se mordent, se déchirent sans témoigner de la douleur; on en a vu qui, avec les doigts et les ongles, s’etaient percé et déchiré la joue, jusqu’à la commissure des lèvres, sans paraître souffrir. Plusieurs, d’entre ces malades, ont les pieds gelés et n’y rapportent aucune douleur, . Leur insensibilité est
N 5 LT - éou-
souvent portéc au point de ne pas entendre des sons ni voir des objets présens (1).
C’est dans la Manie que les sensations viseérales éprouvent des changemens notables : le sentiment de la faim et eelui de [a soif sont par fois chez ces malades, considérablement augmentés; dans d’autres cas les idiots dévorent les alimens quand on leur en présente, et ne songent à boire qu’à la vue de la boisson. Les organes des sens externes, la vue et l’ouie sont spécialement alterés chez ces malades. Cox (2) parait avoir remarqué que louie est, d’entre les sens, celui qui est le plus nés chez le maniaque.
Il est cependant rare, comme l’observe Georget (3), que les aliénés aient perdu la faculté de percevoir les objets; mais il arrive qu'ils se méprennent sur leurs veritables qualités ou attributs. Hs ne prendront point un homme pour une femmes; mais ils reconnaîtront, dans un inconnu, um parent, un ami ou un ennemi; ils transforment la maison qu’ils habitent, en palais, en prison &c.
Dans les diverses espèces de Monomanie, la lésion des sensations n’est pas moins évidente. Les sens existent chez ces malades; mais l’impression qu'ils envoient au cerveau, y est vicieusement reçue. On trouve parfois chez eux une diminution considéra-
ble
(1) Esquirol.
(2) Practical observ. trad. de Jieil, pag. 12. (3) De la folie, 2e édit, pag. 88.
ble dans la sensibilité de l’organe du tact. Il y :a des monomaniaques qui se déchirent les mains, les extrémités des doigts, s’arrachent même Îles ongles, sans témoigner la moindre sensation: pénible, Le début de beaucoup de variétés de la monomanie est remarquable par des phénomènes tout-àfait opposés: un excès de sensibilité dans toutes les sensations caractérise souvent la période d’invasion de ces affections. En général, la faim et la soif y sont fortement diruinuées. |
Dans la démence, toutes les sensations présentent un affaiblissement plus ou moins notable.
Pour celui qui dirige la cure morale, les organes des sens sont autant de surfaces sensibles sur lesquelles ou fait parvenir des impressions diverses qui , envoyées au cerveau, sont destinées à bouleverser J’action maladive existante dans cet organe. Qu'on passe en revue toute la série des moyens moraux ; On se comvaincra que tous doivent préalablement affecter les sens, et notanament les externes, avant d’être percus par le centre intellectuel, La vue et l’ouie sont les organes qu’on met le plus à contribution pour la cure morale. L'aspect riant et pittoresque des champs, la vue d’un objet aimé, les sons d’une musique agréable, les délices d’une conversation douce et persnasives toute la série des consolations, ne portent-ils pas une action première sux la rétine, ou sur le tympan ? De là, il faut déduire que, tant que les fonctions de lentendement ne sont qne perverties, et que le malade sent l'impression des objets qu’on appli-
que
que sur ses surfaces de!rapport, on peut encore avec. espoir de succès, ‘tenter : la cure morale. : Il n’en est pas ainsi des aliénations mentales avec perte de la faculté sensitive, comme dans lidiotie et la démence. Dans la première affection, les moyens moraux sont sans ‘effet; dans la seconde, ils sont de peu d’effcacité. : Le succès de la cure morale dépend du choix qu’on fait des impressions auxquelles ‘on soumet l’aliéné , et de la juste applica= tion de ces mêmes mo jens. aux Cas quite en réclament l'usage. Flruns pal agit à: vetement DE rte Ct Voyons Paitentiomiéu eu ere semoeithiite vor L'abus qu’on fait de cette sÉbiduts de l’entendement porte, parfois, le désordre dans l'esprit, en dirigeant par reprises l’attention sur un ‘même objet. En l’y fixant d’une manière durable; en négligeant des momens de relâche, à la fin’, Pharmonie de l’intellect se rompt. ‘Les études prolongées, la culture d’un art ou d’une science :abstra= ite, celle de la musique, dela pire appartiennent aux causes de eette nature. : .
“On observe cependant une infinité de nuances dans ces désordres: l'attention peut être lésée sans qu'on puisse soupconner une aliénation mentale. Les grands génies, ceux qui exercent fortement leur intelligence sur des idées abstraites, ‘prêtent tous peu d’attention aux sensations venant de dehors. L’ame de ces individus est en quelque sorte toute intérieure. | 9 Ce vice. de l'attention pour les objets extérieurs se nomme déséraction. L'homme distrait est dépour-
pourvi de réflexion: pour son être, pour tout cé qui l’entoure; les sensations passent par son cerveau et ne laffectent point. Il y'a des cas où des sensations :émanées d'objets externes donnent lieu à la distraction : c’est la contemplation. Get état est plus: rare que le premier. : [immortel Newton fut. bien. évidemment distrait quand ; tout occupé à fimer, : il prit le-doigt d’une ‘dame qui était assi= se. à ses côtés, pour enfoncer le tabae! brülant qui, se +trouvait dans sa: pipe: les” cris ‘perçans’ que. la dame ‘poussa avertirent le ‘grand homme. de sa méprise. (1). Personne n’a mieux dépeint. l’homme distrait:que Labruyère (2). En parlant de son Ménalque il dit:, «il entre dans l? appartement ee «il passe. .sous, un: lustre où sa perruque s’accroche «et: demeure: suspendue : :tous les courtisans regar - «dent.et rient : Ménalqué regarde aussi et rit plus’ « haut que les autres; il cherche des yeux dans: «toute, : l? ‘ess embdées où ‘ësb ‘eelui :qui montre ses «-oreillés et à qui il'manque: une perruque.” | Dans. toutes, les aliénations : mentales, l'attention : se, trouve, plus on moins lésée. Dans. la mono manie elle est exaltée; mais, élle ne porte plus cette mobilité; qui.en. constitue; un des principaux caractères .physiologiques.;' L’attention:,: dans cette alié- ù nation mentale ;, s0,moule en quelque sorte, exclusivement sur -1ne, sérié d'idées: isolées 3 das: owp Jet MONO 5 ,othôb ense oimrux si he
(a) VoyenMuiatort) D T: nl cé 2 et: Rail} Rasa Page 106. NISBTOL PAST OH #9 ÿi F4 OMIS : Re”
(2), Chap. 2. T. HI, ed, 1818.
l’hypocondrie, elle se dirige sur Fétat sanitaire du corps; dans. la monomanie chimérique, ‘elle est toute absorbée dans l’idée dominante de ce délires L’indication principale: qué Pon: obtiendra de cette faculté mentale, dans les diverses espèces de monomänie , Consistera .& détourner: l’attention: de’ sd propension habituelle: ‘On y parviendra :: 4°, én trinsméttant au cerveau des sehsations ‘propres: à éveiller l'attention: du malade: Entre celles2ci, ot doit choisir celles qui ont le moins de rapport possiblé âvec l’objet du délires celles qui sympa thisent le. plus avec les goûts naturels du! mala: des celles, énfin, qui sont le moins monotones +: 2°;.en éloignañts en’ évitant ÿ en' obscurcissänt tout ce. ps par la transmission des: sensy pourrait ajou— tee. à l'attention: dominante du malade, où: etre en jeu des chainôns d'idées! :quise sa pe délire. . ou sa adore: s esctrs 28 nn JA Dans la manie iles délire, tout est en net tion ave. ce: que nous: venons dé: voir dans la m6 noniamie.. Au liew d’une attention fixé ét soutérñiüe, cette faculté y! acquiert une mobilité extrêmes il” parait mème que, ‘d'entre: toutes lés fonictiéns mentales ;: c’est: “celle dont: Ja lésion! est læ' plas | sensible dans la! mamie: elle. n°y est} ni affaibli ; nt exaltée srmais: elle ne se ‘érouve’-plus liée ave’ les’ sensations présentes , les idées et les souvéniés -Dänñs la manie sans délire, l’attention n’est % faiblement ou. -presque point lésée. — vpn On dit, avec raison, :qué lé point'le: tit ire portant, en employant les moyens moraux. doi Ja:
« SAC: r LE ? 14 Ÿ 4 a | diète
manie, Consiste à captiver l'attention du malade, Des sensations produisant des effets instanés dans l'organe intellectuel et propres à fixer et à soutenir l’attention du maniaque sur des objets qui ont, dans leur mode d’être, le moins de diversité possible, rempliront res le but. (Ceux qui mènent à la surprise ou à à admiration tiennent le premier rang parmi ces moyens.
L’aitention, dans la démence, est fortement affaiblie. Qu’ un objet quelconque frappe la vue, lPouie, ou un autre sens; Ja sensation et l’attention qni en sont le nel se trouvent bien au dessous de l'état naturel. Les excitans énergiques et durables des organes des sens occupent une place dans la cure de cette affection.
Dans l’idiotie, le manque © attention. est le résultat d’une disposition vicieuse innée dans l’individu. Cette faculté y est le plus souvent nulle: l'oreille de lidiot peut être affectée d’une impression des sens, mais le cerveau n° y peut diriger l'attention; l’œil peut être agacé par le stimulus de la lumière, et l’idiot voir sans regarder. .
On sent que cètte faculté doit être d’un faible secours pour la cure de Pidiotie. Il n°est pas au pouvoir du médecin d établir une fonction où elle n’a jamais existé, et où peut-être manque l'appareil organique que lui a déstiné " nature.
On peut donc dire de lattention , à l’égard de son application à la eure morale, que, tantôt on Pamortit, tantôt ou lexcite, ou qu’on là porte,
da-
déndéel'attrenstions: > vers un objet étranger ‘ait déiestntens es, enlptémaimhans oies |
” Re ; jugement, raisonnement.
22) 45 VÉRINS ME ER EUMÉ VLC ER dv r
La comparaison est un résultat de : sensations reçues. Pour comparer. il faut avoir des sensations sur. lesquelles cette faculté puisse 4 exercer. On compare #9 on juge, quand l'attention se. porte sur, deux ou plusieurs objets, pour en étudier les rap=, ports; car, comme nous VEnons de dire, sentir est avoir de l'attention, et puisqu' on. ne peut juger sans sentir, | il est évident que Fe fait la Base du ; jugement.
La comparaison est cependant une faculté 8
üincte. de l'attention. 1 L2 attention. proprement dite, n est qu’ une sensation par excellence ; : tandis que comparer suppose une action y un mouvement, une, manière d’être de notre intelligence , par. laquelle. le principe sentant se porte. tantôt sur .un objet, tantôt sur un autre. rie
D’ après. : La Romiguère , net comparaison se distingne du jugement. . On ne peut, dit cet auteur , considérer ainsi que . l'ont fait Condillac et d’' autres, | cette derniere faculté core une. sensation. Dia le jugement, “dit-il, nous n 'agissons, pas. er nous
avons agi, puisqu’ il a fallu. comparer; mais la
per=
LL be T3
(1) Ouvrage cité.
percéplion dü rapport vient après. l’action : : letras vail de l'esprit est. fini au moment où il aperçoit le rapport. :
Le rapport est donc, PE ja sens .qu y attache La Romiguière, le jugement proprement dits tandis que la comparaison est l’action même de juger,
Quoiqu'il en soit, la ‘comparaison oflrira toujours, dans ses résultais, une sensation, puisque le centre, de perception recoit un rapport. Il en résulte un Grdre d'idées qui se rapporte aux objets jugés. Je ne dis pas que ce rapport apparuenne,invariablement, comme l’a avancé Condillac, à une sensation reçue par les sens externes ; mais , comme nous l'avons déjà fait voir dans nos remarques précédentes, les sensations sont les stimulans qui éveillent nos facultés mentales, et celles-ci, à leur tour, produisent des composés d’idées qui ne se rattachent à aucune sensation reçue, Le jugement a pour élémens des sensations: luimême .est un rapport que l’ame percoit ; mais l’objet idéal qui résulte de la chose jugée est parfois totalement distinct de toute sensation perçue antérieurement par les sens proprement dits,
Le raisonnement est la connaissance que l’ame reçoit d’une certaine liaison entre un nombre d'idées, où de rapports. Il nous fait passer d’une proposition à une autre; il nous. avertit de l’ordre, du désordre qui règnent dans nos idées, de leur ressemblance ou dissemblance, de la liaison qui les rapproché de leur idendité. C’est par cet éminent attribut que l'intelligence humeine se distingue de ceile des bru-
Ô tes ,
| ( no )
tes, qui sont apparemment dans PARIS d° straire et de généraliser les idées.
Tous ces différens actes sont des jugemens plus ou moins multipliés et rerifermés les uns dans les autres. La manifestation d’un rapport qui était renfermé dans un autre rapport, le passage du connu à l’inconnu, la liaison d’un principe à sa conséquence, une composition qui mène à une décomposition, l’enchainement de nombre de vérités, la succession de propositions identiques ou analogues les unes aux autres, sont tous des rapports d'identité, de ressemblance, ou d’une autre manière d'être de nos idées, que l’ame perçoit plus ou moins clairement, et sur lesquels elle juge, quelle que soit d’ailleurs la nature des idées qui ont donné lieu à ces rapports.
Si dans le raisonnement je suis porté à reconnaître le jugement, je ne prétends pas confondre ensemble ces deux états de notre entendement; toujours je trouverai, dans le raisonnement, des ordres supérieurs d’idées qui n’ont plus le monde extérieur pour base. Cette faculté de l’homme est la plus noble et la plus indéfinissable de son individu. Seul d’entre tous les animaux , il possède la vaison. Quelques brutes paraissent bien douées d'intelligence; mais jamais elles ne sauraient distinguer la cause de son effet, ni-juger sur des sensations internes que l'esprit fournit au centre des pérceptions, C’est la comparaison, le jugement dans le raisonnement, qui distingue cette dernière faculté de limagination. Penser sans juger, c'est A pro-
( aa }
produire des idées au hasard. Je réserve le nom de jugement pour les sensations de rapport que l'on reçoit par les sens externes; tandis que je prends la raison pour la comparaison que le centre intellectuel fait sur des sensations fournies spontanément à l’entendement, sans l’intervention des sens externes.
Le degré de force, dans le rar Ab se mesure par lempire que cet attribut exerce sur Pinstinct et sur les passions. Cet esprit, cette énergie de raisonnement, impose des lois aux besoins les plus pressans de notre organisme. Jamais Phomme n'est plus grand que lorsqu'il peut, par sa force morale, envisager avec froideur les rigueurs du sort. Au fond d’un cachot, à Îa table des rois, au milieu de l’infortune, l’homme raisonnable est en paix avec lui-même; son esprit résiste à tout et ne s’abandonne à aucune faiblesse. La douleur et le plaisir, sources de nos passions, nous ont été donnés par la nature, afin d’assurer notre existence et notre progéniture; mais le plaisir présente maintefois de séduisans appas et mène à de funestes conséquences: c’est alors que, du fond de cet abîme, s’élève une voix, et c'est celle de la raison: elle seule promène un œil vigilant à travers les nuages qui obscurcissent nos passions. Quel est l’animal qui offre un tel phénomène ?
La raison et les. passions sont deux puissances qui se contrebalancent continuellement.
Si l’homme raisonne sur les sensations qui x arrivent de l'instinct, il jouit indépendamment de
0 2 ce
LE
cela, comme nous lPavons déjà fait eñtrevoir, de cetie prérog cative , qu il raisonne sur son propre être sentant: il peut dire, je sens que j’existe. C'est’ par ect attribut qu’il se sépare ‘de toute la création. Nulle part ne se voit un être ayant le sen : timent de sx propre existence , de sa propre reflexion, de ses sensations, de ses raisonnemens.
Parlerai-je de toutes ces äbstractions, decenombre immense de conclusions que l'homme produit dans son imagination fertile? Les arts, les sciences ne sont qu'un tissa de réisonnemens divers qui s’entrelacent de mille manières, et qui ne font un tout commun, qu'après avoir passé par le raisonnement. 1 à
H serait aussi hasardeux de définir la raison que d’en déterminer les limites. Nous ne connaissons de cette faculté que quelques caractères généraux dont Îles plus saillans sont ceux que nous venons d’énumérer. Il est difficile, je dirais même impossible, de connaître jusqu’à quel point nos abstractions, nos idées sublimés font partie de la raison. Les plus sages manquent quelquefois de raisons; quel doit être le sort des esprits médiocres! La connaissance du vrai, de ce vrai qui est sensible à tous les esprits, et que le créateur à mis à la portée de tout le monde, sera cependant le caractère distinctif de cet attribut. Du moment qu'on passe ces limites, on risque d’embrasser des erreurs pour, des’ vérités. Laissons parler l’homme le Es spirituel de son siècles "7 SR. CORNE SRE ARRET
« La
« La. raison .va toujours torte, boiteuse et des- « hanchée, et avec le mensonge comme avec la « vérité. Par ainsi,.il est: malaisé de descouvrir son
« mescompite ct desreiglement, dit Montaigne (1). et plus loin: « cette raison, de la condition de la- «quelle il. yen peut,avair cent contraires autour « du même sujet, c’est un instrument de plomb , « de cire-alongeable et ployable et accommodable à «tout biais et à toutes mesures; il ne reste que la « sufliseance de le savoir contourner.” : D’après ce qui précède, il sera facile de voir que le raisonnement se, compose. 1°, d'imagination, pour ce qui regarde Pabondance des idées; 2°. d'attention, pour ce qui concerne le sentiment de J’ame ; :3°. de jugement, quant à la chose raisonnée, | :
. Si Fhomme est ‘un pren dal ions » Sa raison slt néanmoins considérablement, non seulement sclon les divers tempéramens, mais l'age, le climat et. l’éducation y. apportent les plus genie modilications. La raison n est pas la même à toutes les périodes de la vie. C’est à a fleur de l'age, depuis trente, à cinquante ans, qu’elle a le plus de wigueur. C’est l'age dégagé des passions et des infirmités ; alors, l’homme règne par son moral Hélvétius … dit: que. la raison est triste et pesante daus, les: régions froides; qu'elle est plus élevée, plus sublime dans ccs heureuses contrées où
: l'ar
een apr Du 97 AG 6 RQ EE POS ET 1 À
(is Gh foncs is copain 283 ir dé
CS
l’ardeur du soleil est tempérée par de douces ro- Sées - ; La UE MRETILE |
Celui qni raisonne mal ne mérité par le nom de #ôu: il n’y a pas d'hommes, anssi sages qu’on les suppose , qui maient leurs momens de folie. Cette ‘remañque faite par Crichton (1) ést un nee connü chez toutes les nations. x)
Îl serait difficile d’établir quand léeart de not raison mérite le nom de folié On trouve, éntre la santé parfaite de notre intelligence et l’aliénation mentale prononcée, des nuances qui vont à l'infini. Tous les jours, un homme enfermé dans lPhospice des aliénés à Gand demande, avec les plus grandes instances, sa sortie. Il éprouve un désir violent de voyager, et voilà tout son déliré.’ Cet homme raisonne juste sur tous lesobjets ; il est mème doué d’une intelligence peu commune. Toutes ses manières décèlent une éducation soignéé, un fonds de connaissances et du génie; mais que le mot voyage soit prononcé, sa figure devient rayon tante de joie ; sa raison l’abandonne; et son dis: cours n’est bientôt qu’un déluge de mots, qui font connaître combien il souhaiterait de parcourir des pays. Mais ce qui mérite d’être remarqué, c’est que cet individu ne déraisonne que sur un seal ordre d'idées, qui est le désir dont je viens de parler: du reste, tout ce qu'il dit sur les endroits
: qu'il
CRCTE. 70
(2) Inquiry into the orig, ete. trad, de Æofbauer. $. 6o.