‹ Traité sur l'aliénation mentale et sur les hospices des aliénésChapitre 21 sur 39 · AS · texte numérisé non relu

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qu'il souhaiterait de voir, porte l’empreimte du savoir. Il parle des mœurs, de la religion ; des coutumes des peuples, em homme instruit; et, ce qui m'est pas moins étrange, il s'excuse sur ce pen chant d’une manière encore plas raisonnable en répétant: chacun a ses désirs, et, malheureusement pour moi; le mien est traité de folie.

: Voila donc la raïson qui, dans un seul point, dépasse les bornes naturelles. Un nombre immense: d’altérations de cette nature se rencontrent à tout instant dans la vie sociale. | « L’aliénation mentale se complique par des nuänces imperceptibles. Goo. à la suite d’une vio= lente colère, devient aliéné; il acéuse sa ferme d’avoir égorgé deux de leurs enfans. Dans un transport de fureur il porte, à cette malheureuse ; um coup de hache qui pénètre jusque sur la table interne du crâne. On le relègue dans Fhospiée des aliénés à Gand. Jamais il ñe me voit sans s’infors mer si sa femme n’a pas encore été jugée par les tribunaux. C’est là toute la folie de éet horime : ce crime supposé est le nan de tous ses faux Faisonnemens. LE : Jei, nous n'avons pas, éomme dans le cas pré cédent, un simple désir d’éprouver des sensations : le: trouble intellectuel est plus abstrait. Cet ndivi= du a eru recevon dés sensations de rapport qui lui ont fait voir un crime; et c’est en cela qu’il s’est trompé; il a recu des sensations, mais il em a méconnu origine. Toutes les idées, tous les raisonnemens qui ont procédé de ce faux rapport,

O + n’ont

n’ont rien de raisonnable : mais c'est. dans Lx sen. sation primitive qu’existe le désordre. Get homme a recu de fausses idées; elles lui ont-fait voir sa: femme voulant attenter aux jours de ses propres enfans, et c’est sur: ces sensations: pue le faux ju gement s’est prononcé. | buy La faculté de comparer, de juger, de raisonner, est lésée dans toutes les aliénations martales; dans l’une cependant plus que dans l’aütre. C'est le désordre de cette faculté qui fit que linsensé diffère de celui chez lequel lintellect <e trouve à son ton naturel: Une vérité non moins importante à connaître, c'est que la plus grande.partie de la curemorale; ne se compose que de moyens. dirigés sur le: jugement. Pouvoir ramener cette faculté à son étatnor-: mal, c’est faire d’immençes : progrès: vers . gué— rison ; mais, tout ce que l’on peut mettre à com-. wibution. pour ce but doit d'abord agir sur les: sensations ainsi que sur l'attention, Al faut que: l’aliéné juge sur les. sensations de dehors, avant de le faire raisonner. res É4 | tr . Dans la manie , la ne d'eri juger, de raisonner existe, mais elle donne de faux résultatsse-Iliairève cependant , dans ces affections , que le jugement le plus précis naît d’une idée chimérique. : Un. aliéné. se croyait Louis XVI: on lui observa que-les rois savaient du. moins lire et: écrire: pénétré de eette, vérité , le malade qui ne connaissait rien de-tout: cela, se mit à l'étude, ét, en trois semaines de: temps, il lisait et écrivait > passablement ‘bien. | Pi

Pixel (1) engagea un jour un aliéné à lui écrire: une lettre. Get homme était d'un esprit très culuvé, et la lettre, quoique écrite das accès” mirieyié du délire, fut pleine de bon sens. . PAT

Un orfèvre, cité également par rhone du mouvement perpétuel: on lui donna des outils, et il construisit les machines les plus sem ; quoique la découverte n’eut pas lieu

Il y a des exceptions à cet égard. Des déterminations intérieures qui, comme il à été dit, sont indépendantes de la volonté, peuvent porter l’insensé à commettre toutes sortes d’extravagances, bien qu’il conserve la faculté de juger. ‘On trouve souvent ce phénomène dans le début de) la monomanie ; il est frappant Re manie sans délire où le malade est poussé # suivre un penchant qui domine:rsa volonté. Franck nous ‘donne un fait remarquable ‘en ce’ genre. Un enfant dé dix ans; qui lui fut montré au Bedlam à Londres , 6tait tourmenté par un: désir inexprimable d’injurier, de léser tout ce qui se présentait à'sa rencontre. Cet enfant se montrait, pour le reste, aussi raisonnable : qu’on püt le souhaiter, et à tel point qu'il manquait rarement de demander la punition du mal:qu'il venait de commettre. :

La manie malicieuse offre; parfois, des exemples frappans de : combinaisons intellectuelles les plus justes. Ces individus possèdent l’art de cacher leur

dé-

(1) Encyclop. art Manie.

délire par une infinité d'artifices et une pureté admirable dans le langage (Cette variété pourrait très bien rémplir le vide vise se, trouve entre la manie, et la monomanie).

. C’est dans de pareils cas que l’on peut tirer des avantages réels des facultés dont il s’agit.

. Dans. la démence et Vidiotie, cette faculté intellectuelle est ou Rftemant visible j où etintes on

Méndini ; : SOUVENET » T'ÉMENSCENCE ÿ caténation: des: édées. 4 dort dé mémoire est üne des fonetions les plus im portantes, pour ne pas dire; avec Hélvétius, læ: plus: essentielle(1)de Pintelligence humaine. C’est par cette faculté que nous sonimes em rapport avec des ob jets absens. Sans elle, l’homme n'aurait qu’une misérable existence, qu'un sentiment éphémère ; toutes ses idéés seraient sans: liaisom: sans la mé moire, or ne vivrait que dans le présent. | .:La mémoire est le sentiment des res tout

récemment sentis. | sé ! REA A + Le souvenir se rapporte à des ‘idées des ah ciennes. | |

La réminiscence est une idée reproduite et qu’on né se rappelle pas avoir eue précédemment.

Nous comprendrons ces trois divisions sous le nom de mémoire.

La

(1) De l’homme pag. 76.

{ «um )

La mémoire est, pour l’ame, le sentiment d'une sensation déjà reçue: c’est la répétion d’une idée dans l’absence de l’agent qui l’a produite: c'est une sensation demeurée dans le cerveau, et qi a été plus ou, moins vivement sentie, :

La mémoire se distingue de la sensation te ment dite. Quand je me rappelle, dit Destutt- Tracy (1), que j'ai souffert, je n’éprouve pas la même affection que je ressens lorsque je souffre actuellement. Il ajoute que, quand nous éprouvons une sensation ,; le mouvement quelconque, qui s’opère dans nos nerfs, va de la circonférence au centre; et que, quand nous sentons un souvenir, il se porte du centre à la circonférence. Ge qui aiderait: à :y croire, c’est qué, quand lé souvenir est très vif, il va quelquefois éveiller la sensation ellé-même, dans la partie où elle a été sentie. , - Des sensations qni sont venués des objets externes au, cerveau ne constituent . pas, à elles seules, les élémens de notre mémoire: les sensations viscérales et cellés que: l’entendement fournit lui-même, entrent encore dans la composition de la. mémoire, Nos raisonnemens, toutes mos idées simples où combinées peuvent faire partie de cette faculté mehtakéii; soie: ue dE ayimotbb. ei Hey du ‘Les sensations qui arrivent au centre des perceptions, par Ja mémoire, sont rarement aussi vis ves que celles qui no: viénnent directement des

SCRS«.

(1) Idéolog. pag. 40.

sens. On ne voit, on n'entend jamais. si distinctement: dans ses souvenirs, que PER lobes: de | ## sensation est présent. out où uoisedute. &:8f Le réveil de nos souvenirs: ‘a presque toujours pour cause le plaisir ou dla douleur , la vs ou l’enchainiement des idées. orher

Le plaisir . et la ‘douleur prennent une grande part à la‘répétition des idées dans notre entendement; il est même rare, quand nous nous ressouvenons d’un ‘objet qui a passé par les sens externes -Où viscéraux j''que: les parties: qui nous ont procuré du plaisir où de la douleur, ne nous en donnent ‘pas le souvenir C’est par là ‘que nous sommes heureux où malheureux: par la mémoire. :- ‘La volonté a :quelque ‘empire sur la: mémoires mais ;" elle’ ne l’exerce: ordinairement ; que’ par l'en chainement de nos°idées. 1: IL suflit même qu'on veuille se ressouvenis d’un ‘objet; pour que la imémoire reste en ‘défaut. On n’a: le::vouloër que sur Ja récäpitulätion ‘d'un nombre-plus où moins grand ‘de! sensations qui peuvent conduire à:uné réminiscencc, | par la ‘liaison qu’une ‘ou plusieurs d’entre ‘elles ont avec + Pobjet qu’on désiver :con< pidtèe, 00 0 siver opel saovu KT cobtdit 09 Le A ; gt à de toute notion d'idéolo= ge, reproduit à chaque moment l’énchainement des ‘idées : pour ‘sé '‘rappeller un ‘objet quelcon= que. ‘ La tabatièré ou lémouchoir sont'les moyens auxquels il a ordinairement recours. Un morceau de papier placé dans la première, -un nœud fait eu mouchoir etc. éveillent notre jattentioni, ét nous avetr—

avertissent “de idée ‘que nous avions en employant de tels moyens. Le vulgaire est loin de connaître le mécanisme de ces ‘sortes d'actions: il ignore qu'en plaçant un morceau de papier dans une tabatière pour servir d'objet de réminiscence, il associe différentes idées entre elles , dont une doit frapper la vué ou ün äutre sens, et mettre en jeu tonte la série d'idées avec Hquellé elle est enchainée. ‘La tabatitre, le nœud fait au mouchoir, un objet quelconque ajusté de manière à exciter l’attention, sont des représentations physiques qui, par leur contact fréquent avec les sens , deviennent singulièreaent Lada à servir de réveil à notre mémoire, ACER 14 |

La liaison de nos idées est: tdinivéhless Une penséc en renférme toujours d’antres: ‘on ne peut se représenter un objet, sans qu ‘une infinité de qualités de ce même sujet ne viennent se joindre à

l'idée-mère. Quand je pense à une fleur , je sup-

pose ‘la rose, couleur, parfum, disposition de la

corolle, feuilles, tout fait partie -de l’idée que jem'en forme. Je ne puis ÿ songér sans me représenter l'endroit, le sol dans lequel elle était placée quand je l’observais en réalité. Une infinité d’autres cir- <onstances peuvent encore venir. grossir le chainon de ces idées. 345 1 RH

Chaque note musicale a, pour idée d'association, un son vocal où instrumental. À chacun de ces signes correspond une modulation de la parole; de manière que, lorsque le sens dela vue transmet au centre: intellectuel ‘une où plusieurs notes, il s

1e fit

fait une impulsion de la volonté dans les organes vocaux, ou dans ceux destinés à diriger un instrument: cette action, C’est l’expression de la valeur de. ces caractères musicaux. Mais cette association d'idées demande une, éducation préalable, avant qu’elle acquière de la perfection. Si l’intelligence n’a pas lié cet enchainement d’idées par de nombreuses répétitions, il reste toujours un intervalle plus ou moins long, entire Ja vue du signe musical et l’exécution de ce qu'il exprime. 6 .. On observe de singuliers caractères dans l'enchais mement de nos idées. Tantôt une sensation externe détermine un chainon d'idées; tantôt une sensation instinctive produit le même phénomène; mais, ce qui est étonnant, dans nombre de cas, une idée se représente à notre intelligence si instantanément, qu’elle confond celui chez lequel ce phénomène a lieu. Chacun la éprouvé maintefois dans sa vie. Je me charge, le matin, d’une affaire plus ou moins impor tante; mais j'en perds totalement le souvenir: je poursuis mes occupations, et ne songe plus à cette pensée. Je me repose: je suis, en quelque sorte, sans idées, et voilà tout-à-coup que cette idée première se présente à mon esprit: c'est un éclair qui frappe mon ame. Ce phénomène n ’est pas rare dans l’aliénation mentale; on lobserve surtout dans la monomanie. Le malade parfois se souvient tout-à-coup d’un ami, d’un parent ou de tout autre objet, et il n’est pas rare de le voir

ainsi rendu à la raison.

L’enchainement des idées est ce qu Fi di a de plus

LS

plus étonnant, de plus impénétrable, dans notre intelligence. Nos idées se lient, entre elles, par de certains rapports; mais il y a, outre cela, une espèce d’affinité, une sorte de coordonance, entre les diverses idées. L’homme éprouve ce phénomène À tout instant de sa vie, et quelques actions, plus que d’autres, le lui montrent dans tout son état de nudité La musique est Pexemple le plus frappant qu’on puisse en offrir : pour exprimer sa pensée en musique, les idées marchent par degrés, mais chacune selon l’affinité quelle a avec sa semblable, On franchit l'échelle diatonique par demi-tons. (On passe, p. ex., facilement de so/, si, ré, sol naturels. à ré, la, ré naturels, fa diéze. L'oreille se plait dans cet accord ; tandis qu’en venant de ré, si, ré, fa naturels, en celui de /a naturel, w# diéze mx naturel, on produit une dissonance désagréable pour V’oreille.) De cette manière, on ne peut passer d’une expression gaie, bruyante, à une autre qui soit sombre et triste, que par des nuances imperceptibles. Cette vérité se retrouve encore dans la peinture. Une discordance dans le ton du tableau fait disparaître l'illusion des couleurs. Qui sait jusqu'à quel point cette basse-continue ne se rencontre dans notre entendement? J’insiste sur ce phénomène parcequ’il me parait d’un grand intérêt pour là cure des aliénations mentales. Un homme devient fou à la suite d’an grand malheur: on veut le distraire, le consoler: tout le succès dépendra de la mamère dont ces moyens précieux seront mis

en

(mas 9

en usage.: Arrache-t-on subitement l’aliéné de son triste recucillement, l’expose-t-on au tumulte ‘bruyant d’un rassemblement de monde, on manque son but. Le malade se trouvera environné de puissans moyens de distraction; mais ils ne scront pas tels pour lui: la distance qui existe entre eux et les idées du délire est trop considérable; et pour remplir ce. grand vide, on doit mar-

cher par degrés, ‘par nuances, tout comme en musique, et se.meitre, en quelque sorte, à l'unisson avec le malade, pour pouvoir l’amener en- Suite vers un autre accord : de veuille me, pas- Ser. cette comparaison. |

Les songes ofirent encore des images Flotte de l’enchainement de nos idées. Je me trouve, an debut de mon rêve, à une promenade, à un repas, à un concert de musique; mes idées, sont d'abord assez justes et donnent une image exacte de la chose ; si cependant, à undes mets que je crois manger,se trouve associée l’idée d’un chasseur, p. ex., dans l'instant mème, le rêve se grossit de Vatiribut de cette idée secondaire , et on en verra nombre ‘d’autres qui lui appartiennent venir s’enchainer avec les idées primitives du rêve.

De tels phénomènes se trouvent, à chaque pas, dans l’aliénation mentale. Un fou délire sur un objet, et toujours un nombre d'idées accessoires , entées pour ainsi dire sur les premières, viendront grossir ses illusions. Il se dit Mahomet, et voilà que des idées de sérail, de femmes, de Æ<osüune oriental, d'habitations asiatiques vien-

| | droné

Var |)

dront bizarrement $’associer avec l’idée dominante du délire, et il n’est pas rare de voir, comme par incident, une série d'idées qui n’a pas le moindre rapport avec l’essence du délire primitif,

Si l’enchainement morbide de nos idées est un caractère de la folie, cette mème liaison n’en est pas moins digne de remarque pour les avantages qu'on en retire dans la cure morale de cette affection. (C’est ainsi qu’un chainon vicieux d’idées peut être rompu par un autre chainon qui resti= tue les rapports entre le jugement et les sensations. Je médite sur un objet quelconque: un incident imprévu arrive, je suppose l'explosion d’une arme à feu: dans cet instant mème, le chainon de mes idées. est rompu, et un autre s'établit. C’est sur cet attribut que repose une grande partie de la cure moïale des aliénations mentales. Un aliéné délire sur un objets toutes ses facultés s’exercent sur ce mème objet: se sont là ses idées habituelles; mais on fait promener ce malade, on le mène chez ses amis, dans des sociétés amusantes, on le fait voyager, on l’expose à la surprise, et à toutes Les distractions possibles: de cette manière on étouffe les idées du délire, par d’autres sensations qui sont comme un stimulus sur lequel l'attention se dirige, Si ces nouvelles idées se trouvaient enchainées avec celles du délire, on manquerait son but.

En voyant ce nombre immense d'idées, en envisageant leur mutuelle alliance, doit-on encore s'étonner de ce que l’homme offre tant d’exemples de vices dans les chainons de sa pensée. C’est là

E le

fond. de | nombre de foliess c’est encore là le motif pour lequel l’homme civilisé en offre tant d'exemples. Mais revenons à la mémoire proprement dite. Quelques individus présentent des exemples d'une mémoire au delà de toute croyance. Mouchart (1) parle d’un enfant ayeugle qui retenait le contenu d’un sermon avec une telle exactitude qu'il pouvait dire, mot pour mot, les textes de la bible, les chapitres et les versets que le prédicateur ayalt Cités: un an après ayoir assisté au sermon d’un célèbre prédicateur, il en avait retenu le détail avec une exactitude au delà de tont

exemple. Le Gentleman’s magazin contient le

récit d’un individu de basse-extraction sachant à peine écrire, qui fat remarquable par une prodigieuse mémoire dans le calcul (2).

Si quelques hommes sont étonnans par la force de leur mémoire, on en rencontre d’autres chez lesquels cette faculté offre de singulières anomalies.

L’épouse du professeur Hennert d’Utrecht offrit un exemple étrange d’une lésion de la mémoire. Cette dame avait un oubli parfait des mots. Elle se souyenait de la chose ; mais le terme technique, le mot propre ne se présentait point à son es-

prit, et celui dont elle faisait emploi appartenait

(1) 'T. 1. du Magasin Psycholog.

(2) Feb, 1751.

à la signification d’un autre objet. Quand elle voukit qu’on lui apportât une chaise, elle demandait une table, et lorsqu’elle demandait une table, elle prononcçait le mot verre ete. Ce qui est plus remarquable, c’est que jamais elle ne put reconnaftre son erreur quand on lui dit le nom propre(1). - J'ai vu, dans la personne de mon Oncle J. De L....., un exemple de cette nature. Vers Page de soixante-dix ans, on observa chez fui uné perte dans la mémoire des mots. En voyant une personne qu’il avait connue dans sa jeunesse, il la remettait; en mangeant d’un mets auquel il était habitué, il le reconnaissait pour tel; mais il avait complètement oublié le souvenir des mots. Demandait-il 4 boire, il prononçait le mot échelie, maison ou autre; aucune expression u’avait Îe moindre rapport avec l’objet à désigner, et jamais la chose n’était désignée deux ou trois fois de suite, par les mêmes mots:

Nombre de eauses diminuent l'énergie de la mémoire: cet effet est presque toujours dü à des agens affaibhssans. : |

La mémoire se présente, dans les aliénations mentales, ou augmentée, ou abolie, ou diminuée. Dans la Monomanie, elle est Je plus souvent en excès. Dans la Manie elle est tantôt faible ettantôt elle se présente avec ane vigncur peu commune. Souvent les idées qui vnt assiégé le malade le ma-

tin,

(1) Voyez Crichton , ouvrage cité. pag. 214 P 2

tin, viennent se reproduire encore le lendemaïri : aussi ces malades se souviennent-ils, avec la plus grande netteté, d’un bienfait ou d’une insulte (1). Il y a des cas de manie où la mémoire est aflaiblie; les idées se succèdent le plus souvent dans cette aliénation mentale, avec une telle rapidité, l'attention y est si offusquée, que le cerveau agissant successivement sur une foule d’objets divers, ne reçoit que de faibles sensations qui, par conséquent, ne peuvent laisser que des traces peu profondes: et, chose assez remarquable, c’est que, les aliénes rendus à la raison conservent souvent, avec une étonnante justesse, le souvenir de tout ce qui leur est arrivé pendant leur état de folie.

Dans la démence la mémoire est presque nulle ; aussi ne voit-ou pas, dans cette affection, la moindre association des idées: c’est en quoi elle se distingue de la Monomanie et de la Manie, où la mémoire existe, mais souvent dans un état d’aberration notable. Chez l’'Idiot cette faculté, en quelque sorte, n’existe pas: des sensations faibles ou nulles, et un défaut d’attention ne peuvent laisser dans lintellect des impressions durables.

Doit-on faire ensorte que l’aliéné ne vive que dans le présent? Doit-on éloigner de lui tout souvenir, tout objet qui lui retrace tout ce qu’ilavait vu, connu, ou chéri avant sa maladies ou fautil, par une pratique toute opposée, provoquer sa

LA

ine-

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