‹ Traité sur l'aliénation mentale et sur les hospices des aliénésChapitre 28 sur 39 · FRET SE A RE GET · texte numérisé non relu

FRET SE A RE GET

(1) Obs. med. L. I. Cap. VIII. ji (2) Voyez Frank praxeos med. Vol. I, Par, 2. p. 782.

sous prétexte qu'il n’a plus les moyens de se pro cürer de la nourriture. Il est: envoyé à Paris. Après plusieurs mois, le Docteur Esquirol conseille à l’un des parens de persuader au malade de consulter un avocat, afin de mieux connaître la situation de ses affaires. Après quelques jours d’hésitation, il commence un long mémoire, qui nécessite plusieurs courses, et même de petits voyages. Un mois à peine est écoulé , que le malade tend à la guérison.

Tout le monde connait l’histoire de cet aliéné qui croyait ne plus pouvoir uriner, satis faire encourir à la terre le risque d’être sabmergée par un nouveau déluge, et qui ne fut déterminé à évacuer ses urines, qu’à la nouvelle que le feu embrasait toute la ville, et que tout deviendroit la proie des flammes, s’il ne consentait à uriner (1).

Un jeurie homme, dit Cox (2), se croyait affecté. du mal vénérien, parcequ'il s'était placé sur une chaise que venait de quitter une personne atteinte de cette affection. Un médecin lui déclara son mal réel, et feignit de lui administrer un traitement mercuriel en conséquence, quoiqu'il ne lui donnât que des choses sans vertu. Par ces procédés, le malade récupera la raison.

Sauvages se le cas d’an homme, at-

teint

(1) Esquirol art mélanc. du Dict. des Scienc. Méd. art, manie. Une Hhistorie trs se trouve citée par Terrier.

(2) Pract, obs, trad. all, pag, 63,

teint de folie religieuse, qui se disait indigne de. la miséricorde divine, et qu'on guérit en faisant. venir , de nuit, dans sa chambre un homme travesti en ange, et portant dans une main une torche allumée, et dans l’autre un glaive : au nom de la Sainte Trinité , il apporta au malade le pardon de ses prétendus péchés (1).

L'histoire suivante que je rapporte ici littéralement, est un fait curieux observé par Frank (2). « Nobilissima fæmina, triginta eirciter annorum, plurimorum prolium mater, rebus mirabilibus ut præsagiis ex chartis Jusoriis, præparatione cosme-, « ticorum, ab animi pathematibus, præcipue ab. «amore, agitata, quamvis parum menstruata, at. « tamen jam a sex mensibus, quavis catameniorum « periodo accedente, periculum lethalis metrorragiæ & sibi imminere imaginabatur. Cui ficto periculo « Obviam tunc ire conabatur, statuæ instar in lecto

« decumbendo, stragula rejiciendo, per signa lo-

Ps Frs

quendo, cibos, potumque gelidum sumendo et « abdomini aquam frigidissimam imponendo. Nec « satis! simul enim vaginam turundis clam adimple- «bat; ad quas, magis magisque firmandas, manu « Sinistra, partes genitales externas comprimere erat

Frs

solita. Quoniam vero eodem pacto et alvinam {

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evacuationem timebat, à qua se quam maxime « debilitari asserebat, fecum excretioni digitum ma

« nus

(1) Reïl raps. pag. 345.

(2) Praxeos med. univers. praecept. Part, 2. Vol. E

«nus, dextræ and immitiendo obstabat. Verisimi- «Jiter ut, evacmationibus facilius invigilare possit, «sese undique a candelis accensis circumdabat. « Tempore menstruali periodo ïntermedio, vitam «-valetudinariam , veluti hysterica, duxit. Ultima « mensixuatione accedente, ut antea se gessit, ea

« solum. cum. diversitate, quod nune et lucem ad-

« versabatur et diutius solito, ob magis proiractum «metrorragie -timorem. quin vel lavationi, vel lin- « teorum mutationi indulserit, decumbebat, Advo- « catus ad ægram, (mihi prius ignotam) secunda jam «-hebdomade lecto alixam interrogavi, quid pate- «-æetur ? Tremente et demissa voce verbisque inter- «sectis, timorem suum de metrorragie et lucis hor- « rorem, patefacit. : Omnia nulla motu diflicuitate « accepi; imo prudentiam ægræ in fluxu sanguinis « perpendiendo laudavi. Quoad horrorem lucis, me «-malum istud, in. longæva praxi, pro secunda «-tantum - vice -observare asserui; quæ singula fidu- « ciam êt benevolentiam ægræ quam maxime apta- «runt, : Quæso, addidit; sanastine -ægrotum qui «lucem ,abhorrebat ? utique; quibusdam remediis ? «certe non pharmaccuticis. Quibus igitur ? Libros «pretiosos hereditario jure acquisivi ex quibus «plurima secreta, vulgo medicorum ignota, didici. «Num communicabis mihi quid ex istis ? videbo, «quo primum. fortior eris; sed dic, ante omnia, «undenam horror tuus lucis originem ducat? ori- « ginem ducit a luce qua tota imbuta sum; lux enim «in venis meis in circulum agiturs; lucida sunt «-mihi ossa et omnia ad combustionem parata. Sed

APTE T « quo

quo pacto ita a luce imbut4 fuisti ? Per eandelas accensas quibus me incaute nimis tam’ diu circumdedi. Jam satis! liberabo te à nimia luce et ab hemorragiæ periculo. Sumpsi tune solutionem oleosam phosphori in cavum manus meæ chirothec munitæ, eaque elausa ægram adivi, rogando ut brachium mihi porrigeret suum. Exhibito brachio, frietiones deorsum institui, sub

quibus manum tantillum aperiendo lux revera ex

ægræ superficie manare videbatur. Obstupuit ipsa, et se valdopere recreatam esse ‘asseruit. Illico cessari rogo: ait perge facere. Pergere ne-

« queo nisi prius expériar utrumi nunc radiüm lu-

cis a candela emanantis perferre poteris nec ne successit experimentum à et sic, repetitis pericalis

phosphoricis, nuance manus, nüunc pedes perfricando, sensim sensimque secundum jam nychtemero candelam umbraculo munito in ipso suo:

eubiculo perferebat. Rebus huc perductis, fècesin intestino recto et lintea in vagina collecta , alteriori=

bus experimentis obstaremonui. Func ægra remo-

oni horum obstaculoruim non obstitits Exhibuiin-

terius Elexirium acidum Halleri, cum aqua et syrupo

vubi idæi Munditione, qua ægra valdopere alias

delectabatur, adeo recreata fuit, ut paullo ‘post et: elegantia, sese lxmbis denticulatis et margaritatis:

ornando accesserit. Totam diem cum ipsa transi-

gendo, colloquium a rebus ad morbum speetanti-

Lo

bus ad res musicas. theatrales, atque hajus generis deducere satègi. (Cum semel ægram, in’

chartis, future uRren ten invenerim , ut instru ? « MEN +

« ménta hæc insanit mihi traderèt expetii: recusas « vit. Me ilhco nisi accederit, abiturum fore (has « bitabat nempe in urbe, quadraginta et ultra mil- & liavia Vilna distante) declaravi. Annüit tandem. & Tali triumpho obtento, omnia dein facile ad nu « tum procedebant,. Le» nunc Vilham: proposui, «quo valde recreata est. Prsxima ‘hic ‘aécedente « menstruatione, ipsi quietem medicamenta ad hæ- &morragiam uteri præpediendam po forma certe œexhibui Ægra hac cautéla contenta, nulla pate- @ facit alienatæ ments signa. Jam sanitati ionicorum «sub ‘usu restitata videébatur, cum férvidissimæ &æstatis; tempore anni 1810, derépenté in paroxis- «um ‘“maniæ sævientis pes mensem durañtem in- «cederit. Eo veluti critico términato ommino con- «valuit ut Vilnam deéreliquit. Sibi ipst nunc com « missa vitam ad ‘hüc ‘ducit sanam Le ut ir

Cubsurdam et probrosam” °° Sous ‘de certains rapports éetté méthode Cura= tive présente une étendue ‘vaste : « Sæpius assèn— «tiendum quam repugnañdüm, dit Celse (1) ,” ét tous les grands hommes de l’art ont confirmé la “rade dé cette sentence.” Une foule ! d’aliénations mentales exigent que, dans le principe ‘du mal, on se”prête aux idées délirantes. C’est surtout FAT la folie accompagnée de passions tristès , "qu'il est urgent de partager les souffrances du alade, Rien’ ne mi A con révoltant, et plus nuisible | que de vou-

(1) Lib. IH, Cap. 18, aire À soirs à 354

D de

vouloir porter, dans une ame attristée, le bienêtre et le contentement, à force «de plaisirs badins et folätres. Qu'on se tromperait! Au lieu de soulager les maux de cet. infortuné , on ne ferait que lui en rendre la charge plus pesante. On a dit, avec raison, que le chagrin exige du respect : c’est en parlant, au malade de l’objet de son délire, en provoquant sa tendresse, sa confiance, qu'on devient le dépositaire de ses secrèts, et qu'on le mène, par degrés, et sans qu’il s’en aperçoive, vers un autre but. Mais comme l’a dit Marmontel, le point le plus essentiel dans l’art de mener les esprits, c’est de leur. cacher qu’on les mene. On doit prendre garde que le. stratagème dont on fait usage, ne soit plus tard connu du malade : rien ne serait plus. facheux. Michel. JVagner (à) rapporte qu'un militaire s'imaginait avoir, dans la tête, cinq cigales: un chirurgien. Jui proposa, d’en faire l’extraction : l’opération fut faite, et on montra au malade cinq. insectes vivans de cette espèce, qu’on s'était procurés d'avance. Le malade guérit. -Nombre d’an-. nées se. passèrent. dans cet état; mais, nn jour, des camarades lui firent connaître le moyen dont. on s'était servi pour le délivrer de‘sa folie: depuis cemoment, cet homme n’eut plus de repos;.son délire: chimérique se déclara de nouveau , et.se changea en manie furieuse , à laquelle ee malheureux .succomba. :

| | Maas

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(1) Beytrag. zur Philos, Anthrop. 1 Be S::279 ! 1

Maas (1) parle d’un homme qui croyait avoir un oiseau dans la tête. On le guérit par un stratagème qui fut également communiqué au malade: celui-ci retomba dans son délire primitif, Pinel parle d’un individu aliéné qui se disait destiné à subir le supplice de la guillotine. On fit dresser un tribunal simulé, et le malade récupéra par là sa raison: un imprudent lui découvrit le moyen qu’on avait employé pour le guérir, et le délire reparut..

(1} Versuch über die Einbildungskraft, S, 171. Halle.

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