SECTION. TROISIÈME
Des moyens'qua agissent sur Léuidence des, sens et du jugement, en convainguané l’aliéné de son erreur.
# pe ; é. dus À F s , ? | é $ { f 34 DE 0 VE TS SE : \ s # ED: pe © :
it $ Le & 3 j 1? RSR LU Lau)
P hilotinus guérit un homme, qui croyait ne plus avoir de tête, en lui posant subitement sur cette partie un bonnet de plomb, lequel par son poids avertit bientôt le malade de son erreur. (Alexandre de Trailes (1). |
Un homme de lettres, dont parle van Zwieten (2), croyait avoir les os de verre, et craignant la frêle consistance de ces parties, réprimanda sa servante pour avoir jeté rudement 4 terre le bois quelle venait d’apporter pour alimenter le feu. Lasse des folies de ce maître importun, elle prit une souche et lui en donna sur la jambe, Le malade transporté de doufeur et de colère oublia à l'instant ses os de verre pour se venger de cette in-
sulte,
(1) L. 1. Cap. 16.
(2) Comm. T. IIL. pag. 514.
PA
sulte; mais; en se levant de sa place, il se réjouit bientôt , de ce. qu’il pouvait se maintenir sur ses jambes. Le malade fut guéri,
. Un aliéné se dit Dieu le père; on le voit en permanence étendu à terre, les yeux fixés sur le plancher. Dans cette attitude il se croit couché sur la voute d’un arc-en-ciel; c’est de là qu'il prétend. observer tout ce: qui se passe sur notre globe. Par les soins d’un gardien instruit, cet homme a récupéré sa santé. À chaque moment, il mettait le malade dans des situations, qui lui faisaient sentir son erreur -et sa dépendance: tantôt il l’enlevait dé son prétendu arc-en-ciel ; tantôt 4l excitait, par tous lés raisonnemens possibles, son ju gement, pour lui montrer qu'il ne différait aucunnement des autres hommes. Le malade commença d’abord à en douter; plus tard, il fut convaincu de son erreur. (Ge fait s’est passé sous mes yeux).
Le journal général de médecine françaisé et étrangère (1) contient le fait suivant observé par Falret: «une jeune fille élevée an milieu des plai- «sis ét de la mollesse,! mariée à dix-néuf ans, « voit la mère et la sœur de son mari devenir fol- «les; un homme, par lequel elle à été adoptée et « qu’elle croit son véritable père, devient égale- «ment fou quelques années après. Des lors, la « malheureuse fernme est poursuivie par la crainte « d’avoir un sort semblable au leur, et de finir
G « ses
(1) N°. 803. Févr. 1822.
«ses jours dans un état d’aliénation mentale « Cette crainte la jeite dans une véritable fo- «lie; seulement, elle a quelques instans lucides; «tout à coup elle découvre le secrèt de sa « naissance; son père adoptif, mort fou, ne lui a « pas donné le jour, comme elle se l'était persua- « dée; son véritable père a succombé à une mala- « die totalement étrangère à lPaliénation mentale; «elle trouve les preuves de sa filiation dans des « papiers secrèts qu’elle découvre , et dans la con- «formation de ses traits avec ceux d’un portrait «de ce même individu, Dès lors, elle est persua- « dée et s’écrie:je ne doïs pas être folle! Le réta- « blissement parfait ne tarda par d’avoir lieu.
Une autre observation consignée dans le même journal contient le fait suivant: «une jeune fille « d’une constitution éminemment nerveuse, ap- « prend, à Page de dix-neuf ans, qu’un oncle du « côté, paternel s'était donné volontairement la « mort. Cette découverte l’añlige beaucoup parce- « qu’elle craignait l’hérédité de Paliénation mentale «et redoute de tomber dans ce triste état. L’hom- «me qui passe pour son père se donne la moït, « quelque tems après. : Dès lors, la malheureuse « lille se croit nécessairement dévouée à une mort « violente. À l’époque prochaine des règles, le sang « coule en moindre quantité, et décoloré. Depuis ce « moment, elle n’a plus de doute que son saug ne soît « décomposé: elle va se précipiter dans la rivière. « On parvient à la sauver. La mélancolie suicide «se déc'are au plus heut dégré ; Pembonpoint est
{t per-
( 97 « perdu; la menstruation est peu abondante. C’est «alors qu’on annonce à la malade quelle est la fil- «le, non de l’homme suicidé, mais, d’un autre « qu’elle ne connaissait pas. Celle-ci d’abord re- « fuse de croire au récit qu’on lui fait; mais une
«entrevue a lieu, et il existe une ressemblance si
« frappante entre elle et l'individu qu’on lui dit « être l’auteur de ses jours, qu’elle voit tous ses. « doutes se dissiper, et, dès l’instant même, elle se « rétablit parfaitement (1).
- Un tailleur, dit le Docteur Æayner (2),s’imagime voir toutes sortes de fantômes; deux compagnons de travail s’entretiennent avec Jui sans discontinuer sur l’absurdité de son délire: Ils mettent son esprit à la torture, etle déterminent ainsi, à juger de sa propre folie, Le malade guérit parfaitement. à : | Un homme, dit Cox (5), agé de cinquante ans, devient mélancolique et se croit damné. Tous les moyens imaginables sont, en vain, mis en usage, pour le rendre à la raison. Le malade est doué d’une bonne conception pour tout ce qui n’a point de rapport avec l’objet de son délires ila même reçu une éducation littéraire: on fait parvenir dans ses mains un écrit traitant de l’aliénation mentale. Ce livre fixe son attention: il le médite; il bu: dou-
(1) N°. 303. Févr. 1822.
(2) Nasse. Zeitsch. 1822. Heft. IL, S, 98, (3) Pratic. Obs. trad. AI, pag. 59.
douté sur la réalité de l’objet de ses idées, ét s’apéfcoit ‘bien vite que tout ce és 71] avait pris D” vrai n’était qu’illusion, 7
“Un jeune homme fait un voyage à nbiitée il y voit des femmes, et 4 son retour en son PAYS » se croit affecté de la maladie vénérienne, sans en. avoir eu jamais un seul symptôme. Il consulte. nombre de médecins. Quelques-uns lui donnent lé mercure, d’autres lui conseillent d’autres mo-. yens et cent pour le contenter. Il s’infatue, de l’idée qu’il est infecté du virus rennes nl devient morose ‘ét maïgrits son imagination s’em= brouille; il croit ne plus pouvoir marcher, et n’ose. plus faire un’ pas dans les rues. C’est dans cet état,, qu’il fut confié aux Soins d’un de mes amis qui, voyant que tous les moyers moraux avaient déjà été presque épuisés, se décida à convaincre.le malade de son erreur. Il commenca par proposer les promenades: d’abord, refus complet. À la longue, le malade se rendit à condition qu’on l’accompagnérait, et qu'on se munirait de moyens nécessaires: en cs de syncopes ou d’autres accidens qui auraient pu lui survénir en chemin. On consentit à tout. Les premières questions, dans ces excursions, rouaient sur son mal; mais insensiblement on dé-; tourna la conversation sur d’autres points qui pi quaient la curiosité du malade; peu à peu il oubliasa prétendue faiblesse -et ses douleurs; il marcha avec aïsance, et perdit de vue pour le moment, sa maladie. : On saisit cet imstant pour lui faire sentir, par tous les-raisonnemens possibles, le chan-
gement qui s’opérait en lui. Il fut Jui-même étonné; il balança, et se prêta enfin aux conseils qu’on lui prescrivit. Quelques promenades ont sufi pour le guérir.
On sent facilément. que l’application de pareils moyens doit se borner à quelques espèces d’aliénations mentales: dans lhypocondrie, par exemple, cette cure sera d'un grand secours ; il en ést de même pour la monomanie chimérique. Il y a des cas où l’aliéné, tout en sentant son état, convient du désordre de son imagination; c’est aveg douleur : qu’il en: fait l’aveu:: sans cesse dominé par une passion fatale, il hi est impossible d’ap— peller la raison à son secours. Cet état appartient à la manie sans délire, comme nous avons .vas il se trouve également ;dans. le début:ce la monomanies IL's’agit, dans ces sortes de cas, d’inspirer: au malade une volonté ferme sur: Fascendant dés passions, pour raîtriser le trouble de:som intelligence, : 41
Ta.
; . } PIN IE 4 j É . EN 4 #1 +) f n À H HA: ' cé 2 - : É ; 1€) à £ ” ê ° L LA 1 n? Par "Tr : eZ | 5 + T =* w «?
«3 34 : x . . ÿ à “ LÉ HE 9:79 + L £ .
cr . ? : 27, Î L t ti sf € { t HE / r4 € ' ) 37 L { Ë À
SEC-