‹ Traité sur l'aliénation mentale et sur les hospices des aliénésChapitre 30 sur 39 · SECTION QUATRIÈME · texte numérisé non relu

SECTION QUATRIÈME

Des moyens spécialement tirés des passions de l'ame.

Le trois sections précédentes nous ont fourni des opérations de l’entendement où la locomotion; Vattention, la mémoire le jugement et l’imagination sont, tour à tour, mis à contribution. Ces diverses facultés sont loin de pouvoir entrer en exercice, sans que les passions ne viennent s'y joindre, C’est ainsi que toutes les distractions ne peuvent réellement être efficaces qu’autant qu’elles sont accompagnées d’affections agréables de l’ame. Tout s’enchaine dans les opérations de l’entendement : tout » par conséquent, doit s’entrelacer lorsqu’on fait servir ces facultés comme moyens curatifs De là, les passions dont nous allons parler, quoique pouvant être directement excitées dans l’aliénation mentale, marchent de pair, dans nombre de cas, avec les moyens moraux que nous venons de passer en revue.

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( 5o1 ) | a drd Passions, agréables.

: : Consolätions, amitié, éspérance, secours de la religion. Pour amener le calme ‘et la sérénité dans l’ame d’un malheureux, rien ne surpasse les consolations. Cependant cette ‘tache importante n’est pas du tout facile à remplir. Tout se modifie tellement dans la cure du désordre de Pesprit, selon la diversité des circonstances, qu’il est impossible d’assigner, 4 cetté gt énpitivé, des règles générales et invariables. | | + Les premiers ‘essais: bles à captiver la confiance des malades. Pour atteindre un but si désirable, il faut partager les ‘peines de celui que lon console: tel est, en effet, l'instinct de homme qu’il exige pour prix de son amitie et de $on-éstime; qu'on caresse ses Passions, qu’on imite ses actions ÿ et qu ’on se préte & ses caprices: Ce premier pas fait, on dirigera ses eflorts pour exciter le courage, et faire renaître Vespérance: dans les premiers momens de chagrin la méthode consolatrice de mon oncle Tobie dans Tristram Shandy , dit Darswér (x), est sans doute la meilleure: il s’assied dans un fauteuil à côté de son ami malheurenx,'et:..::4 ne dit rien! La vue d’un ami qui partage mos souflrances est une consolation ‘Bien ‘douce atssi lamitié devient elle

À | dans

(1) Zoonomie; T, IV, pag. 105, trad, de Kluyskens.

dans cette cure, d’un sécours inappréciable ; elle a fixé l'attention de tous ceux 4 qui à été confié le soin des malheureux aliénés. Il n’y a point d’insensé, aussi féroce qu'on le suppose, qu’on -ne'voit sensible à l’amitié. Willis (a) insiste suntout-sur cë préceptes de, petits. dons .de, fleurs; ! de güelque ornements; une, nourriture agréable, des :vêtemens mieux soignés} Une, liberté . plus grande ,. - desi:té moignages. de bienveillance. sont, dit-il, autant de moyens :par: lesquels. on. gagne. estime: lesrbliés du Il faut:.toujours que la: conversation qu’om entretient avec ces malades sérénité cuits persuasive ; etil-n’y :a rien, pour. remplir un tel but, qui surpasse , en efficacité, la société. des femmes La sensibilité, morale,: les sôins assidus, l’art de'par= ler au cœur paraissent né amd -par excellence:de ce. Sexe run no Sks EVE MORE LES ACT SN … Pour ARE les Mrebtiet+ avec suceès ji “us qu on descende à la source: du. mal. : C’est ici surtout qu’on. apprétciera. combien la connaissance des | causes. morales est. importantes : La: mort: d'air parent, d'un..ami, -où: d’une amie; d’un époux d’une épouse .,;.d’un. enfant, Jar-perte d’un bien cons sidérable, d'un, procès, d’un patrimoine, une-es+ pérance :déchne;..un. amour analhéuréux, une infi-: délité, la \jelonsié, un ménage :embrouillé ; la crain—: te, la. .terreur,: l'éloignement du: pays natal, sont: les: principales ; causés :qui. portent le désordre dans:

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Dans tous les cas où l’aliénation mentale est accompagnée de chagrins et de passions sombres, les ‘eonsolations sont indispensables. C’est dans la nostalgie surtout que le médecin doit nourrir:son malade d’espérance et d'illusions. Dans ce cas et plus que dans tout autre, il s’agit de faire passer letemps en promesses , etd’employer des fietions bien :concertées: On'a vu guérir, à lhopital militaire de-(xand, un ‘soldat ‘suisse déjà atteint de fièvre lente, chez lequel nombre de moyens avaient été employés sans effet. On lui: promit son congé , avec cette; in jonction, qu’on ne: pouvait Vobtenir du préfét au département qu'après son entier rétablissement: Un nommé Hoogstoel, milicien, se trouvait au même hopital ‘pour nostalgie; le marasme était presque complet, ‘quand on parvint à lui faire donner son congé. : Il retourna chez ses parens: on fut forcé de :ly ‘transporter ‘avec toutes ‘les - précautions possibless tellement ‘ son ‘état était ‘inquiétants mais à peine ‘eut-il été quelques jours dans ses foyers, qu'il fit des progrès étonnants ivers sa guérison. Il est actuellement tout-à-fait rétabli On flatte l'imagination -du malade, en Jui faisant entrevoir la perspective de retqurner en son paysz on répète ce stratagème d’après des circonstances 3: et, de cette manière, s’il est impossible de détruire l’aliénation- mentale, on soutient du moins la santé qui se détériore: si vite. quand ox laisse

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