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érénture raisonnable par excellence est seule Capa ble de dompter les besoins de son organisation. | | C'est
la punition de l'être Suprême. Cette loi écarte done tout raisonnement en matière de religion. Le moral parmi les réformés est plus abstraït, en fait d'idées religieuses ; les écrits théologiques sont dans les mains de tout le monde. Chez les romains, l'explication des saints écrits est défendue à tous ceux qui n’appartiennent point au corps écclesiastique. Rome s’est réservée ce droit, tandis que tout réformé peut le faire, et le fait par devoir. Or, la religion catholique romaine est plus dans les sens , tandis que la réformée exige le concours de la réflexion. 3. J. Rousseau (1) a fait sentir cette dilférence, d’une manière frappante. « Les protestans sont généralement mieux instruits, « dit-il, que les catholiques. Cela doit être: la doc- « trine des uns exige la discussion, celle des autres, u la soumission. Le catholique doït adopter la déci- « sion qu’on lui donne; le protestant doit apprendre « à se décider.”
La faculte de passer d’une secte religieuse dans une autre sera toujours, comme dit Burrow, très favorable au développement de la folie, mais d’autres causes inhérentes à la religion protestante me paraissent encore agir, avec non moins de violence, sur le moral: les voici Dans la religion réformée, l’homme. est abandonné à sa propre vertu, à lui même; il se concilie avec la divinité, sans l’intervention d’aucun
au-
{:) Confessions. T. 1. pas. 61. Edit. de Londres. V4
C’est ainsi qu’une injure, qu’une injustice, qu'un meurtre se commettent parfois dans lexaltation des ‘passions, et plongent celui qui en est l’auteur daus une profonde mélancolie. C’est dans des cas pareils que les consolations tirées des principes religieux deviennent d’un grand secours. Mais toute religion n’est pas également propre à cet office. Le culte romain parait renfermer plus de sujets de consolation que tout autre. Quel secours un infortuné dévoré par les remords’ de sa conscience
peut-il attendre da la religion réformée? Les exhortations, Îles consoiations ne sauraient porter le
cal-
autre personnage, il s’humilie devant Dieu; il ouvre les replis de son coeur à cette toute-puissance, et en attend la félicité éternelle, ou les peines de l'enfer. Cette alternative est terrible: elle l’est bien plus encore, puisque cet homme, pendant: tout le cours de son existence , ne saura , soit par des œuvres de bien-
faisance , soit par des prières ou tout autre moyen,
soulager sa conscience opprimce. Îl peut avoir un vrai repentir de ses fautes; il peut, dans la ferveur de ses prières, avoir mille fois mérité le pardon du Toutpuissant; mais, jamais rien ne lui fait entrevoir quel k sera son sort dans l’autre monde. Ce principe religieux a des résultats et nuisibles et avantageux pour la vie sociale; il donne à ceux qui le professent une grande pureté de mœurs; mais il est plus que probable qu’il favorise le trouble de l’intelligence. Ajoutons que; les réformés portent, dans leur culte, beaucoup de soin, d’assiduité, et de vraie croyance.
calme dans son ame timorée. Les prières, les bien faits, qu'il ne met en usage qu’à limitation du FILS de DIEU, ne peuvent tourner à l’avantage de son individu spirituel: il voit partout son arrêt fatal et ne peut supposer dans la justice divine qu'elle se laisse fléchir: l’idée que peu d’hommes sont destinés à la gloire céleste est toujours présente à son esprit. |
Nous trouvons au contraire, chez les catholiques romains, des sujets de grande consolation et des obstacles à l’égarement intellectuel. La confession auriculaire , quoique en quelques cas source de la folie, a toujours été un moyen efficace pour soulager les peines de l’ame. Les prières, les jeu nes, les bienfaits, les offrandes, les pélerinages peuvent, selon les dogmes de cette croyance, arrêter les punitions de l’autre monde. Le purgatoire, en établissant un milieu entre le séjour du ciel et celui de l'enfer, est très propre à rendre l’idée de lavenir beaucoup moins terrible. Si je vois un infortuné courbé sous le poids de sa conscience s’acheminer vers le confessionnal; si je le vois quitter celui que la. soulagé de ses remords pour aller remercier le tout-puissant au pied de l’autel: ce spectacle, dis-je, n’est pas pour le philosophe impartial dénué de grandeur.
Ces motifs me font done croire , je le répète, que la religion catholique romaine renferme des sources étendues de consolation. C’est aussi Popinion de Frank, « Felicissima vitæ humanæ mo-
V 5 :. « men-
« Méñla MOISU eonsciéntiæ vencnantur , Poe « na illa atrocissima vitiorum et criminum præ- « cipue melancholiis ansam porrigit. Religio chris- « tiana et, ut reor, maxime catholica romana fra- « gilitatis generis humani præ alia memor pœnitenti « manus auxillares téndit paceque divina anïfmum « sincerum perfundit. Quoties igitur contraria age- «re videtur, id solum administris genio religionis
« non imbutis vel peceatorum imbecillitati tribuen- « dum : loquor de sermoribns sacris et confessione
« utpoté maniarum Causa excitante (x).
(1) Prax. univ. ce n’est pas que l’église romaine soit confraire au développément du désordre intellectuel; ses nombreusés cérémonies, ses images, la confession même portent, frequemment , le trouble dans Pame , et sont souvent cause des passions les plus affreuses.
Nous avons rapporté tous les points où la religion réformée parait favorable aw développement de Paliénation mentale; mais il ne reste pas moins vrai que l’assertion de Hallaran et de Burrow n’est en grande partie applicable qu’a l'Angleterre,
Tous ceux qui ont visité les asiles des aliénés en d’autres pays où règne le catholiscisme romain ont observé que l’aliénation mentale religieuse n’y est pas si rare qu’en Angleterre; et Klaatsch (1) rapporte qu’il & trouvé a Aversa près de Naples, et au St. Boniface à
Flo-
) Horn’s Archiv , 1824 : Jul, S. 62, 65.
ll est facile de voix avec quelle prudence on doit ‘agir, Hd il s’agit d’appeler la sue à son se-
‘cours
Florence, un grand nombre de folies religieuses et surtout parmi les prêtres. Chiarugi (1), lors de son voyage en Îtalie, remarqua que presque tous les mé- Jancoliques qu’il trouva en Toscane l’étaient par religion. Nous pouvons dire que les hospices des aliénés à Gand renferment différens individus atteints d’aliénation mentale religieuse entre lesquels il y à plusieurs prêtres et des femmes qui ont appartenu à des sociétés religieuses. En visitant les divers instituts des aliénés dans le Brabant et la Flandre, on pourrait, je crois, s'assurer encore que la folie religieuse n’est pas du tout rare chez les catholiques romains. ÆEsquirol, au contraire (2) ne vit qu’une seule fois la mélancolie religsieuse sur 337 aliénés; mais ceci ne doit en rien nous étonner, quand on considère combien la religion a été envisagée avec indifférence en France il y a quelques ænces,
Dans le duché de Bâde, il se trouve: Gas catholiques romains, sur 400,000 protestans. Le relevé des aliénés fait par le Docteur Groos (3) porte 109 catholiques et 82 protestans; de maniere que, pour les 600,000 premiers , il Y a , à-peu-près 18 aliénés ; par cent mulle; et chez les 400,000 réformés, 20 pour cent
(x} Abh. über d, Wahns. B. 3. S. 258 Voyez encore Jacobi, Samml. S. 17. B. 1. ne ‘(2 Art folie du Dict. dés Scien, Méd.
(35) Nasse Zeitsch.
cours pour obvier aux troubles de l’ame. C'est une arme qui ne peut être confiée qu’à des mains habiles. Du moment que le délire prend un caractère superstitieux, il serait plus qu’imprudent d’user d’un pareil moyen. Il n’en est pes de mème, Si l’aliéné est en proie à de violens chagrins, par suite d’un amour malheureux, de la perte d’un bien, d’une fortune déchue, ou de la mort d’une personne chérie : alors la religion peut devenir la source des consolations les plus touchantes ; elle relève, comme on a dit, l’ame aflligées elle donne de l’espérance au coupable, et fait-naitre le par-
don chez celui qui se repent.
D’après ce point de vue, il est évident que le se-
mille. La différence n’est donc pas si considérable ailleurs qu'a Cork; puisqu'elle n’est, dans ce duché, que de deux pour cent mille. Ne soyons donc pas empressés à reconnaitre dans la religion protestante ,une disposition trop spéciale pour le désordre de l’esprit; la religion romaine peut-être pourrait marcher de pair avec elle. Ce relevé, il est vrai, n’offre qu’un coup d’œil général et ne désigne point les folies religieuses en leur particulier; mais il est évident que le nombre total des aliénés devrait, si la religion réformée avaitune vertu spéciale pour produire la folie,
s’en ressentir en Bâde, comme à Cork.
Les idées religieuses sant une source féconde de
trouble intellectuel; mais il serait difficile à décider quelles sont celles qui l’emportent sous ce point
de vue.
( 517 j secours de la religion ne peut être considéré comme un moyen moral généralement admissible : il convient à des cas particuliers.
Dans toute maison d’aliénés, il est indispensable que le culte religieux soit observé, du moins, que quelque personne capable d’enseigner la morale religieuse y soit attachée, Cet individu se souviendra toujours que son office n’est point de faire des prosélytes, mais de calmer les souffrances de Pame.
C’est encore ici le lieu d’observer que le succès de la cure morale ne péut s’obtenir d’un moyen pris isolément: il faut un concours d’agens divers qui tous se prêtent une assistance mutuelle. Après avoir gagné la confiance du malade et lui avoir procuré toutes les consolations possibles, on l’éloignera insensiblement de sa passion dominante ; et, par une conduite sagement dirigée, on attachera son attention à d’autres objets; on écartera tout ce qui pourrait donner lieu à des passions tristes; on lui fera rechercher la compagnie, la société des femmes, les conversations gaies et variées, les épanchemens de cœur; et si, par ces moyens, on ne guérit pas constamment, du moins, dit Esquirol, on n’aggrave point le mal, et toujours on tranquillise, on soulage et on ranime l'esprit des malades. | |
Joie. «Relaxatio et hilaritas sammæ necessitatis «sunt ad mefancholiam curandam” dit Lorry (1).
| En
(1) T, Il, Ouvrage cité. p. 242.
En parlant des distractions, j'ai déjà donné les premières remarques sur cet article, lorsque jai envisagé les effets de la musique, des voyages, des promenades, et des exercices divers, sous le rap-
port de l'attention qu'ils provoquent: il faut ége-
lement les considérer sous celui de la passion qu'elles suscitent.
La-patté est uné passion qui doit se lier à presque toutes les distractions. Rien ne remplit mieux ce but que la vue et l’entretien de personnes ehéries; les parties de plaisir; une jouissance instantanée (1): la musique; les spectacles: les pièces de Molière: les opéra de Rossini: mais il faut que, dans tout ceci, on marche par degrès insensibles.
e grande prudenes est surtout nécessaire lersqu'il s’agit d'une joie instantanée. L'art possède nombre d'exemples où ces sortes de passions ont donné lieu aux résultats les plus facheux: plus d'une fois, on en a vu survenir des mort-suhites,
I est inutile d'observer que les jouissances et În gaîté ne sont point indiquées dans toute espèce d'aliénation mentale indistinetement: les plaisirs bruyans sont nuisibles aux maniaques: et dans la monomanie joyeuse ils ne feraient qu'aggraver le mal. En tout cas, les jouissances modérées sont à préferer dans l’hypocondrie, la misantropie, ln nostalgie et dans la monomanie érotique. On peut toujours tenter de procurer des sensations agréables dans la démence. Une règle générale, c’est de ne
mei-
(1) Curt. Sprengel Inst, Pathol. T. IV. pag. 663.
AS SE. hé Fe ” Lo AT PT D LT RL TERRE
( 519 ) mettre l’ahéné en contact L arabe des personnes qui lui plaisent.
Amour, coit, gestation. Un isconvénient propre au plus grand nombre des passions, et qui en rend les effets douteux, quand on les excite pour la cure de la folie, c’est la courte durée de eur action. Beaucoup de passions éhranlent bien fortement le centre sensitif; elles secouent même, toute l'économie animale; mais tous ces effets se dissipent avec une célérité, étonnante, Î1 se trouve une exception à cette règle dans les passions amoureuses: on jugera par la difficulté que lon rencontre à déraciner cette passion de la domination qu’elle exerce sur l'entendement. L'amour est parmi les affections de lame une des plus durables et des plus fortes; et c’est dans une pareille passion que le médecin psychologiste doit trouver de grandes ressOoutCES,
Indépendamment des aliénations mentales survenues à la suite de-la privation d’un bien, d’un ami, d’un parent, d'un emploi éminent, et de plusieurs autres cas de ceite vature , amour sera principalement utile, quand ces affections mentales ONL pour cause cette passion même, Îl peut alors remplis deux indications capitales: ou Von fait naître l'amour pour le fixer sur un autre objet que celui pour lequel soupire le malade; ou bien on nourrit Celui-ci dans cette passion, pour le laisser parveuir au but auquel il vise, sui
L'homme devient aliéné à la suite d’un amour malheureux ou par d’autres causes de ce genre; les
voya-
voyages, les consolations, et toutes les distractions ont été employées sans succès; il ne reste alors d’autre ressource, si les circonstances le permettent, que d'emmener le malade à de nouveaux liens: en provoquant une passion nouvelle, on obscurcit celie qui est la cause du délire,
Ick rade tot behulp van u verdwaelde sinnen,
Dat ghy op eenen tyttwee vryslers siet te minnen:
Een die der twee gelyck voor hem verkiesen kan
Dat is een lustigh hert, dat is een rustigh man. Jacob Cats (1).
Ce n’est pas sans peine qu'on arrive à ce point. Tout le monde connait combien les amoureux sont sourds aux conseils les plus sages; aussi tout est souvent mis en usage, à pure perte, dans des aliénations mentales qui proviennent d’une cause pareille,
Si ces tentatives Sont sans succès, il ne reste plus rien, quoique la chose ne soit pas toujours d’une exécution facile, que la possession de l’objet désiré. Que toutefois on soit circonspect, quand de tels moyens doivent être mis en pratique: ils
ont
(1) C’est une imitation d’Ovide :
Hortor et ut pariter binas habeatis amicas ; Alterius vires substrahit alter amor.
Intrat amor mentis usu , didiscitur usu; Qui poterit sanum fingere sanus erit.
De arte amandi.
( Si )
ont donné lieu à des suites déplorables. C’est le principe du mal ‘qui doit ici être soigneusement étudiés L’aliénation mentale dépend-elle réellement d'un amour malheureux, le mariage est le moyen par excellence; mais l’érotomanie n’est-elle qu’un symptôme du désordre de l'esprit, Pamour n’est-il point la cause du mal, rien ne serait plus téméraire, plus irrationnel, que d’accomplir l’acte du mariage. Frank nous donne en ce genre un exemple aussi instructif que déplorable: son père fut consulté pour une jeune demoiselle qu’on disait aliénée par suite d’amour; le meilleur moyen parut à ce médecin le mariage: il fut célébré; la malade récupera insensiblement sa raison; mais ce ne fut que pour abhorrer celui qu’elle n’avait aimé que dans son imagination déréglée.
Je crois pouvoir m’abstenir de parler de la cure,
quand Vl’aliénation mentale provient d’un veuvage prématuré et du célibat.
- Le coït a une influence marquée sur les fonctions intellectuelles, et sur toutes les fonctions du corps. Un acte voluptueux de cette nature peut, étant adopté à des circonstances favorables , produire la diversion la plus heureuse dans les idées, Cette méthode curative n’est point nouvelle, puisqu’elle date des temps les plus reculés; comme on peut s’en convaincre par les annotations suivantes transcrites de l'ouvrage de Frank (1).
« Im-
(x) Prax, Med. Univ. Præcept. Part. IL. V. I. pag. 759.
UE
ex:
« Imperator Augustus melancholia ægrotantibus «romanis suavem et cujuslibet ingenio bene con- « Venientem conjugem, quæ tanquam fidelis socia «in lætis et duicibus, consolatrix in adversis, tum « sanum exhilarare, tum ægrum curare possit ut « præstantissimum remedium imperasse legitur (1).”
« Quam etiam expertam curatricem quippe quæ « Cor a curis avertat, et animum irritatum placet, « nominepzrz placam et verticordiam romani sibi « ipsis invicem commendarunt animis agrotantes.”?
« Postea (2), notat Arnold de Villa Nova coï- «tum per intervalla multum prodesse, et pulchras « mulieres amplesti, tangere ; secum jacere ac verba « salacia mirabiliter valere (5).”
« Additque Bartholinus ex relatione Sylvatici « maniacam mulierem a ministris nosocomii St. « Francisci Patavii sæpius compressam conva- « luisse (4).”
« Tandem Æ/exander Benedictus Veroniensis « de manïaca narrat per totam noctem a quinde- « eim viris vencre defatigatam et hinc largum « mensium , qui annos aliquot substiterant, proflu- « vium passam, non sine pudore diluculo, menti
« sanæ restituta est (5).”?
< Le
(1) Dio Cass. in Cæs. Aug. L. LVI.
(2) Marlian Anti Rom. L. III. C. 3. A, C. ab
Alex. pag. 57. et Brisson L. I. Val. Max. L. II. €. à. L. VHE 0 15.
(3) Breviar. L. I. C. 18.
(4) Hist, Anat. IE Obs. Ga. ds ln L'Cap.6.
La piivation des jouissances ordonnées par le travail æhêime de nos organes ‘est parfois cause d’aliéhation mentale. Dans des cas de cétte nature le voït doit promettre des avantages.
. Quant à lutilité de la éoncéption et de la peus tort dans le désordre de Pintellect, les opinions sont fortement partagées. Je sais fort bien que ces actes ne produisent pas toujours les résultats heureux qü'on serait en droit d’en attendre, ct qué la délivrance rième à souvent été cause détermimatité de la folie Une vérité qu’on ne saurait cépéndant révoquer en doute, c’est que lallaitement opère presque toujours sur le moral de l’aliénée des changemens heureux. Darwin assure avoir vi des guérisons étonnantes dé ‘céîte na ture (1) série li unes
Il arrive souvent que des enfans en bas age deviennent: mélancoliques par suite de jalousie. Quelques caresses accordées à un enfant plus jeune sont cause qüun autre voit dans sa mère des préférences qui éveillent sa jalousie. La maigreur, la morosité, et le désordre de l’entendement en sont souvent les sites (2). L’amour maternel, en ce cas, peut être le seul mo yere curatif efficace. - |
Que dire de lextirpation des ovaires et de la castration chez lPhomme? On prétend avoir retiré
TRI | de
(17 Zoonom, T. [V. pag. 83.
(2) Esquuivot Dict, des Scienc. Méd, À'3
(Et 2%
de brillans. résultats de ces opérations (Buchan, Lieutaud, Frank.): non que je doute de da vérité de ce qui a été relaté sur cet objet ;-mais ne fautil ‘pas que les ressources de l’art soient entièrement épuisées avant d’avoir recours à un moÿen
si répugnant ? Je demanderai plus: la vie ne doit-
elle pas être compromise avant de priver l’homme
de la faculté de procréer son semblable? La con-.
servation de la vie de relation est-elle plus dans la nature, que la conservation de l’espèce ? L’homme ainsi mutilé rendu à la raison,
quelle sera sa situation! l’idée seule de se voir.
dans un tel état de dégradation, ne suffira-t-elle pas pour plonger ce malheureux dans le plus
noi chagrin, et le faire retomber dans une alié-
nation mentale d’autant plus facheuse que tous
les moyens, auront été employés chez lui sans succès, et que le cerveau est déjà disposé vers ce genre d'affection ? | :
Il y a des cas où ces opérations se trouvent indiquées sans restriction; c’est lorsque les testicules ou les ovaires sont attaqués de vice organique rebelle à tout ‘moyen curatif, et auquel laliéné doit inévitablement succomber. Toutefois detels cas sont rares.
Frank (1) parle de la castration et de l’extir-
pation des ovaires, comme d’une opération qui:
produit les effets les plus salutaires dans la manie
in-
(1) Praxeos Med, Part, IL. Vol. I. pag. 806.
invétérée avec Epilepsie, dans celle ‘provenant de vice organique des testicules ou dés ovaires et rebelle à tout moyen curatif; il en prouve encore lutilité dans la manie accompagnée de pollutions fréquentes. Il est à plaindre qn'en proposant un tel moyen cet homme érudit n'ait pas donné à ee sujet une extension plus grande.
Passions désagréables.
- Tristesse. Quand laliénation mentale résulte d’un chagrin , d’un malheur irréparable, d’un fond de tristesse, doit-on éloigner l’aliéné de tout objet ayant des rapports avec la cause dû mal, ou faut-il, par une pratique opposée, le mettre en contact avec cette mème cause, ou avec des objets qui s’y rapportent, pour le rendre peu-à-peu insensible à tout ce qui lui rappelle de tristes sou venirs ? Pinel (1) nous rapporte l’histoire suivante: «un négociant étranger, tombé dans l’aliénation « mentale par des chagrins profonds et la perte «de sa fortune, avait été transféré à Bicètre, «après le traitement ordinaire à l’hospice d’huma- « nité. Le rétablissement de sa raison, par le trai-: «tement moral, faisait des progrès rapides; et j’ai «eu avec lui des entretiens suivis, sans éâpercevoir «le moindre trouble dans les idées, dit Pinel; «mais tout est changé dans quelques jours : il ap-.
« prend
(1) Ouv. cité. pag. 221.
«prend. que ses associés s'étaient emparés d'un «certain mobilier qui lui restait, et une fenune à «même l'imprudence de venir le voir. avec des « ajustemens qu'il ne pouvait. reconnaître ne pas « lui avoir appartenu; il pousse un profoud sonpix, et «tombe dans une mélancolie de, consternation ,. qui : « l’a mèné, par degrés, à une démence. complète ” « maintenant regardée comme incurable.”
Cet exemple nous fait voir les bons effets de l'éloignement de tout ce qui à des rapports avee le, malheur de cet individu ; il nous démontre aussi les pernicienses. conséquences . qui. suivent . de près. la vue des objets avec si se trouve liée son infortune. .
Pour éviter de si. suites ; ré. Q) veut. que le-malade soit mis en un contact permanent avec, tout, çe qui pourrait développer en lui. des. souvenirs pénibles. En. éloigaant de l’aliéné, dit Frank, tout ce qui se lie à la cause de sa folie, on l’expose à l’exacerbation. de son déhre; Qu à des rechütes. Le malade ne peut rençontrer la source de son infortune sans. en être vive ment, ému. 5i.0n l’habitue à cette impression, on n’a jamais à craindre ces funestes impressions.
Une telle méthode curative peut trouver des. indications, nombreuses, dans l’aliénation mentale provenant de, la séparation, de labsence, ou «de: la, perte d’un objet chéri Les voyages et. les autres
( | dis-
À a a arte Ne Ko
Q) E Pau, ai P. IL, Vol. E pag. 616.:
distractions, ne seront ici des moyens rééllement efficaces que lorsque le malade aura été préalablement rendu insensible à tout ce qui lui rappelle la source de son malheur. Il est vrai que la présence d’un objet auquel se rattache Porigine de son mal doit infailliblement provoquer des réminiscences pénibles: telle est l'habitation d’une maison où l’on a vu habiter un père, une mère, une épouse, un enfant; tel est encore l’eflet du portrait d’un défunt, ou d’une personne qui nous a été ravie; la vue des véiemens qui lui ont appartenus: la présence d'individus auxquels se rattache l’infortune de l’aliéné, et d’autres sujets de cette natures; mais, le malade étant bientôt gouverné par les loix de l’habitude, l'impression pénible de ces ‘objets devient pour lui de jour en jour moins forte, pour n'être à la fin plus perçue qu'avec indifférence. De cette manière, le désespoir le plus violent ne tarde guères à se changer en une tristesse chronique. On souflre d’abord, mais où s’y accoutume; et après avoir éprouvé de fortes angoisses, l’ame tombe dans un repos silencieux. Ce ne sera qu'après ce calme de l'esprit, qu'on aura recours aux distractions ,; aux consolations et que le malade sera mis en contact avec les objets qui pourront imprimer une direction salutaire aux chainons vicieux de ses idées. Une prudence sans bornes est cependant exigée dans de pareilles circonstances.. C’est à des cas particuliers que cette cure sera applicable: certes, si l’on s'apercevait qe l'état du malade devint de jour en jour
X 4 plus
( 528 } plus alarmant par cette pratique, ce ne serait pas le cas d’en poursuivre l’usage.
Crainte. La crainte peut être suscitée dans quelques cas de folie comme moyen curatif; maïs æn ayant recours à une telle passion, on ne sauvait trop redoubler de précautions. In concitandis illis, dit Lorry (1), añimi motibus, ingenti artis prudentia opus est, ne melancholiæ ipsi, quam fre satagimus, ansam præbeamus.
L’art abonde en fais qui prouvent la facheuse influence de la crainte sur le physique et le moral. Tantôt, c’est une grande prostration des forces ; tantôt des vices en tout genre et de différens organes ; en d’autres cas, c’est le moral qui éprouve seul tous les mauvais efleis de cette passion.
Une règle importante à observer à l’égard ds cette méthode curative, c’est. que le médeein doit, autant que possible, s’abstenir d’inspirer lui même de la crainte à l’aliéné; il se rendrait odieux par là, et perdrait toute la confiance du malade. Il faut qu’un autre personnage le remplace dans cet office. Pour rendre solides et durables les effets de cette passion Îl est encore nécessaire que la crainte s’allie au sentiment de Pestime (2). |
Cest dans le suicide, et principalement quand l’aliéné refnse de manger, qu’une telle pratique trouve des indications utiles. L’obstination à rejeter
tout a (1) De melanch. Tom. Il. pag. 101.
(2) Pinel, de la manioc.
tout ‘aliment, toute boisson, est portée au dela de
toute idée dans la folie. Haslam, Pinel, Esqui-
rol et d’autres ont particulièrement fixé l’attention
sur un symptôme aussi sinistre. L’abstinence complète
fat soutenue jusqu’au neuvieme jour, chez deux femmes dont parle Frank (1). Je donne, à l’article régime alimentaire, l’histoire d’un aliéné qui vécut
quarante jours, sans prendre d’autre aliment que
de l’eau froide. Pinel nous donne le récit d’un
-aliéné ‘qui refusa, pendant douze jours consécutifs, de prendre de la nourriture, et chez lequel Île
sentiment de la crainte produisit de salutaires effets. Voici le fait: un ‘aliéné veut mourir; il est couché sur le pavé; on le fixe sur son lit par des.
liens, et pour s’en venger, il refuse toute sorte d’aliment. Les promesses, les exhortations, les menaces sont vaines. Après quatre jours, soif extrême;
l’aliéné boit en abondance de l’eau froide ; il repousse le bouillon et toute autre nourriture. Cet état
se prolonge dei 4 au douzième jour: amaigrisse-
ment extrême, odeur fétide: boisson ordinaire. C’est à cette époque que Île surveillant lui an-
nonce qu’il va désormais le priver de son eau.
froide, puisqu'il se montre si opiniâtre et indociles et il lui substitue un bouillon gras. Laliéné reste
alors flottant entre deux impulsions contraires,
l’une est celle d’une soif dévorante qui le porte à
ava-
(1) Praxeos Medic, Univers. Præc. Part. II Vol. e art, de manus.
ayaler un liquide quelconque; l’aatre est une résolution formée et immuable d'accélérer le terme de sa vie. La première enfin l'emporte; il prend avee avidité le bouillon, et aussitôt il obtient, à titre de récompense, l’usage libre de l’eau froide. On continue de cette manière, et on parvient à faire oublier au malade l’idée de se détruire (1).
Du moment qu’on obtient par la crainte sur le moral de l’aliéné les effets désirés, il faut, autant que la chose est praticable, faire remplacer ce, sentiment pénible par une affection agréable; c’est par Là qu'on gagne l’amitié du malade, et qu'il se xend docile à nos vœux; et, sous ce rapport, om doit approuver la sage conduite que tint le surveillant dans Le rapport que nous venons de voir. En faisant donner au malade de l’eau froide, après que celui-ci eut pris sa nourriture, it lui donna des preuves d’amitie et de bienveillance.
Le choix qu’on fera des moyens qui sont propres à provoquer la crainte n’est point indifférent. Une sentence que les médecins instruits de ce jour ont convertie en loi, e’est de ne jamais se permettre le moindre acte de violence envers les aliénés. Haslam, Pinel, Willis, Esquirol, et d’autres prouvent tous que les violences ne font qu’aigrir ces malades.
On trouve dans van. Zwieten (2), qu’un afin
hol-
Te SAN ENT Ve RP NP LR ER RUE Sn de ed
(1) Pinel, de la manie. pag. 182.
(2) Comment. Tom. Ill. pag. 114.
ft 3% )
hollandais traitait les aliénés par tout ce qui pouvait inspirer la crainte ou la terreur; les coups, les, chaines, les affusions d’eau froide étaient, tour à.tour, mis en usage par lui; mais aussitôt que le malade se rendait docile, il avait de suite recours aux Caresses et äux consolations. Zichtenberg professe ençore la même opinion: « Helfen die « Stockschlage oft mehr) als andere Mittel. Durch «sie wird die Seele erweckt, sich wieder an die « jenige Welt anzuschliessen aus der die Re pet mea. {ah ssl ans. ous to D € .. Cette pratique inhumaine ne she sous aucum prétexte, être mise en ‘exécution. Une froide sévérité. de la part des personnes chargées: de la direction de ces malades, un appareil imposant de répression, des apparitions magiques , la réclusion, des privations, et d’autres moyens de cette nature remplissent bien plus efficacement le but.
… C’est dans les accès de fureur maniaque qu’on dés de grands avantages par un appareil de crainte. L'expérience apprend que le maniaque ne modère sa fureur qu'à la vue d’un grand nombre depexsonnes; çe moyen est le plus simple, ilest aussi le, moins nuisible de tous. Je: transcrirai encore ici un rapport fait par Pinel d’un jeune homme aliéné, qui en dépit de toute remontrance refusa sa nourriture. Laissons patler l’auteur: « le cours « de ses idées pouvait-il être autrement détruit que
«par
(1) Hufel, Joirns | aaggei
«par l'impression d’une crainte vive et profonde ? ? «C'est dans cette vue que le citoyen Pussin ‘se «présente le soir. à la porte de sa loge , avec un «appareil propre à effrayer: l’œil en feu, un ton «de voix foudroyant, un groupe de gens de ser- « vice pressés autour et armés de fortes chaines « qu'ils agitent avec fracas.: On met un potage au «près de laliéné, et on lui intime l’ordre le plus « rigoureux de le prendre durant la nuit, s’il ne veut «pas encourir les traitemens les plus cruels. On: «se retire, et on le laisse dans l’état le plus péni- «ble de fluctuation, entre idée de la punition qui «le menace, et la perspective effrayante des tour- «mens de l’autre vie. L’aliéné recoit la nourriture
«et guérit en prenant des restaurans (1) € L'onanisme est parfois cause d’aliénation mentale, et parfois ne se développe :que dans le: cours de cette affection. (C’est alors qu'il est nécessaire d’inspirer au malade de l'inquiétude sur son état corporel. C’est en lui dépeignant les pertes auxquelles il s'expose et le dépérissement qui en doit être la conséquence ; c’est en invoquant les préceptes de religion et de morale; qu’on parvient quelquefois à le dÉLo ER de ses habitudes vicieuses. its LL : Langerman (a) énnalt un Cas de monomanie ; D us
(1) Ouv. Cité. pag. 60.
(2) Dissert. . Inaugural..…..de…method. cogn. curand. animi morb. stabilienda, 1797. Jenæ. pag.: 65.
gaérie par le sentiment de la crainte. Une femme devient. aliénée et prétend avoir assassiné son fils uniques Ni la présence de ce jeune homme, ni aucun autre moyen ne sont en état de la convaincre de son erreur. On lui annonce que son fils, au désespoir de ne pouvoir ramener sa mère à la raison, vient de tomber dans une maladie mortel= le et qu'il n’y a de salut pour ce jeune homme que dans le changement de conduite de sa mère, Cette triste nouvelle. produit un tel eflet sur cette femme qu’elle ne s'occupe plus que des moyens qui peuvent sauver son enfants Elle guérit pee faitement.
+ Terreur. ‘Tout le monde connait l'histoire de cet homme de lettres qui, pressé par l'envie de se détruire, s’acheminait la nuit vers la tamise dans VPidée de s’y noyer. Il fut attaqué par des voleurs et se défendit avec un ferme courage, en s’échappant de leurs mains. Depuis ce temps, il fut délivré de son délire mélancolique.
Haindorf, au rapport de Schneider, dit que hs conseilla à une dame aliénée les voyages comme moyen de distraction ; elle exécuta l’ordonnance de.ses médecins ; mais chemin faisant, Îa voiture dans laquelle elle se trouvait versa: la frayeur que lui causa cet accident rétablit aussitôt sa raison, et la guérison fut complète. ii 6
Ressemblant sous beaucoup de rapports à la crainte, n’en diflérant que par des degrés d’intensité, la terreur doit être placée parmi les moyens curatifs que la médecine emprunte des
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