QU'A
me que l’amour égare, par la possession de l'objet qu'il désire, un cinquième que j'expose à une forte terreur, et qui y trouve son salut, un sixième que je console, un septième qui trouve sa guérison dans une heureuse nouvelle: ainsi dis-je, par tous ces résultats, je puis douter de l’existence d’un vice organique dans la folie, puisque je guéris l’aliéné par des moyens purement moraux, c’està-dire, agissant sur les fonctions intellectuelles. Mais rien ne me démontre comment on affecte l’ame, et comment cette dernière se comporte dans la folie. Si lintelligence offre des phénomènes morbides qui appartiennent aux tissus en général, elle peut offrir les maladies organiques qui sont propres à d’autres tissus ; si.elle modilie la sensibilité physique, ou si cette dernière la modifie à son tour, nous avons autant de droit de supposer que l’aliénation mentale peut étre, dans quelques cas, le résultat d’une modification survenue dans la sensibilité organique du cerveau : modification qui peut seulement être considerée comme dynamique.
Quelques faits peuvent corroborer notre assertion.
D'abord, le caractère de beaucoup d’aliénations mentales nous démontre des phénomènes qui appartiennent à la sensibilité générale, et qu’on retrouve dans d’autres maladies: la périodicité appartient à un grand nombre de vésanies ; c’est aussi le caractère de beaucoup de maladies nerveuses ; C5 les
les symptômes d’excitation inflammatoire se retrouvent dans la folies ceux de faiblesse s’y rencontrent également.
2%. Les aliénations mentales sont particulitrement accompagnées de maladies nerveuses: telles sont l’épilepsie, lhystérie, la nymphomanie, le satyriasis, &c.; tels sont encore quelques mouvemens critiques comme le ptyalisme, les fièvres intermittentes , et d’autres.
3%. L’aliénation mentale provient souvent des mêmes causes qui produisent les maladies nerveuses; telle est la frayeur qui occasionne et la folie, et l’épilepsie.
4°. La manie et l’épilepsie peuvent toutes deux conduire à l’imbécillité.
5°. Les moyens curatifs qui agissent sur la sensibilité, et particulièrement sur celle du système nerveux cérébral, sont parfois très efficaces dans lV’aliénation mentale: telles sont la rotation, l’usage des venins, celui de l’opium et des dérivatifs.
6°. Voyons l'influence des passions sur l’action de nos tissus: la paralysie guérie par un accès de colère ou de terreur; les accès de fièvre intermittente arrêtés par la même cause; Îles syncopes, les morts subites occasionnées par une joie instantanée, par uue grande crainte. |
7% Voyons encore la phtisie alternant avec l’aliénation mentale: elle se développe dans le cours de la folie, et en arrête les progrès; où bien la folie, à son tour, se manifeste dans le cours de
la
la phtisie, et diminue la marche, ou suspend entièrement les progrès de la consomption pulmonaire.
8% Enfin, des vices organiques soit du cerveau , des organes thorachiques, ou abdominaux, que nous rapporterons dans les considérations suivantes, ne nous feront plus douter de l’altération matérielle dans la folie. Prenons ici seulement pour exemples la démence qui est le résultat d’une apoplexie; la manie qui suit la répercussion de la gâle ou d’un autre exanthème.
S'il y a des troubles de l'esprit qui se transmettent de père en fils, qui se développent sans aucune cause apparente; si la folie peut durer plusieurs années, et disparaître subitement sans la moindre crise; si elle sévit avec le plus de violence à l’age des passions ; si elle est influencée par le climat, par les mœurs des habitans, et par les idées dominantes du siècle; rien ne nous annonce l'ame souflrante dans la folie; tandis que, de tout côté, nous rencontrons des phénomènes physiologiques et morbides dans notre intelligence, qui appartiennent à laltération des propriétés vitales de nos tissus. |
Ainsi nous pouvons conclure, que tout !ce qu'on a avancé touchant altération de lame dans la folie est dépourvu de fondement, et que, malgré les raisonnemens nombreux faits pour éclaircir cette question, on ne la point dégagée des ténèbres dont elle est enveloppée; que nous avons quelque droit de croire, avec Nasse,
F. Francle (1), et d’autres, que le véritable siège de la folie est dañs nos fonctions organiques : tantôt c’est une modification des propriétés vitales: tantôt une altération des tissus qui cause le desordre mental.
On pourrait, à l’exemple de plusieurs auteurs, distinguer l’altération intellectuelle e2 dynamique, organique, et mécanique. :
Les considérations qui suivent ont pour but de
faire connaître l’altération dynamique et organique
des divers tissus dans l’aliénation mentale: l’in-
fluence de cette altération sur la naissance de cette maladie: et l’influence de la folie sur les fonctions
les autres organes.