‹ Traité sur l'aliénation mentale et sur les hospices des aliénésChapitre 8 sur 39 · ER · texte numérisé non relu

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se (Sci Les fonctions :cérébrales sont ici Ksées, non par-ce que le crâne ait empêché l'exercice des fonctions intellectuelles, mais , parce-que le. cerveau participe.du même vice.de structure qu’on rencon-. tre dans son! De osseuse, et. dans d’ autres parties. du ‘corps. si: PE Ni dll Gi rl

: Une altération osseuse qui pitt tout sheet | d’être signalée :commeicause de la folie, est la désorgaïisation ‘de; la selle turcique.. :.Rosenthal de Berlin (1), parle. de deux aliénés chez. lesquels il a

la, selle turcique affectée de

trouvé: l’excavation de véritable: carie; :Je dois à la complaisance de Mr. lé Docteur. T'Ayssen d'Amsterdam, le ‘apport de cinq épileptiques succombés à l’apoplexie,: chez lesquels il:a trouvé.les apophyses clinoïdes ; antérieures et postérieures, en grande partie, ou. totales. ment ‘détruites; l'os ethmoïde, pour le reste. n'était en rien altéré. : Cette remarque, avait été également ; faite par, Eürle (2), et F'ormey prétend que altération de la substance. osseuse du sphénoïde, n’est. que :le résultat. cdi état maladif de la glande pinéales :: more) b 4 - Nous ne pouvons licispasser sous ssilohes Le dis visé de Ja colonne épinière qu'£'squirol, et Scipion: Pinel ont fait connaître daris la folie. .; Sur dix aliénés épileptiques , Æsquirol en a compté neuf

(1) Horns Archiv hp ‘Med. Erfahr. 1818. pag: xs (2) Cooke , , nervous Diseases. I p. 117. |

à fs Lo

neüf chez lesquels, il y avait un rortllisdinenr des vertèbres lombaires. | | ‘Plusiéurs autres ont rencontré des concrétions osseuses dans différentes parties du cerveau. EÆsquirol , et d’autres, ont trouvé l’ossification: de la glande pinéale (1). On a ouvert Je cadavre d’un aliéné ‘chez lesquel la duré-mère était ossifiée (2). Walter (5) a trouvé plusieurs concrétions osseuses dans la substance même du cerveau: : Mais ces reraiques ne peuvent mener à aucune déduction rigoureuse y Car ces sortes d’altérations ont été: trouvées, plus d’une ‘fois ; chez des personnes qui avaient | de Jeur vivant , montré le ssl écart: dans leur ‘intelligence. | | “De’tout ce qui précéde, on Lsèces dédirdi que Leni altérations organiques du cerveausont; parfois, -une: causé manifeste de folies que, parfois, elles sont l'effet de cetté dernière, ‘et qu’il y a des cas où il est difficile, même impossible d'en: aise la vraie origine. | “Nous ne sommes point étre si de longs détails sur les aliénations mentales qui proviennent, d'un troùble survenu dans l'influence nerveuse qui ‘préside aux fonctions du cerveau: cet objet a été traité dans le chapitre précédent, en parlant de Fame, Les considérations qui ont rapport à cet état

(1) Journ: général de médec. 1818. pag. A5.

(2) Hist. de l’académ. des sciences avant. 1600: (3) Observ. anat. pag.-42:

état merveux, envisagé dans ses diverses nuances, seront encore passées en revue, quand nous parlerons . des: donc Lirau ei iv sur le Laser merveux. : é

- Le” cerveau este le siége dt de la folie ? sn ausË PITOT

On a Dbéastés sur le liége de la folie, et peu’de maladies ont été le sujet de tant de discussions diverses, : Tantôt'on ne voit dans l’aliénation mentale:qu’une affection du cerveau; tantôt on en’pla: ce le siége dans d’autres organes ; mais la plupart des médecins ont envisagé le désordre mental comme une maladie appartenant exclusivement au cerveau, et Georget (1), tout récemment, vient d’embrasser cette dernière opinion. Je crois que la folie est uné maladie dont le 'siége ‘est dans le cerveau: mais quand je le ‘place dans cet organé, j'entends parler du ‘mal même, et non de sa cause, C’est sur: ce point que nombre d’auieurs se sont expliqué ‘avec une obscurité ‘impénétrable. On a dit: lersiége de la ‘folie peut être dans le foie, dans le cœur ou dans tout autre Organe : mais, est-ce bien JA que réside-la maladie ? n'est-ce pas une causeide’ la folie qu’on y trouve ? Étre en état de folie c’est, en effet, avoir l’entendement troublé ; et jamais on né éd Pesprit dans Ja poitrine:, ‘ou: dans -le; ventre ; ‘mais ce sont les parties organiques renfermées ‘dans ces cavités,

qu

(1) De la folie.

qui peuvent devenir le foyer de quelque altération , de quelque modification, qui réagisse sur le cerveau, en! eausant. la folie. Je dis,: donc, que l'aliénation mentale est toujours une maladie du cervéau , INais qu'elle peut avoir pour cause: Vanomalie de quelque autre organe: dans ce dernier cas, on l’a nommée sympathique, | Get.objet demande des éclaircissemens.. + Georget (1), en disant que la folie est une maladie.du cerveau, base son opinion sur les ons suivans. : sites 28 | ae . Le mal consiste toujours. lis la. lésion d d'une fonction cérébrale, sans cela ve de délire. ErerÉ Ï ñ UE À 2°. Le trouble tntellogtiel est. toujours joint à celui d’autres fonctions cérébrales, tels sont VPinsomnie, la céphalalgie &c.

5°. Les troubles dans ‘d’autres organes ne sont ai constans, ni, graves; ils sont les mêmes que ceux. qui accompagnent toute lésion su- +, bite d’un organe important.

4%. Les causes agissent, directement sur le cer+ veau. Gelles in nomme sympathiques ne le sont pas, et sont les ‘effets des pre mières. | bibi sobsd | 9%: La terminaison sonlous SE la. folie, deco qu'on n'en meurt pas, est une atonie rune - paralysie du cerveau. : * No-

(1) De Ia folie, pag. 75

Notre auteur poursuit ainsi :

Les. symptômes. cérébraux peuvent exister seuls , et sans la moindre altération dans un autre orga- “Ils sont aussi les premiers se se PRE x | oh

Les. Sniptfmés qui. se manifestent dans les autres. organes, sont toujours consécutifs, say hpenis ques; il y a. tosjosirs une cause morale qui les précède.

Les auteurs qui ont admis des causes pathologiques, ont pris l’effet pour la cause du mal.

Les ouvertures du corps nous insiruisent négativement. Une foule d’altérations organiques sont le résultat de puissances destructives qui entourent le corps, et Lil sont. cm de Valiénation mentale. #4 Drr#0

Georget Ésite par: ‘de . que Ja folie est toujours ‘idiopathique, et quand elle nait de causes sympathiques, qu’alors laltération de l'esprit appartient aû délire aigû. . Dir

On conçoit qu’il ne peut y avoir de délire sans une. altération dans les fonctions de l’entendement ;-il est également vrai, quoique moins généralement, que linsomnie, Va céphalalgie accompagnent le désordre mental; mais, que les causes de Ja folie agissent toujours directement sur le: cerveau; que cette maladie est invariablement idiopathique ; que les symptômes primitifs, appartiennent toujours, au désordre intellectuel ; et, qu'en tout cas, il y a une cause morale qui les précède,

sont

sont des questions que jei suis loin de fouvoir résoudre ‘par: l’affirmative ; et voici mes raisons. -: Ltharmonie : dans toutes nos parties organiques imprime au moral, ‘des idées de quiétüde et de bien-tre: pour peu que les fonctions soient ‘dérangées ; le moral en souffre, : Un’ viscère malade peüt:tellement influencer le cerveau ; que l’homme qui vestenproie, reconnait tout le danger de sa position ; par exemple dans un vice organique du cœur. - Le vin, le café, l’opium, les poisôns, le tabac, la belladonne, la pomme épineuse, troublent , plus où moins fortement, le moral des personnes qui usent de ces substances. |

: Ha cpuberté change le moral; elle y fait naître de nouveaux chainons d'idées,

Un estomac trop chargé produit les rêves.

- L’excès du coït énerve la mémoire.

: L'accouchement, même la grossesse, affectént singulièrement l'intelligence et‘les passions.

Le chatouillement des plane produit le rire, la colère, la fureur. | | - Donc, le moral est influencé ‘par d’autres causes que celles qu’on nomme morales. Un changement survenu dans la vitalité des viscères peut donc changer Fordre des idées: Mais, me dira Georget, ce sont là des cas physiologiques, et si la folie est sympathique, ce ne sera plus qu'un délire aigus mais, pourquoi ce délire aigu des maladies graves ? Si: Georget convient qu'une altération’ de la sensibilité de quelque viscère autre que le cerà | veau,

veau, puisse engendrer le débre- aigu; pourquoi ne pas admettre que ce même changement dans la manière d'exister de ce viscère ne puisse être de dongne durée, et donner lieu à un délire également chronique., Que fera-t-il de. cette femme qui, devenue aliénée par un cancer au sem, récupéra Îa raison à la suite de lextirpation, de son mal? (Cette: histoire est rapportée par Lafontaine dans un mémoire lu à la société de Gœttingue). N’a-ton pas vu, au rapport de Chrichton (1), la manie survenir à une entorse, à la fracture d’un os , par une balle logée au milieu des muscles extérieurs du corps ? Le Docteur Daudebertieres rapporte (2) l’histoire d’un jeune homme:atteint de manie, À la suite d’une excroissance carcinomateuse qu'il ‘portait à la première phalange du doigt annulaire: on fit l’amputation du doigt, et la folie disparut, Je pourrais rapporter ici les altérations du foie, du tube alimentaire, et d’autres, qui donnent lieu au trouble intellectuel ; mais réservant ces considérations pour des articles suivans, je. veux seulement, faire voir, d’une manière générale, qu’il :y a des.causes sympathiques en état de produire la folie. . Tant d'exemples nous montrent , à chaque pas , l’influence de nos tissus organiques sur le moral, et la physiologie, qu'on doit toujours prendre pour point de départ, quand il s’agit de maladies, démontre

| com-

(1) Into the Nature of ment. Derang.

{2) Journal Complémentaire da dict. des scienc. méd,

combien est grande l'influence du physique sur le ‘moral. Un cœur gros et volumiueux coïncide toujours avec la valeur et le courage: un foie grand,

‘une sécrétion de bile abondante, dispose aux idées

tristes et sombres , à la contemplation, au calcul, à l'attention: on connait combien les individus sanguins sont, au moral, différens des bilieux; ecux là ont des idées promptes et vives, des passions fougueuses et gaies ss ceux-ci les idées plus concentrées, plus abstraites. : Le bilieux pense avec plus d'énergie ; il à: les passions plus fortes, mais elles sont moins bruyantess toute son intelligence offre une énergie plüs prononcée.

Plus que dans toute ‘autre maladie, on re dans la folie, distinguer la cause) de l'effet. La sEhueile des pulsations cardiaques , dans une inflammation partielle, n’est pas un indice que le siége du mal est dans le cœur; elle dénote seulement que le cœur souffre, et le même raisonnement est appliquable à la lis: ét, si le cœur; lestomac , l’utérus , Ou ün autre organe, ést plaéé sous l'influence des sympathies , par quelle hoi EE Seb on en exclure le cerveau? : ; ,

Si nous reconnaissons, comme cause de: folie, des altérations organiques autres qne celles du cer- Veau , nous sommes également convaincus que Îles vices organiques des viscères peuvent être um eflet de l’aliénation mentale, ou constituer, comme le dit fort bien. Georges, une maladie, étrangère à la folie. | |

Les sympathies sont la voie par où le cerveau

agit

agit sur Îles visvères, et par où les viscères agise sent sur cet organe C’est la raison pour laquelle le cerveau peut recevoir des sensations morbides sympathiques, et peut en donner à son tour. Les organes avec lesquels il est intimement lié lui transmettront avec le plus de facilité ces maladies; ce seront aussi ces organes qu’il influencera, à son tour, le plus aisément. Si le Saisissement me fait pâlir, si la honte injecte les capillaires de mes joues, et fait palpiter mon cœur, si une joie subite suspend mes digestions, augmente ou diminue mes excrétions alvines, pourquoi ne serait-il pas également possible que ces mèmes passions, ou d’autres qu’enfante le délire, agissent sur les viscères , dans la folie.

La plupart des aliénés doivent être eonsidérés comme des hommes en passion; ils sont, par conséquent, sujets à toutes les aberrations que ces troubles de l’ame sont en état de produire dans les viscères. Soit que la coïère, la joie, la fureur, le chagrin, se développent chez un homme sain d'esprit, soit que ces mêmes passions proviennent d’une aberration de l'intelligence, l’eflet est toujours de mème natures; ce sera, toujours, le cerveau influençant Îles autres viscères, et rien n’empèchera que cette influence morbide n’y exerce de grands ravages. C’est pour ce motif qu'un nombre considérable d’altérations viscérales doit être envisagé comme une conséquence de laliénation mentale même. Quand je vois un individu qui a perdu la raison par suite d'un chagrin, de la per-

E te

te d’un bien, d'une épouse, d'an enfant où d'une autre cause de cette nature: quand, dis-je, cet in dividu n'a présenté, avant l'action de ces causes morales, pas la moindre altération dans le mode d'être de ses organes, et que je trouve, à son décès, un vice du cœur, un engorgement de lx rate, du foie, ou d’un autre viseère, ne dois-je pas en déduire que c'est à des suites de la folie que j'ai à faire, et non à la canse de cette maladie ? Toute violente passion, comme mous venons de le dire, a pour effet général, d’agiter fortement la eirculation du sang. Tantôt une contraction violente du. cœur fait arrèter le sang dans le système veineux: c'est le cas de la frayeur; tantôt le spasme vasculaire occupe la surface cutanée; les fluides s'accumulent à l’mtérieur des cavités , et les viscères les plus perméables, les plus flasques, reçoivent ce que la peau avait coutume de contenir: de là, les engorgemens, les rougeurs du tube alimentaire , les vices organiques du foie, des poumons &e. Dans d'autres cas, toute la circulation du sang est vivement agitée; ce fluide circule avec vitesse: le cœur se dilate et se contracte avec énergie: la surface eutanée est rouge et injectée : c'est le cas de la colère, des affections de l'ame chaudes et violentes. Quelques passions semblent se diriger sur une partie organique de préférence: dans la haine, le mépris, la vengeance , l'orgueil, l'amour, et la fureur, des sensations douloureuses se font sentir à l'épigastre , et la bile est fournie plus abondamment dans tout accès de colère.

Cé-

Cependant, on ne peut pas envisager exclusive ment ces déterminations viscérales; car, pour peu que les passions soient violentes, on les voit influencer tout le système ganglionnaire,

Ce que je viens de dire n’est applicable qu’à certaines aliénations mentales, telles que la manie : la folie qui n’a pour caractère que des. actes intellectuels paisibles, le calcul, le raisonnement, par exemple, ne peuvent porter cette influence morbide sur les viscères Les aliénés qui se croient heureux, qui sont toujours gais, qui vivent dans les délices, qui semblent tout payer par des bienfaits, se rangent encore dans cette cathégorie. La . plupart des idiots, et des aliénés en démence, y trouvent également leur place,

Revenons à Georget.

Georget dit, comme nous avons vu, que l’orgene intellectuel se dérange toujours le premier (1). Cette assertion est-elle généralement vraie?

Si elle est exacte, Pinel, et nombre d’autres médecins, tels que Æmard, Esquirol, Prost, et Villermay, ont dû professer des erreurs. Ces auteurs ont établi que le trouble mental a souvent pour symptôme précurseur un dérangement dans les fonctions des viscères. Tous nous ont dépeint cette chaleur d’entrailles, ce resserrement à l’épigastre, ce dérangement dans les digestions, comme avant-coureurs de l'explosion d’un accès de manie.

Nous

{1} De fa folie, pag. 30.

{ ea

Nous avons été a mème de nous assurer de la vérité de cette observation, et nous aurons encore occasion de revenir sur ce sujet.

Concluons de ce qui précède, | 1°. que l’aliénation mentale doit toujours être envisagée comme une maladie des organes de l'intelligence.

2°. Que les causes de la AU comme dit le Docteur Esquirol, n'ont pas toujours une action directe sur le cerveau; mais qulles peuvent l’exercer sur des. organes éloigmés. Tantôt les extrémités du système nerveux. et les foyers de sensibilité, placés dans diverses régions ; tantôt le système sanguin et lymphatique, l'appareil digestif, le foie et ses dépendances ; tantôt les organes de la reproduction peuvent être le siége de la cause de lalienation mentale, mais non celui de la maladie même, | 8°, Que plusieurs lésions des viscères peuvent être l’effet de l’aliénation mentale; c’est-àdire que l’encéphale peut communiquer une action morbide à d’autres appareils organiques. | 4%, Que les révolutions dans les viscères sont parfois indépendantes de l’aliénation mentale, et constituent des maladies accidentelles.

5°. Que les troubles dans d’autres organes que le cerveau, comme le dit Georget, ne sont pas constans.

* Que nous croyons que la disposition morale vers

vers la folie entre, pour beaucoup dans la production de cette maladie; mais qu'on ne peut, d’après Georget ; appliquer ce principe à toutes les aliénations mentales indistinctement; puisqu'il y a des cas, où cette maladie se développe sans la moindre prédisposition héréditaire, et chez des individus remarquables par la justesse de leur entendement, ou la pureté de leur raison.

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