‹ Traité sur l'art de restaurer les difformités de la face, selon la méthode francaise par déplacement, ou méthode française [et] Atlas de 30 planches representant 120 figuresChapitre 21 sur 59 · III · texte numérisé non relu

III

DE l’art de restaurer LES PAUPIÈRES.

D’après ce que je viens de dire au sujet de l’ectropion et de l’entropion, il est aisé de pressentir que la blépharoplastie n’est pas une pure affaire de coquetterie ; si l’on pouvait encore en douter, les efforts auxquels se sont livrés les hommes de l’art pour perfectionner les modes opératoires qui s’y rapportent , prouveraient au besoin l’importance que l’on y attache. Au surplus, si la blépharoplastie a déjà fourni des résultats avantageux , ce n’est pas dans les travaux des anciens qu’il faut aller eu chercher la source; ceux-là même qui ont indiqué

toni. 1®*', pag. 540 , et le traité pratique des maladies des yeux, de Weller, traduit par Riester, tora. i*'', pag. 151.

DE LA BLÉPHAROPLASTIE.

les moyens de restaurer les lèvres et le nez , ne croyaient pas à la possibilité de restaurer les paupières (I); aussi, Graëfe doit-il être incontestablement considéré comme le premier qui ait mis en pratique cette opération (2).

Toutefois, il est arrivé pour la blépharoplastie ce qui a eu lieu pour la chéiloplastie et la génoplastie, c’est-à-dire que l’on a commencé par avoir recours à la méthode indienne, pour s’en référer ensuite à un procédé mixte , alors qu’il n’y avait qu’un pas à faire pour appliquer avec bonheur la méthode française à la restauration des paupières.

Les trois modes opératoires applicables à la blépharoplastie que la science ait conservés, appar-

(1) Si nimn'm palpebræ cleest, niilla id restiluere curalio potest. (Celse.)

(2) Ipsi antè hos proximos annos palpehram inferiorem hlepharophthabnitide erysipelatosa in gangrœnani abeunte deslructam observavimus , undè haud médiocre ipsi biilbo pcriciiluni imminebat. Morbo primario , quantum fieripoteral sanato , amissam purlem restiluere conati , proximam genœ cutem , cunclanter quidem et timide , quod exemplum défait, prospéra tameii successu refleximus. (De rhinoplaslice, sive arte curtiira nasum ad vivum restituendi commentatio; lalinè edidit Meeker, fol. 15.)

DE LA BLÉPHAHOPLASTin.

tiennenll’un àM. Fricke, l’autre à M. Dieffenbach , et le troisième à M. Joues.

Procédé de M. Friche. Ce procédé consiste à exciser d abord le tissu des cicatrices qui déforment la paupière , afin d’établir là une plaie régulière. S il n y «a pas de tissu inodulaire , on incise la peau en travers, afîu de pouvoir allonger les tissus, ou de se créer un espace suffisant pour y rapporter une portion de peau. Cela fait, on taille dans le voisinage un lambeau qui , contourné sur l’un de ses bords , est ramené et fixé par un nombre suffisant de points de suture sur la déperdition de substance.

S’agit-il de la paupière supérieure, M. Fricke prend le lambeau sur la partie antérieure de la tempe, au-dessus de l’extrémité externe du sourcil. Ce lambeau , qu’il détache de haut en bas en lui conservant un large pédicule , est aussitôt ramené par son bord antérieur jusqu’au bord inférieur de la paupière , tandis que son bord postérieur en gagne peu à peu le bord supérieur.

Pour la paupière inférieure, M. Fricke prend le lambeau sur la face externe de la pommette , et le ramène , par le même mécanisme , sur le vide à

DK LA KLÉPHAROPLASTIK.

remplir. Au reste , les (ig. 1 et 2 de la PL 29 suppléeront facilement à la brièveté de la description que je viens de donner du procédé du chirurgien de Hambourg (I).

Procédé de M. Pieffenbach. L’auteur commence par enlever avec le bistouri toutes les cicatrices; il taille ensuite un lambeau de largeur suffisante aux dépens des téguments de l’un des côtés de la nouvelle plaie, de manière que ce lambeau figure un trapeze dont le bord interne est représenté par la levre externe de la plaie , tandis que son bord supérieur ou inférieur, selon la paupière à restaurer , a été séparé sur une ligne qui prolongérait en dehors la commissure palpébrale externe. Pour former ce lambeau , il faut en conséquence pratiquer une incision horizontale qui se prolonge plus ou moins de l’extrémité des paupières vers la tempe , puis une incision oblique de haut en bas ou de bas en haut , et de dedans en dehors , selon qu’il s agit de la paupière supérieure ou de la paupière inférieure , incision qui doit avoir une longueur à peu près double de celle de l’incision horizontale.

(1) Voir son mémoire sur la blépharoplastie, Journal des Progrès des sciences médicales, ann. 1850, (. m, p.68.

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