‹ Traité sur l'art de restaurer les difformités de la face, selon la méthode francaise par déplacement, ou méthode française [et] Atlas de 30 planches representant 120 figuresChapitre 28 sur 59 · EXPLICATION DES PLANCHES · texte numérisé non relu

EXPLICATION DES PLANCHES

Chaque planche se compose de quatre dessins , dont l’un , N° 1 , représente le malade avant l’opération ; l’autre , N° 2 , est destiné à l’exposition du plan opératoire ; le 3® fait voir l’état des parties immédiatement après le premier pansement y le 4® donne le portrait du sujet après la guérison.

Planche 1 .

Cette planche est destinée à donner une idée des trois méthodes principales applicables aux restaurations de la face , à savoir : la méthode par transplantation , ou méthode italienne, fig. 1 et 2; la méthode par torsion , ou méthode indienne, fig. et i y enfin, la méthode par déplacement, ou méthode française, fig. 5 et 6. ■

EXI'Ur.ATIO*'^

Plaxche 2.

Celle-ci représente un vieillard chez lequel un cancer avait dévoré la presque totalité de la lèvre inférieure , moins la membrane muqueuse. Dans l’opération de chéiloplastie qu il a subie , le lambeau que l’on a formé aux dépens de la peau du menton et du cou , a été ensuite revêtu à sa face interne avec la muqueuse buccale que l’on avait conservée à dessein. C’est surtout à ce dernier temps de l’opération qu’est due la régularité des formes de la nouvelle lèvre. Ce procédé appartient à l’auteur.

Planche 3.

Cancer ayant détruit les deux tiers de la totalité de la lèvre inférieure , ainsi qu’une partie de la peau du menton et de la joue gauche. Ablation des parties ulcérées , et restauration de la perte de substance qui en est résultée , à la faveur d’une série d’incisions convenablement disposées, Ce qu’il y a de plus remarquable dans cette opération , c’est la formation du bord libre de la lèvre , au moyen de la portion de ce même bord qui avait été respectée par le mal (^g. 3 et 4).

Planche 4.

L’opération à laquelle ce malade a été soumis ressemble assez à celle du malade précédent ; toutefois , ce n’est

DES PLANCHES

plus ici le bord libre seul de la lèvre , mais bien la totalité de la moitié latérale de cette même lèvre , qui a servi à réparer en partie la perte de substance provenant de l’ablation du cancer. Si la plaie s’est déchirée au point R , fig. 4 , cela n’a tenu qii’à l’indocilité du malade. Quant à la reproduction du cancer en S , le mode opératoire n’y est pour rien.

Planche 5.

Cancer occupant la totalité de la lèvre inférieure : formation d’une nouvelle lèvre aux dépens des parties molles des joues. Après avoir rapproché les lambeaux latéraux pour reconstituer la lèvre , on ramène la muqueuse buccale sur le bord libre de cette même lèvre , et l’on assigne ainsi à cette partie de la face une forme et des dimensions convenables. Cette seule modiflcation assure à ce procédé une supériorité marquée sur tous ceux connus jusqu’à présent.

Planche 6.

Celte opération n’est qu’une répétition de celle que représente la planche 5, avec cette différence que, chez le malade précédent , j’ai dû restaurer en entier la lèvre inférieure; tandis que , dans ce dernier cas , il n’a fallu refaire que la moitié latérale gauche de cette même lèvre.

Planche 7.

Les difficultés de l’opération proviennent moins de

EXPMCATIOX

l’étendue de la lésion organique que de sa position. C’est dans les tentatives de ce genre qu’il importe surtout de savoir combiner à propos les incisions , d’autant que la moindre déviation dans les commissures des lèvres suffît souvent pour produire une difformité très^apparente. Il s agit encore ici d un cancer : bien que l’opération date déjà de près de six ans, le mal ne s’est pas reproduit.

Planche 8.

Coup de feu dans la cavité buccale , cicatrices nombreuses et adhérentes \ déformation des deux commissures. La commissure droite a été réparée à la faveur d’un procédé opératoire à peu près analogue à celui que j’ai mis en usage chez le malade précédent. En excisant toutes les parties molles comprises entre les lignes A B , BC, CD et ED, 2, j’ai pu loger la commissure droite dans l’angle B, réunir la ligne CD à la ligne ED , et fermer ainsi le reste de la perte de substance que j’avais faite. Quant à la commissure gauche, il a suffi de fendre transversalement la cicatrice en F, et de réunir la muqueuse buccale avec la peau. Dès-lors , l’adhésion des lèvres de la plaie n’a plus été possible.

Planche 9.

11 s’agit, dans cette planche , d’une jeune demoiselle qui , à la suite d’une brûlure, eut sur la partie inférieure de la face et sur le devant du cou un grand nombre

DES VLAXCIIE».

de cicatrices irrégulières et adhérentes , dont quelquesunes avaient causé une déformation très - grande de la bouche , et notamment de la commissure gauche. Le procédé qui a été employé chez cette malade , a consisté dans une série d’incisions disposées de manière à ce que l’angle KLM est venu se placer dans l’angle rentrant N O P, tandis que la ligne M Q s’est unie à la ligne P Q. Par suite de ce déplacement, le point K, qui est censé correspondre au point F, ^g. 2 , s’est trouvé placé à la hauteur du point N , et la ligne K L , correspondant à la ligue F G, fig. 2, s’est confondue avec la ligne N O, De là , ascension de la commissure gauche de la lèvre, et rectiûcation de cette partie de la bouche. Ce mode opératoire demande beaucoup d’attention de la part du lecteur pour être bien cornpris.

Planche 10.

Ces deux malades offrent l’un et l’autre une trèsgrande déformation ues commissures des lèvres. Le premier, fig. 1 , n’a pas été opéré, mais il aurait pu l’ètre , et guérir sans difficulté. Le second , fig. n’a subi qu une opération , qui avait pour but de remédier à la difformité qui existe à la partie latérale droite de la bouche. Il a suffi pour cela de faire , comme pour le sujet de la planche 8, une simple incision GE à la commissure droite de la lèvre , et de réunir sur chacun des bords de la plaie la muqueuse à la peau. Le

EXPLICATION

malade que représente la fia. 1 aurait été tout aussi facile à guérir. Les cas de ce genre sent en général peu connus.

Planche 11.

Jeune Allé d’environ 15 ans, présentant un bec-delièvre double , congénial ; l’auteur avait d*abord conçu le projet d’utiliser le lobule médian pour le réunir ensuite aux parties latérales de la double fente de la lèvre supérieure ; toutefois , comme ce lobule adhérait à la pointe du nez , et qu’il en serait résulté une déformation de cet organe , il dut renoncer à ce procédé. C’est alors qu’il se décida à en sacrifier une partie et à se servir de la portion restante pour former la sous - cloison , sauf à réunir immédiatement après les deux côtés de la lèvre. Inutile de dire que l’on avait primitivement arraché les deux dents qui font saillie , et excisé l’os incisif qui les portait. L’opération a réussi à merveille. Au lieu de deux cicatrices verticales , comme l’indique la pg. 4, il n’est resté qu’une seule cicatrice à la partie moyenne de la lèvre.

Planche 12.

Cancer de la lèvre supérieure : la tumeur ayant été enlevée de manière à respecter la membrane muqueuse buccale et le bord libre de la lèvre , le lambeau pris sur la partie latérale de la face a pu , sans la moindre difficulté et par l’elïet d’un simple déplacement , venir se

DES l’LANCÏIES.

loger dans le vide K B C D F, qu’avait laissé l’ablation de l’ulcère cancéreux, fig. 2. On peut juger de la simplicité de l’opération par l’aspect que présente la ^g.3. Le résultat définitif eût été bien plus satisfaisant , si une partie du lambeau correspondant au point Y, fig.^, n’eût été frappée de mort.

Planche 13.

On voit sur cette planche deux malades , dont l’un a eu la lèvre supérieure détruite par des dartres rongeantes, et l’autre, par un ulcère cancéreux. Aucun d’eux n’a voulu consentir à se laisser opérer; je le regrette d’autant plus, que je suis autorisé à croire que j’aurais pu les guérir l’un et l’autre. On en jugera par le résultat que j’ai obtenu chez le malade suivant.

Planche 14.

Fongus hœmatodes se prolongeant jusque dans l’intérieur des fosses nasales , chez un enfant de 10 ans : ablation de la tumeur à l’aide des ligatures en masse ; restauration secondaire de la lèvre supérieure d’après la méthode française , au moyen de deux lambeaux pris dans l’épaisseur des joues. La réunion complète des lambeaux a eu lieu pendant dix jours; mais comYne il avait fallu ruginer le maxillaire supérieur pour enlever la totalité du mal , les deux côtés du lambeau , manquant de point d appui du côté du nez , se sont peu à peu séparés ,

EXPLICATION

et ont fini par n’adhérer à la madioire supérieure qu’après avoir long-temps suppuré. De là , la brèche S et T, qui laisse à découvert les dents incisives. Il a fallu une raison aussi puissante pour m’empècher d’en venir à une nouvelle opération.

Ce malade , après avoir séjourné près de -cinq ans à 1 hôpital Saint-Eloi , était depuis long-temps considéré comme incurable. Depuis quatre ans que l’opération a été faite , le mal ne s’est pas reproduit.

Planche 15.

Rétrécissement accidentel de l’ouverture de la bouche à la suite d’une affection dartreuse ; incisions latérales CF, ED {fig. 2); réunion de la muqueuse avec la peau IK, MN [fig. 3) : guérison. Le mode opératoire que l’on a mis en usage chez ce malade appartient à l’auteur, et diffère essentiellement de celui de M. Dieffenbach.

Planche 16.

Le malade avait été déjà opéré d’un cancer de la lèvre inférieure , et il en était résulté un rétrécissement de l’ouverture de la bouche. Un nouveau cancer paraît et détruit encore une partie de cette même lèvre : tel était l’état du nommé Besson , lorsqu’il vint à l’hôpital Saint-Eloi [fig. 1). Or , il a fallu non-seulement enlever le nouveau cancer , mais encore faire une nouvelle lèvre et ménager une ouverture suffisante à la bouche. C’est

DES PLANCHES

ce que j’ai fait en empruntant deUx lambeaux latéraux dans l’épaisseur des joues , comme l’indique la fig. 2. Quelque grande que paraisse la bouche après la guérison , . fig. 4 , le dessin n’en est pas moins fidèle. L’un de mes collègues, que j’avais conduit auprès du malade pour l’examiner avant sa sortie de l’hôpital , fut un instant dans l’impossibilité de dire quelle était l’opération qu’il avait subie , tant les formes de la lèvre inférieure étaient régulières.

Planche 17.

Destruction d’une grande partie du nez et cicatrices adhérentes , à la suite d’un coup de feu tiré dans la bouche; formation d’un nouveau nez aux dépens des restes de l’ancien nez et de la peau des parties voisines. L’opération a été pratiquée par M. Larrey, et mérite une attention toute spéciale du lecteur, afin d’apprécier au juste les prétentions par trop exagérées de M. Dieffenbach. Le fait a eu lieu à Paris , en 1820, à l’hôpital du Gros-Caillou; la date est importante à noter.

Planche 18.

Cette femme , âgée d’environ 50 ans , portait depuis long-temps sur le nez un cancer qui avait détruit une grande partie du chapiteau de cet organe. L’ulcère a été enlevé à l’aide de deux incisions se réunissant en un angle C vers là partie supérieure , tandis que la peau ,

EXPLICATIOX

ramenée de droite et de gauche , a servi à réparer la perte de substance et à conserver au nez sa forme naturelle. En déOnitive , il n’est résulté de cette opération qu’une cicatrice linéaire au milieu du lobule du nez. Le mode opératoire que j’ai suivi chez cette malade , peut donner une idée de la méthode française appliquée ù la restauration du nez.

Pl.vnche 19.

Cette planche offre un nouvel exemple de rhinoplastie d’après la môme méthode. Elle a été faite dans la vue de conserver le souvenir du plan opératoire que je proposai à M. Lisfranc, et qu’il mit en pratique à Paris, en juillet 1830. L’opération ne réussit pas aussi bien que ce que semble l’indiquer la fig> ^ ; mais elle n’en prouva pas moins tout ce que l’on peut attendre de la méthode à laquelle elle se rattache , surtout lorsque l’opération sera faite dans des conditions plus avantageuses. Outre que le chapiteau du nez et la sous-cloison manquaient presque en totalité , la cloison des fosses nasales avait été tellement détruite , que le nouveau nez manqua de point d’appui. Aussi s’affaissa-t-il peu de temps après.

Planche 20.

A côté d’un cas de rhinoplastie d’après la méthode française , je n’ai pas été fèché d’en placer un autre relatif à la méthode indienne , afin de faire voir que je n’ai pas

DES PLAIVCHES.

-dor)

jugé cette méthode sans la connaître. Chez le malade en question , qui est aujourd’hui officier supérieur dans l’armée active, j’ai pu, en empruntant un lambeau au front , restaurer une difformité assez grande du nez. Cet organe , comme l’indique la pg. 4, n’est pas aussi régulier que la plupart de ceux que l’on voit dans les ouvrages de chirurgie plastiqué. Mais je tenais avant tout à être exact, et larhinoplastie , puisqu’il faut le dire , est encore l’une des restaurations de la face qui laisse le plus à désirer.

Planche 21.

J’ai pris cette planche dans le travail de M. Labat sur la rhinoplastie , n’ayant à citer moi-même aucun cas de restauration des ailes du nez d’après la méthode française ; il s’agit encore ici de la méthode indienne et non de la méthode par déplacement. Je prie seulement le lecteur de ne pas perdre de vue que , les lambeaux latéraux ayant à subir un demi-mouvement de rotation , les deux demi-cercles qui correspondent aux lignes C et F, et qui sont censés destinés à flgurer les ouvertures des narines , devraient correspondre aux lignes B et E. C est une erreur de dessin qu’il ne m’a pas été permis de rectifier.

Planche 22.

Cette planche se compose de quatre figures bien distinctes. La pg. 1 offre un cas de restauration de l’ouverture

EXPLICATION

de la narine gauche pour laquelle il a suffi d’agrandir le petit trou déjà existant A , de recoquiller la peau en dedans et de la fixer dans cette position à l’aide de qnelques points de suture, après l’avoir préalablement amincie.

Les /îÿ. 2 , 3 et 4 ont pour objet les divers procédés opératoires que l’on a tour à tour appliqués à la restauration de la sous-cloison. La Pg. 4 indique ce mode de restauration d’après la méthode française.

Planche 23.

Le jeune homme qui fait le sujet de cette planche avait la mâchoire inférieure invariablement fixée contre la supérieure , par suite de cicatrices adhérentes à la face interne de la joue gauche, survenues à l’occasion d’une inflammation gangréneuse de la bouche. L’opération qu’a subie ce malade a consisté dans une série d’incisions A B, B C , C D , D A /îÿ. 2 , qui avaient pour but de mettre les cicatrices à découvert et de les enlever, en ayant le soin de réunir immédiatement après les plaies qui devaient résulter de leur ablation. Les/îgr. 2 et 3 donnent une idée du plan opératoire et de l’état des parties après le premier pansement. Comme le mal avait son siège dans l’intérieur de la bouche, il a fallu de toute nécessité commencer par fendre la joue à partir de la commissure D , afin de bien connaître les limites des adhérences.

Planche 24.

Cette opération peut être citée comme le type de la

DES PLAJîCltES.

méthode française appliquée à la restauration dos joues ; en effet , elle montre comment un lambeau de peau peut être pris , même à une certaine distance , et subitement déplacé par l’effet seul de l’élasticité dont il jouit, sans éprouver de trop grands tiraillements , voyez fig. 2 3.

Si , quelques jours après l’opération , la partie supérieure du lambeau s’est mortifiée , comme l’indique la lettre G, fig A, cela n’a tenu qu’au trop grand nombre de points de suture que j’avais placés.

Planche 25.

Les deux malades que l’on aperçoit sut cette planche avaient éprouvé , l’une et l’autre , Une déperdition de substance à la face qui a nécessité l’opération de la génoplastie. Chez la première , /îg». 1, on a cru devoir recourir à la méthode indienne , en ayant cependant la précaution de ne faire subir au lambeau qu’une légère rotation. L'opération a réussi ; mais il en est résulté une plaiè au cou et des cicatrices irrégulières , par suite du froncement du lambeau, plus une gène très-grande dans les mouvements des mâchoires ; je m’abstiens de citer l’auteur.

Quant à l’autre malade que M. Gensoül a opérée, en se conformant en tout point aux règles de l’autoplastie suivant la méthode française , le succès a été complet , et la difformité nulle. J’ai mis ces deux faits en regard l’un de l’autre , afin de permettre au lecteur d’apprécier le degré respectif de simplicité des deux modes opéra-

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