DIX-HUITIÈME OBSERVATION
Tuméfaction considérable , sans induration , du col de la matrice ; dilatation de son orifice ; leucorrhée abondante ; injections dans le col ; guérison.
Madame 1\., âgée de trente ans, ayant eu deux cnfans, dont le plus jeune est âgé de cpiatre ans, impressionnable et irritable , éprouvait, depuis un an qu elle avait quitté Genève, sa patrie , pour habiter Paris , tous les symptômes du catarrhe utérin : douleur sourde dans le bas-ventre, dans les lombes et les aines, où elle ressentait des tiraillemens incommodes lorsqu elle restait quelque temps debout ; pesanteur
sur 1g sieg^G Gt. 1g pGrincG, cjui rcndîut les longuGS promenades pénibles et cpielcjuefois impossibles; écoulement continuel et très-abondant par la vulve d’un imicus branp-jamiaü’e., épais, ou de glaires filantes comme du blanc d’oeuf, sur lesc|uelles on remai’cpiait parfois des stries de sang. Constipation pénible et h^bi|;^elle; amaigrissement marqué; pouls fébrile; les réglés n’ayant éprouvé aucun dérangement. Au toucher, le col parut mou, volimiineux , et l’orifice utérin, tres-dilate, admettait facilement le bout du doigt indicateur. A la vue, toutes les surfaces qui étaient abreuvees d’un mucus épais parurent, lorscpie ce mucus fut abstergé avec un linge fin, d un blanc grisâtre qui contrastait avec la coideur rosée de l’orifice de la matrice. De légères excorit^tions linéaires s’observaient dans la direction de la cavité du col : en exerçant une pression avec Iç spéculum sur la cloison utéro-vaginale et le corps de la matrice, on faisait sortir par son orifice une ejuantité considérable de mucosités ; la pression avec le doigt et le spéculum était douloureuse ; le col était â un pouce au dessus du périnée.
Je pratiquai mie soignée du bras, de huit onces, el pendant huit jours , des injections émolüentes d’eau de guimauve et de pavot , des bains, mi régime doux et le repos furent prescrits. Lorsque les doideurs de la m^^trice f lurent calmées, je remplaçai les émolliens par une décoction d’ime forte poignée dç suie dans luie pinte d’eau , avec laquelle je fis, cta^uç, niadii, trois ou qqatre injections dans la ca-
DE LA MATMCE. ^^5
vite utérine, au moyen d’une $onc).e en gQKfipae pl^tique, inti’oduitc par Tim de ses bouts dans Torifige et la cavité du col. Ces injections se faisaient avec facilité sans occasioner de doujevu’. Après aypir retiré la sonde , je portais sur le col et j’y laissais à demeui’e jusqu’au lendemain un fort plumasseau de charpie imbüjé de la même décoction ; je pouvais m’assurer chaque matin que la charpie était restée en contact avec le col , maintenue dans cette position par le resserrement de la partie supérieure du canal vaginal.
Ces pansemens furent continués pendit qujnze jours, après lesquels je les cessai pour m’assurer çle l’état de l’écoulement ; il avait presque entièrer^ent cessé. Je continuai néanmoins à faire une injectioni tous les deux jours, pendant un mois. La malade n’éprouvant plus alors aucun des symptômes signalés , tout traitement fut suspendu. La santç madame R. ne s’est pas dérangée de nouveau, deppi^ un an que je lui ai donné mes soins. Elle épçouve seplement de loin en loin quelques flueurs blanches , auxquelles elle est sujette depuis son enfance e^ qui ne constituent pas chez ell,e un état maladif.