CHAPITRE V
passer -des vins de Bourgogne dans cerlaines maladies. Charles de Bourgogne le nommoit la Boisson des lie'ros, et Fre'deric le Grand le preTe'rait à tous les autres vins de France. Nous avons fait . usage du vin de Bourgogne avec le plus heureux succès dans les maladies suivantes :
i.° Dans les affections goutteuses , et particulièrement dans celles qui n’e'laient point accompagnées d’inflammation, où le pouls était petit, où le malade se plaignait plutôt de froid que de chaleur, où la digestion était trouhlée, et quand il s’y joignait la paralysie des membres; lorsqu’il s’éta- Llissait une transpiration excessive sans diminution des douleurs; lorsque le malade se plaignait de manque d’appétit, d’une oppression dans l’estomac, ou qu’il survenait des diarrhées passagères; lorsque l’urine offrait un dépôt crayeux, ou qu’elle avait une couleur d’un jaune de citron avec l’odeur du soufre; lorsque la prostration des forces augmentait journellement, et que la goutte était devenue chronique ; lorsque les fonctions de l’amm ébranlaient le cœur, et que l’abattement, l’anxiété, la perte de. la mémoire et l’idée de la mort assiégeaient les malades; lorsque, enfin, le système nerveux était d’une irritabilité telle que le pas le plus léger, fait dans la chambre, arrachait au malade un cri plaintif
Dans ces circonstances le vin de Bourgogne est
DES VINS DE FRANCE J GlC. 4^
indique , tant dans le rhumatisme fixe , que dans le rhumatisme vague ^ surtout si la fièvre n’est pas violente;^ mais, dans tous les cas, il faut que le traitement indique', tant' interne qu’externe, soit modifie' suivant le caractère individuel de la maladie, et combiné avec un re'gime raisonnable.
Dans la goutte. des pieds et des mains, lorsque ces maladies portent le caractère de la faiblesse, que la diathèse inflammatoire ést passée, et que les crises ne peuvent se développer à cause de la faiblesse générale, ou lorsque la goutte des pieds s’est portée par métastase sur le canal intestinal, sur le cerveau ou sur les voies urinaires.
Dans la convalescence de la goutte, on peut souvent se dispenser d’administrer des médicamens : il suffit alors de faire prendre au malade, à dîner et à souper, plusieurs verres de Bourgogne.
Dans la goutte de la tête, surtout si elle est idiopathique, et si les fonctions de la digestion sont secondairement affectées , l’on ne saurait donner au malade une medleure panacée que des vins de Bourgogne naturels et fins, principalement si les personnes sont faibles ou cachectiques , et il n’existe point d’inflammation ; lorsque le pouls est petit et fréquent, ou lent et ondulent, et que la peau est sèche.
Nous avons observé un accès de goutte cérébrale avec aphonie, et nous avons remarqué que