CHAPITRE Y
le quart seulement d'un goLelet de \in de Bourgogne. On peut employer dans' eetle maladie les vins que Serviere range dans la seeonde et la troisième classe , tels que ceux d’Auray , de Montelic et de Mercurey, de la contre'e de Cliâlons, le vin de Torny, de Clienay, du Maçonnais, et autres semblables.
i5.^ Dans les he'morrhagies. Dans ces maladies nous avons toujours employé avec beaucoup de succès les vins de Bourgogne généreux, joints à d’autres remèdes convenables, et nous les avons préférés à tous les autres vins rouges de France, parce que ces derniers sont trop lourds et trop Stimulans, meme administrés à petites doses ; ils agissent avec trop de violence sur le système sanguin , ce qui peut avoir des suites fâcheuses.
Cependant l’usage du vin rouge de Bourgogne, dans cette maladie , exige , de la part du médecin , une grande sagacité du jugement , et un certain tact qu’on n’acquiert que par la pratique.
Les vins de Bourgogne ne sont indiqués qu’aux conditions suivantes :
a) Lorsque l’action du système sanguin n’est point augmentée, et qu’il n’y a point de pléthore;
b) Quand les malades n’ont point d’idiosyncrasie opposée au vin ;
c) Quand la maladie est le résultat de la fai-
DES TIPsS DE BOURGOGNE.
blesse du système arleriel, ou de tout le système irritable ;
d) Quand elle s’est ibrmëe par suite de causes débilitantes qui ont airaibli la totalité de l’organisme , et particulièrement le système sanguin , comme après de longues maladies , après de nombreuses couches (dans ce cas nous avons nonseulement employé le vin de Bourgogne intérieurement J mais encore extérieurement , sous forme
d’injections dans l’utérus); enfin, après des évacuations excessives de la salive, après des dysenteries, etc.
u) Quand le système nerveux est fortement attaqué et alfaibli, après l’usage des poisons narcotiques, qui avaient produit en meme temps une altération du sang dans le système vasculaire ;
y) Lorsque les hémorrhagies paraissent après l’usage d’alimens indigestes ;
Lorsqu’elles arrivent après des travaux corporels trop fatigans;
A) Lorsqu’elles sont produites par anastomose ou par diapédèse, et que le pouls est petit, fréquent ou ondulent; lorsque les malades sont trèsalfaihlis parla perte du sang, qu’ils sont sujets à des évanouissemens ; en un mot , si le flux de sang n’est point actif, et n’est point la suite de l’habitude des saignées.
O Les vins de Bourgogne ont particulièrement
CirAPITRE T.
une grande cflicacile' dans la convalescence, après les hèinorrliagies ; lorsqu’il existe une grande faiblesse, avec pâleur du visage et des lèvres, deTaut d’appèlit; .que les convalescens se plaignent d’une sensation dèsagre'able de froid, sans pouvoir se rècbaulfer.
Nous saisissons cette occasion pour prévenir tous les hommes de l’art contre l’usage des vins de France, et notamment de ceux de Bourgogne, dans l’hémoptysie ou dans le crachement de sang.
L’expérience nous a démontré que les personnes atteintes de cette maladie ne pouvaient supporter ces vins , ni pendant la maladie, ni meme pendant la convalescence. Nous les avons essayés tant dans l’hémoptysie idiopathique que dans la symptomatique, et il en est toujours résulté de fâcheux effets.
Les vins de Bourgogne de seconde et de troisième classe sont principalement indiqués dans les hémorrhagies sus -alléguées ; mais toutefois leur application ne doit se faire qu’avec prudence. Il faut commencer par de très-petites doses , et les augmenter par la suite j mais il faut toujours observer les symptômes qui surviennent, et discontinuer l’usage du vin du moment ou se présentent des congestions, des inquiétudes, des anxiétés, avec un pouls plein et dur.
Lors d’une forte irritation du système nerveux, accompagnée de faiblesse de la voix et d’évanouis-
semens, il ne faut admiiilslrer le vin de Bourgogne qu’à la dose d’une demi- cuillerëe j ou d’une culllere'e entière, seulement toutes les deux ou trois heures : qu’on se garde bien de le prescrire au malade à jeun ou dans la matinée ; et s’il produit la constipation, il faut en cesser l’usage aussitôt.