CHAPITRE Vir
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Le vin de Bordeaux, continue Sera'ière, peut cire considéré,
« i."" Rclallvement à sa force, comme une es- « pèec de me'dicament, surtout parce quil est sto- « macliique, et qu’il agit comme digestif, après « l’usage de la Bière et d’alimens indigestes.
« 2.^ Il est plus economique; car l’on ne peut « pas en Boire aulant que d’autres, attendu qu’il « porte de suite son clTet à la tête.
« 5.° Il supporte parlaitement le mélange de « l’eau , et il a un goût très-agrèaBle étant ainsi tempéré. Enfin,
qû Tiré en Bouteilles, il s’améliore Bien vite. Ln vin de cette qualité , qui n’a que deux ou trois ans, est déjà aussi fin qu’un vin du Rliin de vingt-cinq ans; il est délicieux pour en faire du Bisclioffs et, relativement à son prix, il mérite la préférence sur tous les autres vins.
« L’on tire, depuis long-temps , les Roussillons du Languedoc. Ces vins sont extrêmement forts et lourds ; et celui qui aime ces deux qualités, les rencontre à un très-haut degré dans ces vins: on peut s’en servir pour vins de déjeuner.'’"
« Bavontie nous offie aussi dilférens vins Blancs,
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Je ne puis, sous ce rapport, donner mon assentiment à l’opinioa de Serviere, parce qu'ils sont trop capiteux et qu’ils attaquent trop fortement le système sanguin.
Note de V Auteur.
DES Y INS DE BORDEAUX
« comme, par exemple, ceux de Lasse et haute « Chalonne, de Las et liaut TLusau, de Bian et « de Juramoii , que l’on expcdle dans le Nord, et « que l’on mêle aussi fréquemment avec les vins « de Bordeaux.
« Le Dauphiné possède aussi quelques vins <f renommés , parmi lesquels celui dit de l’ilermi- « tage est le meilleur. C’est un vin rouge et lourd, « que les Français appellent lè médecin de la « cave. Il y a aussi de l’Hermitage Liane, mais qui « est loin de jouir d’une aussi haute réputation.
Les vins de Cote- rôtie et de Cornas appar- « tiennent aux qualités les plus exquises et les
plus chè res.
<< En général, les provinces de France nous « fournissent une foule de vins, tels que ceux « d’Orléans , de Nantes, de la llochelle et de Blois , « dont je ne ferai point mention , parce qu’ds ne « jouent pas un rôle distingué dans le commerce.
Usage thérapeutique des vins rouges de
Bordeaux.
Remarquons préalahlement qu’il nous est impossihie de déterminer avec précision les effets de tous les vins de France , puisque les oLservations des médecins en général , ainsi que la nôtre en particulier, sont insuBisantes à cet égard, et
CIIÀPITKE VII.
qu’oulrc cela noire iravail sur les cffels des vins devicndrail trop long, et nous laisserait trop peu de lcni[)s et d’espace pour parler des autres vins, tels que ceux de Hongrie et d’Espagne.
Nous nous bornerons en conse'quence aux vins de France les plus iniportans, et surtout à ceux que nous avons eu occasion d’employer dans la pratique.
Les vins rouges, nolaminent ceux de Cliâteau- Margaux et de Medoc , première et seconde qualité, agissent comme toniques sur les organes digestifs, d’oii leur ellét se propage sur le cerveau et le système vasculaire. Pris à doses modérées, leur effet est analogue à celui des vins de Bourgogne; néanmoins il est plus rapide, et produit une plus grande exaltation dans le système sanguin : car, à quantité égale , les vins de Bordeaux renferment bien plus de principe spiritueux que ceux de Bourgogne. Lorsqu’on les boit avec modération, tout le corps se sent pénétré d’une cbaleur douce et agréable ; ils agissent sur les facultés de l’aine : la tristesse et la mélancolie cèdent à la bonne liumeur et à la gaieté , et les hypocondriaques oublient leurs maux. Ces vins sont indiqués dans les memes maladies que les vins fins et généreux de Bourgogne.
11 n’y a contre-indication que pour les cas suivans :
a) Lorsque les malades sont constipés ;
U) Chez les personnes d’un teint brun -noir, et dont les libres sont trop roides, comme par exemple les alrabdaires ;
c) Dans les inflammations de toule espèce, notamment dans les inflammations actives ;
J) Chez les sujets dont le foie est attaqué, ou chez les pulmoniques.
Les vins de Château- Margaux , les Médocs Ans et le Haul-13rion, conviennent mieux à des malades accoutumés à une vie sédentaire , parce qu’ils ne sont pas aussi lourds que ceux de S. Julien , de Mont - Ferrand, de Roussillon et autres. Mais nous conseillerons plutôt les vins de Ubourne et les Roussillons aux malades accoutumés à vivre en plein air , comme les chasseurs , les fermiers, etc.
Les vins de Château-Margaux et de Côtes sont particulièrement indiqués dans les maladies qui tiennent à une digestion languissante , à un état d’atonie des organes digestifs. Mais l’expérience nous a suflisamment démontré que tous ces vins rouges opèrent bien plus promptement et plus favorablement sur l’organisme, quand les malades peuvent se donner du mouvement en plein air, que ce mouvement soit actif ou passif.
JjCS vins favorisent alors la transpiration cutanée ; les sécrétions et les excrétions, en général, se faisant avec une plus grande activité, rejettent