‹ Traité sur l'usage et les effets des vins dan les maladies dangereuses et mortelles et sur la falsification de cette boissonChapitre 63 sur 105 · CHAPITRE Tlî · texte numérisé non relu

CHAPITRE Tlî

de la maladie , parce que l’expeiience nous ins- Iruil qu’il n’a^it avec succès que lorsqu’d y a une faiblesse re'elle et qu’il n’y a plus de doute sur le caractère nerveux de la maladie. Nous avons aussi juge' peu convenable de prescrire le vin aux enfans âges de trois mois à un an , attendu qu’il jieut être nuisible à des êtres si irritables et si délicats.

5.‘’ Enfin , dans les affections goutteuses chroniques, lorsqu’elles sont accompagne'es de constipation , et quelles tiennent à une faiblesse particulière du système nerveux.

Il faut bien se garder d’administrer, dans ces cas, les vins rouges de France, parce qu’ils ne feraient qu’augmenter la constipation, et qu’ils produiraient des congestions vers la tête, des nausées et même des vomissemens. L’on ne peut donc conseiller ici que les vins blancs de France, mais vieux et généreux.

' Ils conviennent le mieux aux malades • étant mêlés aux eaux minérales de Geilnau ou de Seltz, ils augmentent la transpiration et la sécrétion de l’urine. Nous les prescrivons aussi comme vins de table , et jusqu’à concurrence de deux à trois verres. Ils produisent surtout d’excellens effets dans la convalescence, lorsque les sujets sont encore faibles et cachectiques , qu’ils mènent une vie sédentaire, et qu’ils prennent rarement l’air 5 enfin, s’ils sont inquiets, hypocondriaques

DES TIJSS DE BORDEAUX

et rrie'conlens de leur sort. Le viiij pris avec mode'ralioiij opère admirablement clicz ces deimiers, et justifie ce que dit Ovide :

\ ~ina parant animos , faciuntque calorihus aptos :

Cura fugit multo diluiturque mero.

Tune veniunt risus , tune pauper cornua sumitÿ Tune dolor et curœ , rugaque Jrontis abit :

Tune aperit mentes œvo rarissima nostro Simpücitas , artes exeutiente peo.

Nous recommandons particulièrement à de tels malades les vins blancs de Langoiran , de Hats, de Bergerac, de Castillon , de Barsac, de Grave, de Landiras et de Sainte-Croix.

Dans l’hydropisie de la matrice, soit quelle ait son sie'ge dans les trompes deFallope, soit dans la cavité de la matrice meme. Ici nous avons reconnu les bons effets, non -seulement de Fusage interne de ces vins, mais encore de leur emploi extérieur sous forme de lotion sur le bas-ventre.

La composition suivante nous a paru d’une grande efficacité. Nous fîmes mettre dans une bouteille de Haut-Barsac un ou deux iiros de racine

de bi’voine et deux onces d’absiniiie ; nous laissaines reposer ce mélange pendant buil jours ; après quoi nous ordonnâmes au malade de commencer par en prendre journellement un demi- gobelet à dix heures du matin et à quatre heures après midi; mais, après huit jours, d’en venir à deux gobe-

0^ CHAPITRE Vir.

Icts, en ne ne'gllgeant point les autres ine'dlcamens convenaI)les, ni les lotions de Barsac sur le basventre et le régime indique.

7.'^ Dans la jaunisse. L’on ne peut lui opposer le vin que quand elle n’est point le re'sultat d’inflannnations , d’indurations et d’obstructions du foie , mais quelle est la suite de la se'crëtion empéchëe de la bile ou d’un retrëcissement dans les vaisseaux du foie, ou de contractions spasmodiques de la ve'sicule du fiel ; quand les malades se plaignent d’une grande faiblesse et de lassitudes; quand le pouls est lent et ondulent ; quand il y a abattement, tristesse ou douleurs passagères afèpigastre; lorsque l’urine est d’une couleur brunâtre, avec des points graisseux ; que les exciëmens ressemblent à du jaune d’œuf, et que le malade, enfin, se plaint d’une ple'nitude dans la re'gion pericordiale et d’un manque absolu d’appètit.

Dans ces circonstances les vins blancs de Bordeaux produisent un excellent effet; mais il importe beaucoup d’agir avec prudence, et de ne point les donner à trop fortes doses. Il ne faut d’ailleurs pas ne'gliger les autres remèdes que l’art indique dans cette maladie. L’on peut, à la place des vins de Bordeaux , faire usage de bons vins de Bayonne, ainsi que de ceux du Dauphine', tels que les vins de basse et haute Gbâlonne, Bian , Jurançon, et autres.

DES VI^’S DE BORDEAUX. o5

Nous faisions aussi boire à nos malades avec beaucoup de succès une infusion de calamus et d’absindie dans ces memes vins. Pendant ce traitement, fusage de la bière, ainsi que des mets et boissons aigres, est sévèrement interdit.

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