‹ Traité sur l'usage et les effets des vins dan les maladies dangereuses et mortelles et sur la falsification de cette boissonChapitre 81 sur 105 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

liqueur, est de les tenir couches en bouteilles, sur le sable, dans une cave bien fraîche. Ils sont, d’après Serviere, tous sur-saturès de sucre; il a vu luinièine du sucre se cristalliser dans des bouteilles de Lunel et de Frontignan. La chaleur y renouvelle souvent la fermentation , les trouble, et les fait mousser au point que les bouteilles en éclatent.

Gomme ils contiennent du sucre en e'tat de solution, ils sont calcine's, et par conse'quent spécifiquement plus pesans que l’eau, en sorte qu’ils ne peuvent êtr e soumis à l’épreuve de la pesanteur spécifique proposée par Serviere : ils tombèrent au fond de l’eau , lorsqu’on en voulut faire l’essai , et ils restaient dans la petite fiole, au lieu de monter, lorsqu’on la plaçait dans un verre d’eau. Nous reviendrons plus bas sur cette manière d’éprouver le vin.

Des effets et de V usage tJiérapeutujue des

vins de liqueur.

Quoique nous ayons déjà parlé de quelquesuns de ces vins , nous croyons cependant nécessaire d’ajouter encore quelques observations relatives aux effets du vin de Tokay , de l’essence , du Masslach , et du vin de Tokay ordinaire. Le Tokay flatte agréablement l’estomac, réveille la sensibilité, augmente les battemens du pouls, répand une douce chaleur sur tout le corps,

DES VINS DE DESSERT

et proclail la gaiete et la sére'nite' de Tame. S’il est pur et naturel , on peut l’appeler le roi des vins. Il restaure les forces , et ramène la vitalité'. Mais il faut se gardeE de l’employer dans les inflammations conside'rables. Nous avons administre la qualité' de ce vin connue sous le nom (ï essence, dans les cas suivans ; savoir :

id Dans les maladies où les forces vitales commençaient à s’affaisser conside'rablement j où le pouls e'qiit lent et petit, la voix balbutiante : par exemple, dans la seconde pe'riode de la fièvre nerveuse, lorsque fa faiblesse e'tait très-conside'rable, que la fièvre avait,^cesse' , et que le système nerveux e'tait fortement ébranle ; qu’on remarquait des spasmes violens , des soubresauts dans les tendons , des excre'lions involontaires d’urines et d’excre'mens ; que la peau e'tait sèche au toucher; que les malades n’avaient que peu de soif; que le de'lire e'tait plutôt calme que violent; que les assoupissemens alternaient, et que les malades étaient menacés d’une apoplexie nerveuse. Dans' ces circonstances les vins doux, généreux, filaient en général indiqués : mais la première qualité de Tokay y est surtout d’une grande efficacité. Il faut en faire prendre au malade toutes les deux heures, d’une demi- cuillerée à une cuillerée entière , alternativement avec du musc, du camphre, des infusions de serpentaire, de valériane, et l’éther sulfurique. Nous remarqua-

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