‹ Traité sur l'usage et les effets des vins dan les maladies dangereuses et mortelles et sur la falsification de cette boissonChapitre 91 sur 105 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

de la maladie , offrent un caractère de'cidèment putride, et dans ce cas il faut administrer les vins généreux dès le second ou ti^olsième jour.

Dans les deux espèces de rougeole dont nous avons parlé ci-dessus, les vins de Tokay, dits VesscncCy la première goutte et les vins de Tokay ordinaires, sont spécialement indiqués. L’on n’en donnera aux enfans de trois à six ans, toutes les heures, qu’une demi- cuillerée à thé, jusqu’à une cuillerée entière, surtout lorsque les malades refusent absolument tout médicament. Dans les cas d’une grande faiblesse et dans la convalescence , on pourra leur en donner trois à quatre fois par jour une petite demi-cuillerée à soupe ; mais, s’il y a des diarrhées colliquatives , ou des vomissemens, ou sécheresse de la peau, on leur prescrira préférablement les vieux vins de Madère et de Malaga : c’est par leur prudente administration que nous avons arraché bien des enfans à la mort. Quand on ne peut se procurer ces sortes de vins , on y suppléera par le vin de Lunel ou le vin d’Alicante doux, en se conformant à l’excellent précepte que nous donne Fr. Hoffmann, dans une thèse classique relativement à l’emploi des vins, et que voici :

Prœterea in illis morhis , ubi ad peripheriam corporis virulentum quid expellendum est^ videlicet in petechialibus , variolis^ morbillis y si

DES VIx^S DE DESSERT.

neinpe natura iinhecllUs ^ motus cordis ad eæpellendum insujfficiens , vel etiam retrocessio eæanthematum ob debilitatem viriuin contigerit, vinum convenlt ÿ cœteroquin, si inagnus œstus et humorum ebullitio , pulsus citatlor hosce morbos comitantiir ^ abstinemus merito.

En employant les espèces de vin ci-dessus mentlonne'es dans la rougeole, il faut y joindre l’usage des bains de drèclie, ou des bains de plantes aromatiques, afin de rendre plus efficace l’action du vm sur la peau : si l’on suit exactenient notie conseil, l’on verra avec étonnement disparaître promptement les symptômes mortels , et des sueurs et des urines critiques amener bientôt ia gucbison et la santé.

2.° Dans la fièvre scarlatine. Il n’y a qu’un seul cas, dans cette maladie , où nous puissions permettre ou conseiller l’usage de ces vins ; c’est dans la deuxième ou troisième période de la fièvre, lorsqu’elle est nerveuse ou putride : mais il faut soigneusement s’en abstenir dans la première période, où elle est presque toujours de nature inflammatoire, et où elle ne présente de différence qu’en ce que chez tel malade c’est le système nerveux, chez tel autre le système irritable , chez un troisième le système de la nutrition, qui est préférablement affecté. De même, dans la convalescence de la fièvre scarlatine, dans ses métastases et dans les rechutes, le

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