‹ Traité sur l'usage et les effets des vins dan les maladies dangereuses et mortelles et sur la falsification de cette boissonChapitre 92 sur 105 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

seul moyen de salut, indépendamment du musc, du phosphore , etc. , c’est le vin : surtout si ies malades se plaignent d’une grande faildesse ; s’ds sont atteints de convulsions; si la peau est sèche, la langue rouge et dessèclie'e; si le pouls est petit, fre'quent et variable; si le visage est enfonce' et cadavéreux ; s’il y a manque d’appétit , avec la diarrhée, et que les malades éprouvent des anxiétés inexprimables. Dans ces circonstances les bains tièdes, associés aux autres médicamens, et surtout au vin , font souvent des prodiges.

Nous sommes entièrement de l’avis de Girtan- TNER et des Anglais, qui conseillent l’usage du vin dans la fièvre scarlatine. Souvent nous administrâmes avec succès le vin ordinaire de Tokay aux enfans, à la dose d’une cuillerée ou d’une cuillerée et demie à thé, toutes les deux heures; aux adultes, toutes les deux heures une cuillerée à soupe, ou une cuillerée et demie. Dans les cas où nous ne pouvions nous procurer le vin de Hongrie, nous ordonnions le vieux vin de Madère et de Alalaga. Quelquefois meme les vins deTokay n’agissent point avec autant d’efficacité que le bon Madère. Celui-ci produisait particulièrement d’excellens effets, lorsque , dans la convalescence de la fièvre scarlatine, les fonctions de la digestion étaient troublées , qu’une diarrhée débilitante alternait avec des maux de îéte vlolens et périodiques, et qu’ enfin la faiblesse

DES VINS DE DESSERT

augmentait journellement. A ces sortes de convalescens nous ne prescrivions, pour tout remède, que le vin de Madère le plus vieux et le plus j^ur. Nous en faisions prendre aux enfans de cinq à huit ans , toutes les deux heures , une demicuillere'e a the, ou une cuillerée entière, en ordonnant en meme temps , de deux jours Fun, des hains tièdes de moutarde ou d’origanum , de serpolet, de menthe poivrée et de calamus.

Nous ne saurions cependant nous lasser de répéter que les vins ne sont pas indiqués dans toutes les espèces de fièvre scarlatine : iis sont contre-indiqués dans la première période de cette fièvre, meme dans la troisième et la quatrième période, lorsqu'elle offre le caractère distinctif d’une synoque inflammatoire , et lorsqu’elle attaque des personnes hien constituées, fortement musclées, sanguines et irritables. Dans cette dernière espèce de fièvre scarlatine l’on n’ose administrer le vin dans aucune période ; car il ne fait qu’augmenter l’inflammation et la fièvre , occasioner la gangrène, et provoquer une apoplexie mortelle.

Si, au contraire, la fièvre scarlatine est, dès son début , plus inflammatoire que putride ; si dans le meme temps il règne des fièvres putrides, et si la température de l’atmosphère est très-variable, comme dans les grandes chaleurs de l’été, lorsqu’elles sont suivies d’orages, lorsque des pluies

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