CHAPITRE X
sion de faire voir quel parti on peut tirer de * l’usage du vin dans le traitement de la coqueluche, cette maladie spasmodique du diaphragme. Les nombreuses observations que nous avons eu occasion de faire, depuis ce temps, nous imposent le devoir d’ajouter ici quelques réflexions à ce sujet.
L’experience nous a de'montre qu’aucune espèce de vin ne produit de meilleurs effets, dans la coqueluche , que les vins de liqueurs.
Dans cette maladie, si souvent mortelle, il faut employer ces vins avec précaution, depuis le Lunel jusqu’à l’essence de Tokajj et souvent meme, dans sa dernière période , nous parvînmes à guérir cette maladie opiniâtre par le seul usage de l’essence de Tokay, duTokay ordinaire ou du vin de Madère, dont nous ordonnions, selon les circonstances, toutes les deux à trois heures une demicuillerée à thé, ou une cuillerée entière.
Que l’on ne s’imagine point, cependant, que le seul usage de ces vins puisse généralement et dans tous les cas guérir la coqueluche. Le célèbre Hu- FELAND a raison de parler, dans son Journal, d’une diathèse inflammatoire avec surcharge pituiteuse ; car souvent cette maladie spasmodique, originairement locale, présente une complication inflammatoire qui dépend de la constitution pléthorique et irritable du sujet, ou de la constitution
DES VINS DE DESSERT
atmosphérique , ou quelquefois aussi de l’e'pidemie régnante. C’est pourquoi nous ne conseillons les vins ni dans la première ni dans la seconde pe'riode, mais dans la troisième : si l’en Tant est irèsafFaibli et maigre, si la lièvre est irrégulière, ou s’il existe une faiblesse prédominante dans les organes de la respiration ; si , comme l’observe si bien le savant Schæffer , la toux secondaire attaque et affaiblit considérablement les enfans, c’est alors que l’usage des vins de liqueur est essentiellement indiqué ; outre cela , si le visage commence à devenir œdémateux ; si le sommeil est irrégulier ou entièrement troublé par une toux étouffante; si le pouls est petit , irrégulier et ondulent ou tremblotant ; si l’urine s’écoule quelquefois involontairement, si elle est trouble ou liquide comme de r eau, etc.
Ce fut dans de pareilles circonstances que, dans riiiver de i8i i , je parvins à guérir ma propre fille aînée, âgée alors de six ans, et que j’avais laissée à Naumbourg entre les mains des parens de mon épouse, lorsque je les quittai pour répondre a la nomination que j’avais reçue à la chaire de professeur à Jéna. Cette enfant fut attaquée d’une coqueluche épidémique , dont elle souffrit beaucoup pendant six semaines. Les meilleurs médecins de la ville furent appelés; mais, comme l’enfant était extraordinairement faible et irritable , et quelle