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Le but de notre Traité est de présenter d’une ma— niére concise ce qui est essentiel pour parvenir à la con-
e LE ° 4 L] | K «© noissance de ces singulières productions. Car, s’il arrive si souvent des accidens funestes, occasionés par méprise *, la cause la plus ordinaire est le manque de connolissances pour bieu distinguer les espèces. Une preuve D
* Méprise qui donne lieu à de fréquens accidens d’empoisonne-
mens, dont chaque année les journaux font meution.
de ce défaut de connoissances exactes, est qu’on ; donne souvent le même nom, non seulement à l’espèce > P
du même genre, mais à des champignons de différens genres.
Dans la première partie de cet ouvrage j’ai fait menlion de la structure ou des différentes parties qui cons— tituent un champignon, des endroits où ils croissent, et du temps où ils se développent. J’ai discuté les opinions des auteurs sur leur origine, leur propagation et leur fructification , et j’ai traité de leur distribution générale en classes, ordres et familles; j'ai aussi donné un aperçu des principaux genres, et une notice descriptive des espèces qui s'offrent communément à nos regards, ou qui se distinguent par quelque particularité remarquable , soit dans leurs formes , soit dans leur couleur , et dont tout homme, ayant tant soit peu de cu riosité, et à plus forte raison qui aime l'histoire naturelle, doit désirer avoir une connoiïssance au moins. générale,
Dans la seconde partie de ce Traité, j'ai décrit toutes les espèces dont on fait usage comme aliment on comme assaisonnement, ainsi que la manière de les préparer et de les conserver, le plus en usage. J’ai aussi fait connolire celles qui sont nuisibles, et qui, par leur ressemblance , pourroient occasioner des méprises dangereuses ; j'ai cité avec soin les auteurs qui en ont donné une bonne description , mais surtout les meilleures figures,
que Von fera bien de consulter pour la plus grande shreté,
Je n’ai pas fait seulement Pénumération des champignons salubres de la France, mais pour compléter autant que possible cet ouvrage, j’ai aussi fait mention de celles qui sont communément en usage en Allemagne et en Italie. Le nombre des espèces de ce dernier pays paroît le plus considérable, et il est à désirer que les botanistes qui l’habitent, nous fassent connoître d’une
manière précise tous Îles champignons usuels qui y
crolssent.
Il y a même, dans quelques départemens de la France, des espèces en usage qui ne sont ni bien connues, ni bien décrites par les naturalistes modernes, et dont M. Paulet parle souvent dans son ouvrage.
On pourroit, peut-être, m’objecter qu'il y a une classe de la société qui se sert probablement davantage quelesautres de ces végétaux, comme aliment , mais qui, consultant rarement les livres , netirera aucune utilité de
ce Traité. Indépendamment de ce que cette observation
est aussi applicable à tant d’autres livres destinés à l’instruction, ces hommes ne peuvent-ils pas attendre une direction salutaire, soit de leurs supérieurs, soit des hommes instruits et bienfaisans ?
Quoi qu’il en soit, j'espère que ce Trazté ne sera pas seulement de quelque utilité pour les botanistes , et pour les amateurs d’histoire naturelle qui, par délassement à la campagne, voudront acquérir des notions exactes sur les Champignons, mais qu’il sera indispensable pour ceux qui font usage des Champignons comme aliment ou comme assaisonnement.
io PRÉFACE.
Je ne puis terminer cette Préface sans témoigner à reconnoissance à M. le professeur Baïbis, à Turin, à M. le docteur Thore, à Dax, et à M. Mougeot, médecin, à Bruyères, qui m’ont communiqué des notices intéres sautes sur les Champignons comestibles de leurs pars, avec Pindication des noms vulgaires, Je ne puis non pus passer sous silence M. le docteur Hanin, professeur de matière médicale, tres-versé dans les sciences physiques et naturelles : je lui dois des remerciemens pour les encouragemens qu'il a donnés à mon entreprise.
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