‹ Traité sur les champignons comestibles, contenant l'indication des espèces nuisibles; précédé d'une introduction a l'histoire des champignons, avec quatre planches coloriéesChapitre 3 sur 32 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

‘Tour le monde connoit les championons,.

Ces productions naturelles frappent la vue par la singularité de leur forme et par la diversité de leur couleur. Les lieux qu'ils habitent, tantôt à l'ombre des forêts, tantôt sur les gazons et eu milieu des pâturages, tantôt sur les troncs des arbres et au bord des chemins, contribuent encore à attirer notre attention. Mais il paroît que la vue de ces singuhers végétaux inspire en général une sorte d’aversion, ou plutôt de méfiance ; car dans presque tous les pays, les hommes aiment ordinairement à les détruire sur leur passage : cet instinct est - il l'effet d’une sage prévoyance de la nature, pour nous mettre à l'abri du danger ?

} pd

L'apparition des champignons a lieu, à quelque différence près, dans ce pays, depuis le mois de juillet, jusqu’au mois de novenbre , et surtout pendant les pluies automuales; leur durée est très- limitée (de 6-12 Jours), mais les individus se succèdent avec abondance.

Plusieurs espèces ont une époque déterminée pour leur accroissement ; il y a des lieux et des pays où elles croissent de préférence. Les morilles, plusieurs helveiles et quelques pézizes ne viennent qu'au printemps. Les champignons sont en général annuels, excepté ceux qui sont d'une substance dure et cartilagineu$e, Le bolet amadouvier peut, d’après observation de Bulliard, prolonger sa vie jusqu’à quinze ans. Ce champignon produit vers la fin de l’hiver une nouvelle couche de tubes à sa partie inférieure, de sorte qu'il croît d’une manière tout opposée à celle des autres végétaux, c’est-à-dire du haut en bas : chaque accroissement marque une année nouvelle, et est reconnoiïssable par des saillies ou côtes, que l’on remarque à l'extérieur. Plusieurs petits champignons parasites végetent aussi dans lés temps doux de l'hiver. Ceux qui croissent sur des feuilles encore vertes,

Ta).

no (9)

paroissent dans le courant de l'été. Les moi-

sissures s’altachent en toute saison aux sub-

stances fermentescibles.

Quoique les champignons aiment lhumidité, on n’en trouve Jamais sous l’eau, mais on en rencontre dans les caves et les soulerrains, quelquefois à une profondeur considérable, où, sans doute faute de lumiere, ils acquièrent souvent une forme bizarre (1).

D'autres restent dans la terre et ne paroïssent jamais au-dehors ; tels sont les truffes et auelques sclérodermes. Les vesse-loup en étoile, et quelques champignons enfermés dans un vo/va bourse, croissent sur la surface de la terre, et se développent après une pluie abondante et chaude : ces espèces paroissent tout-à-coup, quoiqu'elles aient eu besoin long-temps aupa-

(1) Voyez: Vegetabilia in Hercyniæ subierraneis collecta, iconibus , descriptionibus et observationibus 1llustrata. Auctore G. F. Hoffmann. Norimberscæ.

Floræ Fribergensis specimen, plantas cryptogamicas præsertim subterraneas exhibens ; edidit F. A. Humboldi. Berolini, 1793.

J. A. Scopoli, Dissertationes ad scientiam naturalem pertinentes. Pragæ ; 1772, p.s. +

(40 ravant de croître et d'acquérir leur grandeur nécessaire. Mais la majeure partie des champignons proprement dits croisseni sur la terre dans les bois, préférablement ceux de pins et de sapins, un sol calcaire semble leur être plus propice qu’un terrain sablonneux.

Les champignons charnus, et principalement les terrestres, ont différentes manières de croitre : 1ls viennentousolilaires, et cesontpour l'ordinaire de grandes espèces, ou par peuplades; plusieurs individus sont rapprochés, mais non réunis ( gregarius), ou groupés, plus rapprochés, ou par touffes et souvent cohérens à leur base (cespitosus): les espèces qui naissent sur les troncs ou au pied des arbres, présentent cette réunion. Quelquefois des individus forment des traînées dans les bois.

Mais la disposition la plus singulière est en larges cercles que l’on appelle cercles magiques , cercles de sorcières ( Hexenkreise, en allemand ), et dont on ne connaît pas bien la cause. J'ai observé que si l’on détruit une ou deux années de suite ces cercies dans le même endroit, on remarque alors ces mêmes espèces reparoïître dans la suite solitaires et dispersées : vraisemblablement que Îles graines

(5) après ce déplacement, n'ont point êté disséminées circulairement ; mais la premiere cause en sera toujours diflicile à expliquer,

Üne grande partie des champignons devient en peu de temps la proie des vers, des insectes et des limaces. Quelques quadrupèdes, tels que les sangliers, les cerfs, les moutons et même les bœufs, sont aussi très friands de quelques espèces qu'ils savent distinguer. Les champignons onten outre leur destination particulière parmi les êtres créés. Il paraît qu'ils purifient lPatmosphère des forêts en absorbant, comme des éponges, les miasmes délétères; ilshâtent la destruclion des bois morts ou des substances fermentescibles. Quelques-uns sont aussi pour nous d’une grande utilité : personne n’ignore de quel usage est l’'amadou ; on emploie en médecine l’agaric du melèze et le bolet odorant ; le boviste et l’amadouvier sont employés pour arrêter les hémorrhagies ; le bolet sulfarin fournit une assez belle couleur jaune.

Ces productions contribuentaussi à la diversilé et à la beauté du spectacle de la nature. En automne où la plupart des plantes sont passées de fleurs, où les autres languissent, les bois sont embellis par la présence des champignons,

qui font sur nos sens plns d'impression que les autres végétaux par l’anomaliede leurs formes, par le contraste de leurs couleurs et de leur substance. C’est surtout dans ces forêts antiques et isolées, dit Bulliard { Æistoire des Champ. p. 65 ), où la nature règne en souveraine , hibre et indépendante, qu'il faut aller dans un beau jour d’automne jouir decespectacle, voir celte variété de formes, de couleurs, dont chaquenouveausite offre un tableau différent.

Dans tous les temps, les naturalistes ont été incertains sur la place à assigner, dans les classes des êtres organisés, à ces productions. Les anciens les regardoient comme de simples excroissances formées par la réunion des principes salins et sulfureux, ou par la putréfaction des arbres. Quelques naturalistes de nos jours, MM. Medicus, Maerklin, Ackerman, Kaëler et Haberle, ont voulu attribuer lorisine des champignons en général à un mélange de sucs piluiteux des plantes, lequel a recu par l'influence de Pair d’autres affinités et d’autres formes, en un mot, à une combinaison chimique.

N. J. de Necker, dans son Traité sur la

Mycétologie, publié à Manheim, en 1785, atiribue l’origine du champignon au tissu cellulaire et parenchymateux des plantes, qui se transforme, après diverses modifications, en un corps radiculaire, propre à la production d’une substance qu'ilappelle carcithe, quin’estautire chose que le blanc de champignon des jardiniers. Il propose de faire des champignons uu règne parlüiculier, auquel il donne Île nom de règne mésymale ( regnum mesymale ), et qui doit précéder immédiatement le règne minéral.

D'autres, telsque Buttner, Wilke, Weiss, le baron de Munchaussen, et même Linnœus, ont voulu meltre ces végélaux dansle règne ani: mal, en les considérant comme des polypiers, sans doule parce que ces savans ont remarqué des animalcules infusoires dans la poussière séminale humectée, principalement dans celle de quelques vesse-loup. |

Mais l'organisation interne très-variée des champignons, leur apparition périodique et souvent limitée à un certain endroit où croissent en même temps des espèces d’une forme différente, enfin une sorie de capsules et de graines reproduelives, analogues à quelques

| (80 autres plantes, ne permettent guère d'adopter ces mélamorphoses végétales.

Nous connoissons cependant deux ‘sortes de productions fungoïdes dont il seroit bien difficile d'expliquer la nature. La première est le Clavaria nosocomiorum, Villars ( Flore de Dauphiné ). Elle à , ditlauteur , un pouce el demi sur trois ou quatre lignes de diamètre, ayant des rameaux blancs, velus et tendres, Elle naît dans un jour sur les linges mouillés des malades qui ont des fractures. M. Paullet, dans son Traité sur les Champ. . en a décrit une variété qu'il appelle digitellus : c'est, dit-il, une fungosité imitant les doists de l'homme au point que la ressemblance en est frappante, jusqu'aux ongies qui y sont exprimés (si loutefois l'imagination n’y a eu quelque part ).

L'autre production qui m'a été envoyée par M. le chevalier Chaillet, à Neufchâtel, ressemble à une théléphore , ou à une membrane coriace ; ilme marque dans sa lettre que cette substance a été trouvée sur une bouteille cassée de manière que le vin n’a pas été répandu; elle couvroit l'ouverture que le morceau de

verre détaché avait laissée. Elle étoit du plus beau blanc et ondulée. L’autre morceau qui était rouge, a été trouvé de la même maniere sur une bouteille de vin rouge. Je possède une pareille substance trouvée dans une cuve où on avoit fait du vin, mais de la consistance et de Ja grandeur du Xylostroma giganteum. (1)

La plupart des botanistes actuels rangent les champignons au nombre des végétaux, dont

(x) Il n’y a presque pas un ouvrage des anciens botanistes sur les champignons où leur imagination w’ait cru irouver dans quelques formes bizarres ou monsirueuses, Occasionées accidentellement, des ressemblances avec quelques animaux , ou avec quelques parties du corps humain. Mais il est arrivé assez souvent que de petits champignons qui habitent des branches mortes ou des feuilles sèches, ont souvent une ielle ressemblance à l'extérieur avec certaines productions des insectes, et avec leurs œufs, que quelques botanistes de nos jours ont décrit ceux-ci comme appartenant à la famille des champignons. J’en citerai un exemple : feu M. Tode avoit fait des œufs de l'Æemerobus Perla, Linn., qui sont supportés par de longs styles, un genre de champignons sous le nom d’Æscophora perennis , ei que moimême, sans le connaître , j’avois adopté dans mon Synopsis fungor., p.685.

(10) ils occupent peut-être la dernière série. En effet, quoiqu ils ressemblent au premier abord

fort peu aux productions vésétales, et qu'ils n'aient ui rameaux, mi feuilles, ni fleurs, on leur reconnoit cependant une espèce de graines. [ls croissent comme les autres plantes par intus-susceplion ; ils sont doués, comme elles, d'irritabilité , souvent très - prononcée ; enfin la chimie y démonire un grand nombre de produits médiais, propres à cette classe d’étres organisés. Îls ont un suc propre, quelquefois coloré ou laiteux, douxouäcre, résineux , comme celui du bolet de melèze, auquel cette espèce doit sa qualité purgative. On obtient de ces productions de lalbumine, une malière grasse, Un. principe particulier que l’on appelle fungine (x). Le bolet

(1) La fungine est blanche, mollasse, fade et peu élastique; elle peut servir d’aliment. L’acide nitrique en dégage du gaz azote, et la convertit en une matitre analogue au suif, eten une autre analogue à la cire, en matière résinoïde, en amer de Velther , et en acide oxalique'; la fangine se combine à la substance astringente de la noix de galle. Chevreul, dans les Zlémens de physiologie végétale et de botanique , par M. Mirbel, prem. part., p. 470. Voyez aussi Popinion de M. Vauqueliu sur la fungine, dans les Annales de Chimie, v. 85; et Desvaus, Journal de Botanique , v. 4, p. 97—108.

( a11) sulfurin ( Bull. Champ. t. 429 }se couvre souvent de petits cristaux d’une saveur agréable. (1)

D'autre part, les champignons s’éloignent beaucoup des plantes ; car soumis à l'analyse chimique, ils ne donnent presque pas de gaz oxigène, mais du gaz hydrogène et de l’azote. Îls n'ont ni vaisseaux propres , ni pores cor- Uicaux ;mais un tissu cellulaire, dontles mailles sont larges et allongées. Cependant ces qualités répondent pour la plupart à celles de fruits de vraies plantes. Ils en participent encore d’autres qualités; ils sont comme eux charnus et'diversement coloriés : ils se gatent facilement, et ils paraissent, comme eux, vers la fin de l’été ou en automne.

D’après ces considérations , on peut regarder les champignons, non comme des plantes entières, mais seulement qui n’en présentent que les parties fructiferes ou granifères. Ils sont donc de simples réceptacles de semences ; et même dans quelques-uns, sans doute les pius

(1) Account of crystallised oxalis acid product from the boletus sulphureus ; by Robert Scott. 7’oy. les Actes de la Société Linnéenne, vol. 8, p. 202.

simples, on observe seulement une poussière séminale, dépourvue d’une enveloppe propre.

Pour l’appui de cette opinion , j'ajouterai les remarques suivantes. Dans les dégradations des plantes, depuis la plante la plus parfaite jusqu’à celle qui occupe la dernière place dans le rêégne végétal, ou la cryptogamie de Linnée, on voit disparoître, non -seulement des tiges et des feuilles, mais aussi des fleurs. Dans les fougères et les mousses, on ne trouve plus ui calice, ni corolle, du moins analogues à d’autres plantes ; dans les hépatiques, les tiges et les feuilles disparoissent; dans la famille des lichens , ce sont les racines en grande partie et les feuilles qui manquent.

Ces derniers cryptogames ont pourtant encore un support ou croûte (crusta, thallus ), pulvérulent ou herbacé, qui a rarement la couleur verte des feuilles; il porte ourenferme immédiatement leur fructification ( scutella, apothecium) , dont plusieurs sont analogues a celle des champignons ; ce qui souvent avoit donné lieu aux déplacemens de quelques espèces et même des genres de ces deux familles , voisines sous plusieurs de l’une de l’autre,

Nous allons en donner quelques exemples.

( 15 ) Les scutelles d’unegrande partie deslichens et leslérilles des opigraphes, abstraction faite des thallus , ressemblent à des pézizes et à des hysterium ; les tubercules stipités des cenomyces (Lichenes fruticulosi de Lianæus) ont la forme du genre Helotium et d'Onygena : c’est pourquoi Dillenius avait placé celui-ci parmi les lichens. Les Endocarpon et les Verrucaria à fruit fermé et souvent caché dans le thallus ont beaucoup d’analogieavec les Sphæria;et l’on n’est pas encore bien d'accord dans laquelle de ces deux familles il faut placer les Calycium ( Mucores perennes, L.) qui ont la forme, mais qui ne sont pas de la nature desirichiacées. Enfin,comme il se trouve des lichens ( les Lepraria ) qui ne présentent qu'une croûte sans fruclification , il esivraisemblable qu’il y a des champignons parmi les Bysfoïdes : par exemple, les Eimantia, Racodium, etc., qui restent seulement dans ce premier développement, que nous offre le blanc de champignon; car les Agaricus alliaceus et peronatus produisent sur des feuilles sèches, tombées à terre, sur lesquelles croissent ces espèces, des expansions blanches parfaitement semblables à l’'Himantia candida qui vient anssi parmi des feuilles mortes. Le Merulius destruens se montre aussi souvent

(id) en deux états, d’après la localité qui favorise son développement, ou s’y oppose.

On en trouve même desexemples parmi les plantes dites phénogames, je veux dire du Cynomorium et d'Aphyteia. Ces végétaux ue présentent rien de ce que l’on estaccoutumé de voir dans les plantes ordinaires, pas même leurs racines, car ils sont parasites ; ils ont à la vérité un calice , des étamines et un siyle, mais qui se perdent ensuite. C’est pourquoi les anciens avoient regardé la première de ces deux plantes comme un champignon, et la seconde a été décrite comme telle par Thunberg, dans les Actes de Stockholm, année 1795 , p. 69, t. 2, fig. 1, 2 et 5 , sous le nom de Æydnora africana. Mais Linnæus avoit ensuite exclu celte singulière plante de sa classe eryptogamique, et l'avait mise, à cause des parties de la frucüfication , dans la monadelphie pentandrie , en ajoutant toutefois ces remarques :

Partes plantam constituentes sunt quidem :

radix alens ; herba movens uti caulis et folia ; fructificatio generans. At nulla cum omnino herba nostræ sit plantæ aphyteiam (ab « et Gurue ) dicere placuit. Linnæus, Amon.

Acad. 8, p. 512.

Quoique nous ayons considéré les champi-

gnons comme de simples fructifications, il faut cependant avouer que l'on n’est pas encore parvenu à les faire lever à volonté; mais il en est ainside la majeure partiedes autresplantescryptogames. Les jardiniers cultivent à la vérité le champignon culinaire ou de couche, pour notre usage ordinaire, avec le blanc de champignon, que Tournefort (1) a considéré le premier comme contenant des graines ou des propagules de cetle espèce. Les jardiniers qui voient que leur couche s’affoiblit, ce qui ne manque pas d'arriver lorsqu'on cueille les individus trop jeunes , laissent d’espace en espace quelques pieds d’agaric auxquels ils donnent le temps de se développer; par ce moyen, les graines se déposent sur la couche et entretiennent sa fécondité.

Mais cette sorte de culture est tres-différente de celle que l’on pratique pour les autres plan-

(1) Mémoires de l’Académie royale des Sciences de Paris , pour l’année 1707 et 1709.

L'origine de la culture de cette espèce est due à Mar- Chand, le père, qui fit voir, en 1678, à l’Académie, la première formation de ce champignon dans les crotins moisis, comme des filets blancs, dont les extrémités se grossissent en champignons.

tes , et on ne sait pas encore précisément quelle part y oniles graines (1). D'ailleurs, il y en aun grand nombre, notamment de petites espèces parasites, où ces filets blancs ne se trouvent point, du moins sous cette forme ; car on les voit se propager, dans l’intérieur des bois, sur des feuilles souvent encore vertes, et dans des vases fermés, où les semences de ces champignons ne peuvent pas entrer.

Pour expliquer ce phénomène quelaues bolanistes ont avancé que les graines y sont introduites par la racine, et ensuite chariées et disposées dans ces différens endroits par la sève. D’autres pensoient qu'il leur a été plus facile d'y pénétrer directement par les pores corticaux des plantes. Bulliard a soutenu

(1) Dans le département des Landes , on sème l’Agaricus Palomet et le Boletus edulis. Pour cela, on se contente d’arroser la terre d’un bosquet planté en chênes, avec de l’eau dans laquelle on a fait bouillir une grande quantité de ces deux espèces de champignons. La culture n’exige d’autres soins que d’éloigner de ce lieu les chevaux , les porcs , et toute espèce de bêtes à cornes, quisont très-friandes de ces deux plantes. Ce moyen ne manque jamais de réussir; mais nous laissons aux physiciens à nous expliquer pourquoi l’ébullition n’a pas fait mourir

les germes. Z/ore.

Ge qu'elles sont par leur petitesse et leur lévèrelé, répandues dans l’atmotsphère, et qu ‘elles se déposent et se développent dans des endroits convenables à leur accroissement.

Quant à ces productions, on pourroit leur supposer ou une généralion équivoque, où bien supposer qu'elle soit innée , selon leur nature, dans différentes plantes ; car chacune produit irés-souvent un champignon qui est différent de celui qui croît sur une autre, et qui semble altendre pour paroïtre qu'une maladie ou une destruction même du végétal en favorise le développement (1).

(1) Le fait suivant paroît pourtant montrer le contraire , ou faire une exception. On sait que le Xyloma pezizoides ne croît que sur les feuilles de chêne et de ch4iaignier, ou de hêtre, tous arbres de la même famille, J'ai trouvé cependant un échantillon fort remarquable de ce petit champignon, dont la moitié du groupe des individus de cette espèce se propageait sur une feuille du châtaignier , et l’autre moitié sur celle du peuplier, qui se trouvait par hasard posée sur l’autre feuille. Or, ce xyloma ne se développe jamais, à ma connoissance, sur des feuilles d’un arbre d’une autre famille. On peut donc, ce me semble, supposer que la matière formatrice étoit précipitée de Patmosphère sur ces feuilles; mais pourquoi cela n’auroit-il pas eu lieu sur une feuille du tremble, isolée ?

Ces champignons seroient donc des véritables endophytes, comparables aux vers iutestins, dont la présence, comme on sait, est plus commune chez les animaux languissans ou d'une nature foible, comme les enfans et les femmes. On voit dans la maladie pédiculaire les poux se multiplier d’une manière effrayante, et chez des individus qui auparavant n'avoient pas sur eux ces animalcules.

Pour que ces graines soient fécon dées, on a cru nécessaire l'existence des étaminies , ou du moins d'un pollen analogue à celui des plantes proprement dites.

Micheli (1) fut le premier qui afirma avoir trouvé cet organe dans les agarics el quelques bolets; il les a décrits et peints eomme des corps cylindriques placés sur les marges des lamelles ou des tubes. Balliard (2) a adopté cette opinion, en prenant encore pour des élamines les petits corpuscules remplis d’une humeur limpide, que l’on remarque facilementsur les deux côtés des feuiliets, et même quelquefois sur le

(1) l’oyez Nova Genera plantarum. Florent., 1728, p- 126,1. 68, et p. 153, t. 73.

(2) Histoire des Champiguons, vol. 1, p. 39-41.

chapeau des agarics de fumier, ou des coprins. Quant à ces derniers, je ferai observer que leur destination paraît être de contribuer, pendant Ja sécheresse, à la dissolution du chapeau, ce qui est un des caractères de cette famille. Bulliard dit lui-même que ces vésicules ne se crèvent que lorsque l'air a desséché jusqu'a un certain point la surface du champignon, tandis que l'humidité et la chaleur sont les principaux agens du développement des globules des étamines dans les plantes phanérogames. Mais si ce botaniste dit (page 43) que ce sont des vésicules fécondantes qui font paraître, pendant un certain temps, la surface des clavaires, des théléphores, des helvelles, et beaucoup d'autres, comme si elle était saupoudrée de farine, et couverte dé ce que l’on appelle Jleur, et que l’on remarque sur les prunes et sur le raisin (une transsudation de la cire ou poussière glauque ), il est encore dans l'erreur ; car cette poudre n’est autre chose que les sporules mêmes que l’on observe facilement sur les individus tres-mürs. |

Hedwig (1), dans le peu de champisnons

(1) Theoria generationis et fructificationis planiarum criptogamicarum. Zipsiæ, 1798, c. tab. 42 coloratis.

(20) | qu'il a soumis à son examen , a cru trouver, sur l’anneau et la cortine, des filets en forme de chapelet, que Bulliard regarde, non sans raison, comme des sporules qui ont été détachées des lamelles ou des pores. Au reste, le collet et la cortine se trouvent dans peu de champignons , en comparaison de ceux qui en sont dépourvus.

On peut donc vraisemblablement soutenir avec Gaertner que les champignons sont des plantes aphrodites, ou agames, qui, dans les cas ordinaires, ne se propagent pas seulement par des gemmes, comme veut cet illustre auteur ; mais aussi par des sporules : d’autres doivent peut-être aussi leur origine à une generatio œquivoca.

Nous voulons maintenant parler des différentes parties qui constituent un champignon; mais qui sont rarement réunies dans toutes les espèces à la fois.

1. Ce que nous appelons racine, dans les plantes parfaites, ne se trouve pas précisément dans ces productions. On voit bien dans quelques espèces, telles que Agaricus clypeatus, Bull. , t. 515. À. radicosus; Bull., t. 160. À. macrorhitus, Micheli, Gen. PL, t. 183.,

(21) dans le Phallus 2mpudicus (sur la racine duquel se développe un petit champignon qui va remplacer l’ancien), quelques bolets et pézizes, une prolongation du pédicule en forme de racine pivotante. Il se trouve encore plus communément à la base du pédicule des fibrillules assez épaisses dans quelques vesseloup, ou une sorte de byssus blanchâtre, qui est un tissu de filets déliés et entrelacés, que tous les anciens botanistes, entire autres Batarra, et plusieurs modernes, ont pris pour la racine des champignons, dont ils font au moins les fonctions : c’est pour fixer le champignon au sol, et qu’elle y puise peutêtre aussi de l'humidité et de la nourriture : mais l'origine et la nature de cette partie basilaire n’est pas encore bien connue. M. Trattinneck (1) a, le premier, donné une attention particulière à ce issu, et l’a distingué de la racine, en lui donnant le nom de micelium ( Schammgewebe en allemand). M. Haberlé (2) luiattribue deux qualités : celle d’être

(1) Fungi austriaci. Viennæ, 1805, in-4°, 6 livraisons, avec des figures coloriées.

(2) Observations sur l’origine du Sphæria lagenaria et du Merulius destruens. Ærfuréh, 1810, p. 34-39 (en allemand. )

le premier développement de champignon, et d'avoir la nature d’une racine (Rhizophyton, Wurzelphlanze). Au reste, c’est le blanc de champignon des jardiniers, et le carcythe de Necker. D'autres le comparent à un cotyledon ; enfin quelques-uns le regardent comme une sorte d'inflorescence à laquelle succède

le champignon comme un fruit.

2. La Bourse, volve ou volva (1), qui enveloppe d’abord entièrement le champignon, en forme d’un œuf, dont il a aussi la couleur, est une membrane assez molle, qui se déchire ensuite pour donner passage au chapeau dans la maturité du champignon. La volva est quelquefois incomplète, friable, et adhérente à la base du pédicule et au chapeau , sur la superficie duquel il reste sous forme de taches ou de verrues séparées ( verrucæ), assez souvent régulières , et qui, par leur couleur blanchäâtre, contrastent agréablement avec le reste du chapeau, par exemple, dans la fausse oronge ( À. muscarius, Lin. ). On trouve cette

(1) Quelques auteurs écrivent valve ; mais il paroît évident que le mot vo/va est dérivé du latin énvolvere ab cavolvendo, euvelopper.

enveloppe seulement dans de grandes espèces:

les amanites, les phallus, les clathrus.

Comme le volva est attaché à la base du pédicule, et par conséquent en grande partie caché dans la terre, 1l est nécessaire pour la distinction des espèces, surlout vénéneuses, de s'assurer de sa présence; car il arrive souvent, en cueillant ces sortes d’agarics, que le stipes, ou pédicule, se brise en bas, et on le preudrait alors comme élant dépourvu de celle enveloppe. |

3. Le Cozrer ( anneau, annulus, corolla, Micheli ) est une enveloppe partielle qui d’abord est adhérente au sommet du pédicule, et au bord du chapeau, s’en détache ensuite sous la forme d’une membrane circulaire, souvent plissée et rabatiue. Cet anneau a pour l’oruinaire la couleur du pédicule , car il est la con. linuation de l'écorce ou épiderme de celui-ci. On le trouve, deux espèces de bolets excepiées, seulement dans les agarics et quelques amauites.

4, La CorrTinre (cortina, velum, voile ou collet arachnoïde ) paroït être un anneau inconiplet, car elle réunil aussi, avant le développement, le bord du chapeau avec le pédi-

cule, par des fils en forme de soie, et se perd presque toujours à la maturité du champignon. On la rencontre distinctement dans une division d’agarics, qui porte, à cause de cette circonstance, le nom de Corlinaria ( Agaricus arachnoideus et proteus ( Bull., t. 544, 598 et 600). Presque tous les autres champignons en sont dépourvus.

Il est bon d'observer cependant, contre l’opinion d’un botaniste, qu'on peut trouver une amanite qui ait en même temps une bourse et un collet; mais jamäis un agaric qui soit pourvu d’une cortine et d’un anneau simultanément.

5. Une partie plus commune, est le répr- CULE, pied, tige (stipes, caulis), par lequel le champignon est attaché à son lieu natal; aussi les terrestres en sontrarement dépourvus; mais il manque souvent aux espèces parasites que l’on désigne alors sous le nom de sessiles (sesilis, acaulis). Il est pour l’ordinaire d’une forme cylindrique, quelquefois ventru , souvent bulbeux ou renflé à sa base, solide ou creux, lisse ou sillonné; en général central et droit, quelquefois excentrique et latéral, et pour lors horizontal ou adscendant. Il est

(25 ) d’une substance charnue ou coriace suivant la nature de l'espèce.

En divisant perpendiculairement un agaric, ou un bolet, etc., on observera que le pédicule s'étend dans un corps en forme de parasol, qui porte le nom de chapeau.

6. LeCnareau,chapiteau, piléole (pileus, umbraculum, capitulum, tabula de M. Paulet), est la partie la plus apparente du champignon ; mais elle varie singulièrement dans sa forme, ainsi que dans sa consistance. Le chapeau est, dans la majeure partie, hémisphérique, con- VExe, Sans, Où avec une éminence ou protubérance (mamelon, umbo, papilla); ailleurs concave ou ombiliqué. 1l se montre aussi assez souvent comme semi-orbiculaire, ou dimidié (pileus dimidiatus), ce qui a lieu pour les champignons qui croissent sur les troncs des arbres ou des bois pourris. Quelquefois plusieurs de ces piléoles, réunis à la base, se couvrent l’un l’autre, et sont imbriqués ( pileus :mbricatus. Dans plusieurs champignons moins parfaits, surtout dans les genres bolet, hydnum, théléphora, presque jamais dans les agarics, 1l s'étale sur des bois ou branches sèches, comme une membrane plus ou moins épaisse, en forme de croûte ( subiculum), et Porte,

( 26°) dans ce cas, les capsules ou graines en dessus: on le nomme alors renversé et diffus ( r'esthpèr natus, effusus ).

Dans les Helvelloïdées, 1l a la forme d’une mitre,d'une langue et d’une spatule; il est aussi simplement arrondi ou allonwé en forme de cône { les morilles). Dans les clavaires, il ressemble à une petite massue et à des branches dépourvues de leurs feuilles; ailleurs, à une soucoupe, comme dans les pézizes ; mais <lans ces genres, où 1} est aussi résupiné, souvent membraneux et très fragile, il ne porte plus le nom de pileus, mais on le distinzue sous celui de nitra, clivula, cupula, capitulum.

Quant à sa consistance, il est charnu ou mollasse, raremeut gélatineux (carnosus, gelatinosus) , ou mince et transparent ( membranaceus, pellucidus), et souvent aussi sitlonné sur les bords { striatus ), ce qui vient ordinainairement des lamelles. Les espèces qui crois sent surtout sur les arbres, sont d’une substance coriace et quelquefois très-dure (coriaceus, suberosus) [1 y en a qui sont visqueux, surtout dans un temps pluvieux. A la surface des autres espèces, principalement des agarics, on voit des cercles ( zoncæ j d’une cou: leur plus foncée, dont il faut bien disunguer

les côtes et lessaillies ( fasciæ, costæ ) qui sont des accroissemens périodiques, ou sur les bords dans les espèces coriaces annuelles, ou elles forment tous les ans de nouvelles couches sur la surface inférieure dans celles qui persistent long-temps, par exemple l'emadouvier.

Le pédicule et le chapeau , car ce sont, dans le principe, les mêmes parties, mais diversement modifiées selon leur destination, peuvent être glabres ou velus, lisses ou couverts d’écailles ( sqguamæ) plus ou moins distincts. Il est nécessaire de bien distinguer ces écailles ou squames, d'avec les taches ou verrues des amanites: car les premières tiennent à l’organisation du chapeau, et c’est l’épiderme qui se sépare et se réunit en forme de tuiles, ou en fascicules de poils, Les verrues , aw coniraire, comme nous l’avons observé, sont les restes ou parcelles de la volve, que l’on n'observe point au milieu du pédicule ; elles sont d’une couleur différente de celle du chapeau, ordinairement blanche. C’est donc à tort que quelques botanistes ont voulu mettre l’'Agaricus procerus et campestris dans le genre Æmanita , en supposant que l’on en découvrira un jour le volva.

7. La partie la plus essentielle pour cette classe de champignons, est la r7embrane sporulifère (hkymenium). Vue au microscope, on l'observe composée de petites vessies ou d’utricules ( tecæ ) cohérentes entre elles, ou libres. Celte membrane est située dans les champignons qui ont un chapeau distinct, à la surface inférieure de celui-ci, elle est ou de la même couleur, mais plus souvent d’une couleur différente et devient foncée dans la maturité, à cause des graines.

Elle est lisse dans les clavaires, les helvelles et pézizes ; dans les théléphores, on y remarque des papilles souvent irrégulières; dans les hydnes, celle membranne est hérissée de pointes ou aiguillons ( subulæ, dentes ). Dans les polypores, elle est criblée de pores; mais ces petits tubes se prolongent, dans les bolets charnus, en tuyaux assez longs, qui se séparent facilement du chapeau. On la trouve veineuse, ou en plis saillans et dichotomes dans les chanterelles, et formant une sorte de réseau à mailles oblongues (sinulus) (1) dans

(1) 11 faut en distinguer les a/véoles dans les genres phallus et morchella, qui sont formés de la substance du chapeau , et dans les morilles de celle du pédicule ;

les dædalia. Dans les Agaries, on la voit prendre la forme de feuillets, lamelles ( lamellæ , striæ, sulci des anciens) , rayonnés du centre à la circonférence, qui ordinairement alternent dans la longueur. Ils sont ou libres, ou attachés au pédicule , sur lequel ils sont quelquefois aussi décurrents.

8. Les theca, ou utricules, qui composent cette membranne, renferment des sporules que lon présume être les semences (gongylus, sporula, sporangium ), mais qui y sont en petit nombre, et souvent imperceptibles ; elles sont d’une extrême finesse dans cette famille, et s’attachent aux corps où elles sont tombées ou lancées fortement, comme si elles y étaient agglutinées.

car, en coupant une morille perpendiculairement, on peut bien distinguer, par la couleur blanche, la partie du support et de la membrane sporulifère : celle-ci estseulement collée , pour ainsi dire, à la substance du pédicule , où elle prend la forme du chapeau. À

C’est donc à tort qu’un mycologue a avancé qu’il n'y a pas une différence générique essentielle entre les mérules et les morilles : les nervures des premieres forment quelquefois un réseau à larges mailles ; mais quant aux dernières, ce sont seulement des plis de l’hymenium, ef

ils ne sont nullement occasionés par la substance du chapeau. | ‘

Dans Îles pézizes, aussi bien que dans les helvelles et morilles, ces graines sont au nombre déterminé de 8, et s’'échappent avec élasticité, et en forme de fumée ou nubécule; mais dans la plupart des autres elles couvrent le zymentum comme d’une fleur ou d’une poussière fine: on les remarque plus dislinctement sur les lamelles des agaries qui en sont souvent décolorés. Dans quelques agarics fimétaires, elles ont une position déterminée de quatre en quatre, comme Micheli l’avoit déja observé. Dans ces mêmes agaries : ainsi que dans le phallus et clatrhus, ces graines sont, dans la maturilé, éntraînées et dispersées par une humeur noire ou, comme dans ces deux genres, par une viscosité qui est la dissolulion du hymeniun, et non un sue propre, et qui a une odeur fort désagréable.

Les semences de champignons sont en plus grande abondance , et pulvérulentes ( poussière séminale) quand elles sont renfermées dans une sorte de sac ( peridium). La faille de vesse-loup en offre un exemple frappant. Ce péridium est assez varié dans sa forme et sa texture; mais 1l est ordinairement membranacé.

El est ou simple, ou composé de deux membranes libres ( les Bovista et Geastrum),lisses,

ou hérissées dé proéminences quelquefois épineuses. La paroi interne est velue, el comme feutrée. Dans les Trichiacées, c’est une chevelure (capillitium ) libre, quelquelois réticulée, qui se fait passage avec élasticité, probabiement pour faciliter la dispersion des graines. Dans les genres Nidularia ou Cyathus , Sphærobolus et Pilobolus, les graines paroisseut être réunies en un corpuscule charnu ( vesicula ), globuleux , et en forme de petites lentilles.

Au reste, les sporules sont en général trèspetites, globuleuses ou ovales, quelquefois oblongues et anguleuses. Vues au microscope , elles sont pellucides, homogènes, ou divisées par des cloisons transversales.

Quelques mycologues les considèrent comme des capsules desquelles ils assurent avoir vu sortir, dans quelques circonstances, une ma- Uère qui, selon eux, sont les semences proprement dites.

Quoi qu'il en soit, l'importance du hymenium, des capsules et des sporules, avec ou sans enveloppe immédiate , est évidente: ce qui prouve leur destination;car quand lesautres parties ont disparu, ou ne peuventse développer à cause de la nature du sol où le cham-

pignon nait, où par d’autres circonstances, celle partie séminale reste : en voici quelques exemples. Quelques théléphores , hydnes (Odontia) et bolets (Poria), et surtout le Stictis pallida n’ontguère de ressemblance avec leurs congénères, mais on y trouve encore la membranesporulifère. Les Stilbospores nesontautre choseque dessphéries dépourvues d’un peritheciumn. Les Uredo et les Puccinia se présentent seulement comme une poussière : ces derniers champignons croissent alors sous l’épiderme des feuilles et sous l'écorce des branches qui, par la prévoyance de la nature, se modifie souvent à l’entour en une sorte de péridium ( pseudoperidium ), qui prend quelquefois la forme du véritable.

T'elles sont les principales parties qui composent un champignon, et dont nous avons 1ndiqué les différentes formes : celles-ci subissent pourtant des modifications qui fournissent de

bons caractères génériques et spécifiques, mais il seroit trop long d'en faire ici mention avec tousles détails (1). Il se trouve cependant, dans

Re —

EEE

(1) Quelques mycologues se servent aussi souvent du terme éhallus, dans la description de quelques cham-

(55) quelques. g venres; des anomalies dont il € est rtécessaire de dire un mot.

On remarque dans les: senres Phallus, GEL thruset Batarrea un sed à bien qu'il ait la forme et la fonction de celui des Amanites, il est néanmoins d’une nature différente. D'abord on trouveentre les deux membranes dont :l est composé, une matière gélatineuse, et'on

voit dans celui du Clathrus ( Micheli, Gen.

pignons, pour € en désigner tantôt le chapeau oblitéré et effuse , tantôt la tecture byssoïde ou une autre villosité, qui sert dé récéptacle aux graines, et ils entendent par le mot;hypothallus, la membrane basilaire de quelques trichiacées, la. villosité attachée:au-dessous de quelques capsules , des radicules bissoides, et le blanc de champignon. Le mot #hallus a été le premier introduit par M. Acharius, dans son Methodus Lichenum , pour indiquer la croûte et les espansions foliacées des Lichens.

Ce thallus remplit à à peu près la même fonction que:les feuilles des Fougères et des Hépatiques; car il porte im médiatement les fruits ou les scutelles qui y sont quelquefois enfermés, mais ordinairement adhérens à sa superficie. Cetie partié des Lichens est donc une modification de la feuille: où d’une tige; car-elle contient encore de la matère vérie, et donne du gaz oxygène : elle doit donc être d’une texture plus herbacée et moins fine-que celle “d’un fruit avéé lequel les champig nons ont plus d’analogic qu’avée le thallus.

PI. t, 95 }), de distance en distance, une partie de cette enveloppe, avant le développement, entrer, comme des lentacules, dans le . corps du champignon qui a la forme d’un grillage charnu : le vrai volva, au contraire, est d’une seule membrane lâche.

Le pédicule des Phallus et du Batarrea n’est pas de la nature de celui des Agarics, des Bolets et de tant d’autres champignons; car il ne sort point immédiatement de la terre, mais il est, outre l'enveloppe générale , entouré à sa base d’un fourreau (Michel, t. 83, fig. 9). Il a une texture celluleuse ou spongieuse; ce qui explique son prolongement subit dans la maturité de ces champignons. On trouve quelque chose d’analogue dans le pédicelle du Marchantia epiphy lla.

Enfin, ce que l’on appelle chapeau dans ces champignons n'est pas non plus le véritable pileus ; ear il n’est pas la continuation du pédicule, et dans le Clathrusil n’en a pas même la forme ; dans le Batarrea il est couvert d’une poussière abondante, faisant fonction d’un péridium dont il est peut-être une modification.

Ainsi, on remarquera que ces lrois genres ont sous le point de vue physiologique plus

d'affinité avec eeux de la seconde classe, dont . nous allons parier bientôt, et on pourroit y trouver des conformations analogues quant à leur nature ; mais comme ils ont un port dif: férent qui s'approche de celui des grands champignons proprement dits, on peut y conserver, pour ne pas trop multiplier la terminologie , celle que l’on emploie pour ces sortes de champignons.

Pour faciliter la connoïissance de ces productions, on a créé plusieurs méthodes. Si Jon considère les champignons dans l’ensemble du règne végétal, ils n’en font qu'un seul ordre de plantes. Mais si on les considère isolément, on peut les diviser en classes, ordres et autres divisions.

Dans mon Synopsis Fungorum ( Gottingæ, 1801), je les ai partagés en deux classes. Dans la première se trouvent ceux qui sont fermés, c’est-à-dire qui portent à l’intérieur leurs graines souvent abondantes , et même les petits conceptacules de celles-ci. Les champignons qui composent celte classe sont en général d’une dimension peu considérable et souvent microscopiques ; la forme en est plus ou moins arrondie , et la consistance coriace ou membraneuse, rarement charoue.

La seconde classe établie dans cet ouvrage comprend les champignons qui portent leurs graines, peu apparentes, surun réceptacle ouvert, du moins dans la maturité. Ils se partagent naturellement en deux sections : dans la première se trouvent ceux qui sont pour la plupart grands, charnus ou coriaces, ayant ordinairement une forme déterminée qu'on appelle chapeau , dont nous avons indiqué les différentes modifications, et dont l’une ou l’autre surface est revêtue d’une membrane ou appareil'capsulifère ; l’autre division contient les Byssoides qui n'offrent que des filets déliés, simples, rameux, ou entre- croisés en forme d’un feutre. Cependant on remarque plusieurs champignons auxquels les caractères de ces deux classes ne sont pas applicables à la risueur. Îls ont le port et la consistance de ceux quisont de la premiere division de la seconde classe; ils ont aussi quelques caractères de ceux de la première; enfin ils portent généralement leurs semences à découvert, mais en grande quantité. Ils en différent néanmoins, parce qu'ils sont dépourvus de la membrane ou hymenium : on doit donc faire une classe intermédiaire ; car, pour se conformer aux ca-

ractères établis et fixes sans lesquels aucune classification n’est stable, il nous paroît nécessaire d'admettre eette troisième division. Cependant | comme le nombre de ces champignons anomaux n’est pas très-grand , si l’on ne veut point se tenir à des caractères négatifs etisolés , on pourroit supprimer cet ordre, et répartir les petites divisions qui le composent dans les autres, auprès des genres avec lesquels ils ont de l’analogie ; on placera alors les Phalloïdées après les Amanites qui ont aussi un volva, et le genre Batarrea fera le passage aux Lycoperdacées; les Carpoboli ou Vésiculifères seront réunis aux Tubéracées ; puis, on insérera ies Tuberculacées dansle dernierordre, car elles ont beaucoup d’affinitéavec les Némaspores : elles n’en diffèrent guère que par leurs graines qui, quoique formant une masse compacte, se dissolvent assez facilement étant hu- Mécices. |

J’ai cru cependant plus convenable pour un arrangement systématique de faire six ordres principaux des champignons que j'ai séparés en plusieurs sous-divisions plus naturelles, que l'on pourroit regarder comme autant de familles dont les genres sé multiplieront à fur et mesure que l’on fera de nouvelles découuveries

mycologiques, surlaut dans les autres parties du monde. Au reste, voici les noms et les caracières de ces six ordres (1).

1. Les gyssoïnes, Byssi, Trichomyct. Champignons filamenteux et soyeux , lisses ou articulés, simples ou entrelacés, ordinairement dépourvus de graines; quand elles existent, elles sont réunies en un eapitulé arrondi ou divergent sans enveloppe. Ces productions sont bien distinctes par leur port, et font Ja transition aux conferves par les Byssus aurea et rnuscicola.

2. LesSCHAMPIGNONSPROPREMENT DITS, Fungi, Hymenomyci. Is sont charnus, coriaces, trémelleux et volumineux , simples ou bran-

(1) Les plus anciens botanistes connaissaient peu d'espèces de champignons; ils les divisoient en bons et en mauvais ( Funsi esculenti et perniciosi). Vaillant, Micheli et Dilleuius ont établi/une classification systématique que Linnée a perfectionnée. Les méthodes les plus récentes, mais basées sur celle du Synopsis Fungorum , ont été proposées par MM. Link, dans le Magasin des Naturalistes de Berlin, pour Pannée 1809 , et le docteur Nees d'Esenbeck, dans son Sysme des Champignons, 1816, avec 44 pl. coloriées. (En allem.) |

A chus, ou étalés en plaques; mais ordinairement munis d’un corps dilaté ou chapeau, qui est ouvert el pourvu d'une membrane sporulifére , ou hymenium d’une forme irès-variée, portant des graines peu apparentes,

9. Les CHAMPIGNONS À GRAINES NUES, PAœænomyci. Ceux-ci, quoique différens entr’eux pour le port, -ont pour caractère d’être dépourvus d'hymenium , mais ils produisent des graines en poussières , liquides ou solides, en une certaine quantité, nues ou sur un réceptacle ouvert.

4. Les cHAMPIGNONS A POUSSIÈRE, Lycoperdacées, Coniomyci, Gastromyci, Willd. Ils sont arrondis ou oblongs, quelquefois irrégu liers, clos de toutes parts (avant la maturité ), renfermant une poussière séminale abondante, souvent entrelacée de filamens, en une sorte de sac ( peridium ) qui est coriace ou membraneux , quelquefois fibrilleux , et dans quelquesuns remplacé par un pseudopéridium.

5. Les CHAMPIGNONS CARTILAGINEUX , Scleromyci. Les champignons de cet ordre sont d’une substance coriace - charnue, et solide dans l’intérieur, homogène ou marbrée, con-

tenant des capsules ou des sporules peu apparentes. Dans quelques genres qui ont aussi une écorce souvent noire et assez dure , ‘la partie charnue est composée d’utricules, à peu près comme dans les Pézizes, dont ils présentent Ja forme en s’ouvrant; d’autres ont un sillon ( rima ) naturel ; mais la RApArE restent fermés. Dans les Scléroties on n’a pas encore remarqué de graines.

6. Les CHAMPIGNONS CORNÉS, Xylomyci, Willd. Le principal caractère de ces champignons consiste en des capsules ou loges (sphérules) très - visibles, qui ont une consistance dure ou roide, creuses étant sèches, autrement remplies d’une gélatine fluide, qui, observée sous le microscope, présentent un amas d’utricules pellucides , oblongues , renfermant des graines souvent en nombre déterminé. Dans la plupart des espèces, ces sphérules sont entourées d’un corps très-apparent, coriace ou ligneux , el très varié dans sa forme, qu’on appelle stroma ; ee corps, ainsi que les capsules, sont ordinairement d’une couleur noire. Comme il y a des sphéries sans le réceptacle, il y en à qui sont dépourvues de capsules ; alors la gélatine est seulement couverte de l'épiderme des branches.

Dans chacun de cessix ordresil y a des sousdivisions, ou plutôt de petites familles qui font des groupes souvent très-naturels, et qui par conséquent peuvent être définis avec plus de précision. Nous allons les examiner chacun en particulier.

D'abord dans les Byssoides on trouve les Mucédinées, Mucedines, qui produisent plus distinctenient des graines ou réunies au sommet d'une tige, ou dispersées sur des filets. D’autres qui sont des Byssus proprement dits, sont souvent dépourvus de sporules ( aspori ); ils sont plus grands, sans forme déterminée, et ent en général leurs filamens entrelacés en forme de feutre : éeux-ci paroissent être les premières ébauches dés pen du second ordre FRSUUE ils font le passage.

Les Fungi, ou les champignons proprement dits ,sont pour nous plus i intéressans que les autres, soit par leur grandeur, la vivacité de leurs couleurs et leurs formes singuliérement diver- . sifiées, par lesquelles ils affectent nos sens, soit par leur utilité, et même par leur qualité délétère dont nous pouvons, être les victimes ,. en les confondant par méprise dans l’emploi culinaire. Nous avons déjà marqué le caractère

(42) essentiel de cet ordre qui consiste dans l’Aymenium ou appareil capsulaire. On a du faire, d’après la forme, la position et la consistance dé cette membrane , non seulement des genres, mais aussi des petites familles, ou de grandes sous- divisions. |

Ainsi leschampignons qui ont leur hyménée lisse ou sans aucune proéminence, constituent la famille des Æelvelloïdées, qui comprennent les Helvelles proprement dits, les Morilles , les Pézizes et les genres Leotia , Helotium à Spathularia et Geoglossum, qui font le passage aux Clavaires : ils ont, excepté ces derniers, leurs utricules libres ou moins serrés, entourés souvent de paraphyses qui renferment 8 graines quelquefois moins, qui s’échappent dans la plupart de ces A ee élasticité et comme une fumée, ce qui n'a pas lieu dans les familles suivantes.

La seconde coripénd les Théléphorées, an l'hymenium est couvert de papilles ou tuber- Cules plus ou moins distincts, quelquefois entremélés de poils roides. Les genres qui la composent sont en petit nombre, et tous d’une consistance coriace, sèche, parfois tomenteuse, caractères qui les lient avec les Byssus : les Merisma, Thelephora (Corticum) ,

(45 ) Phyllacteria, Conisophora et Auricularia en font partie.

Cependant, comme le Helvella acaulis fait en quelque sorte un passage aux Théléphorées, il ne seroit pas inconvenant de combiner cellesci avec les Helvelluïdes, bien qu’elles aientune consistance diverse; mais cela a aussi lieu dans les Bolets et les Hydnes.

Les ydnoïdées qui ont la membrane hérissée de points ou d'aiguillons, appartiennent à la troisième famille composée aussi de peu de genres qui sont lessuivans : Hydnum(Odontia }. Sistotrema ( Xylodou }) et Hericium.

La quatrième division, celle des Bolétoïdées, se distingue par des tubes ou pores , et a pour genres : le Zypodrys (Fistulina, Bull.), ies Polyporus ( Poria ), le Cladoporus ( Bol. ramosus, Bull. t. 418) et les Boletus ou Suillus de Micheli.

La cinquième, ou les Cantharelloïdées , à pour caraclère des plis en forme de veines ou de nervures renflées et dichotomes, liées ensemble par des veines transversales ou anastomosées comme un réseau : les genres dont elle est composée sont les Merulius ( Cantharellus), Xylomyzon où Serpula, Gomuphus et Daædalex.

La sixième, la plus étendue quant aux espèces, renferme les Agarics ou les Agaricoïdées qui sont partagées en Agaricus, avec ses sous-genres, et en {mnanita : le genre Dœdalea est en quelque sorte intermédiaire entre ces deux divisions. Pour ne pas trop multiplier les sous - divisions, quoiqu'elles fassent presque toujours un groupe naturel, on pourra réunir Ja cinquième et la sixième dans une seule famille d'Agaricoïdées ou Lamellifères, et la partager en Cantharelloïdées et Agaricoïdeées.

Dans toutes ces petites familles que nous venons de décrire, il y a, excepté dans les ÆMgaricoïdées, des espèces crustacées sans chapeau distinct, altachées par la surface inférieure aux corps sur lesquels elles croissent : il y en a aussi, chose assez remarquable , qui sont en forme de massue ou de branches; mais le nombre en est plus considérable dans les ITelvelloïdees.

Les champignons qui entrent dans le iroisième ordre sont ceux, comme nous l’avons observé , qui sont anomaux par rapport à d’autres; mais ils ont aussi peu d’analogie entre eux : cependant on peut les grouper assez naturellement.

La première famille est celle des Fo/pacés ou Phalloïdées, qui comprend des champignons d’une grande dimension, ayant le port de ceux de ordie précédent , et qui sont enveloppés d’abord dans une bourse ou volva. Leur chapeau est chargé dans la maturité d’une poussière séminale, qui est d’une liquidité visqueuse dans laquelle nagent les sporules.

La seconde division de cet ordre, et qué l’on pourroit désigner sous le nom de Carpoboli ou Sarcospermi, consiste dans les genres suivans : VNidularia ou Cyathus, Sphærobolus, Thelebolus et Pilobolus. Ils ont pour caraetère d’avoir un fruit grand et charnu en formée de vésicules; et qui est une réunion de grainés en un petit corps charnu. Ces vésicules sont, dans les trois derniers genres ,'jetées avec élas: ticité ; elles sont placées ou dans une capsule, où portées par un nr rénilé \ Pilobo lus ). | 5 Su | Les Nidulaires n’ont pas cette propriété, du moins d’une manière apparente, de disperser leurs lentillesavec élasticité. Cependant l'observation de M. Paulet mérite d’être vérifiée : elle prouvera la réunion de ce genre avec les autres Carpoboles, conforme à la nature. Quoi qu'il en soit, ce naturaliste dit à la page 406 de sou

Traité sur les Champignons : « Ces corps lexticulaires qui passent sans doute avec fondement pour les semences de cette plante ( qu'il appelle Coccigrue en lentilles ), se détachent du fond de la cavité de la coupe par un mouvement de la plante, semblable à celui d’un ressort quise débande, et sont constamment projetés en dehors. » Les coupes ou réceptacles dans ce genre sont d’abord fermées par une membrane assez épaisse ( epiphragma }, peut-être une sorte d'anneau , qui se perd entièrement. Elles sont aussi avant la maturilé des lentilles, remplies d’une matière gélatineuse que l’on remarque aussi dans le volva des Phallus et Clathrus, et dont on ignore la destination; mais que l’on soupçonne être le sperme fécondant. Les corpuscules lentiformes sont attachés au fond par un cordon ombilical. |

L'autre petite sous-division a de l’affinité avec les Treémelloidées, avec lesquelles une espèce, le Tremella purpurea , Linn., a été confondue ; mais les champignons qui en font partie sont d'une substance plus compacte, et ne changent pas de forme étant secs. Le principal caractère par lequel ils diffèrent des Trémelles consiste en ce qu'ils se dissolvent dans l’eau, plus ou moins complétement, en

(47) une sorte de bouillie qui vuë au microscope est composée de petits globules ou de petits corps linéaires , que l’on regarde comme autant de graines de ces champignons. Ils sont répartis dans les genressuivans : Myrothecium, Tubercularia, Fusidium, et Atractium, Link.

Dans le quatrième ordre des champignons, qui est peut-être le plus naturel, où les graines en forme de poussière dispersible sont enveloppées, pour la plupart, dansun réceptacle clos, se trouvent trois à quatre familles qui presque toutes étaientanciennement comprises dans le seul genre Vesse-loup.

La première estcomposéedes Lycoperdacées dont les espèces sont plus grandes que celles des suivantes. Elles sont au commencement de leur accroissement charnues, solides et homogènes ; dans l’état adulte, elles entrent, comme quelques fruits, dans une sorte de fermentation, et deviennent humides ; et dans la maturité elles sont sèches, flasques pour la plupart, et remplies d'une poussière abondante, entremêlée de filamens peu nombreux, et qui manquent parfois dans quelques-unes. En voici les genres : Polypera, Scleroderma (Hypogeum), Geastrum, Bovista, Lycoperdon, Tulostoma, Onygena.

La seconde famille est celle des Trichiacées qui sont très-voisines des Lycoperdacées; mais elles s’en distinguent par leur premier état de croissance, quise présente comme une gelée quelquefoisfluideet d’une couleur jaune ou rouge, mais ordinairement blanchätre.Cette masse visqueuse se cristallise ensuite, pour ainsi dire, en plusieurs péridies assis dans la plupart sur une membrane ( subiculum ). Les champignons de ceite division croissent à l'ombre et groupés sur les bois pourris , sur de petites branches sèches, ‘et sur des feuilles tombées à terre, surles mousses, etc. , 1ls sont en général petits et fragiles , fort agréables à la vue. Leurs filamens , excepté quelques gen: res qui en sont dépourvus, sont plus apparens et souvent hors du péridium ; ils offrent un corps particulier , appelé capillitiurn ( chevelure ), quelquefois en forme de résean, libre ou attaché à la paroi interne du péridium, rarement au pédicelle ; on remarque en outre dans quelques-uns, au fond de leur enveloppe, un prolongement globuleux ou ovale, que l'on a désigné sous le nom de columreile. Les genres suivans se réunissent dans cette division : Fuliso ou Ethalium, Link, Spumaria, Lycogala , Tubulina , Licea , Leangiurm, Diderma,

(49) Physarum , Craterium, Trichia, Arcyria, Cribraria et Stemonitis. Les trois premiers, quoiqu'ils soient aussigélatineux avant la maturité, ne changent presque pas de forme, et ne se convertissent pas ensuite en plusieurs individus.

Les Mucorinées, composées seulement dé deux où trois genres qui sont les HMucor ( ÂAscophora ) les Eurotium, sont aussi mis dans cet ordre à cause de leur enveloppe ou péridium qui contient des graines nues. Elles ont le port et la mänière de croître des moisissures; mais elles n’ont pas la nature ni des Lycoperdacées ni des Trichiacées. Les globules du genre Mucor sont d’abord limpides ét transparens , puis opaques : leurs espèces forment des touffes blanchätres ; byÿssoïdes, sur les substances fermentescibles ou en putréfaction.

Les chañpignons qui font la division des Trichodermacées ont pour Caractère distinctif une poussière abondante, entourée d’un tégument velu, quelquefois très-fugace, et qui manque même dans un genre. [ls ne sont dans leur premier développement ni charnus ni gélatineux, comme ceux des deux familles qui précèdent, Ils ont plus d’affinité par leur nature avec les Urédinées ; mais ils en different

( 50 ) par le port et la dimension pius grande, et le lieu qu'ils habitent. Leurs genres sont les suivaus : S'irongylium ; Trichoderma , Mycobanche, Asterosperma et Melaconium.

Une auire petite famille très - naturelle et très-riche en espèces est celle des Urédinées, toutes parasites sous l’épiderme des feuilles encore vertes, rarement sur les branches seches, el quelques-unes dans les épis des céréales. Plusieurs sont connues même du valgaire par le dommage qu’elles occasionent.

On les avoit toujours regardées comme des maladies de ces plantes sous les noms de Nielle, Carie ou Charbon. des blés et Rouille. Leur poussière est en proportion de leur petitesse très-abondante, mais sans filets ; elle est aussi souvent dépourvue d’un péridié, et dans ce cas elle est entourée d’une partie de l’épiderme de la plänie-mère, qui en fait la fonction, étant modifiée en un faux-péridié. Leurs graines paroissent être des capsules propres, qui dans le genre Puccinia sont cloisonnées. Les Puccimia, Podisoma, Link, ou Gymnosporangium , Decand. ; les Uredo (Ustilago) et Æcidium ( Roœæstelia }, sont les genres les plus connus de cette division. | |

Dans le cinquième ordre on observe deux

petites divisions bien distinctes: la première est celle des Tubéracées, parmi lesquelles se rangent les genres Tuber, Rhizotomum ; Erystphe, Xyloglossum etSclerotiurm (Sarcoplaca ); l’autre petite division est composée des genres Xyloma, Polystigma, Phacidium et Hysterium, dont la substance intérieure est charnué et formée d’utricules fixes ; extérieurement ils sont durs et souvent noirs. I] y a quelques espèces de Xyloma irès-simples, par exemple les Leptostroma de M. Fries et même les Asteroma de M. Decandolle, dans lesquelles on n’aperçoit pas distinctement les utricules,et que l'on peut à peine distinguer des sclérotium.

Nous avons donné les caractères qui distinguent le sixième ordre, dont le principal est une capsule ( sphærula ) roide, globuleuse ou ovale, ayant le plussouventun ostiole ou bee en forme de papilles ou d’alènes, remplie d’une pulpe dans Vétat frais où humide, laquelle examinée au microscope présente une multiiude d’utricules libres. Dans quelques grandes espèces, telles que les Sphæria Æypoxylon, digilata et deusta , on voit avant la maturité et extérieurement une poudre blanche qui se perd ensuite, et dont on ignoreencore l’usage: quelques botanistes la regardent comme un or:

gane mâle. Jai aussi rapporté à cette division le genre Stilbospora, bien que ses espèces soient dépourvues d’un perithecium ou capsule ; car dans la réalité cesont des Sphæria dégradés qui se présentent seulement comme des theca ou utricules, dont elles ont la couleur noire, la forme etla natureun peu gélalineuse: d’ailleurs ellessont liées ensemble et non dispersées comme la poussière des Coniomyci, auxquels ce genre est associé mal à propos par quelques mycologues.

M. Decandolle a réunià cette famille des Sphé:rulacées, les Rhizomorpha , placés dans mon Synopsis fungorum parmi les byssoïdes, et rapportés par M. Acharinsaux Lichkens, parce qu'ils ont, dit M. Decandolle, des réceptacles ( sphérules ) presque globuleux, persistans , ouveris au sommet par un orifice peu distinct, attachés en forme de tubercules sur une uige simple ou rameuse, cotonneuse à l'intérieur.

On pourroit en séparer sous un genre particulier l'Hypoxylon loculiferum, Bull. t. 495, figure 1, ou le Rhizomorpha setiformis, Decand. For. Franc. prem. part. p. 281 (nou Roth), qui est solide en dedans et Po des capsules bien évidentes. |

J'avois séparé les Sphéries qui forment

après les Agarics le geure le plus nombreux en six divisions, qui sont une série naturelleen général, depuis l’espècesimpleen forme de petits globules jusqu’à celle où elle a celle d’une clavaire ; mais, vu le nombre considérable d'espèces, et pour en faciliter les recherches, on pourroit, d’après la situation des sphérules, et d’après la forme du stroma ( le réceptacle général ) dans lequel elles sont enchâssées , ou sur lequel elles sont posées, établir différens genres et sous - genres, comme: il suit.

1. LesSphæria, dont le stroma prend la forme d’une clavaire simple ou ramifiée, formeroient le genre XYLARrTA ;

2. Celles en forme de Pézizes avec un pédicule ou le Peziza punctata, L. PoroniA.

5. Les Sphéries, dont les capsulessontcachées. dans un siroma d’une forme indéterminée , seroientcomprises dans le genre HyroxyLon.

4. Les espèces, dont les sphérules sont rapprochées en forme de croûte, comme si elles étoient réunies par un stroma qui n'est pas apparent et qui manque quelquefois ,

( 54) constitueroient un sous - genre intermédiaire entre le précédent et les Sphæria simples, ou les Moxosticua.

5. Celles dont les sphérules sont placées autour d'un axe, et rapprochées par leurs ostioles: ce sont les espèces de la cinquième et sixième secuon du Syn. Fungorum qui en font deux sous-divisions comprises sous Le nom de crnet- NARIA.

6. Les sphœæria dont les capsules sont libres, mais rapprochées en un cespitule ou groupe , et posées sur le stroma (caché sous l’épiderme des branches) seront réunies dans le sousgenre EPISTROMA.

7. Les espèces simples, éparses, et dépourvues du siroma , conserveront l’ancien nom générique du SPHAERTA.

Cetie dernière section comprend à elle seule le tiers des espèces de l’ancien genre entier, et on observe encore, soit à leur ostiole, soit à la manière d'exprimer leur pulpe, ou dans leur structure intérieure, qui est quelquefois. presque charnue ou solide, et enfin dans une sorte de subicule ou tache, partie décolorée de la feuille, blanche ou pâle, que forment plusieurs espèces épiphylliennes ou parasites sur

(55) lés feuilles des arbres et de plantes herbacées, encore vertes, on remarque, dis-je, des anomalies qui fournissent des caractères'assez mar qués pour les séparer du reste des sphéries sunples,

Il y a d’autres espèces telles que le Sphæria {ubæformis et lagenaria, dont la gélatine, en sortant des ou. s'endurcit en un ostiole allongé et corné. Cette particularité, qui esl si contraire à ce que l’on observe dans. les autres espèces, mérite d’être bien examinée ; et, si l’on veut faire un genre parüculier de ces sortes de sphéries peu nombreuses, on le nommera cERATOSTOMA.

Enfin les petits globules qui paroissent comme des points noirs, au milieu d’une tache plus ou moins orbiculaire, sur les feuilles dont nous avons parlé ei-dessus, et que M. Decandolle a réunis comme des variéies de son Sphœæria Zlichenoïdes ( Flor. Franc., vol. 6, page 147.), sont probablement d’une nature différente de celle des autres sphérules; mais vu leur extrême petitesse, il est difficile de. s’en assurer avec évidence. En attendant, on pourrait donner à ce groupe, ou sous-genre , le nom de Payzrosricra.

Après celte exposition d’une classification.

des champignons, offrant encore des lacunes qui probablement seront remplies, quand on aura fait plus de recherches des champignons exoliques, dont on connaît à peine quelques espèces, ét qui, à en juger par ceux décrits par Plumier, M. Posc et autres, ont des formes en général différentes de celles des nôtres quoique modelés sur le même type; après avoir indiqué les genres principaux qu'elle renferme, nous y ajouterons une description courte et historique des espèces, en commençant par les champignons les plus simples, ou les Byssoïdes, dont la première division comprend les Mucedinées.

Nous connaissons assez les moisissures, par le dommage qu’elles causent à nos fruits, à nos confitures, et aux autres comestitibles mal conservés. Les botanistes en font plusieurs genres. Le genre Mucor, proprement dit, comme nous avons vu, n'appartient pas même à cet ordre, ayant une capsule distincte en forme de globule, qui renferme des graines.

Au reste, voici les genres qui en font partie, et qui sont les plus communs:

Erineum, Fumago, Torula, Dematium ,

(54) Periconia, Monilia, Penicillium, Botrytis, Ceratium, Isaria, Himantia ( Fibrillaria)

Racodium, Xylostroma, Athelia. (1)

De toutes les moisissures, la plus commune est le Monilia glauca (Bull., t. 5o4, f. 10); elle est d'une couleur glauque, et quelquefois blanche, ayant une tige simple, et terminée par une capilule arrondie : elle croît en touffe, ou éparse , sur les fruits qui se pourrissent. Une autre variélé ou espèce, qui est blanche et plus persistante, vient sur des champigaons et sur les autres plantes cryptogames conservées dans

RS

(1) M. le professeur Link, à Berlin, qui a fait un examen particulier des moisissures et des byssoides, en a distingué un plus grand nombre de genres, établis d’aprés la forme, la position et quelquefois le nombre de sporules ou de sporidia, ainsi que d’après les filamens simples et rameux ou entrelacés, lisses ou articulés. Ces caractères semblent être plus du ressort de la physiologie, que d’un arrangement systématique, dont le principal but est de faciliter et de généraliser la connoissance. ( Voyez Observationes in ordines Plantarum naturales; auctore Link, dans le Magasin des Naturalistes de Berlin, pour l’année 1809-1815.) Cette remarque est aussi applicable à beaucoup d’autres genres

que lon a introduits depuis quelque temps dans la mycologie.

des endroits un peu humides. Le Monilia digitata, Penicillium glaucum, Link (Bull., t. 5o4, f. 1), qui se distingue, comme dit Bulliard, parses semences agglutinées lesunesaux autres sur des lignes divergentes, comme les poils d’un pinceau : elle vient par touffes; d’une base commune partent des filamens simples, ou rameux , dont un petit nombre porte seulement des graines qui sont blanches ou verdâtres.

Les Botrytis différent des Monilies, par leurs tiges souvent divisées en forme de petit arbrisseau ; mais principalement par leurs graines qui sont solitaires, sur des pédicelles rapprochés en forme de corymbes ou d'épis.

Le Botrytis cinerea se lrouve souvent sur Îles Cucurbitacées, et autres plantes en putréfaction : la couleur en est grisâtre, et les filamens sont articulés. Le Botrytis en ombelle, Dec.

(Bull., t. 504, f. 8) vient sur les fruits ou les confitures ; d’abord blanche, elle devient d’un grisnoir, les pédicules sé divisent au sommet, en plusieurs rayons courts et en ombelle.

Ces moisissures sont d’un tissu délicat, et en genéralf ugaces; mais les Periconia qui ont le port d’un Monilia, ont leurs pédicelles ordinaireméntnoirs, fermes, et leur capitule assez compacle, qui est composé d’un pelit amas

(59 ) de poussière d’une forme globuleuse ou allongée. Le Periconia byssoïdes paroït au printemps, et il est surtout commun sur les tiges sèches de la pivoine,

Le genre Torula paroît comme une simple villosité qui, observée au microscope, présente des filets en forme de chapelet, dont la forme de chaque articule distingue les espèces. On en rencontre sur les fruits qui se dessèchent ou se corrompent sur l'arbre même, par exemple le Torula fructigena, d’un blanc grisâtre, formant une petite touffe un peu compacte. Le Torula antennata (Hoïfman, Flor. Germ., 2, t, 19, f. 4) est noir, et plus byssoïde, ses filets ont la forme d’une antenne d'insecte ; celle espèce est commune sur les copeaux d'arbres, dans les bois pendant l'hiver. Une autre espece de ce genre, est le Torula piceæ Funck, ou Antennaria pinophila de M. Nees, Système des Champ., t. 59, f. 298, qui couvre, comme une poussière noire et compacte, les branches du Pinus picea, ou de l’Epicea: les articules de ses filets sont globuleux et fort rapprochés. Outre ces filamens, M. le docteur Nees dit avoir observé des corpuscules oblongs qui ont la forme des capsules des süilbospores.

Un autre genre, que communément on regarde aussi comme une espèce de moisissure, est cette villosité à filamens denses qui couvre les vieux tonneaux de vin: d’abord jaune ou rouge, elle devient d’un noirolivâtre, ne produisant aucuue sporule , si ce n’est des corpuscules entortillés dont on ignore la destination. L'espèce vulgaire est le Bisse des caves, Racod. cellare : bien sec , il peutservir d'amadou. Le Racodiuim rupestre est d’une texture plus serrée, et il est plus noir, presque toujours mêlé avec la croûte blanche d’un Leprari, avec lequel il croît sur Îes rochers.

À la fin de l'été, surtout apres une longue sécheresse, les feuilles du tilleul, de l’orme, de l’érable , et, dans le Midi, celles du eitronnier, se couvrent d’une malière noire , comme si elles avaient été exposées à la fumée. Cette matière, vue au microscope, présente une sorte de croûte mince entremélée de quelques fibrilles. Il est encore douteux que cette production appartienne au règne organique ; cependant il est toujours bon d’éveiller l’attention des naturalistes sur ces sortes de phénomènes. En attendant, je propose d'appeler ce genre Fumago.

Un autre genre, aussi problématique , est

l'Erineum que l'on hébnitre sur des feuilles encore vertes de plusieurs arbres, et qui a l'aspect d’une villossité byssoïde un peu roide, parfois grumeuse, ressemblante en quelque sorte à ces productions occasionées par les insectes du genre Cynips, dont la plus commune est le Bédéguar des rosiers. Il y a plusieurs espèces d'Erineum qu'on s'est hâté de diviser en deux ou trois genres: La plus ordinaire est celle qui vient sur les feuilles du sycomore : l’Erineurm acerinum ( Buil., t. 504. f. 15); elle est d’une couleur d’abord pâle; qui ensuite se change en brun. Parmi les auires espèces, on remarque l'Erineum tiliæ ; qui est d'un pâle bianchätre, et qui se trouve sur les feuiiles du ülleul, où il forme des peüls coussinets. L’Érineum du noyer, ou Juglandis, à des filets plus fins, comme un duvet, dont l’ensemble affecté une forme plus ou moins quadrangulaire , probablement à cause des nervures de Ja feuille entire lesquelles il se produit,

L’Érineum pitis est tantôt pâle, tantôt rougeûtre, selon les variétés de la vigne ; il est aussi plus touffu, et forme plus de plaques sur des feuilles, que les autres espèces. L’'Erineum a/neurmn se distingue par sa texture

(62) grossière et comme furfuracée, ainsi que par son étendue sur la surface inférieure des feuil: les de l’aulne.

Dans le genre Dematium, les graines sont très-apparentes, et disposées sur une petite houppe de filamens souvent droits ou divérgens : les deux espèces les plus communes sont les Dern. herbarum et epiphyllum. La première est noir-olivätre, plus compacte, et vient sur les tiges sèches de différentes plantes ; l’autre, d’une texture plus fine et moins chargée de poussière, croît sur différentes feuilles tombées à terre. Les espèces assez nombreuses de ce genre paraissent surloüt en hiver et pendant un temps humide. Elles sont toutes d’une couleur sombre , quelques-unes verdâtres ou olivâtres ( Dematium fungorum).

Avant de commencer à parler de l’autre division, je veux encore désigner ici uu joli petit champignon d’un beau blanc , qui paroit à la fin de l'été, sur les bois pourris et dans les vieux saules creux : c’est l’Isaria mucida de mon Synops. fung. Cette espèce ressemble, au commencement, à une gelée fluide, commesont, dans cet état, les Trichiacées; elle se change ensuite en une petite

plante rameuse, flaccide, et saupaudrée d’une poussière attachée à des filets dont elle se détache, à l'époque de sa maturité, avec une sorte d’élasticité. Ce petit être a passé successivement par plusieurs genres : Micheli l'avoit mis d’abord dans le Puccinia, et Jacquin, ÎWiscellanea austriaca, vol. 1, t. 26, dans le Tremella; Batsch et Bulliard ( 1. 415, F. 2), l'ont rapporté aux clavaires. Les auteurs de l’intéressant ouvrage sur les champignons de la Lusace (r) ont proposé d’en faire un nouveau genre, sous le nom du Ceratium hydnoïdes, qui a élé adopté depuis.

Les autres Zsaria sont, dès le commencement deleur développement, secs et plus fermes, farineux el presque toujours blancs; ils sont en général peu communs, et quelques-uns ont la singulière faculté de croître sur les cadavres des insectes ou des chrysalides : ces espèces sont alors d’une dimension plus grande,

Parmi les Byssoides dépourvus de graine, on remarque le genre Æ/ypha qui ne croit

(1) Conspectus Fungorüum Lusatiæ superioris; auctoribus J. B. d’Albertini et L. D. de Sweiniz. Lipsiæ, 1815, cum tabulis coloratis.

guere ailleurs que dans les‘souterrains : les espèces en sont toutes blanches, fugaces et humides au contact, ressemblant à des flocons (Hypha bombycina), ou à des faisceanx allonués ( Bissus elongata, Decaud. FL France. 2, p.67. ). D'autres ont un port plus révulier, et même élégant, comme le Byssus plumosa , Humboldt, Flor. Friberg. specimen, pag: 65, t.2,f. 7. Ontrouve dans cet ouvrage de M. dé flumboldt beaucoup d’autres Byssus souterrains bien décrits et figurés:

Les Âlimantia ont une forme plus régulière et une texture plus ferme, quoique soyeuse. Îls sont rameux dès leur base, et ont les sommités plumeuses, avec lesquelles ils s’étalent sur les feuilles sèches, sur des branches; souvent sous l'écorce, dans les caves et sur les murailles. Nous en citerons quelques espèces: On voit bien communément dans les bois, sur des feuilles sèches, ramassées, de chêne ou d’autres arbres, quelquelois sur les branches tombées à terre, des petites expansions velues et ramifiées, d’un assez beau blanc, qui appartiennent à l’Himantia candida ; il y en a plusieurs variélés ou sous-espèces, entre autres une qui à la particularité de coller pour ainsi dire ensemble des amas de feuilles, et le sou-

(65 ) lève en tas. Sa texture est plus déliée, et même quelquefois comme oblitérée ; il est d’une couleur argentée un peu luisante. Dans une autre variété (H. albida) quis’attache plus particulièrement au bois sec, le rameau principal est libre, cylindrique et plus fort. IL faut cependant en distinguer, comme espèce, l’Himantia radians, d’un pâle brunâtre : d’abord rempant, les tiges principales s'élèvent ensuite ; mais les sommités restent fortement adhérenrentes aux feuilles, en forme rayonnante. La figure que M. Tode a donnée de son Chordostylum Aispidulum convient parfaitement à notre petite plante, excepté qu'elle ne porte point de globules séminales, dont parle cet auteur.

Une autre espèce de ce genre ( Himantia cellaris) d’une dimension quelquefois considérable, est d'un noir mat, très-velu, et se rencontre sur les murailles des caves. Je réunis maintenant à ce genre, quoiqu'il s’en éloigne un peu, le Dematium strigosum, ou Byssus fulva, Huds, qui croît quelquefois dans les endroits un peu humides de nos maisons, ou sous l’écorce des troncs d’arbres en puiréfaction. Îl acquiert rarement une forme réculière; mais dans les lieux convenabies à son développement, il forme des expansions orë

biculaires, aplaties et plumeuses, comme dans le Mesenterica argentea, Syn.Fung., pag.706, (Vaill., Bot.; Paris, t. 8, f. 1.), que l’on doit aussi rapporter aux Himantia. Le genre Mesenterica Tode, qui est d'une substance trémeileuse, mérite d’être mieux observé.

Le Mesenterica rujfa forme un réseau régulier sur des bois pourris et humides ; on le trouve, maisrarement, aucommencementde l'hiver.

Les Himanties font un passage assez naturelau genre Xy/lostroma, dontlesfileissont plus entre-croisés, et composés d'un tissu compacte et coriace, d’une formeindéterminée. Ces espéces préferent, pour leur développement, l’intérieur des arbres en dépérissement, ou l’écorce des troncs. La plus remarquable est le Xylostroma giganteum Tode, que j'avois autrefois réuni au genre Racodium. Cette production, d’un pâle blanchätre etopaque, forme une sorte de feutrage épais de quelques lignes, et s’insinue entre les fentes de l’intérieur du chêne, dans un espace souvent très-étendu, et fortement collée au bois mort.

On observe encore des tissus byssoïdes irréguliers qui, bien qu'ils soient d’une texture mollasse et peu serrée, ont cependant leur Superficie unie et comme membraneuse, sur-

tout au milieu; on n’y. voit ni graines, ni papilles distinctes, et ils sont par conséquent dépourvus d’un hymenium : ce sont des champignons intermédiaires, entre les Bissoïdes et les Théléphores. On les trouve, mais moins communs, sur des boissecs, sur des feuilles, et même quelquefois à terre près les vieilles souches, où j'en ai trouvé une espèce d’une belle couleur sulfurine ou de citron, que j'appelle Athelia citrina. L'Athelia pallida est plus serré et étendu, et l'Athelia epipkylla, plus fugace, naitsur des feuilles tombées à terre.

Dans le second ordre, ce sont les Telephores, qui ont le plus de rapport avec la seconde division des Byssoïdes. Quelques espèces du genre Thelephora , par exemple le Thel. ferruginea et chalibæa, sont aussi presque tous en entier d’une texture tomenteuse; mais elles portent déjà des papilles et des graines, comme leurs congénères. La plupart des autres espèces habitent aussi les arbrés morts , les troncs, où elles forment de larges plaques qui contrastent avec le reste du bois noirci par le temps. Elles sont diversement colorées; il ÿ en a de blanches ({ Thelephora sambuci et acerina ), de cendrées (Th.

cinerea), de rousses orangées (Th. aurantia ), de couleur de rose (Th. rosea), commun sur

les troncs du bouleau blanc, et de couleur de gang (Th. cruenta, espèce subalpine). L'espèce la plus belle est le Thelephora caerulea, Dec., ou fimbriata, Roth., qui est d’un beau violet ou couleur d'azur. On la rencontre dans les jardins ou ailleurs, sur les troncs et les échalas ; elle atteint quelquefois la longueur de quatre à six pouces ; dans son premier développement elle ressemble à un peloton velu ; et c’est dans cet état où elle est apparemment décrite par Linnaeus , comme le Byssus phosphorea.

Peu d'espèces de ce genre, comme nous l'avons fait observer, ont un chapeau distinct; mais elles adhèrent fortement au bois par leur surface stérile. Dans d’autres, les bords commencent, vers la maturité du champignon, à se détacher et à se rouler en dedans : le Thelephora quercina (Bull. , t. 456., f. 1) et autres, en offrent des exemples. Cette espèce est très-communesurles branches mortes du chêne; elle est de la consistance du cuir, et de la couleur d’un rouge tendre, qui se rembrunit, et finit, surtout à la Encre par devenir F5 que noiratre.

Ilyena, maisen Pet nombre, qui se replient presque entièrement, et deviennent en

arte horizontalesetsouventimbriquées; de ce nombreestle Thelephorasulgaris (Bull., t. 278

et 285), qui croît partout sur des vieux troncs, au bas des pieux ou sur des bois de charpente. Ce Théléphore se fait facilement apercevoir par une couleur jaune vif, et par sa surface extérieure très-velue ; il s’en trouve quelques variétés qui sont d’un pâle cendré, fuligineuses ou brunâtres; mais le Thel. purpurea qui vientsur les troncs du tremble, de l’érableet de l’abricotier, queBull. adécritcomme une variété du vulgaire, sous lenom d'Auriculaire amethyste, 1. 483, f. 1 , est une espèce distincte ; car, outre sa couleur pourprée, elle a une substance irémelleuse. Il faut encore en distinguer le Thel. tabacina ; Sonerby, t. 55, ou férruginea ; Syn. Fung., p. 569 (Bull., t. 483, f. v.., n.), qui necroîtque dans les bois, où 1} commence à paroître au mois de novembre, sur de vieilles souches. Cette espèce est pâle ,ferrugineuse ,ou couleur du tabac d’Espagne un peu luisant : dans son premier développement, elle.est un peu blanche, et ondulée sur les bords.

Le Thelephora dons ou Auriculaire tannée , Bull. , t: 378, a un port plus régulier que les autres espèces; 1kest aussi d’une consistance plus roide et plus fragile, d’une couleur brune, ferrugineuse , et presque glabre ; il croît souvent imbriqué sur des vieux troncs

Co) chargés de mousse. On remarque à sa surface inférieure, entre les grands tubercules, quelques soies éparses que M. Link prend pour des capsules peut-être avortées ; et, par cette raison, il propose de faire de cette “ie un genre particulier ( Stereurn ). pus Peu d'espèces du genre hole sont terrestres, et Re pourroient en être détachées un jour, comme un genre particulier, non pas à cause de la localité et de la substance plus mollasse, mais par une particularité dont Je ne peux encore deviner le but. Dans l’état frais , on remarque sur la partie sporulifére des Thelephora caryophillea( Bull.,t. 483), Auricularia phyllacteres ; Bull. , t. 456; f. 2, et Thél. caesia, Syn. Fung.; p. 509, de distance en distance des soies ou des-papilles disposées quatre à quatre, que Bulliard considère comme des: vésicules spermatiques, ce qui n’est pas probable. Cene sont pas non plus des globules supportés par un pétiole, comme les avait dessinés ce botaniste. 2brod2 :Auresle, ceschampignons forment le passage au genre Herisma; qui a le portid'une clavaire, dont le Meri$ma foetidum (Clavaria anthocephala, Bull:, t: 452, f. 1), a la couleur et la nature. du Thel. ceryophillé; il-exhale Souvent une odeur désagréable. Ontrouve plus

communément pendant l'été, le Merisma cristatum ( Clavaire laciniée; Bull., t. 415, f. 1). Celui-ci est päle-jaunatre et très-difforme dans son port ; les rameaux en sont frangés et découpés enforme de crête; il s'attache aux différens Corps qui se trouvent dans son voisinage. Le Thelephora sebacea, Synop. Fung., p- 577 (dont le Th.:rcrustans ne paroît pas être distinct) est par sa nature aussi un Merisma, car il naît de la même manière : on le voit, pendant l'été, dans les bois touffus, répandu sur des feuilles sèches, des branches et des graines,

comnie du suif, ou pour ainsi dire comme des œufs battus.

M. Decandolle a introduit dernièrement dans son Supplément de la Flore françoise un nouveau genre, sous le nom de Coniophora, que l'on peut adopter, bien que ce champignon ait la manière decroître des autres Thelephora; mais 1l est mollasse et plus membraneux; en outre, au lieu de papilles, il porte de eut tubercules divergents, en forme de stalactites ; il estaussi chargé d’une poussière distincte. J'observerai cependant que ce dernier caractère ne lui est point exclusif: car le Merulius destruens eu est aussi chargé. La Coniophore membraneuse est d'un brun foncé dans son

(72) | milieu, blanc ou sulfurin sur le bord, lequel est. très-tomenteux ; elle occupe un espace d’un pied détendue et se détache facilement.

On la trouve dans les serres et sur les poutres à l'ombre. Elle végète au commencement de l'hiver : il y en a une variété à zônes concentriques, où se ramasse plus particulièrement la poussière séminale, et qui croit sur des murailles exposées à l'humidité.

: J’ai aussi placé dans cet ordre de champignons, comme une sous-division, les Tremelloïdes, bien que plusieurs d’entre elles soient dépourvues d’un véritable hymenium; mais elles ont le portdes Helvelloïdes, et on remarqueaussi des espèces tremelleuses dansquelques genres des autres divisions ; de plus, on voit la superficie de plusieurs tremelles, dans la maturité, saupoudrées de sporules, pour lesquelles il doit probablement exister des réservoirs dans l’intérieur de la substance. Au reste, ces graines ne sont ninueës, ni en grande quantité : comme dans.les champignons du troisième ordre. Il y a desespèces de Tremelloïdes qui ont la forme des Pézizes, d’autres, celle des clavaires ; plusieurs, qui sont pour l'ordinaire plus grandes, sont arrondies, plissées en différens sens : On peut les regarder comme autant de

(75) genres, mais qui sont encore HSE nombreux en espèces.

Le genre le plus distinct est l'Auricularia (Auriculaire), qui a pour type l'oreille de Judas, ou le Peziza Auricula (Bull. ,t. 427, f. 11), qui est d’une couleur noirâtre, et un peu iremelleux, et ne se propage guère ailleurs que sur les troncs de sureau. Ce champignon na pourtant pas de papilles distinctes, mais seulement quelques veines qui sont divergentes, et qui sont plus sensibles à l’extérieur qui est tomenteux et olivâtre : il n'appartient doncpasau genre Merulius. J’ai cru devoir en faire un particulier, avec lequel on réunira le Thelephora mesenterica, ou tremelloides Dec. (Auricularia tremelloides ; Bull. , t. 290). Celoi-ci croît principalement sur le noyer, dans les endroits gâtés de cetarbre; on letrouve plus rarement sur les souches pourries, auxquelles 1l est d’abord comme collé, s’en détache d'un côté et devient horizontal. Sa partie fertile est d’une couleur vineuse tirant sur le violet, lisse ou lacuneuse : mais l’extérieur est terne, velu et grisâtre. Dans ce petit genre, On pourroit aussi comprendre le Tremella spiculosa (Tremelle glanduleuse. Bull., +, 40, f. 1), qui paroît en hiver sur les

(74) | branches sèches; il est noir, aplati, et parsemé de points aigus , ridé étant sec; il est sur son côlé inférieur un péu tomenteux, ce qui n'a pas lieu dans les autres Tremelles.

Dans le second genre de cette division, le Tremella proprement dit, on remarque facilement, en hiver, sur des branches et sur des pieux, le Tremella z1esenterica (Bull, t. 490, Vaill., t.14,f. 4.) parsa belle couleur d'un jaune orangé ; 1l est grand d’un pouce, diversement plissé ou sillonné. D’après M. Paulet, on peut en faire usage sans inconvénient. M. le docteur Nees d’'Esenbeck a fait de cette espèce, et d’autres espèces semblables, un genre particulier auquel il a donné le nom de Gyraria.

Le Tremella siolacea, que Bulliard a depuis réuni à l'espèce précédente, comme une variété { Hist. des Champignons , p. 232, t. 490 }, méritcrait, pour meservir de ses propres expressions, d’être connu de ceux qui s’occupent de la fabrication des couleurs: cette espèce, mise en fusion dans de l’eau simple, donne une couleur d’un beau bistre rougeûtre, et qui porte sa gomme. Si l’on fait bouillir celte Tremelle dans de l’eau, elle donne une couleur plus rembrunie, et dont on pourroit

(75) peut-être tirer un parti avantageux dans l’art de la teinture.

Parmi les espèces en forme de Pézize(4gyria, Dacryomyces Nees), se voient aussi fréquemment les Tremella abietina et urticcæ.

L’une, jaunâtre ou orangée, croît sur des planches de sapin; elle est aplatie, presque lisse, et large d’une ligne. L'autre se trouve au printemps sur les tiges sèches de la grande ortie ; elle est d’un rouge-fauve, et paroït comme des points ou des taches rapprochés. D'abord enfoncée dans la branche , elle est concave comme une Peziza, ensuite aplatie. L'espèce la plus grande de ce sous-genre est le Tremella recisa Ditmar {Peziza gelatinosa, Bull., t. 460, Î. 2) qui. est d'une couleur tannée, et se lermine en un pédicule presque latéral. On le trouve sur les branches sèches des saules.

Parmiles Helvelloïdes , Les Pézizes semblent S approcher davantage des champisnons dont nous venons de a et, en particulier, les espèces d’une consistance gélatineuse, dont je vais mentionner la plus commune. Tout le Done doit avoir observé au, commencement de l'hiver, sur les büches de bois neuf, dans nos chantiers , ce champignon naissant par touffes sériales, qui perce l’écorce pour se

(ro

faire jour, et qui a la substance de la gélatine ou de la colle forte. Extérieurement il est brun et un peu ridé, mais noir sur le disque qui ‘devient à la longue bombé : c'est une espèce grande et assez changeante ou variée de formes, et qui, par cette circonstance, a été mise dans plusieurs genres. Bulliard l’a bien figurée à la t. 60, Ê. 2, sous le nom de Pe- ZiZa nigra : c'est aussi la Peziza inquinans, Syn., p. 651 ; car en la touchantelle noircit les mains par ses graines. On a vouln mettre ce champignon dans le genre Æscobolus, dont il n’a ni le port, ni la manière de croître. Si ses urticules s'élèvent quelquefois au-dessus du disque, ce: que je n'ai pas encore observé, ses capsules ne ‘sont ni remplies d’une substance liquide, ni élancées avec élasticité, ce qui est la propriété des Ascoboles. |

Le genre Peziza est très-étendu et facile à à connaître par la forme de ses cupules. Les espèces petites sont d’une consistance plus charnue, et quelquefois plus coriace. Elles sont plus nombreuses, et viennent ordinairement par peuplades sur des troncs, sur des branches, des tiges mortes de plantes herbacées , et moins communément sur des feuilles sèches.

Parmi ces sortes d'espèces, on trouve partout le Peziza fructigena; Bull., t. 228, sur des

glands secs, et à moilié pourris, qui a un pédicule large et par sa position, courbée; ilest glabre, et d’une couleur pâle.Le Peziza virginea (Bull, t. 376, t. 3) quise reconnoît à sa couleur d’un beau blanc, et à sa villosité, à laquelle s’attachent souvent des gouttelettes d'eau qui paraissent comme autant de petits cristaux quand cette espèce croit dans les endroits humides. Le Peziza bicolor, Bull. , t. 410, f. 5 ou pulchella qui est ausssi velu et blanc en dehors, s’en disüngue par son disque, qui est d'un rouge de vermillon, et tirantsurle jaune, dansle Peziza calycina, Syn., 653, qui en est peut-être une variété, croissant sur les petites branches sèches de chène. Le Pézize en écusson (P. scutellata, Lin., Bull., t.10), est aplati, sessile, rougeätre, son bord est entouré de gros poils noirs. Cette espèce se trouve principalement sur les vieux saules, dans des endroits un peu humides ; mais en petit nombre d'individus à la fois. Elle paroît en été.

Il y a aussi des petites espèces terrestres, et parmi celles - ci on doit en remarquer une qui brave quelquefois la rigueur de l’hiver, car elle commence à paraître de bonne heure sur les mousses, comme des tubercules rougeütres, avec un bord blanchâtre: on l'appelle le Pe-

ziza leucomola (Hedwis Stirp. Crÿpiog. vol. », t. 4, f. 4. ) Cependant celles qui croissent par terre sont ordinairement grandes, fragiles et extérieurementun peu farineuses. Le Peziza macropus (Pézize pédiculée; Bull. , t. 459, f. 2.) est très-connoissable par sa longue tige un peu grêle : elle est grisâtre. L'espèce la plus grande de toutes, est le Pézize en ciboire, Peziza Acetabulum ; Lin. , Bull. , t. 485, f. 4: Vaill., Bot. ,t. 15, f. 1. qui est irès-rare, et qui a été découverte par Vaillant, aux environs de Versailles. Les caractères les plus sail- Jans de ce champignon sont les nervures ou côtes qui se trouvent à sa surface inférieure, et qui sont rameuses; son pédicule a aussi des lacunes comme quelques Helvelles avec lesquelles cette espèce, ainsi que le Peziza sulcata, Syn. pag. 643, dont le pédicule seul est sillonné, ont beaucoup de rapport.

IL est d’autres espèces d’une forme anomale, ayant leurs cupules fendues d’un côté, et entortiilées comme une coquille. Linné les a toutes réunies sous le nom de Peziza cochleata:

Dans Bulliard , t. 154, f. A, on trouve figuré le Pez. brunnea, et à la fig. 8 de la même planche, le Peziza alutacea , toutes deux se trouvent, durant l’été, fréquemment dans

les boïs; mais la troisième quiest le Pez.

aurantiaca (Bull., t. 474), est plus tardive, et paroît au mois de novembre; elle est d’une belle couleur d'orange. Il faut encore distinguer le P. coccinea, ou P. epidendra; Bull. , t. 467, f. 5, dont la coupe est en forme de grelot, d’un rouge écarlate, et qui se termine en un pédicule long , un peu blanchätre et tomenteux. Cette belle espèce est printannière, et ne croît que sur des branches sèches tombées à terre. Les Peziza onotica qui est grand et d’un pâle incarnate, et Zeporina, qui est jaune brunätre, sont aussi fendues d'un côté; mais elles prennent la forme d’une oreille. La dernière espèce n'est point rare dans les bois d’arbres verts.

Deux autres espèces d’une dimension moins grande, qui se rencontrent aussi souvent ensemble dans le courant de l’arrière-saison, sont le Peziza crenata (Bull., t. 396, f. 1. ) et le P. kemispherica ( Bull., t. 396, f. 2). La première est blanchâtre et a la forme d’une cupule de gland; elle est crénelée ou dentée sur ses bords. La seconde, qui est large d’un pouce, est blanchâtre à l’intérieur, et d’un brun foncé en dehors, ou elle est aussi hérissée de poils réunis par fascicule.

Le genre Ascobolus s'éloigne des Pézizes,

dont il a d’ailleurs le por’, par la manière singulière de lancer ses utricules tout entières. Ces capsules se font apercevoir sur le disque, comme des points noirs; elles sont remplies d’une humeur limpide dans laquelle nagent buit graines; étant gonflées par la chaleur, elles se détachent de la cupule avec beaucoup d’élasticité. L'espèce la plus commune est l'Ascobolus furfuraceus, ou Peziza stercoraria, Bull. t. 376. L’Ascobulus glaber, qui est lisse et plus petit, se trouve aussi souvent en société avec l’autre. Toutes les deux, et les autres espèces décrites dans mon Synopsis, n’ont d'autre lieu natal que la fiente des animaux herbivores, où elles paroissent en automne. |

Les Æelvelles proprement dites , bien qu’elles aient un port particulier, ne diffèrent pourtant pas des grandes espèces de Pézizes , par des caractères systématiques bien tranchans ; cependant leur chapeau est des deux côtés réfléchi, tantôt libre, tantôt adhérent au pédicule, lequel est ou lisse, ou cannelé, et quelquefois simplement lacuneux.

L'espèce la plus grande est l’Helvella 7nfula, qui est brune, à chapeau et pédicule lisses; elle préfère les pays un peu élevés, et croît au Hartz et dans les Vosges, où on l'appelle

Morille d'automne. Il y à aussi dans ce génre une espèce sessile qui ressemble à une Théiéphore; sa surface inférieure est garnie de beaucoup de fibrilles radiculaires qui se fixent à la terre; sa surface supérieure est irrésulière; un peu bosselée et bistrée. On a fait der: nièrement un genre particulier de cet Helvella acaulis, sousle nom de Rhizina ( Fries, Obs.

mycologicæ, p. 145 },

Dans le genre Spatularia, le chapeau est membraneux comme dans les Helvelles ; mais il est tout-à-fait vertical, comprimé et continu avec le pédicule, sur lequel il est un peu décurrent de l’un et l’autre côté : on n’en connoît qu’une espèce qui est la Spatulaire jaunâtre ( Sowerby, t. 55. ).

Les Géoglosses se lient aux Helvelles par JE genre qui précède; mais ils sont charnus, et ne dispersent pas leurs graines avec élasticité comme une pelite fumée; ils Sont aplattis et dilatés vers le sommet, ils ont une sorte de chapeau qui se confond un peu avec le pédicule, et dans lequel on observe les utricules distincts, par lesquels ïls différent aussi des clavaires, avec lesquelles ils ont été réunis Jusqu'à présent. Îls aiment Îles endroits découverts, les pâturages et les gazons, ex-

( 82 ) ceplé le Geoglossum viride que l’on ne trouve que dans les forêts. Les espèces ordinaires sont le Geogl. glabrum, ou Olavaria ophioglossoides, Bull. , t. 552, qui est glabre, etle Geogl. Airsutum qui est poiiu ; ellessont d’une grandeur moyenne et noirätres.

Les Leotia, qui ont été confondus tantôt avec les Helvelles, tantôt avec les Clavaires, se distinguent de l’un et l’autre par un chapeau court, lisse, hémisphérique, ou ovale. J’en citerai deux espèces assez communes, même dans nos environs. La première, ou le Leotia lubrica (Helvella gelatinosa, Bull., t. 475, f. 2), vient au pied des arbres, ou parmi les gramens ; elle est d’une substance molle presque gélatineuse, à tête arrondie, et d’une coulear d'olive jaunâtre. L'autre, qui aime les endroits humidesetles marais ( à Saint-Lécer), diffère par la forme plus cylindrique, par la substance plus membraneuse, et par la couleur rouge-brunâtre. Bulliard l’a décrite et figurée comme le Clavaria phalloides ( voyez sonouvrage, vol. 1, p. 214,t.463,f. 3, et Dickson, Crypt. Brit., fasc. 35, p. 22, t. a, f. 15). N'ayant d'abord connu cette plante que d'après les dessins que les auteurs en ont donnés, et qui ne se ressemblent point, j'en avois

(85) fait dans mon Synopsis, et j’avoueict ma faute, trois espèces différentes que je réunirai sous le nom du Leotia uliginosa.

Un genre voisin de celui-ci, et peu diffé-rent, est le Æelotium, qui contient des especes fort petites et peu nombreuses, ayant à peu près la forme d’une épingle ou d’un clou. L'Helotium aciculare { Bull. , t. 475, f. 1,) est blanc, et aune capitule hémisphérique; son pédicule est assez long, et divisé dans quelques individus. [1 vient par petites peuptades, en automne, sur des bois pourris. Le Helotium fimitarium est encore plus mince et rougeûtre, on en trouve une variélé, qui à une capitule

plus globuleuse, sur le crottin des lapins, au -mois de novembre.

On est encore incertain où il faut placer le genre Stilbum, composé d’espèces presque toutes microscopiques, et qu'on prendrait pour des Mucors, dont elles diffèrent cependant par leur piléole arrondi ou ovale, et solide , qui d’abord limpide, devient à la maturité terne, et porte vraisemblablement à l'extérieure ses graines nues. En attendant qu'elles soient mieux étudiées , on pourrait les laisser à la fin des Helvelloïdes ; car les Stil-

bum ont Île port à peu près des Hélotium. Le Sülbun parasiticum ( Sturm. Fung. Germ.

t. 46.) n’est pas rare sur les Trichia qu'il détruit et enveloppe comme une moisissure. Les autres espèces croissent au printemps et en automne sur des bois pourris et humides, elles sont d’une substance un peu gélatineuse et ordinairement d'une couleur pâle ; quelquesunes ont un pédicule noir. (Stilbum rigidum.)

Les Clavaires sont partagées en deux sections, en Clavaires simples ou rameuses, qui. ont encore des sous- divisions ; car parmi les simples se trouvent de pelites espèces qui on! un pédicule dislinct, et une clavule ovale et cylindrique qui seule est fructifère : tels sont le Clavaria ovata, tout blanc, à tête obovale, qui croit sur les rameaux secs de la ronce et les Clavaria gyrans eterythropus, blancs, à clavule un peu cylindrique, et qui sont parasites sur dessclerotium, nichés sous l’épiderme des branches ou des feuilles sèches. Une jolie espèce de cette sous - division est le micans qui est assez commune au printemps sur les tiges sèches des plantes herbacées , surtout du panicaut, Eryngium campestre; son pédicule est court et blanc, et s’évase en une tête ovoïde

( 85 ) d'un rouge vif. Cetle espèce n’appartient-elle pas plutôt au genre Helotium ?

Il y à aussi des Clavaires simples qui sont solitaires ou qui croissent en faisceaux, dort plusieurs ont aussi une sorte de tige ou une partie un peu luisante , différente de la nature des clavules, par exemple, le Clavaria falcata, commun dans des endroits un peu humides des bois ; il est blanc, long d'environ un pouct et en forme de faux. Dans le Clavaria eburnea (Bull. t.465, f. 1), qui est aussi blanc, et dans le Clavaria fragilis (Flor. Dan. t. 755, f. 1), les individus sont presque réunis à leur base. Ces deux variétés ou espèces croissent dans les pâturages; on y trouve aussi, mais plus fréquemment dans les bois, le Clavaria helveola ( Bull. t. 465 , fig. 1, B,N, O j; cette espèce est d’un beau jaune , mais la sommité devient brunûtre.

L'espèce la plus considérable parmi les simples est le Clavaria pistillaris, L. ( Bull. t. 244; Schæff. Fung. \. 169) qui a la forme d’une massue, et qui atteint la longueur de quatre à six pouces. Elle est très-charnue , d’une couleur fauve et amère an goût; c'est pourquoi on ue l’emploie pas comme aliment.

Dans la division des espèces rameuses il y a plusieurs gradations de ramifications jusqu’à la Clavaire corolloïde qui est l'espèce la plus divisée de toutes. La Clavaire ridée ou Clavaria rugosa (Bull. t. 488, f. 2; Vaill. Bot.t. 8, 2) esi peu rameuse et souvent simple, elle est fragile, blanche et longue, mais assez mince ; elle s’épaissit vers l’extrémité qui est ridée et un peu difforme.

Le Clavaria cornea, ou Clavaria aculeiformis, Bull. t. 468, f. 2, est aussi tantôt simple, tantôt bifurquée. Cette espece est irès-petile, de deux où trois lignes, d’un jaune orangé, et d’une substance un peu trémelleuse ; elle.

est assez commune sur des poutres pourries.

D'autres espèces sont beaucoup plus divisées, une parie ont la tige ( caulis ) mince, et l’autre l'ont trés charnue ; celles-ci sont toutes comeslibles. Parmi Îles premières on remarque la belle Clavaire améthyste (Bull.

it. 496, f. 2), mais qui est rare; le Clav.

cristata ( Bull. t. 558, £. 1.) qui est très-commune, blanche ou blanc-fuligineuse, et un peu variable. On observe souvent sur sa tige un sphæria parasite qui l’épuise et le rend presque noire. Les rameaux en sont ou finement ch-

(87) visés ou tres-obtus, et dans cette circonstance en petit nombre.

Ces Clavaires rameuses font une transition naturelle au genre ÆHericium, qui presque tous seront décrits dans la seconde section de ce Traité. J’observe seulement ici, bien que les Hericia aient le port des Clavaires , et méme qu’une des espèces de ce genre soit rapportée à celles-ci, que leurs ramificalions sont de véritables aisuillons, souvent un peu creux, tandis que celles des Clavaires sont toujours une continualion du corps ou du premier rameau,

Dans le genre Æydnum il y a aussi beaucoup d'espèces crustacées, ou attachées en forme de plaques par leur surface inférieure aux bois; elles formentla division Odontia.L'Odontia farinacea se voit dans le creux des vieux saules ou autres bois secs. Elle est blanche et comme saupoudrée de farine; ses aiguillons sont fort petits et très-serrés.

Il se trouve aussi des Hydnes dimidiés et horizontaux, mais en petit nombre, parmi Jesquels on distingue une espèce assez curieuse, tant par sa forme que par son Labitaë toujours sur les cônes du pin sauvage ( Pi-

nus sylvestris }, tombés à terre, elle est connue sous le nom d'Hydne cure -oreille ( Hydnum Aurisclapium, Bull. t. 481 , f. 5). Un pédicule-long et droit se trouve au reste très-rarement réuni avec un chapeau demi-orbicujaire dans les champignons. |

L'Hydne en touffe où Hydnum concrescens ( IH. cyathiforme, Bull. t. 156, et H. Aybri- dum, t. 463, Var. ), qui paroit de bonne heure dans les bois , se fait facilement connaître par un certain nombre d'individus de cette espèce, qui sont adhérens entre eux par leur chapeau; ils enveloppent même dans cette touffe des mousses, des feuilles et branches sèches quise trouvent dans son voisinage. Cette espèce est dans son premier développemeut presque blanchâtre et tomenteuse; elle devient dans la suite glabre, mais ridée ou siriée et d'une couleur brunâtre; elle se cave au milieu, mais peu profondément ; ses aiguillons sont blanc - brunâtres, sa consistance est coriace, son pédicule est court et un peu iubéreux. ;

Il est curieux de remarquer que cet Hydne , le Boletus perrennis, le Thelephora caryophillea er terrestris , les Merisma fœætidum et lineare , tous champignons de diffé

( 89 ) rens genres , ont à peu près la même couleur, la même consistance, et la même manière de se réunir entre eux ou d’envelopper d'autres COrps.

Les Sistotrèmes forment un genre artificiel et intermédiaire entre les Hydnes et les Bolets ou Polypores: ce sont des Bolets dans leur jeunesse, et des Hydnes dans leur plein développement. Îls se montrent sous le même portque ces deux genres, et on peut ÿ établir les mémes sous-divisions. Mais les espèces crustacées de ce genre sont en général d’une texture moins fine que les Odonties, et sont presque toutes glabres. Parmi celles-ci on remarque le Sistotrema qguercinum ( Hydne membraneux, Bull. t. 481, f. 1.) I croît sur les rameaux secs du chêne, et est d’une couleur pâle-brunûtre; ses aiguillons sont difformes, rudes et divisés. Le Sistotrema violaceum { Hydnum parasiticum , L.) est auparavant résupiné, et s'étale dans cet état comme une bande de la longueur d'un pied suivant la localité; bien développé, il se réfléchit, et fait voir un chapeau tomenrteux et blanchätre; mais à sa surface inférieure celte espèce est toujours d’un beau roug'e-violet. On ne la trouve guère que sur le bois de sapin, et elle est assez rare. Mais au contraire

rien de plus commun dans nos environs que le Sistotrema cinereurn ( Boletus unicolor, Bull. t. 8or, f. 3 ), que l’on trouve sur toutes sortes de troncs d’arbres , mais il paroît qu'il préfère croitre sur celui du maronnier d'Inde ( Æscu lus ). Dans le commencement il est presque blanc, un peu charnu , eta des pores grisätres bien conditionnés; mais dans l’âge adulte ceux-ci se divisent, surtout dans le milieu du chapeau, en dents distinctes; le chapeau à l’extérieur est alors grisätre , d'une couleur mate et tomenteuse. | Parmi les Bolets crustacés ( Poria ), l’espèce assez vulgaire est le Boletus medulla panis, Jacquin, ou Bolet mie de pain, nommé

ainsi par quelque ressemblance que l’on a trouvée avec la mie de pain, soit par la couleur, soit par les pores qui ressemblent aux cellules du pain. Au reste, cetteespèceest d’un beau blanc, épaisse et glabre partout , même sur ses bords, lesquels, dans la plupart des autresespèces, sonttomenteux etmême fhibrilleux. On trouve cette espèce plus particulièrement sur des bois travaillés, ainsi que la suivante, le Boletus contiguus qui est épais et d'une forme linéaire, c’est à-dire longue, mais d'une “largeur presque égale ; 1l est d’un brun mat,

et on le rencontre sur de vieilles portes des jardins. Le nom de contiguus lui fut donné par opposition au Bot. salicinus qui est aussi de la même couleur, mais un peu luisant, ondulé sur la surface, et souvent interrompu ; ce champignon setrouve aussi aux environs de Paris, mais assez rarement ; il tapisse Îles Cavités des vieux saules. | 0)

Dans la division des Bolets à chapeau distinct, maissemi-orbiculaire, il y a des espèces très-utiles, par exemple, le Bolet odorant, Boletus suaveolens, Lin., qui vient sur les saules à la fin de l'automne et quelquefois au printemps ; il est blanc, un peu tomenteux, et répand une odeur agréable d’iris de Florence: il est employé dans quelques pays comme médicament contre la phthysie. Linnæus dans sa Flora laponica rapporte qu'il sert aussi à la galaunterie des jeunes lapons. (1}

Mais l'espèce qui est d’une utilité plus générale que toutes lesautres espèces de champignons , est l’Æmadouvier , le Boletus io niarius ( Bull. t. 491 ). Il vient sur les hêtres languissans, il est quelquefois d'une dimension considérable : alors il a des côtes ou cercles EE

(1) Sans doute à titre d’aphrodisiaque.

(93) saillans, et d’une couleur noirâtre; mais ses pores sont bruns et fort petits (1).

(1) Voici la manière de préparer l Amadou. Elle consiste à ramollir par la cuisson la substance cotonneuse du Bolet, et de l’imprégner d’une matière capable de donner plus d'activité au feu, quand on l’allume. Après avoir exposé l’Amadouvier dans un lieu frais ou dans une cave, pour le faire ramollir un peu ,on le coupe ensuite par tranches minces ; on rejette la partie par laquelle le champignon adhéroit à l'arbre; on retranche aussi les tuyaux : on bat ces lames sur une pierre unie ou sur un billot de bois, avec un marteau de bois ; on les dispose ensuite par lits dans une grande marmite de fer ou un chaudron; on y verse de l’eau en suffisante quantité pour que le tout surnage, et on ajoute du salpètre selon la quantité d’amadou : on fait bouillir le tout une demiheure ou une heure. Après ce temps, on retire ces tran- €hes, et on les fait sécher lentement à l’ombre ou dans un lieu médiocrement chaud ; ensuite on recommence à les battre; quelquefois, au lieu de faire bouillir les lames de l'Amadouvier, on se contente de les mettre dans les cendres de lessive, et de leur donner deux ou trois chaudes de cette lessive bouillante. Il y a des personnes qui frottentencore l’amadou avec de la poudre à canon, mais cela la rend noire et la salit. Le procédé des bücherons dans les Vosges est encore moins recommandable ; ils se contentent d’enterrer les tranches du Bolet, et de es arroser pendant un certain temps avec de l'urine.

ÏL s’en trouve une variété qui est grisatre et sans côtes, un peu glauque au-dessous , et qui paroît être la même espèce que la précédente mais non encore tout-à-faitdéveloppée : c'est le Sabot subéreux de M. Paulet (Traité des Champig. p. 95 à 94), et vraisemblablement aussi le Boletus fornentarius de Lin. ,'ainsi que celui de mon Syn. Fung. p. 556. Mais l'espèce que Linn. avoit désignée sous le nom deB.igriarius n'est pas bien connue; car dans sa Flora suecica, p. 454, il lui donne des aiguillons ( aculei, peut-être est-ce une erreur du copiste ou du compositeur, ) et aussi un stipes; cependant lasynonymie qu'il ajouteappartientau Boletus igniarius des auteurs, dont le Boletus fomnentarius et igniarius de Sowerby (Engl. Fung.

4.192et135)sontdes variétés. Le Boletus:gr1:arius de Bull. t. 454, fig. A, B, D, F, est la variété, ou 51 l’on veut, l'espèce qui croît prin- Cipalement sur les vieux saules, et aussi sur quelques arbres fruitiers ; il est d’une consistance plus dure, et la moitié plus petit que le

Pour faire lAgaric astringent des chirurgiens, qui. vient aussi du même champignon, on le prépare de la même manière, mais sans y ajouter de sel di de cendre,

Bolet du hétre où igniarius. Je remarquerai en passant que Bulliard a confondu sur la même planche de son ouvrage et sons le méme nom deux autres espèces bien distinctes:

par exemple, celle qu’il a fisgurée à la fig. E est le Boletus ribis : voyez Decand. Supplém. à da Flore Franç. p. 4; la fig. C. représente un autre champignon qui croît au pied des chènes , large, aplati et brunâtre, ayant sur la superficie des protubérances souvent difformes, mais point de cercles, que j'appellerat Boletus torulosus. Le Boletus égniarius de mon Synops. Fung.p. 554, ou Bol. ungulatus, Var.

Schæff. Fung. 1. 197, est une espèce particulière, qui croît seulement sur les pins ; elle est la moitié plus petite, trèes-dure, presque lisse etrougeâtre ;ses pores sont pâles, et blanchâtres, ou jaunâtres. Ce Bolet donne un amadou très-inférieur, et il n'est presque pas employe.

Je ferai encore mention ici de quelques autres espèces de Bolets, les plus remarquables.

On voit souvent croître pendant l'été, dans nos vergers ou ailleurs, au haut des arbres à fruit, un Bolet d’une étendue assez considé:rable, d’un jaune brun, d’une substance un

(os.

peu coriace, molle et aqueuse, dont [a surface supérieure du chapeau est hérissée de poils rudes, qui lui ont fait donner le nom de Bolet férissé ou Boletus kispidus, Bull. t. 4953. En vieillissant ce champignon se noircit, et finit par paroître comme s’il étoit brülé. Le Bolet calcéolaire de Bulliard(t. 360 et445,12) se développe pendant les hivers doux sur Îles vieux troncs de saules ; son chapeau est dimidié et creusé, d’un rouge-brunûtre ; ses pores sont petits, Jaunâtres et décurrens sur le pédicule qui est latéral et presque noir.

D'autres espèces de cette division méritent aussi d’être citées à cause de leur couleur agréable, Le Boletus versicolor, Lin. ou Bolet bigarré, Bull. t. 557, f. L,ett. 86, ( A etB, cst varié à sa surface supérieure par des couleurs ou bandes brunes , jaunes, blanches et bleuâtres, et quelquefois entièrement jaunàtres ( Bol. ochraceus, Syn. p. 539 ; Bull. t. 86, fig. C). Il est très-mince et assez petit ; souvent plusieurs de ses piléoles imbriqués forment sur les troncs d’arbresunerosette. Une varlélé Ou sous-espèce plus grande et plus épaisse se rencontre dans les jardins sur les anciens pieux ; elle est moins bigarrée et plus épaisse. Elle croit aussi souvent solitaire ou par étage

(an Bull. t. 65+, fie. 12) Le Boletus cinna:barinus ( Bolet scarlatin Bull. 1. 501, f.1) est d’une belle couleur de cinnabre, comme l'indique son nom. Il ne se trouve que sur le mérisier, prunus avium L. Surle même arbre, mais aussi sur le tronc des chénes, vient en été le Boletus citrinus ou Bolet sulfurin ( Bull. t. 429 ), qui est mollasse, couleur de citron avec une teinte de rouge. Le Boletus betulinus ( Bull. t. 312 ) est tout-à-fait blanc, d’une formerégulière, mais semi-orbiculaire, et attaché aux arbres par un pédicule court et épais. Il a une saveur acide , et ne se rencontre que sur le tronc du bouleau blanc.

Parmi les Bolets stipités, on voit avec plaisir dans les bois le Boletus perennis, L. ( B. coriaceus, Bull. t. 440, f. 2; et B. fimbriatus, 1. 254 ), il vient au bord des chemins, rarement sur de vieilles souches, et plusieurs individus réunis par le chapeau croissent quelquefois en cercles magiques. Ce champignon est d’une substance mince et sèche, et d’une couleur gris-brunätre.

L'espèce la plus remarquable de ce genre est le Boletus /accatus ou Bolet vernissé ( Bol. vernicosus , Bergeret, Phyt.t, 99 }). Il paroit être aussi indigène au Japon, du moins le Bo-

( 97) letus dimidiatus, Thunbers (For. Jap. p.548, t. 39. ) lui ressemble beaucoup. Dans son premier développement qui commence en été, on le prendroit pour une Clavaire, ayant la forme d’une massue ; puis il prend celle d’une cuiller ou truelle ; en automne le chapeau devient horizontal, il est marqué de zones ou cercles, sur un pédicule central. Sa couleur est d’abord jaunâtre , ensuite rougeâtre ou marron, et blanche en - dessous. Sa surface est luisante, et comme enduite d'un vernis ; ce qui est une singularité qui lui est propre. Il croît presque par terre sur de vieilles souches. Bulliard dit que ce Bolet , qu'il appelle B. oblique ( p. 555, t. 459), est vivace; mais je le regarde commeannuel; car, l'ayant trouvé au printemps, il étoit déjà passé, et devenu presque noir, mou et n'ayant plus de vernis.

Le genre Dædalea est dans le même rapportavec les Bolets, les Mérules ou les Agarics que les Sistotrèmes sont avec les Bolets et les Hydnes. Il porte des tubes à sa base ou à sa périphérie, et dans le milieu, des lames allongées ou réunies en une sorte de réseau, principalement dans leur jeunesse. Les especes ensont toutes coriaces, dimidiées , et croissent sur Îles troncs et les bois secs.

( 9 ) | Je ne cilerai ici que les deux espèces vulgares : Ja première est le Dædalea guercina ou Agaricus quercinus , Lin.; À. labyrinthi- Jormis ( Bull 1\9552%et 42) 00) qui est d’une substance très -dure , vivace, et épais de quelques pouces; quelquelois cependant il est flexible; la couleur en est gris-pâle ou blanchâtre, et la superficie presque glabre. Ses feuillets ou lames sont disposés comme les routes d’un labyrinthe , ou mieux, comme les sil- Jons des noyaux de pêches. En Autriche, où celte espèce est peut-être plus commune, on en fabrique de l’amadou. Le Dædalea coriacea (Agaricus, Bull. t. 394, ett. 559,f.F. Bolt. Fung. t. 150 ) est beaucoup moins épais, plus flexible , et a aussi un chapeau convexe, très-velu et gris-blanchâtre. Dans l’âge avancé, ses feuillets sont plus libres , comme ceux des vrais Agarics; mais dans sa jeunesse, ces mè- . mes feuillets sont épais et añastomosés.

Bulliard a mal à propos réuni à la planche 537 de son ouvrage, sous un seul nom d'Agaric coriace, plusieurs espèces différentes. Les figures À et F appartiennent au véritable Agaricus où Dædalea coriacea ; les figures Let B rendent très-bien le Bolet bigarré ou Bol. ver sicolor , qui, comme on sait, à des pores et

non des lames ; la fig. P représente peut-être le Dædalea gibbosa. L'opinion de M. Bulliard sur celte réunion d'espèces si différentes était fondée sur ce que l'arbre ou la souche qui a donné naissance à ces champignons, ne leur a pas fourni une assez grande quantité de sucs nutritifs, soit que de trop fortes chaleurs ou un froid trop rigoureux soient venus tout-àcoup interrompre lecours de ces sucs ; car siles sucs nutrilifs que recoit son Agaric coriacesont en lrop pelite quantité , sa surface inférieure reste poreuse. et 11 se présente comme le Bolet bigarré, n'ayant pas recu une quantité suffisante de sucs pour passer à l'état d’agaric ; mais, si ce même champignon en est bien fourni, sa surface inférieure se couvre de feuillets; et si la quantité de ces mêmes sucs est trop grande , ou afflue trop promptement, sa surface inférieure, au lieu de pores et de feuillets, se trouve creusée de sillons qui imitent les routes d’un labyrinthe.

Parmi les Mérules résupinés, le Merulius serpens nait sur les bois secs en automne et en hiver, où il se présente comme des rubans; il a la consistance d’une peau, et est d’un pâle rougeûtre : lisse au commencement, il prend dans sa maturité desrides ou des veines, mais peu distinctes.

. Le Merulius destruens ou Boletus lacrymans (Sowerby, Fung. t. 1153) est plus remarquable par les dégâts qu'il fait aux constructions en détruisant les bois, les planches, etc. sous lesquels il reste souvent long-temps dans l’état d'un ÆHimantia ; mais se développant ensuite au-dehors , il prend une forme régulière , s’é- Jargit beaucoup en occupant un grand espace; alors sa surface qui est d’un jaune-orangé, est relevée de larges plis anastomosés eu forme de réseau à grandes mailles, et chargée d’une poussière couleur de cannelle. Ce champignon est mince et membraneux, excepté Îles bords qui sont blancs et cotonneux, il est en outre d’une substance molle et humide :

c'est pourquoi on remarque sur lui des gouttelettes d'eau, occasionées par l’'évaporation. On a proposé comme un bon moyen pour s’en défaire d’arroser les planches avec de l’eau mélée d'acide sulfurique (1).

Un champignon gris noirâtre, en forme d’entonnoir ou de trompette, qui se fait voir

(1) Voyez aussi des observations curieuses sur ce champignon nuisible, dans le Journal de Botanique, Année 1813, p. 12, communiquées par M. le baron de Beauvois.

par groupes à la fin de l’été dans tous les bois, a été confondu avec les Pézizes, sous le nom de Peziza cornucopioides, L., ou Helvelle corne d'abondance, Bull. t. 498 , f. 3. IL est maintenant réuni au cenre Merulius à cause de son port et de son affinité avec le Mérulius cine. reus( Helvella hydrolips , Bull. t.485) que l’on trouve aussi, quoique moins communément, pêle-mêle avec lui; cependant il n'a pas de nervures saillantes , mais seulement des lacunes qui s’anastomosent un peu; quelquefois il est entièrement lisse. Micheli, dans son Genera plantarum, p. 201 , t. 82, en a fait avec deux ou trois autres espèces qui ont aussi l’Aymenium sans veines et qui croissent en Îialie, un genre distinct. On pourroit dans un plan systématique imiter cet ancien botaniste, en donnantioutefois à ce genre un autre nom que celui de Fungoidaster. M. Paulet a donné à cette espèce le nom françois de Trompette des morts, probablement à cause de sa couleur ; car, malgré ce nom d’un mauvais augure, elle a,dit cet auteur, une légère saveur de truffe, et donnée aux animaux elle ne leur fait aucun mal(Voy.

son Traité des Champ. p. 404 ).

Un autre Mérule qui croît aussi en touffes, et particulièrement sur les vieilles souches,

estleM. tubijormis (Helvel. en trompette. Bul. t. 461, fig. À et C; etl'Helvelle cantharelloïde, t. 445). Il est membraneux er d’une grandeur moyenne ; extérieurement sa couleur est d’un fauve clair ou d’un rose cendré ; sa surface supérieure est brunâtre, souvent zonée et ridée.

Cette espèce ne paroît avoir rien non plus de

nuisible.

Nous aurons accasion de rapporter, dans Îa seconde partie de ce Traité, beaucoup d’espèces du genre Agaric; mais il y a deux sections, dont nous n'avons pas parlé, parce qu'ils ne comprennent pas des espèces employées comme alimens.

Dans l’une de ces divisions, désignée comme sous-senre, Coprinus ou Agarics fimetaires, se trouvent celles qui sont d’une substance presque aqueuse, en se fondant, à la maturité, en un suc noir. Elles poussent principalement auprès du fumier des animaux herbivores, ou au pied des arbres et parmi des gramens où se trouvent des matières en corruption. Ces sortes de champignons n'ont pas précisément une qualité malfaisante, car ils ont de l’affinité avec le champignon de couche, mais étant si peu substantiels, etse dissulvant

( 105 ) si promptement, on ne les recherche guère pour servir d’aliment.

On y remarque entre autres l’Agaricus fimetarius, Linn., ou comatus ( Sowerby Fung., t. 169), qui est grand, blanc et en forme de massue, ayant des écailles soyeuses et un coilet mobile. L’Agaricus plicatus (A. Atramentarius, Bull, , t. 164) vient par groupes sombreux dans les lieux humides et le ons des haies ; il est d’un brun cendré, et un peu écaitleux au sommet : les bords de son chapeau sont striés et sinueux ; mais dans la dissolution du champisnon, ils se réfléchissent, élant déchirés. Les feuillets sont très-serrés, larges, d’un blanc tirant sur le violet. I’Agaricus truncorum, Schælf., t. 4, se voil souvent après la pluie, depuis le printemps jus-. qu'au commencement de l'hiver, au pied des arbres dans les avenues et aux bords des chenuns. Plusieurs individus en sont réunis par les pédicules, qui sont, comme dans toutes les espèces de ce genre, blanchâtres ; leurs feuillets, d’abord d’un gris blanc, prennent une teinte brune ou vineuse ; leur chapeau est d’un gris Jaunâtre et plié sur le bord. L’Asaricus micaceus, Bull., 1. 565, enest peut-être unesimple variété, ayant à peu près la même cou-

( 104 ) leur, mais il est plus grand et a une forme plus régulière ; il préfère aussi l'ombre des bois, où il croît sur les vieilles souches, en automne.

Une autre espèce qui lui ressemble, mais qui est la moitié plus petite, est l’Agaricus digitaliformis, Bull., t. 525. (Agar. disseminatus, Syn. Fung., 405.) Il n'est pas groupé, mais il vient par peuplades nombreuses sur le bois pourri et sur les saules.

‘Les deux suivantes sont d’une consistanceplus ferme. L’Agaricus papilionaceus, Bull., t. 561, f. 2, ainsi nommé, parce que Îles lamelles, d'un gris noirâtre, sont tachetées ou nébuleuses, comme les ailes de certains papillons; son pédicule est long, ferme , mais assez mince, de couleur bistrée, et parsemé d’une poudre qui s'attache aux doigts ; son chapeau est en cloche, pointu, brun ou bistré. Ce champignon vient solitaire, soit parmi Îles gramens, où il acquiert plus de grandeur, soit sur la fiente des bêtes desomme, alors ils croissent plusieurs ensemble.

L'autre espece est l’Agaricus semiglobatus ou Anitens, Bull., t. 566, £ 4, ett.84, quia un chapeau un peu charnu, hémisphérique, un

6 1009 È ; 4 + peu visqueux, et jaunâtre. Ses lamelles sont irès-larges, horizontales et nébuleuses ; son pédicule est long et muui d’un petit anneau:

il vient aussi sur la fiente des animaux.

Dans le genre Agaricus , se trouve aussi une division à chapiteau dimidié, mais qui contient peu d'espèces en comparaison du nombre considérable des autres ; il n’y en a aucune qui vienne par plaques, c’est-à-dire qui soit adbérente au bois par toute sa surface inférieure, comme nous l'avons vu dans les genres Théléphora, Boletus et Hydaum. Il n'en est point ainsi des espèces subéreuses, car on les a | rapportées au genre Dædalea. On pourroit faire de PAgaricus Æ/neus, Linn. (Bulliard, t, 581, f. 1}, qui est aussi d’une nature sèche et un peu coriace, un genre particulier (Flabellaria ), par rapport à ses feuillets, quis’entrouvrent sur leurs tranches, et dont les deux lames se roulent de côté. Une autre espèce ou variélé exolique diffère de celle-ci en ce qu'elle est profondément découpée en plusieurs lobes. Ce champignon naît en hiver, sur les endroits pourris des troncs de plusieurs arbres ; il est en dessus un peu velu, d’un blanc cendré, et purpurin en dessous.

Parmi les Agarics dimidiés, se présentent deux espèces assez intéressantes : l’une est l'Agaricus stypticus, Bull., t. 557, f- 1, qui est d’une substance sèche et d’une couleur de cannelle ou fauve; son pédicule est dilaté vers le sommet ; ses feuillets sont minces et brunâtres : sa saveur est très-styptique, ce qui fait connoître aisément cette espèce , laquelle se groupe souvent par étages les uns au-dessus des autres sur les trones d’arbre, préférabie= ment sur ceux du chêne.

L’Agaricus sessilis, Bull., t. 581, f. 3, qui est be espèce, se ur depuis l'été jusqu'à l'hiver; il s'attache presque à tous les corps qui l’environnent, mais plus particulerement aux petites branches tombées à terre.

Sa couleur blanche et pure le feroit découvrir facilement, quand même il ne seroit pas vulgaire : ses feuillets, d’abord blanchâtres, deviennent roussâlres à leur maturité, étant chargés de graines. Je ne puis passer sous silence une particularité de ce petit champignon :

dans son premier développement, il, a souvent un pileus entier ou arrondi, et un pétiole central, mais déprimé: celui-ci se perd par la suite, et le chapeau devient dimidié, el s'attache d’un côté au bois.

Parnn les Amanites, il y à une espèce qui ne croît guère ailleurs que dans les serres, sur le tan. Cette espèce ( Amanita virgata, Bull., t. 261), a un volva très-erand et épais, gris et rayonné de lignes noirâtres, comme l'est le chapeau, qui est un peu velu et large. Les feuillets sont couleur de brique, et pulvérulens ; le pédicule est blanchâtre.

L'Amanita pusilla, ou ÆAguricus volvaceus ainor, Buil., & 350, lui ressemble beaucoup par les couleurs ; cependant il est plus pale, et quelquelois blanchâtre : son chapeau, qui est hémisphérique, est relevé d’un mamelon ; son volva se divise aussi révulièrement en quatre segmens. Je ne l’ai jamais trouvé qu’en automne, dans les jardins. Cette espèce, ainsi que la précédente, participe de la nature des Pratelles, dont le type viser est Lt cus campestris, ;

Dansie troisième ordre se rangent les champignons qui, par leur omate par rapport a nos connoissances, ne peuvent être. bien placés systématiquement avec les autres, j QUOI que plusieurs en aient le port.

Lasous-division la plus marquante comprend

les Volvacées, où se trouvent les wenres lesplus

( 108 ) curieux, tels que les PAallus, Clathrus et Balarrea. Quant au premier, on pourra peut-être un Jour le partager en trois ou quatre autres, si les espèces en sont plus multipliées, d’après la surface et la forme du chapeau, qui est réticulé avec des cellules dans l'espèce ordinaire, tuberculé ou couvert de papilles dans le Phallus caninus ( Cynophallus ), divisé en quatre segmens qui se réunissent au sommet dans le Phailus m#okusin (1). Batarra (2) a décrit et figuré un phalloïde qui a tout-à-fait Ja forme d'une clavaire simple, sortant d’une bourse, et dont l’apex est visqueux, mais lisse. Ce singulier champignon , qui, dans le temps où vivoit Batarra, a été découvert aux envirotis de Rome, ne peut pas non plus rester dans le

genre Phallus.

(1) Ce champignon, indigène de la Chine, a beaucoup d’affinité avec le genre Æseroe, de M. de la Billardière , dont il est peut-être une espèce, et qui a, selon Pauteur , le caractère suivant: Volva gelatinosa, sulcata. Stipes rubescens, teres, cavus, apice pervius, in radios bifidos expansus. Aseroe rwbra. Hab. in terra van Diemen, in sylvis inter muscos; Majo. Billardière , Voyage aux Terres- Australes, p. 145.

(2) Fung. Agri Ariminens. Hist., p. 76, t. XI, £ F.

Notre espece ordinaire, d’une forme bizarre, est assez connue : on en trouve pendant l'été, dans les bois, surtout dans le sol calcaire ; elle n’est pas tres-rare, mais On sent souvent son odeur forte et désagréable, sans pouvoir toujours trouver l'individu même. En sortant de son volva, celui-ci, dit Bulliard, pag. 60 de son Histoire des Champignons, se crève avec un certain effort, et quelquefois avec une explosion presqu'aussi forte qu'un coup de pistolet ; il arrive même assez souvent que, si on a mis ce champignon dans un vase, dont il remplisse toute la capacité, et dans le fond duquel il y ait un peu d’eau, il brise ce vase quand sa bourse éclate, surtout pendant un temps chaud et sec.

Le Clathrus cancellatus, Linn., qui est le ruber Bull. , t. 441, ne croît que dans les pays méridionaux delEurope.ll estésalementenveloppé dans un volva, et composé d’un grillage charnu, couleur rouge de feu ; il exhale aussi une odeur fétide. M. le docteur Thorerapporte dans son CAloris du département des Landes, p. 492, un fait singulier relativement à ce végélal : « Les habitans de nos campagnes,

« dit-:l, donnent à ce beau champignon le

« nom de Crancu ( cancer), et s’'imacinent, « Je ne sais pourquoi, que celui qui le touche « gagne ia maladie sous le nom de laquelle ils « le désignent ; conséquemment ils ont grand « soin de le couvrir d’une forte couche de « terre , toutes les fois qu'ils le rencontrent. » Le Batarrea n’a été trouvé, jusqu'à présent, qu’en Angleterre ; il a le port du Phal-

Lu]

lus, mais le chapeau est couvert d’une couche de poussière, qui, à son tour, est recouverte par une partie du volva en forme d'un calyptre. Il a, par cette circonstance, de l’affinité avec les vesses-loup ; on n’en connoiït qu'une espèce. (Voy. Sowerb. engl. Fung, t. 590. ) | ; Dans la sous-division des Carpoboli, ou Wésiculifères, le genre qui se présente le plus communément est le Nidularia ou Cyathus.

Le Nidularia plumbea ( V. vernicosa, Baull., t. 488, £. 1 ),se trouve par terre, sur de petites branches, plus communément dans les jardins sur les planches qui servent de soutien aux plates-bandes. IT est presque glabre, grisâtre, intérieurement lisse, quelquefois zonéet d’une couleur plombée. On a fait plusieurs tentatives dans la vue de faire lever ces corpuscules lenticulaires, mais sans succès, parce que

tant

Nous ne CONNoIssSONs pas encore le secret de la propagation de ce champignon, que dans quelques pays on regarde avec une sorte de superstition.

Le Nidularia crucibulum ( Nidulaire lisse, Bull. , t. 488, f. 2) est d’un jaune sale, et ses bords ne se réfléchissent pas, comme dans l'espèce précédente ; il est aussi plus petit, et croit par groupes. On le rencontre dans les bois, sur des branches et des copeaux. Le Nidularia striata (Bull. , t. 40, F. A.) est facile à eonnaitre par ses sillons longitudinaux en dedans; il est en outre tres-velu , et d’un brun obscur. Cette espèce est plus ‘ardive, et

ue vient que sur de vieilles souches, dans les bois, et à l'ombre.

Le genre Sphærobolus, où Lycoperdon carpobolus, Linn. (Sowerby Fung., t. 22) à toujours excité la curiosité des amateurs d’histoire naturelle, par la manière de projeter au loin ses capsules comme de petites bombes.

Nous devons à Micheli, qui a bien figuré ce petit champignon ( voy. Gen. Plant., t. 101, f. 2), la première connoissance que nous en avons. Îl est assez rare; on le trouve sur des copeaux, mais principalement sur la sciure de

bois dans laquelle il est enfoncé, et dont il a la couleur. En le gardant chez soi dans un endroit frais, on le verra continuer son petit manège. Les petites bombes sont enfermées d’abord dans un sac, et celui-ci dans un réceptacle ou péridium qui se divise au sommet en plusieurs dents, pour laisser passage au fruit, qui est solitaire et globuleux ; le petit sac qui enveloppe immédiatement Île globule, se retourne avec élasticité, et jette ainsi la vésicule.

Le Thelebolus stercorarius de Tode (Fung.

Mecklenburg., t. 7,1. 56), n'en diffère que par la forme du réceptacle à bords entiers , et par celle du fruit, qui est saiilant comme une papille ; il n’est pas non plus enfermé dans une poche particulière : au reste, ce genre, auquel on a mal à propos rapporté quelques Pézizes, n'est pas encore bien connu. On le trouve sur la fente de vaches, de cochons, eic.

Mais nous avons des notions plus exactes sur un autre petit champignon qui, malgré son habitat ou lieu natal, ne laisse pas d’être fort curieux ; c’est Le Pilobolus crystallinus (Mucor arcéolé, Bull., t. 460, f. 1 ),1l est commun, en automne , sur le crottin des chevaux, dansles

bois et les pâturages. Sa prémière appariliot est sous la forme d’une sphérie jauuâtre, qui prend ensuite celle d’une toupie où utricule ventru etblanc,rempli d’un liquidetransparent qui s'évapore communément en gouttelettes cristallines qui entourent ce réceptacle, sur lequel est placé, comme sur un pivot, une vésicule où fruit hémisphéroïde, d’un brun noiräitre; lequel est jeté au loin avec beaucoûp d’élasticité, quand la liqueur raréfiée par la chaleur étend la petite outre. |

Dans la troisième division, j'ai aussi inséré le genre Myrothecium , seülement par rapport à son disque qui est tremelleux, et dans quel ques espèces même fluxile (1). Dans leur preinier développement, ces petits champignons ressemblent à des pelotoris velus blanchätres, qui, en s’ouvrant au milieu, prennent la forme des Pézizes, au point qu'il est facile de s’ÿ méprendre. Néanmoins, les Mÿrothécies s’en distinguent essentiellement par le disque, qui ést un amas de graines liées ensemble par une viscosité qui ne contient pas de capsules distinctes ; ils sont aussi dépourvus d’une cupule

(1) Fluxilis, d'une consistance molle et comme liqué-= Gée.

( 114 ) charnue, car la partieinférieure qui est velue, sert de réceptacle et il en a la forme.

L'espèce ordinaire est le Myrothecium viride (M. inundatum , Sturm, Champ. cah. 1.

t. 35), dont le disque est d’un vertolivâtre : elle ne vient pas ailleurs que sur les Agarics secs, et particulièrement sur l’Agaricus adustus , ou nigricans, Bull., qui est la matrice de beaucoup de petits champignons parasites.

J'ai trouvé une espèce nouvelle (M. Jlavidum ) dans l’intérieur des enveloppes de châtaignes, et dont le disque est jaune.

Les Tubercularia sont arrondies en forme de petits boutons communément rougeûtres , d’une substance un peu compacte dans l’état sec, mais en parlie soluble dans l’eau. Le Tubercularia vulgaris, ou Tremella purpurea , Linn. ( Bull., t. 284), est d’un beau rouge, lisse et muni d’un pédicule qui est caché dans les branches du groseiller, où cette espèce croît principalement, Le Tubercularia confluens, au contraire, offre une large croûte compasée de tubercules variés et très-rapprochés, dont la couleur est rouge-jaunâtre. Celte espèce naît sur l'écorce des arbres, dont il annonce le dépérissement.

Le genre Fusarium, Link (avec lequelon

peut combiner sans inconvénient le Fusispo= rium du même auteur }, se distingue des tuberculares, dont il a la couleur, par sa forme moins régulière et plus charnue, et qui se dissout dans l’eau en corpuscules ou sporules linéaires, mais très-minces. Ces espèces habitent les tiges des plantes sèches.

Au contraire, celles du genre Fusidium ne se trouvent que sur des feuilles sèches, où elles forment une croûte un peu laineuse, qui est aussi un amas de corpuscules linéaires. L’espèce la plus commune est le Fusidium a/bidum ( griseum, Link ?), que l’on trouve en automne sur les feuilles du châtaignier et du chêne. Le Fusidium viride est prin'annier et d’un beau verdatre , 1l vient sur les feuilles du chène, mais rarement. Le genre Ættractium, Link, qui nrest inconnu , à le port d’un Stüilbum ou d'un Mucor, et les graines des Fusaires. ( Voy. Nées, Systéme, 1. à, f.16,ett.2,f:26, 52et54) |

Dans le quatrième ordre, la division des Tycoperdacés comprend des champignons qui ont plus de dimension que ceux des autres familles ; 1ls sont aussi terrestres. On remarque d’abord un genre nouvellement créé, qui étoit autrelois confondu avec les Scleroderma. Je

préférerois donner à ce genre la dénomination de Polypera : car le nom de Pisolithus, qui lui a été donné d'abord par MM. Albertini et Sweinitz, ensuite changé par M. Link en celui de Pisocarpium , et en dernier lieu celui de Polysaccum de M. Decandolle, sont des mots ou composés du grec etdu latin, ou qui ne don. nent pas uneidée bien claire dela conformation de ce genre qui diffère du Scleroderma, dont il a le port et la consistance par son orsanisation intérieure , et où l’on observe, outre la poussière, une multitude de petites capsules ou péridies disposées comme des cellules remplies de filamens et de poussière.

On en connoît distinctement deux espèces; l’'uve est le Polypera arenaria, (Polysaccum acaule, Decand., Flore Franç., Suppl. p.105; Micheli, Gen. PI., t. 99, f. 2). Il est globuleux et brunätre, large de 2 à 3 pouces. Cetie espèce a été découverte à Dax, dans les bois de pins, par M. le docteur Thore.

L'autre est le Polypera clavata (Pisocarpium clavatum, Nees, System. , p. 137, t. 15, f. 151. Polysaccum crassipes, Decand.?). Celui-ci est d’un blanc cendré en dehors, etses petits péridies sont sulfurins, Il à une forme eblongue ; son stipe est sillonné : on le trouve

(r17) dans les endroits sablonneux , ainsi que dans les bois de pins, en automne.

Le Scleroderma à un péridie dur et coriace, lisse ou raboteux , qui ne s'ouvre pas dislinctement. Les graines ÿ sont plus ramassées et d’une couleur pourpre ou brune, entrelacées de filamens peu nombreux : le Scleroderma citrinum, où Lycoperdon aurantiacum Lin.

Bull., t. 270, est commun sur les bords des bois, dans les ornières ; il est assez grand, et arrondi, d'un gris jaunâtre, quelquefois:

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