‹ Traité sur les champignons comestibles, contenant l'indication des espèces nuisibles; précédé d'une introduction a l'histoire des champignons, avec quatre planches coloriéesChapitre 21 sur 32 · Bozer crRaaz. Boletus cércinans. Syn · texte numérisé non relu

Bozer crRaaz. Boletus cércinans. Syn

Fung., p. 505.

Il croît sous les sapins, où plusieurs individus se réunissent en une sorte de cercle. Le chapeau est charnu et un peu visqueux, d’un jaune pâle : sa chair ne change pas; les tubes et les pores ainsi que le pédicule sont jaunätres; ce dernier est court, mince, et parsemé de petites aspérités noirâtres.

Ce Bclet n’est pas mentionné dans l'ouvrage de Bulliard , je l'ai cependanttrouvé assez communément sur le gazon sous les pins à Trianon, près Versailles.

Femarque. Le Bolet annulaire. Bulliard, it. 552, ou Boletus /uteus. Lainn., le seul connu qui ait un collet ou anneau, a aussi une saveur acidale ; et sa chair, qui est épaisse et blanche, ne change point de couleur quand on l’entame; on pourroit donc, je crois, s’en servir sans risque comme aliment. Mais ce champignon étant placé, par M. Decandolle, dans la liste d'espèces suspectes(7. son Essai), je ne

(237) veux point en conseiller l'usage. C’est, au reste, une espèce rare, et nous ne manquons pas de celles dont les qualités alimentaires ne sont pas contestées.

V. Poryrone. Polyporus. Champignon dont le chapeau est un peu coriace, et garni. de tubes ou pores, mais qui font corps avec leur chair, ou y ont une forte adhérence.

* Espèces à chapeau entier et à pédicule central.

1. Le rusérasres, La Truffe ou pierre 4 champignon. Paulet, Traité, p. 861. Boletus Tuberaster.Syn. Fung.,p.514.Jacq., collect., austr. ; suppl., t. 8 et 9. Mich. N. gen. pl., D'151,L 71, 1:

C'est le fameux Pietra fungaia des Italiens, qui en font beaucoup d'usage; la racine de celte pierre à champignon est une terre compacte, chargée du blanc de champignon. Cette racine, dit M. Paulet, est forte, tubéreuse, vivace, quelquelois d’un très-gros volume, on la trouve principalement dans le royaume de Naples. La forme est très-inégale. Il s’y forme des amas de terre et de pierre qui se lient ensemble, et croissent en un corps,

( 238 } qui est ferme et pierreux, lourd, ayant l’apparence d'une masse de térre solide.

Cetté racine, lorsqu'elle est dans des circonstances favorables, c’est-à-dire sous l’influence de la chaleur et de l'humidité réunies et com binées, pousse tous les deux ou trois mois environ des champignons. On la iransporte d'un pays à l’autre, sans qu’elle perde cette faculté reproductivé; alors on la tient ordinairement dans les caves, et on l’arrose de temps en temps. |

Nous y ajouterons ce que M. le comte de Borch a dit dans ses Lettres sur les truffes du Piémont, p. 10, dé cette pierre à champignon.

« J'ai analysé la pierre même, et à la suite de més observations je reconnus que c’étoit un tuf argilieux, car il contenoit beaucoup de particules calcaires entreméléés dans les molécules vitrifiables. Jé me proeurai un tuf de nature semblable, je le broyai, j'en fis une caisse au milieu de laquelle je plagai une de ces pierres fongiferes, et pendant une quinzaine de jours j'arrosai celle terre, qui étoit mêlée à un tiers, à peu près, de bon terreau noir de jardin, d’une eau dans laquelle j'avois

( 29 ) faitlaver des champignons de la nature de ceux que ces pierres produisoient, et dans moins d’un mois ma caisse se trouva couverte de champignons de là même qualilé. »

Les champignons qui en résultent sont, au commencement, blanchâtres, et deviennent d’un brun jaune. Le chapeau a la forme d’un entonnoir médiocrement grand ; les pores et le pédicule sont couleur de paille; la saveur et

l'odeur sont ceiles des champignons ordinaires.

- Les Napolitains accommodent ce champignon de la manière suivante : après l'avoir cueilli le second ou le troisième jour de son cru, ils le coupent en petites tranches qu'ils font cuire dans du lait, à deux reprises, les battent entre les deux cuissons avec un bois

plat, et enfin les font frire au beurre ou à l'huile. De Borck.

On trouve des notices plus détaillées sur cette espèce dans les ’oyages dans plusieurs provinces de Naples , par M. Salis Marchlins. Zuric , 1795 ; et sur la manière d'élever ce champignon, dans l'ouvrage de Bettarra , Fungorum agri Ariminensis Historia, pag.

Ne:

( 240 ) 2. POLYPORE BLANCHATRE. Boletus ovinus.

Schæff., Fung., t. 121. Polyporus ovinus.

Le chapeau de ce polypore est blanchâtre et un peu enfoncé au milieu; ses pores ont une teinte de citron : son pédicule est assez épais, cylindrique et blanc; la consistance en est fragile. Ce champignon a le port d’un Agaric, et. croît par touffes dans les bois de sapins d'Allemagne, où 1l est employé comme aliment.

5. Poryrone ÉcaizzEevx. Boletus subsquamosus. Linn., Flor. Succ. Jacq.; p. 455, Collect. Austriaca, vol. 1, p. 542 et 544.

Cette espèce croît aussi dans les bois de sapins en Suède et dans la Carinthie. Elle est pâle-blanchätre, d’une substance charnue et compacte; son chapeau est large de quatre pouces ; la surpeau se détache en écailles, un peu semblables à celles du Hydne imbriqué. Les pores sont très-blancs, difformes et un peu flexueux : le pédicule est court et cylindrique, d’un blanc cendré. ,

D'après M. de ‘VWullen, on mange ce champignon dans la Carinthie, où 1l est connu sous le nom allemand de Æerrenschwamm.

** £Espèces à pédicule latéral,

4. Borer rrEv-DpE-mouron. Polyporus Pes capræ. Voy. la planche 5.

M. Mongeot, médecin, à Bruyères, dans les Vosges, a découvert cette espèce nouvelle inconnueaux botanisies. Il m’en a communiqué un dessin et la description suivante :

Ce Bolet est un champignon terrestre, ayant un pédicule latéral, court, épais, simple ou divisé, d’une couleur vert-jaunâtre, supportaut un ou plusieurs chapeaux arrondis, assez épais vers leur insertion avec le pédicule, d’une couleur bistrée noire : les bords sont réfléchis et ondulés; sa chair est ferme, blanchâtre et ne se noircit point à l’air; les tubes, qui ne se séparent pas du chapeau, sont Jarges, et de la même couleur que le pédicule.

Cette espèce acquiert un assez grand volume, lorsqu'il y a plusieurs chapeaux sur un méme pédicule : il est comestible. On le trouve en été et en automne dans les forêts de sapins, autour de Bruyères ; et il a recu le nom de pied de mouton noir, pour le distinguer du pied de mouton blanc, qui est le Hydnum repandum. Linn.

Bicmarque. Le Bolet du noyer, Boletus juglandis. Bull, & 19. Schæff., t. 101 et 102.

B. platyporus. Syn. Fung. 521, ressemble pour Ja largeur de ses pores, et même pour la couleur du chapeau. au précédent, mais il a un pédicule horizontal qui est noir à sa base, et le chapeau est couvert de squames brunâtres : il ne vient, en outre, que sur les troucs des arbres, principalement sur le noyer, quelquefois sur le tilleul et sur les saules.

Malgré sa consistance compacte, qui par conséquent doit être d'une digestion difficile, et l’odeur très-forte et stupéfhante qu’il exhale lorsqu'il est frais, on le mange dans quelques pays, où il est connu sous différents noms, de mmiellin, langou , oreille-d’orme , etc.

5. PozyrorE EN BouquET. Coquilles en bouquet. Paulet, Traité, p. 120. Boletus frondosus. Syn. Funsy., p. 520. Schælff.,t. 227-229. Flor. Danica, t. 952. Orcin et Barbesin en Italie.

Ce polypore croît au pied des grands chênes, et a un volume, ou du moins une pesanteur plus considérable que tous les autres de ce genre: car l’ensemble qui est formé par la réunion d’une multitude de chapeaux imbri-

(245) qués l’un sur l’autre, a la latitude d’un pied et demi, sur un de hauteur; aussi un individu peut servir de nourriture à deux ou trois personnes. Mais ce champignon est un peu coriace, et ne peut pas convenir à un estomac délicat.

Chaque piléole a un ou deux pouces de larseur : il est un peu ridé ou tuberculeux à sa superficie, et d’un brun grisâtre; ses pores et son tronc, auquel se reunissent les différens petits chapeaux qui sont dimidiés, sont blanchâtres. |

« Cette plante, dont le poids.est quelquefois au-delà de quarante livres, une seule pouvant suffire pour le repas de la plus nombreuse famille , a beaucoup de chair, une saveur et une odeur agréables de champignon : elle est aussi de bonne qualité, et bien loin d'incommoder ou d’être lourd sur l’estomac, elle semble rendre plus légers ceux qui s’en régalent. » Paulet.

Ce Bolet a, dans les Vosges, un nom singulier : on l'appelle. Poule de bois, et couveuse, qui veut dire poule qui couve. ( Hou-

geot. )

Remarque. Une espèce qui lui ressemble,

( 244 ) mais qui est différente quant à sa qualité, c’est le Boletus imbricatus. Bulliard, t. 566; car M. Bulliard dit de son Bolet « qu'il a été trouvé au mois de mai sur un des plus gros chênes de la forêt de Fontainebleau, et à une élévation de quarante pieds ou: environ. Son volume et sa forme extraordinaire lui donnent sur l'arbre l'aspect d’un rocher, son poids éloit de trente hivres; sa chair se réduit en pâte dès qu’elle est imbibée de salive : elle est un

peu amère, et a une assez forte odeur de racine de gentiane. »

M. Pico, dans ses WMelethemata, p. 112, parle d’une variété blanche appelée Orgion, qui est vraisemblablement une espèce disüncte du B. frundosus, dont la pesanteur égale, quelquefois cinquante livres, qui croît au pied des châtaigniers, et qui est très en usage en italie.

Le Boletus ramosissimus. Jacq., Flor.austr., t. 1792., Schæîl., Fung., t. 265-265, qui diffère de notre espèce, à laquelle elle ressemble au reste, parses piléoles, qui re sont pas dimidiés, et le Boletus acanthoides. Baull., t. 555, ou Boi. giganteus. Syn. Fung., p. 521, remarquable par sa largeur, mais qui est un peu

(245 ) flasque, peuvent pareillement être employés comme aliment, étant de la même nature que

le Polypore en bouquet.

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