‹ Traité sur les champignons comestibles, contenant l'indication des espèces nuisibles; précédé d'une introduction a l'histoire des champignons, avec quatre planches coloriéesChapitre 22 sur 32 · Savarecse - rauree. Paulet, Traité, p · texte numérisé non relu

Savarecse - rauree. Paulet, Traité, p

« Cette espèce se manifeste surtout par une surface chagrinée ou granue, semblable à celle . de la truffe noire, dont elle a d’ailleurs la couleur, le goût et le parfum, et par une petite taille, n'ayant guére plus de deux à trois pouces de hauteur sur autant détendue. La partie inférieure du chapeau est blanche, mais elle prend une légère teinte rousse par vétusté; la tige qui est posée latéralement est blanche, la substance est blanche, ferme, cassante et de bon goût; aussi cette plante est fort recherchée pour l’usage, et n’incommode point. Elle se trouve dans l'Angoumois, aux environs d'An- | gers, ainsi que dans le bas Languedoc. Paulet.

VI. Hyroprys. Champignon. charnu et un peu gélatineux, dimidié, à pédicule latéral, dont les tubes sont séparés les uns des autres.

1. Bozer rançue pe sœur. Fistulina buglossoides. Bull., Champ., p.314, t. 464 et 494.

Bol. hepaticus. Schæff., Fung., t. 116-120.

Ce champignon , quiestle seul de son genre, est un des plus singuliers que l’on connoisse : sa substance est zonée, mollasse, fibreuse, rougeâtre, el ressemble à la chair des animaux, ou bien à la pulpe des betteraves cuites; son pédicule est court et épais : ses tubes sont d'abord blancs, et ensuite d'un jaune pale, trèsserrés; ils ne sont point adhérents entre eux, comme dans les vrais Bolets, mais isolés et un peu frangés à leur orifice. |

C’est à cause de ce caractère que Balliard a fait de ce champignon un genre à part que Von peut admettre : mais j'ai préféré le nom d'AHypodrvs. que Solenander lui a donné anté-

ypodrys, qu | rieurement, et qui veut dire champignon qui croîl au pied ou sur des troncs de chênes, ce qui lui est particulier.

Il a différentes dénominations vulgaires, comme foie de bœuf, langue et glu de chêne. Les Italiens l’appellent Zngua di castagne, ou simplement lingue.

« Ce champignon offre un aliment agréable et une ressource au besoin, un seul de ces Agarics pouvant fournir amplement de quoi faire un bon repas. On recherche pour l’usage ceux qui ne sont pas trop avancés, car alors

( 247 ) ils ont leur, surface trop visqueuse, et leur chair tend à l’état ligneux. I y à deux principales manières de le manger, ou cuit sous k cendre et coupé ensuite par tranches avec une liaison, ou bien apprèté en fricassée de poulet. L'assaissonnement un peu piquant est toujours nécessaire, à cause de la viscosité lorsqu'il est un peu avancé. On a éprouvé que le vinaigre se

marie mal avec celte espèce et gâte la sauce. » Paulet. :

« À Vienne, en Autriche, on le coupe en pelites tranches, et on le mange en guise de salade, avec la chicorée, et la mâche : on le fait aussi cuire avec de la viande de veau, en y ajoutant de la crême et du suc de citron. »

Tratinnick.

VII. Myone. Hydnum. Champignon dont le chapeau est garni en dessous de pointes longues en forme d’alène.

1. Hyonesinué. Hydnum repandum. Linn., Bull. , p. 511,1. 192. Sowerby, Fung., t. 176. Chevrotine chamois. Paulet, Traité, p. 126.

Ce champignon est trescommun dans les bois pendant tont l'automne. H est d’un jaune fauve ou roux, quelquefois blanchätre ; 1! va-

rie beaucoup dans sa forme, bien que, pour l'ordinaire, il soit arrondi et ondulé. Il est porté par un gros pédicule court qui est parfois latéral ; ses pointes sont fragilés, subulées, ou même comprimées : sa substance est ferme et cassante, et a un arrière- -goût IE et un peu acerbe.

Malgré cette saveur quilerapproche cependant un peu de la Chanterelle, on le vend beaucoupen Autriche. Onle mange aussi en France, où ilest connu sousles noms d’ÆEurchon, ou Rignoche, et Arresteron( à Dax ) qui signifie peut rateau en gascon, etsous ceux depied de mouton et barbe de vache (dans les Vosges. ) cuit sur le gril, ou d’une autre maniere. M. Paulet dit « qu'après les avoir passés à l'eau bouillante, la meilleure manière de les appréter, c’est de les faire cuire, sans les essuyer, à la graisse et au bouillon : ils sont meilleurs qu'avec le beurre, avec lequel ils sont un peu coriaces ; étant ireés-peu aqueux par eux - mêmes, ils ont besoin d’un véhicule liquide un peu abondant. »

Dans quelques pays, on emploie aussi de la même manière, mais moins généralement, le Hydne écailleux (Hydnum #mbricatum. Lin. ,

(249 ) Schæff. , t. 75.) ou la chevrotine écailieuse ou grande chevrette. Paulet, p. 127, qui est gris cendré, et qui a des écailles épaisses sur le chapeau. Les bêtes fauves en sont tres-friandes.

2. Le Hyowe scan. Hydnum afbum. Siectherino, o dentino bianco, buono. Micheli, Gen. pl., t. 72, f. 2.

Cette espèce croît en ÎItalie aux mois d'octobre et de novembre, dans les bruvères et dans les buissons. Elle est tout-à-fait blanche, épaisse etgrande; son chapeau est ambiliqué, glabre, aux bords rabattus, et large de trois à quatre pouces.

Haller et Linnæus ont regardé ce champignon comme une variété du Hydne écailleux, qui est la neuvième espèce dans Micheli, mais il en diffère, outre sa couleur, par l'absence des écailles sur son chapiteau.

Page 1