‹ Traité sur les champignons comestibles, contenant l'indication des espèces nuisibles; précédé d'une introduction a l'histoire des champignons, avec quatre planches coloriéesChapitre 4 sur 32 · TOUX · texte numérisé non relu

TOUX

Le Scleroderma cervinum croît, comme les truffes, sous terre, principalement dans les forêts de sapins ; il est brunâtre, arrondi et chagriné, -ou granuleux : la poussière est noire. Il n’a point de racines. |

Il y à un beau genre dans cette famille, où la mémbrane extérieure du péridium, qui est considérée par quelques botanistes comme une sorte de volva, se partage eù plusieurs segmens qui se recourbent en étoile; c’est pourquoi on lui a donné le nom de Geastrum.

Les vesse-loup étoilées croissent d'abord audessous de la superficie de la terre, et en sortent ensuite après des pluies ; elles sont toutes

( 118) d’une couleur pâle ou brunätre. Le Geastrum hygrometricum ( Bull., t. 471 ), qui éstla plus commune dans nas environs, présente cette singularité, que ses lanières se contractent et s'épanouissent suivant la sécheresse ou l'humidité de l'air.

On voit pendant l'été, après les pluies, sur les gazous et sur les päturages, pousser des globes larges d'un pouce, lisses et blancs comme de la neige; cest le Bovista plumbea, qui a aussi deux enveloppes : la première se détache et se perd souvent en entier vers la maturité du champignon, qüi devient alors d’une couleur plombée ou d'artloise, et qui , n’adhérant plus à laiterre ..est ballotté par les vents.

. Le genre Tycoperdon ; proprement dit, est:

1 plus riche en espèces; celles-ci sont lb de bee et grisdtres, etcouvertés d'écailles firineuses ou d'aiguillons. Deux.d’entrelles prennent une dimension souvent considérable, L'une est le Lycoperdon bovista.{ Lyc. cœælatum, Buil., t:.430), qui, pendanL. un temps pluvieux, en été et en automne, se:propage dans la partie découverte des bois ou dans les. pâturages, mais. presque aussitôt détruit par.les'passans. 4L est arrondi, relréci vers sa base ,.s’efhile , et

(119) tient à la terre par une touffe de fibres radicales. D’abord blanc, il devient cendré, un peu jaunâtre en dedans, et sa superficie est comme ciselée par de larges tubercules aplatis.

Le Lycoperdon giganteum ( vesse-loup des bouviers, Bull., t. 447) se rencontre dans les mêmes lieux ; il est plus arrondi et presque lisse ; sa couleur est d’un blanc tirant sur le pâle, ou jaunâtre. La peau de son péridie se déchire facilement par lambeaux, sans que pour cela celte espèce appartienne au genre Bovista. Ce champignon acquiert quelquefois la grosseur de la tête d’un homme. Ces deux espèces que nous venons de décrire, étant jeunes, se mangent en Italie, au rapport de M. Picot, comme les autres champignons comestibles. (Voy. aussi là-dessus Paulet, Traité, p. 446.) ;

Les autres vesse - loup sont ordinairement d’une grosseur beaucoup moins considérable, et ont la forme et la grandeur d’une petite poire. J’en désignerai quelques espèces quisont communesdansles bois, en automne. Le Lycoperdon perlatum , (Bull, t. fis. 475, méd.), est d’un beau blanc , et hérissé d’aiguillons serrés et à base globuleuse. Le Lycop. molle, ou

Lyc. pyriforme, Bull. ,t. 24, est plus solitaire et moins srand. D'abord blanc, 1l devient pâlefuligineux, et il est couvert de petites écailles presque furfuracées ; étant mûr, il est trèsflasque et mou. Le Lycop. hirtum, Buil., t. 540, paroît en être une variété plus grande, et qui a, surtout à son pédicule, des écailles longues et étroites.

On rencontre dans les hivers doux et au printemps, sur les murailles qui entourent les jardins et les champs, une jolie espèce de cette famille, et fort reconnoissable par son pédicule long et cylindrique, ainsi que par l'ouverture orbiculaire et cartilagineuse ( sans déchirement) au sommet du péridie, qui est globuleux. On le connoît sous le nom de Tulosioma brumale, ou Lycoperdon pedunculatum, Linn. { Bull, &. 471, l. 2.) Une autre espèce de ce genre, qui a le pédicule couvert d'écailles (T. squamosum }, croît en Italie et en Portugal.

L'Ouygena equina (Obs. mycol., 2, p. 71, t. 6, {, 5), ou Lycoperd. equinum, Willd., lui ressemble par le port et la couleur, mais il a la grosseur de quelques lignes seulement ; sa poussière séminale est un peu compacte et

dépourvue de filamens, Ce singulier peut champignon ne vient ordinairement que sur de vieux sabots de chevaux, et croit par peuplades ; il est d’un blanc pâle. à

Le Mucor znucedo, Linn. (Bull, t. 400, f. 2), est assez connu, du moins à la vue, mais on le confondavec d’autres moisissures qui ne sont pas du même genre. Il naît sur les substances fermentescibles et sur les fruits, et même dans l’intérieur des noix sèches; son pédicule est grêle et allongé ; son péridie est sphérique ; blanc et limpide au commencement, il devient opaque, et se noircit; ses sporules sont verdâtres et transparentes. Le Mucor caninus couvre dans la saison pluvieuse Ja fiente de chiens d’un duvet bissoïde et blanc.

Bulliard à fait plusieurs expériences que l'on trouve consignées dans son ouvrage à la page 113-116, pour prouver que ce petit champignon se propage aussi bien que les autres plantes par des semences; mais il résulte de ses observations un avantage ulile pour l’économie domestique ; c’est que pour préserver les confitures de la moisissure, il faut les tenir dans des éndroits secs, les faire bien cuire auparavant, et les priver autant que possible de leur humidité. :

La Moisissure des Herbiers (Mucor Aerbariorum ), dont M. Link a fait avec raison un genre particulier sous le nom d'Eurotium, attaque les plantes mal desséchées ou gardées dans des endroits humides ; ses péridies sont persislans et nichés dans une croûte velue :

ils ressemblent, pour la forme et la couleur, aux grains de millet; il y en a une variété blanche qui vient sur les grandes espèces de champignons conservés dans l’herbier. L'Eurotüium Epixylon de M. Kunze croit sur Le bois, 1l est brunâtre.

Dans la famille des Trichiacées, le genre Physarum a exlérieurement un peu le port du Mucor; mais ces champignons sont d’une nature et d’une structure tout-à-fait différentes. Ils diffèrent aussi des autres Trichiacées par une consistance plus ferme, et leur capillitium reste toujours dans le péridie, où les filets sont tendus d'une paroi à l’autre. Les espèces sont diversement colorées : il y en a des blanches , ou d'un blanc-grisätre, Physarum nutans (Sphærocorpus albus, Bull. , & 470); des vertes, Physarum viride (Bull., t. 481, f 1); d’un jaune-doré, Phys. aureum ; ceux-cisont supités, et leurs capsules sont hémisphériques. Le Physarum cizereum (Bull.,t. 470, {. 2) est

sessile et globuleux, ou ovale, et commun en automneeten hiver, sur les poutres pourries, où les individus très-serrés forment une croûte bleu-cendrée, ils sont remplis d'une poussière noire. En les éxaminant deprès, on voit les péridies attachés au bois par de petits appendices membraneux, qui paroissent être le subicu- Jum ainsi divisé. Si la poussière est dispersée, les péridies deviennent blancs, etjesoupconne que le Sphærocarpus utricularis, Bull., 1.417, f. 1, ou Physarum hyalinum, Syn. p. 170, a élé pris dans cet élat pour une espèce distincle. |

Le Physarum bivalve ( Reticularia sinuosa, Bull. , t. 446, f.1 ) a une conformation particuliere. Le péridie est composé de deux valvés paralleles, qui se tiennent par un réseau filamenteux. Sa couleur est d’un blanc cendre : on le trouve sur des feuilles, des mousses et des petites branches sèches.

Les espèces du Craterium sont Epaletient

d’une consistance ferme, et ressemblent en

petit aux Nidulares, avec lesquelles on les

avait réunies anciennement. Elles sont d’un

brun clair, et naissent éparses et sans mem-

brane subiacente, sur des feuilles et des tises

(124) sèches. Elles ont, comme les Physarum, leurs filamens , qui sont blancs, attachés aux parois intérieures du péridie ; mais celui - ci est couvert d’une sorte d’opercule membraneux et blanc , qui s'ouvre horizontalement. Leur poussière est noire. L'espèce ordinaire, le Craterium leucocephalum , n'est pas rare en automne. (Voyez, pour les figures, Sturm, Flore d'Allemagne, Champ., cah. 1, fig. 10

etii;et Somerby, Engl. Fung., t. 359.)

Le Diderma vernicosum, que l’on pourroit ajonter aux Physarum, ou en faire un genre nouveau, est commun en automne, et s'attache à toutessortes de corps; on peut facilement le reconnoître par sa couleur jaune-marron, même dans son état de fluidité, où il pourroit se faire, comme le suppose M. Link, qu'il eût été décrit par Todesous le nom de Mesenterica lutea; dans l’état adulte, il est d’une forme ovale, luisant et rempli d’une poussière noire, retenue par un réseau blanc, qui fontensemble une sorle de noyau.

Dans les Diderma testaceum et difforme, on remarque plus distinctement les deux membranes du peridium et la columelle globu-

Jeuse, qui forinent le caractère de ce genre: le

premier est incarnat ou roussätre, globuleux, et croit sur des feuilles mortes, quelquelois en grande quantité ; l’autre, blanc, et ayant la membrane intérieure purpurescente, est d’une forme variée ; il vient sur les tiges sèches des plantes, principalement sur celles des pommes de terre. On en trouve la figure dans mes Figures coloriées des Champignons, seconde livraison, pl. XII.

L'espèce la plus belle de ce genre est le Diderma floriforme ( Bull. , t. 571), dont le péridium est seulement d’une seule tunique qui se partage, à la malurilé, en plusieurs lanières qui se réfléchissent comme celles des Geastrum ; mais elle a une columelle qui est grande et obovale comme dans les autres espèces.

Le genre Licea a pour caractère les semences nues où non traversées de filamens, et les péridies arrondis, non posés sur une membrane. Le Licea cireumscissa (Bull, t. 417, £ 5), est jaune-brunâtre un peu déprimé, et s'ouvre comme une boîte à savonnette. On peut le trouver entre l'écorce et lé bois des troncs pourris du peuplier.

Les Tubulines sont aussi pourvus de filamens; mais outre qu'ils ont une membrane

basilaire, leurs péridies, allongés comme des tuyaux, sont plus ou moins réunis ensemble.

Le Tubulina fragiformis (Bull., t. 384), est, dans son premier état, d’un beau rouge de fraise ; mais il devient ensuite d’un brun de rouille : il croît sur le bois mort et humide, et il est assez rare.

Les espèces du genre Trichia sont presque toutes Jaunâtres ou brunâtres, et dans leur jeunesse, où elles sont très-pulpeuses, d’un blanc de lait, excepté le Trichia fa/lea (Bull., t. 417, f 5), qui à cette époque est d’un beau rouge. Les péridies sont très-fragiles, et se rompent au sommet par déchirement; et alors le capillitium, attaché au fond des capsules, se répand au dehors avec élasticité.

Le Trichia ritens, ou Sphærocarpus chrysospermus ( Bull., t. 417, f. 4), est sessile, sphérique, luisant, et d'un beau jaune ; les individus en sont très-serrès, et étant vides, ils ressemblent en petit aux alvéoles d'un rayon de nuel.

Le Trichia ovata a ses péridies aussi trèsrapprochés et nombreux ; ceux-ci sontovales et d’un jaune mat. Le Trichia pyriformis (Bull. ,t. 417, f. 1 ) en diffère parce qu'il croit

(uns he plus épars ; il est d’un jaune d'olive, un peu luisant, ayant un pédicule court, souvent noiratre.

Dans le Trichia rubiformis ( Disput. Meth., Fung., t-4,f. 3), les péridies se rapprochent par touifes ; ilssont presque sessiles, ou ils ont un pédicule commun, qui paroîl être une réunion de plusieurs. Cette espèce differe aussi des autres par sa couleur rousse - brunâtre, ayant souvent un éclat métallique. Le Trichia botrytis (Icon. pictæ Fung. , Fasc. 2, p. 27, t. 124), paroît en être une simple variété à tige tres-allongée : peut-être est-ce l'effet d’un étiolement.

Les Arcyria ont leurs péridies stipités et en forme de petit calice, sur lequel est posée la chevelure ovaire ou cylindrique souvent très allongée. Toutes les espèces connues de ce genre sont d’une couleur différente : elle est rousse - safran dans l’Arcyria punicea (Ball., t. 5o2, f. 1), qui est la plus commune de toutes; jaune dans l’Areyria flava (Ball., t. 512, f. 3), dont le capillitium treslong se recourbe et se détache facilement du réceptacle. Les Arcyries cendré (Bull., t.

477, {. 2) etincarnate sont des espèces que l’on rencontre peu.

Legenre Dictydium a un péridie très-fugäce et un capillilium en forme de réseau qui en:

toure la poussière; par exemple le Dictydium carneum, ou Mucor cancellatus, Batsch El:

Fung., t. 42, f. 252). Dans le Cribraria, la partie inférieure du péridium reste en forme d'une cupule, et la partie supérieure est ou fugace, ou criblée en réseau. Le Cribraria argillacea, couleur de terre, est l'espèce la plus comuune, sans être cependant très-connu; ensuite le Cribraria ru/escens ( Disp. Met. Fung., t.1, f. 5), quiestroux, et quia un long pédicule.

On reconnoiît facilement les Stemonilis par l'axe ou prolongement du stipes qui traverse le réseau ; leur enveloppe est très-mince et fugace. Le Stemonitis typhina ( Bull. , t. 477, f. 2) croît épars, et le Stemonitis fasciculata (Ball., t. 457, Î. 1), qui est plus grand, vient par touffes, aussi sur des troncs. Ils sont blancs dans leur jeunesse, et très-mous, puis d’un pourpre brun en vieillissant, Le Stemonitis leucostyla (Bull., t, 502, f. 2 }est l'espèce la plus johe, mais elle s'éloigne du genre; elle à un pédicelle épais et blanc, et la petite massue est d’un violet noirâtre et assez compacte.

Dans le genre Zycogala, qui contient peu

( 129 } d'espèces, mais dont la dimension s'agrandit jusqu’à un petit vesse-loup, le péridium, qui est arrondi et lisse, coutient d’abord une masse pulpeuse qui se change ensuile en une poussière abondante entre-mélée de peu de filets attachés au fond de leur enveloppe.

Le Lycogala miniata Gùu Lycoperdon, epidendrum, Linn. (Buil.,t. 505), est une jolie espèce avant.sa pleine maturité, elle est alors d’une couleur rouge ou de cinabre qui se change ensuite en gris-brun; mais la poussière, qui est fine comme de la farine, conserve une couleur d’un rose-lilas. La grosseur de ce champignon estcelle.d’un pois.On le trouve par groupes serrés sur les bois pourris, en automne. Le Lyc. argentea (B., t. 466, f.1et2) est d’un blanc-argenté, fragile, large d’un pouce, et accollé avéc une base plane au bois. On le remarque déjà de bonne heure sur des poutres, de vieilles portes de jardins, et plus. souvent sur les vieux saules, mais toujourssolitaire. Hestacqueuxau commencement,

Le Spumaria mucilago (Bull, t. 126) qui estgrand, se fait connoître facilement. Il com: mence.par être mou, ressemblant à de l'écume ou de la salive, et s’attache aux corps qui l'en-

(| 190 | vironnent; ayant recu de la consistance, cette écorce devient celluleuse, friable et furfuracée; dans l’intérieur on aperçoit les péridies qui sont un peu aplalis, divisés à peu près en branches de corail, et qui renferment une poussière noirâtre.

Dans le genre Fuligo (1), au contraire, celte écorce traverse la masse de poussière en divers sens, en formantdes cellules ; le Fuligo flava ( Reticularia lutea, Bull., t. 380), est l'espèce la plus vulgaire. D'abord fluide comme le jaune d'œuf, ilse réduit étant sec etmür, en une poussière comme de la suie. On le trouve sur les branches et les feuilles sèches.

(x) M. Link voudroit rejeter ce mot et y substituer celui d’Ærhalium, ,paree que Fuligo signifie dans Pacception commune toute autre chose ( /a suie); mais indépendamment que ce nom générique fut d’abord donné par Haller à cette fungosité, et depuis adopté par plusieurs botanistes , on pourroit citer beaucoup de mots en usage d’après une ressemblance souvent : très — éloignée ; mais pour nous borner seulement à l’histoire naturelle, on sait que dans la Conchyliologie, une grande partie des noms génériques , tels que Conus,Arca, Vénus,

sont ceux auxquels on attache vulgairement une idée bien différente.

Une autre espèce qui lui ressemble un peu par la couleur, mais qui est deux ou trois fois plus grande et déprimée, est le Fuligo vaporaria, où Mucor septicus, Linn.(Bull., t. 424, f. 22), qui croitsur le tan dans les serres chaudes, en forme de gâteaux, et vulgairement connu sous le nom de Fleur de tan.

Le genre Sirongylium paroît faire le passage à la division des Trichodermacées ; leur tégument, du moins dans mon Trichoderma fuliginoides , qui semble être différent du Strongylium fuliginoides de M. Ditmar, qui le premier a établi ce nouveau genre dans le Journal de Botanique de M. Schrader , 1809, p. 55, t. 2, est aussi d'un tissu tomenteux; mais ces champignons ont plus d’affinité avec les Trickiacées, étant mous dans leur premier développement, et ayant dans l’intérieur un capillitium attaché à la base, dont les filets sont rameux. Le caractère le plus marquant par lequel ce genre diffère du Lycogala, consiste en ce que ses sporules sont cylindriques.

Rien de si commun dans les bois aux environs de Paris, que le Trichoderma zemorosum. Dans l'été, et après des pluies, on voit

paroître sur la terre nue une villosité blanchâtre, qui, dans l'intérieur, conserve une poussière d'un clair-cendré. Cette espèce, large d'un démi-pouce ou plus, est peut-être une variété du Trichod. Zaeve, Syn. Fung.,

p. 233, qui croît aussi dans les bois, en Allemagne, mais dont la poussière est jaunâtre.

Les autres espèces de ce genre se propagent sur les troncs, sur l’écorce, etc. Parmi cellesci se trouvent le Trichoderma roseum, ou couleur de rose ; le Trichod. aureum, qui est d’un beau jaune doré, et croîtsur le bois carié, mais plussouvent sur les vieux Bolets coriaces; le Trichod. viride a la poussière verte et entourée d’un duvet mince de la même couleur:

dans lé Trichod. aeruginosum (Mucor Zigni- Jragus, Bull., t. 504, f. 4), la poussière est un peu compacte et d’un vert clair, mais l’enveloppe est blanche et lisse; cette espèce se voit sur les troncs morts desnoyers, quelquefois sur ceux du bouleau blanc, où elle forme de larges plaques confluentes. ja

L’Asterosperma agaricoides, qui est l’Agaricus /ycoperdoides, Bull. , t. 516, est un petit champignon bien singulier : il est parasite sur des individus secs des Agaricus adustus et:

Jusipes, sur lesquels il se fait reconnoître de loin comme des boutons blancs. Il a le port d’un petit Agaric; son pédicule est petit en comparaison de son capitule, qui est épais et large de quelques lignes, jusqu’à un demipouce. À peine ce champignon s’est dévelcppé, que la partie supérieure du chapeau devient fauve et se réduit en poussière.

Si on la soumet au microscope, on voit des graines anguleuses ou èn forme d'étoiles. Or, ces sporules appartiennent-elles à un autre champignon mycogène, comme est le champignon dont nous parlerons ci-après , ou sonielles produites par notre Agaricus lÿcoperdoides ? Et dans ce cas, on peut demander pourquoi ce champignon a le port d'un Aga ric, contre l’analogie des autres de cette section, et à quoi lui servent les lamelles, qu'à la vérilé on dit être stériles. M. Ditmar, qui le premier a le mieux examiné cette production, en a donné une bonne figure et une description détaillée, soit dans le Journal de Botanique de M. Schrader, vol. 5, p.56, f. 2, soit dans les Champignons Rene de M. Sturm , cah. 2, 1. 26.

Le Mycobanche chrysosperma, qui est le Mucor chrysospermus de Bulliard, t. 504, et

l'Uredo mycophila, Syn. Fung., p. 214, ainsi que le Sepedonium, Link, ressemble à ce champignon dont nous venons de parler. Il attaque les Bolets charnus, et préférablement le Boletus subtornentosus, L. (Bull. , t. 490, f. 1), qui devientalorslanguissantet humide, s’enveloppe d’untomentum blanc, enexhalant uneodeur désagréable. Bientôt après on le voit, surtout dans l’intérieur de son chapeau, réduit en une poussière abondante, d’une belle couleur dorée et sans filets. M. Paulet, dans son Traité, p. 591, a fait de ce Bolet malade une espèce distincte sous le nom de cèpe soufré, comme feu M. Bulliard et moi, nous avions fait du précédent champignon une espèce d’Agaric.

Le peu d'espèces du genre Melaconium s'offre comme un amas de graines noires sans couverture tomenteuse, et qui se développent d’abord sous l'écorce des bois. Files different des Siilbospores, parce que ces graines nesont pas des utricules ({*ecæ) qui renferment d’autres sporules, et elles ne sont point agglutinées ensemble par une viscosité. Le Mélaconium arundinis (Stilbospora sphærosperma, Syn.

Fung.) n’est pas rare sur les chaumes secs des

(495) rOSeAUX, sur lesquels la poussière noire se répand par une fissure. Les sporules en sont globuleuses.

Je désignerai ici seulement quelques-unes des Urédinées les plus frappantes, car il ny a presque pas d'arbres, d’arbrisseaux et de plantes herbacées de nos climats dontles feuilles ne soient altaquées par ces parasites,

L'espèce qui nous intéresse le plus à connoître, à cause du dégât qu’elle fait aux céréales, est celle que l’on désigne sous les noms de charbon ou nielle (Bulliard, t. 422, f. 2), ainsi nommée pour la grande quantité de ses graines noires qui ressemblent à du charbon réduit en poudre. Elle attaque les épis, surtout ceux de l’avoine, de l'orge et du maïs,

Les lignes jaunes sur les feuilles du froment, et quelques autres graminées, appartiennent aux Üredo Zinearis ou rouille. Une autre espéce très-commune est l’Uredo rubt, car, pendant l'été , les feuilles de ronce (rubus) en sont couvertes comme d’une poussière jaune. Celle qui vient sur le rosier à cent feuilles ( Üredo rosæ), a ses graines plus serrées en de petits tubercules. L’Uredo confluent ( Uredo confluens, Syn. Fung., p. 214), attaque, au

( 436 ) printemps, les feuilles de la mercuriale vivace: c'est une des plus grandes, parce que la poussière, qui est d'un beau jaune, se réunit à peu près en petits cercles larges quelquefois d’un demi-pouce.

Il y a des Uredos qui sont tout blancs , tels lP'Uredo candida, qui croît préférablement sur des feuilles des cruciferes ; P'Uredo tAlaspeos défigure les tiges de Bourse à pasteur, oùil forme de longues plaques blanches, dans lesquelles se produit presque toujours le Botrylis parasitica, Obs. Mycol., p. 96, t. 5, f.6.

D'autres ont une couleur brune, parexemple l'espèce qui vient sur les feuilles de betteraves, de l’oseille, etc. La poussière d’un brun noir de l'Uredo scutellata est entourée d’un faux péridium en forme d’écusson. Cette espèce est printannière et naît sur les feuilles d’euphorbe petit-cypres.

Dans le genre Æcidium, la poussière est renfermée dans un peridium qui a la forme d'une petite cupule dont le bord est divisé en plusieurs dents. L’Æcidium cancellalum se développe sur les feuilles des poiriers , rarement des pommiers : on y voit paroître d'abord comme un tubercule, qui ensuite est percé

par le péridie divisé en cils réunis en haut, et rempli de graines brunâtres ; mais ces lanières sont libres et divergentes dans l’Æcidium cratægi et ses variétés. L’Æcidium cornutum se fait distinguer facilement par ses cornets grisâtres ; on leitrouve sur les feuilles des sorbiers et des alouchiers.

Dans les autres espèces de ce genre, ces péridies sont plus réguliers et ne s'élèvent guère au-dessus des feuilles. L’Æcidium rumicis a‘pour base une tache rouge, dans laquelle résident ses péridies agglomérés, qui sont blancs ; les feuilles de groseiller épineux sont aussi souvent altaquées par le même champignon ou une de:ses variétés.

L'espèce la ‘plus commune ‘de toutes est VÆcidium euphorbiæ, qui est jaune, ayant des péridies épars à dents larges et réfléchies. Il se propage, au printemps, sur l'Euphorbia cyparissias, qui, par la présence de cet-hôte incommode, devient ordinairement stérile ; de sorte que les anciens botanistes avoient fait de ces individus languissans une espèce, sous la dénomination d’Euphorbia’ degener punctis -CTOCEIS:

Pour distinguer les espèces du Puocinia, qui ont souvent l'aspect des Uredo, il est né-

(10682 cessaire de se servir d’un microscope composé, car les sporules (capsulæ, sporangia) sont une ou plusieurs fois cloisonnées et pourvues d’un appendice filiforme (cauda), par lequel elles s’insinuent et s’attachent assez fortement aux feuilles ou aux tiges des plantes. Ces sporules sont quelquefois arrondies, souvent cylindriques, plus communément turbinées: elles sont presque toutes brunâtres ou noires.

Le Puccinia graminis, qui trace de longues lignes sur des feuilles des céréales, a cette dernière couleur. Les feuilles du rosier, et surtout celles de la ronce, sont aussi souvent à la surface inférieure presque noires , par la présence du Puccinia mucronata, v. Rosæ et Rubi, qui a une forme cylindrique, et qui est divisé en trois cloisons, avec l’appendice en forme de pédicelle. On en a fait un genre particulier, {regma.

M. Decandolle a fait, d’après des remarques inédites de feu M. Hedwig fils, un genre particulier du Puccinia juniperi, sous le nom de Gymnosporangium, divisé en deux autres genres par M. Link, j'ai donné à l’un d'eux la préférence comme nom générique ( Podisoma), Cependant, c'éloit la première espèce sur

laquelle Micheliavoit fondé son genre Puccinia. Elle à d’abord la couleur brune et la même maniere de croître que les autres Puccinia, si ce n’est qu’elle croît sur des branches d’arbres encore vivantes; mais les.

sporules ou capsules, qui ont aussi la même forme que celle des autres espèces, étant dispersées, on voit paroître à la place uue autre production qui a le port d’une Clavaire et la substance d’une Tremelle; elle a été, jointe à une autre espèce voisine, Treniella juniperina et clavariæformis, rapportée par Linnée et d’autres botanistes, à ce dernier genre, elle est maintenant considérée comme la base ou réceptacle des capsules cloisonnées.

Cette singulière métamorphose, si elle en est une, mérite d’être encore mieux étudiée: car la fungosité chargée de capsules à sa période d’accroissement, et sa base tremelleuse a aussi la sienne. J’observerai encore quele Puccinia mucronata croit aussi presque toujours sur l’Üredo rosæ, qui est une plante différente.

Le cinquième ordre des champignons, ou les Scleromyci, essentiellement différent de celui que nous venons de traiter, contient cependant des genres qui, dans leur structure.

intérieure, n'ont pas beaucoup d’ensemble entre eux, ce qui légitime leur séparation en deux sections. La première sera les Tubéracées, qui comprend les Tuber, Rhizoctomum, Sclerotium, Xyloslossum, Erysiphe. Dans la seconde se trouvent les Xyloma, Polystisma, Phacidium ei Hysterium.

Les Truffes seront mentionnées ailleurs.

Quant à leur caractère générique, on sait que l'intérieur ne se convertit jamais en une poussière, mais quil est marbré et veiné, et contient entre les veines des sporules pellucides, avec un pédicelle court.

Le genre Rhizoctomus, nouvellement établi par M. Decandolle (For. franç., Supp. ), est intermédiaire quant à sa nature, entre les Tuber et les Sclerotium ; ces espèces croissent dans la ierre comme les Truffes:; mais elles sont de véritables parasites, et par conséquent trés-nuisibles. Ce sont des tubercules

charnus, irrégulièrement arrondis, desquels

sortent en tous sens des filamens raméfiés, par lesquels ces champignons attaquent Îles racines des plantes, qu'ils épuisent et font perir.

Une espèce ou le Rhizos. crocorum , Dec.

(Par)

(Tuber parasiticumn, Bull. , t.456), étoit déjà connue depuis long-temps des naturalistes et des cultivateurs par le dévät qu'elle fait aux ognons du safran, où elle s'attache d’abord aux enveloppes membraneuses de la bulbe, par des sucoirs charnus situés aux extrémités de ses fibres radicales; du lieu de l'insertion de ces suçoirs, partent des fibrilles tresdéliées, d’un rouge violet, destinées à former de nouveaux individus. Des enveloppes elle pénètre dans l’intérieur de la bulbe qu'elle fait périr et réduit en squelette; Bull,

Le Rhiz. Medicaginis est d’une belle couleur pourpre, ses filets sont très-longs et ra= mifiés, et souvent entrecroisés les uns sur les autres. Cette espèce s'attache aux racines de la luzerne cultivée, qui sont quelquelois entièérement couvertes de ces tubercules ; alors les plantes se fanent et se sèchent entièrement; c’est ce qui forme ces espaces vides qu’on remarque quelquefois dans les luzernières, et que les agriculteurs désignent en disant que leur luzerne est couronnée; Dec.

Le genre Erysiphe était d’abord réuni par Linnaeus aux Mucor, et ensuite par d’autres, aux Scléroties ; il présente aussi des tuber- :

At

cules, mais arrondis et fort petits, qui sont auparavant brunâtres et puis noirs, nichés dans un duvet blanc sur des feuilles de plantes qu'il rend malades. Cette production est connue sous le nom de blanc. On voit souvent les feuilles du rosier, du pommier et surtout de l’ulmaire ( Spiraea Ulmaria ) comme saupoudrées de farine mais sans petits globules ; ce blanc n’est pas si filamenteux , que dans les autres espèces; appartient-1l donc à une autre sorte de production, et n’estil pas plutôt une véritable maladie des plantes, comme le pensent les jardiniers ?

Les Sclérotium, différens dansla formeetl’habitat, ont seulement dans leur intérieur une masse charnue ou coriace sans aucune trace de veines ni même degraines. Ce genrecomprend beaucoup d'espèces dont quelques-unes sont aussi parasites sur les racines de mousses (Scle. Muscorum ), et de quelques lesumineuses, par exemple, des pois, des vesses ( Scler. rhizogonum), sans cependant beaucoup nuire à ces végétaux; d'autres servent de base comme uneracine secondaire, à d’autres champignons : des Pezizes, Clavaires et Agarics, (Scler. Fungorum, voyez Agaricustuberosus, Bull, t. 256.) La majeure partie vient sur des

(1494) tiges mortes et des feuilles de plantes(Scler. popuineum ), ou dans l'intérieur des Agarics secs ou en corruption ( Scler. cornutum ); quelques - unes même dans la fiente des animaux (Scler. stercorarium Dec. )

Une des grandes espèces de ce genre est le Sclerotium varium, Synop. Fung. pag. 122, dont le Scler. Brassicæ paraît être une variété. Il se produit dans nos caves sur les caroites et les choux conservés pendant l'hiver; il est large d’un pouce et de forme variée, blanchâtre au commencement et ensuite noir.

Le Sclerot. Semen qui est globuleux, brun et plus charnu, vient sur les tiges des plantes herbacées et même entre les feuilles du chou, et comme ces globules ressemblent aux semences de ce lésume, ils ont été pris par les anciens botanistes, pour les véritables graines du chou. Le Sclérot. durum se fait connoîlre facilement /par sa forme oblongue ou ovale , sa consistance dure et sa couleur noire sur des branches sèches et brunâires des plantes. a | | . Quoique les Clavaria Aerbarum et Clav.

sclerotioides, Decand. suppl. p. 29 , aient le port des champignons du dixième ordre, ils n'ont cependant pas de membrane fructifèreou

( 14% ) Ryméniuis, ei ne sont pourvus à l'extérieur de graines comme le sont les clavaires; ils sont au contraire de la nature des scléroties, et doivent y être rapportés, mais sous un geure particulier ( Xy/oglossum }.

Il n'y à pas un amateur de botanique qui n'ait observé sur les feuilles des érables, des sycomores et des saules ou d’autres arbres, des taches noires ; eh bien! ce sont aussi des champignons dont le nom générique est Xyloma. I y en a beaucoup d'espèces qui paroissent à la fin de l'été; la plus commune est’ le Xyloma acerinum (Mucor, Bull. t. 504.

t. 15.) sur les feuilles de sycomore et d'érable champêtre, ensuite le Xyl. salicinum, sur celles du saulé marceau, cette espèce est la plus graude de toutes et la plus épaisse, ayant intérieurementune base blanche.

Une autre espèce très-vulgaire se développe sur des feuilles sèches du chêne et du bètre, tombées à terre ; elle s'ouvre régulièrement et prend la forme d’une cupule avec des dents larges à son bord, qui étoient auparavant la partie supérieure de l’écorce. M: Fries, dans ses Observationes Mycologicae, p. 167, à fait de ce Xyl. pézizoïde, un genre particulier sous le nom du Phacidium.

On remarque aussi souvent sur les feuilles du prunellier, moins communément sur celles des pruniers, des taches rouges, largesde plusieurs lignes, et sur celles du padus ou mérisier à grappes, quisonttrès-ponctuées et d’un jaune doré: Juve est le Polystigma rubrum, qui étoitautrefois une espèce du genre X yloma ; et l’autre le Polystigma fulvum, avec beaucoup de ponctuations en dessus. Ces champignons restent toujours fermés et portent dans leur intérieur des utricules remplies de graines, en quoi ils different desScléroties, mais ces utricules nesont pas entourées d’une capsule ou périthécié comme dans les sphéries auxquelles ils ont été dernierement rapportés par quelques botanistes.

Le genre Hysterium est facile à reconnoître par sa forme oblongue ou ovale, et surtout par un sillon au milieu de sa capsule ; les espèces en sont petites et noires, elles n’ont pas pour base une croûte, et ne croissent que sur les bois morts ou sur des branches, et quelquefois sur des feuilles sèches; par cette raison, ainsi que par leur consistance roide, elles se distingueut des opégraphes qui appartiennent à la famille des lichens.

Le Hystérium pulicare qui naît sur Îles troncs d'arbres, mais alors sur une partie du

bois qui est sèche, a dés stries longiludinales qui le distinguent facilement des autres espèces. Le Hyst. qguercinum ( Bull. t. 432. f. 2), le plus vulgaire de tous, occupe les branches menues du chêne, où il forme de longs silons, après les avoir minées comme des vers qui vivent sous l'écorce; dans ce premier état il est d’un päle grisätre et clos, étant mûr il devient noir et se divise en deux valves. Le Hyst. rrytilinum, que l’on trouvesur des bois de pins ou sapins, est l’espece la plus curieusé et ressemble à une moule en miniature.

Enfin , le sixième dernier ordre de champignons renferme les Xy/omyci, dont le principal caractère est d’avoir des capsules (spæhrula, perithecium) distinctes, assez dures ou roidés, et ordinairement noires, qui contiennent une masse gélatineuse fluxile, composée d’utricules et de sporules.

Cette gélatine sort, dans le genre Nœmaspora, des capsules qui sont cachées sous l’épidermé des branches en fils tortillés, treslongs. Il y en a des blancs et des orangés ; l'espèce de cette dérnière couleur est le Næmaspora chrysospermaou Sphæria cirrata,

Sowerly, Fung. t. 157, que l’on trouve sur des branches sèches du peuplier noir ou d’Italie. Le Næmas. crocea que l’on trouve plus fréquemment sur les bûches des hêtres d’où il sort comme de la gomme ou de la résine, et même regardé comme telle par quelques naturalistes , n’a pas une capsule distincte.

Dans ce cas sont aussi les Sti/bospores qui se répandent sur l'écorce de différens arbres comme une matière noire, compacte et qui ne s'attache pas aux doigts, laquelle, vue au microscope, fait apercevoir des corpuscules ovales, cylindriques ou en étoile, souvent cloisonnés ; et c’est d’après les différentes formes de ces capsules, que les noms spécifiques de ce genre, qui vraisemblablement ne sera jamais très-étendu en espèces, sont faits. On voit quelquefois sous l’écorce d’où sort cette masse, une sorte de noyau qui est ou une modification du stroma ou des sphérules oblitérées.

Nous avons donné urie exposition de plusieurs sous-genres des Sphæria, par lesquels nous terminerons cette partie historique des champignons, en faisant mention de quelques espèces de ces différentes tribus.

Parmi les PAyllosticta qui croissent sur les

feuilles encore attachées aux plantes, où ils forment des taches souvent arrondies et circonscriles d’un bord brun ou noir, dans le milieu desquelles se remarquent des points noirs ou de petits sphérules. L'espèce la plus jolieest le Phyl. convallariæ (Sphaeria Licheniodes, var. convallariæcola. Decand. Supplém. p. 148), dont les taches sont d’un blanc pâle entourées d'un bord roux ; le PhylL 7incetoxcici ou Sph. Lich. asclepiadicola, Dec.

en est très-voisin, mais les taches sont plus petites ét le bord d'un brun noir. Dans le Phylil. Succisæ, la partie blanche est trèsétroite et portant seulement un ou deux points, le bord en est très-large et roux brun. Cette espèce croit sur les feuilles du scabiosa succisa ,.qui en sont quelquefois entièrement chargées. Rien de si commun en automne que le Phyll. populinum, sur des feuilles prêtes à tomber du peuplier d'Italie, il diffère desautres parce qu'il n’a pas de bordssensibles. Le Phy1ll. limbalis (Sphaer. Lich. buxicola ; Dec.) , est facile à reconnaître par ses taches d’un beau blanc, grandes et oblongues, qui.

paraissent sur le bord des feuilles du buis, à Yombre dans les bois; ses points sont seulement visibles à la surface inférieure de la feuille.

Le Sphæria punctiformis est aussi très-commun sur les feuilles mortes du chêne-rouvre et du châtaignier, qui en sont parsemées comme des points noirs, mais sans taches ou décoloration. Dans le Sphæria maculiformis, qui en esl peut-être une variété, les sphérules sont agglomérées entre les veines des feuilles, comme de pelites taches noires, irrégulières, sans bord. Le Sphær. sefacea croît aussi sur les feuilles sèches de chêne, et même sur les nervures et pétioles, mais très-épars, et seulement reconnoissable à la loupe, où on apércoit seulement losliole de la capsule en forme de soie qui est niché dans le parenchyme de la feuille. Les sphérules, au contraire dans le Sph. tubæformis, soulèvent l’épiderme de la feuille de l’aune glutineux en une protubérance; l’ostiole de cetteespèceest roussâlre, et paroîl être formé par une DATE contenue dans les capsules. | à

Parmi ces espèces simples, une des plus vulgaires est le Sph. kerbarum, qui croit sur les tiges sèches des grandes plantes herbacées.

Il s'en trouve deux variétés : l’une, qui vient sur l’épiderme des Liges, a ses sphérules orbiculaires un peu luisantes, et ordinairement déprimées, avec un pelit mamelon au milieu;

l’autre variété (Sph. herb. v. tecta) croitsous l’épiderme, qu'il perfore comme des points noirs. Le Sph. acuta, qui préfère particulierement pour le lieu de son développement, le bas des tiges desséchées de la grande ortie (qui, dans cet état, nourrit plusieurs autres petits champignons) diffère seulement de l'espèce précédente par son bec allongé et tres-pointu. Le Sph. patella, en forme de cupule, et le Sph. doliolum, qui a des plis circulaires (sur les tiges d’angélique) ont aussi beaucoup d’affinité avec le Sph..herbarum.

Dans le sous-yenre Epistroma se trouvent deux especes d'une couleur assez agréable. Le Sph. coccinea est. lisse, et le Sph. cinnabarina (S. decolorans, Syn. Fung.) est un peu tuberculeux, et devient d’une couleur mate pâle. Le Sph. cupularis, qui est noir et lisse, et s'évase ordinairement en forme de cupule, n’est pas rare sur les branches sèches du tilleul.

Dans la section de ce genre, où les sphérules sont grou péesorbiculairement, mais leurs ostioles rapprochés autour d’un axe, aucune espèce ne se fait connoître plus facilement que le Sphæria pulchella, il est assez commun sous Véçorce du cerisier mort; ses sphérules ne sont couvertes d'aucun tégument commun , les ex-

(151) térieures sont presque couchées à plat, et ont un tube long et flexueux.

Dans le Sphæria fimbriata, var. Carpini., qui présente des taches noires de deux lignes, sur les feuilles encore vertes du charme, les sphérulessontcachées sous l’épiderme, qu’elles soulèvent cependant en tubercule, et le traversent par un long bec un peu épais vers le sommet, el qui est entouré à sa base de franges blanches.

L'espèce la plus commune de cette section est le Sph. salicina, qui se produit presque sur toutes les branches desséchées du saule blanc, sur lesquelles il forme des pustules pâles, brunätres, et un peu farineuses, percées de quelques cavilés un peu noires, par les ostioles des capsules qui sont cachées dans le tissu de l'écorce.

Les Sphéries sessiles, dont les capsules entourent le stroma, et qui sont, par cetle circonstance, cohérentes entre elles, ne sont pas aussi nombreux que ceux de la section suivante ; ils ont aussi souvent une autre couleur que la noire, qui est prédominante dans ce genre. [ls croissent assez ordinairement sur le bois, et non sur l’écorce.

LeSph. fragiformis,(Bull., 1.405, f. 2.) qui,

(152) ainsi que les deux suivants, de cette division, est globuleux, couleur dé brique, lisse et comme tomenteux dans sa jeunesse ; la substance en est compacie et noire comme du charbon.

Le Spb. rubiformis (Hypoxyl. Ts Bull., t. 487 f. 1?) est la moitié plus grand et ses sphérules sont éminentes comme la baie de ronce, dent il a aussi la couleur.

Le Sph. melogramma (Bull., t. 492, f. 1.) estorbiculaire , un peu déprimé, à surface inégale, et d’un noir bistre, large à peu près de deux lignes. Cette espèce, une des plus communes, se fait connoître facilement par la mamière de croître par séries longitudinales, les individus étant placés les uns à la suite des autres.

Le Sph. typhina est d'un jaune pâle, d’abord presque blanchâtre et lisse, un peu mou; ila cette singularité, c'est de ne croître que sur le chaume des gramens encore vivans, mais qui en deviennent stériles. On seroit tenté de regarder celte cryptogame comme une production d'insectes, si elle n’étoit pas pourvue de capsules qui sont très-rapprochées l’une de l'autre, mais sans un stroma bien disunct.

Une espèce très-vulsaire de la division des

Monosticha, est le Sphæria Stigma ( Bull.

i. 468, f. 2), et qui croit sur les branches mortes, dans les haies ou ailleurs. Elle s'étend cn plaques longues de quelques pouces : avant sa malurité elle est grisâtre et lisse; mais quand ses Capsules sont formées, elle: devient d’un mat noir, et comme pointée par l'orifice de ces mêmes capsules nichées dans le parenchyme du stroma. Le Sph. rummulariæ ou Hypoxylon nummularium, Bull. t. 468, f.4., lui ressemble beaucoup, mais il affecte ordinairement une forme orbiculaire comme un bouton, et est entouré de l’écorce de l'arbre.

L'espèce la plus grande ou du moins la plus épaisse de cette division-est le Sph. deusta, ( Bull., t. 487, t. 1 ), qui habite les vieilles souches à moitié pourries. Dans son premier développement qui a lieu au printemps, il est d’une consistance un peu charnue et couvert d’une poussière blanche-srisâtre qui se perd à l'époque de la maturité dans le courant de l'été : alors ce champignon devient noir , friable et boursoufflé.

. Le Peziza punctata Lin. ( Bull. , t. 252), a un port anomale des autres sphéries auxquelles il à été réuni sous le nom de Sph. poronia et Sph. punctata ; Sowerby, t. 24.

Cechampignon, Poronia fimetaria, est coriace et en forme de soucoupe, avec un pédicule noir ; son disque, large de quelques ligues, est blanc, parsemé de points noirs qui sont les orifices de petites loyes remplies d’une pulpe. Cette espèce vient par peuplade au printemps ou à l’automne, sur les crottins des chevaux, des ânes, ou sur la bouse de vache.

Il y a d’autres espèces d’un aspect encore différent, et que l’on avoit rangées parmi les clavaires à cause de leur forme ailongée. Le Sphæria Aypoxylon (Clavaria cornuta, Bull. , t. 180), se propage sur les vieux troncs ou à la base des pieux. Ce champignon est noir, très-rameux, à branches comprimées et saupoudrées d’une poussière farineuse qui se perd dans les individus adultes, et alors on remarque, sous la superficie de la tige, des loges très-distinctes. Le Sph. digitata (Bull., t. 220), a, des sa jeunesse, les sommités terminées en pointe qui sont moins blanches; il est cylindrique, d’un gris ou d’un brun noiràtre et glabre partout. Cette espèce préfére pour sa propagation les habitations et les jardins, dans des endroits humides, tandis que le Sph. polymorpha ( Observat. mycolog. 2, t. a, f. 2, 4et 5), qui pourroit bien en être une sous-

{ 295; espèce, croît à l'ombre des bois: il est au.

élargi au sommet qui est tout entouré de sphérules.

Ces trois espèces dont nous venons de parler habitent les ironcs ou les bois secs ; elles sont par celle raison aussi d’une nature plus coriace que les autres de la même section.

Celles-ci sunt ou ierrestres, par exemple le Sphæria ophioglossoides (Clavaire radiqueuse, Bull. , t. 440, f. 2), qui est en dehors d’une couleur lustrée, et jaune en dedans, et qu'on trouve en automne dans les forêts, où parasites sur d’autres champignons, comme le Sphæria capitata (Holms-kiold, Fungi PDanici, L. 14), quia pour base la truffe de cerfs (Lycop. cervinum. L.), laquelle était, mal à propos, prise par quelques botanistes comme une partie intégrante du champignon. Quoique ressemblant à l'espèce précédente, elle en diffère par sa tête arrondie ou ovale.

Les autres naissent sur les insectes morts ou sur leurs chrysalides etleurslarves. Nous en connoissons deux en Europe, ce sont le Sphæria entemorhiga, Dickson, pl. Cryptos. 1, p. 22, 1.5, t. 5, et le Sp. militaris; Pers., Observ. mycol. 2, t. 2, f. 5. Ceite derniere est en forme de massue hérissée des proéminences,

Au lui est venu ce nom spécifique ; sa couleur est rouge-jaunâtre. Ces sortes de champignons parasites que l’on avoit anciennement regardés comme des animaux - végétaux ( Musca vegetabilis ), ont été les premiers observés dans l'Amérique méridionale où ils se développent non seulement sur des chenilles, mais aussi sur des guêpes et des cicades ; et ils sont, selon ces diverses localités, vraisemblablement autant d'espèces distinctes ; au reste, on peut consulter là-dessus le vol. 53 des Transactions philosophiques, an 1965, p. 271-294; et G. Edwars, Glanures del Histoire naturelle, part. 3, et Holmskiold, Coryphei, p.45 et 47.

Ox ne doit pas considérer les champignons seulement comme objet d'étude et sous le rapport des jouissances spirituelles que nous causent leurs recherches et leur examen; mais aussi sous celui de l'avantage comme aliment et assaisonnement qu'un grand nombre d’espèces procurent aux hommes. Je ne veux pas rapporter ce que Pallas a écrit sur ces végétaux dans le premier vol. de son Foyage dans plusieurs provinces de l'Empire de la Russie, au sujet de ce peuple si éloigné de nous, ni transcrire ici ce que Bulliard en a dit dansson Hist. des Champ., p. 65 ; mais qu'il me soit permis d'insérer ici l'extrait d’une lettre de M. Schwægrichen, professeur de botanique, à Leipsick.

« Dans un voyage, dit ce botaniste, que je fis dans une partie de l’Allemagne et en Autriche, j’observai dans les environs de Nuremberg, où j'ai vécu une partie de l'été, que les paysans mangeoient avec leur pain noir, assaisonné d'anis et de carvi, des champignons crus. Mon occupation étant alors la recherche

( 158 ) et l'étude des plantes cryptogames, je me réso« lus de faire une expérience sur moi-même de l'effet de cette nourriture.

« J’ai donc imité ces bonnes gens, et je m’y accoutumai tellément que, pendant plusieurs semaines, je ne mangeois rien que des champignons crus avec du pain en ne buvant que de l’eau pure. Loin d’en éprouver une influence nuisible à ma santé, je sentis au contraire mes forces accrues pour mes courses. Je préferois les espèces qui n'avoient pas une mauvaise saveur ou une odeur désagréable , el qui étoient d’une consistance un peu ferme; par exemple, le Boletus esculentus, rufus, Agaricus campestris et procerus, le Clavaria coralloides , etc.

« J'ai observé que les champignons, si l’on en use sobrement, sont très-nourrissans , mais qu'ils perdent leur bonne qualité par la préparation culinaire, qui de plus leur fait perdre leur goût naturel ».

Avant de commencer la description des espèces salubres et nuisibles, il est nécessaire auparavant d'établir quelques règles en général qui pourtant souffrent des exceptions, pour apprendre à reconnoître au premier abord ces

(159) bounes espèces de champignons de celles qui sont suspectes ou malfaisantes.

La principale règle pour parvenir à cette connoissance est, sans contredit, la manière dont sont affectés les sens par l’odeur et la saveur. On peut prendre, pour un type invariable de toutes les bonnes espèces, le ckampignon decouche(Agaric.campestris.) Comme on sait, l'odeur en est assez suave et douce , et lasaveur approche de celle de la noisette, sans laisser d’arrière-goût désagréable, astringent ou styptique. Pour en donner un exemple, choisissons l’Agaricus muscarius, Linn., et Agaric. verucosus, Bull, t. 3:16. ( Amanita rubescens), et quelques autres qui ont à peu près ce goût; mais en les mächant et en voulant Les avaler, on sentira une difficulté dans la déglutition. Une odeur virulente, et qui a quelque ressemblance avec celle du radis ou plutôt de la terre des caves ou souterrains, et qui est très-manifeste dans l'Agaric bulbeux, indique une mauvaise qualité. Les champignons qui ont une saveur très-amère, désagréable et une odeur rebutante, n'ont au reste rien qui invite à les cueillir. Cependant un goût piquant que l’on remarque dans les chanterelles, dans l'Hydne sinué, et qui est plus fort dans

lAgaric érélant, Bull, t. 528 (qui paroit étre la même espèce que l’Agaricus peronatus), ou il a celui du piment, ainsi que l'odeur d’ail (Agaricus alliaceus. Jacquin, Flor. Austriaca, t. 62, et Ag. porreus, Bull., t. 524), ne sont pas des indices d’une qualité délétère ; on pourroit même sen sérvir comme assaisonnement, comme on le fait avec la truffe grise ou Pail.

Quelques Bolets, tels que les Boletus aurantiacus, scaber et kepaticus , qui sont comestibles, out une saveur comme l'acide sulfurique très - élendu d’eau. Cette saveur ne se irouve guère dans les Agarics.

On doit se méfer des champignons qui croissent dans des bois touffus, bien que l’on y rencontre des espèces comestibles ; par exemple, le Bolet esculentus, la Chanterelle, les Clavaires et quelques Hydnes; cependant les parties des bois très-ombrageuses et humides ne produisent pas des espèces salubres ; comme l’Agaricus clypeolarius, Bull. , et le Chanterellé orange. Ceux qui viennent au contraire au bord des forêts, dans les bruyères, les friches, les pâturages , dans les prairies sèches, et parmi les broussailles , sont les meilleurs ou les moins dangereux , attendu toule-

fois qu'ils ont la saveur et l’odeur que nous

venons d'indiquer.

Il y a des champignons d’une bonne qualité, tels que les Bolets hépatique et en bouquet, l’Agaric en conque, les Hydnes rameux, et autres qui naissent sur les troncs et branches d'arbres, et qui sont d’une consistance un peu coriace. En général, plus la substance du champignon est blanche, compacte, sèche et cassante, moins il y a à craindre de son usage, si toutefois l'odeur et la saveur, dont nous avons parlé, se lrouvent

| réunies.

Quant aux couleurs, on peut en tirer peu de conséquences certaines. Cependant il semble que la couleur d’un jaune pur et doré, surtout des lamelles, indique une boune qualité, comme on le remarque dans l'Oronge, le Chanterelle, l’Agaric lactaire doré, la Russule esculente et [a Clavaire coralloide. Au contraire, la couleur d’un jaune pâle, surtout la sulfurine, paroît propre aux espèces nuisibles, car on la trouve dans le champignon le plus vénéneux, l’Agaric bulbeux, variété citron; et M. Paulet dit, dans son Traité, p. 229 de V’Agaric amer, Bull., t. 562. ( A. fascicularis, les Tétes de soufre, Paul. } : « Si l’on en donne

aux animaux, ils n'en paroissent pas affectés d’abord; mais , au bout de quelques heures, ils commencent à en être étonnés , boivent beaucoup, refusent de manger, ne peuvent pas se tenir sur leurs Jambes ; les uns la rejettent en vomissant, d'aulres sont malades plusieurs jours, et 1l y en a qui finissent par mourir; mais ordinairement ils n'en meurent pas, surtout lorsqu'ils vomissent.

J'ai rapporté celte expérience, parce que quelques botanistes affirment que l’on use comme aliment de celte espece d’Agaric, la plus commune, qui vient par touffes sur les troncs et sur les tablettes de bois, dans les jardins et les forêts, et qui a une saveur fort amère, et une couleur d’ocre.

Üne grande parlie parmi les champignons d’une bonne qualité est plus ou moins blanchâtre, ou tirant sur le pâle ; par exemple, V’Agaric ovoide, Bull. , les Agarics de bruyère et couleur d'ivoire , Bull., quelques mousserons, le Bolet blanc, les Hérissons, quelques Morilles, etc. : cependant, l’'Amanite bulbeuse Var. blanche est très-vénéneuse.

La couleur d’un brun mat ou bistré du chapeau se rencontre aussi dans plusieurs bonnes espèces, telles que l’Agaric de couche, l’A-

( 165 ) garic élevé ( À. procerus}), Agaric couleur de marron, plusieurs Bolets et quelques Helvelles ; mais malheureusement l’Agaric verruqueux, Bull. , l’Agar. clypéolaire et lAgar. crevassé (rimosus), Bull. , t. 88 (1), qui sont très-dangereux , on! aussi celte couleur.

La couleur d’un rouge vineux et violet, de la totalité ou d’une partie du champignon, semble être sans exception lindice de sa salubrité, car les feuillets de l’Asaric de couche, ainsi que de PAmanita incarnata sont de la première couleur , et on mange dans quelques pays l’Agaric violet, le Hydne ViO= let et la Clavaire éblette:

Au contraire, les champignons quisont d'un rouge plusou moins foncé et sanguin sont malfaisans, lémoins l'Agaric mousseté ou Fausse- Oronge, l’Agaric émélique et la Russule couleur de rose. Cependant le Bolet hépatique qui estalimentaireaun suc rougealre, Ou plutôt

(x) Cette espèce, d’une grandeur moyenne, est assez fréquente dans les bois; elle a un chapeau pointu et satiné, marqué de fentes longitudinales. Au rapport de M. le professeur Balhis, une famille entière a été empoisonnée à Turin, par cet Agaric.

celuidela béttérate: La couleur verteest la plus rare dans ces productions, et parmi les Auarics, l'Agaric palomet est d’une bonne qualité, et l’'Agaric bulbeux verdâtre où Amanita viridis est vénéneux.

On a aussi indiqué plusieurs autres moyens pour distinguer les champignons salubres d'avec les délétères, mais qui sont trop vagues et trop incertains ; par exemple, la viscosité du thapeau , la présence du collet que l’on prétend être propre aux bonnes espèces, la cavité du pédicule seroit une marque de la nature vénéneuse. La présence des vers et des linaces est aussi, d'après quelques auteurs, une indication assez certaine qu’on peut empioyer, comme aliment, de pareils champignons. Ou doit cependant le faire avec beaucoup de prudence : car j'ai vu ces animaux se nourrir de mauvaises comme de bonnes espèces. [ls ont d’ailleurs une organisation si simple et si différente de la nôtre, et qui par conséquent a une autre destination, qu'on ne peui pas conclure de leurs besoins physiques aux nôtres. |

Dans lamaurère de cueillir Les championons comestibles , 11 y a aussi quelque précaution à prendre. Îl est bon , autant que possible, d'en

faire. la récolte dans un temps un peu sec, et surtout après la rosée, de les prendre dans leur état adulte, et même avant l’épanouissement entier du chapeau; car, dans uu trop grand degré de maturité, la chair en devient flasque, se putréhe, ou les verss’y développent. Au lieu d'arracher les individus du sol, il faut mieux en couper les pieds ou les tiges pres la terre, pour que celle-ci ne s’introduise pas entre

les lamelles, les pores et alvéoles.

Quand on a choisi les espèces saines , To vient éncore, avant d'en faire usage, de les monder de leurs feuillets et de leurs tubes ; c’est cette partieque les cuisiniers appellent foin ; on en retranche aussi souvent le pédicule quiesE ordinairement d’une texiure moins fine. Pour ce qui concerne les Bolets, on doit les couper, afin des’assurer s'ils changent de couleur et deviennent bleus, alors 1l seroit imprudent d’en fairé usage; ensuité on les fait tremper dans de Veau froide ou tièdé} en y mélanl tant soit peu de vinaigre pour les faire blanchir; mais cette eau Hal être rejetée. On prétend que, par ce moyen, on pourroit manger lesehampignons, même les insalubres. On: favorise leur digestion, d'abord en les mâchant long-temps, et par des assaisonnemens convenables, Lels que

( 166 l'huile ou le beurre, le jaune d'œuf, le sel, Je vin et le vinaigre. Etant apprétés, On ne doit pas les conserver , car ils s’aliérent facilement, elacquièrent des qualités délétères.

Manière de conserver les Champignons.

Pour avoir des champignons toute l’année, on peut les conserver ainsi : Les espèces qui ne sont pas trop grandes, comme les Chanierelles, les Morilles se dessèchent bien en les laissant sur une table ou ailleurs. un peu à l'ombre, ou en les enfilant de maniere qu'ils ne se touchent pas; on peut les dessécher plus rapidement dans un four. Mais on coupe les grandes espèces , telles que les Bolets etautres, apres en avoir Ôlé les tubes et le pédicule, par bandes ou tranches. On conserve ces champignons bien préparés, dans des sacs que l’on a soin de suspendre dans des lieux secs et aérés, et deles secouer de temps en temps. Dans quelques pays on les fait confire dans du vinaigre, du poivre, dusel et de l'ail, ou simplement dans l'huie ; inais 1ls perdent par ce moyen leur parfum. D’autres les mettent dans l’eau salée. On m'a assuré qu’en Sicile, dans la ville de Rôbissi, on conserve ainsi de grandes espèces

( 107) comestibles qui croissent dans les montagnes de Madouia, pour s’en servir au besoin , et pour les envoyer, par la voie du commerce, dans d’autres pays.

Lorsqu'on veuten faireusage , on fait revenir dans l’eau tiède ou dans le lait ceux qui sont séchés, où on les laisse tremper quelques heures. L'eau est préférable au lait pour les Morilles , les Mousserons et les champignons ordinaires; mais pourles Chevrotines(Hydnes), les Girandets; les Barbes de chèvres ( Clavaires) , on préfére Île lait. ( Paule. )

« Quant aux Truffes, il faut d’abord les récoller par un temps sec, à l'époque de leur parfaite maturité , et dans l'état le plus sain, car une seule Truffe salée suffit pour gâter les autres. Les Truffes précoces, nommées en Italie avatamès , doivent être recueillies un peu avant la maturité, et suspendues à l’air libre dans un panier à jour, et “4 un lieu frais. » ur

En général les Truffes se gardent mieux 1.

leur terre natale que lorsqu'on lesen débarrasse “etqu'on les lave; car l'humidité s’insinue dans leurs pores et les fait bientôt pourrir ; c’est pourquoi il est plus expédient de-les frotter avec une brosse rude. On a proposé de les

( 165 ) enterrer dans un sable mul sec, el ce Moyen est assez sûr. Le son dans lequel d’ autres, PSS sonnes emballent les Truffes est plus propre à accélérer leur détérioration: qu'à les conserver, parce qu'il shumecte, se tasse et s ’échauffe : les cendres altèrent Îles Truffes.

Celles qu'on tient plongées dans l HER se conservent plus long- temps que celles qu'on envoie dans le vinaigre ou dans Ja. saumure.

L'huile, le vinaigre, l’eau- de-vie où l’on a mis des Truffes se chargent de leur odeur ; etalors celles-ci se dépouillent} presque entièrement de leur parfum agréable. D’autres les font cuire dans le vin, et lé plongent ensuile dans l'huile.

En général les Truffes trop müres et celles qui ne le sont pas assez se conservent peu de temps ; l’arome dont elles sont remplies à l’époque de leur maturité, et la fermeté que leur chair acquiert, les rendent plus propres à être conservées à cette époque. Les Truffes qu’ on coupe par tranches, qu'on enfile et qu'on fait sécher comme les Mousserons, peuvent se garder [long -témps; mais elles n'ont Pas. le parfum et la saveur des Truffes fraîches ; au reste ; il convient de les sécher à l'ombre, et par la sécheresse du soleil plutôt que par le

( 269 ) feu qui dissiperoit entièrement leurs, pariies odorantes et volatiles.

« L'usage d’entourer Les Tin és) récentes de cire, de graisse, d'huile, ete., est contraire à leur conservation; car tant que ces végélaux sont vivans, ils transpirent, et leurs humeurs ne pouvant pas se dissiper au dehors, rentrent au dedans ethâtent la putréfaction. La bourre, ï étoupe dont on les enveloppe s’imbibent d'humeur et ne les conservent pas aussi bien que l'argile sèche et pulvérisée qui paroît préférable à toute autre substance. » Parmentier,

Bulletin de Pharmacie, vol. 1, p. 576.

-anière de remédier aux accidens occasionés par les Champignons délétères.

:. Pour compléter ce Traité et pour indiquer à ceux qui, vivant, surtout à la campagne | ne pourroient pas avoir des secours des gens de l’art contre les aceidens occasionés par des champignons vénéneux ou malsains, nous avons cru quil seroit d’une grande utilité d’indiquericilessymptômesquise manifestent dans ces sortes d'empoisonnemens, et les moyens de les combattre. Jai extrait cet article de l'excellent ouvrage de M. le docteur Orf/a,

(170) qui a pour litre : Traité des Poisons tirés des règnes minéral, végétal et animal, ou Toxicologie générale. Paris, 1815.

Les champignons vénéneux ne manifestent leur première action qu'un certain temps après qu'ils ont été mangés; ce n’est le plus souvent que cinq ou sept heures après. Il s'en écoule quelquefois douze à seize, plus rarement vingtquatre , sans qu'on éprouve aucun symp= iôme. Les altérations graves de presque tous les viscères prouvent que ce venin, ayant acquis toute son énergie par le moyen de la digestion, se répand dans toute l’économie animale, y excite l'irritation la plus violente, et une inflammation qui dégénère promptement en gangrène , ce qui a lieu surtout avec plus d'intensité dans les voies digestives qui ont recu immédiatement le poison , et qui en conservent les restes dissous pendant longtemps. |

Les douleurs d'estomac, les tranchés , les nausées , les évacuations par haut ét par bas sont les premiers symptômes dont les malades sont atteints. Bientôt la chaleur des entrailles, les laingueursetles douleursdeviennentpresque continues , les crampes, les convulsions, tantÔt générales , tantôt partielles, avec soif inex-

ni tinguible, s’ensuivent, le pouls est petit, dur, serré et très - fréquent.

Lorsque les accidens, après avoir duré un certain temps, ne sont pas diminués par l'effet des secoursadministrés , les vertiges, un délire sourd, l'assoupissement s’'emparentde quelques sujets, el ne sont interrompus que par les douleurs et les convulsions. Chez d’autres, il ny a point d'assoupissement, lés douleurs et les convulsionsépuisent les forces ; les défaillances

et les sueurs froides ont heu. La mort enfin

Vient terminer celte série de souffrances, après avoir élé prévue et annoncée par le malade Jui-mème, qui n’a pas perdu un seul instant l'usage des sens.

On doit donc d’abord s'occuper de l’'évacuaton du poison à l’aide de l’émétique, et mieux encore des éméto-catharliques, des pouons et des lavemens purgalifs ; même assez souvent les purgatifs doivnt être préférés aux émétiques, parce que l’action de ces champignons est lente et ne se manifeste que dix à douze heures apres leur ingestion , C'est - à - dire quand ils se trouvent déjà dans le canal intestinal. Ainsi on fera avaler au malade trois à quatre grains d'emélique, réunis à vingtquatre grains d’ipecacuanha, et six à huit gros de sel de glauber dans l'eau.

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On administrera en autre une potion faile avec de l’huile de ricin et le sirop de fleurs de pêcher; on en fera prendre des lavemens préparés avec Ja casse, le séné et sel d’epsum', ou avec une forte décoction de tabac. Mais il seroit imprudent d’adminisirer des purgatifs irritans, si l'inflammation du bas-ventre.avoit déjà fait des progrès rapides ; ainsi, $1 y avoit beaucoup de fièvre jointe à une tension dou- Joureuse de l'abdomen, à la: cardialgie, à la sécheresse de.la langue, accompagnée d’une soif extrême et de chaleur brülante à la peau, dans la bouche et dans la gorge , il faudroit avoir recours à la saignée et aux autres moyens antiphlogistiques.

Lorsque tous ces symptômes seront dissipés, on emploiera les fortihans Lels que le quinquina, le lait, etc. Paulet.

Voiai les expériences tentées par M. Orüla pour conslater la valeur du sinaigre , du Al commun, de l’éther, de l'émétique et de l’al-

cali - volatil dans l'empoisonnement par les champignons,

1. Le J’inaigre. Cetacide végétal a la faculté de dissoudre la partie active de V’Agaric bulbeux et de la Fausse-Oronge ( Agaricus mus-

carius, L. ), en sorte que l’on peut avaler im-

(173) punément l'un ou l’autre de ces champisnons coupés par morceaux et épuisés par cet acide ; mais Ja liqueur est excessivement vénéneuse.

Ces champignons, introduits dans l'estomac avec du vinaivre, sont capables ae produire la mort plutôt qu'ils ne Île feroient si le vinaigre n'eût pas élé administré, pourvu que le poison n'ait pas élé vomi. L'eau vinaigrée nous a paru utile dans cet empoisonnement , lorsque le champignon vénéneux à été expulsé par les évacuans. ({ Voyez aussi le Traité de M. Paulet, page 25.) |

2, Le Sel commun dissous dans l’eau jouit, comme le vinaigre, de la propriété de dissoudre les par!ies actives de ces championons, et offre par conséquent les mêmes avantages et les mêmes inconvéniens.

3. L'éther sulfurique, dont on à fait un usage si fréquent dans ces derniers temps, pour combattre l’empoisonnement de cegenre, n'est pas sans danger lorsau’il est admimistré avant l'expulsion de ces champignons, car il a aussi Ja faculté de se charger du principe vénéneux ; mais 1l nous à paru d’une grande utililé après l'emploi des évacuans, :

4. L'émétique et les émético-cathartiques, sembient devoir jouer le principal rôle dans

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11700 ces sortes de traitemens, car la mort a presque toujours lieu, lorsque ces champignons ne sont pas evacues.

M. Paulet ordonne un émético-cathartique fait avec un grain de tartre stibié,. et deux gros de sel de glauber, dissous dans une demilivre d'eau.

Il faut, dit Bulliard , faire promptement vomir le malade, et lui donner dix à douze gouttes d'éther vitriolique daus du vin.

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