‹ Traité sur les champignons comestibles, contenant l'indication des espèces nuisibles; précédé d'une introduction a l'histoire des champignons, avec quatre planches coloriéesChapitre 5 sur 32 · DESCRIPTION DES ESPÈCES · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DES ESPÈCES

JL. AmaniTe, Âmanita, ou Agsaric à bourse; champignon sortant d’une bourse ou d’on volva, ayantun pédicule plus ou moins renflé à sa base, dont le chapeau en dessous est garni de feuillets, ou de lamelles rayonnantes.

1. L'OronGz. Amanila aurantiaca. Agaricus aurantiacus. (Bull., Æistoire des Champignons de la France, pag. 666, t. 120.) Agaricus Cæsareus Allioni, ÆFlor. Pedemont., pag. 359. Voy. la planch. I.

— Cette espèce, qui après le champignon de couche, ou Agaricus campestris, Linn., est le plus en usage, se trouve pendant l’automne

dans les bois, mais plus particulièrement dans le midi de l’Europe, en Italie et dans la France. Elle ressemble dans sa jeunesse à un œuf, étant encore enveloppée dans le volva, de couleur blanche, qui se partage ensuite en plusieurs lobes, pour donner passage au chapeau. Celui-ci est d’une forme orbiculaire, large de quatre à six pouces, d’une belle couleur orangée , strié sur les bords, et souvent incisé, non, tacheté; les feuillets en sont épais, jaunâtres ; son pédicule est plein et pourvu d’un collet ou anneau large.

On appelle aussi cette espèce, dans quelques provinces de la France, Dorade, Jaune d'œuf, Cadran, Jazeran ou Jasserans dans les Vosges; en Italie, Coccoli ou Uovali; Bole réal en Piémont.

Ce champignon éloit déjà très connu des Romains, qui l’appeloient Fungorum princeps, Boletus, et qui devoient en avoir été fort friands, comme l’indiquent les verssuivans de Martial. (Epigr., lib. XII )

Argentum atque aurum facile est Lanamque, togamque, Mittere; Boletos mittere difficile est.

Remarque. Il a du rapportavec ? Agaric aux

mousses {Agaric. muscarius, L.), ou la l'ausse-

Oronge de Bulliard, t. 122; Ovolaccio, Ovole malefice, Tignosades Italiens, qui est pluscomimun, surtout dans l’Europe septentrionale, mais d’une qualité malfaisante. Il diffère de l’'Orongé par le chapeau plutôt rougeûtre et presque toujours tachelé de tubercules, ou verrues blanches, par la couleur des feuillets et du pédicule qui est entièrement blanc, et par un volva incomplet, adhérant d’abord à la bulbe du stipes, et au chapeau, et resté sur celui-ci, apres le développement, en forme de verrues anguleuses et blanchâtres. C’est, au reste, une des plus belles espèces de champignons. |

Manière d'apprêter lOronge.

En Italie, on la mange ordinairement frite dans l'huile, ou avec unesauce verte un pen forte, coupée en tranches ; on en sarnit aussi des uiorceaux de viande assaisonnés.

La meiileure manitre d’apprêter l'oronge consiste, selon M. Paulet, apres l'avoir épluchée, c'est-à-dire, dépouillée de sa peau et en avoir enlevé la tige, à la faire euirerenverséesur ua plat, sa cavité étant garnie de fines herbes, de mie de pain, d'ail, de poivre, de sel et des

(+5) chures de sa tige, le tout arrosé d'huile d’olive.

Cette manière n’étoit pas celle des anciens Romains: car, suivant Apicius, on l’apprétoit dans le vin cuit, avec un bouquet de coriandre, ou dans le suc de viandes, avec l’assaisonnement ordinaire, et on ajoutoit pour liaison, le miel, l’huile et les jaunes d'œufs.

Après l'huile d'olive et le beurre, le vin et le jaune d'œuf sont les mei!leurs dissolvans de l'oronge, et les plus propres à la corriger.

(Paulet.)

2, L’ORONGE BLANCHE. Amanita alba, Agaricus ovoides, Bull, Hist. des Champ., p. 668, t. 564. La Coquemelle, Paulet, Traité, p. 518. Coucoumele. Le champignon blanc.

Cette espèce, qui est aussi une des plus déhieates, diffère de loronge proprement dite, par sa couleur qui est entièrement blanche, par son chapeau lisse, sur les bords, et enfin parses feuillets étroits. La tige n’est point bulbeuse à s abase. |

Elle se trouve en été et en automne dans les bois de l’Italie et de la France méridionale. Bulliard dit lavoir aussi rencontrée à Fontainebleau.

( 398 ) Toute Ja plante a l'odeur, la saveur, ainsi que les qualités des meilleurs champignons.

On l’apprête comme l’oronge.

Remarque. On pourroit confondre ce champignon, à cause de sa couleur, et parce qu'il est du mémegenre, avec l’Agaric bulbeux; comme ce dernier est l’espece la plus dangereuse, et qui a coûté la vie à tant de personnes, nous voulons en donner une description, ainsi que deses variétés, qu'on peut comprendre en général sous la dénomination suivante :

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