C. L’Amanite verdätre. Amanita viridis
Syn. Fung, pag. 251. Fay. la fig. 3 de la 2° table. Agaricus bulbosus, Bull., 1. 2, 108 et 537. fig. D. L'Oronge ciguë verte. Paulet, pag. 328.
Cette variété pourrait être pour les botanistes une espèce dictincte, çar le chapeau est presque toujours glabre, ou sans débris du volva; elle est d’une couleur d'herbe, quelquefois olivâtre ou grisâätre ; la bulbe du stipes est plus arrondie et non aplatie autour du pédicule, comme on le remarque dans les deux précédentes variélés. On la trouve aussi en automne, mais moins fréquemment, dans des bois touffus. Ce champignon, plus grand que
( 182 ) les deux autres, paroît avoir une saveur et une odeur plus nauséabonde et plus forte.
M. Paulet à rapporté dans son ouvrage plusieurs observations et beaucoup d'expériences pour constater les effets terribles de ces champignons vénéneux. sur l’homme et sur les animaux. Nous allons transcrire ici deux de ces expériences:
& À la dose de trois gros environ, baché menu, mélé avec de la viande et du pain, dont on fit une pâtée, ce champignon, donné à un chien fort et vigoureux, ne produisit aucun effet sensible pendant les dix premières heures; l'animal mangea même encore cinq heures apres, et joua comme à son ordinaire; mais au bout de dix heures, il comménca à faire des efforts pour vomir, il ne put se soutenir sur ses jambes, se coucha, s’assoupit et mourut bientôt après dans des mouvemens convulsifs.
« Convaincu que ces champignons étoïent mortels pour les hommes et pour les animaux, je fus curieux, dit M. Paulet, de savoir si toutes les parties étoient également dange.
reuses, et dans laquelle résidoit prineipalement le prinçipe vénéneux; pour cela, on
donna à un gros chien une demi-once de son suc exprimé, délayé dans un peu d’eau. Le chien vomit presque sur-le-champ, et fit des efforts incroyables pour le rendre ; il eut des tremblemens, des tiraillemens, des mouvemens convulsifs par tout le corps, le hoquet, dés nausées continuelles, un véritable ckolera convulsif, avec un abattement des forces considérable. Cet état continua environ vingtquatre heures, au bout desqueiles il mourut sans avoir rien voulu prendre. À l'ouverture du corps , on trouva l’œsophage enduit d’une malière visqueuse et d'un gris cendré, l'estomac rempli d’une liqueur fétide, la tunique de ce viscère parsemée de pelits points rouges, le canal intestinal rétréci vers l’ileumn, lepiploon durci, et retenant l’empreinte des inteslins. » |
4. AMANITE À TÈTE LISSE, Amanita /eucophala; Agaricus leucophalus, Dec. Flore franc. Supplément du vol. 6, p. 55.
Cette belle espèce, dit l’auteur, est entièrement blanche, même dans un âge avancé.
Son odeur est agréable, sa chair ferme, sa superficie sèche et satinée, son pédicule épais vers sa base ; son chapeau à 7 à 8 pouces de
( 184 ) diamètre ; ses feuillets sont nombreux, non adhérens au pédicule qui n’a point de collier; son volva est grand. On le vend au marché de Montpellier.
Remarque. D'apres M. Doha dll on vent aussi au marché de Montpellier, sous le nom de Coucoumèle jaune, la Coucournèle orangée, qui probablement est l'Amanita fulva ou Aga.
ricus fulvus, Schæff. t.98; À. trilobus, Bolton. Fung.,1. 38, f. 2; Bull. t, 612, f. N ; ainsi qu'une autre, connue sous les noms de Cou cournèle grise et griselte, peut-être l’Agaricus plumbeus, Schælf. t. 85, et Ag, paginatus j Bull. Champ. t. 512, M.
Ces espèces, qui différent des Oronges et de la plupart des autres de ce genre par l’absence du collet ou anneau, et par un pédicule non bulbeux , entouré d’un volva allongé en forme de gaine, sont communes dans les pays septentrionaux. Elles sont d'une texture plus tendre, et leur chapeau est strié sur ses bords; leurs feuillets, rétrécis à leur base, sont de couleür blanche; leur pédicule devient creux dans la maturité.
La saveur de ces champignons est à la vérité d’abord celle du champignon de couche, suriout s'ils croissent dans des endroits décou-
verts ét sur lés bords des bois; niais après en avoir mâché, on remarque un arrièré-goût désagréable et quélque chose d’astringent dans la orge, signes par lesquels la nature prévoyante a voulu nous avertir du danger. Ce qui confirme cette opinion est l'observation de M. Pico ( Mélethemata, p. 153 }, qui regarde l’Avaricus fulvus comme très-suspect, car en ayant donné à marver à un chien, celui-ci s’en trouva fort incommodé.
5, AMANITE INCARNATE , Amanita 27carnata, Syn. Fung. p. 248; Agarièus bombycinus, Schæff. Fung. t. 98, Micheli, Gen. PI. p. 182, L 76, RE €:
Le volva de cette Amanite est un peu visqueux, blanc ou jaunâtre ; son pédicule est giabre , un peu courbé, long de quatre à cinq pouces et large d’un pouce plus où moins ; ses feuillets sont d’abord blancs; mais deviennent ensuite incarnats, et puis déliquescens; son chapeau est très charnu , campanulé, velu et large de 4 à 6 pouces.
Ce champignon croît au pied des arbres en Allemagne, en Suède et enlItalie; dans ce
dernier pays il est comestible, d’ apres Micheli,
Remarque. TL’Amanita speciosa , Fries, Obs: mycol. p. 1, ou le Fungus esculentus, etc. Micheli, p. 182, n° 2, se distingue de l’espèce précédente par un chapeau glabre, blanc, gris au milieu, el par un pédicule un peu velu; mais ses feuillets sont aussi couleur de chair, et 1l a la même bonne qualité que l'Amanite incarnate. Il vient en Suède, en Danemarck, en Allemagne et en Italie, dans un sol gras, où l'on a répandu du fumier.