‹ Traité sur les maladies puerpéralesChapitre 4 sur 9 · IV. ngrri.AMMATio»r du vagin et du périnée · texte numérisé non relu

IV. ngrri.AMMATio»r du vagin et du périnée

(KOLÇITIS et PERINAEITIS PLERPERALIS).

5 49. Début et Marche.

Cette inflammaliou commence dans le vagin ou au périnée. Dans le premier cas , il s'établit une excrétion puriforme : la convalescence arrive; ou bien il se développe des ulcères qui pénètrent en profondeur, occasionnent de vives douleurs , exhalent une puanteur insupportable ; leur surface est d'un aspect brunâtre , leur fond lardacé 5 ils ont une grande tendance à s'étendre dans tous les sens et à devenir gangréneux. Dans le second cas , il se forme sur le périnée des excoriations sécrétant une matière purulente , qui se cicatrisent, ou prennent le caractère ulcéreux avec les mêmes symptômes et les mêmes suites que dans le vagin.

Dans le vagin, l'inflammation accompagnée de douleur et de fièvre commence le plus souvent dans les parties extérieures; unlnucus puriforme s'en écoule en plus ou moins grande quantité, et dans quelques jours tout est terminé. Mais souvent la partie enflammée se transforme en un ulcère dont la surface est recouverte d'une exsudation d'un aspect plombé et sale. Ces ulcères s'étendent très rapidement et deviennent gangréneux. Alors des ravages affreux ont lieu dans le vagin. Le doigt de l'explorateur se trouve dans un cloaque d'où s'exhale une puanteur éprouvantable. L'on ose à peine en toucher les parois, quisontréduitesen une bouillie putride. Le toucher démontre souvent une perforation de la vessie, de l'urètre, rarement de la cavité abdominale. L'inflammation, mais particulièrement les ulcères gangréneux s'étendent dans tous les sens, attaquent le tissu cellulaire des parties voisines, des muscles, des grandes lèvres, du périnée, de la région sacrée; la gangrène s'étend même quelquefois jusqu'au pubis et offre un aspect hideux. Les muscles fessiers sont quelquefois mis à nu dans une étendue de plusieurs pouces; la gangrène pénètre dans la profondeur du tissu cellulaire. Le contact de la sanie avec les veines de la matrice ou avec son péritoine amène souvent encore l'inflammation des ces parties.

Sans cause connue, il se développe souvent sur le périnée, entre le vagin et l'anus, ou autour de ce dernier, une lâche d'un rouge obscur, qui s'agrandit, devient douloureuse, suinte, s'excorie, et qui arrivée à ce point guérit bien rarement. Au coniraire la partie qui est mise à nu, qui suppure, se transforme bientôt en un ulcère lardacé, livide, qui passe à la gangrène, s'étend dans toutes les directions comme celui du vagin. Les malades succombent alors à une fièvre hectique aiguë.

§ 50. Ëliologie. Pronostic. Traitement.

Toutes ces inflammations se développent à la suite d'accoucliemens péniïjles , de lochies de mauvais caractère, ou sans cause connue. A certaines époques , elles sont plus promptes ou plus fréquentes. L'apparition de la gangrène est toujours d'un augure funeste. Xë cMôrure de chaux, l'acide pyro-ligneux, le quinquina sont les remèdes préférables en lotions , en injections. À l'intérieur, on donne lesacir des minéraux, le vin, de bons consommés.

Les inflammations dont nous parlons peuvent se développer seules ou être compliquées d'autres maladies puerpérales; le plus souvent c*esl l'inflammation de la muqueuse qui les accompagne. Elles peuvent être occasionnées par des contusions considérables, des opérations difficiles, des lochies acres, par l'action continuelle de l'urine sur la partie excoriée, par les déchirures du périnée, par les dyscrasieè ou la propagation de l'inflammation putride de la muqueuse. Il ne reste point d'espoir tant que la gangrène ne se borne pas. Des airésis partielles ou entières du vagin, de l'utérus , des fistules urinaires sont les suites de cette affection chez le petit nombre des malades qui y survivent. Le chlorure de chaux et l'acide pyro-ligneux détruisent le plus promplcment possible la puanteur, produisent aussi quelquefois une réaction, qui met des bornes aux progrès de la gangrène.

Page 1