‹ Traité sur les phrénopathiesChapitre 43 sur 58 · DÉLIRE ET RÊVASSERIE · texte numérisé non relu

DÉLIRE ET RÊVASSERIE

Sur plus des 4/5 des aliénés atteints d'incohérence dans les idées , on trouve des indices de délire : a travers les discours incohérens du malade , on distingue les motifs erronés qui le dominent. Quant au pronostic, cette variété n'ofifre aucune particularité cjui la dislingue du délire

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MÉLANCOLIE, MANIE, REVASSERIE.

Au milieu du desordre qui règne dans lexpresslon des ide'es, on découvre de Texaltation dans les actes et un état de tristesse plus ou moins prononcé : le malade laisse échapper, de temps en temps , des paroles qui se rapportent à un chagrin , a un malheur ; il soupire et est anxieux : mais ses discours sont vagues , iixcohérens , ordinairement inintelligibles pour quiconque ne le voit point habituellement : cet état est accompagné de vociférations, de plaintes, de cris, d une exaltation dans les mouvemens , d exigences , de menaces , de voies de fait.

Cette combinaison se présente ordinairement dans le haut période de la manie : jamais Tincohérence n^ constitue la lésion fondamentale. S'il y a une succession prompte dans les phénomènes morbides , si la maladie a son origine dans une forte secousse morale, si en même temps le sujet est vigoureux et jeune , cet état est ordinairement suivi d'un rétablissement assez prompt : mais lorsque la maladie procède lentement et ne se développe point immédiatement après l'action d'une cause morale , le pronostic en est presque toujours défavorable : la mélancolie disparaît à mesure que les phénomènes réactifs se développent ; ceux-ci, a leur tour j disparaissent : mais l'incohérence dans les idées persiste souvent jusqu'à la mort. Hormis ce symptôme, le malade jouit d'une santé parfaite et reste souvent apte a tout genre de travail.

Ce qui distingue cette v.r.été de la manie mélan-

colique , c'est une absence de re'mittcnce et de périodicité dans le type morbide.

MÉLANCOLIE , FOLIE , REVASSERIE.

Point d'agitation ni d emportement, mais bizarrerie dans les déterminations: égoïsme, abstinence , penchant à !a destruction , désirs homicides , associés à une expression de souffrance et a l'incohérence des idées.

Cette variété de vésanie a l'état chronique, est ordinairement continue; elle est, dans ce cas, d'un pronostic fâcheux : elle passe souvent à la démence ; la fièvre lente, un amaigrissement général , la diarrhée colliquative , conduisent insensiblement le malade vers son terme fatal.

MÉLANCOLIE , EXTASE , REVASSERIE.

Le malade est triste , abattu; sa figure porte Tcmpreintedela mélancolie ; il est assis ou levé et toujours Il une niême place ; tous ses mouvemens sont raides ; la parole est rare et le langage incohérent. — Affection incurable dans le plus grand nombre des cas , et suivant une marche continue.

MÉLANCOLIE , CONVULSIONS , REVASSERIE.

Variété d'aliénation mentale rare.

MÉLANCOLIE , DELIRE , REVASSERIE.

L'association de ces trois unités morbides se rencontre fréquemment ; elle s'observe particulièrement chez

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les femmes , les vieillards, les îiommes sensibles et délicats. C'est par la mélancolie qu'elle débute ; le délire y succède , et Tincoliérence ne s'y manifeste c|u a la longue. — Affection incurable dans le plus grand nombre des cas.

MANIE, FOLIE, REVASSERIE.

M. V. .. , vingt-huit ans. Elle nous arrive de la maison de détention.

On la trouve partout se querellant avec les autres aliénées : elle vocifère contre les gens du service , dit des injures à tout le monde.

Elle fut condamnée a la réclusion pour tentatives d'infanticide : à son entrée à Fliospice, elle est enceinte : délivrée, elle veut égorger son enfant. A des intervalles irréguliers , elle refuse de manger , parfois s'amuse a tirer ses habits en lambeaux.

Elle dit indistinctement les mots qui lui^ viennent les premiers à la bouche ; on remarque que ses expressions répondent aux impressions du moment : ainsi elle prononce les mots gilet , or , chapeau, etc. , lorsqu'elle a devant elle une personne dont les vétemens ou l'éclat d'un bijou fixent ses regards.

Cette affection offre parfois des rémittcnces légères : mais dans tous les cas, elle dénote une forte excitation cérébrale, et traînant en longueur, elle ne laisse que peu de chances de guérison.

La rêvasserie forme des combinaisons ternaires , en

s'associanl k la manie et à 1 extase; à la manie et aux

convulsions ; à la manie et au délire : ou c est aux fantaisies «t a lextase qu elle se joint ; aux fantaisies et aux convulsions; aux convulsions et au délire : ou bien c'est l'incohérence dans les idées qui se combine avec Textase et les convulsions ; avec le délire et lextase ou avec les convulsions et le délire.

Les modes divers que nous avons passés en revue jusqu'ici peuvent, avec l'incohérence des idées, former des composés de quatre, de cinq, de six et de sept unités morbides, Le nombre en est considérable.

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SECTION HUITIEME

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