‹ Traité technique d'histologie (volume 2)Chapitre 30 sur 81 · ÉTUDE HISTOLOGIQUE EXPÉRIMENTALE DU SANG · texte numérisé non relu

ÉTUDE HISTOLOGIQUE EXPÉRIMENTALE DU SANG

Pour se procurer la petite quautilé de sang nécessaii'e pour rexamen histologique, il suffit d'une piqûre faite à la peau.

Chez l'homme, cette piqûre se fait en général à l'extrémité du doigt qui a été préalablement serré par un lien, de manière à y accumuler le sang. L'aiguille que l'on emploie à cet usage ne doit pas encore^oir servi, ou, si elle a servi, elle doit être netlovée en la trempant dans l'alcool et essuyée en la passant à plusieurs reprises à travers son vêtement.

Chez le chien ou le lapin, le moyen le plus simple consiste à l'aire une piqûre à une veine de l'oreille, tandis que l'on en comprime la base pour y faire affluer le sang

Chez la grenSuille, la façon de se procurer du sang est un peu plus compliqïïeeTTôrsqu'on tient à l'avoir bien pur. Une incision fà la peau ou la section d'un des doigts de la patte fournirait un liquide contenant presque autant de lymphe que de sang. Pour avoir du sang pur, il faut employer le procédé suivant :

Après avoir immobilisé la grenouille en emmaillottant ses pattes

Manicn' (le se procurer

du saiip:

pour l'cxaineu

inieroscopifpin.

Manière de se pi-ocurer

(In sajig clieiî la grenouille.

traite le sang par la chaleur. Mais il n'est pas prouvé qu'il eu existe auparavant. Ce ((iii est certain, c'est que le sang est nécessairement alcalin. M. Bernard, dans les expériences qu'il a faites, a toujours vu périr les animaux avant que le sang fùl devenu acide.

' l'oiii- se procurer une quantité de sang plus considérable, il faut l'aire une saignée à l'animal. A cet effet, la veine jugulaire mise à nu est coupée, le bout inférieur lié, et dans le bout supérieur est introduite une canule nnuiic d'un tube de caoutchouc. Une fois que le sang est extrait en quantité voulue, le bout supérieur est fermé jiar une ligature. Pour obtenir la plus grande quantité possible du sang de l'animal, la canule doit être placée dans la carotide. A cet effet, après avoir soluJement lié l'animal (car il se produit toujours dés mouvements convulsifs dans la mort par hémorrhagie), on découvre la carotide, sur laquelle est jetée aussi haut que possible une ligature; au-dessous est placée une pince à pression continue. Dans la partre de Tartére ainsi fermée est faite une incision en encoche; cette incision, agrandie longitudinalement, permet l'inlroducliou dans le Tûniï central de l'artère d'une canule qu'il faut lier sur le vaisseau, et à laquelle est adapté un tube de caoutciionc un peu long qui pjonge dans un vase. La pince à pression est alors enlevée et le sang coiile dans le vase. Le tube de caoutchouc doit Ôtre pris assez long pour que les mouveireiits de ranimai ne gênent pas l'opération.

Lorsqu'il s'agit de recueillir le sérum, il suOll .d'abamlo.uuu' le sang à luimême ; pour l'étude des globules, il faut au coulrairo le délibriner auparavant parle battage.

abdominales élcnduos avec un fil enroulé en spirale, cl en allaclianl derrière le dos ses pattes llioraciqiies, on fait avec des ciseaux une incision à la peau au niveaiL du sternum. Les ciseaux inti'odnits par celte ouverture sont passés de bas en liant sous le sternum, (pie l'on excise; le cœur enveloppé du péricarde apparaît alors dans le fond de la plaie. Après avoir incisé le péricarde,, le cœur s'échappe de la cavité viscérale et vient faire saillie au dehors. On en coupe la pointe d'un coup de ciseaux au-dessus d'un verre de montre, et le sang vient y tomber goutte à goutte sans aucun mélange de lymphe. S'il s'agit de faire iW&éric d'observations ou de préparations avec le sang de grenouille, (l est bon de le défrbriner par le battage, et de placer le verre de montre cpii contient le sang sous une petite cloche, à l'abri de l'évaporation et des poussières.

Quel fpic soit l'animal dont on examine le sang', il importe que ce liquide soit exposé à l'évaporation le moins longtemps possible, surtout loi'scpi'il s'agit d'un animal à sang chaud et qu'on extrait le sang par une simi)le piqûre. Aussi est-il indispensable, avant de faire la piqûre, d'avoir préparé d'avance une lame de verre ou mieux une lame de glace, et une lamelle bien nettoyée. La lame est approchée de la goutte de sang; elle se mouille, et l'on appUque immédiatement la lamelle par-dessus.

il est nécessaire que la lame et la lamelle soient bien planes, pour que le sang se répande entre elles deux en une couche qui ait partout la môme épaisseur. Cette épaisseur varie du reste suivant la quantité de sang qui est déposée sur la lame ; pour l'étude des éléments figurés, il vaut mieux c|ue le sang ne remplisse pas tout l'espace compris entre la lame et la lamelle ; il s'étale mieux et plus uniformément, et formeune couche plus mince. Si la quantité de sang est trop considérable, il y a, dans la plupart des points de la préparation, plusieurs couches de globules superposées, et l'observation est rendue plus difficile. Une fois la goutte de sang étalée, la préparation est bordée à la paraffine, pour la préserver de l'évaporation.

Si nous plaçons sous le microscope une préparation de sang d'homme faite comme nous venons de le décrire, nous verrons, en la regardant avec un grossissement de 500 à 000 diamètres, qu'elle est remplie d'éléments figurés si nombreux, que l('^ espaces intermédiaires sont eux-mêmes microscopiques. Ces espaces, plus ou moins grands suivant la disposition que pren-

lient les élémcntfi, paraissent incolores. Parmi les éléments figurés, les uns, les plus nombreux dans le sang normal, sont colorés en jaune pale, ce sont les globules rouges ; les autres, incolores, dilïèrent beaucoup plus entre eux, soit par leurs dimensions, soit par leur aspect: il y en a qui ressemblent aux cellules lymphatiques étudiées précédemment {globules blancs) ; d'autres, beaucoup plus petits, de différentes espèces et de formes variées, sont des granulations sphériques ou de petits fragments anguleux: nous les étudierons sous le nom de granulations libres.

Une • préparation de sang de grenouille présente des cellules lymphatiques et des granulations libres semblables à celles du sang de l'homme. Mais, tandis que, dans le sang de l'homme et des mammifères en général ', les globules rouges sont discoïdes et ne présentent pas de noyaux, ceux de la grenouille, également colorés en jaune, sont plus grands, de forme elliptique et contiennent un noyau dans leur intérieur. Nous serons donc obligé de faire à part l'étude de chacune de ces deux sortes de globules. Pour les éléments incolores du sang, nous pourrons réunir leur description en indiquant à mesure les différences qu'ils présentent suivant qu'on les étudie sur les mammifères ou sur les amphibies.

Ces préparations, examinées avec attention ({uniques heures après avoir été faites, présentent, outre les éléments dont nous venons de parler, des filaments réfringents tendus en divers sens, et qui ne sont autre chose que de la fibrine. Nous reviendrons en détail sur leur formation et leur disposition après que nous aurons étudié les globules rouges, les globules blancs et les granulations Ubres.

Globules rouges. — Lcs globulcs rougcs sont Ics éléments les plus importants du sang; leur importance est due à l'hémoglobine qu'ils transportent, et dont le rôle est essentiel pour l'échange des gaz dans tout l'organisme. Nous les étudierons au double point de vue de leur forme et de leur constitution, et nous commencerons par les globules discoïdes des mammifères.

Globules discoïdes. — Si nous examinons les globules rouges sur une préparation de sang d'homme, faite comme nous l'avons dit, et en ayant le soin de mettre sur la lame de verre une

Sang de u:venouille

Forme des globules.

' Les globules rouges sont discoïdes chez les mammifères, excepté chez le chameau et le lama; ils ont la forme d'un ovoïde aplati chez les oiseaux, chez les, amphibies et chez la plupart des poissons.

— ('.lobules rouges el blancs du sang lie l'homme (grossissement de lOOOdiam.). — n, globule rouge vu de lace ; h, vu de profil; c, en pile;'/, vu de trois quarts;

/', r^pineux ; 7, splicriipie; ?/(, crénelé. — L, grosse cellulo lymphatique du sang; /, petite cellule lymphatique; p, cellule lymplialiipie gramdeuse; granulalions libres.

ISi THAII'K IKClIMyUl!; l)'lllSTUL(J(jlIi.

lorl petite (|iiiiiilité de sang, de couvi'ii' immédiatement avec une lamelle bien plane et de border à la paraffine, nous verrons ces globules rouges sf présenter sous différentes formes. Les uns sont franchement circulaires ; d'autres paraissent plus ou moins

ovales ; d'autres enfin A/-) r-^-- '"^^^ sont plus colorés, minces

^ / et allongés, et présentent

deux renflements arrondis à leurs extrémités; ils ont une forme de' bissac.

On peut faire mouvoir facilement les globules dans le champ du micro- 'scope, en appuyant légèrement sur un point de la lamelle qui les recouvre, ou simplement en approchant la main d'un des cotés de la lamelle, car la chaleur de oelle-ci suffit pour déterminer des couranis dans la préi)ara(ion. On s'aperçoit, dans ce cas, en suivant de l'œil un même globule dans ses mouvements, qu'il prend successivement les formes que nous venons d'indiquer; circulaire et pâle d'abord, il devient de plus en plus ovale, et finit par présenter la forme en bissac, à mesui^e qu'il change de position par rapport à l'œil de l'observateur. Il est très-facile de déduire, de la comparaison de ces trois aspects, la forme réelle de ce globule : c'est un disque

renflé sur ses bords. Lorsque le globule est vu de face, le i-enflement des boi'ds se reconnaît à des diflërences de réfringence. Après que l'on a bien mis au point, lorsque l'on éloigne l'objectif, le bord du globule devient brillant et son centre obscur {a, lig. 45) ; lorsque l'on rapproche l'objectif, le centre devient brillant et le bord obscur (/>, fig. 45). Du reste, ce ren^ llement est démontré nettement par la forme en bissac que présente le globule vu d(i champ. On conçoit qu'entre ces deux ioi mes extrêmes, le globule discoïde peut, suivant sa position, présenter une série d'images elliptiques diverses.

FiG. i5. — Le môme globule du sang de l'honmie, vu eu éloignant l'objectif («), et en le rapprochant [li). — Grossissem. 1000 diani.

SAM'i.

Eu contiiuKinl d'obsei ver cette prépiuMlioii, un i cinarque que An-angemeni

I > I • en piles.

les iilobulcs llotlant dans leur plasma se rleplacent, paraissent s'allirci- les uns les autres, et viennent s'accoler par leurs laces, (le manière à .former des séries analogues aux piles de monnaie (fig. ii, c). Ces piles sont réunies entre elles sous les angles les plus variés, et, au bout de peu de temps, le plus grand nombi e lies globules de la préparation se trouve disposé de celte l'acon.

La cause de cette disposition que prennent les globules est encore discutée ; ce qui est certain, c'est que cet accolemenf n'est pas dû à la fibrine, car les piles de globules se forment également dans imc préparation faite avec du sang défibriné préalablement. Cet arrangement lient probablement, comme le dit AYelcker, à une attraction pbysique que subissent tous les corps plats mobiles dans un liquide; ils tendent toujours à se mettre en rapport par leur plus grande surface. En effet, les globules arrangés en piles ne sont pas agglutinés; on peut facilement, par une pression exercée sur la lamelle, les séparer les uns des autres; on les voit ensuite.se réunir pour former de nouvelles séries.

Outr eces globulesrouges discoïdes, qui ont* un diamètre de «it-i^ui^s 7 à 8 p, il se présente dans la préparation des globules plus petits, de 5 p de diamètre( lig. M). Ces globules sontsphériques; en roulant darls la préparation, ils ne changent ni de forme ni de coloration ; plus foncés que les globules discoïdes ' vus à plat, ils sont plus clairs que ces mêmes globules vus de champ, ce qui s'explique simplement par des différences d'épaisseur.

Après avoir constaté la forme que présentent les globules discoïdes normaux sur une préparation fraîche, il nous reste à étudier les diverses altérations qu'ils subissent, soit naturellement dans une préparation, soit par l'action de l'air ou sous l'influence du contact de divers liquides, soit enlin par la dessiccation, par Faction de la chaleur, de l'électricité et du froid.

Nous n'exposerons pas les actions de tous les réactifs que les diderents ob.servaleurs ont déjà expérimentés; ce que nous vou- \m, dans ce traité spécialement technique, c'est indiquer la ma- Ai.é,..uio„s mère de s'y prendre, en ci'laiil sidïisamment d'exemples. ao^'^^iZlL.

Une préparation de sang d'homme, fermée à laparafdne et abandon née à elle-même à la température ordinaire ( -f- :1 '1 ' à 1 5" C.) pendant vingt-quatre heures, présente, au bout de ce temps, un certain

l.'^fi TRAITÉ TECriNTOUE D'ITISTOLOGIE.

nombre de globules rouges crénelés sur les bords (m, lig. 44). Les globules sphériques sont devenus beaucoup plus nombreux qu'à l'état frais; quelques-uns (e, /, fig. 44) montrent sur leur surlace des épines qui sonl bien différentes des crénelures des globules restés discoïdes. Quelques globules sont en forme de calottes; enfin quelques-uns, vus de profd, ont une forme en bissac exagérée : ils se présentent comme des haltères, c'est-à-dire comme deux boules réunies ensemble par une tige.

Quelques-unes de ces transforma lions se produisent plus rapi- • dément dans d'autres conditions : ainsi, il suffit de laisser la goutte de sang une demi-minute à l'air avant de la recouvrir de la lamelle, pour que les globules crénelés et épineux soient très-nombreux. D'autre part, la transformation des globules discoïdes en sphériques s'opère sur presque tous au bout de vingt-quatre heures, si, au lieu d'être faite avec du sang pur, la préparation est faite avec un mélange de sang et de plasma sanguin (ce dernier provenant du môme sang après coagulation) '.

L'eau a une action énergique sur les globules rouges. Si l'on met sur le bord de la lamelle avec laquelle on vient de recouvrir une goutte de sang une ou deux gouttes d'eau, elle pénètre par cajjillarilé ; les globules discoïdes fuient d'abord avec rapidité sous I'omI de l'observateur et prennent en roulant les aspects variés que nous avons décrits plus haut; ils s'allongent, s'éliront, se courbent, s'amincissent, suivant les variations du courant. Les globules blancs, au contraire, restent immobiles quand le courant liquide n'est pas trop fort. Une fois l'équilibre rétabli et les globules à peu près en repos, on aperçoit un fond coloré en jaune sur lequel se détachent des globules sphériques décolorés, à peine visibles ; le ton jaune du liquide est d'autant plus foncé que la préparation est plus épaisse. L'eau a donc dissous la

1 Boettclier (Nachtniglichc Mittheilung iiber dieEntfarbung ro hcr Blutkôrperchen und liber den Nachweis von Kernen in denselben,^?'c/i. de Virchow, t. XXXIX, p. 1x21), en mettant des globules rouges du chat dans de Thumeur aqueuse du même animal en quantité assez abondante pour qu'il y eût seulement 40 globules environ dans le champ du microscope, a vu ces globules devenir sphériques au bout de vingtquatre heures, puis présenter des granulations ; et enfin il affirme en avoir vu sortir im noyau.

Nous avons répété ces expériences avec de l'humeur aqueuse cl avec du sérum, non pas, il est vrai, avec des globules de chat, mais avec des globules de lapin. Ces globules sont devenus sidiériqucs, mais jamais ils ne nous ont présenté de noyaux.

malièro rolorantc des globiilf^s (>l leur a fail prendre la forme sphcriqiie.

Un grand nombre de solutions salines éLenducs agissent à la laron de l'eau.

L'iode, employé en solution dans les proportions que nous avons indiquées (page 104) et ajouté à une goutte de sang déjà recouvert de la lamelle, fixe les globules dans leur fome en les colorant en jaune orangé.

L'alcool a sur les globules une action très-variée, suivant la manière dont on l'emploie. Un mélange d'alcool k 36° et d'eau, dans la proportion de i cà 2.(voy. p. 77), mis au bord d'une lamelle qui recouvre une goutte de sang, modifie d'abord les globules de la même façon que l'eau; mais,, tandis que par l'action de l'eau pure les globules deviennent des vésicules tout à fait transparentes et finissent par' disparaître complètement, par l'action de l'alcool étendu ils se transforment en vésicules à double contour très-net.

L'alcool à 36% ajouté à du sang déjà recouvert de la lamelle de verre, fixe d'abord les globules rouges dans une forme peu différente de leur forme ordinaire. Les globules qui étaient déjà disposés en piles demeurent dans cet état; ceux qui sont isolés deviennent pour la plupart crénelés ou présentent des .piquants à leur surface ; sur d'autres points de la préparation, il s'en présente de sphériques avec le double contour que nous venons d'indiquer. Ces différences d'action sur les divers globules s'expliquent, facilement et tiennent à la manière dont se répand le réactif dans la préparation. Au bord de la lamelle où l'on dépose la goutte d'alcool, c'est l'action de l'alcool pur que l'on obsei-ve; un peu plus loin vers le centre de la préparation, l'alcool n'arrive plus aux globules que mélangé avec une certaine quantité de sérum et affaibli par conséquent; plus loin encore, il produit naturellement les mômes effets que l'alcool étendu d'eau.

C'est pour la môme raison que l'alcool absolu employé en très-petite quantité a une action analogue à celle de l'alcool étendu d'eau, parce qu'il se dilue dans le séiiim. Mais quand, sur une goutte de sang déposée sur une lame de verre, on verse de l'alcool absolu, les globules sont fixés dans leur forme et possèdent encore la réfi-ingcnce et la coloi-ation spéciale qui appartiennent à riiémoglobine.

18H rffAITK TRflMNïOrR n'IllSTOLOGIR;.

Éther. L'éthei-, môme en très-petile qii.inlilé, rend tous les globules .spliériques et incolores, tandis que le liquide intermédiaire est coloré.

Uice. L'urée, qui a été expérimentée i)ar lû'iUiker ', à la dose de 25 à 80 pour 100 sur le sang déllbriné, ramène aussi les globules à la forme sphérique, mais ne les décolore pas. Sur leurs bords • ou sur leur surface, il se produit de petites gouttes de matière semblable à celle qui les constitue, et reliées entre elles et avec le corps du globule par de minces lilaments.

Toutes ces expériences, dans lesquelles nous avons vu la matière colorante >se répandre dans le liquide ambiant , tandis qu'il reste nne trace figurée du globule, démontrent que, comme l'admet rioUett, le globule est constitué par un stroma albuminoïde et par une substance colorante. Du reste, nous verrons cette distinction entre le stroma cl l'iiémoglobine èonfirmée parles faits dont il nous reste à parler.

r>ii''. I/action de la bile sur les globules sanguins a été expérimentée

pai' Kiibne'-. Elle est extrêmement cui'ieuse : les globules pillissent d'abord, puis tout à coup ils disparaissent sans laisser aucune trace.

Dcssiccaiion. La dcssiccation produit sur les globules rouges des effets différents, suivant qu'elle eSl lente ou rapide. Lorsqu'elle est lente, (;omme par exemple lorsqu'une goutte de sang est exposée à l'air sur la lame pendant quelques minutes avant d'être recouverte de la lamelle, beaucoup de globules présentent l'aspect mûriforme ; lorsque la dessiccation est complète, ils sont soudés les uns aux autres, et leur ensemble constitue une masse jaunâtre fendillée, dans laquelle on ne reconnaît plus que vaguement quelques traces de leur forme. Si, au contraire, la dessiccation se fait brusquement, la forme des globules est parfaitement conservée, comme Welcker'' l'a fort bien indiqué.

Voici comment il iiuit procéder pour s'en assurer. Une lame de verre est chauffée à la flamme d'un bec de gaz ou d'une lampe à alcool jusqu'à environ 60° ou 70°. C'est une température qui peut facilement s'apprécier «à la main. Une goutte de sang y est déposée et étendue immédiatement en lame mince avec une aiguille tenue

' Kolliker, Zeitscliril'l fiir wisseiiscliartliche Zoologie, l. VII, p. IS/i el 253. 2 Kïthne, ibid., l. IX, p. 2G1.

•' Welcknr, Zeitschrift Ciir ration. Med., l. XX, p. 261.

honzontalemcnt ci que l'on lait glisser suc la lauic de vcii'e. La dessiccation est immédiate. La préparation, recouverte d'une lamelle et portée sous le mÏGroscope, présente des globules ayant la forme de disques réguliers ou légèrement sinueux et présentant la dépression centrale caractéristique; leur diamètre est si bien conservé, que Welcker a pu s'en servir sans crainte d'erreur pour des mensurations.

La chaleur modifie les globules de diverses façons. L'étude ci.aiour. méthodique de son action est due à M. Schultze '. Pour étudier Piocédc; cette action, nous nous servons d'un procédé facile, différent de ce- ban-e d'éuin lui de M: Schultze, mais qui conduit au même résultat. Un barreau d'élain chauffé cà une extrémité jusqu'à ce qu'il commence à fondre (^oO C.) est appliqué par cette extrémité, pendant quelques secondes, à la partie inférieui'e d'une lame de verre sur laquelle le sang a été déposé et monté en préparation. Il se produit dans le sang, au-dessus du point touché, un petit cercle transparent et incolore.

En examinant alors au microscope, on constate que le centre de ce cercle est formé par de l'albumine coagulée et des débris de globules ; on ne peut y distinguer rien de net.

Un peu plus vers la périphérie du cercle, se trouvent des globules sanguins devenus incolores et sphériques ; plus loin encore du point touché, les globules sont colorés, sphériques et donnent naissance à de petites boules réunies entre elles, par des lilamcnts ; les boules et les filaments sont formés par une matière de la même nature que celle du globule.

A côté des globules qui ont la forme sphérique, il s'en renconti'e qui paraissent avoir un trou central. Dujardin-, qui en avait observé d'analot^ues à l'aide d'autres méthodes, les considérait comme réellement perforés et les a figurés comme tels dans son atlas. En réalité, ce sont des globules en forme de' calotte vus

c:. O c (l c f cf A

FiG. — Globules rouges du, sang de l'homme contenus dans une préparation qui a été chaulTée avec la barre d'élain. — «, 6, dcvenussphériques etpréscntani; une ouverture ; c, d, avec des boules ; c. et en forme de calolte et vus de profd; / et /t, en forme d'haltères.

' S'cAu//-*', Archiv liir micrDsk. Analuinic, I. I, p. |.

'- /;«/«/v//«^ robscrvate\ir au niicioscope. iManiicl iidicl. Allas, pl

m, liiv. ô,

190 THAITÉ TECHNIQUE D'1IIST(JL0GIE.

do face ; la dépression centrale normale a été exagérée et le globule a pris la forme d'une cupule, de sorte que le centre clair paraît pei'foré; en faisant rouler les globules dans la préparation, il est facile de se convaincre que de profil ils ont l'aspect en cupule que nous avons décrit plus liaut (fig. 46, .^/). D'autres globules, au lieu d'une seule ouverture, présentent à leur centre deux, trois ou quatre pertuis, ou bien une ouverture déchirée irrégulière. On reconnaît, par les différents aspects que présentent ces globules quand on les fait changer de position, que cette apparence appartient à des globules en forme de calotte, dont les bords sont revenus sur eux-mêmes et se sont soudés par places. Enfin certains globules vus de profil présentent la forme d'haltères, c'est-à-dire de deux boules réunies par une tige.

En dehors de cette zone, les globules sont normaux, imii'i'i'i ^^^^ ^^^^ notions acquises par uneprcmière cxpéi'ience simple et facile, il convient de faire l'étude méthodique de l'action lente et progressive de la chaleur. Cette étude, dont M, Schultze a donné l'exemple, se fait à l'aide de la platine chauffante (voy. p. 41). Une pi'éparalion de sang bordée avec de la paraffine est introduite dans la platine, et sa température élevée graduellement. Vers 50" ou 57" (M. Schultze indique 54"), les globules perdent laforiue discoïde et deviennent spliériques; les piles qu'ils formaient se désagrègent, et ils se trouvent disposés les uns à côté des autres comme de petites billes. C'est à cette" môme température (57") que nous avons vu se produire ces petites boules dont nous avons déjà parlé, et qui sont reliées par des filaments au corps du globule ' ; la substance de ce dernier semble se fohdre et avoir la consistance de l'huile. Si la température continue à s'élever et arrive à atteindre 70", les globules et les gouttes de

• Ces petilcs boules cjui se l'orment sous riiillueucc de la clialeur sout-clles des parties du globule, ou soiil-clles l'ormées simplement par riiémoglobine, sans que le stronia du globule y participe? La fornle sphérique de ces boules ne prouve point que le slroma n'ait jias une part à leur formation. En effet, si dans une préparation ordinaire de sang, on casse des globules en agitant la lamelle, leurs fragments prennent une forme spliérique. D'autre part, les cristaux de l'iiémoglobine du cliicn et du coclion d'Inde, chauffés à .'jC, perdent bien leur l'orme régulière en se fondant peu à pru, mais ils ne donnent pas naissance à des boules. Il résulte de ces expériences (jne riiémoglobine à elle seule ne peut pas produire des boules sous l'iiilUience de la chaleur, et que les boules que l'on obtient par l'inllncncc de cel agent sur les globules rouges du sang sont l'ormées non-seulement aux dépens de l'Iiemogiobine, mais encore aux dépens du stroma.

TV

silobules se décolorent et se transforment en petites sphères ti-unsparehtes d'un volume très-inégal.

Le IVoid a pour elict, comme Kollett ' l'a montré', d'amener la dissolution de l'iiémoglobinc ; son action est analogue à celle de l'eau. Si l'on fait geler une préparation de sang bordée à la paraffine en la mettant pendant quelques minutes dans une glacière artificielle, et qu'on la laisse ensuite dégeler, le liquide de la préparation se trouve coloré en jailne, tandis que la plupart des globules sont spliériques et décolorés. Si l'on fait geler et dégeler plusieurs fois de suite la même préparation, tous les globules finissent par être sphériques et décolorés.

Lorsqu'on fait passer à travers une mince couche de sang disposée sur le porte-objet spécial (page 45) une série d'étincelles d'une bouteille de Leyde, ou un courant d'induction , l'hémoglobine se dissout dans le plasma et les globules' deviennent incolores

Globules elliptiques. — Lorsqu'il s'agit simplement d'étudier les globules rouges du sang de la grenouille, il n'est pas nécessaire d'avoir du sang absolument pur et dépourvu de lymphe; il n'est pas indispensable par conséquent de le prendre, connue nous avons dit (p. 481), fin faisant la section du cœur. On s'en procure plus simplement en coupant l'extrémité d'un des doigts de la patte de la grenouille, et en comprimant cette patte, de manière à faire suinter à l'extrémité du doigt coupé une goutt(! do liquide ; cette goutte, recueillie iiniuédialemenl sur la himo et montée en

Fic. !i7

Sang de grenouille.

rouge vu de l";ice

a, globule V, vacuole; h, vu de \>vofil; c, vu de Irois quarts ; n, cellule lymphatique en repos ; ?«, cellule lymphaliiiue présentant des prolongements amiboïdes; k, cellule lymphatique morte; cellule fusiforme incolore qui provient très-probablement de l'endothclium vasculaire.

l'^roiil.

Elcclricitc.

' llol/clt, Strickcr's llandbucli, p. 28/), Holklt, ihid., \\. 281.

' 1!)2 TRAlTIi TblCHMQUE D'IIISTOLOGIK.

préparation, n'est pas du sang pui- ; elle est toujoui\s plus ou moins mélangée de lymplie, mais elle peut parfaitement sei-viiàl'étude des globules.

De quelque manière que le sang ait été recueilli, les globules sur la préparation se montrent pour la plupart avec une forme elliptique. Ils sont colorés en jaune pâle, et présentent à leur milieu une zone ovalaire légèrement granuleuse, plus claire que le reste, et dont la teinte s'obscurcit peu à peu sur les bords, de façon que lalimite de cette zone n'apparaît pas nettement (lig. 47). Tous les globules n'ont pas cet aspect; il yen a un certain nombre qui ont une teinte jaune beaucoup plus foncée, sont plus étroits et fusiformes, comme des bâtonnets pointus à leurs extrémités. Loi'sque les globules nagent dans la préparation, ou lorsqu'on les y fait mouvoir, soit en pesant un pieu sur la lamelle, soit en approcliant siuq)lement la main, il est lacile, en suivant des yeux un globule qui se meut, de se convaincre qu'il paraît tantôt fusilbrme, tantôt elliptique, et l'on conclut de l'ensemble de ces deux aspects que sa forme réelle est celle d'un ovoïde aplati '. Ces globules nagent dans le liquide pendant assez longtemps sans se juottre ou piles à la façon des globules discoïdes. Plus tard ils présentent, quand le sang n'a pas été délibriné, un groupement S})écial, sur le([uel nous reviendrons à propos de la formation de la fibrine. Parmi les globules rouges de la grenouille, étudiés sur une préparation fraîche, il s'en présente presque toujours quelques-uns qui , au milieu de leur masse, possèdent des vacuoles spliériques, claires (voy. fig. 47, t'). Ces vacuoles sont remplies d'une substance dont l'indice de réfraction est inférieur à celui du globule, ce que l'on reconnaît à ce qu'elles deviennent obscures quand on éloigne l'objectif. Une prépai-alion de sang bien fermée, abandonnée à elle-même pendant vingt-quatre heures, montre un bien plus grand nombre de globules rouges munis de vacuoles, et dans chacun de ceux-ci ces vacuoles sont plus grandes et plus nombreuses.

Si, à une goutte de sang de grenouille mise sur une lame de

' Outre ces globules elliptiques, il se présente aussi des (lellulcs fusiformes avec- (les proloiii^euienls très-nols et très-eflilés ; il y eu a aussi qui oui une cxtréinili' mousse et l'autre pointue. Ces cellules sont incolores cl granuleuses. D'ajurs llcckliuglianseu, elles rcprésculoraieiit des lormes de transition entre les globules blancs et les globules rouges. Il y a tout li(;u lie croire que ce sont là des cellule.'^ cudothétiales de la paroi vasculaire qui sont tombées dans le torrent circulatoire.

verre on ajoute une goutte d'eau, et qu'après l'avoir re(;ouverte avec une lamelle, on la soumette à l'observation microscopique, on remarque que les globules se déforment : ils se gonflent et leur bord grossit ; ensuite ils pâlissent peu à peu, tandis que le liquide qui les entoure se colore ; et enfin, au bout de quelques minutes, ils apparaissent dans un liquide coloré comme des cellules arrondies, incolores, contenant un noyau réfringent homogène, à bords très-nets.

Lorsque l'on met une goutte d'eau sur le bord de la lamelle et pus

^ ° des globules.

que celle-ci pénètre peu à peu dans la masse du sang, quelques globules présentent une forme particulière qui peut se rencontrer du reste dans d'autres conditions et que nous avons représentée fig. 48. Entre le noyau et la périphérie du globule ''étendent des stries rayonnées considérées par certains auteurs, Kneuttingcr' entre autres, comme des filaments

qui relieraient le noyau à la raem-

branc du globule. Ces filaments, ap-

pelés par ces auteurs prolongements fig. as. — Un globule rouge protoplasmiques , détermineraient la grenouille vu au com-

1 1 ' ^ mencenicnt de 1 iicliou de

forme spéciale des globules. En rêa- l'eau. ■ — a, en éloignant Uté, ce que Kneuttinger et d'autres l'objeciif; b, en le rappio-

' ° chant.

auteurs ont pris pour des prolongements n'est autre chose que des phs de la surface du globule. La matière qui le constitue, s'affaissant ou se ramollissant sous l'influence du réactif, tandis que le noyau reste avec sa forme et fait saillie, se dispose en phs comme le ferait un voile souple recouvrant un corps convexe. Ce qui prouve que ces stries sont en eiîet des plis, c'est qu'elles sont obscures quand on éloigne l'objectif, brillantes quand on le rapproche ; elles se comportent par conséquent comme des corps convexes réfringents (voy. p. 20), tandis que les espaces intermédiaires entre ces stries alteinent d'éclat en sens inverse et se comportent comme des corps concaves. L'ensemble de ces aspects indique donc qu'il s'agit là d'une surface ondulée.

Une goutte de sang mélangée à une goutte d'alcool à 36 degrés Action

do l'alcool.

1 Kueutli„;j,:r, Zm- Histologie des Blutes, Wuilzburg, 186.^3, p. 21. Cet auteur indique connue le meilleur procédé, pour voir ces figures, d'ajouter à du sang frais non délibriné quatre fois son volume d'eau. Ces formes se trouvent aussi quelquefois dans des préparations auxquelles on n'a ajouté aucun liquide. Ranvier, Histol.

clcncUi de ^2 volumes d'eau, et étudiée le plus rapidcineiit possible, montre d'abovd les globules colorés. Bientôt ceux-ci se gonllent, leurs bords deviennent fortement convexes, tandis qu'au centre la masse reste adhérente au noyau. A cet état, le globule rouge de la grenouille ressemble au globule discoïde des mammiléres, en ce sens qu'il présente une dépression centrale, mais il en diffère par son contour elliptique et le noyau qu'il possède. Au bout d'une demi-minute environ, l'alcool poursuivant son action, l'hémoglobine se dissout dans le plasma et les globules sont devenus incolores. Ils sont alors limités par un double contour très-net. Autour du noyau se montrent des granulations incoloi'es, très-variables de nomlne, de l'orme et de dimension. Le noyau paraît homogène, si la dose d'alcool n'a pas été trop forte, ou si son action n'a pas été trop prolongée, autrement il devient granuleux. Pour bien distinguer le fait sur lequel l'attention doit être portée, il est indispensable que le noyau soit homogène, alors que l'hémoglobine s'est dissoute dans le plasma. Ce noyau homogène est plus ou moins gonflé par l'action du réactif, et dans son intéi'ieur se montre, soit au centre, soit un peu plus rappi'oché de sou bord, un nucléole sphérique très-petit et plus réfringent que le milieu dans lequel il est plongé, car il devient brillant lorsque l'on éloigne l'objectif. Quelquefois, mais rarement, il y a deux nucléoles. Le sang de l'axolotl, soumis à la môme réaction, laisse voir, dans l'intérieur des noyaux des globules rouges, des nucléoles un peu plus volumineux.

Si, après l'action de l'alcool dilué, on colore avec le sulfate de rosaniline, le noyau et les granulations qui l'entourent prennent une couleur rouge vif; la membrane périphérique, limitée par un double contour, est également colorée en rouge, tandis que le reste de la substance globulaire est à peine coloré.

De l'application de l'alcool à l'étude des globules rouges du sang des batraciens, il résulte deux faits importants : A la surface du globule se trouve une couche régulière et nettement limitée, qui résiste à l'action du réactif et se colore par le rouge d'aniline. Cette couche peut être considérée comme une sorte de membrane cellulaire. En second lieu, les noyaux des. globules rouges, pi'ésenlaut des nucléoles, sont de vérilables noyaux de ceUulcs. Le globule dans son ensemble doit donc être coiisidéi'é connue un élément cellulaire.

L'acide picriqiic cl le picrocarminale employés de la laçon ■^|,'i|.',','"cai' suivante peuvenl donner des préparations persistantes de gio- '"'"'''c. bules rouges. Sur une goutte de sang mise sur la lame de verre, on laisse touiber deux ou trois gouttes d'une solution d'acide picrique concentré; sous l'inlïuence de ce réactif, le sang est lixé dans sa position par la coagulation de l'albumine ; la lame est alors inclinée pour l'aire écouler l'acide picrique, et sur le sang coagulé est déposée une goutte de' picrocarminate. La préparation est recouverte d'une lamelle au bord d(; laquelle on place une goutte de glycérine, puis elle est abandonnée à plat. A mesure que i'eau s'évapore, la glycérine pénètre. Au bout de vingt-quatre lieures, les noyaux sont tous colorés en rouge ; la plupart sont homogènes, quelques-uns sont granuleux ; leur bord est net ; le corps des globules, qui a conservé sa forme, est rempli de granulations et coloré en jaune pale.

Ces ])réparations sont persistantes ; il sulïit de les border à la parafline pour pouvoir les conserver indéliniment.

La solution iodée colore les globules rouges en jaune, tout en Il.-Iu. conservant parfaitement leur forme. Le noyau apparaît avec un bord très-net et un contenu granuleux.

La bile produit sur les globules elliptiques un effet analogue buj. à celui que nous avons étudié sur .les globules discoïdes. Sur le bord d'une lamelle qui recouvre une préparation de sang de grenouille, laissons tomber quelques gouttes de bile de chien. Les globules palissent et prennent la forme sphérique, en même temps que le noyau devient très-net; puis, subitement, le globule disparaît sans laisser de traces et le noyau granuleux et réfringent flotte librement dans le liquide.

La dessiccation brusque, produite comme nous l'avons décrit Dessiccaliuii. pour les globules discoïdes, en étendant sur une lame de verre ciiauflëc àOO' ou 70' une goutte de sang suspendue aune aiguille, conserve intacte la foi'me des globules. Le noyau appai'aît trèsnettement en clair sur le fond jaune. Par la dessiccation lente, les globules se plissent; il se produit à leur surface des dépressions, obscures quand on éloigne l'objectif, brillantes quand on le raj)proclie. Lorsque la dessiccation est complète, les globules sont assez .souvent fendillés suivani la direction des rayons qui vont du noyau a la périphéi'ie.

iNous n'insisterons pas sur les eflcts de la chaleur sur les glo- •■.i-i...n'. bules ellipticjues; ils sont en tous points analogues à ceux que liiucuiciia.

Ci"isliiiix li'li'' riio^'lolpiiic.

nous avons décrits pour les globules discoïdes et peuvent être étudiés à l'aide des mêmes méthodes. Il en est de même pour l'action de la congélation et pour celle des étincelles électriques.

Hémoglobine. — Après avoir étudié la l'orme des globules rouges et les altérations diverses qu'elle peut subir, il nous reste à dire quelques mots de leui' matière colorante, l'hémogiobine. Nous avons vu, en observant l'action des différents réactifs sur

les globules rouges, qu'un certain nombre d'entre eux les décolorent, et que le liquide dans lequel ils n-agent prend une coloration jaune, et nous avons ajouté que cela tient à ce que leur matière colorante se dissout dans le liquide.

Lorsque l'on lait agir les

mêmes réactifs , c'est-à-

dire l'eau, l'alcool, l'éther, le chloroforme, les décharges électriques, le froid, etc., sur de plus grandes quantités de sang défibriné , celui-ci arrive à prendre la transparence d'un sirop.

Pour se procurer de l'hémoglobine, il suffit de mettre au fond d'un flacon du sang défibriné y du sang de chien par exemple ; d'y ajouter goutte h. goutte de l'éther et d'agiter jusqu'à ce que le liquide soit devenu transparent. L'hémoglobine est alors dissoute dans le sérum. Si l'on abandonne à lui-même ce liquide pendant quelques heures, il se prend en masse, et l'on peut retourner le llacon sans que cette masse se dérange. Sialoi-s, avec la pointe d'un scalpel, on prend un peu de cette substance qu'on étend sur une lame de verre et qu'on recouvre d'une lamelle, la préparation présente des aiguilles cristallines rouges, fines et

l'ju. AS). — Crislaux d'iiémoylobiue. — ■ a et h, deriiomme ; c, diicliat; (/, du cochoiicrîiide ; e, du hamster; /, de l'écureuil.

allongées. C'est celte cristallisation on lonc^'ims aiguilles oncbevôti'ées les unes dans les au Ir os ot formant uno sorte do l'outrage qui explique pourquoi la masse reste au fond du vase, quand même on le retourne. Les cristaux d'hémoglobine n'ont pas la même forme, et n'appartiennent même pas à un seul type cristallin chez tous les animaux. Ils varient suivant les espèces. Ainsi, chez récureuil ils appartiennent au type hexagonal ; chez le cochon d'Inde ils présentent la forme de tétraèdres : ces tétraèdres, réguliers quand ils sont petits, présentent, quand ils ont acquis une certaine dimension, des troncatures sur leurs angles solides. Pour obtenir des préparations permanentes de ces cristaux, il faut dessécher brusquement l'hémoglobine cristallisée en l'étendant sur une lame de verre chauffée, comme nous l'avons indiqué .pour le sang; ou bien la traiter par l'alcool absolu, puis par l'essence de térébenthine et conserver la préparation dans le baume du Canada.

Ces préparations montrent que l'hémoglobine est une substance définie, puisqu'elle cristallise. Une fois cette substance trouvée, la question s'est posée de savoir si elle est la même que celle qui existe dans le sang, ou si elle n'en est qu'un dérivé. C'est là le problème que Hoppe Seyler' a résolu à l'aide de la speclroscopie, et même ce n'est que depuis l'époque où la spectroscopie a été appliquée à l'étude du sang que la constitution de ce liquide au point de vue de sa matière colorante a été connue.

La spectroscopie du sang repose sur la propriété que possè- ^'7u'Ian^.'''' dent les corps colorés d'absorber certaines des irradiations colorées de la lumière blanche. Un corps rouge, par exemple, absorbe tous les rayons colorés, sauf les rouges, et c'est précisément pour cela qu'il nous paraît rouge. Si donc un faisceau de lumière décomposé par le prisme traverse un corps rouge et transparent pour aller se peindre sur un écran, le spectre ne sera formé que par une seule bande rouge. Les rayons violets, indigo, bleus, verts, jaunes et orangés seront complètement arrêtés ; et ils reparaîtront dans le spectre à leurs places respectives, dès que l'on aura écarté le corps rouge. Mais le plus souvent les corps ne présentent pas une coloration simple, c'est-à-dire que plusieurs des couleurs primitives du .spectre entrent dans cette coloration. Lors donc qu'un cor])s transparent et d'une coloration complexe

' Unppe Seylnr, Handbiicli dcr chemiscli. Analyse, 1870.

108 TRAITli: TECTÎNIQUE D'HISTOLOGIE.

csl traverse par lo fniscenii himiiioiix tlôcomposô d'un spoclrc, il arrèlo qiielqiins-unos seulemenr, des in'adintions, ol, sui- le spectre formé sur un écran, ou Lien examiné avec une lunette, on observera des bandes obscures, non colorées, dans des positions parfaitement déterininécs. Ces bandes obscures portent le nom de bandes d'absorption. La spectroscopie, appliquf'caux corps coloi'és, n'est donc qu'un moyen rigoureux d'analyse de leur coloration; comme cette coloration est en rapport avec la constitution de ces corps, et qu'elle change quand on modifie cette constitution, il devient possible par l'examen spectral de reconnaître la présence d'une matière colorée, et d'en déterminer d'une manière précise certaines modifications chimiques. C'est ce qui a permis de pousser aussi loin l'étude de l'hémoglobine et de ses dérivés.

Les instruments dont on se sert pour la spectroscopie du sang sont le spcctroscope ordinaire et le microspectroscope. sppcirosropo. Lorsqu'on se sert du spectroscope ordinaire, voici comment on procède. Dans un tul)e à analyse d'un centimètre de diamètre envil'on, on mol qu(dques gouttes de sang et l'on ajoute de l'eau de manière à remplir à peu près le tube ; lo liquide prend une couleur l'ouge clair et est parfaitement transparent. Le tube est alors fixé cnlre la fenfeverlicale du spectroscope et la flamme d'une bonne lîuupe, do manière que les rayons lumineux réfractés par le tube viennent converger sur la fente de l'instrument. Si la solution de sang a une teinte convenable, à peu près celle de la fleur do pocher, l'observateur, en regardant par l'oculaii e, voit, après avoir mis l'instrument au point, les bandes d'absorption do l'hémoglobine oxygénée.

.Miriospiviin- Lc microspoct roscopo est un appareil qui s'adapte à un micro- ' scope ordinaire, et il constitue une pièce qui se met à la place de l'oculaire. Il consiste essentiellement en un oculaire faible formé, comme tout oculaire, de deux lentilles. Au point de la lentille supérieure ou oculaire proprement dite se trouve un diaphragme en forme de fente, dont les deux lèvres peuvent s'écarter ou se rapprocher de telle façon qu'elles restent toujours l'une et l'autre à égale dislance d'une ligne qui leur est parallèle, et qui passe par l'axe optique de l'instrument. Le mécanisme qui fait varier les dimensions de la fente est mis en jeu par un bouton que l'observateur peut faire fonctionner à son gré. Au-dessus de la lenlillo oculaire est placé un ]U'isme à grand pouvoir dispersif et à vision directe (prisme d'Amici). Ce sont là les parties essentielles de tout

SANG. l'H)

oculaire spcctroscopique; il y a quelquefois dans ces appareils des détails de constrnclion d'un usage spécial que nous ne décrirons pas ici, parce qu'ils ne sont pas très-iurporlanls. Revenons à l'appareil simple tel que nous l'avons indiqué. Le microscope est numi d'un objeclil' faible ; le miroir concave est disposé de manière à éclairer vivement le centre de la platine ; l'oculaire spectroscopique est mis à la place de l'oculaire ordinaire et orienté de manière que la fente soit antéro-postérieure.

En regardant dans l'oculaire, on aperçoit le spectre avec ses différentes couleurs, en partant de la droite : violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge. On dispose alors la fente de manière que ies différentes couleurs soient bien tranchées, et généralement, lorsque l'observation est faite avec la lumière du jour, les lignes de Frauenhofer sont distinctes. Si, au contraire, l'observation est faite avec une lumière artificielle, le spectre est continu, ce qui tient, comme on le sait, à ce que les lignes de Frauenhofer sont produites par les corps simples qui se trouvent dans l'atmosphère du soleil.

L'appareil étant ainsi disposé, pour observer les bandes de l'hémoglobine oxygénée, il suffit de placer sur la platine du microscope une goutte de sang dans un verre de montre, sur une lame de verre, ou bien une préparation de sang un peu épaisse, ou encore une partie transparente et vasculaire d'un animal vivant, la membrane interdigitale ou la langue d'une grenouille, par exemple. Mais, lorsqu'on veut faire subir au sang une série de réactions qui sont nécessaires pour en faire une analyse spectroscopique complète, on prend un petit tube de verre fermé à un bout, ayant 6 ou 7 millimètres de diamètre et une longueur de 4 à 5 centimètres. Un mélange d'eau et de sang est placé dans le tube qui est fermé au moyen d'un petit bouchon de liège ou d'un tampon de cire à modeler. (Ce dernier procétlé doit être préféré, parce qu'il permet de fixer en môme temps le petit tube sur la platine du microscope.)

Pour déterminer exactement la situation d'une bande d'absorption, les grands spectroscopes sont munis d'un micromètre. Lorsque l'on se sert du microspectroscope, il est très-facile, en employant la chambre claire, de définir exactement la position d'une bande d'absorption pour la comparer à celle qui sera produite par une seconde solution qui remplacera la première. La chambre claire étant fixée au-dessus de l'oculaire muni du

200 TRAITÉ TECHNIQUE D'IlîSTOLOGIE.

prisme, l'imago du spectre est pi-oduile à côlé du pied du microscope. On peut, alors, dessiner sur une feuille de papier les bandes telles qu'on les observe, ou l'apporter leurs positions à une règle divisée. Par ce moyen très-simple, à la disi)Osition de tous les histologistes, puisque les microscopes sont ordinairement pourvus de cbambres claires, on peut donner une grande rigueur aux observations faites avec le microspectroscopo.

Quand nous parlerons des muscles, nous indiquerons un moyen simple de construire avec du tissu musculaire un spectroscope, inférieur à ceux dont il vient d'être question, mais sufiisant pour faire l'analyse spectrale du sang, spnctiy do Les bandes d'absorption de l'hémoglobine oxygénée sont au oxyKônée. nouibrc dc deux, situées entre les lignes D et Ede Frauenhofer, dans le jaune et le vert. La première bande commence adroite de la ligne D (ligne du sodium); la seconde, plus large, se termine en deçà de la ligne E. L'espace clair compris entre les deux bandes obscures est à peu près égal à la deuxième bande d'absorption. (Voyez la planche à la fin du volume.)

Ce spectre, décrit par Iloppe Seyler, est celui de l'hémogiobine dite oxygénée. On peut le produire avec une solution de cristaux d'hémoglobine dans l'eau ; il ne diffère pas de celui que fournit le sang étendu, et l'on conclut de là qu'il n'y a pas dans le sang normal d'autre matière colorante que l'hémoglobine.

Si au lieu d'hémoglobine convenablement étendue, on met dans le tube à analyse des solutions fortement colorées, toute la portion du spectre qui est au delà du rouge est complètement absorbée.

Enfin, si l'on place devant la fente du spectroscope du sang pur défibriné, sous une couche d'un centimètre, il ne passe aucun rayon lumineux; mais si le sang est en couche mince, si par exemple il est étalé sur une lame de verre, comme pour l'examen microscopique, on distingue d'une manière nette le spectre de l'hémoglobine oxygénée. Une partie vasculaire suffisamment mince d'un animal vivant, la membrane interdigitale ou la langue d'une grenouille, par exemple, étendue sur la platine du microspectroscopo, donne le spectre de l'hémoglobine traversé par des raies vacillantes dues à la circulation, iiémofriobine Eu ajoutant à une solution convenable de sang ou d'hémoglobine oxygénée dos corps avides d'oxygène, comme du fer réduit par l'hydrogène, récemment préparé, du tartrate d'oxyde d'élain,

du sullate de protoxyde de fer, du snlfhydrfiLe d'ammoniaque, des fragments de muscles, etc., on obtient auspecti-oscope un spectre un peu dilïérent : il présente ime seule bande d'absorption qui est aussi large que les deux bandes réunies de l'bémoglobine oxygénée, et qui commence un peu à gauche de la ligne D. C'est le spectre de l'hémoglobine réduite ; il a été découvert par Stokes, en [SQA. Ce qui prouve que c'est en elfèt l'hémoglobine réduite qui présente cette bande d'absorption, c'est qu'en agitant au contact de l'air la solution qui l'a manifestée, et en la mettant ensuite devant le spectroscope, on fait apparaître de nouveau les deux bandes d'absoi'ption de l'hémoglobine oxygénée. Elles s'effacent bientôt s'il y a dans le liquide un excès de l'agent réducteur.

Le sang abandonné à lui-même, à l'abri du contact de l'air, subit bientôt des modifications telles que l'oxygène de l'hémoglobine entre dans de nouvelles combinaisons, et l'hémoglobine qui reste en est privée. Si par exemple on fait une préparation épaisse de sang de grenouille, mise à l'abri de l'évaporation par une bordure de paraffine, au bout de vingt-quatre à quarante-huit heures (cela dépend de la température), cette préparation, qui donnait aumicrospectroscope les raies de l'hémoglobine oxygénée, donne la bande unique de l'hémoglobine réduite. Pour faire apparaître de nouveau les deux bandes d'absorption de l'hémoglobine oxygénée, il suffit d'enlever la paraffine et de soulever la lamelle plusieurs fois, de manière à mélanger le sang avec de l'air.

En agitant du sang défibriné avec de l'oxyde de carbone , et iiémogioi,!, en examinant ensuite ce sang mis en solution convenablement ""ï"""'""" étendue dans un tube à analyse devant la fente du spectroscope, il présente un spectre analogue à celui de l'hémoglobine oxygénée. 11 possède deux bandes d'absorption, dont la première à gauche est la plus étroite; ces deux bandes sont comprises entre les raies D et E; mais la première bande d'absorption est plus éloignée de la ligne D que la première bande d'absorption de riiérnoglobinc oxygénée, et la seconde bande est plus voisine de la ligne E. En un mot, les deux bandes d'absorption de cette hémoglobine oxycarbonée sont portées un peu à droite par rapport à celles de l'hémoglobine oxygénée. Ce spectre de l'hémoglobine oxycarbonée est aussi obtenu avec le sang des animaux empoisonnés par l'oxyde de carbone, et il est dû à la combinaison de l'hémoglobine avec ce gaz. Hoppe Seyler a démontré , du

roste, que c'esl l'héinoiiloljino spiiIc qui, dans cet empoisonncmenl., se rombine avec le gaz toxique, c'est elle qui est l'agent effectif de l'écliange des gaz K

Ce qui caractérise plus nettement le spectre dont nous parlons, c'est qu'il n'est nullement modifié par les agents réducteurs.

Si l'on ajoute quelques gouttes d'acide acétique à du sang étendu ou à une solution d'hémoglobine, on voit apparaître, en examinant ces liquides au spectroscope, un spectre dilTérent qui présente une bande d'absorption commençant à droite de la ligne B et dépassant la ligne C. Les autres acides donnent un spectre semblable, c'est le spectre de Vhématine acide.

En ajoutant à une solution de sang ou d'hémoglobine de l'ammoniaque ou de la potasse caustique, on obtient un spectre analogue au précédent et dans lequel la bande d'absorption se produit également à gauche de la ligne D, tandis que les spectres précédents avaient toujours leurs bandes d'absorption à droite de cette même ligne. (La ligne D est facile à déterminer; il suffit, en effet, de placer devant la fente du spectroscope une lampe à gaz dans la ilamme de laquelle on met un fil de platine trempé préalablement dans une solution de chlorure de sodium; la raie brillante du sodium que l'on voit apparaître alors détermine cette ligne.) Le spectre déterminé par l'addition d'alcalis au sang présente une bande d'absorption qui commence un peu à droite de la ligne C et qui va pi'esque jusqu'à la ligne D. C'est le spectre de Vhématine alcaline. Si l'on ajoute un acide à l'hématine alcaline de manière à dépasser la neutralisation de la base, on fait appal'aître le spectre de l'hématine acide. D'après Kûhne, une solution d'hématine de ^— , ayant un centimètre d'épaisseur, fournit un spectre très-net de l'hématine acide ou alcaline.

Le spectroscope démontre nettement, comme on le voit, que l'hématine n'existe pas toute formée dans le sang, puisqu'elle présente des bandes d'absorption tout à fait différentes de celles du sang normal; ses raies sont à gauche de la ligne D, tandis que

1 C'est M. Claude Bernard qui a découvert, en 185/i, raffinité du sang pour l'oxyde de carbone. Lorsque, sous une cloche reposant sur du mercure, on agile du sang artériel avec un excès d'oxyde de carbone, Toxygène est entièrement dégagé, et l'oxyde de carbone prend sa place dans le sang. La combinaison de l'iiémoglobine avec l'oxyde de carbone est plus stable que celle avec l'oxygène ; elle est aussi moins soluble, ce qui fait que l'on obtient plus facilement par les mômes procédés les cristaux de l'iiémoglobine oxycarbonéc que ceux de l'iiémoglobinc ordinaire.

rnllos (lu sano,- ou do riiôniotîlobine soni siluéos à droilo. On peut la produire par l'addilion dos aoides ol. des alcalis, mais elle ne se irouYo nahnvlloinonl dans l'organisme que d'une manière acoidojilolle, par exemple lorsque le sang s'est épanché dans les tissus ou bien lorsqu'il a séjourné dans les voies digestives. On la rencontre à l'état physiologique dans les iëces des animaux nourris avec de la viande (Hoppe Seyler). Elle se foi'me spontanément dans du sang abandonné dans un vase. Au bout de quelques jours, ])lus ou moins rapidement suivant la température, lé sang prend une teinte brun sale qui indique la formation de l'hématine. Lorsque l'on chauffe dans un tube à

analyse du sang défibriné avec de ^^Sî^' l'acide acétique et une faible quantité do chlorure de sodium, il se fait, après le refroidissement, un précipité noirâtre, qui, examiné au microscope, se montre formé par des cristaux rhomboidaux bruns, qui sont du chlorhydrate d'iiématine (c'est ce chlorhydrate (l'hématine que Teichmann a découvert sans le définir et qu'il a appelé fig. 50. — Crisimix de ciiior- /lâmine Ces cristaux sont insolubles ''y*^'''^" .n.cm.ninc dans l'eau; ils se dissolvent dans l'ammoniaque en donnant de riiématine et du chlorhydrate d'ammoniaque.

Les solutions alcalines d'hématine, obtenues on ajoutant des alcalis à du sang défibriné ou aune solution d'hémoglobine, sont brunes à la lumière directe et verdâtres par transparence, quand on en examine une couche mince. Elles sont donc dichroïques. L(is solutions acides, au contraire, sont njonochromatiques; elles paraissent brunes, aussi bien par transparence qu'à la lumière directe.

Nombre des r/lnbules rouges. — Le nombre des globules rouges contenus dans un millimètre cube de sang est très-considérable; il suffi! d'avoir vu une pi'éparation d'une goutte de sang pour en

' Autrefois les cristaux (riiémine avaient une Ln'-s-yrande iniportanco an point de viio de la médecine légale. Ils pouvaient servir à déterminer qu'une tache était produite par du sang. Aujourd'hui que l'on a à sa disposition la spectroscopie, on a rompléteinent ahandonné la recherche du sang par les cristaux de chlorhydrate d'hématine.; pour déterminer si une tache a été faite par du sang, on le détrempe dans l'eau, et le liquiile coloré est examiné au moyen du microspectroscopR.

Sérum nrlilicicl.

Méiniigeiir.

eiro convaincu. Pour estimer approximalivemenL ce nombre, on a essayé de divers procédés: on a cherclié à l'évaluer par des moyens indirects, par exemple d'après la coloration plus ou moins foncée

du sang; on a aussi entrepris de compter directement les globules dans une quantité donnée de sang.

Le procédé dont nous nous servons à cet effet, et qui nous paraît donner les meilleurs résultats, est celui que M. Malassez a exposé, et qui est fondé sur la numération directe d'un certain nombre de globules contenus dans une quantité donnée de sang'.

A cet effet, il faut d'abord faire usage d'un sérum artificiel destiné à diluer le sang, tout en évitant de produire des modifications des gloliules qui les i-endraient méconnaissables. Ce sérum est ainsi composé :

Solution de gomme arabique donnant au pèse-urine une densité de 1,020. — 1 volume.

Solution de sulfate de soude et de chlorure de sodium en parties égales donnant également une densité de 1,020, — 3 volumes.

Ce sérum, mélangé au sang, n'altère pas beaucoup les globules; en tout cas, du moins, il les maintient dans une forme nette pendant un temps suffisamment long pour que l'on puisse aisément les compter. L'appareil complet de M. Malassez se compose d'un mélangeur et d'un capillaire artificiel. Le mélangeur est un tube capillaire de verre présentant sur son trajet, au voisinage de l'une de ses extrémités, une dilatation ampullaire dans l'intérieur de laquelle a été placée une petite boule FiG. 51. — Mélangeur, de vcrrc. La longue portion de ce tube capillaire a une longueur telle que son volume intérieur se trouve être une fraction déterminée, la centième partie,

' L. Malassez, De la num(''r;ilinn des globules rouges du Archives de physio-

logie, 187/i, p. 32).

par exeniplo, de la portion dilatée. Un trait placé de chaque côté de la dilatation indique le point où ces proportions se trouvent être exactes.

La longue portion est effilée en pointe à son extrémité libre ; la courte, dont la lumière est un peu plus large, est également effilée, de manière que l'on puisse facilement y adapter un tube de caoutchouc, assez- épais pour ne pas s'aplatir sous l'influence de l'aspiration et assez long pour aller commodément delabouche à la main.

Pour l'aire un mélange au moyen de cet instrument, on en met la pointe dans une goutte de sang ou dans le vaisseau dont on veut

FiG. 52. — Capillaire artificiel.

examiner le sang, et l'on aspire lentement à l'extrémité du tube de caoutchouc, jusqu'à ce que le liquide arrive au niveau du trait qui sépare la longue portion dé la partie ampullaire; retirant alors la pointe de l'instrument, on la plonge dans le sérum artificiel et l'on continue à aspirer jusqu'à ce que le mélange soit arrivé au niveau du trait c (fig. 51) qui termine la dilatation ampullaire.

(Jn aainsi dans le mélangeur un liquide qui contient une partie de sang pour 100 parties de sérum. On imprime alors à l'instrument un mouvement de rotation sur son axe, tout en l'inclinant de côté et d'autre, et la petite boule intérieure, agitée dans tous les sens, mélange parfaitement le sang avec le sérum artificiel.

Le mélange ainsi fait, la seconde partie du problème à. résou- ciiiiiiaim dre consiste à compter les globules qu'il contient sous un volume donné; c'est à cela que sert le second instrument, le capillaire artificiel (fig. 52). Il consiste en un tube capillaire de verre à lumière centrale aplatie (on en fabrique de la sorte pour cei'tains

Lhermoinètres à mercure) ; ses deux faces opposées sont usées el polies sur une meule d'opticien.

Ce capillaii'e est fixé sur une lame de glace semblable à celles qui servent pour l'observation microscopique ; l'une de ses extrémités est relevée sous forme d'un lube cylindrique très-couil, sur lequel on peut adapter un tube de caoutcbouc.

La capacité de l'instrument, c'est-à-dire le volume de liquide qu'il contient pour une longueur donnée, est indiquée sur cbacun des capillaii'es en cbilfres qui donnent la fraction de millimètre cube à laquelle cette longueur correspond. Il faudra donc multiplier par ce cbiHVo le nombre de globules trouvé dans la longueur

(pie l'on aura clioisie, pour avoir celui que contiendra un millimèlrc cube du mélange que l'on aura fait.

Avant de passer à la manièi e dont on remplit le (;ai»illair(î avec le. mélange, il nous reste à dire commeiil, d'après M. Malassez, on ai'rive à prendre une longueui" déterminée du capillaire.

Le microscope étant muni d'un micromètre oculaire (piadrillé, on cbcrclie l'objectif et la longueur d(j tube convenables pour que toute la largeur du quadrillage recouvre sur un micronièti'e objectif un nombre de millièmes de millimètre égal à l'un de ceux inscrits au diamant sur le capillaire arlificiel. Il faut, non-seulement choisir un objectif approprié, mais encore tirer plus ou moins le tube à coulisse du microscope pour avoir une superposition exacte du micromètre quadrillé et du micromètre objectif dans les conditions déterminées. Poui' retrouver exactement cette situation relative des deux parties du tube du microscope, on pratique sur le tube rentrant un trait en insci ivant à côté un numéro d'ordre (voy. %, 53).

Il est clair que si l'on remplace sur la platine le micromèlre objectif par le capillaire arliliciel, le carré quadrillé de Toculaire recouvrira une longueur égale du canal. Il suffira donc, pour être certain dans des observations ultérieures que le micromèlre (juadrillécouvi'ira exactement une certaine longueur, liOO i-^, 5(.IOy' ilu

Miiiiii're ili' iiii'siircr (les

liinifiiciirs di'li'l"iiiiii(''(;s

llll CJIIlilIllil'.'.

FiG. 53. — Partie supérieure du niicroscoi)c, avec des traits graves sur le tube rentraut et des rliiffresiudiquautlesuuniéros des oculiiircs et objectifs.

capilhiiro ai'liticicl, de rentrer le lubc du iiiieroscui)e jLis<iii'uii Irail qui indique celle valeur, en ayanl soin de se servir du même oijjeclir.

Cela posé, il est fecile, au moyen du microscope ainsi gradué et muni du micromètre oculaire quadrillé, de compter le nombre des globules dans une longueur donnée du capillaire. 11 nous resle

FlG. b!i. — CaiiiUairc arlificiol rempli d'un iiicluiige sanguin, vu au microscope avec un inicronièlre oculaire quadrillé. — Grossissem. de 100 diamèlres.

à indiquer quelles précautions il faut prendre pour introduire dans le capillaire artificiel le mélange de sérum et de sang qui se trouve dans le mélangeur.

On commence par chasser du mélangeur, en soufllant par le iniioiiucii..ii tube de caoutchouc, les premières portions du liquide qui étaient '''LÏ'gÛT^^^^^^ restées arrêtées dans la longue parlie et qui sont du sérum presque lecaplliaiie. pur ; puis, en continuant à souffler, on dépose une goutte du mélange à l'extrémité libre du capillaire ai lificicl. Le liquide v pénètre par capillarité ; il faut avoir soin, pendant ce temps, de remuer avec l'extrémité du mélangeur la goutte déposée, pour que le mélange i-este bien liomogène. Si le liquide larde à entrer dans le canal, on aspire légèrement par le lube de caoulcliouc placé à l'autre extrémité. Une fois le mélange introduit dans toute lu longuem (luca])illaire, on enlève, soit avec un linge lin, soit avec du

papier buvard, le reste de la goutte de liquide. Alors le mouvement s'arrête dans le capillaire, et les globules, en raison de leur densité, se disposent à plat sur la face inférieure de son calibre '. Numération Une fois le mélange introduit, le tube du microscope réglé pouiune longueur donnée, l'oculaire quadrillé tourné de manière que ses divisions soient parallèles et perpendiculaires à l'axe du canal, on compte les globules qui se trouvent dans le quadrillage, en s'aidant pour cela des carrés tracés ; leur nombre trouvé, on le multiplie par le chiffre qui est écrit sur la lame du capillaire en regard de la longueur que l'on a choisie : ce chilfre exprime la fraction de millimètre cube que représente en volume la longueui' du canal sur laquelle on a compté les globules. On muUiplie ce dernier chilfre par 100, si l'on a fait le mélange de sérum et de sang au centième, et l'on obtient ainsi le nombre de globules contenus dans un millimètre cube du sang que l'on a examiné.

On voit que l'opération n'est pas difficile; entre les mains d'un observateur tant soit peu exercé, elle n'exige guère plus de dix minutes. L'exactitude de ses résultats tient essentiellement à la perfection des instruments, et par conséquent la plus grande difliculté est pour le constructeur.

Il semble, au premier abord, que cette méthode doive donner lieu à de grandes erreurs, puisque chacune des erreurs commises est multipliée d'abord par 150 ou 200, chiffre qui représente le dénominateur de la fraction de millimètre cube sur laquelle on a fait la numération, etensuite pariOO, puisque l'on avait fait la numération sur un mélange au centième. Chaque erreur est donc en réalité multipliée quinze ou vingt mille fois.

Cependant, de toutes les méthodes connues jusqu'à jDrésent, c'est celle qui donne les meilleurs résultats, eu égard au temps qu'il faut pour l'appliquer. De plus, on peut s'arranger de façon que les erreurs se fassent toujours dans le même sens; et, s'il n'est pas possible ainsi d'avoir des résultats rigoureux pour le nombre réel des globules, on peut toujours, malgré les erreurs inévitables, avoir des chiffres qui peuvent se comparer les uns aux

' C'est parce que les globules se trouvent à la partie inférieure du capillaire que l'on ne peut pas marquer une graduation sur le tube capillaire lui-même ; cette graduation serait en effet plus rapprochée de l'objectif que les globules, et i)ar conséquent, lorsque ceux-ci seraient vus distinctement, le trait marqué sur le capillaire ne serait plus pour l'observateur qu'une ligne confuse.

l'ouffes.

autres, et donner des indications relatives sur les variations de nombre des globules dans les différentes circonstances.

Cette méthode sert aussi bien à compter les globules blancs que les globules rouges.

C'est par ce procédé que l'on trouve qu'il y a en moyenne, ^,,,%tiruies dans un millimètre cube de sang de l'homme, 5 millions de

globules rouges.

Ces nombres diffèrent beaucoup, suivant les animaux ; chez les mammifères, ils peuvent varier entre 3 et 18 millions.

Les oiseaux ont un nombre de globules inférieur à celui des mammifères; le chiffre le plus élevé est de 4 millions, le plus bas est de 1 million et demi. Chez les poissons, ce nombre diminue encore.

Dans la, même espèce, par exemple chez l'homme, ce chiffre varie beaucoup, soit dans les conditions physiologiques, soit dans les conditions pathologiques : les chiffres les plus élevés dépassent 6 millions ; le chiffre le plus bas qui ait été trouvé a été de 800000 globules par miUimètre cube.

Chez lemême animal etdans les mêmes conditions,le nombre de globules, dans une quantité donnée de sang, diffère suivant le vaisseau dans lequel on le prend : c'est ainsi que le sang des capillaire^s de la peau donne un chiffre plus élevé que celui de l'aorte ; celui des veines donne toujours un chiffre plus élevé que celui des artères correspondantes '. Ces différences s'expliquent facilement : plus la circulation est rapide, plus les globules sont entraînés par le courant ; plus au contraire elle est lente, plus les globules ont de tendance à s'attarder et à s'accumuler. Dans les régions périphériques, l'exhalation cutanée d'une part, l'absorption du plasma par les capillaires lymphatiques de l'autre, expliquent facilement pourquoi les globules s'y trouvent en nombre relativement plus considérable. Cependant il est une cause d'crreui- que nous devons signaler pour la numération globulaire du sang des capillaires obtenu par piqûre. La goutte de sang étant très-petite, ayant par conséquent un(! grande surface par rapport à sa masse, se trouvant d'autre part maintenue à ime température de 'SQ à 37 degrés, s'il s'écoule un temps notable entre la

' Tous CCS résultats ont été obtenus par M. Malassez au moyen de la méthode do numération qui vient d'être décrite. Les reci.crchcs ont été faites dans notre laboratoire, et nous pouvons témoigner des soins minutieux qui ont été pris pour arriver à Texactitudo la plus complète possible. Uanvjer, Ilistol.

2i0 TRAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

piqûre el l'introdiicLion du sang dans le mélangeur, l'évaporation pourra être suffisante pour concentrer le sang, et de cette façon le nombre proportionnel des globules sera notablement augmenté. Il faut donc toujours procéder avec une très-grande rapidité, et prendre de la méthode une habitude telle que l'on emploie toujours le même temps pour faire toute l'opération. De cette façon on a des résultats comparatifs.

Globules blancs. — Lcs globulcs blaucs qui sc trouvent dans les préparations du sang, soit des mammifères, soit des amphibies, sont absolument semblables par leur aspect et leurs propriétés aux cellules lymphatiques; aussi donnerons-nous indifféremment à ces éléments l'un ou l'autre de ces deux noms '. La dimension de ces globules est variable : les plus petits ont Zi fx de diamètre, les plus gros ont de 8 à 10 p et jusqu'à 14 ^ de diamètre.

Globules Dans une préparation de sang d'homme qui vient d'être faite, do l'homme. Ics globulcs blaucs présentent une forme sphérique ; mais lorsque les globules rouges commencent à se mettre en piles, ce qui arrive au bout d'une à quelques minutes, les globules blancs se déforment et deviennent irréguliers ; à la température ordinaire, ils ne présentent pas de mouvements amiboïdes, mais ils en manifestent sous l'influence de la chaleur. De même que les cellules.de la lymphe, ils peuvent être conservés sans subir de modifications pendant deux à trois jours dans la chambre humide, et au bout de ce temps leur vie se manifeste s-ous l'influence d'une température dépassant 20 à 25 degrés centigrades.

Globules Dans une préparation de sang de grenouille, les globules blancs

blancs de la ^ ^ . . .

grenouille, possèdcnt dcs mouvemcuts amiboïdes à la température ordinaire et prennent, comme les cellules lymphatiques, les formes les plus diverses. Une goutte de sang de grenouille, placée dans une chambre humide et abandonnée à elle-même pendant vingt-quatre heures, présente beaucoup plus de globules blancs à sa périphérie qu'à son centre; ce qui prouve que, comme dans les préparations de la lymphe, les cellules, en se fixant sur les surfaces et en s'y transportant au moyen de leurs prolongements protoplasmiques, ont cheminé vers la périphérie à la rencontre de l'air. Dans ces conditions,

1 En France, on a aussi désigné les globules blancs sous le nom de leucocytes (de Xsu;cà;, blanc, et îtÛTo;, utricule). Heureusement ce mot n'a pas clé adopté par tout le monde, car il ne fuit que jeter de la confusion, en faisant supposer que les globules blancs sont des corps utriculaires, ce qui est complètement inexact.

les globules conservent leur vie et leurs mouvements pendant une dizaine de jours. Après cette époque, ni l'oxygène ni la chaleur n'y font apparaître aucun phénomène de vie ; du reste, on distingue à leur intérieur un noyau net et des granulations graisseuses; quelques-uns contiennent en outre des fragments de globules rouges qu'ils ont absorbés.

En un mot, chez les mammifères comme chez les amphibies, les globules blancs présentent les mêmes phénomènes que les cellules lymphatiques.

Comme les cellules de la lymphe, les globules blancs du sang montrent de très-grandes variétés. Les uns sont très-petits, de 4 à 6 u., possèdent un noyau volumineux et une quantité excessivement minime de protoplasma qui est susceptible de transformations amiboïdes; seulement les prolongements y sont très-grêles, en raison de la faible masse qui les fournit. Parmi les plus gros globules blancs il y en a qui sont vaguement et très-finement granuleux; ce sont ceux qui ont les expansions les plus longues et les déplacements les plus étendus. D'autres enfin possèdent dans leur intérieur des granulations sphériques, brillantes, qui ne , semblent pas avoir toutes la même composition. Certaines paraissent de nature graisseuse; d'autres se colorent par le carmin et sont analogues aux granulations des cellules lymphatiques des crustacés (voy. Lymphe). Enfin, quelques-uns des globules blancs du sang, aussi bien chez les mammifères que chez les grenouilles, donnent avec l'iode les réactions de la matière glycogène.

Parmi les globules blancs ou les cellules lymphatiques du sang de l'axolotl, ce sont surtout les grands à protoplasma clair qui donnent lieu au phénomène du bourgeonnement de leur noyau et de la division de leur masse protoplasraique décrits page 161.

Le nombre des globules blancs dans une préparation de sang Nombre normal est toujours bien inférieur au nombre des globules rouges, '^''bifici'" Il y a environ un globule blanc pour 350 ou pour 500 globules rouges ; il est facile de déterminer ce rapport au moyen de la méthode de numération que nous avons indiquée pour les globules rouges. On trouve par ce procédé qu'il y a en moyenne 8000 globules blancs dans un millimètre cube de sang chez l'homme. Mais le nombre de globules blancs que présente le sang est si variable suivant le vaisseau dans lequel on le prend et

2i2 TRAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

suivant d'autres conditions, qu'il n'est possible d'en donner qu'une moyenne approximative '.

Dans tous les points du système vasculaire où la circulation est ralentie, il y a une accumulation de globules blancs, iniiuence Voici uue cxpérience qui rend ce fait bien évident. Sur une la circulation grenouiUc attachée sur le dos, ou immobilisée de toute autre

sur " , '

Je façon, on pratique à la paroi abdominale une incision entre les

hiâncs. lèvres de laquelle un poumon vient faire hernie ; à la base de ce poumon on place une ligature assez lâche; puis il est rentré dans le corps de l'animal. Au bout de huit à dix minutes, les deux poumons sont enlevés et placés pendant quelques heures dans une solution concentrée d'acide picrique ; ensuite ils sont fendus longitudinalement, étalés sous l'eau, puis étendus par fragments sur une lame de verre dans de la glycérine. Dans les capillaires du poumon qui n'avait pas été ligaturé, les globules blancs sont très-rares, tandis que dans le poumon ligaturé, les globules blancs sont nombreux. Ce fait s'explique facilement par la propriété qu'ont les globules blancs, comme toutes les cellules lymphatiques, d'adhérer aux parois. La circulation, ayant perdu de sa vitesse par suite de la ligature, est cependant suffisante pour faire cheminer les globules rouges, mais elle ne peut détacher les globules blancs qui se sont fixés à la paroi vasculaire. Ceux-ci sont donc arrêtés et s'accumulent. Nous reviendrons sur ces phénomènes lorsque nous parlerons des vaisseaux et de la circulation.

' Ce n'est que dans les cas exceptionnels, où le nombre des globules blancs est extraordinairemcnt augmenté, que leur numération peut servir à constater un état pathologique, la leucocythcmie. Un procédé simple pour constater immédiatement si le nombre des globules est Beaucoup au-dessus du chiffre normal consiste à compter ceux qui se présentent dans le champ du microscope avec un grossissement donné. Dans le sang normal, avec les systèmes :

Objectif 7, oculaire 2, de Hartnack, Id. 6, — 1, de Verick, Id. 3, — 1, de Nachet,

il y a en moyenne 3 ou 4 globules blancs dans le champ du microscope. S'il s'en trouve dans une préparation un chiffre notablement plus élevé, 10 par exemple, on pourra en conclure, à première vue, que le nombre des globules blancs dans le sang est au-dessus de la normale. Cette méthode est bonne à plus forte raison, si le nombre des globules blancs est plus considérable, par exemple s'il y a un globule blanc sur deux ou trois globules rouges, comme il arrive quelquefois.

La propriété adhésive des globules se démontre par une oxpérience fort simple. Une préparation de sang faite comme d'habitude est fermée partout, excepté en deux points opposés l'un à l'autre. A l'un de ces points, on met au bord de la lamelle une goutte d'eau ou d'eau salée à 2 pour 100 et à l'autre une languette de papier à filtrer. Il se produit à travers la préparation un courant rapide qui entraîne les globules rouges. Les globules blancs, au contraire, restent immobiles et forment des obstacles contre lesquels le torrent des globules rouges vient se heurter et se diviser sans les déplacer. Dans cette circonstance, les globules rouges prennent les formes les plus variées suivant les obstacles qu'ils rencontrent, les corps auxquels ils s'accrochent en passant, les espaces resserrés qu'ils ont à traverser ; en un mot, suivant les diverses conditions physiques auxc|uelles ils sont soumis.

Il vaut mieux employer pour cette expérience de l'eau salée, parce qu'elle ne détruit pas les globules rouges comme le fait l'eau pure, et qu'elle ne rend pas les globules blancs transparents.

D'après les expériences que nous venons de décrire, il est facile de voir que, dans tous les points de l'organisme où existera un ralentissement ou une gène de la circulation, on devra s'attendre à rencontrer une accumulation de globules blancs. Une série de faits pathologiques en, témoigne, du reste, suffisamment.

Granulations libres. — Lcs grauulations librcs, que nous avons signalées dans le sang à côté des globules rouges et des globules blancs, sont très-nombreuses ; c'est là ce cjue Zimmermann ' appelait des vésicules élémentaires.

Une préparation de sang d'homme, examinée api'ès que les globules rouges se sont groupés en piles, permet d'observer facilement ces granulations dans les espaces laissés entre les piles, et d'en distinguer deux espèces. Les premières sont sphériques comme de petites gouttelettes de gi'aisse; les autres sont anguleuses ou de forme variée et paraissent au premier abord être des débris de globules blancs, mais elles diffèrent de ces derniers en ce que l'eau ne les altère pas. Elles sont colorées par l'iode, mais elles demeiu-ent incolores dans les solutions cai'minées. Nous vci-rons bientôt que ces caractères sont les mêmes que ceux de la fibi ine, et nous reviendrons sur l'importance que ces granulations acquièrent par co. rapprochement.

' /i/«/nemrt«/t, Itust'g M,%M/.in, (,. lAVI, p 171.

Kilirine du siinplie grenouille

Dans les préparations de sang de grenouille, il est facile de constater l'existence de ces deux espèces de granulations; les granulations angideuses paraissent même y avoir des dimensions plus considérables que dans le sang des mammifères.

Chez les animaux à la mamelle et chez les enfants, le sang contient, en outre, des granulations innombrables semblables à celles du chyle; dans ces cas, le sérum du sang est lactescent.

Fibrine. — Nous avons dit au début qu'une préparation de sang, soit de mammifère, soit d'amphibie, présente au bout de

quelques minutes, outre les éléments figurés, globules rouges, globules blancs et granulations fibres, dont nous venons de nous occuper, des filaments s'étendant en divers sens, et qui ne sont autres que la fibrine. Nous allons étudier maintenant plus attentivement la forme de la fibrine au moment où elle apparaît et lorsqu'elle est définitivement constituée, d'abord dans le sang de la grenouille, ensuite dans le sang des mammifères, dans celui de l'homme en particulier.

Une goutte de sang, extraite du cœur de la grenouille par le procédé que nous avons indiqué page 182, est mise sur une lame de verre et recouverte immédiatement d'une lamelle supportée par de petites Celles,' pour que la couche de sang soit bien r('gulière. Elle peut aussi être placée sui- le disque de la chambre humide. Les boi'ds de la lamelle à recouvrir sont lutés avec de la paraffine, et la prépai-ation est abandonnée à plat pendant quinze à vingt

Fifi. 55. — Sang' de la grenouille conservé d.ans une préparation depuis vingt-quatre heures. — (tn, rosaces centrales ; 6, rayon; //, globules rouges isolés. — 100 diam.

heures Au bout de ce temps, les globules rouges présenlcnL un arrangement régulier. En certains points, ils sont groupés en une petite masse arrondie, d'une forme élégante, semblable à une rosace. De ses bords partent des rayons qui vont se confondre avec des rayons semblables venus d'une rosace voisine. Les globules rouges qui forment la rosace ne sont pas semblables à ceux qui flottent librement dans la préparation; ils sont sphériques, plus colorés, plus réfi'ingents et moins larges que ces derniers. A un grossissement de iSO diamètres, on a de la peine à les reconnaître comme des globules rouges ; on dirait simplement des granulations colorées. Mais si on les examine avec un grossissement plus fort, et surtout si l'on a séparé les globules en imprimant d(îs mouvements h la masse par des pressions exercées dans divers sens sui^ la lamelle, il est facile de voir qu'ils ont pris la forme d'une poire. Lorsque les groupes ne sont pas encore décomposés, la grosse extrémité du globule devenue piriforme est dirigée du côté de l'œil de l'observateur, tandis que la petite extrémité est englobée dans un réticulum fibrineux. Voici comment nous comprenons cette déformation des globules rouges : La fibrine, en se formant, a entouré ces globules, et lorsqu'elle est revenue sur elle-même, elle les a étreints de manière h refouler au dehors une partie de la masse globulaire qui a pris alors tout naturellement la forme sphérique, comme la prendrait une vessie de caoutchouc à moitié pleine d'eau, si on la serrait avec la main de manière à refouler le liquide dans la partie de la vessie qui ne serait pas contenue dans la main de l'opérateur. Il est facile do s'assurer que les rayons qui partent des rosaces et dont j'ai parlé un peu plus haut, sont formés par des fibrilles de fibrine qui retiennent des globules rouges.

Pour observer le réticulum fibrineux dans le sang de l'homme, Fibrine nous avons employé le procédé suivant. Après avoir fait une pré- de niommc. paration de sang un peu épaisse et bordée à la paraffine, nous l'avons abandonnée à elle-même pendant plusieurs heures ; puis, après avoir gratté la paraffine et enlevé la lamelle, nous avons lavé à plusieui-s reprises la couche de sang coagulé, en l'arrosant avec une pipette remplie d'eau distillée, jusqu'à ce que la lame ne présentât plus de coloration du tout; puis nous avons replacé sur cette lame une nouvelle lamelle. En examinant cette préparation à un grossissement de 400 à 500 diamètres, le réticulum fibrineux apparaît d'une feçon nette, avec une disposi-

tionforl intéressantft. D'une granulation anguleuse, ayant laà 5 fj de diamètre, partent en divergeant des fibrilles d'une grande minceur qui se divisent et se réunissent de nouveau entre elles pour former un réseau délicat. La préparation est couverte de ces petits réseaux qui ont chacun une granulation centrale et sont unis les uns aux autres par des fibrilles communes. Nous avons

là en miniature une disposition semblable à celle du sang de grenouille coaa'ulé.

Les fibrilles du réticulum du sang de l'homme sont tellement fines que, pour les bien voir, il est nécessaire de les colorer avec la solution d'iode ou avec une solution de sulfate de rosaniline dans l'eau distillée (ni le carmin ni le picro-carminate ne colorent ce réseau).

Les granulations qui servent de centre à chaque petit réticulum fibrineux ont les mêmes propriétés micro-chimiques que les fibrilles; elles ne sont ni gonflées ni amoindries par l'eau ; ce réactif n'y détermine pas de vacuoles. Elles ne sont donc pas formées par des débris de globules rouges ou blancs. Jamais du reste on ne voit ni un globule blanc, ni un globule rouge servir de point de départ à un réticulum. Les globules blancs qui restent dans la préparation après le traitement par feau demeurent isolés, sphériques et facilement reconnaissables à leur l'éfringence; jamais il n'en part un prolongement fîbrineux. D'autre part, il n'y a jamais de réticulum formé autour d'une vacuole arrondie, ce qui serait le cas s'il s'était développé un réseau autour d'un globule rouge qui aurait ensuite été enlevé ou dissous par le lavage. Ces granulations sont colorées par l'iode et le rouge d'aniline, de même que les fibrilles qui s'en détachent, et leur coloration paraît même plus intense, parce qu'elles sont plus épaisses que les fibrilles.

l''iG. 56. — Kéliculum fibriiicux du sang' de l'homme, dessiné après coloration avec le sulfate de rosaniline. — a, gi-anulation fibrineuse formant le centre d'un système du réticulum ; b, fibre du réticulum. — 500 diam.

Poiii- bien apprécier leur nature, il convient de les étudier au moment de la formation de la fibrine ; ce que l'on peut faire sur une préparation ordinaire de sang' humain, lorsque l'on a pris bien connaissance du réticulum à l'aide des méthodes indiquées plus haut. Dès qu'une préparation de sang est placée sous le microscope (et il ne s'écoule que quelques secondes, si l'on a pris soin, avant de faire la piqûre, de préparer la lame el la lamelle), il s'y présente, entre les globules, des granulations ii'régulières ayant environ i sj- de diamètre. Ces gi'anulations sont plus faciles à reconnaître au moment où les globules rouges forment des piles entre lesquelles existent des espaces clairs; c'est dans ces espaces qu'elles se montrent avec netteté. En poursuivant alors l'observation, on voit ces granulations grossir progressivement, devenir anguleuses; de leurs bords partent de petits prolongements qui sont les premières travées du réticulum fibrineux. Ce réticulum se complète ensuite peu à peu.

Il est probable, d'après ces observations, que les granulations 'wio iios anguleuses, que nous avons signalées plus haut dans le sang en traitant des granulations libres, sont de petites masses de fibrine, el qu'elles sont des centres de coagulation, de la môme façon qu'un cristal de sulfate de soude plongé dans une solution du même sel est le point de départ de la cristallisation. Il serait important de savoir si ces granulations existent dans le sang qui circule clans les vaisseaux. Nous n'avons pu encore nous en assurer, mais, comme on les voit dans le sang au bout du temps si court qu'il faut pour exécuter une préparation, il est bien probable que ce sont là des éléments normaux du sang '.

Origine des éléments du sang — Il cst admis généralement que les globules blancs du sang proviennent de la lymphe; il est possible qu'ils en viennent tous; il est aussi possible qu'ils se multiplient dans le sang.

Il reste à savoir d'où proviennent les cellules lymphatiques elles-mêmes. Nous avons vu qu'elles peuvent se multiplier après division du noyau en se séparant en deux (voy. p. IGi). Les cellules lymi)liatiques peuvent en outre prendre naissance dans hs interstices du tissu conjonctif; nous verrons plus tard, à propos de ce tissu, que cette hypotlièse est assez probable. Il peut au.ssi s'en j)roduire dans les ganglions lym|)hatiques.

SociiHiî fie Biologie, H7:j.

Aucune de ces origines n'est encore prouvée d'une manière certaine.

Le mode de formation des globules rouges n'est pas encore bien connu.

(,ia.,..iaiinn< Lorsquc l'ou étudie les olobules rouges des têtards de orre-

VI I l'Unies -n j •

in< -lobule- "^'^^''^^ septième jour au quinzième jour après la lécondation, rmi-es. soit cu obscrvant directement les capillaires et leur contenu sur l'expansion membraneuse de la queue de ce petit animal immobilisé par le curare, soit en examinant le sang qui s'écoule d'une incision pratiquée sur cette expansion membraneuse, on voit que des globules rouges contenant manifestement de l'hémoglobine possèdent encore dans leur masse, à côté du noyau, des gi-anulations vitellines , d'autant plus grosses et d'autant plus abondantes que l'embryon est plus jeune. La présence de ces granulations dans l'intérieur même des globules rouges du sang nous suggère trois hypothèses possibles, sur leur mode de développement. Ces globul(!s rouges ont la propriété de former dans leur intérieur des granulations viloUines; ou bien ils ont joui à une certaine époque de propriétés ainiboïdes analogues à celles des globules blancs qui leur ont permis d'absorber ces granulations placées dans leur voisinage; ou bien enfin ils sont un produit ultime de segmentation de la masse primitive de l'embryon. Dans l'état actuel de la science, la première hypothèse n'est guère acceptable ; restent les deux autres, et il est impossible de savoir laquelle correspond à la vérité.

Comme les globules ronges présentent des noyaux chez les

amphibies et chez les poisssons, et qu'ils en ont chez l'homme

pendant la vie embryonnaire, on est parti de là pour supposer

qu'ils proviennent des globules blancs.

Kxpmence Hecldinsfliauscn a essayé de le démontrer par l'expérience suide Rockling:- ^ , i j j -i i

hanson. vantc, dont il nous a indique verbalement la plupart des détails Il faut, pour la faire, se munir d'un vase de verre d'une capacité de 2 à 3 litres et rempli d'eau, d'un petit creuset de porcelaine, d'un verre de montre et d'une assiette. Il ftuit en outre avoir du papier à filtrer et de l'eau aiguisée de 7^, d'acide sulfurique. L'animal qui sert à l'expérience doit être une forte grenouille, bien portante, sans ulcération ni plaie.

' Les résultats du cette cxpiirieiice se trouvent indiqués approxiin iliveinonl dr.i< les Archives d'annloinie microscopique de M. Schu/lze, t. Il, p. 137.

Le creuset est chauffé au u;az ou sur une lampe à alcool jusqu'au rouge sombre, ainsi que le verre de montre ; quand le creuset est refroidi, on coupe la peau de la grenouille en avant du sternum avec des ciseaux chauffés. Le sternum découvert est enlevé, le péricarde incisé; la pointe du cœur qui vient faire saillie par la plaie est coupée d'un coup de ciseaux, et le sang qui s'en écoule goutte à goutte et qui ri'a touché aucune autre partie de l'animal que les parois du cœur est recueilli dans le creuset et recouvert du verre de montre. Alors le grand vase est vidé, et au fond est placé du papier à fdtrer imbibé de l'eau aiguisée d'acide sulfurique. Sur ce papier est déposé le creuset. Sur les bords du vase est mise une couronne de papier à filtrer imbibée de l'eau acidulée, et le tout est recouvert avec l'assiette qu'on a préalablement lavée avec l'eau acidulée.

Toutes ces précautions minutieuses sont destinées et servent en effet à prévenir le développement de microphytes et de microzoaires dans le sang. La chaleur a détruit les germes qui pouvaient exister sur le creuset, le verre, les ciseaux; l'acide sulfurique qui imbibe le papier à filtrer a l'avantage d'être hygrométrique, et d'assurer par conséquent, en maintenant humide le papier à (iltrer, la fermeture entre le vase et l'assiette. De plus, il détruit les geiTOCs qui pourraient passer avec l'air qui pénètre dans le vase par suite des variations de pression.

Dans ces conditions, le sang peut vivre quinze jours et même un mois, sans qu'il s'y développe ni bactéries, ni microphytes d'aucune espèce.

Nous avons fait trois de ces appareils que nous avons laissés l'un dix jours, l'autre quinze jours, et le troisième vingt-cinq jours.

Au bout de dix jours, la fibrine était redissoule.

Au bout de vingt-cinq jours, nous avons retrouvé les globules rouges intacts ou avec des boules sur leurs bords, comme nous les avons décrits plus haut; quelquefois ils étaient échancrés. Quelques-uns des globules blancs avaient conservé leurs mouvements amiboïdes et avaient mangé une partie des boules formées aux dépens des globules rouges.

Outre ces globules bien caractérisés, on trouvait des cellules fusiformes, des globules rouges qui avaient perdu leur hémoglobine et étaient déformés de diverses manières. Mais rien n'autorisait, dans tout ce qui a été vu, à dire que les globules blancs

forment les globules rouges. En loiil cas, ils n'en Ibrment pas tous, car au bout de vingt-cinq jours, il en reste un gi and nombre ; il paraît mémo, d'après les préparations, en rester un aussi grand nombre qu'il y en avait au début.

Pour trouver la solution de celle question il faudrait donc disposer autrement l'expérience. Elle réussirait peut-être sur des animaux à sang chaud, en maintenant les éléments à une température convenable. Cbez ces animaux, en effet, la vitalité des éléments étant plus considérable, les changements ou les transformations se feraient plus rapidement ; mais l'expérience est difficile à disposer et n'a pas encore été faite. On ne peut donc encore rien dire de positif sur ce point '.

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