‹ Traité technique d'histologie (volume 2)Chapitre 33 sur 81 · TRAITI': TGGIINIQIJJÎ D'IIISTOLOOH · texte numérisé non relu

TRAITI': TGGIINIQIJJÎ D'IIISTOLOOH

{>i'and nombre l)oiilcs do segmonlalion. Ellos sont fifriiiriiiln.s siirloiil au fond de la ravilé. An delà, la foiipp présente à considérer les granulations du vitellus de nutrition, qui n'apjjarliennent plus à l'embryon. En résumé, l'œuf fécondé pondu cl, non couvé présente, au niveau de la cicatricule, des cellules polygonales unies les unes aux autres sm^ plusieurs couches et constituant le feuillet externe, des cellules plates formant plus ou moins complètement le feuillet interne, et une cavité remplie de sphères de segmentatittn.

Au bout de dix-sept luMues d'incubation enviion apparaît, d'après Peremescliko, le feuillel moyen. Tout d'abord se montrent., entre le feuillet externe et l'interne, des boutes de segmentation, en même temps qu'il s'en trouve encore sur le fond de la cavit(' du germe». D'après Peremeschko, les boules qui se trouvent entre les deux feuillets y seraient venues du fond la cavité en traversant le feuillet interne.

Kmi.iYo;i Après vingt - quat rc heures d'incubation, les trois feuillets viii^'-'iiiaiw sont nettement Ibi'més ; les boules de segmentation se sont dispoii'inniibaiioii. sécs OU couchcs coutiuues pour former le feuillet moyen. Au-dessous des Irois^ feuillets, on voit la cavité du germe, sur le fond de laquelle se trouvent encore d(;s boules de segmentation en petit nombre. Au bord de la cicatricule, le feuillet moyen n'existe pas et le feuillet interne vient toucher l'externe ; c'est ce point que llis appelle le rempari du germe (Keirawall).

Dans les heures qui suivent les vingt-quatre pi'emières, l'enibryon pi-end une forme définie. Il apparaît un sillon que l'on appelle le sillon dorsal. Il est formé aux dépens du feuillet externe, mais en son milieu les deux feuillets externe et moyen sont confondus l'un avec l'autre.

Emi)non /Vu bout dc trente-six à quarante-huit heures, le développe- (iinuante-iMiii ment cst beaucoup plus avance, bui- une coupe perpendiculau-e

luMires .' ^ . TUT

ii incubiiiini,. à l'axe spnial et passant par- la partie moyenne de l embryon, le sillon dorsal est fermé et est devenu le canal vertébi-al (fig. 59); des deux côtés on voit deux masses qui sont les vertèbres primitives. En avant du canal vertébral se trouve la corde dorsale cd; elle repose sur le feuillet interne. Entre ce dernier et le^ feuillet externe, on distingue la lame latérale m qui, elle-même, se divise en deux couches distinctes pour laisser une cavité p qui est la cavité pleuro-péi-itonéale. Déjà existent les deux aortes primitives r/, qui se trouvent en bas dnns le sillon que lai^-^eiit

Kl'lTIlKLIIhMS. 2:51

(iiilro e\U'i< les v('rl('l)i'cs primilivos cl les lamos l.'il.érnlos ; on lianl, dans un sillon analogue, so. Irouve lo corps de AVollï c.

Nons nous arrêterons, ici dans ceLLe histoire du développement de l'embryon; le point où nous sommes arrivé permet de comprendre aisément la i)art considérable qui revient à chaque espèce d'épithélium dans ce développement.

Le feuillet externe donne naissance ;! l'épidermo el aux cellules (les glandes de la peau.

Le feuillet interne constiluera l'épitliélium des muqueuses, celui des glandes qui en dépendent, ainsi que i'épitbélium pulmonaire.

Ces deux feuillets du l)lastoderme présentent, dès leur origine, connue nous allons le voii", les caractères spéciaux des épithé-

V\r,. 59. — Embryon ilc poule aprrs cinqiiaiUrt-six heures d'incubalion. Coupe transversale de la région dorsale. — e, l'euillet externe; m, feuillet moyen; /, leuillct iniprne ; p, cavité pleuro-péritonéale ; a, aortes primitives; 7no, moelle épinière; c, corps de Wolff; cf/, corde dor-salo ; o, canal central de la moelle. (IJOd).

liums : ils sont composés uniquement de cellules soudées les unes aux autres pour former membrane. Les premiers tissus qui se montrent dans l'organisme ont donc la forme épithéliale.

Du corps de Wollf se forment les reins et les organes génitaux, avec les épithéliums qui leur appartiennent. Des vertèbres primitives et des lames latérales naissent les tissus cartilagineux, osseux, conjonctif et musculaire. Le feuillet externe de la lame atérale donne naissance aux parties périphériques du corps, les neinbres compris. Du feuillet interne de cette lame naissent la jarlie conneclive et musculaire de l'intestin, le cœur et la charjenle du poumon. La cavité pleiu'o-péritonéale, située entre les (Imix feuilhts des lames latérales, représente la première cavité S(r('use, et c'est sur sa surlace qu'a|)pai\nissent d'abord ces épilléliiuus spéciaux, connus aujourd'hui sous le nom d'endothéliniis.

Cai'nclèi'fx; liljillii'lilliiis.

réunis que dans ces tissus :

Ils sont toujours disposés sur des surfaces; ainsi, ils tapissent la suiiace externe du corps, les membranes muqueuses, les conduits et les ' culs-de-sac glandulaires, les surfîices séreuses, la cavité du cœur et celle des vaisseaux.

Ils sont constitués uniquement par des cellules juxtaposées et soudées les unes aux autres par un ciment intercellulaire dont l'épaisseur varie.

• Ils ne contiennent jamais de vaisseaux.

Ces trois caractères, disposition en couches de revôtemeni, soudure des cellules, absence de vaisseaux, servent à d('rmir le lissu épilliélial.

J.cs épitliéliums ont été classés de diverses façons; ils ont été divisés, suivant leur siège, en -(«pitbéliums de revêtement et en épitliéliums glandulaires. Mais cette distinction, qui peut être bonne pour la pratique, n'est pas fondée en morphologie; les ("pilhéliums de revêtement sont au fond de même origine-que les glandulaires. Remak a signalé en ellet à ce sujet une loi générale sur laquelle Kolliker' a beaucoup insisté. Lorsqu'il naît une glande au-dessous d'une surface couverte d'épithélium, il part de la face profonde de celui-ci un bourgeon qui s'enfonce dans l'intérieur des tissus et qui est constitué par des cellules du même genre que celles de réj)ithélium dont il provient. Ce bourgeon s'allonge peu à peu et pénètre jusqu'à la profondeur où atteindra la glande. 11 est d'abord plein, formé tout entier de cellules, et ce n'est, que plus tard qu'il se produit une cavité dans son intérieur. Lesj deux espèces d'épithélium dont nous venons de parler ont dônc^ une même origine et ne forment, au point de vue du développe-; ment, qu'une seule et même espèce, quoique plus tard les fonc; lions des uns et des autres deviennent dilTérentes. Nous rcviej| drons du reste sur ce point à la lin de l'élude des épitliéliums, l'on comprendra alors pourquoi la distinction en épiihéliums d" revêtement et en épitliéliums glandulaires ne saurait être m point de départ pour une bonne classification.

Généralement, les épitliéliums sont classés aussi d'après la forme des cellules qui les constituent, et le nombre des coudes

' KOlliker, EntwickhingsgoRc.liiclUo dos Mciischcn, 1801, p. 1538 el suivantes

KPITHKLir.MS. 2;in

>iiporposéos de ros cellules. A ce poinl de vue, on a dislingur : 1" L'épiihélium formé d'une seule coiiclie de cellules plaies, ou endothéliiim.Q.QX épitliélium se développe surLoul.aux dépens du feuillel moyen, et se rencontre sur les parois des cavités séreuses et des vaisseaux. Cependant, il s'en développe aussi aux dépens du feuillet interne du blastoderme. Ainsi, l'épithélium pulmonaire est'un endotliélium.

-2" L'épithélium formé de plusieurs couches de cellules superposées ou épithélium pavimenteux stratifié. L'épiderme, l'épiihélium de la bouche, celui du ])harynx, etc., appartiennent à cette espèce.

3" \j éjnt hélium à cils vibraliles. Cet épithélium se rencontre dan* la trachée et dans les grosses broncbes, dans les fosses nasales, dans l'utérus et dans les trompes, etc.

1" Uépithélium cylindrique, qui diffère de l'épithélium pavimenteux en ce qu'il est composé de cellules molles, aplaties latéralement les unes contre les autres. La plupart des auteurs ne considèrent comme appartenant à ce groupe que les épithéliums qui ont des cellules très-allongées ; en réalité on doit y ranger tous ceux qui sont formés de cellules molles et prismatiques, quelle cpie soit du reste la hauteur de ces cellules.

Xous n'insisterons pas plus longtemps sur ces divisions, et nous ne discuterons pas ici leur exactitude. Au poinl de vue pratique auquel nous nous plaçons, elles n'ont pas une grande importance.

PRATIQUE DES ÉPITIIÉLIUMS

Toutes les surfaces du corps, comme nous venons de le voir, sont recouvertes d'épiihélium ; mais tandis que l'épiderme et les produits cornés ont une grande consistance, l'épithélium des membranes muqueuses et des séreuses est formé de cellules molles.

Pour les préparer, nous aurons à tenir compte de cette diflérence. iMais la manière de recueillii' ces tissus et les préparations qu'on Icm- fait subir varient bien davantage suivant que l'on se propose d'étudier les celliUo.s isolées ou d'examiner leurs l'apporls.

L'observation des cellules isolées a pour but de déterminer leur forme et le détail de leur structure. L'oxainen de l'ensemble du lissu permet de se rendre conqite de l'ai^rangemenl réciproipie

23i THAITi: rKCIhMOl'K DTIISTOLOfili:.

des cftiliiles, do rrpaissoiii- plus on moins grande du cinionl inlercollulidiv, dn nombi-e dos roiiclies de collules sn|)erposros, enfin dfts iiij)])orls do ce lissu avec les parties soiis-jacentos, avec les vaisseaux, et avec les nerfs.

La connaissance complète d'un é[)itliélium ne s'obtient que pai' la combinaison de ces deux observations. Nous exposerons donc successivement les procédés à suivre pour étudier les cellules isoli'cs et les méthodes à employer ])0ur l'aire des préparations qui permettent d'examiner les cellules dans leur ensemble.

Iflétliodcs pour l'étude des cellules isolées. — LcS Cellulcs épi-

tbéliales peuvoid. être séj)arées les unes des autres, soit directement par des procédés mécaniques, soit à l'aide de réactils chimiques qui dissolvent le ciment inlercellulaire et lais.senl. les celhdos llotlei' librement dans le liquide de la préparation.

|lissori:ili(iM Moi/cns niécdniqties de dissociation. — Le moyen le plus simple 1k lwfu\\h'<. et le i)lus rapide pour se procurer des cellules épiihéliales consiste à racler avec un scalpel une surface couverte d'épithélium.La pelilo masse qui reste adhérente à la lamederinslrument estdiluée dans une goutte d'eau siu' une lame de verre, agitée avec une aiguille et divisée ainsi en fragments très-petits, l^a préparation recouverte d'une lamelle présente des lambeaux plus ou moins graîids d'épilliélium à cùlé desquels il est facile de trouver des cellules épithéliales isolées. Les cellules obtenues de cette façon sont toujours modifiées dans leur forme, non-seulement par le scalpel ou les aiguilles, mais surtout par l'action de l'eau, qui altère ces éléments et les rend souvent méconnaissables. Aussi ce procédé ne donne que des résultats très-imparfaits, et ne doit être employé que dans les cas où il est nécessaire d'avoir immédiatement une notion approximative de la forme ou de la disposition d'un épitliélium. Les épithéliums muqueux peuvent être dissociés ainsi avec quelque succès ; pour les épi- Ihéliums plus consistants, le résultat de ce procédé est médiocre. r,,-iini,-s Un moyen analogue est employé avec avantage pour l'examen

' '"(irfiâ' " (le l'épithélium de la paroi buccale. Il suffit de racler avec l'ongle la surlace intérieure de la joue, et de dissocier dans Un peu de salive sur une lame de verre la petite masse qui est restée à l'ongle pour trouver dans lapréparation beaucoup de cellules épithéliales isolées. Ces cellules se monlrent pour la plupart comme dos plaques irrégulièrement polygonales, possédant dans leur inlorioui- un uovnu ovalairo, oiiloui'é d'un semis do gi'amdalions

i-';iMTiii' iji;.MS. • 2.');;

[)lns ou moins nboudaiites ; d'iuilrcs, on moins griiiid iioiiihi'c, sont, riisi(bi-mos, li'ès-;illongôcs, munies d'un noyau en l'orme di' bâtonnet. Lorsque ces cellules sont d('(placées dans la pi'éparntion, soit par une pression exercée sur la lamelle, soit par le courant produit par une goutte de liquide déposée sur' l'un de ses bords, elles prennent alternativement l'une ou l'auli-e de ces deux formes, suivant qu'elles s'e présentent de face ou de prolil. Elles sont donc en réalité plates, minces, et possèdent;! leur contre un noyau ovalaii e et aplati. L'extrême minceur de leurs bords lem' donne une urande flexibilité; aussi très- / ^ > ,

souvent ils sont repbés sur le \ corps de la cellule, sur lequel ils Jîgurent une strie latérale.

Kn faisant varier le point à /'■■v/-^ l'aide de la vis micrométrique,

^ ' Fie. GO. — Deux cellules de 1 cpillicon se rend facilement compte lium de la paroi interne do la joue.

de celte disposition. Les cellules — lignes d'empreinle -, ,7, -rannla- ^ , " lions. (375 d.)

présentent encore sur leur surface des lignes droites, irrégulières, qui peuvent être observées avec de forts objectifs sur une cellule parfaitement étalée ; ces lignes ne sont autre cbose que l'empreinte des cellules voisines, qui les recouvraient en partie pour former le revêtement.

Lorsque deux cellules isolées ensemble sont restées en relation (fig. ()()), il est facile de s'assurer que les dépressions et les plis (le leur surface dépendent de leur emboîtement réciproque. * .

Ces cellules plates peuvent être ramenées à la l'orme sphérique par l'action de la potasse à /lO pour 100; elles diminuent alors de diamètre. Si l'on ajoute de l'acide acétique pour neutraliser la potasse, toute la masse de la cellule devient granuleu.se, sauf une bordure claire, que l'on considère généralement comme une membrane.

Le raclage peut aussi être employé ]jour l'étude à l'état Ci^iinios -i dis vivant (\es cellules épitliéliales à cils vibi-atiles. (Ibe/ la gre- ^Hvùr'h-ini nouille, après avoir ouvert la. bouclie (l(> l'animal, il est facile rl'enlever par ce procédé à la. surface du pbarynx des lambeaux d'épitliéliurn qui, recouverts d'ime lamelle, montrent sur leurs bords des cils vibratiles. Mais pour bien étudier les mouvements de CCS cils, il faut |)roç,édei' d'une façon un peu dilTér(Mit(>, et

^•■ffi ■ TRAITÉ TECIIMOUE D'HISTOLOniR .

cxaminor ]'(''jDitliéliLLm (hm l'immonr nqumise, où il so conserve. On crè.ve d'abord un œil à la grenouille, et l'on met une goullr' d'humeur aqueuse sur le porte-objet cbambre buniide; puis on racle sur le pharynx un peu d'épilhélium qui est placé dans l'humeur aqueuse ; le tout est recouvert d'une lamelle, et celle-ci est bordée avec de la paraffine.

Dans cette préparation se trouvent des rangées plus ou moins longues de cellules munies de cils vibratiles qui s'agitent et produisent dans le liquide un courant manifesté par le déplacement des globules du sang' ou des granulations qui v nageur. Lorsque ces corpuscules arrivent au voisinage des cils, ils sont rejetés au loin. Les groupes de cellules qui n'adhèrent |)as à la lame de verre et qui flottent librement dans le licpiide sont déplacés par l'action des cils sur ce dernier et tournent sur eux-mêmes ; ce mouvement de rotation devient plus rapide lorsque les cils prennent un point d'appui solide sur une partie d'épi théli uni demeurée fixe.

Si l'on examine la préparation le lendemain, on remarque que dans le centi-e les cils ont perdu le mouvement; ils l'ont conservi' sur les bords, c'est-à-dire là où ils ont eu de l'oxygène à leur disposition. Ce qui prouve que c'est bien là la cause de cette persistance des mouvements, c'est qu'en soulevant la lamelle légèrement, c'est-à-dire en redonnant de l'oxygène, on i-end le mouvement à des cils qui l'avaient perdu.

Kiihne' a déjà fait cette remarque que l'oxygène active les mouvements des cils vibratiles, tandis que l'acide carbonique et l'hydrogène les arrêtent.

Ariion ^'on chauffe la préparation, les cils qui s'élaieni arrêtés re-

ii'/ Ic's' "'' pi'ennent leur mouvement ; c'est vers,30 degrés que leur activit(î '^"vibl'.'.Vik.^^ est au maximum; si la température continue à s'élever, les mouvements diminuent peu à peu et à -i-O degrés ils cessent tout à lait. Une fois chauflés à ce degré, rien ne rend plus leurs mouvements aux cils vibratiles ; de plus, le noyau, qui' auparavant n'était pas visible, apparaît nettement dans l'intérieur de la cellule.

11 est intéressant de rapprocher ces faits de l'action de la chaleur et de l'oxygène sur les mouvements amiboïdes des cellules lymphatiques ; il y a là une analogie à peu près complète.

' Kiihne. Uebcr den Eiulliiss dor Gaso anC din Flimmorbnwoprnnp:. An-!i. fih- micros-. Anntomir, (. II, 1866, p. 372.

liPITHÉLlbMS. 237

Nous avons essayé l'acLioii do toutes les luaticres colorantes que nous avions à notre disposition sui- les cellules à cils vibratiles. Celles qui iic tuent pas immédiatement les cellules : le sull'atc et l'acétate de rosaniline en solution dans l'eau, le carmin neutre, l;' [)icrocarminate neutre, etc., ne les colorent pas tant qu'elles ont des mouvements vibratilcs. Mais au moment où les mouvements s'arrêtent dans les cils, la matière colorante pénètre dans la cellule et se li^e sui" le noyau qu'elle colore d'une façon intense, tandis que le corps de la cellule reste généralement plus paie. Los propriétés vitales de ces cellules ne consistent donc pas seulement dans le mouvement de leurs cils, mais encore dans la régulation de leur nutrition. Tant qu'elles sont vivantes, elles peuvent résister à l'entrée de la matière colorante, et ce n'est qu'au moment de leur mort, indiquée ici par l'arrêt des cils, que cette matière peut se diffuser dans leur intérieur.

Moyens chimiques de dissociation. — L'isolation des cellules se lait mieux au moyen des réactifs chimiques qu'avec les procédés mécaniques directs. Les substances que l'on emploie pour cela dissolvent le ciment interccllulaire et lixent en même temps les cellules dans leur form(\

Parmi ces réactifs, le sérum iodé (voy. p. 70) est un des sjiumiodé. meilleurs pour isoler les cellules épithéliales. Les tissus doivent y être placés en tout petits fragments et y rester vingt-quatre heures en été, deux à plusieurs jours en hiver.

Si l'on veut arriver à une dissociation complète, tout en conservant les éléments dans leur forme,, il faut laisser les tissus plusieurs jours dans le réactif, en ayant soin d'y ajouter de temps à autre quelques gouttes de sérum fortement iodé, à mesure que celui où le ti.ssu est plongé se décolore par suite de la translbrnialion de l'iode.

Au bout du temps indiqué, le ciment intei'cellulaire est à peu près dissous, ou du moins très-ramolli. En même temps, l'iode a lixé les cellules dans leur forme, de sorte que, tout en se dissociaiU, elles conservent celle que leur avait donnée l'arrangement du tissu dans lequel elles se trouvaient.

Le fragment retiré du sérum iodé est raclé légèrement sur sa suiface éj)ithéliale avec un scalpel, et le produit du raclage est porlé siu- la lame de verre dans une goutte de sérum. Agitée avec l'exti-érailé d'une aiguille dans le liquide, cette petite masse se sépare et .se dissocie. La préparation recouverte d'uii(> lamelle

Cellules

l'opitiK'liiiiii puiliionaire,

Cellules lie ré|ii(lL'ririe,

THAITI-: TliCHiMQUE U'1I1STUL(JGJ|.J.

l)i-és(3iilc dus IVagmeiiLs de lissu coiiiposés do rangées d(; ccllul,,.s, cl des cellules isolées en plus ou moins grand nombre. Ces cellules, fixées par l'iode, possèdent, comme nous venons de le dire, la forme qu'elles avaient dans le tissu; ainsi celles qui sont détachées de l'épilhélium dit cylindrique conservent une Ibrme prismatique, en rapport avec la pi'ession que ces éléments exercent les uns sur les autres.

Le traitement pai' le sérum iodé est d'une grande utilité pouila solution do plusieurs problèmes histologiquos.

Relativement à l'épitliéliiim pulmonaire, on discute encore [)0ui' savoir si le rcvèlfiinent épithélial tapis.se simplement la

(bssette intervasculaire ou s'il s'étend par-dessus les vaisseaux. Il est facile de rcîsoudre cette question à l'aide du sérum iodé. Il suffit de placer un fragment de poumon de grenouille dans ce réactif jusqu'à ce que ré])itliélium se délaclic facilement, de racler ensuite légèrement avec un scalpel la surface interne de ce poumon pour obtenir, dans le jtroduit du raclage étendu avec du sérum, de grands lambeaux plats à bords pâles. En certains points de ces lambeaux se trouvent des groupes de noyaux entourés d'une petite niasse de protoplasma granuleux, et d'où j)arlent des plis radiés dans toutes les directions. Ces lambeaux sont extrêmement minces ; leurs boi'ds sont souvent plissés ou retournés sur eux-mêmes. Outre les noyaux et le j)rotoplasma qui les entoure, les cellules épithéliales du poumon de la grenouille sont donc constituées par une lame très-mince qui s'étend par-dessus les vaisseaux, tandis que les noyaux avec le prolo- })lasma occupent la fossette intervasculaire.

C'est aussi au moy(.'n du sérum iodé que l'on peut arriver à la solution d'une question controversée à propos (les celhdcs profondes de l'épiderme. Dans le corps imiqiieux de Malpiglii,

Ku;. (il. — L:iniboau tlu l'û|)iLli61iiiiii imliiioliaire de la grenouille, isolé après l'action ilu sérum iodé. — >«, inenibranc l'ormée par les plaques endotliéliales ; /;, masse de proloplasma; ?î, noyau. (300 d.)

KI»ITIIliLlU.MS.

Sdiron' a découvert, sur des préparalioiis d'ciisoinblc ublenues par coupes, que les cellules épithéliales sont séparées les unes des autres par des dentelures (voy. plus loin); d'après lui, ces dentelures correspondent à des canaux poreux creusés dans l'intérieur d'une membrane cellulaire très-épaisse et qui Ibnl communiquer l'une avec l'autre deux- cellules voisines ; ces canaux seraient l'analogue de ceux qui existent dans certaines cellules végétales. Max. Sclmltze'-^ est arrivé, à l'aide delà macération prolongée dans le sérum iodé, à isoler ces cellules, et il a vu qu'elles sont dentelées sur leurs bords. L'hypothèse de Schron doit donc être abandonnée, car si elle était l'ondée, les cellules isolées ne devraient pas présenter de dentelures saillantes. D'après Schultze, ces cellules s'engrèneraient par leurs épines à la manière des roues* d'engrenage, pour donner au revêtement une grande solidité.

Plus récemment, Bizzozero'' a repris, (M1 la modifiant, l'ojnnion de Schron, et tout en admettant, comme l'a démontré Schultze, que les cellules ont des piquants, il pense que ces piquants ne s'engrènent pas, mais se correspondent i)ar leurs pointes.

Pour arriver à 'dissocier l(3s cellules (h.i corps muquoux do Malpighi, il Tant d'abord enlever, sur la peau i'raîche des doigts de l'homme, de petits lambeaux ayant -4 à 5 millimètres de côté. On les débarrasse du panniculc adipeux, puis ou les place dans quelques centimètres cubes de sérum iodé. La macération dans ce liquide doit être poursuivie pendant trois semaines, nn mois et même plus, et il faut avoir soin d'ajouter quelques gouttes de sérum fortement iodé à mesure que la solution se décolore. Au bout du temps que nous venons d'indiquer, l'épiderrne n'est pas ramolli à un degré suffisant pour que l'on puisse en obtenir facilement les cellules en raclant simplement sa surface. Il est cependant possible d'en faire la dissociation. Pour cela, le fragmenl de peau est placé sur une lame de veri'e, et à l'aide d'un scalpel à trempe dure, on y pratique des coupes perpendiculaires à la

' Sc/c-w. MolcsfholtV Uiilersiichiiiiseii zur NiUurlchre, t. IX.

2 Sdnillze. Die Stadiel- uiid RilTzelliiii "der liercren Scliiclilcn der Epidcrmis, tlickcr PnasIcrepiUierieii iind der EpiUieliiilkrebse. KîVc/wM;'.? yi)'cA . , t. XXX 186'i p. 2G0. '

;i liizzoznro. SiiIIm slrulliiiu dc-li lipitcli p.iviiiiiMilusi slintificMli. I'. Ccnli'ulilull 1871, p. /i82.

THAITK TECHNIQUE D'IIISTOLOUIE.

Cellules à cils vibratilcs isolées il l'aide du si;riiiii iodé.

surlacc. Il sulïil alors d'agir avec les aiguilles pour séjiarci' cuiiiplétemenL le revèteinenl épideriuique du corps papillaire sousjacent. Dans celte opération, un certain nombre de cellules du

corps inuqueux sont mises en liberté. On ajoute une goutte de picrocarminale, on recouvre d'une lamelle, et l'addition d'un peu de giy- (.'érine rend la préparation pei'sistante.

Sur cette préparation, les cellules se présentent sous la forme de polyèdres irré-

FiG. C2. — Deux cellules du corps nuiqueux de Malpiglii, isolées après inaccraliou dans le s6rum iodé. — cl, espace compris entre le noyau et la masse cellulaire; II, dents de la cellule. (880 d.)

brun et

auliers colorés en rouse-

munis sur toute leur surl'ace de dentelures très-variées de Ibrme .et de dimension. Au centre de la masse, il existe un noyau ovalaire, muni d'un nucléole. Tout autour de ce noyau, on aperçoit une zone claire à peine colorée qui nous indi- ({ue que le noyau a subi un certain retrait et ne remplit })lus la cavité dans laquelle il était contenu. La masse delà cellule n'est donc pas licpiide, puisqu'elle ne revient pas sur ellemême. Elle est au contraire solide, et le noyau est logé dans une cavité creusée au sein de sa niasse.

Le sérum iodé donne aussi de bons résultats dans l'étude des cellules à cils vibratilcs. Si l'on y place par exemple un fragment d'œsophage de la grenouille pendant vingtquatre heures en été, ou pendant trois à quatre jours en hiver, en prenant les précautions indiquées plus haut pour qu'il reste toujours de l'iode dans le sérum, on obtient par le raclage des cellules isolées et très-nettes. Les cils paraissent partir d'un plateau qui limite la cellule à sa face libre et qui \nrsente à la coupe optique deux bords ombrés, ce qui tient a son épaisseur et à sa réfringence. Le contenu de la cellule a un aspect granuleux, et dans son intérieui' se voit mi noyau

Fin. G.-H. — Cellule à cils vibratilesde l'œsophage de la grenouille, après macération dans le sérum iodé ; c, cils vibratilcs ; p, plateau; î?,noyau; w;, extrémité irrégulicrc de la cellule. (1100 d.)

ÉFITIIÉLIUMS. 241

arrondi ou ovakiire. Son extrémité profonde est terminée, tantôt par une pointe, tantôt par un bord irrégulièrement échancré. Son corps présente une Ibrme nettement prismatique, tandis que les mêmes cellules étudiées i'raîches dans l'eau paraissent arrondies et globuleuses.

Après l'action prolongée du sérum iodé, les |' cellules isolées peuvent être colorées au picrocarminate, et, après addition de glycérine, fournissent de belles préparations persistantes où les noyaux sont colorés en rouge, tandis que le protoplasma et les cils vibratilcs sont légèrement jaunes.

Pour l'étude des cellules cylindriques, le sérum iodé donne également de bons résultats. Ainsi, dans les cellules de l'intestin grôle, il fait appa-

~ ' ^ ^ cpilheliales de

raîlre nettement le plateau sti'ié de leur surface rintcsUn de la libre et le prolongement plus ou moins ramifié g>-enouiiie isolées

o 1 après l aclion du

de leur extrémité profonde. Dans le protoplasma sérum iodé. — de ces cellules se montrent des e-ranulations ^' i^'''^^'^''^"

o ?), noyau ; o, ex-

graisseuses, si l'animal était en digestion. trémité irrégu-

Le sérum fortement iodé présente en outre hère des cellules.

^ — 560 diam.

l'avantage de déceler la présence de la matière glycogène, par la coloration brun-acajou qu'il communique aux cellules qui en contiennent. Quand la quantité de matière glycogène est considérable, cette réaction est visible à l'œil nu ; il se produit alors, au lieu de la couleur jaune déterminée par l'iode sur la plupart des tissus animaux, une teinte brune très-marquée. Si l'on prend par exemple le larynx et le pbarynx d'un embryon de mouton, et qu'après avoir fendu ces deux conduits on les plonge dans le sérum iodé, la surface du larynx prend une teinte jaune, tandis que celle du pharynx devient brune, ce qui tient à ce que les cellules épithéliales de ce dernier contiennent de la matière glycogène.

La dissociation des cellules se fait bien aussi, sauf en ce qui aicooI regarde l'épiderme, après l'action d'un mélange d'alcool et d'eau , que nous appellerons, pour abréger, alcool -J :

2 parties.

Alcool à 36" de Cartier • 1

Si l'alcool n'est pas à il faut le ramènera ce titre en y

IlANVIER, llistol. 1(j

TKAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

Ci.'lliilns à cils vibralilcs

isolons il i'ajiii; de l'alcool.

ajoulaiiL de l'eau ou de l'alcool absolu, suivant qu'il est plus ou moins dilué.

Ce réactif dissocie plus l'apidcment que le précédent ; il convient surtout pour l'étude des endothéliums, des épithéliums à cils vibratiles et des épitliéliums cylindriques qui ont une structure complexe; il fait voir nettement les cellules calicilormes. 11 a surtout pour avantage de permettre de bien réussir les différentes colorations des cellules après qu'elles son! isolées '.

Lorsque les cellules à cils vibratiles ont été dissociées par l'action de l'alcool dilué, il est facile de les colorer. Si l'on veut en l'aire des préparations persistantes, le picrocarminate est le meilleur réactif colorant; mais le bleu d'aniline soluble dans l'eau fournit des préparations qui, si elles n'ont pas, comme les précédentes, l'avantage de se conserver longtemps, montrent d'une manière très-remarquable certains détails de structure fort im-

Fu;.(i5.- Cellule portants, épithéiiaic à cils Chez uu mammifère, chien, lapin, cochon

(radiée du co- <l'Iî^tle, prenous une petite portion de la tra-

chou tniide; al- chée et laissous-la macérer un jour ou deux

cool à un liei-s ; -, n i i , • i i ^ i

bieud'anilincso- "-''"^^ 1 alcool y, puis, avcc un scalpcl, ônlclubie).— c',ciis; yous de la surlace de la muqueuse trachéale

7, plateau siric ; ,-, i i, r -.i -i- n

n, noyau; /, ex- ^^^^^ petite poi'tion dc 1 epitlielium pour 1 agiiréniiié poiiUue tcr sur la lainc de verre avec une solution de 1000 dià'm'^ ~ ^^l*^*-^ d'aniline dans le mélange d'alcool et d'eau, recouvrons de la lamelle et examinons. Nous trouverons dans la préparation des cellules dont les cils sont incolores, et dont le plateau coloré en bleu présente une striation parallèle à l'axe de la cellule. Appliquons alors à cette

' Moksckott et Piso Bormû (Molescliott's Uulersucinuigcu zur Naturlehrc, Xi) p.. 99-107. Voy. Ccntriilb, 1872, p. 238) ont indiqué un mélange qui, d'apiès eux, sentit très-bon pour étudier et pour conserver les cellules à cils vibratiles. En voici la formule :

Solution de chlorure dc sodium à 1 pour 10. 5 volumes. Alcool- absolu 1 —

Nous avons essayé ce réaclif, qui nous a paru infciicur au mélange plus simple que nous indiquons ici.

Él^lTHÉLIUlMS.

L'Uulc un Ibrt gi'ossissement, et nous verrons que celte strialion' est produite par une série de grains incolores qui semblent être la continuation des cils dans l'intérieur du plateau.

Les cellules cylindriques de l'intestin, traitées [jar le bleu d'aniline après l'isolation par l'alcool, se comportent différemment. C'est le plateau strié qui se colore en dernier lieu, ce qui semble prouver qu'il n'est pas analogue à celui des cellules à cils vibratiles, qui se colore en premier lieu. La partie qui, dans ces cellules cylindriques, se colore d'abord et de la ftiçon la plus intense, c'est une couche placée immédiatement au-dessous du plateau.

Cette méthode permet aussi de voir très-nettement les cellules caliciformes isolées. Dans l'intestin, où elles se trouvent entre d'autres cellules à plateau, elles présentent la forme d'une coupe élégante avec des rebords renversés en dehors; le protoplasma avec le noyau est refoulé au fond de la cavité.

On obtient de très-belles cellules caliciformes, en mettant un fragment d'œsophage de grenouille dans de l'alcool au tiers pendant deux à trois jours et en colorant ensuite le produit du raclage au bleu d'aniline. Ces cellules sont grandes et ont une ouverture rétrécie de laquelle on voit sortir un bouchon muqueux légèrement coloré en bleu («, fig. 67). Cette seule obseivation montre que les cellules caliciformes sécrètent du mucus;

' Cette striation a été signalée pour la premièro fois par Eherth [Zur Kcnntnùs des feineven liaues der FUmmerepilliP.lien. Vircliow's Arch., vol. XXXV, 186G, p. Ull) et Marchi [Beobachlungen ûber WimperepWielien. Arcli. fur microsc. Anatomie, vol. Il, 186G,p. /167) sur les cellules des branchies de l'anodonle (grande moule d'eau douce). Marchi a même figuré des cils allant jusqu'au noyau ; pour nous, nous ne les avons point vu pénétrer dans la cellule.

Si le plateau existe toujours dans les cellules à cils vibratiles normales, il manque par contre dans certains cas pathologiques. Ainsi dans le liquide clair du coryza, on

trouve un grand nombre de cellules qui ont perdu leur Fit;. 6G. — Deux celplateau et dans lesquelles les cils naissent' directement du li'Ies à cils vibratiles protoplasma ; il y a môme de ces cellules où les cils par- '^^^ '"^'^^^ nasales tent de presque toute la surlace de la cellule, et où, au n.omme, isolées

lieu de présenter sur toute leur longueur le môme diamètre, cm^La. - 7 5 ïd iam" lis s'implantent sur le protoplasmi par une base en forme de cône (fig. GG).

Gollulos cylindriques.

Cellules caliciformes isolées au luoycii de l'alcool au tiers.

(30 sonl, comme le dil avec raison F. E. Schulze ' , des [«landes muqueuses unicellulaires. Nous reviendrons sur ces celkdes à pi'opos du tissu épilhélial.

Sur les préparations des cellules de l'œsophage de la grenouille laites avec l'alcool dilué et le bleu d'aniline, à côté des cellules

Fie. (37. — Cellules de l'œsophage de la grenouille, iisolées après macéralion datis l'alcool au tiers. — fl, l> et c, cellules caliciformcs ; d et e, cellules à cils vibratilcs; n, cellule à cils vibratilcs jeuue, dout les cils ne sont pas encore Ibrniés. — 320 diam.

calicilbi-mes se voient des cellules à cils vibratiles dont les plans

et les arêtes se présentent avec une admirable netteté. On peut y reconnaître tous les détails de l'orme que produit la pression des cellules les unes contre les autres. Ainsi, chez quelques-unes d'entre elles, on dislingue sur une des fac(3S une dépression à fond arrondi représentant en creux le moule d'une cellule caliciforme voisine {d, fig. 67).

Cette méthode convient également pour dissocier les cellules épithéliales de la face antérieure de la cornée, et celles de la muqueuse vésicale. Ces dernières en particulier montrent les détails bien connus de leur structure avec une admirable netteté. Les superficielles, larges et minces, paraissent " creusées sur leur face profonde de dépressions arrondies séparées par des crêtes plus

' Fr. E. Schulze. Epillicl- und Driisenzellen. Arc/i. fur microsc. Anatomie. 1867; p. 137.

Collulus épitliûlialns da la vessie.

FiG. 68. — Cellules épithéliales de la vessie du cochon d'Inde, isolées après l'aclion de l'alcool au tiers. — o, cellule de la surface vue par sa face profonde ; b, une cellule semblable vue de profil; c, petites cellules de la partie profonde du revêtement épithélial. — 300 diam.

dpilliélialos (lo la coniiie.

ÉPITHÉLIUMS. 24Î)

OU moins saillantes, ainsi qu'on en juge sur les vues de lace ou de proiil de ces cellules (lig. 08, a et b). Ces dépressions roprésentent les empreintes des cellules sous-jaccntcs dont les dimensions sont plus petites et la forme irrégulièrement globuleuse (c, fîg. 68).

Les cellules de la face antérieure de la cornée se montrent ^cci'ui& sous des aspects divers, qui dans ces derniers temps ont été décrits par Lott.'. Les plus profondes présentent sur une de leurs faces une petite plaque transparente, vitreuse, ou bien elles possèdent un prolongement qui porte à son extrémité une plaque semblable. C'est ce que l'auteur a désigné sous le noni de « cellules àpiei » {Fusszellen). Quelques-unes de ces cellules sont semblables, sauf en ce qui concerne leur grandeur qui est beaucoup moindre, à celles des couches superficielles de la vessie, c'est-à-dire qu'elles sont munies de dépressions dans lesquelles sont logées les cellules sous-jacentes ; une des crêtes donne naissance à un prolongement qui se termine par une plaque. Nous reviendrons sur ces cellules à propos de la cornée, et nous montrerons alors que toutes ces petites plaques viennent s'appuyer sur la couche la plus externe de la cornée, désignée sous le nom de membrane *de Bowman.

L'acide chromique, dans la proportion de 1 pour '10000 à ^cide

cIironii(|UD

■âpour 10000, et le bichromate dépotasse, à la dose de 1 pour 1000 oYbiciuomaie à 2 pour 1000, donnent aussi de bons résultats. Mais il est " ' ' indispensable, surtout en été, d'ajouter environ 20 à 30 gouttes d'une solution d'acide phénique à i pour 100 pour 30 gr. de liquide, afin de prévenir le développement des bactéries.

Pour les épithéliums durs et stratifiés, par exemple pour l'épi- roiassr. derme, la potasse à 40 pour 100 est un fort bon réactif; elle dissout le ciment sans détruire les cellules qu'elle ramène à la forme sphérique. Dans des proportions plus faibles, elle liquéfie tout le tissu.

La solution de potasse que nous venons d'indiquer peut aussi être employée pour la dissociation des produits épidermiques condensés, comme les poils et les ongles. Mais l'action ne s'opère qu'au bout d'un temps assez long.

' Loti, Ucbcr dcn feincren IJau uii.l ilio i)liysiolog;sclic ncKcncraLion dcr KpilliR- Wcn. {llntemuchungen auH dem InslUuln fiir Physiologie nml Ilislolngie in Grnz, herauig. vmi Rnlktt, 187.3, p. 266).

Acide sull'ui'i(|ii(> |i(iiir dissocier les tis.siis cornés.

Nilrale

(J'iM'g'OIlt.

'^''•O THAJTK TfiCIlNIQUE D'HISTOLOGIE.

Pour avoir une dissociation l'apide de ces parties (poils el ouLiles) le meilleur réaclil" est l'acide sulfurique ordinaire. L'objet à dissocier est placé sur la lame de verre avec quekpies gouttes d'acide sulfurique, recouvert d'une lamelle, et chaulîé sur une flamme. Le ciment intercellulaire est ramolli, et il suffit ensuite d'appuyer avec une aiguille sur la lamelle pour que les cellules se séparent les unes des autres.

Le nitrate d'argent en solution Irès-ftiible, a i pour 1000, peut servir à dissocier les cellules des épitliéliums mous. Un lambeau de la muqueuse est plongé dans la solution d'argent. Les cellules sont fixées dans leur forme, parce que le sel d'argent se combine avec les matières albuminoïdes. La surface épitliéliale est alors raclée avec vm cure-dents. Le produit du laclage est déposé sur une lame de veri'c avec une goutte d'eau distillée et on l'y agite pour séparer les cellules; une goutte de picrocarminate y est ajoutée pour les colorer, et en remplaçant la matière colorante par la glycérine mise sur le bord de la lamelle , on obtient des préparations persistantes.

Méthodes pour étudier le tissu épitliélial. — Après s'ètrC

rendu compte |)ar l'isolation de la forme des cellules, il importe d'examiner leurs rap[)orts entre elles et avec les tissus voisins', leur groupement pour former des couches de revêtement, en un mot le tissu qu'elles ibrment.

Les procédés à suivre se divisent en deux groupes : les uns sont destinés à permettre de reconnaître l'agencement des cellules en examinant les surfaces épilliéliales, ce sont les imprégnations, et presque exclusivement les imprégnations au nitrate d'argent ; les autres sont des procédés de durcissement divers qui permettent de faire des coupes perpendiculaires à la surface, et 'de reconnaître la disposition des cellules dans la lame épiihéliale en examinant sa tranche. Nous commencerons par les imprégnations d'argent.

Imprérjnations d'argent. — Nous avons décrit longuement dans notre chapitre des Méthodes générales (voy. p. 105) les précautions à prendre dans l'emploi du nitrate d'argent pour les imprégnations; nous y renvoyons le lecteur pour les détails sur lesquels nous ne reviendrons pas ici.

L'imprégnation peut se l'aire de deux façons : par injection, lorsqu'il s'agit du revêtement épilhélial d'im vaisseau : pai" aspersion ou immersion, lorsqu'il s'agit de sui-faces.

ÉPITHÉLIIJiMS. 247

Les injoclions se font, soit avec une solution de nitrate d'argent '"'i^'jff ' " dans de l'eau distillée, soit avec un mélange de nitrate d'argent P'"' en solution et de gélatine. Nous reviendrons sur la manière d'ap[)Iiqucr ces procédés lorsque nous parlerons des vaisseaux.

L'arrosage des surfaces épilhéliales libres se fait avec une solu- ^'"ijjj^"tion à i pour 300 ou ] pour 500. Les surfaces à imprégner doi- p^"\:;«p°;^'°" vent être bien tendues et arrosées d'abord avec de l'eau distillée immersion, pour qu'il n'y reste aucun corps étranger; on y laisse ensuite tomber goutte à goutte la solution d'argent. Quand on pratique rimiuersion, il faut avoir soin d'agiter constamment le lissu dans le bain d'argent (l pour 300 à 1 pour 500 de nitrate) où il est plongé, autrement il se forme à sa surface. un dépôt de chlorure et d'albuminate d'argent qui y reste adhérent et qui produit des images trompeuses. Lorsque la surface du tissu commence à prendre une teinte louche, c'est un signe que l'imprégnation est produite. La membrane est alors plongée dans l'eau distillée pour la bii3n laver; mais il ne faut pas l'y laisser longtemps, car le ciment qui réunit le stroma de la muqueuse aux cellules n'est pas toujours solidifié, et celles-ci seraient emportées par l'eau.

La préparation placée sur une lame de verre peut être étudiée dans différents liquides.

La glycérine la conserve bien, elle rend tout transparent et ne laisse voir que les raies noires de l'argent.

On peut aussi conserver la préparation à sec (Schweigger-Seidel) ; à cet effet, la membrane est tendue sur une lame de verre, de g';-,',fif''''' manière que l'épithélium imprégné soit en contact avec le verre, j^'i""'",,, et abandonnée à l'air ; puis, avant que la dessiccation soit tout à fait ""r^l''!!}''"^ complète, la membrane est enlevée avec une pince ; les cellules de l'épithélium restent adhérentes à la lam(ï de verre avec leur ciment intercellulaire imprégné. Il suffit de la recouvrir avec une lamollo que l'on borde à la paraffine pour obtenir une préparation durable.

Pour conserver dans Je baume une membrane imprégnée à l'argent, il faut, pendant qu'elle est encore tendue, la plonger dans l'alcool ordinaire, puis dans l'alcool absolu. Lorsqu'elle est déshydratée, elle est portée sur une lame de verre où on laisse l'alcool s'évaporer jusqu'à ce que la membrane commence à devenir terne; une goutte d'essence de girofle ou d'essence de térébenthine la rend transparente, et il ne reste plus qu'à ajouter du baumn et à recouvrir d'une Inmelle pour terminer la ])réparation.

Improi^natioii (les

(>ii(lntli(;liiims.

Mcsonlôrc.

Fin. C9. — Eiidotliélinm du mésentère de la lorliie, impré

233 diam

d'argent. —

'24,S TRAITIÎ: TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

Quelle que soit celle de.ces méthodes que l'on ait employée pour imprégner d'argent un vêtement épithélial, les cellules sont séparéees les unes des autres par des lignes colorées en brun plus

ou moins foncé. Si le tissu imprégné d'argent est traité ensuite par le chlorure d'or', à l pour 10 000, prennent une belle teinte violette.

Les imprégnations d'argent, faites suivant les procédés que nous venons de décrire, réussissent également bien sur les endothéliums'-^ et sur les épithéliums. Nous étudierons successivement les faits qu'elles permettent de constater sur l'un et l'autre do ces groupes de tissus.

Une séreuse à surface continue, comme le mésentère par exemple, traitée par le nitrate d'argent, présente des dessins extrêmement* réguliers,

produits par la réduction de l'argent dans le ciment intercellulaire et dessinant les contours des cellules (fig. 69).

Pour manifester les noyaux de ces cellules, il suffit généralement d'un séjour de quelques heures dans le picrocarminate d'ammoniaque. Lorsque la solution d'argent employée a été trop concentrée , ou lorsqu'elle a agi trop longtemps, cette coloration ne se produit pas, parce

Fio. 70. - Grand épiploon du chien adulte, qUO le protoplasma et le imprégné d'argent. — a, interlignes cellulaires ^ovau dcS CellulcS, dans imprégnés-, — /a mailles; — if, travées con- ^ ^a^\

„cciives. -1 300 diam. Icsqucls 1 argent a pene-

* Journal de l'anatomie et de la physiologie, 1808, p. 21G.

2 Le mot endothélium a été créé par His pour désigner les épitliéliunis qui

ùr.n 1

'lli|ll0011.

liPITHÉLIUMS. 240 lr(', ont une nouvolle constitution chimique qui ne permet plus hi fixalion diî la matière colorante.

L'endolliélium qui recouvre des travées plus ou moins épaisses, comme celles de Fépiploon par exemple (llg. 70), se moule sur ces travées. Sur les plus grosses, les cellules éj)ilhéliales constituent par leur agencement une sorte de tube, comme on s'en assure en faisant varier le point, de manière cà suivre les lignes noires du contour cellulaire successivement à la lace supérieure, sur les bords et à la face inférieure de la travée. Les travées les plus fmcs sont revêtues d'une seule cellule ondotliéliale qui se soude à elle-même par ses bords opposés, et forme un tube complet à elle seule.

Sur la face interne du cœur, les cellules endothéliales sont polygonales; dans les artères, et à mesure que celles-ci diminuent de calibre, les cellules s'al- • lonuent et deviennent de moins en moins larges. Dans les capillaires, elles sont très-longues et très-étroites. Elles s'élargissent de nouveau dans les veines (fjg. 7-2).

Dans les capillaires lymphatiques, elles sont échancrées sur leurs bords et présentent des dents mousses qui s'engrènent les unes dans les autres (fig. 73.)

Dans les intestins, dans la vessie, dans les bronches, il v a Emiotiidiium

11 I • , ■ soussous 1 epilhélium une couche de grandes cellules plates, poly- cpiuiéiiai.

Endolliélium

tics vaisseaux

FiG. 71. — Artûrioles de rintosLin du lapin imprégnées d'argent par injection ; E, cellules endothéliales de la face interne ; m, tunique musculaire. — 200 dianl.

développent aux dépens du feuillet moyen. Comme la plupart de ces épithéliums sont formés d'une seule couche de cellules plates, His a cru pouvoir désigner sous ce nom une espèce particulière d'épitliéliiims , tant au point de vue embryologique qu'au point de vue morpliologiijuc. Mais tous les épithéliums à une seule couche de cellules plates ne proviennent pas du fiiMilict moyen; ainsi l'épithélium pulmonaire, qui est construit sur ce type, provient du feuillet interne. Le fait reconnu par His n'a donc pas une portée générale, et le mot qu'il a créé ne peut élrc applique

2;iO PHAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

gonales, que M. Debove ' a sii^nalco pour la])remièrc (bis. Si l'on prend un fragment d'intestin grèlo, et qu'après l'avoir imprégné avec une solution de nitrate d'argent à 1 pour 300 on cliasse avec le pinceau les cellules épithélialcs, la surface ainsi dénudée, imprégnée une seconde fois par l'argent, ])résente sur les villosités un réseau de lignes noires, marquant les limites des cellules endothéliales. Ces cellules ont des bords irrégulièrement festonnés qui s'engrènent avec les bords des cellules voisines. C'est

Fif.. 72. — Veiiio jugulaire du lapin, iinprégnôc d'argcut par injection limitée. Dessiccation. Eclaircissement dans l'essence de girolle, liaume du Canada. — (I, ligne de séparation des cellules endothéliales marqui'e ])ar le dépôt d'argent; VI, fibres musculaires lisses dont les limites sont dessinées par le dépôt d'argent. — 250 dium.

cette couche endotliéliale que llis- a prise pour le revêtement du chylifère central ; elle n'est pas, comme il le croyait, au centre de la villosilé, elle est immédiatement sous l'épithélium et s'étend

dans le sens qu'il lui donnait. Nous le conserverons avec la signification qu'il» prise aujourd'hui dans le langage des liistologistes, et nous appellerons cndothélium tout épithélium formé d'une seule couche de cellules plates, quelle que soit son origine.

' Debove, Mémoire sur la couche endotliéliale sous-épitliéliale des membranes muqueuses. Archives de plnjsiologie, 187/i, p. 10.

'^His, Ucber das Epithcl. der Lymphgefiisswurzcln. etc. Zeilsclirijl. fur wisscntnh'tfll Zooloiyie, t. Xlll, p. ^62.

ÉPITIIIÎLIU.MS. 2ol

à toiilc la siirlace do l'inleslin. Au niveau des glandes de Lieberkiihn, elle se déprime et ibi nie ce que l'on a appelé la paroi propre de ces glandes.

Dans la vessie, cet endotliélium est formé de grandes cellules polyédriques, à bords droits. Dans les bronches, il y a aussi sous l'épitliélium un endotliélium polygonal, limité par des lignes droites.

Pour l'étude de l'endothélium pulmonaire, l'objet le plus favorable est le poumon de la tortue, parce que l'imprégnation peut y être faite directement comme s'il s'agissait d'une séreuse. En effet, lorsque l'on a divisé à l'aide de la scie les deux lames de la carapace qui attachent le sternum, celui-ci est facilement enlevé, en se servant d'un scalpel pour détacher les parties molles. Lorsque cette première partie de l'opération est terminée, le poumon quia été divisé par l'incision apparaît dans la cavité thoracique sous la forme d'une membrane réticulée adhérente à la face interne de la pièce dorsale de la carapace.

Il se présente ainsi par sa-face intci-ne, qui peut être directement soumise à l'action de la solution de nitrate d'argent. Lorsque l'imprégnation est produite, on lave à l'eau distillée, on circonscrit avec un scalpel de petites portions de la lame pulmonaire ; cellesci .sont alors détachées et conservées comme s'il s'agissait d'une membrane séreuse.

Chez la grenouille, il faut, ji)our imprégner le ])Oumon, commencer par ouvrir largement la cavité abdominale, i)uis, avec une pipette introduite dans la glotte, on projette une solution de nitrate d'argent à 1 pour 300 dans les sacs pulmonaires; ceux-ci se gonflent et viennent faire saillie hors de la cavité abdominale. On les expos(! â la lumière et, quand la teinte brime s'est pi oduile, ils sont ouverts sous l'eau dislillée; avec des ciseaux, on

FiCr. 73. — Enclolhélium des capilliiii-es lymphatiques imprégné d'argent dans l'intestin du lapin. — 200 diam.

EiuloUicliiiiii |uilmoiinirc.

2o2 TRAITÉ TECHNIQUE IJ'HISTOLOGIE.

en coupe de pelits IVagmcnts sur lesquiMs se disUngiient les eellules endolhcliales.

Une variante de ce procédé, qui donne aussi de bons résultais, consiste à faire ressortir le liquide introduit dans le poumon, on pressant légèrement sur ce dernier, après que l'imprégnation s'est produite. Le poumon est ensuite gonflé par une insufflation d'air et ligaturé à sa base. On le coupe au delà de cette ligature, et il est mis à sécher dans un endroit chaud. Lorsqu'il est devenu sec comme de la baudruche, on le divise avec des ciseaux en petits fragments que l'on dépose sur la lame dans une goutte d'essence de girolle, puis on ajoute du baume du Canada pour faire une préparation persistante.

Chez le lapin et chez le chat (le jeune chat convient très-bien) on ouvre la cage thoracique; l'animal s'asphyxie ; on injecte alors dans son poumon, par la trachée, une solution de nitrate d'argent à 1 pour 300. Le poumon devient opalescent, puis noirâtre s'il esl exposé à la lumière solaire ; on en prend de petits morceaux, qui placés d'abord dans l'eau distillée, puis dans l'alcool absolu, deviennent assez durs pour qu'on puisse en faire des coupes.

Le procédé de l'insufflation après imprégnation, que nous venons de décrire pour le poumon de grenouille, est aussi applicable ici. Sur le poumon imprégné et séché il est facile de faire des coupes au rasoir. Ces coupes doivent être conservées dans le baume.

Le poumon de tous les animaux dont nous venons de parler présente un endothélium construit sur le même type. Les cellules qui le constituent ont pour caractère de présenter un noyau situé, non pas à leur centre, mais vers' un de leurs bords ou de leurs angles. Cette disposition peut être observée aussi bien sur les préparations faites par imprégnation d'argent que sur celles qui sont obtenues par dissociation (fig. 6i). Nous avons vu plus haut, à propos du traitement des endothéliums par le sérum iodé, que, sur les lambeaux d'épithélium pulmonaire détachés par le raclage après macération dans ce réactif, les noyaux sont plongés dans une masse de protoplasma granuleux. Dans les préparations à l'argent, lorsque l'imprégnation est forte, outre la limite des larges plaques endothéliales, marquée par une ligne noire, on distingue d'autres lignes noires situées sur un plan plus profond et formant autour des noyaux une circonférenci' plus ou moins régulière ; ces lignes mai'quent la limile des masses

ÉPlTHÉLiUMS. 253

de proloplasma périnucléaires. Nous reviendrons du reste sur celte disposition, et nous en compléterons l'interprétation dans l'arlicle de cet ouvrage consacré au parenchyme pulmonaire.

Les épilliéliums proprement dits peuvent tous être imprégnés in.pix'|?nation par l'argent aussi bien que les endothéliums. Il faut noter cepen- ôpii'«^iii""sdant que pour l'épiderme cette méthode ne donne pas de résultais avantageux, excepté chez l'embryon, où le tissu n'est pas encore corné et se comporte vis-à-vis de l'argent comme les autres ('pilhéliums stratifiés.

Pour iniDréonerunépithélium, par exemple celui de l'intestin, Epithoiium

r t> , A (-(g l'intestin.

voici comment il faut procéder. Un fragment d'intestin, pris sur un chat ou un chien que l'on vient de luer, et par conséquent tout à fait frais, est agité dans une solution de nhrale d'argent ù 1 pour 500; il y devient rapidement opalin. Lorsque l'opalescence commence à tourner à une teinte blanchâtre, l'iipprégnalion de la surface est faite ; le fragment est alors retiré, agité dans l'eau distillée, où on le laisse quelque minutes. En raclant ensuite avec un scalpel la surface interne de ce fragment, on obtient des lambeaux d'épithélium de diverses grandeurs que l'on étale sur la lame, avec quelques gouttes de picrocarminate. (Pour conserver ces préparations, on dépose une goutte de glycérine au bord de la lamelle, de manière qu'elle remplace peu à peu le liquide qui s'évapore.)

Les préparations recouvertes de la lamelle et portées sous le microscope présentent des lambeaux d'épithéliiuus vus de face. Examinés à leur surface (c'est-à-dire quand on éloigne l'objectif I de manière à voir leur partie supérieure), ces lambeaux montrent un revêtement régulier de cellules dont les contours sont dessinés par des lignes noires ; de distance en distance se présente sur ce revêlement une ouverture arrondie («, fig. 74), entourée d'un cercle concenti'ique diffus, b ; ce second cercle devient plus net lorsqu'on rapproche l'objectif, ce qui prouve que la partie qui donne celte image est située plus profondément.

l''iG. — RcvêlemenI, épithélial des villosilos de l'inlestiii du chien. Lambeau détaché et vu de face. — c, celhiles cylindi'iqcs vues par leur face libre ; A, cellules caliciformes ; ouverture de ces cellules sur la face libre de la villosité. — ^lOO diam.

ioi TRAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

Dans la même prôpai'alioii, il est lacile de trouver des iragments d'éi)ith(Miiim qui, au lieu de se présenter par leur lace, sont vus de profil et permettent d'examiner le tissu dans son épaisseur, comme on pourrait le l'aire sur une coupe. Ces l'raiiments montrent des rangées de cellules à 'plateau, alignées les unes à côté des autres, de manière que leurs plateaux sont exactement à la même hauteur ; leurs extrémités opposées, pointues, forment une sorte de dentelure à l'autre bord du fragment. De distance en distance, ces rangées régulières se. ti'ouvent interrompues par une cellule en forme de coupe, rétrécie à son col qui se trouve au niveau du plateau des autres cellules, élargie à . son milieu et se terminant en bas par une pointe analogue à celle des cellules cylindriques.

Le col étroit de cette cellule correspond au cercle («, fig. 7-4), et son corps élargi correspond au second cercle concentrique

au premier (Z», fig. 7-4). Tandis que toutes les cellules à plateau présentent un contenu granuleux et dans leur milieu un noyau ovalaire coloré par le picrocarminate, les cellules caliciformes ont leur intérieur ti-ansparent et leur noyau placé au fond du calice à l'endroit où la cellule commence à s'amincir.

Lorsque dans la préparation ces cellules fixées dans leur forme par l'argent se présentent isolées, on voit qu'à leur ouverture elles ont des rebords qui viennent s'appliquer sur les plateaux de> cellules voisines.

Sur un fi'agment d'estomac préparé de la même fanon, les cellules caliciformes ' paraissent composer à elles seules tout le revêtement, comme l'a

dit F.-E. SchulzeV Elles diffèrent de celles de l'intestin en ce qu'elles rie présentent pas de rebord et sont étroitement serrées les unes contre les autres ; leur produit de séci'étion forme ainsi une paroi muqueuse continue qui soustrait complètement les cellules épithéliales elles-mêmes, ainsi que les tissus qu'elles revê-

1 F. E. Schu/ze. Eiiilhel- und Diiisenzclleu , Ardi> fur mitrosc. Analomic, t. 111, 18G7, p. 137.

FiG. 75. — Cfliiik's caliciformes de l'cslomac de lu fçrenouille, isolées après macération dans l'alcool au tiers.

— h, cellules droites; g, cellules couchées sur les parties latérales des papilles de l'estomac.

De l'ouverture de ces cellules se dégage un bouchon muqucux. —

Epilhiiliiim 320 diam.

(le rcstom.'ii:.

lÎPITlIliLlUMS.

tenl, ù l'acliuii du suc gasU'ique. Li disposilion des cellules de l'inlcslin et celle des cellules de l'estomac sont les mêmes chez la grenouille que chez les mammirères.

Procédés durcissants pour permettre de faire des coupes. — La méthode la plus expédilive et la meilleure dans la majorité des cas pour ohlcnir un „

durcissement con\enable consiste à employer l'alcool absolu. Les fragments du tissu doivent être trèspetits, alin que l'alcool puisse rapidement les atteindre dans toute leur épaisseur; de plus, pour que la coupe que l'on doit pratiquer soit dans un plan bien déterminé, il est indispensable , s'il s'agit d'une membrane, de lui donner, awmt de la plonger dans le réactif, une extension convenable. Cette extension

peut être obtenue à Fic 7C. — Eslomuc de lu yrenouillo vciLc. Coupe l'aide de deux procé- ''"«"sversalc aprùs dui-cissemcut par injection d'al

dés. Le premier consiste à étaler et à lixer avec des épingles, sur un fragment de moelle de sureau ou sur une plaque de liège, une petite portion de la merubrane. Le second s'applique à des cavités d'une petite étendue, comme par exemple l'estomac de la grenouille ou l'intestin d'un petit animal. Cette cavité est remplie d'alcool absolu au moyen d'une pipette, après avoir placé les ligalures nécessaii'es. Une dernière ligature est placée au-dessous du bec de la pqjelle lors(|ue l'organe est bien distendu; celui-ci' est

JlElfAUDOT

cool absolu,- coloration au picrocaniiiiiale. A la surface, papilles revôtucs de cellules caliciformes a ; m, cellules caliciformes à rcmhoucliure des glandes; g, épithélium glandulaire; V, vaisseau sanguin;/ et muscles lisses de la muqueuse coupés en long et en travers. — 250 diaiu.

Diu'cissciiiciil .nu moyen de l'alcool absolu.

alors enlevé, plongé dans l'alcool absolu, el au bout d'une beure sa consistance est assez grande pour qu'il soit facile d'y pratiquer des coupes dans diverses directions. A mesure qu'elles sont délacbées, ces coupes sont déposées dans de l'alcool ordinaire ; on les y prend pour les mettre dans quelques gouttes de picrocarminate sur une lame de verre. Au bout d'une minute, on les recouvre d'une lamelle, et la glycérine est substituée au picrocarminate.

La même méthode, sauf en ce qui concerne l'extension, peut être avantageusement employée pour l'étude bistologique de toutes les glandes. Elle convient principalement pour celles qui contiennent des cellules muqueuses, la sous-maxillaire, la sublinguale, les glandes de la base de la langue, du pharynx, du larynx, etc.

Dans ce genre de préparations, le picrocarminate peut être remplacé par l'hématoxyline ; seulement, avant de monter la préparation dans la glycérine, il est nécessaire de bien laver la coupe avec de l'eau.

Tous les détails que nous avons indiqués sur les cellules de l'estomac et de l'intestin étudiées avec l'imprégnation d'argent peuvent être observés sur les coupes faites après durcissement dans l'alcool. Les cellules caliciformes de l'estomac et de l'intestin s'y montreront d'une manière d'autant plus nette que l'eau n'aura pas été employée pour faire la préparation, car le mucus qui remplit ces cellules, même quand il a été condensé par l'alcool, se gonfle de nouveau quand les éléments sont placés dans de l'eau pure ; c'est pour cela que nous avons conseillé de transporter directement les coupes de l'alcool ordinaire dans le picrocarminate. Le léger excès d'acide picrique qui reste dans le liquide additionnel de la préparation détermine une élection du carmin de plus en plus nette, de telle sorte que les préparations deviennent encore meilleures au bout de quelques jours.

Congéiaiion. La Congélation est un procédé simple pour donner aux tissus une fermeté suffisante et permettre d'y faire des coupes ; il est surtout bon pour les épithéliums glandulaires (voyez plus loin : Glandes salivaircs) . Nous avons décrit avec détails la manière de s'y prendre dans notre chapitre des Méthodes générales (voyez page 80). Lorsqu'il est revenu à la température ordinaire, le tissu contient généralemciit assez de liquide pour remplir l'espace

ÊPlTIlliLIUMS.

compris entre la lame et la lamelle; sinon, il faut ajouter sur les bords de cette dernière quelques gouttes de sérum.

La dessiccation est un des procédés de durcissement les plus an- Dojsiccaiion. ciennement usités. On l'emploie surtout pour les artères et pour la peau. Nous venons de voir qu'il se combine, avantageusement avec le procédé de l'imprégnation à l'argent pour l'étude des endothéliums (voy. page :^5"2).

Pour préparer la peau par ce procédé, il faut d'abord enlever avec soin tout le pannicule adipeux sous-dermique; autrement, à mesure que l'eau s'évapore, la graisse diffuse dans le tissu et empêche d'obtenir de bonnes préparations. Une fois la peau dépouillée autant c|ue possible de son tissu adipeux, elle est étendue sur une lame de liège, de façon que sa face profonde soit exposée à l'air. On la fixe avec des épingles, qu'il faut avoir soin de planter obliquement en dehors, autrement elle les arrache en revenant sur elle-même. Cette dessiccation doit se faire dans un lieu sec et chaud (en, hiver il faut mettre le tissu dans une étuve), de manière à être rapide, autrement il se produirait de la putréfaction.

Pour v faire des coupes, on insère la peau dans un bouchon Coupcs

, . , " , ■ sui' la peau

de liege ou l'on a préalablement tracé une fente avec une scie dcssûdiuo. fine. Le morceau de peau est glissé dans cette fente et s'y'trouve solidement lixé lorsqu'on serre le bouchon avec les doigts. Il ; faut employer un rasoir à trempe dure et avoir soin de faire la ■ coupe extrêmement mince, parce qu'elle sera gonflée par l'eau ' ou par le liquide dans lequel on l'examinera, ce qui augmentera d'autant son épaisseur.

Les coupes sont déposées sur un morceau de papier à sec. Puis, avec une aiguille mouillée dans du carmin ammoniacal concentré, elles sont transportées sur la lame de verre où l'on a préalablement mis une goutte du même carmin. Le liquide, en pénétrant par imbibition dans toutes les mailles du tissu, y porte la matière colorante, et la coloration se produit mieux que si les coupes avaient d'abord été placées dans l'eau. Au bout d'une demi-minute aune minute, les préparations .sont lavées, 1 de manière à enlever l'excès de carmin ; ensuite on les examine telles quelles, ou bien dans de la glycérine légèrement acidifiée avec de l'acide acétique ou de l'acide Ibrmique.

Ces préparations sont bonnes au point de vue de l'ensemble, imais non pour les détails. Klles permettent de bien voir la limite

RANviEn, lli-^lul.

2o8 TRAITÉ TECHNIQUE UTILSTULOGIE.

cuire répiderme et le derme; mais les conloiirs des cellules no sont pas distincts et lem^s noyaux seuls sont nettement visibles.

Une modification de ce procédé qui donne de meilleurs l'ésultats consiste à plonger d'abord les coupes dans l'eau pendant une demi-heure. Quand elles sont gonflées, on les met sur la lame de verre dans une goutte de picrocarminate. La coloration est achevée au bout d'une minute, mais le séjour de la préparation dans le réactif peut être prolongé sans inconvénients. On recouvre d'une lamelle ; puis une goutte de glycérine mise sur l'un de ses bords s'introduit peu à peu et rend la préparation persistante, en même temps qu'elle l'éclaircit en ne laissant bien visibles que les parties colorées. Les noyaux du corps muqueux de Mal])ighi sont colorés en rouge. Les cellules, qui présentent une teinte brune, ont des contours très-nets, marqués par des stries qui correspondent aux dentelures dont nous avons parlé plus haut (voy. page "ilV.)). La couche cornée est colorée en jaune par l'acide picrique. Elle est séparée du corps muqueux de Malpiglii par une couche de cellules aplaties, granuleuses, colorées en rouge brun, possédant des noyaux atrophiés, et qui correspond à ce que l'on a appelé le stratum lucidum.

Pour bien distinguer toutes ces parties, il est bon de laisseï" un excès de picrocarminate avec la glycérine, dans la préparalion.

La dessiccation élait également employée par les anciens histologistes pour les membranes recouvertes d'éjuthéliums mous ; mais elle a été abandonnée, parce qu'elle altère les cellules épithéliales et même les rend méconnaissables. , A< ir.i<5 L'acide chromique convient dans certains cas pour durcir l'épitliélium glandulaire; c'est un réactif difficile à manier, et il fiuil savoir interpréter ses résultats à l'aide des données que nous fournissent les autres méthodes. Il doit être employé en solution de 1 ^ à 2 pour iOOO. Si l'on prend des solutions plus fortes, il se produit un précipité albuminoïde granuleux qui enlève toute netteté aux préparations. Mais quand la précipitation lente s'est faite, on peut continuer avec des solutions plus fortes, par exemple à 3 pour 1000. Il faut un temps assez long (dix à trente jours) pour que les tissus aient acquis une consistance suflîsanie ; encore fautil que les fragments en soient très-petits et la quantité du liquide relativement considérable.

Pour la peau, ce réactif donne de bons i-ésultalsnlans l'étude des cellules dentelées et des rapports entre le derme et l'épideniie,

KPlTlliaiUMS. 2o9

mais les coupes sont difficiles à faire parce que les ditVérenles parties en sont inégalement durcies et glissent les unes sur les autres. Afin d'éviter cet inconvénient, il faut mettre dans l'alcool les pièce durcies par l'acide chromique, après les avoir laissées dégorger pendant quarante-huit heures dans l'eau distillée additionnée d'acide phénique. Cette dernière précaution est indispensable en été pour éviter le développement des bactéries. Les éléments prennent ainsi un degré de dureté plus égal. Les coupes doivent êti'c conservées dans l'eau phéniquée ou dans la glycérine. Nous y reviendrons à propos de la peau.

L'acide chromique s'applique encore avec avantage aux épithéliums stratifiés (bouche, œsophage) .et donne des résultats analogues '.

Les bichromates de potasse et d'ammoniaque ont sur l'acide chromique l'avantage de ne pas produire de précipité granuleux. ; Ils sont à recommander surtout pour les glandes (glandes sali- V vaires, lacrymales, etc.), mais ce n'est qu'après une macération ! très-prolongée qu'ils déterminent un durcissement suffisant pour I permettre de faire des coupes minces. Il faut alors en combiner l'emploi avec d'autres procédés, comme nous verrons plus loin. Les épithéliums durcis dans le bichromate ou dans i'acide chromique se colorent très-difficilement par le carmin.

L'acide osmique doit être employé dans les mêmes conditions que l'acide chromique ; il détermine la solidification de la substance intercellulaire, diminue la différence de réfringence entre le ciment et la substance cellulaire et affaiblit les contours des cellules.

Pour l'épiderme, il présente l'avantage de faire bien distinguer les différentes couches, et de montrer les rapports du derme et de l'épiderme. Un très-petit fragmentde'peau, bien dépouillé de tout

' Dans loules les iii-ilalioiis des épilliéliuius pavimerileiiN. stralifiéSj il se produit «dans les noyaux des cellules une vésicule formée aux dépens du nucléole dilaté ; icettc vésicide, en s'agrandissant, envahit tout le noyau et n'en laisse plus voir sur |lti coupe optique qu'un croissant. {Journal de l'anatomie et de la physiologie, 18GG, ip. G56.) L'acide chromique convient pour celle étude; seulement, il peut produire ^une cause d'erreur. En effet, sur les coupes du corps muqueux de Malpighi faites «nprés durcissement dans ce réactif, il arrive que des noyuHX, divisés d'abord sur a surface de section, se dégagent ensuite pour laisser au centre do la cellule une ^ivité. Il ne faut pas confondre cette cavité avec un noyau ayant subi la transfornation vésiculeusc.

Bichromate de potasse et d'ammoniaque.

Acide osmifiiio.

260 TRAITÉ TECHiMQUE D'HISTOLUUIE.

(le '^l'r'oau ptiniiicLile iitlipeux, et ayant seulement ^2 ou 3 millimètres de côté, iivcc r;.cicio est plongé pendant dix-huit à vingt heures dans 4 ou 5 centimètres cubes d'une solution d'acide osmique à 1 pour iOO. Des coupes peuvent alors y être facilement pratiquées à l'aide du rasoir ; elles doivent être d'une grande minceur, et examinées dans l'eau ou la glycérine. La couche cornée de l'épiderme est fortement colorée en noir (Langerhans), mais cette coloration n'est pas uniforme. Si la couche cornée est épaisse, comme à la face palmaire des doigts,

FiG. 77. — Coupe perpendiculaire à la surface de la peau de la face palmaire de l'indicateur de l'homme, après macération dans l'acide osmique. — e, partie superficielle de la couche cornée ; e" partie profonde de ta même couche ; t-', partie intermédiaire; s et s', conduits d'une glande sudoripare ; M, corps muqueux de Malpigiii; /, coi-puscule du tact; /c, tissu conjonctif du derme; v, vaisseau sanguin. — Cl diani.

il n'y a de coloré en noir que la couche superficielle et la couche profonde de la lame cornée ; une portion intermédiaire n'est que faiblement colorée. Il ne faudrait pas admettre pour cela l'existence de trois couches distinctes dans la lame cornée : en effet la portion superficielle de celle-ci, s'imprégnant d'osmium, empêche la ditfiision du réactif de se continuer dans une couche plus profonde. Par contre, l'acide osmique, traversant focilemcnt les mailles du dci-me et le corps muqueux do Mhlpighi, vient agir sur la partie profonde de la couche cornée comme il a ngi sur la supcificielle. Il reste ainsi au milieu de cette couclic

fl

KPITIIKFJUMS. 201

imo portion où l'osmiiun n'arrive ()as en quanlilé sofUsanLc pour produire la coloration caraclérisLique. Au-dessous de la lame cornée qui se limite par une ligne noire, se montrent des cellules aplaties avec des noyaux atrophiés ; plus profondément encore, le corps muqûcux avec ses cellules dentelées. Le derme se termine au niveau des papilles et des espaces interpapillaires par des fibrilles que l'acide osmique a rendues très-nettes. Elles sont coupées selon diflërentes directions et semblent même pénétrer entre les cellules du corps muqueux.

L'acide osmique peut être employé avec un grand avantage ^"j-lfl^^' d'une tout autre façon, pour étudier les couches épidermiques sur les doigts de l'homme. Un doigt aussi frais que possible est '-^ vaisseaux, préparé comme si l'on voulait y faire une injection colorée des vaisseaux. Une des collatérales est liée, l'autre est dégagée, et l'on pose en outre sur la base du doigt une ligature qui en comprend toutes les parties, sauf l'artère qui a été dégagée. Pour être efficace, cette ligature doit être complétée avec un serrenœud de de Graaf. Une seringue de verre d'une contenance supérieure à 5 centimètres cubes est remplie d'une solution d'acide osmique à '1 pour 100. On fait pénétrer par une forte pression exercée avec la main cette solution d'acide osmique dans le système vasculaire au moyen d'une canule qui est fixée dans l'artère dégagée. Le doigt se gonfle et prend peu à peu une teinte grisâtre. Après l'injection, il est abandonné à lui-môme pendant une heure ou deux. Des portions de la peau sont enlevées et placées dans de l'alcool fort où elles resteront vingt-quatre heures. Lavées ensuite à l'eau, elles sont mises, aussi- pendant vingtquatre heures, dans une solution sirupeuse de gomme, enfin reportées dans l'alcool qui leur donne une consistance très-ferme. Nous aurons l'occasion de rappeler cette méthode lorsque nous ferons l'étude complète de la peau et en particulier des corpuscules du tact. Elle donne, en ce qui regarde le corps muqueux de Malpighi, des résultats fort remarquables. Lorsque le tissu est ainsi durci, il est facile d'y faire des coupes perpendiculaires ou parallèles à la surface.

Sur ces dernières, après dégorgement dans l'eau et coloration au j)icrocarminate, le corps papillaire coupé en travers apparaît comme un cercle dans lequel les vaisseaux sanguins, les corpusculesdii tact et le tissu conjonctif sont très-distincts (fig. 7(S). Ce corps papillaire e.«;t limité par une première rangée deVelhiles épithé-

2C2 TRAITÉ TECHNIQUE D'IIISTOLOGIE.

lialcs(fjg.70).Ces cellules préscnlenUiii côlé du slroma [)aj)i!lairo des prolongements ou des dents simples ou ramifiées qui, pénétrant entre les petits faisceaux, du tissu conjonctiC, déterminent entre le corps muquenx de Malpiglii et le corps papillaii'e une union très-solide. Ces dents sont semblables à celles qui garnissent les cellules au niveau des faces et des bords par lesquels elles se correspondent. Si nous considérons maintenant la seconde et la troisième rangée de cellules et les rapports de ces cellules entre elles (fig. 79), nous serons frappés de ce fait que les dents ne s'engrènent pas les unes dans les autres. En effet, il exisic

FiG. 78. — Peau de la fa^'C palmaire de l'iiidicaleui- de l'homme. Section Irnnsversale faite après injection vasculaire d'une solution d'acide osmiqueà 1 pour 100, et durcissement parla gomme et l'alcool. Coloration au picrocarminate. — P, papilles; M, masse épitlicdiale inlcrpapillairc ; V, vaisseaux sanguins coupés en travers; S, conduit de glande sudoripare; CS, région cornée circonvoisine ; et, corpuscule du tact. — ÎOO diam.

entre elles une substance d'une réfringence différente de cello qui constitue les dents elles-mêmes. Pour faire cette observation, il est indispensable que la préparation soit extrememenl mince et ne contienne même pas dans son épaisseur une cclluh tout entière. L'examen doit être fait avec im très-fort grossissement. Nous avons employé l'objectif n"^ 1-2 à immersion d.' Ilartnack et Prazmowski.

Aci.io L'acide picrique en solution aqueuse est un des meilleurs réactifs durcissants, mais aussi des plus difficiles à manier. Les frag-

picnqiie

KIMTIIRLH'MS. 203

menlsdc tissu quo l'on y mcl, doivent ôtretrcs-pelils,oL la solution d'acide pioriquc saturée; ils doivent y séjourner vingt-quatre, ou au plus quarante-huit heures; ils y acquièrent de la fermeté, mais ils ne sont pas tannés comme par l'acide chromique. Les sections doivent être faites de Hiçon à ne pas comprimer la surface avec le rasoir ; l'opération est délicate. Si les fragments de tissu sont très-petits, de façon à être difficiles à maintenir, on les colle sur des lames de sureau avec de la gomme très-épaisse, puis le tout est porté dans l'alcool qui achève le durcissement. On peut faire alors des coupes Irès-fines que l'on colore au picrocarminate et que l'on conserve dans la glycérine.

Ce procédé est bon, surtout pour les glandes à mucus, et on particulier pour la glande sous-maxillaire. Le résultat est encore meilleur quand on emploie l'acide picriquc uniquement, sans avoir recours à la gomme et à l'alcool.

Sur un acinus de la glande sous-maxillaire dn chien traitée ainsi (fig. 80), les cellules épilhéliales claires se présentent avec leur sommet dirigé vers le centre de l'acinus ; au fond de la cellule on voit un n'oyau plat coloré en rouge au milieu d'un protoplasma jaune. Ces acini ne sont pas sphériqucs; ils sont allongés en forme de boyaux et se terminent par des culs-de-sac arrondis. Sur le fond de ces culs-de-sac reposent des cellules qui diffèrent des précédentes par leurs dimensions, leur forme et leur disposition. Elles sont petites, granuleuses, et forment un groupe qui, v\i de "profil, a la forme d'un croissant, y' ,

Il faut étudier ces coupes dans une solution faible de picrocarminate sans y ajouter de la glycérine. En effet, la glycérine ratatine les éléments; si l'on veut en mettre i)Our conserver la

■ Cianuzzi. Von deii Folgen des bcsclilcuniglen Rliilslromî; fiir dio Absonderiing dos Spcirhcls. In Siiclis. Academ. SitzuHs//nr,, 1865.

Fin. 79. — Coupe du corps muqueux de Malpighi parallèle à la surface. Injection Yasculaire d'acide osmiquc. DurcisKcmpiit par la gomme et l'alcool. — c, corps muqueux de Malpighi ; te, tissu conjonclif. — 1300 diam.

204 TRAITK TEmiNIQUE D'IlISTOLOrilR.

préparation, il faut la mélanger avec beauroiip d'eau, el, ensuilo la laisser se concenirer par évaporalion. On pcul aussi rnellre une goutte de glycérine au niveau du bord de la lamelle, de manière qu'elle y pénètre lentement, au fur et à mesure que l'eau s'évaporera.

l'ir. 80. — Olande sons-maxillaire du chien aiUille. Conpc faite après durcissement par Tacide picrlque. Coloration par le picrocarminale. — A, acinns coupé snivant son axe; B, aciuus coupé en travers près de son fond; «, cellule muqueuse; I, canal excréteur muni d'un épilhélium strié; w, couche endotiiéliale avec des noyaux )t;g, croissants dcCianuzzi; in, lacunes lymphatiques intermédiaires. — 330 diam.

La méthode de durcissementpar la gomme, pour l'aire des coupes sur les membranes revêtues d'épithélium, est celle qui a été indiquée page UO. Cette méthode donne des résultats inférieurs à ceux que l'on obtient par l'action de l'alcool absolu employé seul. Les préparations sont très-belles comme ensemble, mais les cellules épilhéliales n'y sont pas bien délimitées, et la coloration par le carmin ne s'y produit pas avec une élection aussi complèle que sur les préparations cà l'alcool.

Accroissement des épitliéliunis. — Au début dc CC cliapillV,

nous avons étudié comment se fait le premier développement des cellules épithéliales. INées directement des boules de segmentation du vitellus, elles se soudent les unes aux autres, constituent des couches continues et forment ainsi l'épiderme et

ÉPITllKLirMS. 2fio

les ('pilhéliiims proprement dits (feiiiilets externe ot interne du blastoderme). Mais après ce premier développement dont le mécanisme est si simple, les membranes épithéliales, pour s'élendre et se renouveler, sont le siège de néoformations cellulaires, et c'est là ce qui constitue l'accroissement des épitbéliums. Cet accroissement se poursuit pendant toute la vie fœlale et après la naissance; c'est ainsi que chez l'adulte les couches superficielles de l'épiderme 'ou- de l'épithélium buccal se détachent peu à peu, tandis qu'il se forme, dans la profondeur des revêtements épithéliaux, de nouvelles cellules destinées à remplacer celles qui se sont détachées.

Ce phénomène si facile à observer n'a pas encore reçu une explication hisLologique suffisante. Sur des coupes ftiites à l'aide de n'importe lequel des procédés que nous avons indiqués, on n'a pas réussi à voir, dans les différentes couches de l'épiderme de l'homme adulte, des noyaux en voie de division ni même des cellules contenant deux noyaux. La même observation faite sur l'épithélium de la bouche a conduit au même résultat. Cependant, chez rembrvon humain, il est facile de faire des préparations sur Muitipiina-

J ' ^ ^ lion

lesquelles on rencontre tous les signes de la division des cellules .'•'^f cc\mc<^

' " epulormiqiies

épithéliales du corps muaueux de Malpighi. Des fragments de la „ ^^l'o^

'■ . . lonilji'von.

peau .d'un embryon de deux à cinq mois, placés pendant quelques jours dans le liquide de MùUer, permettent d'enlever avec une ■pince des lambeaux d'épiderme qui, lavés à l'eau et placés dans la glycérine, montrent des cellules épithéliales très-nettes. Les noyaux de ces cellules présentent des nucléoles volumineux simples ou bourgeonneants; quelques-uns, possédant deux nucléoles, sont en forme de bissac. Certaines cellules contiennent deux noyaux qui se touchent encore ou sont plus ou moins distants ; enfin on observe sur quelques-unes des cellules du revêtement, disposée autour du noyau une vésicule arrondie (physalrde).

Toutes ces formes des cellules épidermiques peuvent être ob- Ei'in.ûiiomos

'I if-i». . lolnilos,

servees dans les epilheliomes pavimenteux lobulés; elles y ont été décrites par Virchow et les autres anatomo-palhologistes. Elles ne constituent pas un état morbide spécial ; elles sont simplement le signe d'un accroissement très-actif. Aussi les rencontre-t-on également dans toutes les infiammations de la peau, à côté de l'altération véj-irulcusc des noyaux que nousavons décrite. Ajoutons que chez Fembryon cl dans les épitliélioines les cellules épidermiques en

r/|iiliicliiiin piiîmonlé.

(le lu ivliiic.

Glandes inMi|iirMSf's.

^C>(> TRAITK TRCHNIOUR D'IIISTOLOOIE.

voie de midtiplicalion conLiennenUle la matière giycogène en plus ou moins grande quantité; celle-ci s'y manifeste par tous les caractères qui ont été indiqués à propos des cellules lymphatiques (voy. page 158).

L'opinion ancienne de llenle d'après laquelle la couche pi o- Ibnde de l'épiderme de l'embryon serait formée par une malièro granuleuse parsemée de noyaux (épitliélium nucléaire de quelques auteurs), repose sur une erreur d'observation liée à des joéthodes insuffisantes. Nous n'y insisterons pas ici, car aujourd'hui l'observation des embryons dans le liquide de Miiller est devenue banale.

Il est un épitliélium où la multiplication des cellules chez l'embryon peut être facilement reconnue ; c'est l'épithélium pigmenté de la couche externe de la rétine qui, avant les travaux de M. Schultze, était consid('ré comme appartenant à la choroïde. Après avoir laissé séjouiner l'œil d'un embryon de trois à cinq mois pendant une semaine dans le liquide de Millier ou pendant vingt-quatre heures dans une solution d'acide osmique à 1 pour 200, nous pourrons facilement isoler des lambeaux de cet épitliélium. Sur ces lambeaux, les cellules pigmentées se présentent de face. Nous •n'insisterons pas sur certains détails de leur structure qui trouveront leur place à propos de l'œil; nous ferons remarquer seulement que la limite des cellules est marquée sur ces préparations par des lignes claires non pigmentées, et que les noyaux incolores apparaissent très-nettement au milieu du protoplasma pigmenh' de la cellule. Or, parmi ces cellules, il y en a de plus grandes que les autres qui contiennent deux noyaux. L'accroissement de cet épilhélium semble donc se faire encore par une division dos noyaux et de la substance des cellules.

On peut aussi observer dans les glandes des j)hénomènes d'ac-

Fifi. <S1. — Epitliélium pigmenté de l.i rétine (riin embryon linmain (le cinq mois.

— p, pvotoplasma cliar^é de granules pignicntairos; n, noyaux iu, ciment inlercelUilairo sans ])igment; a, cellule contenant deux noyaux. — 535 diani.

Voyez Kôlli/cer, Éléments d'iiislolrigie, 2'' édition française, p. liO.

ÉPlTIIÉLir.MS. 2(i7

croissement des cellulos ('pilhôlialos ou gianduluircs, et c'est surtout dans les glandes muqueuses, comme la, sous-maxillaire et la sublinguale, que cette observation est facile. Suides préparations bien réussies, faites après durcissement dans l'alcool, le liquide de Millier ou l'acide picrique, on voit les culs-de-sac glandulaires presque remplis par de grandes cellules muqueuses, sauf dans le fond de ces culs-de-sac, où il existe des amas de petites cellules granuleuses qui, sur les coupes, forment des croissants (y, fig. 80). On admet aujourd'hui que ces cellules granuleuses sont destinées à former des cellules muqueuses par des transformations successives, lorsque ces dernières ont été usées par le travail de la sécrétion. Ces croissants de petites cellules seraient par rapport ù la masse des cellules muqueuses ce que sont les cellules du corps muquoux de Malpighi par rapport à la couche cornée de l'épiderme.

Les cellules endothéliales, bien que formant une seule couche, présentent des phénomènes d'accroissement évidents. Sur le mésentère d'animaux nouveau-nés (lapin, chat, etc.), imprégné d'argent et coloré au carmin, ou sur des préparations du revêtement endothélial des mêmes membranes, isolé par le procédé ùo Schweigger-Seidel (p. 247), les cellules endothéliales, au lieu de posséder toutes des noyaux à leur centre comme chez les animaux adultes, ont souvent deux noyaux ou un noyau situé prés d'une des limites de la cellule. Dans ce dernier cas, le noyau .de la cellule voisine est rapproché de la limite correspondante de cette dernière, de telle sorte que les noyaux no sont séparés que par un interligne cellulaire (voyez Dictionnaire fJo médecine et de cliirurc/ie pratiques^ t. XXIII, art. Épithélium, fig. 113).

Du reste, le remaniement des revêtements endothéliaux se fait avec une extrême facilité, si l'on en juge d'après l'étude expérimentale de l'inllammation des membranes séreuses et du grand épiploon principalement, où cette étude est très-facile. Une inllammation provoquée par l'injection de quelques goultes d'une solution de nitrate d'argent dans le péritoine amène le gonilement, la prolifération et la r-hute des cellules endothéliales du grand épiploon. Lorsf[uo le mouvement inflammatoire est ari-êté, les cellules qui sont devenues libres, et probablement aussi les cellules lymphatiques, s'appliquent sur 1rs travées de la hiem-

2()S TRAITK TEniINIQlin: n'IIISTOLOOII-.

brane, s'y étalent, el Ini roforniont un rovêternont ontlotliélial ' ;rti ces diverses observations sur la multiplication des cellules épilhéliales par division, l'accroissement des couches épidermiques chez l'adulte reste encore un mystère pour les histologistes ; aussi a-t-il donné naissance à une série d'hypothèses, dont la plupart n'ont pas de fondement sérieux.

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