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X. SAL£E

86. — Cartilage diarthrodial do l'extrémité inférieure du fémur du veau. Coupe perpendiculaire à la snrfaco, examinée dans une solution concentrée d'acide picrique. — s, substance fondamentale; c, capsules p, protoplasma cellulaire; n, noyau. — 500 diam.

de cuivre, à 1 chlorure de sodium

Acide osmique.

Acide picric|ue.

Ahin.

Nilnili' d'aryfi'rU.

Cliliii'iiru

d'or.

(^Iddj'iu'c di! sndiiiiii.

Pulassc.

?80 TRAITK TECIINIOIIR D'IllSTOLOGlR.

•40 pour i 00, conservent Ions, pendnnl un temps plus ou moins long, la cellule dans sa forme. De tous ces réactils, l'alun, dans la solution indiquée, est le meilleur ; il permet de faire des préparations persistantes, où le cartilage se montre avec tous ses caractères physiologiques.

ll'r soinUons Actîoii des matières colorantes. — Parmi IcS matièrCS Colo-

''■ rantcs que l'on peut employer utilement dans l'étude des car-

tilages, il en est une que je n'ai pas indiquée dans les Méthodes générales, parce que je ne la connaissais pas encore. Cette matière colorante est lapto-pitrine Extraite de la garance, la purpurine se présente sous la forme d'un corps pulvérulent aggloméré comme l'amidon, et d'un rouge-brique. Je l'emploie dans un véhicule qui a la propriété de fixer les éléments cellulaires du cartilage en môme temps qu'il colore leurs noyaux. Voici la formule dé cette solution de purpurine : 400 giammes d'eau distillée et i gramme d'alun sont portés à l'ébullilion dans une capsule de porcelaine; on y ajoute alors de la purpurine broyée et délayée dans un peu d'eau. L'ébuUition étant continuée, il s'en dissout une partie. On filtre à chaud, et la liqueur colorée qui s'écoule est reçue dans un flacon dans lequel on a mis préalablement 60 centimètres cubes d'alcool à 36 degrés de Cartier. On obtient ainsi une solution d'une couleur rose orangé qui présente une fluorescence très-marquée.

Pour colorer et fixer les éléments d'un (cartilage, on en fait / avec un rasoir sec des- coupes minces qui sont reçues à mesure ♦ dans la solution de purpurine, dont la quantité doit être seulement de quelques centimètres cubes. Au bout de vingt-quatre ou quarante-huit heures, les coupes sont retirées, lavées à l'eau distillée et montées en préparations permanentes dans la glycérine.

Ces préparations montrent les noyaux des cellules cartilagineuses colorés en rouge, limités par un double contour et possédant chacun un ou plusieurs nucléoles. Le protoplasma cellulaire incolore remplit constamment la capsule ; la substance fondamentale est très-légèrement colorée en rose.

Sclérotique Si l'ou vcutfairc des préparations de sclérotique de la grenouille

II' Rreiiouillo ^ ^ -, t , dm i

colorées par la purpurine, il sulfit de détacher 1 œil, et de le placer pmpnrinc. claus la solutlon. Vingt-quatre heures après, on enlève avec des

' Des applications do la purpurine à l'iiiskilojçie. Arcliioes de physiologie, i^'i^i, p. 7G1 .

TISSl; CARTILAOINI-UX. 281

ciseaux des fragments de la sclérotique. Après avoir (Ué lavés au pinceau dans de l'eau distillée, ils sont placés de nouveau dans la solution de purpurine. Lorsqu'ils y ont séjourné un ou deux jours, ils sont lavés encore une fois et montés en préparation dans la glycérine.

Sur ces préparations, la sclérotique se montre sous la forme d'un cartilage hyalin, présentant plusieurs couches de capsules cartilagineuses qui paraissent circulaires sur la membrane vue à plat, et qui sont aplaties suivant sa surface. Entre la sclérotique et la cornée, il existe une zone fibreuse qui réunit les deux membranes. Pour se continuer avec cette zone libreuse, la sclérotique s'amincit légèrement. A ce niveau, chez plusieurs grenouilles vertes que nous avons examinées à cet effet, nous avons rencontré, dans l'intérieur du protoplasma des cellules cartilagineuses, des grains pigmentaires en nombre plus ou moins considérable. Nous avons déjà vu dans le chapitre précédent qu'il existe dans la choroïde un épithélium pigmenté. Dans la môme membrane , il existe des cellules de tissu conjonctif chai-gées aussi de granulations pigmentaires. A ces variétés d'épithélium et de tissu conjonctif coirespond, comme

nous venons de le voir, un cartilage également pigmenté. Ce fait l'ou.' le cartdage un intérêt particulier. Il démontre en elTet

y.. SALLÎ.

FiG. 87. — Coupe longitudinale du ligamenl rond et de la tète du fémur du chat adulte. Décalcifiiiation dans une solution concentrée d'acide picrique. Coloration avec la purpurine. —V, cartilage fibreux ; Iv, cartilage fibreux calcilié; o, tissu osseux; m, canal vascuiaire; f, substance londaincntale fibreuse du ligament - e c capsules de cartilage ; co, corpuscules' os'. scu.\. - 200 diaui.

282 TRAHK TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

que le pigment, n'ayanl, pu voiiii- loiil. formé du dehors à l'élèment cellulaire, a été formé dans son sein. CcUe considération a son importance au point de vue de l'origine de la rnélanose et des tumeurs mélaniqucs.

Les préparations de cartilage des mammifères, faites suivant le môme procédé, sont moins belles, en ce sens qu'un certain nombre des cellules se sont ratatinées; néanmoins elles sont encore meilleures que celles obtenues à l'aide d'autres méthodes. Pour obtenir un succès complet, il faut plonger la pièce pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures dans l'acide picrique en solution saturée avant de faire les coupes. Celles-ci sont colorées comme il a été dit plus haut, et conservées dans la glycérine (fig. 87).

Outre la l'urpui'ine , beaucoup d'autres matières colorantes peuvent être mises en usage pour l'étude du cartilage. i,„i,.. L'iode doit être employé dans la solution que nous avons déjà indiipiét; et que nous reproduisons ici :

Lan distillée 100

lodurc (le polassiiini 2

Iode q. s.

(il doit y avoir des cristaux d'iode au fond du flacon).

La substance fondamentale est très-faiblement colorée par ce réactif, excepté dans les cartilages fibreux et élastiques ; le protoplasma se colore en jaune vif. La solution iodée sert donc à distinguer immédiatement le protoplasma cellulaire de la substance fondamentale; elle est très-avantageuse dans les études d'anatomie pathologique, pour empêcher la confusion que l'on a laite 'J^iliié trop souvent des cellules avec les capsules. Ainsi, dans le rhuma-

ili! 1 iode r .

,. r.o»"- tisme articulaire chronique, il se produit de grandes capsules les capsules rempHcs ôù pctitos capsules. Redfern, Otto Weber et d'autres

des ccllulnp. i i i ' .

ont considéré ces capsules comme des cellules, et ils ont pris la cellule ratatinée pour le noyau. Cette erreur peut être évitée par l'examen du tissu avec la solution iodée, cannin. Lg carmlu colore mal le tissu cartilagineux. Employé en solution neutre ou ammoniacale sur du cartilage frais, il ne présent aucun avantage. Toute la préparation est colorée; le noyau ne se remarque que comme une tache plus foncée, sans que les contours en soient distincts.

Le ]»icrocarminat(' doit être cm])loyé après que les éh'ineiils

TISSU CAUTILAfilA'I^l X. 283

ont été iixés soit par l'acide picriqiie, soit par l'alcool. 1! donne snrtout de bons résultats dans l'étude du cartilage réticulé.

L'hématoxylinc en solution alcoolique, prépai'ée comme nous Favons dit pag(! 108, colore la substance fondamentale en violet ainsi que le noyau des cellules.

.l'ai employé le bleu de, quinoléine en solution (voy. p. 58) dans l'alcool absolu. Sous l'influence de ce réactif, les cellules ne se rétractent que là où les capsules ont été ouvertes. Dans les autres on distingue le noyau qui demeure incolore. Les cellules sont colorées en bleu clair, la substance fondamentale en violet. La coloration résiste à la potasse. Sous l'action combinée de la potasse et du bleu, la couleur se fixe sur les gouttelettes de graisse, qui deviennent d'un bleu intense.

Le nitrate d'argent peut être employé avec avantage pour^déterminer nettement la limite des cavités capsulaires. Yoici comment il faut s'en servir. Après avoir lavé à l'eau distillée un cartilage, la tète d'un fémur de grenouille par exemple, on le plonge dans une solution de nitrate d'argent à 1 pour 300, jusqu'à ce que le cartilage devienne opaque. Il est alors retiré, et la tête du fémur est placée dans l'eau distillée pendant quelques minutes ; la coupe mince faite au rasoir présente une ftice convexe (celle de la surface du cartilage) et une face plane. Pour obtenir des coupes qui aient les deux faces parallèles, il faut, avant de mettre le fémur dans le bain d'argent, affranchir avec un rasoir trempé dans l'eau distillée une surface plane sur la tête du fémur, puis plonger la pièce dans le bain, et enlever ensuite la tranche mince que l'argent a imprégnée et durcie.

Sur ces coupes, examinées dans la glycérine (fig. 88), la substance fondamentale, colorée en noir, présente de distance en distance des espaces clairs dans lesquels on ne distingue aucun élément cellulaire; ces éléments ont été rendus si transpai'ents par la glycérine ([u'ils sont invisibles. Autour des espaces clai'rs, se remarque un bord moins coloré que le reste de la substance. A première vue, on^est tenté de croire que ce bord représente la capsule, ménagée davantage par l'imprégnalion d'argent <|uc le resie de h,

l''iG. 88. — Coupe transversale du carlilage de la tête du l'ému r de la g-renouille.

, Impréyualioii d'argeiU. — 200 diani.

riémaloxYlino

Bleu (Ir^ (|iiinol('iiie.

Nilratn d'argciil.

2St TRAlTli TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

substancfi fondamentale. C'est, une erreur. Ce Jjord moins roloré est dû à tout autre chose. Au niveau des bords des capsules l'épaisseur de la substance fondamentale est nécessairement moins gi'ande, puisque la cavité de la capsule en enlève une portion, et comme c'est la substance fondamentale qui paraît noire, la teinte obscure sera d'autant moins prononcée que l'épaisseur en sera moins grande. Il est donc naturel que nous ayons sur le bord de chaque capsule un liséré moins foncé. Ce qui vient à l'appui de cette manière de voir, c'est que le liséré ne forme pas un contour régulier autour de chaque capsule. Il doit varier en effet, suivant l'incidence de la coupe par rapport à la cavité capsulaire.

Le chlorûre d'or s'emploie en solution à 1 pour iiOO. Il faut y plonger de tout petits blocs de cartilage qui n'aient pas plus de .i à \ millimètres de côté. Au bout de sept à quinze minutes, ils ont pris une. teinte jaune-paille; on les transporte alors dans Tcau distillée pour les laver, puis dans une solution très-faible d'acide acétique (une goutte pom' 50 grammes). Exposés à la lumière , ils deviennent violets au bout d'un temps variable, et c'est alors qu'il faut en faire des coupes.

Dans les préparations obtenues à l'aide de ce procédé, les cellules ne sont pas ratatinées, et les noyaux sont très-nets. Mais au bout de peu do temps, ces préparations conservées dans la glycérine deviennent obscures ; la glycérine ratatine les cellules et les rend granuleuses ; les noyaux disparaissent dans une partie d'entre elles; le protoplasma, au contraire, devient d'un violet plus intense, et se distingue très-nettement de la substance fondamentale. Ces préparations peuvent donc être utiles, comme celles que l'on fait avec l'iode, pour distingiier les capsules des cellules.

De quelques préparations de cartilage en particulier. — LorS-

que l'on veut étudier une pièce entièrement cartilagineuse, comme par exemple un cartilage costal, ou bien un cartilage fœtal ou embryonnaire, il suffit d'en liiire des coupes à main levée, que l'on peut examiner dans l'eau à l'état frais. Mais les préparations ne se conservent pas, elles sont bientôt envahies par des microphytes ou des microzoairès. Pour faire des préparations durables, il faut que le cartilage ait été soumis préalablement à l'action d'un réactif: alun, liquide de Millier, acide chromique, acide picrique, etc. Alors les coupes que l'on en Oiil se conservent dans l'eau

TISSU CARTILAGINEUX. -^Sii

addilionnéc de l pour 100 d'acide plicniqiio ou encore dans un mélange d'eau et de glycérine. Lorsque la pi'éparalion est destinée à être colorée, il vaut mieux la durcir dans l'acide picrique. Pour les cartilages lœtaux, le meil leur réactif est l'acide osmique à 1 pour 300.

Les cartilages réticulés ou élastiques sont formés de diverses parties de consistance différente, de telle sorte qu'il est fort difficile d'y pratiquer des coupes à l'étal frais. Il est nécessaire pour obtenir de bonnes préparations de faire durcir auparavant le tissu, afin de lui donner une consistance plus égale. A cet effet, le cartilage est plongé d abord dans l'alcool absolu 'pendant vingt-quatre heures, puis monté dans la moelle de sureau.Les coupes colorées au picrocarminate et conservées dans la glycérine montrent lepérichondre coloré en rouge par le carmin ; les capsules du cartilage présentent dans leur intérieur des cellules ratatinées, colorées en rose, avec un noyau un peu plus foncé. La substance fondamentale incolore est parcourue dans toutes les directions par des fibres élastiques, colorées en jaune par l'acide picrique.

Lorsqu'elles sont très-nombreuses et Irès-serrées, on pourrait croire quelasubstance fondamentale ellemême présente une coloration jaunâtre. Elles se prolongent d'une part dans le péricbondre et du l'auti'c dans le tissu conjonctif voisin. La coloration jaune par l'acide picrique est une réaction caractéristique de la substance élastique; nous aurons l'occasion d'y i-evenir. Quant au mode de formation des fibres élastiques

FiG. 89. — Cuiipc II ausvcrsalc do l'épigloUe lia chien, l'aile après [lui'cisscineiit par l'alcool, colorùe par 16 picrocartniiiate et conservée dans la glycérine. — a, cellules adipeuses; c, lissii conjonctif lâclte; e, libres élastiques <:ouclics superficielles du carliliigc avec petites cellules; r, portion centrale avec de grandes capsules / et une substance fonliauientalf! contenant des fibres et des grains élastiques; /', faisceaux du tissu conjonctil' coupés en travers. — -17 0 diain.

Ciirlilii^c relicnlô

•iSU • THAITÉ TKClliNlnUI-: IJ'IIISTOLUGIE.

dans la substance londamenlale du caiiilage,nous en parlerons à propos du développement du tissu élastique.

(le^aïm-igr Si 'e cartilage repose sur un os, il est aisé d'en faii-e des coupes .iicXi'i'ôs transversales ; mais s'il s'agit d'y faire des coupes suivant l'axe de

a J^s'^jcu Pq^^ risque de rencontrer le tissu osseux etd'ébrécherle rasoir.

Aussi Vaut-il mieux détacher d'abord au couteau une lame de cartilage, la monter dans de la moelle de sureau et faire ensuite les coupes. Il est quelquefois intéressant de conserver le tissu osseux sous-jacent pour en voir les rapports avec le cartilage. Il faut alors détacher avec une scie une portion de la tête d'un os, comprenant le cartilage et une lame mince de tissu osseux ; ce fragment est mis à macérer dans l'acide picriquc en solution saturée pendant plusieurs jours. L'os se décalcifie, et les coupes comprenant le cartilage et l'os sont faciles à faire (fig. 87). Nous reviendrons sur les faits qu'elles indiquent, à ])ropos de l'ossification.

coiistiiutioii Un cartilage diarthrodial de l'homme adulte, étudié sur des

il lin f.artilaj,'o . .

diaitiiiodiai. coupes transversales laites sur la pièce fraîche ou après un séjour ,decelle-ci dans l'acide picriquc, et colorées à l'aide del'un dès l'éactifs dont il a été question (l'iode et la purpurine sont à recommander pour cette coloration), montre plusieurs couches. A la surface se trouvent des capsules elliptiques très-aplaties suivant la direction de la surface articulaire, et qui en réalité sont lenticulaires, disposées sur deux, trois, quatre ou un nombre plus considérable de rangées, suivant les cartilages que l'on examine. Au-dessous de cette première couche (en s'éloignant de la surface) il en existe une seconde, caractérisée par des capsules arrondies. Une troisième couche, plus épaisse que les autres, est formée par des capsules allongées dans une direction perpendiculaire à la surface, et dans leur intérieur sont groupées en séries linéaires des capsules' secondaires contenant chacune une cellule. Une quatrième couche, qui sert d'union entre le cartilage hyalin et l'os, est formée par du cartilage calcifié.

Nousavonsdonc dans tout cartilage diarthrodial quatre couches distinctes: 1" la couche superficielle à capsules lenticulaires; 2° la couche à capsules sphériques ; 3" la couche à capsules primitives à direction perpendiculaire à la surface ; -4" la couche calcifiée. Un peu plus loin, à propos de l'étude du cartilage à la lumière polarisée, nous aurons à revenir sur ces quatre couches.

Les anciens anatoiiiistes croyaient que les cartilages diarthro-

TlSSi; GAHTlLAaiNEUX. -I^"'

diaiix sont, consliliics par des libres. Ils se fondaieiiL sur l'expérience suivante :

Un os lono-, coupé en travers un peu au-dessus de l'épiphyse, Appamiw est ensuite scié dans sa longueur jusqu'au cartilage; les deux du cartii.ge

, • il ' ' n 11), Il ''œil nu.

segments divisés par la scie sont alors écartes 1 un de 1 autre et le cartilage est déchiré. Ce cartilage ainsi divisé montre des stries perpendiculaires à la surface et parallèles entre elles, qui simulent en effet des libres. Mais cet état librillaire ne s'étend pas jusqu'à la surface, et très-souvent la déchirure se. termine irrégulièrement, de manière à enlever de l'une ou l'autre des deux surfaces des lambeaux minces déchiquetés sur leurs bords.

Cette observation histologique, faite sans le secours du microscope, pouvait faire croire en effet que le cartilage est constitué par des fibres, sauf cependant dans les couches les plus superficielles. L'observation microscopique que nous avons donnée tout d'abord rend parfaitement compte de cette erreur. Dans la troisième couche du cartilage, celle qui est formée par des capsules allongées disposées en séries perpendiculaires à la surliice, la déchirure doit se faire naturellement suivant la direction de ces éléments anatomiques, et produit l'aspect librillaire. Quant aux lambeaux enlevés à la superlicie, ils. proviennent de la couche à cellules lenticulaires dont la direction générale est parallèle à la surface.

Etudions maintenant un de ces lambeaux au microscope, après en avoir fait une préparation dans la solution d'iode. Nous y observons des capsules limitées par un bord circulaire. Cette observation démontre que les capsules superficielles, ((ui de prolil paraissent aplaties, sont en réalité lenticulaires. La paroi de ces capsules est généralement très-épaisse ; elle est formée de plusieurs couches concentriques. Réunies en un certain nombre , ces capsules forment des groii])es bien distincts'.

Chez les céphalopodes (poulpe, seiche, calmar), il existe un Caiiua-o cartilage crânien dont la structure, étudiée depuis longtemps par ccphaiopodc=

• Si je me suis étendu aussi iongucmcnl sur la disposition des cartilages diartiirudiaux, c'est que toutes ces particularités d'histologie normale doivent être iiicu connues de tous ceux .p.i veulent étudier les altérations pathologiques du rhumatisme aigu et chronique et des tumeurs blanches. Je renvoie, pour ce» altérations, au Manuel d'amtomie put/iolugif/ue lait en commun avec M. Y. Coriiil.

divers liildiogisles, Oiicckcll', Kôllikcr', Henscn'', et deniicr< - ^mcnLencorçpar F. Boll'', présente des particularités d'autanti)lu^ intéressantes (|u'une forme histologique analogue s'observe souvent chez 1,'lîomme dans les cliondromes. J'ai eu l'occasion d'étudier ce cart^ge chez les poulpes, les seiches et les calmars ; c'esl

Fie. 90. — CailiUigc de la lèlo du calmar examine dans le picrocamiinale el la glycérine, — c, subslancc fondamentale; d, corps cellulaire; b, ramifications anaslomotiqnes de ces cellules. — 400 diam.

ce dernier animal qui m'a fourni les plus belles préparations. Pour les faire, jj'ai employé différents liquides modificateurs : l'alcool, le bichrî)matc de pmasse, l'acide picrique.Mais de toutes les méthodes, celle qui m'a donné les meilleurs résultats (a])rès

* Queckelt, Catalogue cl' tlie hislological séries in Ihe Muséum of the Royal Collège of Surg., 1850. vol. I, p. 102, pl. vi, Hg. 1.

2 KOlliker, Traité d'histologie, 2' édit. française, p. 85.

^Hensen. Ueber das Ange einiger Cephalopoden. Zeitschv. fur wisseiisc/i. Zoologie, 1865, vol. XV, p. 169.

^ Boll, Beitr. zur vergleich. Hisliologic des l^lolluskcntypus. Arch. fiir mikrosh. Anatoni. Supplément 1869, p. 14 et 15.

solution iodée qui ne peut sei'vir que pour les préparations temporaires) est la suivante : des coupes fines, laites au rasoir, sont placées pendant une heure ou deux dans le picrocarminate à 1 pour 100 et ensuite montées en préparations permanentes dans la glycérine.

En beaucoup de points, les cellules du cartilage sont disposées par petits groupes ou Ilots distincts. Les cellules qui forment un de ces petits groupes, quel que soit du reste leur nombre, envoient des prolongements ramifiés, seulement par celle de leurs faces qui sert de limite à l'ilot (fig. 90). Ces prolongements sont formés par un proloplasma granuleux semblable à celui de la cellule ellemême, et ils s'anastomosent entre eux de manière à constituer dans le cartilage un véritable réseau. Ce réseau, examiné sur des préparations colorées au picrocarminate, est très-apparent, parce qu'il est coloré en rouge, tandis que la substance cartilagineuse est incolore ou à peine colorée. Sur les préparations fraîches traitées par la solution iodée, il est coloré en brun et se montre aussi avec netteté. Les mômes modes de préparation pourront être employés avec les mêmes avantages dans l'étude des chondromes à cellules ramifiées. Ce tissu cartilagineux présente un intérêt particulier parce qu'il est inlermédiaire entre le cartilage ordinaire, le tissu osseux, qui contient aussi des cellules étoilées à ramifications anastomotiques, et le tissu muqueux des poissons, qui n'en diffère essentiellement que par la nature de la substance intercellulaire '.

Pùrichondrc. — Les cartilagcs articulaires présentent une surface libre, c'est-à-dire que le tissu cartilagineux se continue jusqu'à la limite de cette surface avec ses caractères ; mais sur les bords de l'articulation, ces cartilages présentent un revêtement fibreux. Un revêtement semblable s'observe tout autour des cartilages du larynx, de la trachée, des bronches, et de tous ceux qui ne font pas partie des articulations. Cette enveloppe fibreuse, qui porte le nom de périchondrc, ne constitue pas au

' Quelques liistologislcs onl pense; que tous les carlilages hyalins préscnlent une structure analogue. Bubno(T(Be2f>'. zur Kennlniss dcr Slnictw des Knorpels. Comptes rendus de l'Académie de Vienne, 1 868), en examinant des coupes laites sur des fragments de cartilage liyalin ayant séjourné dans l'acide osmique à 1 pour /iOOO, pendant 8 à 12 heures, préleml avoir vu de petits canaux Irès-fins distribués régulièrement dans la substance fondamentale. Nous avons vainement tenté de faire lu même observation en employant exactement la inôme méthode.

Hanvieii, Ilistol. 19

cai-Lilago une coque indépendanlc. Lorsqu'on cherche à l'arracher, elle résiste, et l'on n'arrive à la séparer qu'en déchirant son tissu ou celui du cartilage sous-jaccnt, et cela en employant une très-grande force.

nappons Ce mode d'union si solide du périchondre et du cartilage ])eut ''''S'r'''' ^^^^ facilement étudié sur des coupes qui comprennent les deux cariihigc. tissus ct qui sont faites, dans différentes directions, sur des pièces fraîches ou macérées dans des solutions d'acide chromiquc, d'acide picrique ou dans l'alcool. Sur ces coupes, il est facile de se rendre compte des rapports du cartilage et du périchondre, A la limite du cartilage, les capsules sont allongées et paraissent fusiformes. Ces capsules, disposées à peu près parallèlement, interceptent entre elles des bandes de substance fondamentale. En suivant ces bandes sur la préparation, il est aisé de les voir sortir du cartilage proprement dit et pénétrer dans le péiichondre, dont elles forment les fibres. Les capsules dirigées obliquement dans le môme sens se voient encore avec tous leurs caractères dans les couches les plus profondes du périchondre, entre les libres duquel elles sont disposées. Dans des couches plus superficielles, il ne se trouve plus entre les fibres du périchondre que des cellules isolées, qui ressemblent tout à l'ail à celles du tissu conjonctif.

Nous trouverons une disposition analogue dans les points où les tendons elles ligaments viennent se fixer sur le cartilage (voy. plus loin, Tissti conjonctif).

Dans le cartilage réticulé, les libres élastiques (fig. 89) forment un réseau qui se trouve entre les capsules et, se poursuivant jusqu'au périchondre, elles s'y continuent ct le traversent môme pour gagner le tissu conjonctif circonvoisin.

Vaisseaux des cartilages. — Au moment OÙ un cartilage se forme dans le tissu embryonnaire, il ne présente pas de vaisseaux alors que sa forme caractéristique le fait déjà reconnaître, cl qu'il se trouve beaucoup de vaisseaux dans le tissu conjonctif avoisinant. C'est plus tard, et seulement dans les cartilages qui subissent l'ossification, que l'on voit partir du périchondre de petits bourgeons vasculaires qui pénètrent le tissu cartilagineux.

Pour bien étudier ce développement il est nécessaire d'injecter le système vasculaire. L'opération est difficile à réussir, parce que chez l'embryon les vaisseaux n'ont pas de parois solides comme

chez l'adulle ; ils sont IViables, surtout à l'extrémité des anses ([u'ils fonncnt. Aussi est-il rare d'obtenir des injections sans ruptures. 11 luut employer le bleu de Prusse soluble, et non le carmin. Ce dernier, quand il n'est pas parfaitement neutralisé, diduse dans les tissus et masque les ruptures qui peuvent s'être produites. Le bleu, au contraire, ne diffuse pas ; s'il s'en trouve en dehors des vaisseaux, c'est qu'il s'est produit une rupture quelque part.

Lorsaue les vaisseaux ont pénétré dans le cartilage, ils sont con- Mucih

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