‹ Traité technique d'histologieChapitre 12 sur 106 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

9feni«DES FOUR TENDRE UEH VU^lkMESTH, POUR l^rENDRE

ET DÉWEI^PPER LES MEMBRANES

— Il y a des filaments qui ne sont pas élas- Fiiamoitt tiques ni rétractiles à l'état physiologique : ainsi les tendons f^tncuiet. fléchisseurs des doigts de la grenouille, les tendons de la queue des rongeurs, conser\'ent leur longueur naturelle, quand on les a extraits; mais si l'on fait agir sur eux certains réactifs, ils reviennent sur eux-mêmes : avant de les y soumettre, il faut donc les maintenir en extension. Pour cela, il suffit de les placer sur

Filaments rétractiles.

Extension

au moyen

des réactifs

chimiques.

68 THAITK TECHMOUK D'HISTOLOiilE.

une laine; de verre et d'en llxer les deux extrémités, soit avec de la cire à cacheter, soit avec de la paraffine. On a de la paraffine dans une petite capsule de porcelaine. On la chauffe légèrement, et avec une baguette de verre ou un stylet de fer on en dépose une goutte sur chacjue extrémité du tendon. Quand il est ainsi fixé à ses extrémités, on peut faire agii* sur lui des réactifs <'himiques qui modifient ses propriétés, sîms craindre que par suite de ces modifications, il vienne à se rétracter.

Pour les filaments rétractiles, par exemple j)Our un faisceau musculaire ou un petit muscle, il faut prendre^ plus de précautions, autiement il revi(^nt sur lui-même aussitôt qu'on l'a extrait. Le procédé le plus simple pour hfi conserver sa tension primitive consiste à Tétaler sur une lame de verre et à le recouvrir d'une lam(41e dont le diamètre soit inférieur à la longueur du filament. On prend l'une des (extrémités que Ton replie par-dessus la lamelle (ît qu(,^ Ton fixe avec de la paraffine ; cela fait, on a un point d'appui fix(» ; on peut alors tirer légèrement sur l'autre extrémité avec une pince, la replier aussi sur la lamelle de verre et la fixer de la même façon.

On opérerait de même avec un petit nniscle plat. On [)eut aussi, pour conservei' des filaments en extension, combiner avcM* les moyens mécaniques les moyens chimiques. Il y a des réactifs qui enlèvent aux muscles la propriété de se rétracter. Il suflit donc de les maintenir tendus pendant qu'on les expose à Faction d(e ces réactifs, pour être assuré qu'ils resteront ensuite dans l'extension. Pour cela, on piend])ar exemple un faisceau musculaire ; on en fwo une extrémité en la liant avec un iil sur une petite» tige de bois, on étend ce faisceau en tirant avec une pince l'autre extrémité, que; Ton attache de la même façon; puis cette petite tige est plongée, avec h; fragment musculaire qui y est attaché, dans un des réactifs qui enlèvent au muscle ssi rétractilité. Ces réactifs sont, en première ligne : Tacide osmique à 1 pour 100: si on laisse le muscle seulement pendant une demi-minute dans l'acide osmique, ses éléments sont fixés; l'acide chromique àl pour 1000 ou "1 pour 1000; le bichromate de potasse à 1 pour 100 ou 1 pour 200 ; l'alcool à rîO degrés ; l'alcool à 36 degrés avec 2 parties d'eau ; l'acide» picrique en solution saturée.

nembramcs. — Presque toutes les membranes sont rétractiles; une fois détachées, elles reviennent sur elles-mêmes, et

dans cet élal il serait impossible d'en dislinjruer nettement les /éléments. Il est indispensable de les observer à un degré de tension voisin de celui qu'elles ont normalement dans l'organisme. Il y a pour cela deux sortes de procédés : les procédés mécaniques et les procédés chimiques.

Pour donner ime notion des procédés mécaniqu(*s à emplover. Moyen» prenons par exemple le mésentère. On fait passeï* une partie de 4*^tte membrane sur la lame do verre, et, après y avoir mis le liquide conservateur, on appliqua* la lamelle sur la partie qui doit «mirer dans la préparation ; ou coupn ensuite la membrane de manière qu'il en restr tout autour de la lamelle. Les portions 4iui la dépassimt sont alors repliées sur ces bords comme un ourlet; il suflit de tirer sur l'un d'eux, les autres étant fixés par Topéralion précédente, poui* obtenir un pii^mier df^gré d^ixtension qui sera maint<»nu en repliant de nouveau le bord sur lequel on a tiré. On pourra îigir successivement de la même façon sur cliacun des côtés de la lamelle, et lorsque la membrane sera suflSsamnient étendue, la préparation sera lutée avec de la parafTme.

Un autre [)rocédé que nous employons pour avoir une extension 4."omplète est le suivant : Un fragment de luésentère est étendu sur la lame de verre, et coupé de manièn» à dépasser les bords de la lamelle qu'on y applique; onasomdene pas mettre assez de liquide additionnel {)Oui- qu'il déborde, et quand la partie du mésentère qui n'est pas recouverte par la lamelle de verre a séché un peu, 4m borde la préparation av(M- de la paraffinr*. Puis, la membrane étant ainsi fixée, on enlève la bordure d'un d(»s côtés, fît avec les «loigts on tire sur le bord du tissu qui est de ce côté, de manière à tendre la membrane à un degié convr'nable. On la maintient et on la fixe dans celte position en mettant une nouvelle bordure de paraffine. En agissiuit de la même façon successivement pour chacun des côtés de la préparation, on arrive à avoir une membrane bien tendue.

Il est une troisième méthode qui donne, dans la plupart des cas, d'aussi bons résultats et qui est d'une application plus facile. Elle consiste à étendre sur une lame de verre une membrane à l'aide des doigts appliqués sur ses bords. Tant que la membrane est humide, elle se rétracte du moment qu'on l'abandonne à ellemême. Mais lorsqu'elle (*onuuence à sécher (et par suite de la ciialeur des doigts qui la tendent, elle sèche plus vite sur les bords), ses bords restent adhérents au verre, et en l'attirant suc-

70 THAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

cessivenienl sur ses différents côtés, on arrive à la tendre d'une façon très-complète. Nous donnerons à cette méthode, dont nous faisons un usage fréquent, le nom de demi-dessiccation.

On peut aussi tendre une membrane sur les bords d'un petit vase comme une peau de tambour, ou encore l'étendre avec des épingles sur une plaque de liège, pour l'exposer à l'action des réactifs, l'alcool, l'acide {)ierique ou Tacide chromique, ou simplement pour la dessécher.

Page 1