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CHAPITRE VI

TISSU COIVJOIVCTIF.

Le tissu conjonctif correspond à peu près'au tissu cellulaire de Bichat. Répandu dans le corps tout entier, il enveloppe tous les organes et pénètre même dans leur intérieur pour leur former une sorte de squelette.

Ainsi le derme et le tissu cellulaire sous-cutané qui le double sont faits de tissu conjonctif; les aponévroses qui entourent les muscles, les capsules qui environnent le foie, les reins, etc., sont laites de tissu conjonctif. Dans les glandes (abstraction faite des vaisseaux et des nerfs), tout ce qui n'est pas le parenchyme lui-même est du tissu conjonctif. Les membnnes séreuses, les tendons, les ligaments, les trames plus ou moins serrées qui retiennent ensemble différents organes, sont du tissu conjonctif.

La notion que Bichat avait de ce tissu se trouve aujourd'hui T'**^

^ " ccllulatro

confirmée par les recherches les plus modernes. Maigre 1 imper- àe BicM. fection des méthodes que notre grand anatomistc a appliquées à l'étude du tissu cellulaire, il en avait compris la disposition générale et la signification physiologique et pathologique. « Placées autour des organes, les différentes partie^ du système cellulaire

servent en même temps et de lien qui les unit et de corps intermédiaire qui les sépare. Plongées dans Tintérieur de ces mêmes organes, elles concourent essentiellement à leur structure ^ » Sans avoir pénétré la structure de ce tissu, sans même avoir pu en constater la présence dans tous les organes, Bichata donc prévu (car on ne peut dire connu) toute son importance , et s'est élevé, dans les considérations générales dont nous venons do citer un extrait, à une hauteur de vues dont Tcxaclitude a été confirmée par les plus célèbres histologistes modernes (J. Millier et Virchow). Dans le passage que nous venons do transcrire se trouve en effet déjà exprimée par Bichat ridée do tissu unissant, idée qui a porté J^ Mûller a créer le mot do DindeicegebCy tissu conjonclif. Ce mot, heureusement choisi, a passé facilement dans le langage, et, comme ceux qui l'employaient étudiaient les tissus au microscope, ils en ont précisé le sens, de sorte qu'aujourd'hui le mot de tissu conjonctif est seul usité parmi les histologistes.

Tissus Les histologistes classiques allemands rangent dans un seul

do subslancc , .. .m • . • .«n i

conjonctive, groupo los tissus ossoux, cartilagmcux et conjonctif, sous le nom général de tissus de substance conjonctive. Celte systémati-sation remonte à Reichert^. Vovant dans les fibres et les faisceaux du tissu conjonctif de simples plissements d'une substance homogène, cet auteur assimila la substance fondamentale des cartilages et des os à celle du tissu conjonctif, et lui donna le même nom de substance conjonctive {Bindesubstanz).

H y eut peu d'histologistes pour suivre l'opinion de Reichert sur les fibres du tissu conjonctif; ces fibres, qui avaient été fort bien étudiées par llenle, sont trop nettes pour que l'on puisse les mettre en doute. Mais, tout en rejetant le fait qui lui sentait de base, un grand nombre d'histologistes admirent l'expression de Reichert et l'idée générale qui en découlait. Cette systématisation, appuyée de l'autorité de Virchow^, a encore été étendue, Qtl'on est arrivé à ranger dans les tissus de substance conjonctive une série de parties anhistes ou qui paraissent telles, comme le

^ Bichat. Anatomie générale, 1812, l. I, p. 11.

2 C. B. Reichert. Bcmerkungen zur vcrgleichenden Naturforschiing und vcrgleichende Bcobachtungen iiber das Bindegewebe und die verwandten Gebilde. Dor P9t, 1845.

. 3 Virchow. Verhandlungen dor phys.-med. Gesellsch. zu Wùrzburg, 1851, p. 150.

TISSU CONJONCTIF. 327

sarcolenime, la membrane de Schwann, la membrane de Descem et, etc.

L'idée émise par Ueicherta eu une influence heureuse sur les progrès de Thislologie, parce qu'elle a provoqué un grand nombre de recherches; mais d'autre part, elle a nui à la rigueur des observations, parce qu'elle satisfaisait trop aisément l'esprit. Le mot de substance conjonctive répondait à tout, et il dispensait trop souvent d'un examen approfondi. Beaucoup d'histologisles en sont restés là, et aujourd'hui encore, malgré que l'on ait reconnu les erreurs sur lesquelles s'appuie cette théorie, on la conserve parce qu'elle est commode pour grouper dans un cadre commun un certain nombre de tissus, qui ont, il est vrai, entre eux beaucoup de rapports.

Nous n'avons pas à discuter maintenant le plus ou moins d'exactitude de ces vues sur la substance conjonctive. Avant de nous livrera une discussion générale quelconque, nous commencerons par faire l'analyse des éléments du tissu conjonctif et de leur disposition dans ses différentes formes, comme nous l'avons fait pour les autres tissus. Nous pourrons alors avec plus de raison nous poser la question de savoir si, en effet, il y a une substance conjonctive, base commune des tissus conjonctif, cartilagineux et osseux, et s'il est possible de faire une synthèse de ces trois ti.'^sus.

KTUDE PRATIQUE DU TISSU COiNJONCTIF.

Nous avons défini ce qu'est pour nous le tissu conjonctif, et les exemples que nous avons cités indiquent assez qu'il est répandu dans toutle corps et qu'il existe dans tous les organes. Ce tissu, constitué partout par les mêmes éléments, n'a pas dans tous les points où il se rencontre la môme disposition. Etendu en lames dans les membranes et les aponévroses, il est disposé en fais- * ceaux parallèles dans les tendons, en couches très-minces dans les interstices des parenchymes, etc.

Les procédés à employer poui* en faire des préparations varieront nécessairement avec ces différences; nous serons donc forcés d'étudier séparément ses différentes formes. Nous exposerons successivement les méthodes pour examiner le tissu conjonctif

lâche, les tendons, les membranes, le lissu conjonclif réticulé, le tissu lamelleux ou engainant, et enfin le lissu muqueux. Pour le lissu conjonclif des organes, nous renvoyons à la partie de cet ouvrage où nous traiterons de ces derniers.

TISSU CONJONCTIF LACHE.

Le tissu conjonclif lâche se rencontre dans différentes parties du corps, et en particulier sous la peau qu'il unit aux parties sous-jacentes de manière à lui permettre une mobilité plus ou moins grande. Pour Tapercevoir, il suffît de faire une incision à la peau d'un animal, d'un chien par exemple, et d'en délacher un lambeau. A sa face profonde, il se montre sous la forme d'un lissu blanchiUre, lâche, facile à saisir et à soulever avec une pince.

Procédé an- Le procédé emplové anciennement pour faire une préparation

cion pour i . • • . " i . . • j •

Undodutissii de ce tissu consiste simplement a en exciser avec des ciseaux un conjoiici. ^^^^.^ fragment. Porté sur une lame de verre, ce fragment esl

dissocié dans une goutte d'eau avec des aiguilles, et lorsqu'il esl réduit en filaments ou en débris assez minces, il esl recouvert avec la lamelle et porté sous le microscope. La préparation montre une grande quantité do fibres ])lus ou moins recourbées, entre-' lacées dans tous les sens, et offre à peu prés l'image d'un paquetde cheveux emmêlés. Lorsque le fragment de tissu contient de If^ graisse, la préparation présente, outre ces fibres, des goutte^ de graisse très-réfringentes.

Une petite quantité d'acide acétique mise sur le bord de lî»lamelle de verre et venant atteindre le lissu fait gonfler d'aborAles fibres dont nous avons parlé. Bientôt elles disparaissent^ et il en apparaît d'autres beaucoup plus fines et plus réfringentes; ces nouvelles fibres sont Irès-nottes et présentent ua double contour (ce sont les fibres élastiques). Ce procédé simple et rapide, mais très-imparfait, permet donc de constater dans le tissu conjonclif l'existence de deux espèces de fibres et la [présence de la graisse, mais il ne donne aucune autre indication.

La méthode qui fournit les notions les plus exactes sur la structure du lissu conjonclif esl la dissociation au moyen des injections interstitielles. Celle méthode, que nous avons

TISSU CONJONCTIF LACHE. 3"20

imairinée et décrite en 1869*, nous l'avons généralisée depuis on l'appliquant à un grand nombre de tissus, comme oh le verra dans la suite. Voici comment on procède pour le tissu conjoDflif :

Un morceau de peau est enlevé sur un chien avec le bistouri, . injections

* . . , . , inlerslitiellcs

en V comprenant le tissu cellulaire sous-cutané ; il faut avoir soin . <*»n«ie

/ ^ ' ^ ^ tiMu con-

de choisir une région où il y ait peu de graisse, le pli de l'aine, H^uf par exemple. Puis, avec une seringue de verre remplie d'eau ou d'un liquide coloré et munie d'une canule à extrémité tranchante, une piqûre est faite en un point du tissu cellulaire, et le contenu de la seringue y est injecté. Il se forme autour de Textrémité de la canule une boule légèrement aplatie dont le volume varie suiranl la quantité du liquide injecté. Une fois produite, on peut en augmenter les dimensions sans modifier sa forme, en faisant pénétrer une nouvelle quantité de liquide. Ce lait, à lui seul, d(*monlre que le tissu conjonctif ne contient pas, comme le pensait Bichat, des espaces sphériques d'un volume déterminé. Cet auteur, en effet, s'appuyant sur les résultats qu'il avait obtenus en faisant dans ce tissu des insufflations à la manière ''''S bouchers, le croyait formé par des vacuoles arrondies qu'il ^^niparail à des cellules, et c'est pour cela qu'il lui avait ^«nné le nom de tissu cellulaire. L'injection interstitielle telle ïï'enous l'avons pratiquée sulïil pour renverser cette conception. En eflet, si un de ces es[)aces avait été rempli par la première "éjection, une seconde injection n'aurait pas augmenté simple- ^ftnt le volume de la boule : ou bien elle n'aurait pas pénétré, ^u bien elle aurait formé une série de boules en remplissant '^ e.spaccs voisins du premier.

La manière dont se forme la boule d'œdème artificiel se com- bouIo Pi'end facilement si l'on veut admettre pour un instant ce que aruucici. ^o\xs démontrerons plus loin, à savoir que le tissu conjonctif est constitué par d'innombrables lilamonts d'une grande souplesse. L^ liqnide injecté, arrivant avec une certiiine pression au milieu w ces lilamenls, les refoule, les applique les uns contre les au- "^«"es et en fait une sorte de membrane dans laquelle il est empri- ^nné. La pression répartie également dans tous les sens est la ^*use de la forme sphérique de la boule. Si une nouvelle quantité

* fVt éUmentt cellulaires des tendotis et du tissu conjonctif lâche, Arcliives de ^'•JMoJogie, 1869, p. 471, et Krey, Ed, Franraiie.ji. 275 et suivantes. Paris, 1871.

■n» mAiTÉ TECHNfQL'E D'HISTOLOGIE.

.- ■inni'li' "rit iujectée au même point, les fibres qui formcnl li •aivi ■! ipii •^)nt mobiles glissent los unes sur les autres de aaiièti'iUiiToiis'rire un espace plus consirléitible, et c'esicequi '\|iiHjue pourquoi la dimension de la boule peut varier suivant ■•* i|u;tii(ili'-s de liquide que l'on y injeite.

i iif '■xrision pratiquée avec de fins ciseaux courbes enuB ['oiiUiie''elti' boule, de manière à endélaclicr uneralolte, montn' que, nialgi'w celte ouvertuie, le liquide ne s'en \ ^ écoule pas immédiate-

menl. 11 pai-ait y être 1 \ '<' / - / '/ devenu une sorte de ge-

\\ ,/ s> /' à[ 1 lée. Cela lient à ce que

^ ^ / \ Ç\ ' 1 I '**>^ '''^ fibres n'ont pas toutes été refoulées sur les bords par l'injoetion; il en est resté dans le milieu de la masse liquide un cei'tain nombre qui la traversent en différents sens et la cloisonnent en des espaces ci petitsque le liquideyed maintenu par capillarité.

Knefois la boule produite, et après avoir enlevé une partie de son enveloppe, on coupe rapidement d'un second loup de eiseaus une ti-anolie de cette gelée.

Celle-ci est portée de sur une lame qu'il l'ant avoir soin Je |>ié|viri'r d'avance, ainsi que. la lamelle avec laquelle on lareuiime iiHUiêdialeuii'ul. Li rapidité est néoessaire dans cette opé- KiUiui ■>! fou laixtc un |ieu à recouvnr avec la lamelle, l'euii l'i liiq>pi' di"i mailles <{ui la retiennent, le tissu revient sur luiiii.>iii,\ ri, evauiiui' au microscope, il n'est pas beaucoup plus tlistim I i|iii' li'rsi|(it' Wva se sert de la méthode ancienoe.

.. lUH. liKiu coujinirlirruuii-rulaïKMliK'lii iitulti-, |iiv|iïiv |>ar iiuiiiiiia iiilcrslilipllc il'u lolutiuii ilo uilrali' il'ai^iil l'i 1 piinr 1000, r tiuv dii'i- k< iiH'riKarinillute cl caas«n'6 ila Il lilti'ôriuo ûlililiiuiii^e d'ucidc rorniiigiir. ", f^iiwi'uux ronjunctife muiiii de Hbr^s .11111 L||lv^; A, llbm r)MtM)ue«: c, i.-cllul«s \\VMts »iii'i Ji' fiii'i-; (■', los nu'iiie» vues de |irolll; lolliiti'i I,viu|>luiti4iic«. — 100 di.im.

TISSU CONJONCTrF LACilE. — FAISCEAUX CONNECTIFS. 331 Une préparation de ce genre bien faite présente à l'examen microscopique de.i faisceaux du tissu ronjonctif striés longiludinalemenl, séparés par le litpiide interposé et paicourant.Ia préparation dans divers sens. Outre ces faisceaux, se voient des fibres élastiques plus mincps(i,fig. 108), de grandesccUules plat es situées à côté des faisceaux de tissu conjonctif(''ete',fig, 108), de grosses cellules adipeuses (excepté dans les endi'oits où il n'y a pas de graisse du toul),eI enfin de petites cellules analogues aux globules bl3DCsdus<'ing(/(,ti<:. !08).Nous allons examiner en détail ces difTérents éléments, soit au moyen de la mûtiiodi; que nous venons de décrire, soit il aide de pioccdea que nous exposerons à mesure. Wmtam*mmx e«nnceiif> — Les fiibnaux dc tissu conjonctil préparés, soit \ni h mttbodc incunnc, soit suivant le procédé que nous m nons d'indiquer, pinis sent striés mii\ mt leur longueur Li higeur de ces fiisreau\ est variable ; ils p( u vent avoir d' pui 2 millièmes ju'^qu i plusieurs cenlii mes de millimèlrL de dn mètre,

Une goutte d acide acétique ajoulci sut les bords de la hnielle et venant imbiliei le tissu fait gonfiei les iaisceaux. Aloi s se i emarquent à leni surface des étranglements déterminés par des fibres qui les élreignent tantôt transversalement, de manièn; à leur former comme ' ' ' un anneau, tantôt obliquement, de manière à les contourner en spirale. Ces fibres annulaiics et spirales ont été décrites par llenlc comme des éiémiMits réels. Plusieurs auteurs lui

•s\lr, lia i'trdème. -— F. substance nbrîUaire Tu I se eaux ; a, fibres aimiilniics; b, flbre tpi- ; f, libre an mit Rire pciiiiinrqui'e. — ÏOU diani.

Injection interstitielle do picrocurminale.

Addition d'aride arétique.

Coupes tninsversalofl.

332 TRAITÉ TECHNIQrE D'HISTOLOGIE.

ont objecté que c'étaient des produits artificiels dus à Faction de Tacide acétique. Mais, sur des préparations ordinaires dans Tcau, ainsi que Ilenie lui-nicine l'a établi, lorsque les faisceaui ne sont pas gonflés, les libres annulaires et spirales se montrent aussi. Elles sont même visibles, sans l'addition d'aucun réactif, sur le tissu cellulaire rétro-péritonéal recueilli chez des sujets œdématiés (fig. 109). Ces fibres existent donc sans aucun doute sur les faisceaux à l'étal normal.

Pour déterminer leur nature et leurs rapports avec le faisceau qu'elles entourent, il est nécessaire de les colorer avant de les soumettre à l'action de facide ; à cet effet, l'injection interstitielle est faite avec du picrocarminate. Une tranche mince de la gelée rosée que conti(mt la boule d'œdème, mise sur une lame de verre et recouverte rapidement avec la lamelle, est abandonnée à elle-même pendant quelques heures dans une chambre humide (voy. Méthodes (/énérales, p. 141). Au bout de ce temps^ elle est débarrassée de l'excès de matière colorante par un courant d'eau. Ce courant est produit en mettant sur un des bords de la lamelle une ou deux gouttes d'eau, tandis qu'un morceau de j)apier à iiltrer placé au bord opposé attire le liquide par capillarité et le lait passer à travers la préparation. Loi^sque l'excès de carmin a disparu, les faisceaux présentent une coloration rouge. On dépose alors sur le bord de la lamelle quelques gouttes d'une solution d'acide acétique à I pour 100, et la préparation est bordée à la parafline ou placée dans une chambre humide pour empêcher l'évaporation. Au bout de vingt-quatre heures, les faisceaux sont décolorés et gonflés sous l'influence de l'acide faible; les fibres annulaires et spirales ont conservé une couleur rouge vif; aux points où elles étreignent le faisceau, celui-ci a gardé sa dimension primitive, de sorte qu'entre deux anneaux rouges consécutifs, il forme un ventre, à la manière d'un boudin (a^, fig. 108). Les fibres spirales resserrent le faisceau d'une façon analogue.

Le gonflement qui se produit sous l'influence des acides faibles individualise le faisceau. Les ventres qu'il forme semblent indiquer qu'il est entouré d'une membrane d'enveloppe, mîâs elle n'est pas manifeste, et il est impossible d'en constater Texistence sur des faisceaux examinés dans leur longueur.

Pour s'assurer si cette enveloppe existe réellement et pour se rendre compte en même temps de la constitution intime d'un faisceau, il sfaut en faire l'étude sur des coupes transversales.

TlSSi; COSJOSCTIF LACHE. — FAISCEAUX CONNECTIFS. 333 A L-cl effet, de toutes les méthodes que l'on peut employer, celle qui donne les meilleurs résultais consiste à plonger un petit fragment de peau miyiî de son tissu cellulaire dans l'alcool absolu pendant douze heures environ; puis il est mi» pendant vingl-quatre heures dans une solution concentrée d'acide picrique, ensuite pendant vingt-quatre heures dans une solution sirupeuse' de gomme, qui pénétre entre les dilTérents éléments et comble les interstices. Enfin, il est placé dans de l'alcool ordinaire pendant vingt-quatre heures pour coaguler la gomme. Sur une pièce ainsi préparée, il est facile de faire des coupes minces. Après un séjour de vingt-quatre heures dans l'eau distillée, la gomme est dissoute, et les coupes poiLéos sur la lame de verre sont colorées au carmin et examinées dans de la glycérine contenant I pour 100 d'aeide tbrmique.

Comme les faisceaux conjonctit's traversent le lissu dansions les sens, ils se trouvent coupés suivant des incidences varices ; mais il n'est pas difficile d'en trouver qui ont été atteints transversalement. Toutefois , pour se procureiplus facilement des eoupes transversales des faisceaux du tissu conjonctif, il faut choisir une autre variété de ce tissu , dont nous parlerons plus loin.

Comme dans les i

dons les faisceaux min. — n,Umilcdunf..iscMu; r.doîwns;/, fibres heva aux cloisons cl coiipocs transversalement. —

sont tous parallèles, toodiam.

les coupes transversales couperont tous les faisceaux ti-ansvci'Siilemniil. Pour l'étude que nous allons développer, les préparations de tendons sont préférables & celles du tissu cellulaire.

Le» faisceaux de tissu conn?ctif ainsi préparés, à un grossissement de dOO à 600 diamètres, se montrent entourés d'une couche j circulaire rouge «, du bord ialériiur de laquelle se détachent de.';

Fie. 110. — Couj« I queue d'un jeune r:

picrique en nolutior

nn^^vcnalc d'un (eiiJon t conconlrép. Coloralion a

Striation Dgitiidinalc

et ansver$alc.

lignes c qui se dirigent vers le centre et forment les unes avec les autres un système réticulé ; on remarque en cotre sur la coupe des points rouges (/, fig. 110) qui paraissent isolés. En abaissant peu à peu robjectif do manière à examiner cette coupe à àifférenles hauteurs, les lignes rouges persistent, ce qui prouve qu'elles correspondent à de véritables cloisons qui séparent le faisceau en plusieurs parties. Quant aux points rouges, en les suivant par le même procédé, on voit qu'ils correspondent à la section transversale de fibres qui partent des cloisons. Les faisceaux conjonctifs sont donc, comme le montre cette observation, entourés d'une gaine, cloisonnés par des membranes qui parlent de cette gaîne et parcourus obliquement par des fdbres qui sont en continuité avec ces cloisons. Ces fibres, de même que les fibres annulaires et spirales, se distinguent nettement des fibres élastiques que nous étudierons un peu plus loin, car, comme nous venons de le voir, elles se colorent par le carmin, tandis que les fibres élastiques ne sont pas colorées par ce réactif.

Il nous reste à résoudre ou du moins à discuter à propos des faisceaux connectifs une question importante : quelle est laconsti* tution intime de leur substance? est-elle amorphe ou fibrillair^*^

Xous avons dit au début de ce chapitre que les faisceaux exat— minés simplement dans l'eau présentent une striation longiludi^ nale. Cette striation s'accuse plus nettement encore lorsqu'on l(?^ traite par le sérum iodé. Après une injection intei^titielle fail^ avec ce réactif, ils paraissent nettement fibrillaires et ressem — blent assez à une natte de cheveux non tressée. Outre la strialior^ longitudinale, ils possèdent une striation transversale due à d^ fines ondulations des fibies. Cette dernière striation s'obseiw^ même quand les bords des faisceaux sont rectilignes et que pat^ conséquent ils sont parfaitement tendus.

La striation longitudinale et la striation transversale disparais^ sent bientôt sur. des faisceaux qui sont soumis pendant quelque

1 H est indispensable de faire remarquer ici que, si le durcissement avait été o|)éré au moyen de l'acide cliromique, la substance fondamentale du faiseeaa, après le traitement par le carmin, ne demeurerait pas incolore, comme elle Yest sur les pièces qui ont été durcies dans l'alcool et dans l'acide picrique. Sur le» préparations à l'acide chromique. les coupes transversales des faisceaux sont rouge» dans toute leur étendue ; les cellules seules demeurent incolores. Ce point est important à noter, parce que, dans les recherches d'anatomie pathologique, racide chromique est fort souvent employé comme réactif durcissant.

TISSL' COXJOMCTIF LACHE. — FAISCEAUX CONNECTIKS 333 temps à i'aclion de l'acide acélique faible. A leur place apparaît une striation oblique peu accusée qui dessine souvent des losanges (voy. fig. i6s,.a).

Sans nous arrêlcr plus longtemps à la dosniplion de ces divers aspects, revenons à la question à résoudre : la striation longitudinale coirespond-elle a une structure tibriilaiie''

L'existence des fibrdies est genenlement consideiee comme démwitree pai les expériences de Roilett, d api es lesquelles l'eau

*" ac. m, —Tendon de I homme dissocia avec iM aiguille» liprès vingt-quatre beurei de macfration d'<ni l'acide picrï(|ue. — Les faiteeaux tendineux «ont déconpoits en fibrille* — 8D0 diam.

^ie chaux ou de baryte les isolerait en dissolvant le ciment qui les ^nil. J'ai répété ce-s expériences, j'ai laissé des tendons dans de l'eau de bai'yte même pendant plusieurs mois, et je n'ai jamais l'^ussi A les voir se diviser en fibrilles. Le tendon se gonfle, il devient transparent, comme dans les solutions alcalines faibles ; on observe des stries à sa surface, mais il ne se résout pas en

Fibrille»

i<»olvcs des

faifceuux conjonctifs.

Faisceaux

examines à la

lumière

polaris-ic .

fibrilles. Il faut remarquer, du reste, que l'on a exagéré ce qu'a dit Rollelt. Dans le Manuel de Stricker, il affirme seulement que par ee procédé on arrive à isoler les faisceaux, et quelquefois même les fibrilles*.

La méthode à employer pour démontrer cette structure fibrillaire consiste à faire macérer un fragment de tendon dans de l'acide picrique en solution saturée ou dans une solution d'acide osmique à 1 pour 100, et à le dissocier ensuite avec des aiguilles. On peut isoler ainsi une multitude de fibrilles d'une grande finesse

Oig. 111).

Les auteurs les décrivent comme n'ayant qu'un simple contour, mais c'est là seulement une manière de s'exprimer pour dire qu'elles sont d'une minceur extrême. On constate facilement qu'elles ont un double contour, quand on les examine à un grossissement de 800 à 1000 diamètres avec un bon objectif à immersion. Kllqs sont cylindriques et non pas aplaties. Ce qui prouve bien que ce sont des fibrilles et non des plis de la substance, c'est qu'on voit souvent, sur des faisceaux dissociés, des fibrilles isolées se recourber en divers sens et même s'ao— crocber les unes aux autres. Du reste, quand on examine A «-^ tissu conjonctif mort qui a macéré au milieu de Foi^ganisHB.^ vivant, comme par exemple le tissu cellulaire sous-cutané darv- le phlegmon, ou des tendons séparés par une inflammation chronique et mortifiés au milieu des tissus, il suffit d'en secoue^:* un fragment dans l'eau pour le voir se décomposer en fibrilles - Cette dernière observation est préférable à la première au poia^ de vue de la démonstrîition de l'existence des fibrilles, puisque dans ce cas la dissociation est obtenue sans le secours d'aucun réactif coagulant.

Los faisceaux du tissu conjonctif jouissent à un haut degré de la double réfraction. Ktudiés dans l'eau à la lumière polarisée et placés sur champ noir, ils parîiissent brillants dans toutes les positions, excepté suivant deux diamètres perpendiculaires Fuaà l'autre. Lorsqu'on examine des faisceaux un \)eu épais dans le baume, ils font même plus que rétablir la lumière blanche, ils présentent des colorations intenses et variées.

Kn résumé, les divers procédés que nous venons d'appliquer à l'étude des faisceaux du tissu conjonctif nous ont montré que

1 RoUett, Slrickcr'fl HandbucI), ctc^ p. 53.

TISSU CONJOxNCTIF LACHE. — FIBRES ÉLASTIQUES. 337

chacun d'eux est constilué par un faisceau de librillcs extrêmeinenl minces. A sa surface se trouve une couche spéciale qui lui forme une membi^ane d'enveloppe ; celle membrane est soutenue de distance en dislance par des libres disposées autour d'elle soit en anneaux, soit en spirales ; de sa surface interne parlent des cloisons de même nature qu'elle, et qui forment dans l'intérieur dulaisceau une sorte de cbarpcnle lamelleuse et fibrillaire. rihffvs éiastiiiacs. — L ne boule d'œdème produite par une injection inlerslitielle de sérum fortement iodé permet de faire.

• "2. — Fibres élastiques du tissu conjouclif lâche sons-cutané du chien, oLsor- '•^ sur une préparation obtenue par injeclign interstitielle de sérum fortement '*'^'; — K, fibres élastiques anastomosées en réseau et tendues ; r, réticulalion *^^; T, fibres élastiques non tendues et tortueuses. — 800 diam.

K !•' procédé que nous avons décrit, des préparations dans les- 1"Hlos se voient très-nettement les fibres élastiques.

^^> libres sont colorées (»n jaune par l'iode et paraissent liomo- Asp-ct dts iJ''nes. Elles ont un diamètre variable, qui peut aller depuis .la.^iiquc* '.^jusqu'à 10^. Elles sonl en général reclilignes. Anastomosées *^^^.™" I^urmî; avec les autres, elles consliluenl des réseaux dont les niailles ont des forme> et des dimensions très-variées. Aux points 'l^nirpcroisement des fibres, se trouvent souvent des trous ou *-> fentes. Parfois, du bord d'une grosse fibre, il s'en délacbe une I'">^ fino qui la rejoint plus loin ou bien va se confondre avec un '■''^aM voisin. Eu certains points de la pré^)aralion s'observent

R4XVIEB, Histul. 22

338 TIUITK TECHMQLE D'HISTULOGIE.

des libres qui, au lieu d'être ledilignes, sont onduleuses, en zigzag ou en tire-bouchon. Ce sont des fibres dont les deuxexlrcmités n'ont pas été fixées, et qui se sont repliées par suite du retrait des faisceaux de tissu conjonctir au milieu desquels elleî^ se trouvent.

Sur les préparations faites par la méthode ancienne, les fibres élastiques sont toujours sinueuses, et, si Ton étudiait seulement des préparations de cette sorte, on serait porté à croire que c'est là leur forme naturelle. Les injections interstitielles nous démontrent qu'à l'état normal, c'est-à-dire quand leurs extrémités sont fixées, elles sont rectilignes.

Fibres Sur uue préparation faite au moyen d'une injection intei*sli-

iraiiées ticllc dc picrocarminate,les faisceaux coimectifs sont, comme nous 'tîinninàîi^ l'avous VU, colorés cu rosc, et les fibres annulaires en rouge. Les fibi'es élastiques, au contraire, sont colorées en jaune par l'acide picrique. Le picrocarminate s'est dédoublé; le carmin s'est porté sur les faisceaux, l'acide jiicrique sur les fibres élastiques. Ces fibres ne se colorent dans aucune autre solution de carmin, même après une macération prolongée. Ce seul fait prouve que les fibres spirales et annulaires, dont nous avons fait remarquer la coloration rouge après l'action du carmin, ne .sont pas des libres élastiques, bien qu'elles résistent, comme ces dernières, à l'action de l'acide acéli(|ue.

Fibres Etudiées avec les moyens que nous venons d'indiquer, les=^

avec îacidc fibrcs élastiqucs paraissent parfaitement homogènes. Ci^pendimt^ elles ne le sont pas, ainsi qu^on \r voit lorsqu'elles sont soumisesà certains aulres modes de préparation. Au lieu d'employer les différents liquides dont nous avons j)arlé j)our faire l'injection inteiv titielle, prenons de l'acide osmiqueà 1 i)Our 100. La boule d'œdème ainsi produite est détachée tout entière (ît plongée pendant vingtquatre heures dans la même solution d'acide osmique; puis elle est placée dans l'eau distillée. Des fragments en sont détachés avec des ciseaux, dissociés avec les aiguilles et montés en préparations persistantes dans la glycérine. Sur des préparations ainsirfaites, les fibres élastiques, examinées à un grossissement de 1000 diamètres, se montrent formées de grains réfringents lenticulaires ou sphériques, plongés dans une substance beaucoup moins réfringente. Lorsque le grossissement est moins considérable, s'il n'est, par (exemple, que de 400 diamètres, les fibres paraissent simplement striées transversalement.

osmiquc.

TISSl CONJONCTIF LACHE. — CELLULES CONNECTIVES. 339

Sur une préparation de lissu conjonclil liailé j)ar une solution ilepolassc û !0 pour 100, tous les élénienUs du tissu disparaissent rapidement, et il ne reste que les libres élastiques seules. Ce procédé convient donc pour Tétude des réseaux que forment ces libres.

Nous avons vli les libres élastiques, prendre une coloration jaune caractéristique sur des préparations obtenucîs à Taide de ri»jeclion interstitielle depicrocarminate. dette même coloration peut être obtenue sur des coupes. A cel effet, un tVaginent d(î peau muni de sa couche de tissu cellulaire sous-cutané est plon}»é > Talcool ordinaire pendant vinj^t-quatre heures. On en fait i coupes qui, placées dans Teau, puis monlées en préparalions dans le picrocarminate additionné de y:lycérine, montrent bfibres élasliquiîs colorées (m jaune par l'acide picrique, tandis queli'S autres éléments du tissu [)résenlent des colorations diverses, en rapport avec leurs élections spéciales pour la matière colorante.

CcUaics. — Cellules cofinfrfirrs. --- l/exislence et la foiiue de.^ Hlules connectives ont été Tobj^'l de iioud)i(Hises discussions. Henle si^j^nala le premier dans \r lissii conjonclif, outre les faisceaux, des corps spéciaux qu'il appela fiùre.s de noijffux <Kenifast»rn), et qu'il faisait apparaître i)ar l'action de l'acide acéiMjue. Sous ce nom d(î libres de noyaux, cet auteur a confondu les noyaux (h* cellules, tes fdjres é]asli(jU(»s, les libres spiiales et Kobablemenl aussi le système de libres iiiira-fasciciilairescpie j'ai été le premier à décrire '. Il n'a pas vu les cellules proprenn^nt •files. Les moyens dont il disposait ne lui permettaient pas de Êûre à ce sujet une observation plus ri«i;ouieuse.

Virchow reprit les mêmes observations, et voyant, parmi les

libres de noyaux de Ilenle, certains corps qui avaient une foiiue

nrfiée et qui se dislinj^uaient par leur coloration vive dans le

*^niiin, il les considéra connue les cellules du tissu conjonclif.

Ufonne de ces corps les rapprochait des corpuscubîs osseux et

Venait donner une confirmation à la théorie de Ueichert sur l'ana-

lojîie ili»s tissus de substance conjonctive. Aussi les histologistes >ie

allièrent-ils tous peu à peu à l'opinion de Virchow, et finalement

♦•MsUînce de la cellule plasmatique ne fut plus contestée que par

ll<înle, son école et les partisans français de sa doctrine. A pro-

Kibifs du noyaux do Hciilc.

(ji'llulcs |i]<isiiiati(|ucv doVirclioVi'.

^'^^Mr,,ltphysiol., 18Ô9, p. 483.

340 TRAITK TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

pus (lu (iévt.'loppemeiit du lissu conjonctif, noua aurons roccasion de revenir sur Texposé de ces diverses théories.

Par la uiélliodr» des injections interstitielles, je suis arrivé à une conception toute ditTérente de celle de Virchow, que j'avais parlajiée prndant un temps. Les résultats que donne cette uiélliode sont si nets qu'aujourd'hui aucun hi^tologiste sérieux rt indépemiant ne soutient plus la manière de voir de Virchow. (Ici auteur «'xaminait, en elVet, le tissu après raction de l'acide acéti(|ue, ([ui nioditie complètement la forme des cellules.

La première condition,

^ au contraire , est de

\ fixer cette forme avant

de soumettre le tissu

à cet agent modilica-

teur.

ihi.m.uu r^ .A, / i ^^^^^ A cet effet, le meil-

':" ""••»'" \ w * ^ 4 \ leur procédé consiste à

faire dans le tissu cellulaire sous-cutané une injection de nitrate d'argent à I pour iOOO- ^ I ^ Lorsqu'il est ainsi dilut3,

ce réactif n'imprèga^^ pas les cellules, mais î * les lixe, et lorsqu'eu--^ suite on les traite, soi^^ par Teau, soit parracide!î===^ acétique laihle, elles conservent leur forme.

rUi. ill-t. — I iN>u coiijuiu'til' >o4»>-cutaiio du i* r, * ^ I

rliùii iulullf, |»n|»aiv par injection iulerslilielle ^^ Iragmenl UC 13

iiuuo M»iutiiui tio iiiuato ii'ar-tMit à 1 p. 1000, boulc d'œdèuic produito

« (»lojv a\<'c le |»i<iocariiiiiiale et coMiervé ilans .,. . . , .

la Kl.Miruio adilitioiinoe liande fonnique. — P^^** * HljectlOn de la SO-

'/, iai>niMu\ 1 viiijoiicurs lllulli^ iic fibres aiinu- lut iou dc nitrate d'ar^cnl

liiu'^; A, lilni's ela>litiiu's; <•, rollulosi plates . , , .

\iuv> »io l'.iii'; ■• , U's iu»Mue< vii»'^ iio pioiii; ^^t cniexe a\e(* nés ci*

/*,ollulo.^l>iiiplulii4uo^. ÏOJ iham. SCaUX *, il CSt placé SUI'

la lame de verre avec (pji'hpjc^ gouttes lie |)icrocarniinate, recouvert d'une lamelle il iiii^ (^usuite peuilant vin^l-quatre heures dans une cham- Ijii' llhlllid(^ Au bout de ce teuqis, une ou deux gouttes de jiljcérine sont déposées sur le bord de la lamelle et ><"

TlSSr COiNJONCTIF LACHE. — CELLULES CONNECTIVES. 3i1

mêlent au picrocarminato. La préparation est ainsi ronduo prsislanle.

Portée sous le microscope, elle présente, outre les faisceaux et ceiiuios

i i*t j ^ 1» 1 11 pl«tos du tissu

les libres dont nous avons parle, de grandes plaques granu- c.njomtif. leoses ayant une teinte rouge brun légère et munies d'un noyau coloré en rouge. Certaines de ces cellules ont exactement la forme, des cellules endothéliales, c'est-à-dire qu'elles sont minces, polygonales et régulières; d'autres présentent un ou plusieurs prolongements. Elles sont toujours parfaitement ])lates et si minces que, lorsqu'elles ne sont pas colorées, elles échappent facilement à l'observation. Vues de profil, elles paraissent fusiformes ; mais il est facile de constater que ce n'est pas leur forme réelk Examinées attentivement avec un fort objectif, elles moiflrent au niveau du noyau, dans le sens de leur longueur, une strie fine qui peut se prolonger jusqu'aux extrémités; «•ette strie représente le bord de la cellule qui avance vers l'œil de l'observateur. Souvent aussi, ce bord est déjelé et (ornif^, sur le côté du noyau, une ligne frangée, très-pAlc et difli- <'ile à apercevoir.

liOrsque l'on s'est convaincu d«» l'existence de c(vs cellules et que Ion a appris à les voir par le moyen que nous venons de ferire, il est facile de les reconnaître sur b's préparations faites par la plupart des autres procédés. Les injections inleislilielles J«* sénim, de sénmi iodé, d'alcool I ;{ (c'est-à-dire d'alcool à •î^j'additionné <le:2paitiesd'eau)et de ])icrocaimiiiale fournissent d»*s préparations où elles sont ti'ès-nettemenl visibles, lorsque l'on emploie poiH- les (examiner un objectif fort et à grand angle 'l'ouvi'rture.

Si la boule (rcedème a élé produite par une injection d'eau, les ^Hliilcs sont ratatinées, et elles se présentent alors comme des «"orps irréguliers et anguleux dans lesquels il est cependant <înrorf possible de distinguer le noyau.

La forme de ces cellules une fois connue, il leste à savoir la "ianièrcdonl (dies sont disposées par rapport aux faisceaux. Sur '<*sprépai*ations faites à l'aide do<> iiijeclions inleistilielles, elles ^ Irouvcnt généralement à côté d'eux et n'y adbèrent que par '*^<'oplion; mais on peut fort bieu admettre qu'elle's ont été dpplanVs par la dissociation qu'a produite le li(|uiil(» injecté.

Pour lonnaître la position normale des cellules, il est néces- Niirofr«»\arniner des coupes per()endiculaires à la direction des

312 TRAITK TECHMOIK D'HISTOLOGIE.

i»i»iK«ition l'aiscoaux. A rot oHet, un i)etil tVagmenl de peau est porlé dans '^danVit'**'^* l'alcool pendant douz(» heures, puis dans l'acide picrique pendant '*Tf rcir'^' vingt-quatre heures. Ensuite 11 est plongé pendant vingt-quali*e heures dans une solution sirupeuse de gomme qui en comble ler^ interstices et enfin pendant vingt-quatre heures dans de l'alcool qui coagule la gomme et durcit le tissu. Les coupes minces sont placées pj^ndant vingt-cpiatrc heures dans l'eau. Une fois dégommées, (»lles sont colorées au picrocarminate, lavées, et examinées dans d(» la glycérine contenant I pour 100 d'acide formique.

Parmi les faisceaux qui se présentent sur la préparation, il faut choisir, pour les étudier, ceux qui sont <'oupés transversalement. l\<> sont colorés en rose et ils se recoimaissent facilement, grâce à Tanneau plus lortement t( inté (jue forme leur gaîne. Sur certains d'entre eux, on aperçoit autour de reite gaîm^ un croissant on un cercle coîuplet de protoplasma granuleux , au milieu duquel so montre un corps ellipsoïde plus tbrtement coloré, qui correspond au novau.

De cette ohservation, il tant conclurtî qu'à l'état normal les cellules connectives sont appliquées sur les laisceaux comme des cellules endothéliales. La grande diflVMence entre ce revêtement et le revêtement endothélial, c'est que ce dernier est continu, tandis que, sur les faisc»»aux de tissu conjonclif, les cellules ne se louchent pas par leurs hords, et, connue nous le verrons plus loin en étudiant les tendons avec le nitrate d'argent, il y ade îxraudes étendues de la surfa<*e desfaiseeaux non revêtues jmr des cellules. Sur des eoupes, le petit nombre de faisceaux que l'on voit munis de cellules fait déjà soupçonner cette disposition'.

(elhiles fnlippitsrs. — Sur un Iragmeni de tissu cellulo-adipeii\ dissocié et examiné dans l'eau, les rellules adipeuses apparais-

' Dans certaines oomlitions, ces cellules peii\»Mit éprouver en très-peu de temps des motlifications remarmiables. Ain>i, quand on pro«lnil cliez le chien un cwléiw ex|»érinienlal eu liant la \»*ine cave inférieure »*t en coupant un des nerfs sciatiqu4*5, ii *unit de prendre, vlnj:t-<]t!.ïtre heures après l'opération, un frajjment du tissu cellulaire ce^léniatié et d'en fair»' une préparation, ]M>ur voir que 1»*< cellules ne jonl pin* plates; elle^ <ont toute< d''v»»nue< ;jlobulevis»'s. et leur protoplasiua e<t chargé df ;;ranulation-i <l(»<''iale> qui >«Mit f.»nuée< d'uiu' ^iib^tan- e albuniinoide et de jfraissf. Kn c»* court espace de t»Mn|w, la 1 uuo d»* pr«»t.>pli>nia si niiu<*e, si inerte en apparence, qui constiîue ces cellules, ptHit «loue ch«n^»»r romplétemeiC. de forme et de volume. et subir une tran5r«.»rniition complète. />*< '^>'' r.-î t/it tt-'tH rnnjonHif Inrhf dant i'triièm*'» Comptes rendus, avril 1872.;

TISSr CONJONCTIF LACUFl. - CKLLULES ADIPEl'SES. 34n

sont au milieu frun ivseau plus ou moins embrouillé do (îlainents rommo dos masses jrlobuleuses réfrinf^enles. Il est rare qu'elles se Irouvent isolées d'une faron «omplèle; presque loujoui's elles «onsorvent avec le reste du tissu une certaine adhérence. C'est du tissu adipeux du chien qu'il est le plus facile de les dégager lout à fait, probablement parce que chez cet animal la membrane d'enveloppe des cellules est plus résistante. Sur quelquos-unes d'entre elles se distingue un noyau plat appliqué contre la j^aroi. Pour (pie ce noyau ^oil visible, il faut que la cellule soit dans une position favorable, r'esl-à-dire que le noyau soit précisément sur ce que Ton pourrait appeler son équateur, en supjiosant qu'un de ses pôles soit loiu'né sevi^ l'œil de l'observateur. De face, il n'est pas visible. Auîssi arrive-t-on à en voir plus facilement en impiimant dos mouvements à la lamelle à re<'ouvrii", de manière à foiro rouler les cellules isolées qui, se présentant alors successivement dans différentes positions, laissent voir leurs noyaux siu* leur équateur.

Lorsqu'il n'est pas recueilli inmiédiatemont après la mort, le crismux tissu adipeux présente assez fréquemment dînis beaucoup de i.'schiiiIc*

■ Il 1 ••Il 'II*' • 1* adi|»ons:»s.

rellules des aiguules cristallmes cpu partent en rayonnant d un point central. Ces aiguilles, qu'^i l'on considère connue des cristaux de margarin(% sont dues à une transformation subie par la graisse api es la mort ; jamais elles ne se rencontrent dans le tissu adipeux vivant.

I^ moven emplové d'ordinaire noui' démonIrfM' la mem- .\i.Mni.n»iip lirane d'imveloppe des cellidos adipeuses consiste à plonger dans l'étbei* un très-petit fragment de tissu adipjMix à peu près dissocié et à l'y maintenir ])endant vingt-quatre heures. Au bout de ce temps, la graisse est dissoute, au moins dans une partie des cellules, et, en examinant au microscope, on Irouve, à côté des cellules adipeuses qui ont conservé leur aspect primitif, des utricules à mendirane plissée que l'on considère comme des cellules dont la graisse a été dissoute, (i'est le procédé indiqué par les auteurs pour faire apparaître la membrane, et le résultat en est généralement considéié comme parftiitement démonstratif.

La méthode que nous employons pour examiner les cellules adipeuses nous permet de les voir avec tout ce qui les constitue, noyau, enveloppe et masse graisseuse. C'est à cette méthode que

ll'lMIVl'IopjM'

TRAITÎÎ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

Injection

intcr&litiolli

dcnitrati;

d'argoiil.

Formo

do la colin le

adipouso.

nous nous arrêtons, parce qu'il suffit ainsi d'une seule préparation pour donner une notion exacte et complète de ces cellules.

Sur un animal que Ton vient de tuer, un chien par exemple, un fragment de peau muni du tissu cellulo-adipeux est détaché, et tandis qu'il est encore chaud, une injection interstitielle y est pratiquée avec une solution de nitrate d'argent à 1 pour 4000. Une mince tranche de la boule d'œdème ainsi produite, détachée avec des ciseaux courbes, portée sur la lame de verre et recouverte, montre les cellules adipeuses sous un aspect que l'on

ne soupçonnerait pas si l'on n'avait employé pour les préparer que les moyens ordinaires.

La cellule présente la forme d'un vaste utricule- limité par une membrane à double contour.

La graisse, reconnaissable à sa réfringence, n'occupe qu'une portion de sa cavité; le reste est rempli par du protoplasma linemenl granuleux et un liquide transparent; en un point se montre un novau vésiculeux muni d'un ou deux nucléoles. Quelquefois, mais rarement, une cellule contient deux novaux.

La cellule adipeuse est donc constituée, comme le démontre l'aspect qu'elle présenle^sur ces préparations, par une membrane homogène transparente, tapissée à l'intérieur par une lame de protoplasma dans laquelle est contenu le noyau. Le milieu de la cellule est occupé par une masse graisseuse, séparée du protoplasma par une zone qu'occupe un liquide ti'ansparent.

Pourquoi dans les autres modes de préparation ne retrouve-Ion pas cette zone, et que devient le liquide dont elle est remplie? Pourquoi, dans presque tous les cas, la membrane d'enveloppe vient elle s'appliquer immédiatement contre la masse graisseuse, de manière à dissimuler le proloplasma et souvent le noyau? Nous n'avons encore aucune donnée expérimentale à ce sujet, et la solution de ce problème nécessitera de nouvelles recherches.

Fir.. 114. — Cellule adipeuse isolée (iu tissu conjonctif lâche souscutanc^ du chien, .iprès injection inferstilielle de nitrate d'arjjent à 1 pour 1000. — in^ nicinhrane;w, noyau entouré d'un proloplasma granuleux p \ n y boule de graisse. — 300 diani.

TISSU CONJOXCTIF LACHE. — CFLLl LES ADIPEUSES. 345

Sur des préparations laites avec le picroearminale et examinées dans la glycérine, la membrane enveloppe exactement la masse graisseuse. Le noyau est visible, soit de face quand il se trouve sur rhémisphère de la cellule qui est du côlé de Tobservaleur, soit de prolil quand il se trouve sur Téquateur de la cellule. Il est facilement reconnaissable à sa couleur rouge. lorsqu'il est vu de profily il se trouve dans un mince croissant rosé qui est la coupe optique du proloplasma.

Fie. 115. — Tissu cellulo-adipeux sous-cutané du chien, obtenu après injection interstitielle de nitrate d'argent à i pour iOOO. — n, boule de graisse; p^ protoplasma ; w, noyau ; w, membrane de la reliule ; /", faisceau conj-^nctif. — 200 diam.

Les solutions d'acide osmiquo, à quelque degré qu'elles soient employées, ont la propriété de colorer la graisse en brun noirâtre. La meilleun» manière d'appliquer ce réactif est de faire des injections interstitielles avec une solution ai pour 300. Il serait plus simple de plonger un fragment du tissu dansla solution, et la coloration se produirait aussi ; mais l'avantage de l'injection interstit ielle,<'est que, pénétrant en môme temps autour de chaque cellide

1nj(>ction

iiilprslitiollo

d'acidcr

os^miqiio.

3i(l TUAtTIv TKCHMOtîE D'HISTOLOniE.

a(lipi.>usp,(>llc produil (iiriîctemeiit siireile In réaction caracUiri;^ lique.!']!! outre, à la périphérie delà boule d'(B<l<;me arUGcielJes , celluk's adipeuses ne sont pas éyalenienl tolorées. Tandis qu'au (lentre res cellulfis, tians formées en une masse noire, ne laissent plus reconnaîlre ni leur proloplasma, ni leur noyau, quelqnesiines dos périphériques sont à peine li-intées de jaiine^brun. Ces ilerniéres, sounii&e.s ;t l'aelion du picrolarminate, niontrenl nettement leur eroissiiiil pi'Oloplasmiqut> el leur noyau. De phis, leur membrane présente des plis farilemenl reconnais- Mihles et tout à fait caractéristiques. Os jilis sont dus à re que la membrane, lixée par l'osmium, a peidii sa rétractî- Hlé. Ils ne sont pa* visibles dans les préparations ordinair>^s tolnrées et montres dans la plvrérine , jiaree que, ilans res eonditions, la membrane n'a pas perdu eelte propriété, l'I que dés lors elle peut revenir s'appliquer direrlemenl sur le contenu rellulaire.

Une minée courlie de tissu adipeux dissoeié, traité sur h lame de verre par une solution alcoobque de bleu de quinoh^ine. montre les ci'llules iidipnnses colorées en bleu. Celte coloration se eonseiv'i l'I ilcviciil iiiériieplus intense si la préparation, rolorée el lavée, fsL souniisi' ensuite à l'aetion d'iun' solution de potasse il -40 pour UKI.

Deseou|ies l'ai les sui' |i' lissn ;idipi>u\ après ilnrrissemenl dans

ir liG —

LoJiuli- ni

ipcu^ il lin ''mlirtoii Al btrul'

dea^irnli

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Ëpiralion Dhleniir pnnnjcc-

Uon iDlenl

tiliellr II ui

ir solulion dncide oimique

l 1 pour 300 et tmi

wrvto duna la nhcirmp —

n lubule adipeux c

cellule idipcuM iwlée » la

périphérie

du lobule

m tufu ronjonclit em-

bnonnnire

1 \-\fW

lu bannum — 50 dnm

TISSl CONJONCTIF LACHK. — CKLLILRS LYMPIlATIOrKS. an

Talcool forl peuvent être soumises au même iraitement. Les relhilf\s adipeuses s'y présentent avee des earaclères identi(|ues \

Celhi/es If/mp/taliques. — Une préparation de tissu conjonetit', faîte après une injection interstitielle, contient, outre les cellules adipeuses et les cellules conneclives plates, des cellules arrondies, libres dans la préparation et qui ont tous les caractères des cellules lymphatiques. Il y a de ces cellules dans toutes les parties du tissu conjonctif lâche, mais elles se trouvent toujours en plus pri*and nomhre au voisinage des cellules a<lipeuses. La question de rorijîine de ces cellules n'(»sl pas encore résolue. Elles peuvent venir du système vasculaire et être sorties des vaisseaux par diajiédèse; elles peuvent aussi provenir d'une prolifération des cellules connectives fixes ; ou enfin, vivant dans la lymphe du tissu conjonctif, elles peuvent s'y être reproduites par division, et dès lors ce tissu devrait être considéré comme un lieu de juodiirtion des cellules lymphatiques-, jusqu'à présent il, est impos-

* Les modificitions pnlhologiqiics que subit la cellule adipeusp prrsenlent de Cin- I«'tc*1 au poiul de vue de sa constitution histoloj^ique. Chez le rhien, dans les œdrnies firoiluitf cxp<'*rimeutalemeut, les cellules adipeuses sont profondrmenl modifiées vingt-quatre heures seulement après le début de l'Iiydropisie : Le protoplasma coutieiil une {grande quantité de goullelelies de graisse, de sorte que la masse graissf ii*c centrale se montre entourée comme d'un collier de ;;rains brillants.

Dans rinflammation, il se produit une multiplication des noyaux et une hypertrophie du protoplasma, avec résorpt'on ;;raduelle de la masse graisseuse; finalement, le protopla^ma se segmente, et il s'en répartit autour «le chaque noyau, de telle sorte que la cellule adipeuse devient ainsi une sorte de nid «le cellules embryonnaires. i Manuel d'histologie pathologiifuc, en commun avec Cornil. 1869, p. 80, fig. 46.)

I>aus ramai;jrissement, il s'accumule à l'intérieur de la membrane une grande «piantité di' liquide séreux, tandis que la graisse diminue progressivement. C/est noIaiDinent ce que l'on observe dans les appendices épiploïques de la grenouille à la tin de l'hiver : Les cellules adipeuses sont alors remplies d'un liquide séreux, au milieu duquel nage librement une granulation ayant ia réfringence de la graisse, et iloiit la couleur est jaune ambré.

- Dan» cert;iines conditions, le nomhre des cellules lymphatiques du tissu conjoiKtif augmente considérablement. C'est ce qui se produit «laus l'œdème soit spontané, soit expérimental. Dans Cinnammatiou, leur nombre peut être encore beaucoup |dii"^ considéralde, mais la présence d'un grand nombre de cellules lymphatiques «lans les mailles du tissu conjonctif ne suffit pas pour caractériser l'innammation, comme t^hnheim l'a soutenu. En efTel, ainsi qu'on vient de le voir, ce phénomène peut se produire dans l'œdème, état que les médecins n'ont jamais compris dans les phle;;niasies. Du reste, à propos des vaisseaux c;ipillaircs, nous reviendrons sur la (liapédése des globules blancs et nous montrerons qu'elle existe à l'état physiologique et dans une série de modifications non inflammatoires; elle ne saurait donc, à elle seule fournir une définition de l'innammation.

348 TRAITK TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

sible d'appuyer Tune ou l'autre de ces hypothèses surdesiait< ayant une valeur expérimentale '.

lx»n(riioiir Tissa conjonctif lAeho dans son eosemble. — NoUS venODS de

dpt fai!»'?oànx. passer en revue les différents éléments du tissu conjonctif lâche. Les méthodes que nous avons employées ne nous les montrent pas isolément, de telle sorte qu'elles nous permettent, non-seulement d'étudier chacun de ces éléments dans son individualité, mais encore de voir dans quel rapport ils sont entre eux. C'est ainsi que les faisceaux conjonctifs nous ont paru se continuer avec le même diamètre dans une grande longueur, sans se diviser ni se réunir. Plus tard, en étudiant le tissu conjonctif dans les membranes, en le poursuivant à la peau jusque dans les papilles, nous verrons qu'il n'en est pas toujours ainsi.

Du reste , il y a de très-grandes différences dans le diamètre des faisceaux du tissu conjonctif lâche dans une même région.

Rapporis Uue autrc question se pose à propos des fibres que Ton observe cmijonctifr dans le tissu conjonctif lAche. Les fibres élastiques et les réseaux

*^ViasTiquor' élastiques sont-ils indépendants des faisceaux de tissu conjonctif* Fn faisceau de tissu conjonctif peut-il contenir dans son intérieur, au milieu des fibres connectives proprement dites, des fibres élastiques? Il est important de soulever celte dernière question,

' On trouve dans cerlaines réj^ions, entre les faisceaux du tissu conjonctif, outre les cellules plates, les ceUules lymphatiques et /les ceUules adipeuses, d'aulret cellules spéciales. C'est un fait sur lequel tout dernièrement Waldcyer (Ueber Bindeg^eweliszeilcn, Arch, f. mirrosc. Anatomifi XI, 1874, p. i86), a beaucoup insisté, et il considère ces cellules comme des cellules particulières du tissu conjonctif. C>M ainsi que certains groupes de cellules du testicule et toutes les cellules dites parenchymalcuses des capsules surrénales seraient des cellules connectives. Nous reviendrons sur ces difTércnts éléments à propos des organes qui les contiennent. Nous ferons seulement remarquer ici qu'il peut exister dans les mailles du tissu conjonctif des cellules ou des groupes de cellules qui, par leurs fonctions et par leur développement ultérieur, doivent èire distinguées des cellules connectives proprement dites. C'est ainsi que, lorsque nous étudierons les vaisseaux, nous verrons qu'au milieu des cellules plates et des cellules lymphatiques du tissu conjonctif, il existe parfois des cellules particulières destinées à former des vaisseaux et que nous aTOOS appelées vasoformatives. Du reste, on ne doit pas consiilércr comme de nature connective tous les éléments ou tous les groupes d'éléments qui sont plongés dans le tissu conjonctif, car, s'il en était ainsi, un vaisseau capillaire, un lube nerveux, un faisceau musculaire, qui chacun sont contenus dans une maille de ce tissu, devraient faire partie du système conjonctif.

TISSU CONJONCTIK. — TENDONS. 349

parce que dans la plupart des traités classiques d'histologie se trouvent iigurés des faisceaux de tissu conjonctif contenant à leur intérieur des fibres élastiques (voyez par exemple Frey,édit. franraise, p. iU^ lîg. :201).

Lorsque des faisceaux ont été dissociés par la méthode des injections interstitielles et individualisés par le traitement à l'acide acétique Jamais je n'ai vu, dans l'intérieur d'un faisceau, ni fibres élastiques, ni éléments cellulaires d'aucune sorte. Les fibres élastiques que l'on observe dans le tissu conjonctif lAche se montrent à côlé des faisceaux, et ell(\s paraissent en être indépendantes.

Les cellules plates occupent aussi les interstices laissés entre . Ram-oru

^ t^ ^ de} uiscesiux

les faisceaux du tissu conjonctif, et, comme l'établit Tobserva- «?;,«<♦'» tion des coupes transversales , elles sont appliquées à leur surface, sur laquelle elles semblent moulées. Les observations que nous poursuivrons sur les membranes de tissu conjonctif, et sur le lissu conjonctif lamelleux établiront qu'une cellule plate peut reposer sur plusieurs faisceaux de tissu conjonctif disposés en nalte.

Les cellules lymphatiques sont complètement libres dans les interstices laissés entre les faisceaux conneclifs. Klles v cheminent au milieu du plasma de la lymphe connective, <'t celui-ci est disposé entre les ditférentcij libres, à la manière d'un liquide qui imbiberait un pa(juet de chanvre teille.

Du reste, nous reviendrons sur ces généralités <'t sur la signilication morphologique du tissu cellulaire, lors(|ue nous aurons étudié les autres variétés du tissu conjonctif.

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