CLASSIFICATION DES DIFFÉRENTES FORMES DU TISSU
CONJONCTIF.
L'étude que nous venons de faire sur un certain nombre d'organes formés par du tissu conjonctif et sur le développement de ce tissu nous permet d'en essayer une classification méthodique. A son origine, le tissu conjonctif est constitué entièrement par des cellules. C'est là le tissu conjonctif embryonnaire ou tissti ffnbryomwire proprement dit. A une période plus avancée du développement, il se produit entre les cellules une substance •nlercellulaire liquide plus ou moins abondante ; la formation fe fibres est encore rudimentaire. Tel est le tissu conjonctif ïnuqueux ou tissu maqneux. Quant au tissu conjonctif adulte, " se présente sous des formes très-variées. Constitué par des faisceaux connectifs entrecroisés suivant toutes les directions, disposé en masses plus ou moins considérables,^^ sans forme spéciale, comblant des cavités ou des interstices, c'est le tissu conjonctif lâc/te, que Ileicbert a appelé tissu conjonctif sans forme, par opposition à celui qui produit des orjranes d'une forme déterminée, par exemple les membranes ou les tendons. Le tissu conjonctif membraneux est cehii dans lequel les différents faisceaux sont disposés de manière à figurer une membrane, comme le mésentère, le ligament suspenseur du foie, etc. A côté de ce dernier se placent le tissu conjonctif lamelleux ou engainant (gaine des faisceaux nerveux); le tissu conjonctif re/i/orm^, dans lequel les faisceaux se séparent et se réunissent tour à tour pour intercepter des mailles (épiploon, repli
^iberih. Ton deo Elulgerâssen^ Stricker's Handbuch, p. 205.
mésopéricardique, pie-mère) ; le tissu conjonctif rericw/e, qui no diffère du précédent que par la finesse très-grande de ses faisceaui ({ganglions lymphatiques) ; le tissu conjonctif adipeux, caractérisé par la présence des cellules adipeuses entre les faisceaux du lissu conjonctif lâche ; le fissu conjonctif teiidineux et ligamenteux distingué par l'ordonnance parallèle des faisceaux; enfin, te tissu conjonctif élastique dans lequel prédominent les fibres et les réseaux élastiques (ligament cervical postérieur, par exemple). Cette classification n'est pas complète parce qu'elle ne donne que les types les plus accusés, et entre eux il y a de nombreux intermédiaires. C'est ainsi que le tissu conjonctif lâche contient presque toujours une quantité plus ou moins considérable de cellules adipeuses et de fibres élastiques. De même, • dans le centre phrénique, membrane tendineuse, nous voyons des faisceaux tendineux partir d'un des petits tendons pour aller se confondre avec un tendon voisin, en interceptant des mailles comparables à celles du tissu conjonctif rétiforme du grand épiploon, etc.
Rapports du Les limites mêmes de l'ensemble des tissus conjonctifs ou, pour lif ""^ employer le langage de Bichat, du svstème conjonctif, ne sont tissus. pas toujours tranchées. Nous avons fait remarquer l'analogie qu'il y a entre le tissu muqueux et le tissu cartilagineux à cellules ramifiées. D'autre part, nous avons vu quel rapport étroit il y a entre les tendons et le cartilage, puisque non-seulement les faisceaux de tissu conjonctif du tendon se continuent avec la substance fondamentale du cartilage, mais encore les cellules qui sont placées entre les faisceaux tendineux peuvent être contenues dans des capsules. Nous allons trouver bientôt, en étudiant le développement du tissu osseux, un rapport tout aussi intime de ce dernier tissu avec le tissu conjonctif.