‹ Traité technique d'histologieChapitre 51 sur 106 · CŒUR · texte numérisé non relu

CŒUR

Ces préparations sont bonnes, mais elles sont difficiles à w»eau exécuter. Voici un procédé beaucoup plus commode pour obser- l'oreiiicitc ver les réseaux de fibres musculaires sur Toreillette de la grenouille grenouille. Le cœur étant mis à nu, une -canule est introduite du côté du cœur dans une des aortos et fixée par une ligature. Par celle canule, on injecte dans le cœur, avec une seringue, une solution d'eau salée à un demi pour cent. Lorsque le sang a été chassé, les veines du cœur et la seconde aorte sont fermées par des ligatures; on continue à pousser Tinjection de manière à bien remplir le cœur, en ayant soin toutefois de ne pas aller trop brusquement pour ne pas le faire éclater. Puis on place une ligature au-dessous de la canule, et le cœur ainsi gonflé est détaché et mis dans un petit flacon de verre contenant quelques gouttes d'une solution d'acide osmique à 1 pour 100. Go réactif difl*use îiïunédiatemenl dans toute la masse du cœur, dont il fixe les éléments dans leur forme. Au bout de quelques minutes, le cœur est retiré, et il est facile d'en exciser, au moyen des ciseaux, des fragments de la paroi des oreillettes, ou la cloison interauriculaire tout entière. Ces fragments sont mis dans une solution de picrocarminate pendant vingt-quatre heures; puis ils en sont retirés, lavés et montés en préparation dans la glycérine.

Les préparations les plus démonstratives sont fournies par la cloison des oreillettes. Nous aurons Toccasion d'y revenir à propos de la terminaison des nerfs dans le muscle cardiaque.

Pour reconnaître la disposition réticulée des fibres musculaires dans l'épaisseur des ventricules des mammifères, il faut pratiquer la dissociation par le procédé suivant: On entaille avec un rasoir le muscle cardiaque, et, saisissant les bords de l'incision avec les doigts, on l'agrandit par déchirure. Cette déchirure se fait suivant la direction générale des fibres. On en aflTranchit la surface au moyen 3'une première incision faite avec le rasoir, et, par une seconde coupe parallèle, on détache à ce niveau une lame mince du tissu. Cette lame, dissociée avec les aiguilles suivant les règles indiquées pour l'oreillette, fournit des préparations où les fibres musculaires forment des réseaux à mailles étroites, tandis qu'à la surface des travées du réticulum se montrent des tronçons de fibres coupées transversalement ou obliquement. Ce dernier fait nous permet de reconnaître que les fibres cardiaques s'anastomosent dans toutes les directions.

Après avoir acquis ces premières notions sur la disposition

* Gellulet ronstitntivcs do la fibre canliaqiie.

générale des fibres musculaires dans le cœur, il importe d'en étudier plus à fond les détails de structure.

Le premier point important à observer, c'est que, dans toute la série animale, les fibres musculaires du cœur sanguin sont foimées par des cellules soudées les unes avec les autres. A cet effet, examinons d'abord le cœur de la grenouille. Enlevé sur ranimai vivant, cet organe est plongé dans deux à trois centimètres cubes de potasse à 40 pour 100. Au bout d'un quart* d'heure, on en enlève avec la pince des fragments qui sont

déposés sur la lame de verre et agités avec l'aiguille dans une goutte de la solution de potasse. Après avoir recouvert d'une lamelle, on constate, à im grossissement de 200 à 300 diamètres, que le fragment du muscle s'est divisé en une grande quantité d'éléments cellulaires semblables.

Ces cellules sont allongées, fusiformes, ayant des bords en partie 1 ectilignes et en partie sinueux. Elles sont constituées par une substance musculaire striée en long et en travers, et possèdent à leur centre un

(lu ventricule (ie la grenouille, novau OVOÏdc. EilcS SOUt Semblables isolées après raction de la "^ n i i • j i *

pousse à 40 pour 100. - ^ux ccllules musculaircs de la vie orni.rmrn.:î!l;.'î!nrfifn^^^^^^^^^^ gaulquc ctuc diffèrcut de certaines

plasma qui entoure le noyau ; «^ ^

r, substance striée. d'entre clIcs que par la striation de

leur snbsUmce. Ce genre de cellules musculaires forme donc une transition entre les muscles à contraction lente et involontaire et les muscles à contraction bnisque et volontaire. Cette observation du cœur de la grenouille à l'aide de la potasse a été faite il y a longtemps déjà par Weismann *; elle a servi de point de départ aux diverses recherches qui nous ont fait connaître la véritable disposition des fibres cardiaques.

En soumettant à l'aclion de la potasse à 40 pour 100 des fragments du cœur de divers mammifères, on isole de la même façon

FiG. 180. — Cellules musculaires

* Wd'smann, Ucbcr die Muskulatur des Hcrzens beim Menschcn und in der Thierre^he, Arrh. JUrkhert et Du Bois-Rei/tuond^ 1861 , p. 41.

COKLH.

des cellules beaucoup plus grandes que celles de la grenouille el d'une forme différente.

Elles ont une surface cylindrique lisse qui correspond à celle du faisceau musculaire; les deux bases du cylindre sont sinueuses el appartiennent aux surfaces de soudure des cellules, ainsi qu'on peut le reconnaître sur les parties de la préparation où les cellules n'ont pas été isolées complètement *.

A l'aide de certaines méthodes , on peut observer, sur impivifnaiioii

' ^ ' d'argent

de la fibre musculaire cardiaque.

les faisceaux musculaires examinés suivant leur longueur, les lignes de séparation des différentes cellules qui les composent. Parmi ces méthodes, celle qui donne les résultats les plus dém.onstratifs est l'imprégnation avec le nitrate d'argent (EbeUh) \

Voici comment il faut procéder :

Un fragment de la face interne des ventricules encore recouvert de l'endocarde ^ est plongé dans une solution de nitrate d'argent à 1 pour 500 et y est maintenu pendant trois quarts d'heure ou une heure,puis porté dans l'eau distillée. En arrachant ensuite l'endocarde au moyen d'une pince, on enlève avec lui des groupes de libres musculaires du cœurqui lui sont adhérents. Il est alors placé sur une lame de verre de manière à montrer sa face profonde et monté en préparation dans la glycérine. Exposés quelques minutes à la lumière et examinés au microscope, les faisceaux primitifs y apparaissent décomposés en segments à peu près d'égale étendue par des lignes noires transversales ou légèrement obliques et disposées en escalier. Ces segments correspondent exactement à ceux que l'on isole au moyen de la potasse. Du reste, Eberth a soumis à l'action de la potasse des fragments de muscle d'abord imprégnés d'argent et a vu la séparation se produire au niveau des lignes imprégnées.

11 n'est pas nécessaire d'avoir recours à l'imprégnation d'argent pour voir les lignes de séparation des cellules musculaires du

1 n est trcs-fréquent de Irouver deux noyaux dansrintérieur d'une mémo cellule. Kœiliker [Éléments (thist,, trad. fr., 2' éd., p. 748) en a conclu que deux cellules cardiaques peuvent être entièrement fusionnées. Mais il est bien plus probable que rexittence de deux noyaux dans une même cellule est en rapport avec le développement. Nous avons vu que la présence de deux noyaux dans l'intérieur des cellules de Purkihje est uu fait habituel, el cependant il n'est guère probable que cette disposition soit liée à la fusion complète de deux cellules d'abord distinctes.

' Êbert/i, Die Elcmente derquergest. Muskelu, Arch, de ViixhoWy 1866, t. 37, p. 100.

cœur. Od peut les observer nettemout en opéi'anl de ta manîèit: suivante: Une coupe minco laite au rasoir suivant la direction des fibi'es est placée pendant '2i heures dans quelques centimetres cubes d'une solution d'acide clnomique à 1 ou â pour 10 00(1. Lavée ensuite à l'eau distillée, elle est placée pendant âilicures dans du picrocarminatc; lavée de nouveau, elle est dissociera ensuite sni' la lame de verre et traitée pour en iaii-e une préparation persistante par de la glycérine avec I pour lOU

ri"

fin. 187 —Fibres niiisrulnin-s du irn(riciil<< ^-auclic du chien, diuociéei iprn maciralion dam raciclc chromiquc dilué, cnlnréi^i au picrncartninate et ciinKt> ïécsJaiis 1.1 tcl>'c^i''i'(' additionnée d'acide tbnntquc. — u.ciinciil intercellulairc; II, nojau, — eOOdiam.

d'acide formique. Sur ces préparations, les lignes intercellulaires s'accusent par une forte réfringence, un double contour et la disposition en escalier dont nous avons parlé. Les stries lon- (titndinales et ti'ansversales sont nettement accusées; le noj'au occupe le centre du faisceau, entouré d'une masse granuleuse qui se prolonge au delà (le ses extrémités suivant l'axe du raisrcau. Avec un fûr.t grossissement, de 40(1 à fiOO diamètres, les bords des faisceaux montrent un feston régulier dont les saillies l■o^ res))ondent aux disques épais et les intervalles ailx disques minces, si toutefois la structure intime de la fibre du cœur est comparable à celle des muscles de la vie animale.

On peut s'assurer qu'il en est ainsi à Taide de la méthode suivante :

Un petit fragment du cœur est placé dans de Talcool au tiers, dissocié avec les aiguilles en utilisant la demi-dessiccation et coloré à rhémaloxyline, le tout en suivant exactement le procédé qui a été indiqué page 481. On obtient ainsi des cylindres primitifs ou des fibrilles bien tendues sur lesquelles on peut reconnaître le disque épais coloré fortement, le disque mince et les espaces clairs. Lorsque la tension a été bien complète, le disque épais parait composé lui-même de trois segments superposés, un central et deux terminaux. L'élément contractile du muscle cardiaque a donc une disposition semblable à celle des muscles à contraction volontaire.

Les cylindres primitifs du muscle cardiaque présentent un an'angement tout spécial, qui s'apprécie bien sur les coupes transversales du tissu desséché. Un fragment du cœur, sur lequel la direction des fibres est bien déterminée, est fixé sur une lame de liège avec des épingles et mis à sécher dans un endroit chaud, de façon à ce que la dessiccation se produise en quelques heures. Les coupes doivent être faites perpendiculairement à la direction des fibres et aussi minces que possible. Elles sont placées dans feau, puis colorées au picrocarminate et finalement conservées dans la glycérine additionnée d'acide formique. Avec un grossissement de 150 à 400 diamètres, on distingue les faisceaux musculaires coupés en travers, dans l'intérieur desquels se montre un noyau, si ce dernier est compris dans la coupe.

Ce novau est immédiatement entouré d'une substance moins réfringente que lui. Cette substance envoie des prolongements ou plutôt des cloisons rayonnées qui partagent la surface de la coupe du faisceau en un certain nombre de départements, divisés eux-mêmes en champs plus petits*par des cloisons secondaires. Quand l'objectif est au delà du point, ces cloisons sont obscures et les champs limités par elles sont brillants. En rapprochant au contraire l'objectif de manière qu'il soit en deçà du point, les cloisons deviennent brillantes et les champs obscurs. Ces champs correspondent évidemment à la section transversale des cylindres primitifs.

On ne peut voir, ni sur les coupes transversales, ni sur les diverses préparations que nous avons indiquées, aucune trace de sarcolemme ; dès lors il est probable que les cylindres primitifs

Modede gtriation de la fibro cardiaque.

Cylindres primitifs des fibres musculaires du coeur.

544 THAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

sont à nu à la surface du faisceau, ou qu'ils y sont recouverts par une miûcc couche de celle subsUmce qui entoure le noyau, et qui, après avoir envoyé des cloisons rayonnantes, arrive jusqu'à la surface.

Vaisseaux Pour étudicr la disposition des vaisseaux capillaires du muscle du'Sdc cardiaque, il est nécessaire de les injecter. Chez les gros mammi- "^**'»"'^- fères, rinjection se fait directe-

ment par une des artères coi^onaires, mais chez les petits (lapin, cochon d'Inde, rai, etc.), après avoir lié Tarière pulmonaire et les différentes veines qui FiG. 188. - Coupe transversale des ^^' rendent aux Oreillettes, OD

faisceaux musculaires du ventricule injectc daUS la CrOSSC de raortc. du veau, faite après dessiccation. 'i i • i i

Coloration au picrocarminate, con- D habitude , IcS valvules Slg-

servation dans la clycérine addition- ^ "j ^ • » â ^ i

née d'acide formiqùe. - 550 diarn. ^OldCS ne réSlStcnt paS, et Ifl

masse pénètre dans le venlriculc gauche, ce qui n'empêche pas les artères coronaires de se remplir, ainsi que le réseau correspondant. Après Tinjection, la pièce est mise dans le bichromate de potasse ou d'ammoniaque, si les vaisseaux ont été injectés avec du bleu de Prusse, daos de Talcool si Ton a employé uniî masse au carmin.

Il est rare qu'un cœur soit réjiulièrementet complétemeol injecté. La plupart du temps, l'injeclion est inégale; mais il est toujours possible de trouver des régions dans lesquelles elle estsuflisamment complète pour Tétude. Ces fragments sont ceux que Ton choisit pour y pratiquer ensuite des coupes. Après le durcissement, ces coupes faites suivant différentes directions nous montrent que les vaisseaux capillaires forment dans le cœur des mailles allongées dans le sens des faisceaux, comme du reste pour tous les autres muscles; seulement les mailles de ce réseau, au lieu de ne contenir qu'un seul ftiisceau, comme il arrive pour les muscles volontaires, embrassent d'habitude plusieurs de ces faisceaux. Dans les injections, même les mieux réussies, les parties bien injectées présentent souvent de la diffusion. Cela tient à ce que les capillaires sanguins, au lieu d'être entourés de tissu conjonctif qui solidifie leurs parois, sont plongés ici au milieu d'espaces lymphatiques, dans lesquels la masse d'injection pénètre facilement. C'est la raison pour laquelle en injectant les vaisseaux sanguins on arrive souvent à produire une injection partielle du

eau lymphatique. Il suffit de la rupture d'un capillaire sanguin un point pour que ce réseau soit injecté dans tout le voisinage. L la surface des vaisseaux sanguins, il existe une couche de ules plates qui peut être considérée comme une portion de idothélium de l'espace lymphatique.

*our se rendre comple de la richesse du système lymphatique sysicmc cœur, il faut procéder de la façon suivante. S'étant procuré un ^Zcœlir!° ir de mouton encore chaud, on enfonce dans le mvocarde du Iricule la canule tranchante d'une seringue hypodermique iplie de bleU de Prusse. Dès qu on Ty a fait pénétrer, il se duil, dans un point du péricarde voisin, un réseau bleu qui irichit, s'étend et dessine un département du réseau sousicardiqne. 1/expérience réussit, quel que soit le lieu du venule où l'injection est faite. Quelques injections semblables déminent la réplétion du réseau péricardique et permettent de istater que les gros troncs lymphatiques vont se jeter dans les Lglions qui sont à la base du cœur.

ta se convainct par celte expérience que l'origine des lymphaues se trouve partout dans le muscle cardiaque, puisque, paritoù pénètre la pointe de la seringue, il s'en injecte *. Tout space laissé dans le cœur entre les faisceaux musculaires et vaisseaux sanguins est lymphatique; en d'autres termes, le ur des mammifères peut être considéré comme une éponge iphatique, de même que le cœur de la grenouille est une >nge sanguine *.

Schweigger-Seidel qui a constaté (das Htrz^ Stricker's Handbuch., p. 185] * quelle facilité, en poussant une injection dans le myocarde, on remplit le rét lymphatique sous-péricardique, suppose que l'origine de ces réseaux lymphatiques (*Q«ve dans des fentes spéciales situées entre les plans musculaires du myocarde et t désigne sous le nom de fentes de Henle. Si nous avons bien compris la dcscripi de \ktïi\t(Handh, der systeni. AnatomiCj t. III. ^l'*'^ partie, p. 54 et suivantes), les tes qu'il a signalées correspondent aux lames de tissu connectif qui séparent ^ntdes autres les faisceaux secondaires du cœur dont lu forme est aplatie, surtout U les ventricules. D'après nous, l'origine des vaisseaux lymphatiques serait KQcoup plus profonde. On doit la chercher dans les mailles du réseau des fibres ttculiires du cœur, et principalement dans les espaces compris entre ce réseau les vaisseaux capillaires. Mais, nous le reconnaissons avec Schweigger-Seidel, une moDitration histologique complète des vaisseaux lymphatiques dans le cœur n*t i encore été fournie.

Le coeur de la grenouille ne possède ni vaisseaux sanguins ni vaisseaux lympha> les. n est disposé de façon que le sang rimbibe tout entier. Au lieu d'être con- Kantier, Histol. 35

Cetle circulation lymphatique si riche est nécessitée par le fonctionnement continu du cœur. Ce muscle est en effet celui de toute l'économie qui fait le ti^avail le plus considérable, parce qu'il le fait sans autre interruption que celle de la diastole. U est indispensable que les produits de désassimilation, les déchets de ce travail, soient éliminés au plus vite; c'est à cette nécessité que répond la richesse du système lymphatique du cœur.

Endocarde.

Nous avons à étudier, dans Tendocarde, rendothélium qui le tapisse dans toute son étendue et la membrane proprement dite, qui est composée de tissu conjonctif, de fibres élastiques et de cellules musculaires lisses.

EiMkrfbâium On peut reconnaître Texistonco d'un e ndothélium à la ike Ytaâonrde. intcmc de l'endocarde en la raclant avec la lame d'un scalpel et en examinant le produit du raclage dans l'eau, le sérum iodé, le picrocarmiuate, etc. Les cellules de Tendothélium, lorsqu'elles sont vues de face, apparaissent comme de petiles plaques munies d'un noyau; lorsqu'elles sont vues de profil, elles semblent fusi* formes. On prendra une connaissance plus complète do cet cddothélium au moyen des imprégnations d'argent. Pour imprégner d'argent fendocarde du chien, du lapin, du cochon d'Inde ou d'autres animaux de môme taille, il faut ouvrir les vcatricules et les oreillettes, laver soi«j»neusement et rapidement b surface avec de l'eau distillée et l'arroser ensuite avec une solu-

sUtué, en eflet, comme le cœur des mammifères, par une cavité assez neUeaetl Umilée et parune paroi plus ou moins compacte, la paroi et la cavité s'y confoodeit Les travées musculaires s*y cntre-croisent dans toutes les directions et le cloiteiiBest en tous sens. D'autre part, le sang circule dans tous les interstices entre les tnvèa recouvertes d*endothélium et arrive aussi bien tout près de la surface du €am fV dans le milieu de sa masse. Cetle structure du cœur de la grenouille, ùfÊ^k pour la première fois par Biiicke(BeiY/%*f zur vergleichendenAntU, u,Phffsiol,éa Gefœss syitems.Hém. de rAcad. des sciences de Vienne, 1852, t. UI, p. 355), m voit tiès-nettement quai d on remplit cet organe avec une masse colorée à la g^ tine. Après que la masse a été solidiflce par le refroidissement, les coupes,

cies par l'essence de girofle et montées dans le baume du Canada, moBtrent f« i la masse d'injection est répandue partout entre les faisceaux jusqu'à la rarfrct <• ventricule; à la base seulement de ce dernier, se trouve une cavité un pe« plv grande et plus nette. On peut donc dire, à juste titre, que le cœur de la ptÊtéilf est une éponge sanguine

CUEUH. 547

lioii de niti*aU* d'ai'îjrciit à 1 pour :iOO ou à 1 pour 500. Si l'on imprépuveut procéder par immersion, il faut, dans le cas où le cœur pré- rendoibcHuin sente des dimensions un peu considérables, comme chez le chien par le nitrate par exemple, circonscrire par des mcisions une région du cœur munie de son endocarde, l'enlever, la laver dans l'eau distillée et la plonger dans la solution de nitrate d'argent.

Chez les très-petits animaux, la grenouille, la souris, etc., le cœur étant conservé intact, la solution de nitrate d'argent est injectée au moyen d'une pipette ou d'une seringue par une des veines qui se rendent au cœur, de manière qu'elle revienne par les artères et lave en passant les cavités cardiaques. Lorsque l'imprégnation est produite, l'organe entier ou le fragment d'organe est placé dans Teau distillée. Il faut maintenant en détacher l'endocarde; il ne convient pas de Tarracher avec une pince, parce que les tiraillements altèrent * Tendothélium dans sa forme et dans ses rapports ; il vaut beaucoup mieux enlever des fragments de l'endocarde avec des ciseaux courbes ou avec un rasoir sur un point que l'on a rendu légèrement convexe en le faisant bomber. Les préparations ainsi obtenues contiennent presque toujours des portions plus ou moins épaisses du muscle cardiaque qui les rendent un peu sombres, mais on les éclaircit en les mettant dans la dvcérine, ou mieux encore dans le baume du Canada, après les avoir convenablement déshydratées par l'alcool.

Quant à rendolhélium qui recouvre les cordages tendineux et les valvules du cœur, pour le voir il suffit de détacher ces parties après l'imprégnation et de les monter dans le baume du Canada suivant les procédés habituels.

CVst à l'aide de l'imprégnation d'argent que l'on est arrivé à se convaincre qu'il existe à la face interne du cœur un endothélium continu, composé de cellules polygonales plates contenant chacune un noyau et recouvrant exactement toutes les saillies et toutes les anfractuosités des cavités auriculaires ctvenlriculaires.

Pour étudier la couche sur laquelle repose Tendolliélium, il convient d'y pratiquer des coupes dans différentes directions, sur des pièces desséchées (pour les détails de la méthode, voir plus loin : Artères) ou durcies à l'aide de l'un des procédés qui ont été indiqués dans les méthodes générales, par exemple par l'action successive de l'alcooljde l'acide picrique, de la gomme et de

oiH TRAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

Talcool. On reconnaît alors que Tendocarde n'a pas tout à fait la même structure dans les diftërentes parties du cœur, bien qu'il soit cependant partout construit sur le même type. 11 est partout composé des éléments du tissu conjonctif et de fibres musculaires lisses, mais ces éléments présentent dans les différentes

Fw. 189. — Endocarde du vonlriciilc gauche de rhommo — a, couche superficiellf. . tCy tissu conjonctif fascicule; me, libres musculaires du ventricule; m/» fibre musculaires lisses. — 150 diam.

régions un arrangement un peu variable, et la couche qu'ils forment est d'épaisseur un peu différente. C'est ainsi que dans te ventricules l'endocarde est plus épais que dnns les oreillettes, el que dans le cœur gauche (oreillette et ventricule) les élémenl^ musculaires sont plus nombreux que dans le cœur droit.

Fig7 190. — Endocarde de roreilletlc gauche de riiomme. — a, couche superfici''lk. L te, tissu conjonctif fascicule; rwc, fibres musculaires de rorcillette : m/, fibres mu^ culaires lisses. — 150 diam.

Couche sou»- Au-dessous de Tendothélium, dans toutes les récrions il existe

cndolhdltalo ^ i ' i i n .1 n >

derendocardo uuc couchc seiTcc daus laquelle on voit des novaux aplatis suivant la surlace et des libres élastiques Unes qui deviennent plus grosses et plus nonibreuses à la limile de cette couche du eôléd? la profondeur. C'est là que se trouvent également des cellules musculaires lisses qui se présentent en long ou en traverssuiwnt la direction de la coupe.

Immédiatement au-dessous se rencontre une masse plus ou

moins considérable de tissu conjonctif fascicule ordinaire, dans lequel rampent les nerfs, les vaisseaux sanguins et les vaisseaux lymphatiques. Cette couche de tissu connectif fascicule se poursuit sans ligne de démarcation tranchée avec le tissu conjonctif interstitiel du muscle cardiaque.

Fk. 191. — Endocarde du ventricule droit de riiomme. — a, couche superficielle; K liuu conjonctif; me, libres musculaires du ventricule ; m/, fibres musculaires liw>. - 150 diam.

Taimies din c«Bar. — Les valvulcs du cœur de rhomme, les seules que nous considérions dans ce chapitre, sont constituées «ilièrement par du tissu conjonclif disposé on lames ou en faiswaux. Ces faisceaux et ces lames sont entremêlés d'une quantité plus ou moins considérable de libnis élastiques suivant les différentes couches que Ton examine.

i-}* 'it tv« ' ' ^ j 'ir^v-vUT^ »

^*'- IW. — Endocarde de roreillelle droite de l'homme.-- fl, couche superficielle; ic, tissu conjonctif; wic, ftbics musculaires de l'oreilletle. — 150 diam.

Lëlude des valvules doit se faire sur des préparations obte- M'^spar coupes après dessiccation du tissu. Nous renvoyons aux ^éres pour les détails des procédés à suivre.

Les coupes les plus conv(»nables pour la trii^uspide et la milrale •oui celles qui passent par un plan perpendiculaire à Taxe des orifices. Pour 1rs sigmoïdes, au contraire, les coupes longitudi- ^les conviennent mieux.

Les valvules mitrale et tricuspide fournissent des préparations en tous points comparables. Au niveau de la face auricu- ''in?, il existe une couche épaisse de tissu conjonctif laraelleux

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contenant des noyaux aplatis qui, sur la coupe, pai^issent allongés dans le sens de la surface. Cette couche est entremêlée de fines fibres élastiques, plus nombreuses et plus p^rosses vers sa face profonde et formant un réseau serré qui se perd peu à peu entre les faisceaux de tissu conjonctif.

Ces faisceaux, qui sont revêtus de cellules plates (cellules ronnectives ordinaires), forment par leur réunion la charpente de la valvule et en constituent la partie moyenne. Vei's la face venlriculaire, on remarque des saillies plus ou moins étendues et plus ou moins proéminentes (cl fig. 193) qui correspondent à la

FiG. 11)3. — Coupe de la valvule tricuspide, faite perpendiculairement à l'axf àr l'orifice auriculo-ventriculaire. — A, surfjice auriculaire; B, surface veiitri-^ lairo; a, couche conneclive lamolleuso «le la surface auriculaire: o\ couiV lamelleusc de la surface ventrirulaire; cl, coupe transversale du conlairc tendineux au niveau de son point d'insertion sur la valvule; re^ tissu fibreux de !i charpente de la valvule. — KK) diani.

section transversale des cordages tendineux. A ce niveau, le cordage tendineux, fondu complètement avec le corps de la valvule, fournit, sur les préparations colorées au carmin, udj' image semblable à celle do la section transversale d'un tendon. Enfin, à la surface ventriculaire, il existe une couche analogu»' i celle qui se trouve à la surface auriculaire, seulement elle i'>l beaucoup plus mince.

Les valvules sigmoïdes, aortique et pulmonaire, nous montrent une disposition à peu prés semblable, mais plus régulière, parce que ces valvules ne possèdent pas de cordages tendineux. Sur chaque face, une couche distinct(^ formée par du tissu conjonctif lamelleux entremêlé de libres élastiques est doublée par un réliculum élastique serré. OUe couche et le réseau élastique sous-jacent ont une épaisseur plus considérable sur la face ven- Iriçulairo que sur la face artérielle, et, tout en consen'aDt 1^

COEUR. 5îii

même rapport, ils sont plus épais sur les valvules aortiques que sur les valvules pulmonaires. A la partie moyenne se trouve une couche fibreuse, formée de faisceaux de tissu conjonclif recouverts de cellules plates, et de quelques fibres élastiques. Cette rouelle constitue la charpente delà valvule.

Kn résumé, une valvule du cœur peut être considérée comme un repli de l'endocarde dont les deux lèvres sont unies par du lissu conjonclif fibreux qui en assure la résistance. 11 existe en çiTct sur les deux faces de chaque valvule une couche de lames eonnectives entremêlées de cellules plates et de fibres élastiques, semblable à celle que nous avons vu dans Tendocarde et à relie que nous retrouverons dans la tunique interne des artères. Dans les valvules du cœur, celle couche n'est pas également rpaisse sur les deux faces. Elle est plus épaisse et plus résistante sur les faces auriculaires de la tricuspide et de la mitrale et sur les faces venlriculaires des sigmoïdes. Elle est donc plus épaisse et plus résistante sur les points où le sang, dans sa circulation intracardiaque, produit un frottement plus considérable ^

Notons encore que les éléments élastiques sont plus abondants dans les valvules du cœur gauche que dans celles du cœur droit, ce qui est en rapport avec la résistance plus grande que ces voiles membraneux doivent offrir à une force également plus grande.

PÉHICARDE.

On peut s'assurer, à l'aide des imprégnations d'argent, que le péricarde, aussi bien sur sa face pariétale que sur sa face viscénilc , est recouvert d'une seule couche de cellules endothélialcs

> Les lésions inflammatoires des valvules du cœur siègent presque toujours sur les faces ▼entriculaires des valvuies sigmoïdes et sur les Taces auriculaires des valvules mitrale et tricuspide . La disposition anatomiquc des valvules peut nous rendre parfaitement rompte de ce fait. Les faces des valvuies que nous considérons sont en effet celles où le tissu conjonclif lamcllcux est le plus épais et uù se trouvent par conséquent en plus grand nombre les cellules eonnectives dont la prolifération amène les lésions inflammatoires. En outre, le frottement de l'ondée sanguine qui, vraisemblablement, comme nous ravons dit, a déterminé la plus grande épaisseur de l'une des faces de la valvule, peut être considéré comme une cause constante d'irritaliun, qui n'existe pas pour l'autre. L'importance des irritants physiologiques dans le développement des inflammations de l'endocarde est encore établie par ce fait que le cœur gauche, où le sang est oxygéné, est très-souvent atteint de lésions inflammatoires, tandis que ces lésions font rares dans le cœur droit, qui contient du sang veineux.

polygonales, semblables à celles du péritoine. Chez la grenouille, le feuillet viscéral possède un revêtement endothélial dont les cellules fort irrégulières ont de grands prolongements arrondis qui pénètrent dans des échancrures correspondantes des cellules voisines, de sorte que Tensemble de toutes ces cellules après l'imprégnation d'argent rappelle les découpures des jeux de patience.

Le stroma de la membrane peut être étudié à Taide des diverses méthodes qui ont été indiquées à propos des membranes séreuses et du tissu conjonclif en général.

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