CHAPITRE X
A partir de leurs origines vcntriculaires, et à mesure qu'elles se rapprochent des capillaires sanguins, les artères présentent dans leur structure une disposition de plus en plus simple, de telle sorte que l'artère la plus élémentaire est celle qui se trouve immédiatement avant les capillaires, tandis que Taorte possède an contraire la structure la plus complexe. Dès lors, dans un exposé systématique de la structure dos artères, il est logique de commencer par les artérioles, qui présentent la constitution la plus simple, et de remonter jusqu'à l'aorte, en indiquant a mesure les modifications que subissent les tuniques artérielles. Nou> suivrons ce mode d'exposition autant que nous le peimettra le point de vue de la technique, auquel jious devons toujours nous placer dans cet ouvrage.
Les vaisseaux capillaires sanguins sont constitués par une simple membrane endothéliale disposée en forme de tube. Pour devenir une artère, le tube endothélial du capillaire se recouvre de cellules musculaires lisses à direction transversale. Ces cellules, disposées les unes à côté des autres sur une seule couche, forment ainsi un tube musculaire qui enveloppe le tube endothélial du capillaire. A la surface de ce manchon musculaire sont généralement disposés de petits faisceaux de tissu conjonclif entremêlés de fibres élastiques, ayant les uns et les autres une
direction longitudinale. On peut donc dès lors considérer à l'ailère trois tuniques, une interne de nature endothéliale, une seconde ou moyenne de nature musculaire et une externe ou
adventice formée d'éléments conjonctits.
Ces trois tuniques se retrouvent sur toutes les branches et sur les troncs de Tarbre artériel. Il est vrai qu'elles subissent des modifications importantes; mais les éléments essentiels que nous venons d'apprendre à connaître existent toujours dans chacune des tuniques, l'endothélium dans la tunique interne et les fibres musculaires dans la tunique moyenne ; il s'y ajoute seulement des éléments connectifs et élastiques.
Les méthodes que l'on emploie pour étudier les artères varient suivant qu'elles sont assez petites pour être soumises tout entières à l'observation microscopique ou qu'elles ont des dimensions telles qu'il est impossible d'étudier la structure de leurs pnrois sans y pratiquer des coupes longitudinales et transversales. Les premières sont souvent désignées sous le nom d'artérioles ; nous nous en occuperons tout d'abord.
Artérioies. — Lcs artéiiolcs, pour être examinées au microscope, doivent être complètement isolées, à moins qu'elles ne soient situées dans des parties minces et transparentes, qui permettent de les distinguer nettement lorsqu'elles sont encore en place.
Il n'est pas possible d'isoler les artériolcs de la trame de tous les organes qui en contiennent, soit parce que cette trame est trop résistante, soit parce qu'il y a entre celle-ci et la paroi du vaisseau une union trop intime. Parmi tous les organes, ceux du système neneux (cerveau, moelle épinière, gros troncs nerveux périphériques), sont ceux qui conviennent le mieux lorsque Ton se propose d'étudier les artérioles complètement isolées. Du cerveau, par exemple, alors qu'il est complètement frais, il est facile d'extraire des artérioles en les arrachant à l'aide d'une pince. Pour les examiner, on les ètiile sur une lame de verre dans de l'eau ou dans du sérum iodé ; pour les colorer, on se servira avec avantage du picrocarminate, et, en substituant ensuite la glycérine à la matière colorante, on aura des préparations persistantes.
Dans les troncs nerveux périphériques, on obtient facilement les artérioles en dissociant au moyen des aiguilles les faisceaux nerveux, soit sur des nerfs frais, soit sur des nerfs qui ont été
:i54 TRAITÉ TECHNIQUE bHISTOLOOIE.
soumis à rartion de Tacidr* dirornique. du bichromate de poussa oiHrnrniiioniaqiie.de Tacide osmiqiie. elc. tVovezrartîcIe: J\>r/* pèrijfherifines,
r^our ♦étudier li-s arlérioles dans le lissu conjonctif lâche sousriilan»* on profoutl. il ronvienl d*eni|i|- iver les injections interslitit'll**>. lell»-s qu'L'Iles ont t^lt» indiqu»^r> à propos du tissu oonjonctit. <v. p. .jfîî*» fiiilt's av-c du sérum iodé, du picrocarminate, de Tal- . c »ol au lir'i's. ttU'. \}'> liajMiienls d»* la boule d'œdême produite fiar rinjetlion «onlen-ini fle> arlérioles. enlevés avec des ciseaux courb •> el élalés sur le f»orle-objel par la pression exercée sur la laniell'' à nfrouvrir. in'nlrt'ionl. au milieu eî à côté des faisceaux du li.>sn l'Oiijonolirel des libi^s élisliques é<::irl'*'S par Tinterposilion du liquiil', des îirlérioles. des vai>seau\ capillaires et de? veinule- en nombiv plus ou luûiiis considéi'ahle suivant les régions qui auront été choisies pitr rt.'Xpérimenlateur. Ce mode de prépnralion convient d'une manière spéciale pour rétud»* des vaisseaux sanguins «lu tissu « onjonilif <l»^s embryons déjà amvé? à une péiiod»' avonrée d*.* leur d«''v»dop|»emenl. ÉuiJe 11. est un procédé plus >im|»le que les préccdenls et qui a
.Un»if^ I avantage de laiss»'r le vaisseau avfc tous ses rapports el deviter, par consequeni . les torsions qu éprouve d une manière presque in^'-vilable un lub»* sonpli', complètement dégagé, quia été soumis aux actions mécaniques nécessaires pour obtenir la dissociation. Il cini>i>le à choisir des membranes vasculaii'es, telles que le mésentère des petits animaux «grenouille, souris, rat, corlion d'Inde, lapin), le .urand épiploon du lapin, la membrane inlerdii:itale, la langue et 1" poumon de la grenouille, la membrane hyaloïde du même animal, les expansions membraneuses de la queue des têtards, etc. Il importe que la membrane tians laquelle sont lomprises les artêrioles soit régulièrement tendue, ce que Ton obtient <si l'étude doit être faite sur les parties fraîches dans leur li(|uide naturi-l, par exemple pour le mésentère «•t le -iraml épiploon dans la sérosité péritonéale) en la recoii- Mïint d'une lamelle de verre et en la tinmt au delà des bords de cette lamelle pour la maintenir avec de la paraffine.
Lorsque les éléments de la membrane, ceux des artêrioles y compris, ont été tixés par un séjour de quelques heures dans If li^iuide de Midier, le bichromate d'ammoniaque à û pour KM) ou l'alcool au tiers, ou pourra, après les avoir colorés soit par le picrocarmiuatcsoil parriiématoxvliue, employer pour les tendre
ARTËRKS. S5S
le prorédé de la demi-dessiccation (v. p. 73). En ce qui regarde l'étude des artérioles dans les membranes, il importe que ce procédé soit exactement appliqué, parce qu'il e>^t nécessaire que tes parois des vaisseaux soient convenablement tendues pour y distinguer certains détails do structure.
Les artérioles des membranes seront étudiées avec avantage après injection du système vascnlaïre «sanguin avec une solution de nitrate d'ai^enl à 1 pour TiOO. ^
En effet, lorsque 1" imprégnation est bien réussie, les cellules endolhélialcs de la tnniqne interne et les cellules musculaires di^ lu movenne, séparées par des traits "1
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