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CHAPITRE XI

WElXBS

Depuis leur origine dans le réseau capillaire jusqu^aux grosses branches veineuses qui sont à la racine des membres^ les veines eonsenenl le même type de structure. Mais, lorsqu'elles pénètrent dans les cavités viscérales du tronc, elles subissent des modifications plus ou moins considérables qui augmentent leur complexité ou au contraire la diminuent. Il y a donc, à ce point de vue, entre le système veineux et le système artériel une différence notable.

Les métllodes à suivi*e dans Tétude des reines devront varier suivant leur dimension, c'est-à-dire suivant qu'il s*agira des veinules, qui peuvent être soumises tout entières à robservation microscopique, ou des grosses veines, dont Texamen ne peut se faire que sur des coupes.

¥ri— If . — Les différentes méthodes de recherches que nous avons indiquées à propos des artérioles eonviennent également pour les veinules : dissociation dans les organes mous, injection intei'stitielle dans le tissu conjonctif lâche ou diffus, extension des membranes vasculaires, imprégnation d'argent par injection, teinture au moyen des différents réactifs colorants «voy. p. 553).

Entiv les veinules et les artérioles, il y a des différences qui portent principalement sur la foniie des cellules endothéliales, sur la lame élastique interne et sur la tunique musculaire.

Dans les pivparations de membnmes ou de différents organes «>« où le système vas*:ulaire a été imprégné par des injections au nitnUe d'argent, les veinules peuvent être distinguées des artérioles par la forme des cellules endothéliales. Dans les petits rameaux veineux, les cellules endothéliales sont moins longues et plus liu-gos que A\ns les artères correspi:»ndantes. La lame élastique iutenie y fait défaut ou se ni«>ntre sous la forme de Gbrilles êliistiques ion^itudiuales, tandis qu* elle est nettement accusée

v^-fi *<etç e3tbni>.oc5 hiTmi» d« citX'; à ù B:«}à li tosifoe iaterne semèle fût

sur les arlérioles de même calibre. Mais les différences les plus considérables portent sur la tunique musculaire. Tandis que sur les arlérioles, comme nous Tavons vu, les fibres musculaires lisses forment au vaisseau une tunique continue, une soi1e dans manchon musculaire, il y a dans les veinules seulement quelques cellules musculaires disséminées dont la direction est transversale.

L'élude comparative des veinules et des arlérioles, à ce dernier point de vue, sera faite avec avantiige sur des membranes colorées par le picrocarminate et conservées dans la glycérine acidifiée ou sur ces mêmes membranes teintes à Thématoxvline et examinées soit dans la glycérine, soit dans le baume du Canada. Cette différence pourra être reconnue également sur les vaisseaux complètement isolés par un des procédés qui ont déjà élé indiqués, surtout après leur avoir fait subir l'action des acides faibles.

Parmi les diverses membranes sur lesquelles on peut faire un vciucs examen comparatif des différentes parties de leur système vascu- épioSSa laire, il n'en est pas qui offrent des avantages aussi considérables " '**°* que le grand épiploon du lapin, surtout s'il est recueilli sur un animal adulte dont on a injecté les vaisseaux sanguins avec une masse de bleu de Prusse à la gélatine. La membrane, abandonnée pendant vingt-quatre heures dans le liquide de MïiUer ou le bichromate d'ammoniaque, ou bien plongée dans une solution d'acide picrique pendant quelques minutes, colorée au picrocarminate, convenablement tendue sur une lame de verre et conservée dans la glycérine, constitue un objet d'étude remarquable. Les arlérioles, reconnaissables à la disposition de leur tunique musculaire, fournissent des ramilications dont les dernières aboutissent au réseau capillaire et se continuent avec lui sans ligne de démarcation tranchée, si l'on lient compte seulement de la forme générale, sans considérer la structure. Il en est tout autrement des veines. Ces dernières, qui se distinguent des artères correspondantes par un calibre plus considérable et par la rareté des éléments musculaires à direction transversale, ont des ramifications terminales qui affectent avec le réseau capillaire des rapports tout spéciaux. Nous ne trouvons plus là, en effet, celte continuité apparente que nous avons vu exister entre les arlérioles et les capillaires. Entre ces derniers vaisseaux et les veinules, il y a une limite nette qui provient de ce que la veine

:rii TKAITÊ TECHNIQUE D HISTOLOGIE.

se termine par un ciil-de-sac ou un léger rentlement dans lequel viennent s'ouvrir les vaisseaux capillaires.

Cette disposition peut être observée dans d'autres organes, mais elle ne se montre dans aucun avec une auss» {i^^ande évidence. Lorsque nous étudierons le développement des vaisseaux, nous rencontrerons des faits qui nous en feront comprendre la véritable sijrnificalion.

¥elMS éc iMoyeii et de grtM ealtbre. — LcS VClnCS d*Un CalibrO

notid>le sont formées, comme les veinules, de couches superposées qui peuvent être distinguées les unes des autres. On y renconlre, de dedans en debors : une membrane endothéliale qui se continue d'une part avec fendotliélium du cœur et de l'autre avec celui des artères par Tintermédiaire des capillaires ; une coucbe counective sous-endolbéliale reposant sur une lame élastique interne; entin une dernière (înveloppe dont nous aurons à discuter la signitication morpbologique, composée de faisceaux de tissu connectif, de libres élastiques et de cellules musculaires lisses, en quantité variable suivant les veines. Notons cependant que, parmi les grosses veines, la veine cave inférieui'e audessus du diaphragme et la veine cave supérieure ne possèdent pas de fibres nuisculaires lisses.

Avant d'aborder la description de ces variétés, nous allons exposer les méthodes à Taide desquelles les différentes veines peuvent èln» étudiées.

hmf^4^a»twas L'imprégnation d'argent fournil, pour les veines dont la paroi est mince, de tivs-bonnes préparations. Prenons comme exemple la jugulain» du lapin. Après avoir sacrifié Tanimal, on découvre par une incision la veine jugulaire dans toute sa longueur. Tne ligature y est d'abord placée à son extrémité antérieure ; au moyen d'une pression exercée avec le doigt, on en <4iasse le san;: et Ton met une seconde ligature à son extrémité postérieure. Par une incision faite au-dessous de la première ligature, à faide d'une seringue ou d'ime pipette, on remplit la veine d'une solution de nitrate d'argent à 1 pour ^(KK Lorsque fimprégnalion est faite, on remplace la solulitm d'aigent par de l'eau distillée que l'on renouvelle à jdusieurs reprises ; linalemenl, la veine est insufllce, cl l'air y est maintenu au moyen d'une troisième ligature. Oétachée alors du cor|)S de l'animal, elle est abandonnée à la dessiccalion. Lorsqu'elle est sèche, on en sépare des segments (pu^ Ton éclaircit en les imbibant d'essence de térébenthine ou

d'ai^trat.

lÂiiitt! iliins lu baume du

d'essence de jjirotle pour les iiioiilei' Canada.

Ce procédé a l'avantage de montrer rcodoLliélium lel qu'il esl à l'étal norjnal et non ratatiné. La veine insufflée esl en effel leodue fomme elle Test à l'état vivant par le cours du sang, et les rapports normaux sont conservés. Les cellules endotliéliales se moDtrent eomme dans la figure 203 ; elles sont polygonales, inégulières, s' engrenant les unes dans les autres; quelques-unes

une échancrurc dans laquelle une de leurs voisines Tient s'engager.

Au-dessous des cellules endothéliales, l'imprégnation a dessiné les limites des cellules musculaires. Ces dernières ont une direction transversale; mais elle n'est pus absolue, et beaucoup de fibres musculaires sont l^èremenl obliques â l'axe du vaisseau. Groupt'es en certain nombre, elles forment des faisceaux kmelleux qui s'entre-croiscnt.

Les veines de l'homme, recueillies vingt-quatre heures après la moit, soumises ik l'imprégnation d'aigenl, ne fournissent souvent aucun dessin endothélial, et lorsqu'il existe, c'est seulement

o7i TRAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

se termine par un cul-de-sac ou un léger renflement dans lequel viennent s'ouvrir les vaisseaux capillaires.

Cette disposition peut être observée dans d'autres organes, mais elle ne se montre dans aucun avec une auss» {grande évidence. Lorsque nous étudierons le développement des vaisseaux, nous rencontrerons des faits qui nous en feront comprendre la véritable sij^nification.

Veines de moyen et de gros eallbre. — LcS VCinCS d'un Calibre

notiible sont formées, comme les veinules, de couches superposées qui peuvent être distinguées les unes des autres. On y rencontre, de dcdauc? en debors : une membrane endothéliale qui se continue d'une part avec l'cndotbélium du cœur et de l'autre avec celui des artères par Tintermédiaire des capillaires; une couche conncctive sous-cudotliéliale reposant sur une lame élastique interne ; enfin une dernière enveloppe dont nous aurons à discuter la signification morphologique, composée de faisceaux de tissu connectif, de libres élastiques et de cellules musculaires lisses, en quantité variable suivant les veines. Notons cependant que, parmi les grosses veines, la veine cave inférieure audessus du diaphragme et la veine cave supérieure ne possèdent pas de fibres musculaires lisses.

Avant d'aborder la description de ces variétés, nous allons exposer les méthodes à l'aide desquelles les différentes veines peuvent être étudiées, impit'gnations L'impréguatiou d'argent fournit, pour les veines dont la paix)i d'argent. ^^^ mincc, dc très-bonnes préparations. Prenons comme exemple la jugulaire du lapin. Après avoir sacrifié ranimai, on découvre par une incision la veine jugulaire dans toute sa longueur. Une ligature y est d'abord placée à son extrémité antérieure ; au moyen d'une pression exercée avec le doigt, on en chasse le sang et l'on met une seconde ligature à son extrémité postérieure. Par une incision faite au-dessous de la première ligature, à l'aide d'une seringue ou d'une pipette, on remplit la veine d'une solution de nitrate d'argent à 1 pour 500. Lorscpie l'imprégnation est faite, on remplace la solution d'argent par de Feau distillée que Ton renouvelle à plusieurs rei)rises ; iinalement, la veine est insufflée, et l'air y est maintenu au moyen d'une troisième ligature. Détachée alors du ('or|)s de fanimal, elle est abandonnée à la dessicciition. Lorsqu'elle est sèche, on en sépare des segments que l'on éclaircit en les imbibant d'essence de térébenthine ou

- Veine jugulaire du lapfn imprcuiiéi; iCurgeiil par

ion. Eclnircisscment clan» ressencu do giiudci et 1g baiimc du Canula, —

oi, Bbrc: muMulairea listes dont les limili's soiil accusées juir le dqiûl d'argeiil ;

e, cellule» endothélialRs, — 3K) diamètres.

possèdent une écliancnire dans laquelle une de leur» voisines vient s'engagfer.

Au-dessous des cellules endothéliales, l'imprégnation a dessiné les limites des cellules musculaires. Ces dernlùres ont une direction transversale : mais elle n'est pas absolue, et beaucoup de libres musculaires sont légèrement obliques à l'axe du vais-

I seau. Groupées en cerlain nombre, elles forment des faisceaux

I bmelleusqui $'entre-ctx)isent.

Les veines de l'homme, recueillies vingt-quatre heures après la mort, soumises à l'imprégnation d'argent, ne foumissenl souvent aucun dessin endothélial, et lorsqu'il esistc, c'est seulement

Veines fémon\e cl haniëralc.

Veine cave infcricuro.

BndoUiiniain

det Talvules

det Yeioof.

blées par des faisceaux de tissu conjonctif entre lesquels se voient des cellules connectives plaies, munies de crêtes rfempreinte lorsqu'elles se trouvent à l'intersection de trois faisceaux; elles sont analogues, par conséquent, aux cellules des tendons.

La couche musculaire de la jugulaire intenic est extrèmemcnl mince ; elle est formée seulement par deux ou trois rangées de cellules, isolées ou groupées en petit nombre. C'est la raisoo pour laquelle elles ont échappé à plusieurs observateurs.

Sur les coupes transversales de la jugulaire, les libres musco* laires se montrent suivant leur longueur et forment de petits faisceaux discontinus. Cette observation est en rapport avec celle que nous avons faite sur la veine jugulaire du lapiB imprégnée d'argent et examinée à plat.

Dans la fémorale, l'humérale et les veines sous-cutanées de l'homme, les éléments musculaires sont beaucoup plus abondants ; ce qui paraît être en rapport avec les fonctions de ces veines, puisqu'elles doivent ramener le sang malgré l'action de la pesanteur. Les cellules musculaires, qui toutes ont une direction transversale, forment, au-dessous de la tunique interne, une couche serrée, mais qui devient de plus en plus lâche vers b périphérie. Dans cotte région, pour remplir les mailles du réscii formé par les fibres élastiques, des faisceaux connectifs leur sont alors associés. Un peu plus loin, ces faisceaux occupeol seuls, avec leurs éléments cellulaires spéciaux, les mailles dfl réticulum. Les cellules musculaires, abondantes d'abord, diminuent donc insensiblement depuis la tunique interne jusqua la portion externe de la veine où il n'y a ])lus que du tissu connectif et élastique, et se perdent sans former une limite tranche*.

Les sections longitudinales de la veine cave inférieure dans sa portion abdominale montrent, au-dessous de sa timique interne, des fibres musculaires transversales, puis une couche beauiDup plus épaisse de fibres semblables à direction longitudinale. Les éléments musculaires périphériques, mélangés à des faisceiui connectifs, disparaissent peu à peu au milieu du réticulum élastique, sans former non plus de ligne de démarcation bien nette.

Comme nous ne nous proposons pas une description complète de tout le système veineux, ces quelques exemples sufliroot; nous devons y ajouter une étude des valvules.

¥a1t«ics. — Les valvules des veines, recueillies sur la jugulaire ou sur toute autre veine, imprégnée d'ai*geot, insufflée et

jpe lon^tadiiulo des valTulei des veines.

VEINES. o79

séchée, lorsqu'elles sont montées dans le baume du Canada ou dans la glycérine, laissent voir un revêtement endothélial sur leurs deux faces. Sur la face interne, celle qui correspond au cours du sang, le grand diamètre des cellules endothéliales est dans le sens de Taxe du vaisseau. Sur la face externe, le grand diamètre des cellules est au contraire transversal. Cette disposilîon semble être générale ; elle existe également chez le chien et chez le lapin. Elle est en rapport avec la circulation sanguine, qui parait par conséquent exercer une certaine influence sur la forme des cellules de la paroi des vaisseaux.

Enlevées avec des ciseaux sur des veines insufflées et desséchées, les valvules, colorées au picrocarminate , présentent à l'observation des faisceaux connectifs dont la direction générale est parallèle au bord libre de la valvule (ainsi que Kôlliker l'avait observé), un réticulum élastique et des noyaux de

« forme variée, arrondis ou allongés.

:; Pour déterminer la situation de ces diflërents éléments dans çou l'épaisseur de la valvule et même pour acquérir une notion plus SJfSKîSSi*

' complète des parties qui la constituent, il est nécessaire d'en Élire l'examen sur des sections longitudinales exécutées suivant

F les indications que nous avons données plus haut. A ce propos, flousne saurions trop insister sur l'importance qu'il y aàce que les coupes soient extrêmement minces et étalées convenablement. Il convient même d'ajouter que si, par exemple, sous l'influence de la pression exercée par la lamelle à recouvrir, les tissus sont déjetés, même très-faiblement, il est impossible de faire une bonne obser\'ation. Sur les coupes bien réussies, voici ce qu'on obsene : La couche sous-endothéliale n'est pas la même sur les deux fecesde la valvule. Sur la face interne, celle qui correspond au ^^tirs du sang, elle est semblable à la tunique interne de la "^eîne dans la région immédiatement au-dessous; elle semble ^t-re une continuation de cette dernière. Sur la face externe de ï^ valvule, elle est beaucoup plus mince et moins riche en élé- *^eols élastiques. Sur le bord libre, ces deux couches s'unissent ^^ se confondent. Entre elles, pour constituer la membrane valvu- *^îre proprement dite, sont disposés des faisceaux connectifs ^parés les uns des autres par quelques fibres élastiques et des ^^llules connectives.

Au-dessus de la valvule, la veine forme, comme on le sait, un ^îaus, c'est-à-dire qu'elle présente une portion légèrement ren-

TttAITÉ TECHNIQUE D'HISTOLOGIK.

fiée, visible â l'extérieur sur udc veine goniléo par le san^ ou insufilce. Lorsque le sang passe dans la veine, la valvule e*l

Fie. 9U — Cuu|)C luiigituiliiial <Ig la icinc crurale ilu I homme au vilvule Ibile après detucealiun — Luloratiun uu pierocanniaalB dan* la glyc^ine V |iarai de la veiiic va valvule au nivraa de «a twM •. tunique inleriie nu-deiaius de la valvule » tunique interne du tinui tnom: n", couche canncclitn aous-^endolliéliale de In face intenie dp la valvule ■ <^ cho CDnneclivc siiuS'Clidalhétialr' de la tacc etlrme de la valvule b lKur](n« fi ta lrou>e A latiEle dièdre formé iiar In pnroi vaineuic et la tnlvule o JurcM*' culaire couple en Invers — 100 diam

rabattue contre la paroi du sinus. Il importe que les di-ux surfaces qui se regardent soient exaclenient appliquées l'une m l'autre. A cet elFct, dans l'angle laissé entre la membrant' i.tlvulaire et la paroi de la veine, il existe une série de crêtes qui, sur la coupe longiMidinalc, donnent la figure de bour^tm^ (b, fig. 204) se correspondant exaclenient.

Pour terminer cette description, il convieut d'ajouter ijue ti" libres muscujaii'GS à direction transvei-sale orcupeat la basi' *)r la valvule ',el que la tunique interne qui tapisse le sinus veinem a une structure et une épaisseur compaiTibles ù relies de la bcf exteiTie de la valvule.

■ Celle obicrvalion est en rapport .itec celle de ftaUlgre conlredlle par Eborlli [Manuelde Slricktr, p. 201).

qui CKftB^I't e

A propos des valvules des veines, nous rappellerons que les valvules du cœur (sigmoïdes, tricuspide et mitrale) montrent aussi sur celle de leurs faces qui correspond au cours du sang une épaisseur plus considéi*able de la couche connective et élastique sous-endothéliale. Il s'agit donc là d'une disposition trèsgénérale en rapport avec des conditions physiologiques. La minceur de la tunique interne des veines au niveau des sinus ou elle est protégée contre le cours du sang par la présence des valvules vient encore à Fappui de notre manière de voir.

La description des veines que Ton trouve dans les traités classiques diffère en plusieurs points de celle que nous avons donnée. Kôlliker' et Eberth*, par exemple, admettent d'abord que les veines ont trois tuniques, et, lorsque dans leur structure il entre des fibres musculaires, ils les placent tantôt dans la tunique interne, tantôt dans la moyenne, tantôt dans l'externe et quelquefois dans les trois en même temps. Mais, comme nous l'avons vu, la limite externe des fibres musculaires dans les parois veineuses ne se fait pas d'une manière tranchée, de telle sorte qu'il serait difficile de déterminer le point où finit la tunique moyenne et où commence la tunique externe.

En réalité, les veines ne sont pas composées de trois tuniques comme les artères sur le modèle desquelles on calque généralement leur description. Elles ne possèdent que deux tuniques nettement distinctes : une tunique interne, formée par l'endothélium et la couche connective sous-endothéliale,etune tunique externe dans laquelle le tissu conjonctif entre d'habitude pour la plus grande part et auquel se trouvent mélangées des fibres musculaires lisses, dont le nombre et la direction varient dans les différents ordres de vaisseaux.

1 Kôlhker, Éléments d'histologie humaine, trad. française, 2^ édit., p. 762.

^ Ebertb, dans son exposé systématique sur le système veineux (Manuel de Strio ker^ p. 198), divise les veines de la façon suivante :

1* Les veines qui ne contiennent pas de muscles ;

Les veines de la pie-mère et de la dure-mère, les veines des os du crâne, de la rétine, les segments inférieurs des veines du tronc qui se jettent dans la veine cave tapèrieure, les veines jugulaires interne et externe, la sous-clavière, les veines du placenta maternel.

2* Les veines qui contiennent des muscles et qui, d'après la disposition des éléments musculaires, se divisent en quatre groupes :

Teines avec des fibres longitudinales : Les veines de Futérus gravide.

Veines avec une couche interne de fibres circulaires et une couche externe défibres

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