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CHAPITRE XVI

CŒURfii LYMPHATIQDKN

Chez les bati^aciens, il exisie à la racine de chaque membre un creur ou vésicule lymphatique qui recueille la lymphe pour la lancer dans le système vasculaire sanguin.

Les deux cœurs Ivmphatiques postérieurs sont situés de chaque cœun potcôté du coccyx; ils occupent un espace prismaticjue, limité iMunnims. par les muscles iliococcygien, coccy-fémoral et vaste extcîrne. Cet espace est fermé en haut par ime expansion de l'aponévrose ilio-coccygienne; eu bas il communique avee la cavité viscérale; à ce niveau, il correspond aux vaisseaux ilia(iiies et au nerf siiatique.

En haut, les cœurs lymphatiques postérieurs ne sont donc recouverts que par l'expansion de l'aponévrose ilio-coccygienne et par la peau; dès lors, et surtout chez la grenouille rousse (/î. /'i(.Nxa)etla rainette {Ilyla arborea) dont la peau est très-mince,

• Los cœurs lymphatiques des batraciens ont été découverts à peu près simultanément |>ar J. Miillor et Panizza.

En 18*1:2, Jean Miiller {Annales (/p /'oyyfM(/o//j sijçnala l'existence des cœurs lymphatiques postérieurs chez la grenouille. En 1833, Pani/za, dans un grand ouvrage (Sopra il xLntema linfaticho dei Hetiili, Pavia, 1833), décrivit chez la couleuTrc a collier, sur les parties latérales du corps au-de<isus du cloaque, deux vésicules contractiles, ayant pour fonction d'envoyer la lymphe dans le système vasculaire sanguin. U étendit ses recherches à d'autres reptiles et aux batraciens, et chez res derniers, il découvrit, outre les cœurs postérieurs indiqués par J. Miiller, les deux 4:œurs lymphatiques antérieurs.

I«a description que Panizza a donnée des cœurs lymphatiques des reptiles et des batraciens, en ce qui regarde leurs formes et leurs rapports anatomiques, est tellenient exacte qu'on n'y n rien ajouté depuis.

Cœurs an*

ti'Tieurs des

hatrarions.

r.flpiirs lym-

phatiqiios do.'

rorpenls.

on les voit très-nettement battre dans la région indigiu^e sans avoir fait subir aucune mutilation à Tanimal.

Les cœurs lymphatiques antérieurs sont situés au-dessous do l'omoplate ; ils sont entièrement recouverts par elle, et par suiti» on ne les voit pas battre à travers la peau. Pour les reconnaître et en observer les mouvements, il faut, après avoir dénudé Koraoplate, soulever son bord interne en le saisissant avec une pince et le dégager de ses insertions musculaires. On découvre alors le conir lymphatique ; il est situé au-dessus de r.ipophyse ti'ansverse de la troisième vertèbre et s'étend jusqu'au voisinage d»^ Tapopliyso transverse de la quatrième. Il est protégé en dehors par un arr cartilagineux qui h^^mine l'apophyse Iransvei'sc de la troisième vertèbre (voy. Hg. 228).

Chez les serpents, les cœurs lymphatiques, au nombre de deux, sont disposés, comme Panizza l'a reconnu, de chaque côté du corps, au-dessus ducloaque,dansunecageen partieosseuse (tliorax lymphatique). Ce thorax estlimité en dedans, en haut et en ba> par des arcs osseux provenant de la bifurcation de la dernière co\c ol des quatre ou cinq apophyses costales qui lui font suite.

Injection d(>.<

cœurs l.vmphatiqiK'N

n\oc. do

l.i gf^latinc

.irffonliM'.

FiG. 528. — Rapports des cœurs lympliatiqucs antérioiirs de la grenouille avec l** squelette. — V, vertèbre; L,cœur lymphatiques; l-, l' et T, apophyses transvefv> des seconde, troisième et quatrième vertèbres; a, arc de lu troisième vertèbre; /'.ligament intertransversaire. -- >\ diam.

Pour apprécier le volume, la forme et la disposition intérieur^ des cœurs lymphatiques, il faut avoir recours à la méthode suivante : Une plaque de gélatine de Paris étant ramollie dans l>âu distillée est fondue au hain-marie ; on y ajouto le tiers de son volume d'une solution de nitrate d'argent à i pour KK). Vnv seringue hypodermique munie d'une canule en or à extrémilé tranchante est remplie de ce mélange, et, lorsqu'il est sur le point de se prendre par le refroidissement, on l'injecte dans le rirur

CORl'RS LYMPHATIQUES. r>9<»

lymphatique mis à (Irronvert après qno l*on y a fait pénctror la pointe de la ranule.

Engrènerai, la prélatine ne s'introduit pas dans les voies lymphatiques, mais elle s'engage dans une veine efférenle dont il sera question ultérieurement, puis elle se répand plus ou moins loin dans le système veineux; mais, comme hientôtellese prend par le refroidissement, elle arrive à constituer une barrière, e( la masse injectée, s'accumulant alors dans le cœur lymphatique, le distend et en accuse la forme. Après le refroidissement complet de la gélatine, le cœur lymphatique est séparé au moyen de ciseaux fins des parties qui l'entourent et auxquelles il est imi par des Iractiis de tissu conjonctif nombreux et résistants. Lorsqifila été complètement isolé, cequis'obtienl seulement à l'aide de heancouj) de patience et d'une certaine habitude de la dissection, on peut en apprécier d'une manière exacte les dimensions et la forme exlérieuie.

Chez les batraciens, le cœur lymphatique antérieur est régulièrement ovoïde ; en avant, il donne naissance à une branche veineuse d'un diamètre lelativernenl considérable <{ni lui forme une sorte de col allongé (voy. L, li^. llilH),

Les cœurs lymphaliques postérieurs sont irrégulièrement polyédriques; leur forme rappelle celle d'une fève. Us sont aplatis latéralement, et leur grand diamètre esl oblicpie de haut en bas et d'avant en arrière (en supposant la grenouille dans sa position naturelle). Leur veiue efférenle s'en dégage en bas et en avant.

Pour appréciei- à Tœ^il nu ou à la loupe la disposition intérieure i>i>poMiioii

inlrriciir<»d«'!*

des cœurs lymphatiques, il suffit, après les avoir soumis à Tin- <*'»^"*»^ jertion de gélatine additionnée de nitrate d argent, de les exposer à la lumière jusqu'à ce qu'ils aient pris luu; teinte brunAlre, et de les porter ensuite dans de l'eau distillée élevée à la température de rî."") à SS degrés centigiades. La gélatine fond, s'éehapj)e par les orifices vasculaires et surtout à travers l'ouverture faite par la canule, puis elle se dissout et diffuse dans le bain d'eau tiède. Pour hâter cette ])artie de l'opération, il convient de toucher à plusieui's reprises le cœur lymjdiaticpie aver un pinceau. Les parois de cet organe, qui ont été fixées j)ar le nitrate «l'argi»nt, ont acquis une C(»rtaine rigidité; lorsqu'elles ont été déprimées, elles rc^viennent à leur forme j)rimitive. Quand toute la {gélatine a été expulsée, il reste une vésicule que roni)eutdivis(»r en deux parties, pour en étudier la disposition intérieure. En général, la cavité des cœurs lymphatiques antéritMirs est

simple et régulière; celle des postérieui-s est partagée au contraire par des cloisons incomplètes plus ou moins nombreuses, plus ou moins saillantes, qui limitent des aréoles dont la forme et les dimensions sont variables. Ces différences dans la disposition

Rndothëliuni des crnurs

Fui. 12:Î9. — A el B, les deux cœurs lymplialiques postérieurs (le gauche et le drait) d'une grenouille verte, injectés de jçélatine additionnée de nitrate d'argent, puis débarrassés de la gélatine cl ouverts pour montrer leur disposition intérieure. — c, cb«sons; /), un des pores lymphatiques. — 8 diam.

intérieure des cœurs lymphatiques postérieurs sont frappante?^, et il suffit, pour en apprécierrétendue, de faire Fexamen simultané des deux cœurs correspondants chez le même aniinai (voy. fig. 2-29).

Si maintenant, au moyen de ciseaux fins et bien tranchants, on iyii»phaiiquc5. enlèvc dcs lambeaux de la paroi des cœurs lymphatiques ainsi imprégnés par le nitrate d'argent, et qu'on les examine à un grossissement de 150 à 300 diamètres, dans Teau ou dans la glycérine, on reconnaîtra sur la face interne de ces cœurs Texistence d'un endothéliumlym|)hatiquc caractéristique. Les cellules qui le constituent ont en effet des bords sinueux et lai'gemenl engrenés les uns<lans les autres. Au-dessous de rendothélium, on aperçoit un réseau de fibres musculaires striées, dont les travées les plus épaisses limitent des aréoles peu profonde>. En un certain nombre de points, il existe en outre des ouvertures, simples ou cloisonnées, sur le bord desquelles rendotln-lium se replie pour se continuer dans des canaux qui, le plus souvent, sont creusés obliquement dans la paroi du cœur Ivmphatique. Ce sont là autant d'ouvertures qui donnent p«issage à h lymphe et que nous désignerons sous le nom de pores lymphatiques.

L'ouverture veineuse est munie de deux valvules semilunaires orientées de telle façon qu'elles empêchent le retour de la lympb»* el l'arrivée du sang dans la cavité des cœuis lympliatiques. Ct*-^ valvules, dont l'existence a été signalée d'abord par WebtTchfz le python, existent îiussi chez la grenouille, et il est facile de le>

Port's lyiiiplialiqiit'.;

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