‹ Traité technique d'histologieChapitre 76 sur 106 · TISSU CONJONCTIF DES NERFS · texte numérisé non relu

TISSU CONJONCTIF DES NERFS

Dans les nerfs, le tissu conjonctif se présente sous trois formes. Entourant immédiatement les faisceaux nerveux, il se condense pour constituer les lames de la gaine lamellexcse. Unissant les faisceaux nerveux, soit entre eux, soit au tissu conjonctif voisin, il se montre formé de gros faisceaux connectifs recouverts de cellules plates, entremêlés de fibres élastiques et souvent de cellules adipeuses, tissu péri fasciculaire. Dans l'intérieur des faisceaux nerveux, il existe des faisceaux connectifs d'une grande minceur, qui ne sont jamais mélangés à des fibres élastiques et à des cellules adipeuses, tissu intrafasciculaire. Chacune de

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ces formes du tissu conjonctif exige une descriplion spéciale.

«afinc lameiieme. — Les nerfs les plus ÛDS (il en est qui, au voisinage de leurs terminaisons périphériques, sont réduits à on seul tube nerveux) possèdent une gaine lamelleuse extrêmement simple, constituée par une membrane connective enroulée en forme de tube. Sur les faisceaux nerveux d'un diamètre notable, cette gaine parait formée par plusieurs lames superposées. Enfin, sur les plus gros faisceaux nerveux, et même quelquefois sur de petits nerfs situés superficiellement ou dans des régioK qui sont soumises à des frottements ou à des pressions (la main, les doigts, la plante du pied), cette gaine acquiert une épaisseur omsidérable, et se montre composée d'un grand nombre de coucfaes concentriques, caîiic de llenle a signalé, il y a déjà longtemps, les gaines minces et simples qui entourent les nerfs les plus (ms, et que Ton peut y observer sans qu'il soit nécessaire de les diviser ou de les dissocier.

11 décrit ces gaines comme « des tubes membraneux, dépourvus de structure, hyalins ou faiblement gi*anulés, à la surbce desquels se voient des noyaux de cellules étirés en long. J'ai vu de ces tubes, ajoute-t-il, qui ne renfermaient que deux ûbres primitives *. >

Sauf en ce qui regarde la situation des noyaux, la descriplion de Ilcnle est parfaitement exacte, et, si n'était cette légère erreur, il n'y aurait rien à y changer encore aujourd'hui. C'est pour cela, et aussi dans le but d'éviter toute confusion, quej'ai désigné cette membrane qui enveloppe les petits nerfs sous le nom de gainede llenle \

L'étude de la gaine de llenle est relativement facile. On peut b reconnaître sur les petits troncs nerveux isolés dans l'eau pardi>sociation. Mais, pour Tobserver dans sa plus gnmde simplicité el déterminer en même temps le siège des noyaux qu'elle possède, les nerfs musculaires de la grenouille, et surtout ceux du lézard, présentent de grands avantages ; chez ce dernier animal il voitvient de choisir les muscles les plus longs, ceux de la cuisse, parce qu'ils contiennent des nerfs grùles qui ont un assez grand parcours et qui dès lors peuvent être facilement isolés.

' Ilftilf, Analomie générale t Encyclopédie analomiquey Irad. française. 1W3. tVII. p. I&i .

' Voy. Leçons sur t histologie du système nerveux, 1 1, p. 159.

NERFS. — TISSU CONJONCTIF. 753

L animal étant sacrilié et les muscles en question étant mis à . caine de

... . * llenle éludictf

nu, on V fait une miection mterstitielle d'une solution d'acide ■« moyen

*■ ^ des injections

osmique à 1 pour 100. Dès que, sousTinfluence de ce réactif, les . \f^^^}h. muscles ont pris une teinte brunâtre, ils sont enlevés, placés dans o»niiquc. Teau et dissociés avec des pinces et des ciseaux. A un grossissement faible, avec lequel il est possible d'examiner les parties dissociéessanslesreeouvrir d'une lamelle, on juge des effets de la dissociation et on la poursuit jusqu'à ce que l'on ait isolé quelques-uns des nerfs les plus grêles. Cette opération n'est pas difficile. Pour achever la préparation, il faut faire agir une solution de picrocarminate àl pour 100 pendant vingt-quatre heures et la remplacer ensuite parlaglycérine. On pourra également colorer par la purpurine et conservei* les tissus dans la gomme dammar.

Dansces préparations, en suivant vers sa terminaison un nerf composé de plusieurs tubes nerveux, on le verra se diviser et se subdiviser ; la gaine de Henle qui l'entoure se divise et se subdivise également, de manière à former une enveloppe distincte à chacun des petits nerfs qui se dégagent du tronc principal, el, dans ces divisions successives, elle se comporlecomme une arborisation vasculaire. Dans leurs dernières ramifications, les nerfs musculaires arrivant à n'être plus formés que par un seul tube nei^veux à myéline, chacun de ces tubes, outre sa gaine de Schwann, dont Texistence est démontrée par les étranglements annulaires, les segments interannulaires et les noyaux de ces segments, possède encore une seconde membrane (voy. fig. :250). Celte membrane, plus ou moins distante du tube qu'elle enveloppe, ne suit pas sa forme au niveau des étranglements annulaires, et, sur sa face profonde, elle présente des noyaux dont la position exacte peut seulement être déterminée lorsqu'ils sont de profil.

L'espace compris entre la membrane de Henle et la membrane de Schwann est occupé par le plasma nutritif ou lymphatique, qui baigne ainsi l'élément nerveux et peut en pénétrer la partie essentielle, le cylindre-axe, au niveau de chaque étranglement annulaire. C'est à ce niveau, en eirel, que se produisent les échanges nutritifs nécessaires à la fonction du nerf, ainsi qu'il ressort des observations qui ont été faitr's à propos de l'action du picrocarininate et du nitrate d'argent sur les tubes nerveux. Nous reviendrons encore sur ce point lorsque, à la fin de ce chapitre,

HA5vi£g. Histol. 48

Cellule ^ iiiotliélialo« la gaine de llenle.

THAITÉ TEGHMyLt: D'HISTOLOGIE.

^, nous présenleronî? ua vianm (les connaissances acquises sur , riiislologie et la physiologie Jo nerfs.

Les noyaux qui doublenl la membrane de llenle appartiennent à des cellules endolhêlial(»s qui tapissent sa face pith fonde. Pour le déuionli'er il laul avoir recours au niUale (rargent . En traitant les nerf?

Ihoraciques du lapin, du rai ou de la souris suivant la raé- Ihodeqnia éléiudiquéep. 7i4, on obtient des préparalion> dans lesquelles rendolliélium de la gaîne de Henle est i-eudu évident '. Les cellules qui constituent cet endolhélium sont grandes , extrêmement minn^s et limitées par des lignes (riinprégnation lines el |wu sinneusi^s (v<»y.li«^. i"»!).

Au-dessous dt» TendollK^ linm, si la solution de nilrale d'argent a pénétré au delà, on distingue, à la surface dunerl et (juelquefois aussi dans son épaisseur, les barres li*ansveisales ou les petites croix latines qui indiquent Insélranglemenls annulaires.

L'existence de la gaîne lamelleuse autour des faisc«iux

' C'est à l'aide d'un pnicédé antlop»* q»*î Wieiisky, sons la direction de Rurfiiew <vuy. CannstalVs Jahraèerickt.

1868, t. I. p. 25;, a dclcriiiinr r«i»tence d'un endothéliuui à l«i sufface»^* petits troncs nerveux.

Kn;. -,'»<). — Tuli:' ihmv ux l'Iiciiiiiiaul istdr d.ins h*s musch'S do la ruissc du I«''zanl ;;ris. InjiTliou inlcTstiticllc d'unr solulJJMi d'acide osniiquo à 1 iiour 100; dissoriatlon'dans l'cati ; coinraliou à la jiurpurinc; consorvaliun dans la rrsinc dammar.— H,gaîno drH«Mdo; n, noyaux delà gaine de Hcnlc ; e , rtrangleuieuts annulaires; n, noyaux des sc^tnients iuleranuulaires. — <îOO diaui.

t'Oi)

(laiiio laïuclleuaG.

NKRFS — TISSU CONJONCTIF.

heiTeux d'un diamèlrc notable peut être reconnue sur des coupes transversales de nerfs préalablement durcis à l'aide de Tune des méthodes indiquées page 78!) .

Dans ces coupes, lorsqu'elles ont été colorées au carmin, chaque faisceau nerveux parait entouré d'un anneau forteinent coloré en l'ouge et formé par des lames superposées, d'autant plus nettes qu'elles sont plus profondes '.

Cette coloration rouge , que; prend le tissu qui compose la gaine lamelleuse des nerfs sous rinfluence du carmin, est encore bien mieux marquée si l'on assure rélection de cette substance ep faisant usage des procédés suivants.

Le sciatique ou tout autre nerf aussi volumineux d'un mammifère est fixé sur une lame de Uége et soumis à la dessiccation. On y pratique alors, en suivant le pro- ^j^j^,^ ^,^^.,. cédé qui a été indiqué pour les artères (voy. p. .").")!)), des eoupes '*^y,*j"^J'''' transversales qui sont placées pendant un instant dans l'eau, *""'^* .'•'**''* colorées par le picrocarminate et montées en préparation dans '*d"'"Jrfr* la glycérine additionnée d'acide formique. Dans ce dernii'r réactif, le tissu conjonclif périfasciculaire, qui ét^iit légèrement teint en rose par le carmin, se décolore d'une manière à peu près complète, tandis que la gaine lamelleuse y conserve une coloration rouge franche.

Des coupes longitudinales dos nerfs faites à l'aide du même procédé montrent, au niveau des bords de chaque faisceau nerveux,un ruban fortement coloré qui coirespond à la gaine lamelleuse, tandis que le tissu conjonctif voisin esta peu près incolore *.

Fit;, iôl. — Ncrflln»raciqur de la souris, fornw' par un seul faisceau ni*rveux, ini|»ré^né (rargeiit et conserve dans la glycérine. — ^200 diani

* La structure de la gaine lamelleuse des nerfs a été décrite |H)ur la première foÎH dans le travail que j*ai publié dans los Archivex de physiologie, en 187:2. Pour riiittorique complet de celte question, voyez Leçons sur Vhistologie du système nerveux j t. I, p. UtO.

* Lorsque ces coupes sont parallèles à Taxe des faisceaux nerveux et qu'elles sont tufHsamment minces, les libres à mvélinc laissent voir d'une manière bien nette leurs étranglements annulaires. Je signale ce fait en passant, pour montrer qu à

73« TKAITÉ TECHNIQUE b'UlSTOLOGlE.

La dessiccation est un procédé de durcissemeoL suflisuit loi'squc l'on se propose de montrer sur des coupes transliersales l'élection du carmin pour la gaine lamelleusc; mais les préparations qu'elle l'ournit sont toujours imparfaites, parce que la myéline, dcsséctiée d'abord, puis soumise à raclion de l'eiiii, !ic gonfle dans ce liquide, s'échappe des tubes □ei'veui et

ÏK. J5S. — ^erf iciitii|uc de rhoiiimc iidullc. Cuupc Iransvorule faile afins durtîswiiieiil duiirrf puruno sululiiin d'aciile clirumiqae ii puur lOUD. ColoratJMB larniin. — [f t, guliic lamelleuse de» faiiiveaux neneui ; o, artère iluit le lisu n>jonrlir ]iërïfa!icicul»Lrc ; a', artcriolc dans le tissu conjonctif inlnfiKicnbirr.

l'orme des boules, des lilumeuts et des ^Tanulalions qui voot se répandre sur les parties voisines ft en altèrent l'image.

Cet inconvénient est évité si, au lieu de ta dessiccatiou. on emploie pour'détcrminer le dunissement du nerf l'action suavssive d'une solution saturée d'acide picriquc, de la gomme el de . l'alcool. Les coupes placées, dans l'eau jusqu'à ce qtie li gomme qui les imprégnait soit dissoute, sont colorées au picro- ■arminale, lavées etmootées dans la glycérine additioDoéed'acide formique.

Sur les coupes transversales de nerfs, faites par l'un des procédés qui viennent d'èlrc indiqués, il n'est pas facile de bien distinguer les unes des autres les lamelles qui entrent dans b composition de la giiîne d'un faisceau nerveux. Pour le faire, il

l^aiilc d^iiiie mélliodu simple, pratiquée depuis longtemps dini le* rechotkc' liiïlDlofiiquei, 011 letoiiiiull une ditpotilioii dont ta dirouverle cepcnilul ■■ r° tUf: faite qu'à J'aille des iiiétiiodci perfection nées de la technique utaelle.

NEHFS. —TISSU CONJOiNCTIF. 7:i7

\ Iniil avoir recours àd'autres mélhodes, paiini losqiielles il convient I de choisir il'aborii les snivanlcs :

Le sci-iliqun du chien, du lapin ou de tout autre mainmifère, ' étant mis à découvert et laissé en place, ou bien étant enlevé et maintenu en extension sur une lame de liège au moyen d'épingles | Osées  ses extrémités, on injecte dans le tissu conjonclif périfasciculaire du nerf, avec une seringue hypodermique munie d'une canule en or à extrémité tranchante, un mélange de gélatine l'amollie dans l'eau dislillée et fondue au bain-marie, â parties, solution île nitrate d'argent à 1 pourlOO, 1 partie. Ilfaut avoir soin d'enfoncer la canule obliquement, de façon à en conduire la pointe au voisinage d'un gros faisceau nerveux. Lorsque la masse de gélatine est prise par le refroidissement, le nerf est enlevé, plongé dans l'alcool fort, et, vingt-quatre heures après, il est

^alne lamflleuM

nevenu suffisammenL dur pour que l'on puisse y pratiquer des coupes transversales. Ces coupes sont placi''e3 d'at)ord dans l'eau el ensuite montées dans laglycéiine.

Dans le nerf sciattque du chien, la gélatine ne se répand pas

Tordinaire entre les lamelles des gaines, maïs le nitrate d'argent

|îes pénètre et indique |eiii-s limites par autant de lignes noii-es.

-:iH TRAITfî TECHNIQUE D'HISTOLOGIE.

ia çiortc que ces lamelles, devenues bien distindes les ubk

des autres, peuvent fttre exactement comptées. H y en a dh,

douze et jusqu'à quinze autour du gros faisceau nervenx qni

existe dans le scinliquenla partie moyenne et supérieure de la

cuisse.

Chez le lapin, il arrive souvent que la niasse de gèlitîu pénùtre entre les différentes lames qui romposent la gaine des faisceaux nerveux et les écarte les unes des autres. Onpeutren»naltre alois qu(^ ces lames ne représentent pas autant de lubes < simplement emboUés les uns dans les autres, maïs qu'elles .v divisent, s'infléclûssent, pour s'anastomoser entre elles et former un système continu.

Ce système, que j'ai désigné sous le nom de stfslème ^e lentes, peut êtreégalemcnl (Aservi' dans la gaine lamelleii^ du gi'os faisceau du sciatiqac du chien. Pour cela, lescoupi^ doivent être faites siiiont l'.i^e du nerf; le serment de lagalae - compris dans la coupe foiin'' une sorte de ruban coloré cd noir par le nitrate darçent H constitué par une série de feuillets que l'on peut écarter !''> uns des autres, mais nomlune nianîcie complète. Ils sont iv- I. amènes il» gros faisri^au iiii liés entre eux par des laiiiclli's

}|ipe longiluiliiial

i> addiiionnér iin la (Ijslrihulion paraissent ioa-

iwmpni par I iii- jy^jgpi; .'j ^^f^p ( rés - grand c irf-

fîularilé.

Os différentes lames sont recouvertes de cellules endolhéliaK

dont on [leiit en quelques points distinguer nettement les limii''>-

gr;lcc à l'imprégnation d'argent.

Il lonvient d'ajouter que, sur les petits taisceaux nervem qui ont été soumis i\ l'action du nitrate d'argent et qui sont examiDi^ A plat dan? la glycéiinc, on aperçoit de.s traits noii-s minces, superposés, en nombre plusoumoinsconsidéiable suivant l'épaisseur du faisceau nerveux, et qui correspondent aux lignes inier-

NERFS. —TISSU CONJONCTrF. 7:1(1

celluiail'es dos couches endothélinles dos dîlTércntes lamoii con- Dcclivesde lagaîne lamc!leiise.

On peut encore bien distinguer les lamelles de la gaiue lamcl- | leuseetmômelescoinptersnr des coupes iransvei'sales de nerfs, faites après l'artion successivr^ de Tacidc osmique, de la gomme , etdel'aicoohvoy.p, 7't3^.Aprèsque lagommoqu'ellesrenrermenl a t^té dissoiilo j)ar un séjour convenable dans l'oau distilléo, ces rioiipes sont placées pendant vingt-quatre hrures dans ime solution de purpurine (voy. p. 280).

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