‹ Traité technique d'histologieChapitre 84 sur 106 · SOU · texte numérisé non relu

SOU

baMl.

Fig. 294. — Plexus fondamenlal et plexus sous-basal de la cornée du lapin, imprégnés par lor. — p, nœuds du plexus fondamenlal; f, ses travées; a, poiau où les fibres nerveuses ont été coupées par le raclage de l*épithéliuni au niTfM de la membrane basale antérieure; /i, travées du plexus sous-basal.

rieur, semblent se terminer brusquement; leurs ramificalions ultérieures ont été enlevées par le scalpel.

Toutes les branches qui se dégagent du plexus nerveux fondamental ne sont pas ainsi sectionnées; quelques-unes d'entre elles, extrêmement grêles, cheminent dans les couches superficielles du stroma cornéen et, s'anastomosant pour former des mailles larges et arrondies, constituent un nouveau plexus, qui a été décrit par Iloyer * sous le nom de plexus soiis-baMl, parce qu'il est situé immédiatement au-dessous de la membi-ane de Bowman.

Chez les batraciens, la grenouille, le triton, etc., il n'y a pas à proprement parler de plexus fondamental. Les nerfs, après s'être anastomosés successivement et d'une manière tout à fait irrégu-

* Hoyer, Ueber die Hornhaut. Arch.f. micr. Anat., 1873, t. IX, p. tiO,

lière dans les dinërents plans de la cornée, donnent des branches qui se dirigent brusquement vers Tépithélium antérieur et que l'on désigne sous le nom de branches perforantes. En outre, il se dégage des troncs nerveux des fibres qui forment dans les couches profondes de la cornée un plexus qui a été découvert par Kôlliker*.

Ce plexus, dont les mailles sont rectangulaires, est formé de **';;*"* travées fines dont quelques-unes sont composées d une seule "^sfibrille nerveuse et qui presque toutes, au moins en quelques points, ont un trajet brisé en escalier. Changeant brusquement de direction, elles font un angle droit ou voisin du droit en passant dans un plan plus superficiel ou plus profond; puis, après avoir décrit encore un ou deux zigzags analogues, elles s'anastomosent avec une autre fibre en formant avec elle un angle à peu près droit.

Chez le bœuf et le cheval, dont les cellules fixes de la cornée sont aussi du type corpusculaire, il existe un plexus semblable, mais qui n'est pas limité aux parties profondes. Pour l'observer, il faut, après avoir doré convenablement la cornée et l'avoir traitée par l'alcool, y pratiquer des coupes parallèles à la surface. Comme, chez ces animaux, les lames cornéennes sont relativement épaisses, le changement de plan des fibrilles nerveuses au niveau de leurs coudes est encore plus accusé que chez la grenouille, et en observant ces fibrilles attentivement on arrive bien vile à se convaincre, d'une part qu'elles cheminent dans l'épaisseur des lames cornéennes enlreles fibres conneclivesqui les composent, ce qui explique leur trajet recliligne, et d'autre part que, dans les points où elles font un angle, elles sortent d'une lame pour pénétrer dans la lame voisine et s'engager entre les fibres de cette dernière, ce qui explique leur brusque changement de direction.

Quelques auteurs, Kiïhne* d'abord, puis Lavdowski^ et plus récemment Izquierdo* et Eloui\ ont pensé que les fibrilles

* Kolliker, Ueber die Nervencndigungen in der Horiihaut. Wùnb. nalunv Zeitschrill, 1866.

' Kûhne, Untersuchungen iiber dus Protoplasma und die CoiUractililal. Leipzig, 1864.

* Lavdowski, Das Saugadersystem und die Nerven der Cornea. Archiv. f. micr. Anat., t. VUI, p. 538.

* liquierdoy Beitraege zur Kennlniss der Endigung dersensiblen Nerven. Strassb., 1879, pi. I.

^ Eloui, Recherches histologiques sur le lissu conneclif de la cornée des animaux vertébrés. Paris, 1881, p. 144.

du plexus en zigzag se terminent fmalemenl dans les cellules li\e<i de la cornée en se confondant avec un de leurs prolongements. 11 est probable que cette manière de voir repose sur des obsenations insuffisantes. En effet, lorsque les fibrilles ner\'euses passent d'une lame dans une autre, il arrive souvent que, traversant l'espace interlamellaire au niveau d'une cellule, elles suivent un de ses prolongements auquel elles s'accolent; mais en réalité elles poursuivent leui* trajet au delà. Pour faire une bonne observation, il faut que l'action de l'or sur les nerfs ait été complète et plus marquée que sur les cellules; les fibres nerveuses étant alors colorées en violet foncé, tandis que les prolongements cellulaires ont une teinte beaucoup plus faible, on ne risquera plus de les confondre.

Les fibres nerveuses de la cornée ne sont pas contenues dans des canaux; elles cheminent aussi bien dans l'intérieur des lames cornéennes que dans les espaces interlamellaires, et cela est vrai non seulement pour les fibrilles du plexus en zigzag, mais encore pour des rameaux nerveux beaucoup plus gros. Pour s'en convaincre, il suffit d'examiner des coupes de la cornée du lapin faites perpendiculairement à sa surlace suivant une des cordes de sa circonférence et très près de son bord. On y verra des fibres nerveuses d'un diamètre notable coupées en travers et comprises, soit entre les lames cornéennes, soit dans leur inférieur. Cependant le plexus sous-basal de Hoyer, qui existe chez les animaux dont les cellules fixes de la cornée sont du type membraniforme, lapin, rat, cochon d'Inde, doit, si l'on en juge par la forme arrondie de ses mailles, occuper surtout les espaces interlamellaires.

Plexus Revenons maintenant aux fibres qui se dégagent du plexus

dpEai. fondamental et qui se dirigent vers Tépithélium antérieur. Déjà sur des coupes parallèles à la surface de la cornée et rompi>^ nant à la fois son revêtement épithélial et les couches superficielles de son stroma, on les voit, après avoir traversé la membrane basale antérieure, changer brusquement de direction, former un angle droit, se diviser et donner un pinceau de fibrilles qui chemine à la surface de cette membrane. Ces fibrilles, qui toutes se dirigent vers le centre de la comée, s'anastomosent entre elles et forment sous Tépithélium antérieur un plexus qui a été découvert par Cohnheim et qui porte le nom de pUxus sous-épilhélial.

Du plexus sons-épitliélial partent des fibres nerveuses qui

s'engagent entre les cellules épithéliales de la première rangée

ng. !95. — Pleins Miis-épithélial dr la cornée du Itpin traitée par le chlorure d'or. — n, travéf du plcxiii randamenlal ; a, point oi'i une libre perroranic, aprii ■Toir traversé la membrane batale antérieure, donne naiwance à de* fibre» du pleiui tous-^pilliélial ; e, fibres du plexua laua-épitbélial.

et dont le trajet doit ôtre étudié sur des coupes perpendiculaires pJ^ à la surface de la cornée. Dans ces coupes, on les voit s'infléchir ^pitMiw.

Fig. Î96. — Coupe traroversale de la cornée du lapin après Irailemenl par le chlorure d'or. — n, nerT alTérenl: r, nœud du picxui fondamental; a, fibre perfaranle ; i, plexus sous-épithélial; p, plexus intra-épiihélial ; b, boulons terminaux

après avoir dépassé les cellules de la première rangée, cheminer entre celles de la seconde, puis se diviser et s'anastomoser

Boutons terminaux .

avec d'autres fibres semblables pour constituer un plexus iniraépithéliaL Enfin, gagnant les couches superficielles, eUes s'insinuent entre les cellules lamellaires qui les copiposent, se contournant quelquefois en tire-bouchon à la manière des conduits excréteurs des glandes sudoripares dans l'épiderme, et se terminent au voisinage de la surface par des boutons.

Cohnheim *, qui a découvert en même temps le plexus sousépithélial, le plexus intra-épilhélial et les boutons terminaux des nerfs de la cornée, pensait que ces boutons dépassaient Tépithélium et flottaient dans le liquide des larmes. Mais, ainsi que Ta fait remarquer Kôlliker-, les boulons terminaux sont presque toujours recouverts par une ou plusieurs cellules lamellaires de Tépithélium et, lorsqu'ils paraissent complètement libres, ce qui est fort rare, on peut toujours supposer que les cellules qui les recouvraient ont été détachées.

normo.

Étude générale de la peau. — Avant d'étudier les terminaisons nerveuses qui sont comprises dans la peau, il est nécessaire d'examiner la structure des différentes parties qu'elle contient: derme, papilles, épidémie, ongles, poils, glandes sébacées et glandes sudoripares.

La charpente du derme est essentiellement constituée par des faisceaux connectifs et des fibres élastiques qui proviennent da tissu cellulaire sous-cutané et qui forment un tissu feutré de plus en plus serré à mesure que l'on se rapproche de la surface. Moulées exactement dans les espaces qu'ils laissent entre eux, les cellules conneclives sont d'autant moins étalées et ont une forme d'autant plus compliquée qu'on les examine dans fies couches plus superficielles.

Dans certaines régions, la paume des mains et la plante des pieds entre autres, les parties profondes du derme contiennent, en outre, des cellules adipeuses qui, groupées en lobules, constituent le pannicule adipeux.

Pour reconnaître ces faits, il faut employer la méthode sui-

' Cohnheim^ Uebcr die Endigung der sensiblen Nenen in der Hornhaut der pelhiere, Ceniralblaii. 1866, p. 401, et Archivesde Virchou\ 1867, t. \XXVIII,p.m

' Kottiker, Ueber dip Nervenendigungcn in der Hornhaut. Ulir^. nuturw. Itit' «cVi/l. 1866.

vante : Un fragment de peau étant conservé depuis deux ou trois semaines dans le liquide de Mûller ou dons le bichromate d'ammoniaque à 2 pour 100, on le soumet à l'action successive de la gomme et de Talcool pour en compléter le durcissement. On y fait des coupes perpendiculaires à la surface qui, après avoir été débarrassées de la gomme par un séjour convenable dans l'eau, sont colorées par l'hématoxyline et montées dans le baume du Canada ou dans la résine dammar. 11 convient que la coloration soit faible. Les faisceaux connectifs ont alors une teinte gris de lin, les cellules adipeuses sont incolores ; leurs noyaux et ceux des cellules conneclives sont d'un bleu plus ou moins intense. Entre les faisceaux connectifs, qui ont éprouvé un léger retrait sous l'influence des réactifs employés, se montrent des fentes correspondant aux espaces ménagés dans le tissu pour la circulation du plasma.

Les faisceaux connectifs du derme sont également bien marqués dans des coupes faites sur de très petits fragments de peau traités par une solution d'acide osmique à 1 pour 100 et dont le durcissement a été complété par l'action successive de la gomme et de l'alcool. Les cellules adipeuses y sont colorées en noir-brun, les cellules connectives et leurs noyaux sont indistincts. Pour rendre ces derniers éléments évidents, il faut les colorer, soit par le picrocarminate, soit par la purpurine; mais la coloration ne s'y produit que si l'action de l'acide osmique n'a pas été trop prolongée.

Pour apprécier la forme des cellules connectives et leurs rapportsavec les faisceaux, lespréparalionsprécédemmentindiquées ne sufGsent pas. Seules, les coupes faites sur un fragment de peau convenablement doré donnent de ces cellules, comme des cellulesfixes de la cornée, desimages démonstratives. Les fragments doivent être pris sur la peau tout à fait fraîche, ne pas avoir plus de 5 millimètres de côté et être bien débarrassés du pannicule adipeux. On les laissera dix minutes dans le jus de citron et une ou deux heures dans du chlorure d'or à 1 pour 400. La réduction sera obtenue dans de l'eau légèrement acétifiée et à la lumière du jour ; le durcissement sera complété par un séjour convenable dans l'alcool ordinaire.

Les mêmes préparations conviennent pour l'étude des papilles. Elles permettent de reconnaître que les faisceaux connectifs y sont encore plusminces et plus intriqués que dans le derme

Cellules

cunnecUves

du

derme.

Papilles.

pi'opremeDt dit. La plupart d'enlre eux se dirigent vers la sur* l'ace et, se divisant encore, paraissent s'y terminer. Mais pour faire une étude plus complète des papilles, il faut employer d'autres méthodes. Si, après avoir Tait macérer un fragmeDl de peau dans le sérum iodé en suivant les indications qui oal Été données pages 239-240, on y fait des coupes verticales, on peut facilement les débarrasserdu revêtement épidermique. Les papilles mises à iiu sont comme pUssées; leur surface préseole des crêtes plus ou moins obliques qui, vues de profil, simulent

Fig. 997. — Coupe Je la [leau de la pulpe d'un doigt, faiU aprti sérum iodé. Le revSlemcnt épidermiqua a élé délaché. — p, papille; p, laiiMia languin ; c, crSIei papîllair«s.

des dents. A l'aide d'un bon objectif à immei-sioo, on peut reconnaître qu'elles sont recouvertes ii leur surface d'une couche anhiste mince, lu membrane basale.

Les papilles, à l'exception de celles qui possèdent des corputcules du tact, contiennent des vaisseaux que l'on peut déjà reconnaître dans les préparations précédemment indiquées, nuis dont on appréciera mieux la disposition sur des coupes hiies après injection du réseau vasculaire par les procédés décritf pages 112 et 591 . Les doigts de l'homme conviennenl tout spécia-

lement pour la préparation des vaisseaux des papilles. L'injection ^" doit être faile avec du bleu de Prusse ou du carmin additionné p^.

Fîg. Î98. — Coupe transversale de la peau de la région palmaire du doigt indicateur de riioninic. Injection par une des artères coUalérales, l'autre étant liée. avec une inasge de carmin et de gélatine. Durciucment dam l'alcool. Préparation montée dans le baume du Canada. — C, épidermc ; P, papilles ; D, derme ; S, canal intra-épidermiquc d'une glmde sudoripare; v, vaisieaui des papilles; ei, réteau capillaire d'un glomérule de glande sudoripare.

de gélatine, et il faut en inlrodulre une quantité assez grande pour distendre complètement les vaisseaux sans y produire de rupture.

Les coupes vcriicales de la peau de la Tace palmaire permettent alors de reconnaître, dans chaque papille, une veine centrale qui, avant d'en atteindre le sommet, se termine par un cul-de-sac arrondi ou légèrement conique. Cette veine est quel-

880 TIUITE TECHNIUIE D'HISTOLOGIE

quefois accompagnée d'un seul capillaire qui la longe ou qui décrit autour d'elle des tours de spire plus ou inoins nombreux, et qui vient se jeter dans son cul-de-sac terminal après avoir formé une anse dont la convexité atteint le sommet de la papille.

D'autres fois, à côté de la veine centrale, se montrent plusieurs capillaires qui forment autour d'elle un réseau complexe et viennent s'y ouvrir sur différents points de son trajet.

Ces dispositions rappellent celles que l'on observe dans l'appareil vasculairc du grand épiploon du lapin (voy. p. 595). .yiiipiiaiiqucs Lcs papillcs de la peau contiennent aussi des vaisseaux lyrai»pmes. phatiques qui s'y terminent environ au tiers de leur hauteur, tantôt par un culde-sac, tantôt par une extrémité effilée ou par un anneau semblable à un anneau de clef. Ils sont admirablement placés pour recueillir le plasma exsudé des vaisseaux sanguins, après qu'il a concouru à la nutrition de la papille et de son revêtement épidermique.

Pour réussir l'injection double des vaisseaux sanguins et des lymphatiques, il est nécessaire de remplir d'abord ces derniers avec une solution de bleu de Prusse sans gélatine en procédant pai piqûre. Il laut pour cela se servir d'une seringue hypodermique munie d'une canule en acier ou en plaline iridié à pointe flne ' et à biseau très court. On la fait pénétrer obliquement cl avec lenteur à travers l'épiderme, tout en pressant légèrement sur le piston de la seringue, jusqu'à ce qu'on voie se produire une tache bleue qui s'étend rapidement. Si, au lieu d'une tache à diffusion rapide, il se forme une élevure, c'est qu'on a pénétré trop profondément et que l'on a rempli les mailles'du derme. Dans ce dernier cas, quelques lymphatiques seulement sont injectés, et encore sur des coupes on aurait de la peine à les reconnaître au milieu de la masse bleue qui les entoure.

Il arrive souvent aussi que la canule perfore les vaisseaux sanguins et que le liquide coloré y pénètre. Cet accident se produirait d'une manière constante si l'on avait commencé par l'injection des vaisseaux sanguins, car, lorsqu'ils sont remplis, ils sont si rapprochés les uns des autres, qu'on les percerait presque inévitablement.

Lorsque l'injection des lymphatiques a réussi, on pratique celle des vaisseaux sanguins avec une masse carminée à la gélatine (voy. p. 116).

Ou devra commencer l'étude de répidenne sur des préparations failes comme il suit : Un fragment de peau de la face palmaire des doigts, tout à (ait frais et débarrassé du pannicule adipeux, est placé dans Falcool ordinaire pendant vingt-quatre heures; on Tinclul alors dans le mélange do cire et d'huile (voy. p. 741) et Ton y fait à main levée des coupes perpendiculaires à la surface, qui doivent être fort minces. Reçues d'abord dans l'alcool qui sert à mouiller le rasoir, elles sont ensuite portées dans l'eau, puis placées sur une lame de verre dans une goutte de picrocarminate très étendu. Une ou deux minutes après, on les recouvre d'une lamelle sur le bord de laquelle on place une goutte de glycérine qui s'insinue peu à peu et rend la préparation persistante.

Entre le corps muqueux proprement dit, à peine coloré, et la couche cornée teintée de jaune strié de rouge, se montre une couche colorée en rouge vif, décrite par Lange rhans ', et que Unna* a désignée dans ces derniers temps sous le nom de stratum granulosum. Cette couche est composée de deux ou trois rangées de cellules qui, sur la coupe, paraissent losangiques ou Irapézoïdes et qui sont légèrement aplaties suivant la surface de la peau. Elles contiennent, à côté d'un noyau plus ou moins atrophié, des gouttes d'une substance liquide qui a la propriété de se colorer rapidement et vivement par le carmin, quand bien même il est employé à dose très faible. Cette substance, à laquelle j'ai donné le nom d'éléidine \ se montre aussi à la surface de la coupe, sous la forme de gouttes ou de flaques entièrement libres, de dimensions variables et a bords plus ou moins sinueux, entre les lits de cellules qui lomposent la couche épidermique située immédiatement au-dessus du stralam (jranu'losum. Cette couche, le slralum lucidum d'Œhl et de Schron \ se voit plus ou moins distinctement suivant les préparations; elle peut être considérée simplement «omme la partie la plus profonde de la couche cornée. Cependant, dans les coupes failes

Ëpidonno.

Slralum Spruiolosuni.

Strttum Incidani.

' Laiigerhaiis, Ueber Tastkœrpercheii und Kele Malpiglii. Arch. /. micr. Anat.t L IX, 1873.

' Unna^ Beitraegc zur Histologie und Entwicklungsgescliichlc der inenschlichen Oberhaut und ihrer Ânhangsgebilde. Arch. f. micr. Anat.^ t. XU, 1876, p. 665.

' Sur une substance nouvefle de répiderme et sur le processus de kératinisation du revêtement épidcrmique. Comptes rendus de l^Acad. des sciences^ 30 juin 1879^

* Voy. Schrôrij Contribuzionc alla anatoniia, fisiologia e patologia délia cuteuinana. Torino e Firenze, 186r>.

RA5VIKR. HïAtol. .V>

8)tj rUAITÉ TECHNIiJfiE D'HISTOLOGIE

après l'action (le, l'acide osmique, elle apparaît, ainsi que luu l'a bien indiqué, comme une bande claire entre le siratVM ijranulosum et la partie profonde de la couche cornée pro[H«nient dite qui est colorée en noir.

Lacoloraliou de la couche coiiiée par l'acida osmique n'eil pas loujoui'S uniforme Si celte couche est épaisse, comme à li

Vig. 29^. - (^oupiï pei'jiciiJii'ulairc à Id Mitfucu An U pc^iu Je la (ice palntircA l'indicateur de rliuniine, faite après iuncéralian tlaiu racide usmique. — e, pat* lupérieure ilclacojclie cornée; e'', jiarlic pruCundc delà même couche; tf, fi^ intcnnédinire ; s H y. Frclinris du canal excri-leur d'une glande tudorifwt: iV> corps niu<|uciix d<- MalpigLi; 1, carpusculc du tact; r, vaiiKau laniwi; te, tissu conjaiiclif du demie.

paume des mains et à la plante des pieds, il reste en son milim une région qui, n'ayant pas été atteinte par le réaclir ou oc l'avant été que 1res iaiblement, forme une zone iocolore, (voy. p. 260).

Quelques expériences, que nous avons faites récemment, permettent d'apprécier la cause pour laquelle la couche cornée « colore en noir, tandis que le slraliim luctàum demeure incoore.

Lorsque l'on plonge dans une solution d'acide osmique une coupe de la peau faite après durcissement par l'alcool ordiniire, la couche cornée prend dans toute son étendue une coloratit» noire, atténuée sur ses bords qui ont été plus directement atteints par l'alcool. Si, avant défaire agir l'acide osmique, la coupeaélt

s^ftDl s'effacent, et, pressées contre la tronche cornée, elles subissent un léger aplatissement. Arrivées dans le atralum hvcidum, leurs noyaux el les gouttes d'éléidine qu'elles contenaient disparaissent complètement, e , réduites en lames minces, elles se soudent solidement les unes aux autres. Dnns la couche cornée proprement dite, leur union se relâche, elles se dissocient peu à peu et, arrivées à la surface, elles tombent dans le monde extérieur, soit isolées, soit en groupes, sous la forme de petites écailles.

Les ongles sont des plaques de substance cornée formées ^"^*'** de cellules aplaties soudées intimement les unes aux autres et que l'on pourra isoler au moyen de la potîisse ou de l'acide sulfurique, en suivant les indications données pages 245 et 210. Ces cellules paraissent alors sphériques, claires, et dans leur intérieur se montrent les vestiges d'un noyau. Ce dernier caractère suffirait à distinguer les cellules unguéales de celles qui forment la couche cornée de Tépiderme.

On devra procéder ensuite à l'étude de coupes faites dans diverses directions et comprenant à la fois l'ongle et le derme sousjacent, après qu'on les aura détachés ensemble de la phalangette par une dissection soignée en enlevant en même temps le repli .«^us-unguéal et une portion de la pulpe du doigt. Le durcissement des parties molles sera obtenu par un séjour convenable dans l'alcool, le liquide de Mûller ou le bichromate d'ammoniaque à 2 pour 100, et complété par l'action successive de la gomme et de l'alcool.

Les coupes verticales, passant par l'axe de l'ongle, faites après durcissement par l'alcool et colorées parlepicrocarminate faible, sont les plus instructives. Elles montrent l'ongle, coloré en jaune, ayant à peu près la même épaisseur dans toute l'étendue de son bord libre et de son corps, et s'amincissant à partir de l'origine de sa racine aux dépens de sa face inférieure, pour se terminer par une extrémité effilée dans le sillon de la peau que limite en haut le pli sus-unguéal. Le derme sous-unguéal est séparé de l'ongle, aussi bien au niveau de son coi'ps que de sa racine, par une couche épithéliale molle colorée en rose et qui peut être considérée comme l'analogue du corps muqueux ; elle se continue du reste avec lui sur la pulpe du doigt, et en arrière de la racine de l'ongle dans le repli sus-unguéal.

Dans toute la portion qui correspond au corps de l'ongle et lu et attiriez qui porte le nom de lit de Vongle^ cette couche est mince et pa-

Uniog Is Npidamt

881 TBAITÉ TECHNIQUE l»HISTOI.O(ilE

séjour de vingt-quatre heures daos l'eau, on les tiioute eu préparations persistantes dans l'eau pliéuiquée sons les avoir soumises à l'action d'aucun réactif colorant. Les filaments d'union, i|ui correspondent aux prétendues dents dei^ cellules du cwp;) nmqueux, forment sur leur profil une élégante slrialion scabriformc (voy. li^,'. ;101) et montrent souvent en peur milieu un petit nodule.

Ces filaiiientii ne sont pas les t-euls qui unissent les cellules entre elles. On en voit d'autres beaucoup plus loDjrsqui, se Jugeant obliquement d'une cellule, se couchent sur une deses faces pour atteindre une cellule voisine et s'y insérer comme sur la première. Ces lilaments {lomjs filaments) forment des faisceaui groupés d'une manière élégante en différents points de la surface de la coupe; ils peuvent être considérés comme des filaments d'union ordinaires distendus par suite des changementâ de rapport qu'éprouvent les cellules dans l'évolution épidermiqne. Les dents de la face profonde des cellules épidermiques de la première rangée sont implantées dans la membrane basale et assurent ainsi l'union solide ■-,'<^ de l'épiderme et du derme.

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Vig. 301. ~ Coupt: ilu laqM niuqueux <lr deUX nOVaUS. EtaOt AoB-

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de la peau, après injection J acide usmiqui- ^""^■^ *-* "^

dans les Taiueaiix et durcissoment par lo signes dc division qu'elle*

gomme el raicool. — c, corps muqueux d« Dri^enicnt on i-vt imndnil

XaipLghi: te, lissu corjonctitdu derme. presenitni, on . >i ivnaoïi

àsupposer qu'elle? s<- iiiul-

tiplienl et que les nouvelles cellules ainsi formées s'élèvent au

dessus des autres, gagnent les rangées supérieures et concourent

ainsi à l'évolution épidermique.

Lorsque, par suite de cette évolution, elles ont atteint le slntum granulosiim, il se forme dans leur proloplasroa des goutte d'éléidine, leurs noyaux s'atrophient, les tilameols qui l«s uni»-

PEAi:

Si Ton se contentait d'examiner des coupes longitudinales, on pourrail croire que le lit de Tongle est complètement plan. Mais, en réalité, il présente une série de crêtes dermiques longitudinales qui, sur des coupes perpendiculaires à l'axe de /ongle, forment autant de festons d'un dessin régulier et élégant.

ChezThomme adulte, la substance unguéale est complètement ;\ nu sur la face dorsale de Tongle, aussi bien au niveau de son corps qu'au niveau de sa lunule qui correspond a la matrice. Il n'en est pas de même chez cerlains animaux. Chez les ruminants, les pachydermes et les solipèdes, l'ongle est rerouvert d'une couche qui est l'analogue de la couche cornée de l'épiderme et qui, sur des coupes faites après l'action de l'alcool et traitées par le picrocarminate, se colore en jaune veiné de rouge, tandis que l'ongle proprement dit se colore en jaune franc. Cette épidermicule de l'ongle est fournie par le repli sus-unguéal, dont le revêtement épithélial, croissant comme l'ongle lui-même, le recouvre en contractant avec lui une adhérence solide et masque ainsi complètement le sillon dermique dans lequel il est serti.

Il est un stade du développement chez l'homme où l'ongle se présente sous la forme d'une plaque comprise dans l'épaisseur même de l'épiderme et se fondant insensiblement avec lui en avant. Les ongles des animaux que nous vonons d'indiquer ont donc leur équivalent dans l'ongle embryonnaire de l'homme ou hyponychion,

11 convient d'ajouterque la plaque unguéale intra-épidermique des embryons, aussi bien chez l'homme que chez le mouton, le cochon, etc., ne contient pas de matière glycogène, tandis que les cellules épidermiques qui la recouvrent en sont chargées. C'est là encore une différence essentielle entre la substance cornée de l'ongle et celle de l'épiderme.

Les cellules cornées qui composent les poils, et que Ton peut isoler par les procédés indiqués à propos des ongles, sont de trois espèces : des lamelles écailleuses, minces, qui ne contiennent ni noyau, ni pigment; des cellules irrégulièrement fusiformes, chargées de pigment dans les poils colorés, et dans l'intérieur desquelles on aperçoit souvent des vestiges d'im noyau; enfin de petites cellules rondes, dont l'existence n'est pas constante.

Ces différentes cellules, que l'on ne voit pas distinctement sur

épidermicnle

de l'oofle

et

hyponychion.

Poil».

886 TRAITÉ TECHNIQI E D'IllSTOLOr.lK

ralt avoir une épaisseur uniforrrie. En arrière, elle îiupmenle d'épaisseur, pour remplir l'espace plus considérable qui, dans celte région désignée sous le nom de matrice de rongle, reste entre la racine de l'ongle elle derme sous-unguéal. Les cellules qui la constituent, cylindriquesdans les couchesprofondes, deviennent polygonales dans les moyennes, puis s'aplatissent légèrement dans les superficielles. On voit entre elles une striation scalariforme, moins accusée que dans le corps muqueui de l'épiderme; dans aucune région, elles ne contiennent d'éléidine. Déjà Heynold * avait constaté quo dansTépithélium sous-unguéal, pas plus au niveau du lit de Tongle qu'au niveau de sa matrice, il n'y a rien qui ressemble à la couche granuleuse décrite par Langerhans dans l'épiderme.

subtunce Cependant on observe un orand nombre de granulations accu-

mulées dans les cellules molles qui forment l'étage supérieur de la matrice de l'ongle et dans celles qui constituent la rangée la plus superficielle de son lit. Seulement ces granulations paraissent solides et, au lieu de se colorer en rouge par le picrocarminate, comme les gouttes d'éléidine, elles y prennent une teinte brunâtre. C'est là lestraltun gramUosum de l'ongle, plus épais au niveau de sa matrice, parce que c'est le lieu de sa croissance active. La substance granuleuse qui se colore en brun parle picrocarminate mérite le nom de substance onychogène.

En revanche, l'éléidine abonde dans le stratum gmnulosum du repli sus-unguéal immédiatement au-dessus de l'extrémité de la racine de l'ongle, et dans celui de la pulpe du doigt, immédiatement au-dessous de son bord libre.

Lorsqu'une coupe longitudinale et verticale de Tongle, faite après l'action du bichromate d'ammoniaque, de la gomme et de l'alcool, a été traitée par le picrocarminate, le coips muqueux delà matrice et du lit de l'ongle montre deux couches à peu près d'égale épaisseur dont la supérieure est colorée en rouge, tandis que l'inférieure est simplement rosée ou ne présente même pas de coloration. Ce fait prouve que l'évolution cellulaire qui aboutit à la production de la matière onychogène et à la formation de la substance cornée de l'ongle est bien plus graduelle et commence bien plus tôt que ne le feraient croire les préparations faites après durcissement par l'alcool.

' Ueynold, Bcitrag zur Histologie und Genèse des Nagels. Archires de Virekott, t. LXV, 1875, p. 270.

les poils sont (listinjiçués en poils à bulbe creux et poils à bulbe plein. Dans les poils à bulbe creux, qui ont servi de base aux descriptions classiques, rexlréinitérenllée de la racine loge dans son intérieur une papille vasculaire. Cette papille, papille du poil, s'élève du fond du follicule, s'élarp^il un peu, puis, s'eflllanl plus ou moins, se termine en cône.

La paroi conneclive du follii'ule est composée, de dehors en dedans, d'une couche de fibres longitudinales, d'une couche de fibres annulaires et d'une couche* anhiste (membrane vitrée) qui correspond à la membrane basale du derme, mais qui est beaucoup plus épaisse, surtout à la partie moyenne du follicole, où on la voit souvent former des plis transversaux.

Le poil est séparé de la paroi du follicule par une couche épithéliale qui varie suivant les régions.

Au-dessus de l'ouverture de la glande sébacée jusqu'à la surface de la peau, dans la portion que l'on désigne sous le nom de col du follicule pi leuœ, elle a la même structure que l'épiderme, dont elle est une simple dépendance ; elle montre de dehors en dedans toules les phases de l'évolution épidermique, et le slratum grannhtsnm s'y caractérise par la présence d'une 1res grande quantité d'éléidine, dont on retrouve des gouttes plus ou moins grosses, plus ou moins nombreuses, jusque dans la couche cornée, qui est en rapport direct avec le poil recouvert de son épidermicule.

Au-dessous de l'orifice de la glande sébacée, l'évolution épidermique fait complètement défaut, et la couche épithéliale qui représente le corps muqueux ne possède ni slratum granulosum^ ni couche cornée. Elle constitue ce que l'on nomme la gaine épithéliale externe de la racine; très épaisse à la région moyenne du follicule, elle s'amincit d'une manière progressive vers son fond et disparaît au niveau du col de la papille. Elle est séparée du poil par une nouvelle couche cellulaire, la gaine épithéliale interne de la racine.

La gaine épithéliale interne de la racine possède à peu près la même épaisseur dans toute son étendue ; elle est composée de trois rangées de cellules qui, de dehors en dedans, forment la «*onche de llenle, la couche de Huxlev et la cuticule de la gaine épithéliale interne. Toules ces cellules sont kératinisées, claires, réfringentes, homogènes, et contiennent un noyau atrophié. Elles ne proviennent pas des cellules de la gaîne épithéliale

Paroi

(lu follicule

piloiix.

Gaine épilhéliale

externe

(le la racine

du poil.

Gaine

épithéliale

interne.

888 TRAITfi TECHISIOIR D'HISTOLOCIE

un poil entier examiné dans Toau ou dans la glycéiîne, pcuvenl êlrc observées en place lorsqu'il commence à se désagréger sous rinfluence des liquides dissocialeurs, Tacide suUurique chaud par exemple. On reconnaît ainsi que les cellules lamellaires forment à la surface du poil une couche continue, VépiderfnicuUy dans laquelle elles se recouvrenl de bas on haut, que les cellules fusiformes appartiennent à Férorce du poil, et les petites cellule? rondes à Sii moelle.

^iS**^î»n. La paitie la plus intéressante du poil est sa racine, qui s'eo-

fonce plus ou moins profondément dans le derme ; elle doit être étudiée sur des coupes de la peau convenableroeot orientées.

Après avoir recueilli des segments du cuir chevelu ou de toute autre région riche en poils, on les fera durcir par un des procédés classiques, par exemple au moyen de l'alcool seul, ou par l'action successive de l'alcool, de la gomme et de l'alcool.

Il convient d'examiner d'abord des coupes perpendiculaires i la surface de la peau et passant par l'axe des poils. Ces coupes seront faites à main levée. Pour les exécuter, l'opérateur devra porter toute son atlention sur un des poils en particulier, qu'il dégagera d'abord d'un coup de rasoir et qu'il divisera ensuite, ainsi que les tissus qui l'entourent, en tranches aussi minces que possible.

Ces préparations, lorsqu'elles ont été colorées par le picrocarminate, sont fort instructives. La racine du poil et son follicule, qui descendent au-dessous du derme jusque dans le pannicule adipeux, s'y montrent plus ou moins obliques à la surface de h peau. L'angle obtus qu'ils forment avec cette surface est soustendu par le muscle redresseur, qui s'insère d'un côté à la partie moyenne du follicule renflé à ce niveau, de l'autre à la couche réticulaire du derme. Dans le triangle ainsi limité se voilU glande sébacée.

C'est là une disposition sur laquelle liesse * a insisté dans ce: derniers temps, en faisant remarquer que la conti-aclion du muscle redresseur ne devait pas être sans influence sur l'excré tion du sébum.

. Poil» Le poil se termine dans son follicule par une extrémité i-enflée

bulbe creux . * *

qui peut présenter deux formes principales, suivant lesquelles

' Hesjte, Zur Renntniss der Hautdrusen und ihrer Muskeln. Zeittck. f. Ânât. EfUwicklungtgeichichte, t. II, 1876, p. 274.

de HcnM».

PEAU K9i

la même marche, so termine à un niveau moins élevé.

La kéralinisalion de la gaine épithéliale interne ne s'effectue pas d'une façon aussi brusque qu'on serait tenté de le croire si l*on se contentait d'examiner des préparations faites après durcissement par l'alcool seul.

Lorsque le durcissement dcrs tissus a été obtenu au moyen du bichromate d'ammoniaque, de la gomme et de l'alcool, et quand bien même les coupes ont séjourné un temps convenable dans le pîcrocarminale, l'éléidine ne se colore plus en rouge, mais les cellules qui font suite à celles qui en sont chargées, et dont le corps ne présentait pas de coloration dans les préparations précédentes, soni colorées uniformément en rouge. Cette coloration existe dans une certaine zone, au delà de laquelle les cellules sont de nouveau incolores. De celle réaction on doit conclure qu'après la disparition de l'éléidine la kératinisation n'est pas encore achevée et qu'elle se complète progressivement.

L'action spéciale du carmin après le traitement par le bichro- ,,g f/^^fchp mate d'ammoniaque permet d'arriver à la solution d'un problème intéressant relatif aux rapporls de la couche de Henle avec la couche de Huxley. Lorsque l'on a arraché un poil à bulbe creux et que l'on a entraîné avec lui sa gaine épithéliale interne, on peut facilement, parla dissociation au moyen des aiguilles, isoler des lambeaux de la couche de llenle. Les cellules qui les composent sont plates, hexagonales et, bien qu'elles soient soudées par leurs bords, elles laissent entre elles, de dislance en distance, des feules d'inégale étendue. Si l'on a séparé en même temps des portions de la couche de Huxley, celles-ci se montrent sous la forme d'un pavé épithélial parfaitement continu. A quoi correspondent les fentes de la couche de Henle, que quelques auteurs désignent pour cette raison sous le nom de membrane fenêtrée?

Pour le déterminer, il faut examiner des coupes transversales faites par le procédé suivant :

Un fragment du cuir chevelu, ayant séjourné pendant quelques semaines dans une solution de bichromate d'ammoniaque à 2 pour 100, est traité ensuite par la gomme et l'alcool pour en compléter le durcissement. On en fait alors, soit à main levée, soit à l'aide du microtome, des coupes perpendiculaires a Taxe des poils et par conséquent plus ou moins obliques à la surface de la peau. Comme cela se comprend aisément, le rasoir atteint la racine des différents poils' à des hauteurs diffé-

KëraliniMtion Cl la gatno i^pithëiiale interne.

890 TRAITÉ TECHMQrE irHlSTOLOGlE

externe qui auraient subi une évolution épidermique de dehon en dedans, comme on pourrait le croire si l'on n'examinait que la région moyenne du follicule. Elles naissent sur la papille aussi bien que les éléments qui forment le poil proprement dit, et, pour saisir les transformations successives qui les ont conduites à la kératinisation, il faut les suivre à pîirtir de leur Iîpd d'origine.

Ce sont là des notions bien établies aujourd'hui, mais qui De sont introduites que depuis peu dans la science et que Ton doit principalement aux recherches de Unna * et de von Ebner -.

La papille est recouverte sur toute sa surface de cellules molles, dont les unes, celles qui coiffent son sommet et sa partie renflée, donnent naissance, de dedans en dehors, à la moelle du poil, à son écorce et à son épidermicule, tandis que celles qui constitueront sa gaine épithéliale interne sont implantées au niveau de son col. Entre les cellules d'origine du poil proprement dit et celles qui formeront la gaine épithéliale interne, il y a une difTérence importante. Tandis que les premières sont constituées par une masse granuleuse qui, sous rinfluence du picrocarminate, prend une coloration brune, et subissent proprcssivement une kératinisation analogue a celle des ongles, les secondes contiennent des granulations ou des goulloletlesd'éléidine semblables à celles du strahnn granulo!^um de l'épidenne. Ces gouttelellos, à peine marquées dans les cellules de la première rangée, deviennent plus nombreuses et plus gros?**? dans les rangées suivantes. Plus haut, elles disparaissent tout d'un coup et sont remplacées par une substance homogène qui reste incolore. La kératinisation est produite.

La kératinisation des trois couches de la gaine épithéliale in* terne, couche de Ilenle, couche de IJuxley, cuticule de la gaine, ne s'effectue pas au même niveau. Alors que les cellules de l> couche de Huxley sont encore chargées de gouttes d'éléidine. celles de la couche de Henle sont déjà complètement kératinisees. Ce n'est pas que la kératinisation de ces dernières soil plus liAtive, mais, comme elles naissent un peu plus bas sur le col de la papille, leur évolution, tout en suivant exaclemeiH

* Unnat Beitrage zur Histologie und Entwicklungsgosch. der mi^nsch. Ob^riiait. Arch.f.micr.Anat., 1870, t. XU, p. 66r».

• Von Ebner y Mikrosk. Stndicn iibcr Wachstlium und Wc^ch«»î di*r Baaiv». Omflf* 'mduM de VAcad. de Vienne, cet. 1870, t. LXXIV.

PEAli 893

de Heiile esl coinplèteinenl kéralinisée, homogène el incolore, tandis que la couche de Huxley est colorée en roujje. En examinani plus allenlivement une coupe qui présentera ce dernier aspect (li};:. 302), on verra les cellules de la couche de Huxley envoyer entre les cellules de la couche de Henle des prolongements qui les écartent les unes des autres.

Les l'entes de la couche de Henle correspondent donc à des expansions externes des cellules de la couche de Huxley. il en résulte que ces deux couches sont solidement unies et qu'elles ne peuvent nullement glisser Tune sur l'aulre dans leur croissance. Cette croissance, ainsi qu'on Ta vu plus haut, se fait suivant Taxe du poil, et son terme, comme il résulte de Tobservation de coupes longitudinales, a lieu immédiatement au-dessous de Temhouchure des glandes sébacées. A ce niveau, les cellules de la gaine épithéliale interne se désagrègent pour se mélanger au sébum et aux écailles épidermiques exfoliée» du col du follicule.

Les mêmes préparations permettent de reconnaître la structure de la gaîne épithéliale externe, les stries scalariformes qui en bordent les cellules et qui sont moins accusées que dan» le coi*ps muqueux de Malpighi, la membrane vitrée sur laquelle reposent les cellules de la première rangée de celte j;aîne, les deux couches de faisceaux connectifs qui constituent le sac du follicule, et enfin, autour des poils qui sont sectionnés au niveau des glandes sébacées, les muscles redresseurs coupés en travers et caractérisés dès lors par une série de petits champs polygonaux coriespondant aux fibres lisses qui les composent (voy. tig. 483).

ÏAis poils à bulbe plein sont implantés moins profondément >*'^«i» dans le derme; ils se terminent au sein du follicule, un peu audessous de l'embouchure de la glande sébacée et au niveau de l'insertion du muscle redresseur, par une extrémité pleine en forme île massue. Ces poils n'ont pas de gaîne épithéliale interne. Leur bulbe, dépourvu de papille, est compris au milieu des cellules qui composent la gaîne épithéliale externe, entre lesquelles il envoie souvent des prolongements en forme d'épines, plus ou moins nombreux, plus ou moins saillants. Au-dessous de lui, le follicule, revenu sur lui-même et s'étendant plus ou moins profondément dans le derme, affecte les formes les plus variées. Il est rempli de cellules de la gaîne épithéliale externe, el sa

Kig. !IOi. — CnupB traiisvcnalp ii*uii poil à bulbe creux ci de an 1 immidi nie ment au dnisus de Jb pa|)i11r npris durfiHcoifnt d« | likhromate d'aminanMi|ue, In gomiriR bi t'nlfonl. nt colorip p«r l«fl — p, carp« du poil, doni let oelluin taril djslinf lu : r. gklae épilkj r, gntne épilliélinin i-xtirni! ; c', tipidcriniriiln du poil ; c. catimie A rliâliuli^ intenio : li, cclliilei de In couche dr Huxky ; a Hi'iik; f, enveloppe connective Ju follicule: r, vuiaii^au ■

dine incolores proviennent de ia i*woa4

chez le nioulon et qui se leiiconlre éj^aleinent chez riiomnie. Celte translbrinalion, qui précède celle des celUiles de la glande sébacée elle-même, favorise le passage de la pointe du poil à travers Tépiderme et son issue définitive.

Étant données ces notions sur le développement du poil, on *dM**" conçoit que son extrémité naturelle soit elTilée en forme de cône. '^**' Il est à remarquer cependant que cette portion conique a souvent une longueur bien plus considérable que la hauteur du follicule pileux, ce qui conduit à admettre que la papille croît pendant un certain temps d'une manière régulière, puisque le diamètre du poil dépend nércssaiiementd(^ celui de la papille sur laquelle il se forme. A cette période de croissance succède une période d*état pendant laquelle la papille, conservant le même volume, donne naissance à la portion cylindrique du poil, plus ou moins longue chez Thomme suivant les régions. Puis la papille diminue, et le poil s'amincit d'une façon correspondante.

Il y a des animaux, la taupe par exemple, dont les poils présentent des parties alternativement renflées et amincies, ce qui indique des alteinatives correspondantes d'accroissement et de diminution de la papille, et comme une sorte de rhythme dans .son évolution. Chez l'homme, ce n'est pas le cas : la diminution de la papille est suivie de son atrophie complète et de la transformation du poil à bulbe creux en poil à bulbe plein. Aussi remarque-t-on que tous les poils à bulbe plein sont amincis dans une portion plus ou moins grande de leur longueur au-dessus de leur bulbe.

Lorsque la papille arrive au terme ultime de son atrophie, le poil qui la coiffait s'en trouve par là même détaché, et son bulbe creux, revenant sur lui-même tout en achevant de se kératiniser, se transforme de la sorte en un bulbe plein. Ainsi devenu rigide en même temps qu'il est libre dans le fond du follicule, les mouvements que subit ce dernier le font peu à peu monter jusqu'à ce que son extrémité arrive au niveau du muscle redresseur ; en même temps, le follicule revient sur lui-même dans sa partie inférieure *.

Unnaetvon Ebner (loc. ci/., voy. p. 890), contrairement à Gotte, ont soutenu que le poil à bulbe plein résulte de la transformation du poil à bulbe creux. Seulement, tandis qu'Uuna prétend que le poil à bulbe plein continue à croître par une transformation successive des cellules de lu gatne épithéliale externe» au milieu desquelles il

89i THAITÉ TECliiNlQLE U'HISTOLOGIE

membrane vitrée forme généralement des plis nombreux et compliqués.

Le poil à bulbe plein n'est autre chose qu'un poil arrivé au terme de son évolution.

^des^pSii"?"* Pour bien comprendre cette évolution, il est nécessaire d'avoir quelques notions sur le développement des poils.

Comme les poils ne se développent pas tous en même temps, on peut observer, dans le cuirchevelu d'un embi^yon humain de quatre mois environ, tous les stades de leur formation. On les étudiera sur des coupes de la peau laites suivant les procédés indiqués antérieurement.

Dans un premier stade, les cellules de la seconde i*angée du corps muqueux, se multipliant d'une manière active en certains points, forment des nodules bien circonscrits {nodules épilké' liaux)^ qui refoulent les cellules de la première rangée du côté du derme. Vis-à-vis de chacun de ces petits bourgeons épithé liaux on observe, dans le derme lui-même*, un groupe de pelilfs cellules connectives rondes {nodule connectif).

A mesure que le bourgeon épithélial s'accroîtel s'enfoncedaos le derme, il pousse devant lui le nodule connectif.

Dans un stad(î plus avancé, le bourgeon épithélial se déprime à son extrémité et donne naissance à une cupule dans laquelle se loge le nodule connectif, qui devient ainsi la papille du poil.

C'est seulement alors que les cellules épithéliales de la première rangée, qui coillent la papille, évoluent de manière à former k poil et sa gaîncî épithéliale interne, tandis que les autres cellules du bourgeon constituent la gaine épithéliale externe.

La kératinisation qui atteint le poil embryonnaire, encore contenu tout entier daus son follicule, porte également sur le poil proprement dit et sur sa gaine épithéliale interne. Celle-ci, à ce stade du développement, a la forme d'un cùne creux appliqué exactement sur le poil. Mais lorsque, poussant ensemble, ils soil arrivés au col du follicule, au niveau de la glande sébacée embryonnaire représentée par un petit bourgeon latéral, le cheminement de la gaîne épithéliale interne est arrêté, et le poil,* continuant à s'accroître, la traverse. Sa pointe est aloi's engagée seule au milieu des cellules épithéliales qui remplissent le col du follicule. Celles qui en occupent le centre subissent une tFaDsfivmalien graisseuse ou sébacée, bien observée par Goede'

* CMfo, tmt Morphologie der Haare. Arch. /. micr. Atwt., i. IV, 1868» p. S»

OU transversales dont la technique a été indiquée précédemment, et mieux encore sur des coupes faites après l'action successive de l'acide osmique, de la gomme et de l'alcool.

Les glandes sudoripares sont des glandes en tube. Chacune «idiîf^"». d*elles s'ouvre à la surface de la peau par un pore spécial qui, à la paume des mains et à la plante des pieds, se trouve au sommet d*uiie crête papillaire. A partir de ce pore, le tube sudoripare parcourt dans l'épiderme un trajet spiral, traverse le derme, atteint ses couches profondes où il s'enroule un grand nombre de fois sur lui-même pour former un glomérule, et se termine en cul-de-sac.

La préparation des glandes sudoripares n'exige pas de procédés spéciaux. On les étudiera avec avantage sur des coupes laites après durcissement par l'alcool, par le bichromate d'ammoniaque, la gomme et l'alcool, ou par l'acide osmique, la gomme et Talcool.

Contourné d'une façon très compliquée dans chaque glomérule, le tube sudoripare se trouve atteint par le rasoir sur plusieurs points de son trajet et donne sur la coupe autant de champs circulaires ou elliptiques.

Les champs circulaires, qui correspondent à des sections exactement transversales et qui sont les meilleurs pour l'observation, présentent deux images bien différentes. Dans les uns, le tube sudoripare se montre formé d'une tunique connective à fibres circulaires doublée d'une membrane anhiste et de deux rangées de cellules épithéhales; sa lumière centrale est entourée d'une cuticule que portent à leur surface libre les cellules de la rangée interne. Dans les autres, sa structure est bien différente; sa lumière, plus ou moins irrégulière, est limitée par une seule couche de cellules épithéliales cylindriques dépourvues de cuticule. Entre ces cellules et la membrane propre se trouve une rangée de cellules musculaires lisses figurant sur la coupe transversale autant de demi-cercles dont la convexité regarde en dedans.

Le tube glandulaire enroulé dans le glomérule est donc composé de deux portions distinctes : celle qui ne montre qu'une seule couche de cellules épithéliales doublée de fibres musculaires lisses, est la portion sécrétante de la glande ou tube sécréteur; l'autre, dont la lumière centrale est limitée par une cuticule, est le canal excréteur qui, après avoir participé à la formation du glomérule, s'en dégage ensuite pour traverser le

Rantier. Histol. 57

K!K; traite rKCILSUJUK IfllISTOl-WlE

Loi'^iqu'uu poil à bulbe pleio est lombé, ut mëmi^' avaal sa cliuLe, il se foiine d'ordinaire daas le fond du follicule un oouveau poil destiné à le remplacer. Ce nouveau poil se développe à la surface de l'ancienne papille plus ou moins atrophiée ou sv une pupille de nouvelle formation, si l'ancienne a disparu, et $oi mode de développement ne diflèrc pas de celui du poil embryonnaire. Noyé d'abord, comme ce dernier, au sein des cellule» do la ^aine épîthéliale externe, et entièrement coilVé par la gaJK épititéliale interne terminée en pointe cl fei-mée au-dessus <lt: lui, il s'en dé;^;;;e seulement au niveau de l'orilice de la glande sébacée.

Sur la coupe transversale d'un follicule passant par sa partir moyenne et contenant en même temps un poil à bulbe plein et un poil à bulbe creux, ce dernier se montre entouré de sa gaiot épitliéliale interne, tandis ijue l'autre n'en possède pus et m trouve en rapport direct avec tes ci'llules de la gaine épithéliale externe.

Ainsi qu'on l'a vu plus haut, la glande sébacée e^^t d'abord un simple bourgeon latéral de la masse épithéliale qui à TorigiiK représente le follicule pileux. Les cellules centrales de ce boargBonscremplisscnldegouttes huileuses, se détachent, deviennoil libres, et, lorsque le poil a percé l'épiderme, elles s'échappentaa dehors par le canal qu'il leur a frayé.

L'évolution se poursuivant, les cellules glandulaires wal atteintes successivement par la transformation sébacée de sorte qu'après le développement complet on voit souvent desgranubtions graisseuses jusque dans celles qui reposent surlamoRhi-anc propre de la glande, membrane extrêmement mince, qui se continue avec la membrane vitrée et avec la membrane basait du derme.

Ces faits peuvent être observés sur les coupes loDgili

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