‹ Traité théorique et clinique de percussion et d’auscultation, avec un appendice sur l'inspection, la palpation et la mensuration de la poitrineChapitre 11 sur 151 · THÉORIES DES BRUITS. 3S · texte numérisé non relu

THÉORIES DES BRUITS. 3S

fesseur de Vienne donne à ses idées une obscurité particulière, et nous pourrons nous expliquer le peu de succès que sa division des sons de percussion a eu en France. Et si Ton cherche dans les écrits de ses élèves des clartés explicatives des obscurités du maître, on reste convaincu que ces obscurités existent aussi pour ses compatriotes.

Parmi ses adeptes, nous ne pouvons en trouver de plus* convaincu et de plus ardent que Paul Niemeyer (de Magdebourg) qui, dans son Traité de percussion et d'auscultation, a préconisé la théorie de Skoda comme ayant seule fondé la percussion scientifique. Qu'il me soit permis de dire que l'auteur a si mal défendu sa cause, qu'il en vient: à donner raison à la vieille théorie primitive, quand il dit qu'au point de vue pratique, l'intensité du son dépend sur^ tout de la quantité d'air renfermée dans les poumons. « C'est pourquoi les Allemands disent qu'un son est plein (creux) lorsqu'il est intense; lorsque au contraire un son est faible, on emploie l'épithète vide (1). »

Voilà déjà la première série de Skoda tout simplement basée sur l'intensité du son, suivant P. Niemeyer. Mais cequ'il y a d'intéressant à noter encore, c'est que, pour le même auteur, il en serait de même de la deuxième série, et ces deux séries représenteraient par conséquent une^ identité de caractères qui porterait à les confondre en une seule. C'est ainsi qu'il nous apprend que chaque son de ladeuxième série (du son clair au son sourd) prend une place « qui correspond à la quantité d'air qui se trouve dans la. irégion percutée ».

Quant au son tympanique, les organes renfermant de l'air sont les seuls qui peuvent le fournir; d'où il faut conclure que le son dit atympanique ne peut être produit que sur Ides organes qui en sont plus ou moins privés.

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36 PERCUSSION THORACIQL'Ë.

La logique, on le voit, force l'auteur allemand à démontrer malgré lui la fragilité des distinctions tranchantes de son maître, puisqu'il en arrive à grouper d'une part les sons plein, clair, et tympanique, parmi les sons plus ou moins intenses dus à la présence de l'air dans les organes, et les sons vide, obscur et atympanique, parmi les submatités et les matités de l'ancienne école française (1).

A l'obscurité des termes de l'école allemande il faut joindre encore l'obscurité qui résulte de la division par séries de sons, division qui en principe ne dislingue absolument rien. Au lieu de rattacher chaque division ou série à une loi générale de la physique, c'est dire simplement que toutes les sonorités de percussion sont comprises entre les deux extrêmes de caractères, mais ce n'est pas les définir-, de même que l'on signalerait toutes les espèces de cheveux humains en disant qu'ils forment une série du blond le plus clair au noir le plus foncé, sans rien préciser des nuances intermédiaires.

P. Niemeyer ne peut faire prendre place dans les quatre séries de sons de Skoda au bruit, de pot fêlé, dénomination française très-juste, mais triviale, dont il ne veut pas, comme si les comparaisons n'étaient pas indispensables pour faire comprendre une sensation quelconque, et comme s'il ne les utilisait pas forcément lui-même en parlant des sons clairs ou obscurs. Il substitue au bruit de pot fêlé la désignation inexacte de chuchotement, ne ressemblant en rien à ce que l'on dénomme, avec Laennec, bruit de pot fêlé, ou celle de cliquetis, exprimant plutôt un bruit de choc de corps métalliques, et ne pouvant s'appliquer que

(1) Ces nouvelles opinions de P. Niemeyer sont d'autant plus à remarquer qu'il a dit te contraire en 1868, dans son mémoire publié dans le Deutsche Klinik (n°48), où il me reproche de soutenir la thèse, alors contestée en Allemagne, qui établit que le plus ou moins cl air est le facteur du son. Le reproche n'est d'ailleurs pas juste; l'auteur aurait dû dire wn des facteurs, ou le principal facteur du son.

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