THÉORIES DES BRUITS
par exception au bruit en question. Le même auteur, rejetant la dénomination de bruit de pot fêlé comme « empirique et spécifique », admet cependant une sonorité de percussion amphorique qui est tout aussi empirique et spécifique que la précédente.
Ainsi l'école allemande de Skoda n'a pas pu signaler aux praticiens qui emploient la percussion, des caractères physiques suffisamment précis pour les faire distinguer les uns des autres. Et eût-elle fait des milliers d'expériences, on peut affirmer qu'elle ne serait pas plus avancée. Disons toutefois que c'est en envisageant le côté scientifique ou physique des phénomènes de percussion que la théorie de Skoda a toute son importance, mais dans des limites que nous aurons à signaler. Cela ne saurait autoriser en tout cas à substituer cette théorie h celle de l'école française, comme le démontrent les considérations qui vont suivre sur les bruits de percussion envisagés dans leur ensemble au point de vue physique.
Le moment semble venu, sinon de tenter la formule définitive d'une conclusion embrassant les deux termes clinique et physique du problème, ce qui serait trop ambitieux, du moins d'en résumer les données les plus positives, en rejetant comme inutiles ou puériles aussi bien les subtilités d'acoustique inapplicables à l'organisation humaine, que les subtilités cliniques. Pour arriver à cette formule raisonnable et utile, il faut d'abord, et sans parti pris, résumer exactement, ainsi que je l'ai tenté clans mon Mémoire sur les bruits de percussion, publié en 1855 dans les Archives de médecine (mars et avril), les caractères distinctifs que les différents observateurs ont successivement reconnus dans ces données acoustiques de diagnostic. J'ai rappelé que l'on a trouvé les éléments diagnostiques des bruits de percussion dans les variations de l'intensité, du timbre, de la durée, de la tonalité des sons, et j'en ai dé-
WOILLEZ. q
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iluit une classification des bruits de percussion fondée sur de larges divisions pour en simplifier l'étude. Ces divisions étaient relatives à la tonalité et à l'intensité.
Je maintiens comme essentielles à une bonne étude des •sonorités de percussion l'application de ces divisions fondamentales. En me basant sur l'expérience que j'ai acquise dans la pratique des hôpitaux de Paris pendant les vingt années écoulées depuis l'apparition de mon mémoire, je considère ces divisions comme légitimes, parce qu'elles sont conformes aux principes généraux les plus solides de •l'acoustique.
Tout son ou bruit, en effet, est dû à des vibrations qui présentent deux caractères fondamentaux : elles sont plus •ou moins rapides et plus ou moins amples. De la rapidité ■de ces vibrations, comme on sait, résulte le degré diatonique, la hauteur de tout son ou de tout bruit : la tonalité en un mot. De l'ampleur avec laquelle s'effectue le même nombre de vibrations en un temps donné, dépend l'intensité du son ou du bruit. Ce sont là des vérités physiques indiscutables, parce qu'elles sont universellement admises et qu'elles constituent des principes généraux applicables à . tous les sons ou bruits sans exception.
L'intensité, représentant le principe de la force du son et- Sue au plus ou moins d'amplitude des vibrations, est le caractère général qui a été d'abord considéré comme le ,plus important. Physiquement il ne se caractérise pas, qu'on le remarque bien, par des distinctions subtiles; car il est reconnu en physique que l'intensité du son est proportionnelle au carré de l'amplitude. Ainsi, que l'amplitude vibratoire et l'intensité qui en résultent soient d'abord considérées comme un, cette intensité sera comme quatre, ou quatre fois plus grande si l'amplitude a seulement doublé; neuf fois plus grande si l'amplitude a triplé ; seize fois plus grande si cette amplitude a qua-