‹ Traité théorique et clinique de percussion et d’auscultation, avec un appendice sur l'inspection, la palpation et la mensuration de la poitrineChapitre 112 sur 151 · MALADIES DU CŒUR ET DES VAISSEAUX · texte numérisé non relu

MALADIES DU CŒUR ET DES VAISSEAUX

Les travaux du professeur Bouillaucl avaient fait faire un grand progrès à l'étude des maladies du cœur, après ceux de Sénac, de Corvisart, et de Laennec, lorsque l'emploi du cardiographe de Chauveau et Marey, et le sphygmographe de ce dernier observateur, sont venus révolutionner cette étude. La théorie nouvelle des mouvements et des bruits du cœur qui en fut la conséquence est venue fixer la physiologie mécanique du cœur, et donner ainsi, comme nous l'avons vu, une base solide aux investigations pathologiques.

C'est dans cette ère de progrès récents que l'on trouve le beau travail du docteur Maurice Raynaud, les recherches de Potain, qui a de plus publié avec Rendu une monographie importante des lésions valvulaires, celles de J. Parrot, Bucquoy (1), et de heaucoup d'autres observateurs qui ont traité des sujets particuliers, et que j'aurai à citer. C'est à ces diverses sources que j'ai dû puiser, au point de vue des signes physiques, pour l'étude des maladies du cœur, en y joignant mon observation personnelle.

L'importance du diagnostic des maladies du cœur à l'aide de la percussion et de l'auscultation, n'a pas besoin d'être défendue. Les signes physiques permettent de déterminer l'existence de la plupart des lésions cardiaques. En révélant

(1) Maurice Raynaud, Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie ; article coeur, t. VIII, 18G8. — Article coeur du Diciionnaire Encyclopédique des sciences médicales, t. I, par J. Parrot (p. 382) et par Potain et Rendu (p. 487). — Bucquoy, Leçons cliniques sur les maladies du cœur, 2° édit., '1870.

la lésion, ils ne se bornent pas uniqnement à satisfaire la curiosité de l'observateur sur l'état anatomo-pathologiqne du cœur, sans profit pour le malade. Suivant le siège de la lésion, sa nature, ses degrés, il peut préjuger souvent quel est l'ensemble des phénomènes pathologiques en dehors de l'élal anatomique local, et prévoir les conséquenees prochaines ou éloignées que peut avoir l'affection cardiaque. On sait qu'avec telle lésion à tel orifice, on ne doit pas s'attendre à des conséquences graves; que, pour telle autre lésion, on a à redouter des effets et des complications particulières. La thérapeutique elle-même profite de ces différentes données pour la formule des indications.

Ces conséquenses pratiques, qui découlent de l'emploi des moyens physiques d'investigation, ne suffisent pas néanmoins au clinicien. Il lui faut comme je l'ai dit au commencement de cette seconde partie, considérer les signes physiques comme une manifestation plus ou moins importante de la maladie, sans négliger les autres signes qui en complètent l'ensemble.

Cette manière de voir a fixé l'attention du professeur G. Sée d'une manière spéciale, et dans un ouvrage toutrécent (1), il a eu pour but de réagir contre l'exclusivisme de ceux qui, dans la pratique, se basent exclusivement sur la détermination de la lésion. Il a insisté sur la nécessité d'étudier \a.maladie en même temps que la lésion, comme le font tous les vrais praticiens, et il a donné à ce principe de grands développements.

Je m'occuperai d'abord de l'endocardite et des affections valvulaires du cœur, en complétant la sécheresse des signes de percussion et d'auscullation parles données pratiques au

(1) Germain Sée, Du diagnostic et du traitement des maladies du cœur, et en particulier de leurs formes anormales. Leçons recueillies par Labadie Lagrave, 1879. — Cet ouvrage a été publié pendant que je faisais la correction de mes dernières feuilles.

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milieu desquelles on les rencontre, et qui font mieux comprendre la maladie. Je traiterai ensuite de la cardite ou myocardite, de la péricardite et des autres affections du péricarde; de l'hypertrophie, des dilatations, de la dégénérescence graisseuse du cœur, et de quelques autres affections cardiaques, secondaires, quant au rôle qu'y jouent les signes physiques. Je passerai sous silence celles qui, jusqu'à présent, ont constitué de simples lésions anatomiques.

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